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mardi 31 janvier 2012

Rencontre pour les blessés, le 13 mai (actualisé-1)

Les chasseurs alpins organisent un évènement autour d'une rencontre de rugby, le dimanche 13 mai, à Grenoble, afin de recueillir des fonds, au profit des blessés. L'entraide montagne et Terre Fraternité, qui oeuvrent dans ce sens, seront destinataires de la recette.
La 27e BIM avait déjà organisé une rencontre de ce type, l'an dernier.
Les récents engagements en Afghanistan, et leur cortège de blessés (15 dont 8 graves, rien que sur l'attaque de Gwan) rendent cet évènement particulièrement utile : si le budget de l'Etat règle une partie des dépenses liées aux blessés, rappelons que cela n'englobe pas tous les besoins, cette générosité permettant à la fois et notamment de régler les dépenses de déplacement et d'hébergement des familles des blessés, ou des équipements médicaux ou de la vie courante qui ne sont pas pris en compte par ailleurs.
Grâce à l'aide de l'entraide montagne, et à celle de sociétés mutualistes et d'assurances, 13 familles de blessés du 7e BCA, du 13e BCA et du 132e BCAT ont pu bénéficer les 29 et 30 janvier, d'un weekend détente en Haute-Maurienne.

Mieux rayonner sans sortir de l'ombre

Tant au commandement des opérations spéciales (COS) qu'à la brigade des forces spéciales Terre (BFST), des directives de communication sont actuellement en cours de rédaction finale. Il s'agit pour les unités d'avoir une référence, le vide absolu ayant généré, parfois, le contraire du résultat espéré. Par delà les obligations opérationnelles du moment, cette nécessité de mieux rayonner sans sortir de l'ombre est une priorité chez les forces spéciales.
Par nature, les forces spéciales vivent à l'écart des médias, pour conserver une capacité de foudroyance : sans effet de surprise, le résultat est plus difficile à obtenir. Mais sans com', il est aussi difficile d'attirer les candidats, et les réservistes (1).
L'actuel GCOS, le général Christophe Gomart, a commandé le régiment le plus secret des forces spéciales françaises, le 13e RDP, et n'est donc pas sur une ligne d'ouverture à outrance, ce qui ne l'a pas empêché de nous accorder une interview (2). Chacun des responsables que nous avons rencontrés ces derniers mois, GCOS compris, consent à reconnaître que la communication est un mal nécessaire... à doses thérapeutiques. L'engagement des troupes atteint actuellement un niveau particulièrement élevé, et pour les commandos et leurs familles, les cadres des forces spéciales ont compris qu'une reconnaissance était nécessaire. Elle passe notamment par la communication, mais pas seulement.
C'est ainsi que trois des quatre unités de la BFST ont récemment reçu une croix de la valeur militaire à titre collectif. Une unité de commandos marine, Jaubert, a aussi été décorée. Et dans l'armée de l'air le CEMAA en personne doit aller décorer personnellement plusieurs personnels, à Orléans, dans quelques semaines. A plusieurs reprises, il fait savoir qu'il entendait valoriser cette pointe de diamant désormais réduite à deux composantes, escadron de transport 3.61 Poitou, et CPA10, après l'ingestion des capacités de l'ESH de Cazaux dans le 4e RHFS.

(1) le COS détiendrait un volant d'environ 250 réservistes, et la BFST, 300. Marqué par un stage effectué avec le 23 SAS, l'actuel COMBFST souhaite développer son modèle de réserve. Il est vrai que l'extrême mobilisation de ses commandos, actuellement, mais aussi des spécialités en pleine croissance (actions indirectes) militent pour un vivier plus large de réservistes. 
(2) apportant de l'eau à son moulin, la judiciarisation croissantes des affaires militaires, et quelques épisodes médiatiques malheureux, notamment pendant Ares et en Afrique.

