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vendredi 11 septembre 2009

KC-390 : les éléments d'un 42

Quelques réalités complémentaires, sur le KC-390.
COMPENSATION
Les matériels militaires aéronautiques achetés hors de France ont fait l'objet de compensations industrielles, sous une forme ou une autre, au motif, légitime, que l'industrie aéronautique française avait capacité à fournir une contrepartie. C'était le cas par exemple pour les E-2C Hawkeye achetés à Nothtrop Grumman : en contrepartie, celui-ci intégra des industriels français sur le programme. Une PME de Seine-et-Marne vendit ainsi des composants électroniques aux Etats-Unis, ce qui n'aurait sans doute pas été possible sinon. Le Landais Potez put, de son côté, embarquer sur l'avion lui-même, dont il construit l'empennage horizontal.
Aujourd'hui, il n'est encore question de rien de tout cela avec l'achat annoncé d'une dizaine de KC-390, qui apparaît, au contraire, comme la "compensation" de l'achat des Rafale, par les Brésiliens. On trouve quelques précédents du même type dans l'armée de l'Air, par exemple l'achat de Tucano (déjà évoqué sur ce blog)... au Brésil ou de Casa 235, en Espagne.
A la différence que cette fois, l'achat par l'armée de l'air d'un appareil qu'elle n'a pas commandé servirait en quelque sorte de ticket d'entrée sur le programme aux industriels français. Ticket d'entrée dont, comme on le lira plus bas, ils n'ont pas besoin.
Il faut être honnête : l'achat de C-130J, qui ne semblait pas avoir les faveurs de la DGA -le DGA refusa même de l'évoquer dans son bilan annuel, au printemps- ne générait pas, a piori, de compensations industrielles. Difficile d'en demander : trop de forces aériennes demandent du C-130J, et les retards de l'A400M risquent d'en allonger encore la liste. Mais cet achat donnait de la cohérence au parc, puisque la France détient déjà 14 Hercules.
FCM
La DGA, qui passe les marchés pour l'armée de l'Air, le fait sur la base d'une fiche de caractéristiques militaires (FCM), ou d'une expression de besoin qui passe également sous les fourches caudines de l'EMA, pour le versant budgétaire, et la cohérence d'ensemble. C'est la base d'un fonctionnement somme toute classique d'une administration quadragénaire qui ne pratique pas l'achat impulsif. Même dans le cas d'un crash program (mais rarement d'un montant de 500 MEUR...), on retrouve toujours la trace d'une vieille FCM qui n'avait pas abouti, ou qui dormait dans un coffre.
Dans le cas du KC-390, dificile de trouver cette FCM puisqu'elle n'existe pas. La seule dont dispose la DGA, dans un domaine un tout petit peu connexe, est celle du MRTT. Un programme qui aurait dû être lancé sous MAM (il y a deux ans). Dans un rapport célèbre sur l'aéromobilité, un trio de députés de la Commission de Défense, qu'il serait imprudent de ne pas prendre au sérieux, s'alarmait, il y a quelques mois, de la dégradation croissante des capacités d'aéromobilité de la France. La solution directe consistait, pour eux, à lancer (enfin) le programme en question, qui permet à la fois de faire travailler des usines chez nous (un volet important du plan de relance), et de rendre service à nos forces, dont le MRTT ravitaille les avions, et transporte fret et passagers.
Or la crainte évidente est de voir l'argent du MRTT détourné en partie vers le KC-390. L'achat d'un pur sang détourné vers celui d'un mulet. Alors même que le premier naîtra avant le second.
C'est un avion qui se vend très bien : l'Arabie Saoudite vient de reprendre, à l'été : le contrat a été signé chez Hervé Morin.
DES CHIFFRES ET DES DATES
En tout état de cause, sans mesure palliatives rapides, l'aéromobilité tactique et stratégique va se dégrader très vite. La seule encrée, pour l'instant, est la prolongation d'une dizaine de Transall jusqu'en 2018, annoncée par Hervé Morin dans le Var, en juillet, à la conférence A400M. Officiellement, l'armée de l'Air attend la livraison de son premier A400M en 2012 (+3 ans de glissement), soit une entrée en service et un premier escadron (le Touraine) en 2015.
C'est la date visée par le KC-390 mais qui n'existe pas encore sous forme de prototype, contrairement à l'A400M. Même en se raccordant à un moteur existant -c'est s'éviter de gros maux de tête-, Embraer peut-il tenir les délais, pour son premier cargo tactique. C'est toute l'inconnue, un risque difficile à accepter pour l'armée de l'Air qui ne pourra bientôt plus tenir son contrat opérationnel, pour avoir déjà cru à d'autres promesses.
POUVAIT-ON ACHETER QUELQUE CHOSE D'AUTRE AUX BRESILIENS ?
Au risque qu'on me dise que je chausse du 2, il y avait une autre possibilité : que l'armée de l'Air achète des Super Tucano. Cette hypothèse, qui peut sembler loufoque, me semble au contraire sérieuse. L'armée de l'Air utiliserait ces Super Tucano (armés) en métropole pour les DPSA. Et en opex, pour des théâtres assymétriques, pour lesquels le coût de déploiement d'un appareil à réaction n'est pas forcément nécessaire. Cette idée est tellement loufoque que l'US Air Force est en train de lancer une consultation pour une centaine d'appareils COIN (contre-insurrection) qui iront sans doute voir du pays en Afghanistan, si les Etats-Unis y sont encore, quand l'appareil arrive en service. Ce COIN aurait un pod de ciblage, deux bombes guidées de 250 kg, des roquettes, soit plus qu'un Mirage 2000D. La gamme de vitesse et l'autoprotection en moins.
Cet appareil pourrait aussi servir, en temps de paix à l'entraînement avancé. Car à peine le Tucano exité de l'armée de l'Air, on n'exclut pas totalement d'acheter du Pilatus. Par exemple s'il fallait compenser l'achat de Rafale... par la Suisse.
Un appareil turboprop de ce type, de surcroît, s'arrange plus facilement d'une simple route goudronnée, qu'un chasseur à réaction. Evidemment, si l'objectif était de consommer 500 MEUR au Brésil, cela ferait pas mal d'escadrons de Super Tucano...
NE PAS ACHETER LE KC-390 COMPROMET-IL L'INTEGRATION DES INDUSTRIELS FRANCAIS?
Non, des équipementiers français et pas des moindres sont embarqués dans des programmes (civils et militaires) que la France n'a pas achetés, ce qui démontre bien l'excellence de leurs produits et de leurs commerciaux. Quelques exemples rapides : Thales est présent sur le Su-27 russe en Inde, sur les chars T-90... en Russie. Sagem se place sur les périscopes équipant des submersibles construits hors de France. Et Safran a motorisé le Mig-AT, également équipé par Thales. Des industriels français ont aussi embarqué sur le jet commercial de Sukhoï...

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