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lundi 7 septembre 2009

La surprise KC-390

Si la victoire du Rafale au Brésil n'est qu'une demi-surprise (mais il ne faut jamais vendre la peau du gavial...), celle de l'annonce de l'achat de KC-390 d'Embraer, en contrepartie directe, est très étonnante.
On évoque pour l'instant une dizaine d'appareils pour une valeur de 500 MEUR. Si cette nouvelle devait se confirmer, elle génèrera quelques complications dont voici une rapide liste, non exaustive.
COMMENT LES PAYER ?
Il faut d'abord trouver l'argent pour les financer or aucune somme n'était prévue. L'armée de l'Air planchait sérieusement sur l'achat d'un peu moins d'une dizaine de C-130 Hercules pour rustiner les capacités d'aérotransport mises à mal par les retards de l'A400M. L'Hercules, c'était logique, de quoi renforcer la flotte de 14 machines déjà en parc. Mais la difficulté était de les trouver, puisque tout le monde en veut en même temps. Des achats de Casa 235 avaient aussi été évoqués, ce qui avait un côté pittoresque puisque la société responsable des retards de l'A400M profitait de commandes supplémentaires, dans d'autres secteurs de sa gamme.
Plus de Casa, plus d'Hercules : mais donc, des KC-390. Et toujours pas d'indication sur le moyen de régler les 500 MEUR. Sauf à dépouiller Paul...
UNE FLOTTE DE PLUS
L'arrivée du KC-390 compliquera tout. Il faudra former des équipages, créer des stocks de pièces. Alors que la tendance initiée avec l'A400M était bien de converger vers un appareil unique, avec le retrait des Transall (post 2015 pour les 10 derniers) puis des Hercules (2020-2025) et des Casa. Sans compter que la station-service, elle, est de l'autre côté de l'Atlantique. On a déjà vu avec l'entretien des Hercules, confié à Ogma, au Portugal, les dégâts de choix pareils sur la disponibilité de la flotte.
UN APPAREIL ENCORE EN DEVELOPPEMENT
On l'a vu avec l'A400M, le développement d'un ATT n'est pas une mince affaire : un bon constructeur civil peut s'y casser les dents. Le KC-390 a été lancé en 2007, et ne doit entrer en service qu'en 2015. A ce moment-là, si le calendrier est évidemment nominal, la France aura reçu ses premiers A400M. Et les KC-390 arriveront donc trop tard pour compenser le gap lié au retart du quadriturbopropulseur européen. D'autant plus qu'il faudra aussi passer le premier au CEV et au CEAM : bref, on ne verra pas de KC-390 en escadron avant mi 2016 au bas mot.
La force aérienne brésilienne commanderait une vingtaine d'appareils, mais au lancement du programme, au printemps dernier, le gouvernement recherchait d'autres pays-partenaires, pour limiter la facture : c'est donc fait.
UN CLIENT DE LANCEMENT CONTRE UN CLIENT DE LANCEMENT
Le Rafale cherchait depuis dix ans son premier client export ; le Brésil devait boucler son tour de table sur le KC-390. On peut donc dire que les deux pays confortent leur relation stratégique par ce geste de confiance, qui n'a pas la même implication pou sa force aérienne. Le Brésil se dote d'un chasseur ultra-moderne, l'armée de l'Air frnaçaise achète l'avion qu'elle n'avait pas prévu d'acheter.
Mais le client a toujours raison, surtout celui-là : le Brésil achète porte-avions et Mirage 2000 (d'occasion), sous-marins, hélicoptères (50 Caracal construits sous licence) et donc, désormais, le Rafale.
DES PRECEDENTS
Les anciens se rappelleront que des cas similaires se sont déjà produits: l'armée de l'Air n'avait pas acquis avec grand enthousiasme à Embraer ses Xingu (toujours en service) ou ses Tucano. L'entretien de ce dernier, après d'interminables maladies de jeunesse, était devenu insupportable pour un avion-école. L'armée de l'Air vient de se séparer de ses derniers exemplaires, après en avoir saupoudré quelques uns en Afrique.
UN PRECEDENT RISQUE
Evidemment, on pourra toujours dire que le client brésilien est exceptionnel, donc qu'il nécessite des compensations exceptionnelles. Et qu'en plus, tout cela s'inscrit dans un partenariat stratégique en matière aéronautique -par ailleurs, une très bonne idée-. Mais les prospects Rafale qui suivront auront beau jeu de demander une offre riche en offsets, à la brésilienne. Et si l'on voit bien de quoi il pourait s'agir pour la Suisse -des Pilatus par exemple-, c'est plus difficile pour la Lybie, et à peine moins pour les EAU et l'Inde.

Notre photo : AMX mis à part, voici donc un avion auquel il va falloir commencer à s'habituer. Comme l'illustre cette vue d'artiste d'Embraer, le KC-390 est aussi un ravitailleur en vol.