Nouvelle historique avec un client historique (actualisé-1)

Un Rafale du CEAM pendant Harmattan, à Solenzara (photo : Jean-Marc Tanguy)

Ce n'est pas encore un contrat en bel et due forme, mais c'est la deuxième marche du processus d'acquisition indien : aujourd'hui, on a appris que le Rafale de Dassault Aviation, moins cher que le Typhoon d'Eurofigher GmbH avait de bonnes chances d'être acquis en 126 exemplaires par l'Inde. Le chasseur français avait été short-listé il y a plusieurs mois avec son concurrent dans un panel plus large, ce qui constituait une première victoire.
L'Inde est, rappelons-le, le premier client export historique de Dassault, avec la vente d'Ouragan, au début des années 50. L'avionneur avait encore livré des 59 Mirage 2000 (46 monoplaces H et 13 biplaces TH), dans les années 80. Dassault et Thales ont aussi remporté, l'an dernier, le rétrofit de ces appareils. DCNS a aussi vendu des sous-marins, mais dont la gestation est assez lente, ce qui énerverait le client.
Néanmoins, cette victoire dans les airs est aussi celle d'une équipe : Thales est installé depuis les années 90 (Sextant Avionique) en Inde, et il a fourni des composants électorniques aux chasseurs de l'armée indienne.
C'est aussi la victoire d'une équipe France des opérationnels : armée de l'air et marine (lors d'Agapanthe 2010) n'ont pas mâché leurs efforts pour faire mesurer aux militaires indiens tout le potentiel de l'avion. Le CEMAA était sur place fin septembre.
Les Indiens ont des ambitions aéromaritimes, et seul le Rafale (avec le F/A-18) peut être embarqué. A ce stade, l'appel d'offres ne couvre que des chasseurs basés à terre.
Les récents engagements du Rafale en Afghanistan et en Libye, par l'armée de l'air (1039 missions, 4500 heures de vol pendant Harmattan) et la marine (616 / 2364) ont aussi contribué à l'aura réelle qui entoure l'avion. Alors que le Typhoon, quoique présent, n'y a pas vraiment brillé.
Une victoire est une alchimie d'un matériel opérationnel, d'un soutien politique et de propositions concrètes de compensations économiques.
Après avoir entendu les déclarations malheureuses d'un ministre de la défense français, il y avait de quoi faire douter les Indiens. Leur volonté d'acquérir une solution crédible aura été manifestement plus forte.
Au final, fallait-il gagner cinq contrats à 25 avions, ou un seul contrat à 126 ? La société Dassault aura tiré des enseignements de ses échecs, pour gagner ce contrat du siècle qu'il était, pour le coup, impossible de perdre.
Le dernier contrat militaire de Dassault était intervenu avec la Corée du Sud, pour une version de guerre électornique du Falcon 2000, fin 2011.
Mais le dernier contrat export pour un chasseur est plus ancien : ils remonte aux dernières commandes de Mirage 2000-5 et -9 par la Grèce, le Qatar et les Emirats Arabes Unis.
Le député de l'Aube Nicolas Dhuicq a estimé dans un communiqué que "cet accord confirme l'excellence de l'industrie aéronautique française et de notre avionneur national. Il est le résultat de l'implication continue et déterminée du gouvernement et du Président de la République. La France tient pleinement son rang international de puissance d'équilibre dans son partenariat avec l'Inde".

lundi 30 janvier 2012

Le CEMAT en Caïman le 6 février

Le général Ract-Madoux volera en Caïman, le 6 février prochain, sur une courte distance (Orange-Valence). Cette vol et la visite du GAMSTAT qui suivra doivent illustrer, pour l'armée de terre, le caractère incontournable de l'ALAT et de ses hélicoptères. Le CEMAT a déjà décoré les quatre régiments d'hélicoptères (4e RHFS compris) et avait assisté à une cérémonie officielle, à peine arrivé en poste.
Le lendemain, il doit ouvrir à Paris les rencontres terre de Défense et stratégie, précisément consacrées, cette année, aux hélicoptères. Un choix qui a dû être assez évident, au terme d'une année riches d'actualités pour l'ALAT spéciale et conventionnelle, du Sahel à l'Afghanistan, en passant par la Libye et la Côte d'Ivoire.

Uzbeen : Christophe Guilloteau sceptique

Le député (UMP) du Rhône Christophe Guilloteau avait fait partie des cinq parlementaires (1) partis pour l'Afghanistan, dans l'immédiat après-Uzbeen. Il avait ensuite été désigné par la comission de la Défense comme rapporteur sur le projet de création d'une commission d'enquête, demandée par le communiste Jean-Jacques Candelier. Il vient de nous confier ses arguments contre une enquête de la justice sur les évènements d'Uzbeen : "J'ai fait partie des cinq députés qui sont partis pour l'Afghanistan, après Uzbeen. Nous avons rencontrés les frères d'armes des blessés et des morts, leurs chefs, et les explications nous ont paru plausibles. J'avais surtout noté, à l'époque, le déficit de protection balistique des camions logistiques, ce qui n'était pas normal, et qui a été réglé par la suite. Mais aussi et surtout, le manque d'hélicoptères de combat, puisqu'il n'y avait que deux Caracal de l'armée de l'air. Revenus en France, nous avons pu aborder ces carences avec le Premier Ministre, qui a fait en sorte d'envoyer en Afghanistan, rapidement, des hélicoptères Caracal et Gazelle, ainsi que des drones.
L'information d'aujourd'hui me surprend beaucoup. L'engagement militaire ne peut pas se limiter au défilé du 14 juillet, et on sait que cet engagement expose à des risques. Mais ce qui me gêne est que l'enquête sera forcément difficile à mener : une reconstitution est impossible, on ne va pas demander aux insurgés de refaire les gestes de cette journée (2). Et une enquête de ce type ne peut être menée depuis un bureau, à Paris, à seulement entendre des communications radio de l'époque, ou quelques militaires, dont la plupart ont d'ailleurs quitté l'armée depuis. Le traitement de la justice ne sera donc pas équitable."

(1) dont Guy Tessier, Françoise Olivier-Coupeau, Philippe Cochet.
(2) le général Benoît Puga, alors sous-chef opérations de l'EMA, avait, dans un point presse, laissé entendre que les insurgés impliqués dans cette attaque avaient été neutralisés par la suite.

Une enquête ouverte sur Uzbeen

Dans le couloir qui mène à la chapelle de Tora, les photos des neufs morts du col d'Uzbeen (photo : Jean-Marc Tanguy).

Le CEMA déplorait la judiciarisation des activités militaires, lors de ses voeux, le 17 janvier dernier. Mais pensait-il, en le disant, à l'embuscade d'Uzbeen ? On a appris ce matin que la Cour d'appel de Paris permettait l'ouverture d'une enquête pour homicides involontaires, après l'attaque du 18 août 2008. 8 parachutistes du 8e RPIMa étaient morts dans l'embuscade, à l'époque, ainsi qu'un auxiliaire sanitaire du 2e REP, qui tentait de sauver les blessés. Un 10e soldat, appartenant au RMT, était mort dans l'accident de son VAB, qui roulait de nuit pour renforcer les troupes en Uzbeen.
Assez tôt, les familles avaient fait savoir qu'elles souhaitaient disposer d'éléments sur les conditions de l'embuscade, et la réaction des forces alliés (française, américaine, afghane) en présence cette nuit-là.
Plusieurs faits avaient d'ailleurs troublé les députés qui s'étaient rendus sur place, dans la foulée (lire par ailleurs le témoignage de Christophe Guilloteau). Le communiste Jean-Jacques Candelier avait demandé une commission d'enquête, repoussée par la droite.
Par la suite, Pierre Lellouche avait notamment évoqué le manque d'expérience d'un JTAC américain incorporé à la colonne, ce qui avait vraisemblablement contrarié l'action des aéronefs.
Les familles ont toujours fait savoir que cette plainte ne visait par l'armée, mais la chaîne de décision locale.

DCNS entretiendra les Horizon françaises

C'est une non-surprise : DCNS va assurer, à Toulon, l'entretien des deux frégates Horizon, récemment engagées en Libye, dans le cadre d'Harmattan. Le contrat vaut pour quatre ans, mais ne comprend pas le système PAAMS.
Rappelons que les Forbin et Chevalier Paul ont assuré un large spectre opérationnel, allant de la fonction Red Crown (surveillance de l'espace aérien pour une flotte), tout en assurant, 24 heures sur 24 la protection de l'espace aérien au-dessus de Benghazi, possible grâce à la portée de ses missiles. Les deux navires ont aussi assuré l'ouverture de corridors d'infiltration pour les hélicoptères de l'ALAT, tout en assurant la neutralisation de la circulation, sur la route côtière. 3.000 obus de 76 mm ont été tirés par les deux bâtiments.

Sofradir : Thales et Safran seuls maîtres à bord (actualisé-2)

C'est un effet de la lente restucturation du secteur optronique français... et, il ne faut pas l'exclure, du recentrage d'Areva sur son coeur d'activité : le groupe nucléaire, qui détenait 20% de Sofradir, l'a revendu à ses deux comparses, Thales et Sagem, qui détiendront chacun, désormais, 50%. Sofradir, fabriquant de détecteur infrarouge est une perle de l'optronique française, plaçant ses composants dans toutes les équipements infrarouges : autoridrecteurs, caméras, mais aussi équipements spatiaux.
Entre autres programmes, Sofradir a fourni des détecteurs sur le missile de croisière Scalp EG de MBDA, la caméra infrarouge Sophie et le pod de ciblage Damocles de Thales, le détecteur de veille infrarouge Artemis des FREMM de DCNS, ainsi que le système SADA II installé sur les Bradley et Abrahams américains.
La société, créée en 1986, a donc même placé ses produits aux Etats-Unis, une réussite suffisamment rare pour ne pas avoir été, jusqu'à maintenant, vraiment soulignée.
Son chiffre d'affaires atteint 150 MEUR, pour 550 salariés, pour l'essentiel basés dans l'Isère.
Thales emploie 2.700 salariés dans le monde dans l'optronique, pour un chiffre d'affaires oscillant entre 600 et 700 MEUR. Selon Safran, le chiffre d'affaires optronique de Sagem représentant 52% du total en 2010, soit 624 MEUR.

dimanche 29 janvier 2012

Un nouveau sondage

Après le réalisme ou pas des projets de retraits d'Afghanistan, voici un nouveau mini-sondage (anonyme) sur la vision que vous avez des points chauds de 2012. Mis en ligne hier, ce sondage a déjà rassemblée plus de 460 participants. Comme toujours, la tendance se dessine assez vite : sans (vraie) surprise, les cliqueurs du weekend ont placé en tête le Sahel (28%) comme théatre n°1 de l'année, même si, sans surprise, il ne fait pas vraiment parler de lui.
En deuxième position, surprise, c'est le réalisme budgétaire qui fait loi (23% de clics). En troisième, l'Afghanistan a recueilli 21% des clics. 14% estiment que la Corne de l'Afrique aura aussi son rôle à jouer. Iran et Syrie émargent en queue de peloton (respectivement 7 et 5%).
Sans vouloir influencer le scrutin, qui dure jusqu'à la fin de la semaine, je trouve cette tendance assez réaliste, pour ne pas dire, particulièrement très informée.
A vos souris, pour poursuivre le vote !

(un internaute me signale que le vote multiple ne fonctionne pas (le vote simple, si), et je m'en excuse. Je vais aller tirer l'oreille de Blogspot).

samedi 28 janvier 2012

Drôle de porte-avions sur l'appli IPhone de Matignon

C'est un internaute qui a voulu tester qui m'envoie l'info : la nouvelle appli IPhone / IPad de Matignon contient une bizarrerie. Pour illustrer le ministère de la Défense français (en bas à droite), on peut voir un avion à décollage vertical conçu outre-Manche. A moins qu'il ne s'agisse d'un message subliminal envoyé à Downing Street, pour rallumer le partenariat franco-britannique : mais alors, pourquoi avoir choisi un appareil... qui n'est plus en service (pas plus que son navire porteur d'ailleurs) ?

Dans le Raids de février

Une fois n'est pas coutume, ce sont des marins qui font la une du RAIDS de février : le couple commandos marine et 33F (incarné par le Caïman), qui vient de se reformer, avec la création de la flottille. L'interaction des deux devrait générer des résultats en terme de lutte contre le terrorisme maritime, comme l'article en évoqué déjà quelques unes.
RAIDS est aussi allé à la rencontre des JTAC des trois armées lors d'un entraînement majeur mené par le CFAA (centre de formation à l'appui aérien) avec les Américains, à Djibouti. Sur 10 pages, on peut (re-)découvrir cette spécialité souvent mal connue, et comme telle, pas toujours correctement employée. Même si elle est devenue incontournable en Afghanistan.
On peut, à cet égard, rappeler qu'un des quatre militaires tués en Kapisa, vendredi dernier, était un des experts de ce domaine. Seulement quatre sous-officiers, dans l'armée de terre, développaient le même niveau d'expertise.
Le magazine a aussi pu rencontrer les policiers du RAID déployés depuis quelques jours dans les ambassades à risque, lors d'un stage qui leur est désormais consacré. Le propre chef du RAID a évoqué, vendredi, la nouvelle importance de cette mission pour son unité, plus largement, pour la force d'intervention de la police nationale (FIPN).
Enfin, comme le magazine le fait chaque mois, un militaire français raconte une mission marquante, réalisée en Afghanistan. Ce mois-ci, c'est un commandant de l'armée de l'air, pilote d'hélicoptère, qui nous livre les détails d'une mission menée de sauvetage nocturne effectuée sur un hélicoptère Pave Hawk, depuis la base de Kandahar, au profit de l'armée britannique.
Enfin, et ces temps de disette annoncée, il nous a semblé opportun de livrer quelques chiffres de coûts de matériels de l'armée de terre, avec quelques comparatifs venus des autres armées.
Bonne lecture !

Un nouveau rédacteur en chef à Air & Cosmos

C'est l'ours de l'hebdomadaire qui le proclame, dans le numéro paru vendredi : Guillaume-Lecompte Boinet est le nouveau rédacteur en chef d'Air & Cosmos, en remplacement de Jean-Pierre Casamayou, promu directeur délégué du titre. L'ancien pilote de transport de l'armée de l'air passé à la presse avait annoncé cette évolution, ainsi que un hausse de la numérisation du titre, dans son dernier éditorial de 2011.
Dans l'éditorial de la semaine, le directeur de la rédaction, Robert Monteux annonce un "nouvel élan" fait de numérique, avec des "exclusivités" et de la vidéo.
Comme celui qu'il remplace, l'impétrant a écrit à l'Usine Nouvelle (pendant 12 ans), après avoir commencé au Journal du textile (9 ans).

vendredi 27 janvier 2012

Un montagnard légendaire

Le CBA Emile Paganon est mort ce mardi à 95 ans : il était inhumé aujourd'hui à Sainte Foy en Tarentaise, en présence d'une section du 7e BCA. Ce chasseur alpin est une figure légendaire : résistant, il participe ensuite, avec la SES (1) du 7e BCA à la prise du Roc de Belleface en avril 1945.
Il es décoré de la Bronze Star américaine.
En 1950, il avait dirigé l'équipe de ski militaire française.
 
(1) section d'éclaireurs skieurs, qui sont les prédécesseurs des GCM (commandos montagne) contemporains.

Retrait : pour tenter d'y comprendre quelque chose

Le pouvoir du storytelling dans les sociétés modernes : on a appris ce soir que la France serait (presque) partie d'Afghanistan fin 2013, sans qu'on exclue (logiquement) que des conseillers restent sur place, en application du traité franco-afghan. C'est, pour les commentateurs, et l'émetteur (le président), un avancement de la date du retrait (1). Plus correctement, on parlera d'accélération du rythme de retrait, sans changement sur la date finale.
Car la date de la fin 2013 avait déjà été avancée par le ministre de la défense. Certes, c'est le miracle des sociétés modernes, tout le monde l'a déjà oublié, mais comme cette date avait déjà été donnée, il est donc inexact, ce soir, de parler de retrait avancé.
Puisque les derniers soldats quitteront l'Afghanistan à la date... déjà annoncée.
Néanmoins, impossible de le nier par contre, d'ici la fin 2012, 1.000 soldats devront avoir quitté l'Afghanistan... au lieu des 600 prévus (2). L'EMA va donc devoir plancher, de façon accélérée, sur un nouveau timing. Et trouver des capacités non essentielles à l'effort de guerre.
Bref, la solution la plus tentante consiste à rendre assez rapidement les enceintes, et notamment Tagab, la plus exposée aux tirs des insurgés. Les dernières prévisions envisageaient de le rendre dans le courant de l'été : il faudra peut-être faire encore plus vite. L'été, saison notoirement animée en Afghanistan, n'est peut-être pas le moment idéal pour cela...
Les GTIA montants partiront sans doute, aussi, avec moins de monde que prévu. Et pourraient, le cas échéant, ne pas aller au bout de leur mandat de six mois. Le 16e Chasseurs et le 92e RI fournissent les relèves du printemps : le 16e Chasseurs aura un SGTIA de moins que son prédécesseur. Le 92e RI part avec un état-major tactique, une CCL, un SGTIA et une compagnie de garde.
Le président a obtenu, aujourd'hui, que la Kapisa soit inscrite à la phase III. Peut-être a-t-on, trop vite, déduit que ce serait en mars. La phase II avait déjà glissé du mois de septembre à décembre 2011...

(1) des observateurs avisés estiment que le président avait prévu, depuis déjà quelques semaines, d'annoncer une accélération du rythme du retrait. La date choisie avait été celle du 27 janvier, date de la venue du président afghan... et avant l'entrée en campagne du président de la République. L'attaque de vendredi dernier a failli faire encore accélérer le rythme : on se souvient que le président envisageait de tout démontrer si les conditions de la sécurité de nos troupes n'étaient pas atteintes. Entretemps, le candidat socialiste a avancé un calendrier non réaliste, d'un retrait effectué pour la fin 2012. En présentant un calendrier cohérent avec les réalités militaires, l'exécutif gagne sur tous les tableaux, à commencer par une réponse directe à l'écrasante majorité des Français qui demandent un retrait des troupes.
(2) Rappelez-vous : en juin, le président annonce un millier en moins d'ici la fin 2012. Or 400 sont déjà partis : 193 légionnaires du 2e REP qui n'auront même pas fait quatre mois sur place, et un autre groupe composite, constitué d'aviateurs partis de Kandahar (-60) et d'un SGTIA ôté du GTIA Surobi, soit un peu plus de 200.

Un contrat de casques pour MSA

MSA Gallet, société basée dans l'Ain vient de remporter  un appel d'offres portant entre 16.000 et 64.000 casques de combat, accessoires compris.
Selon la société, ce contrat permet de "garantir la pérennité de la chaîne de production balistique de l'entreprise, voire l'embauche de nouvelles personnes". L'usine française emploie 260 personnes à Châtillon.
Elle avait déjà fabriqué déjà des casques pour les personnels terrestres des trois armées, ainsi que pour les forces spéciales de la Défense (COS), et de l'intérieur (RAID, GIGN). Des casques LA100 avaient déjà été vendus à l'armée de l'air et à l'aéronavale, pour équiper une partie des pilotes de chasse, ainsi que quelques hélicoptéristes.
MSA, la maison-mère américaine, a également vendu à l'armée de terre des gilets pare-balles Paracleete.

Le RAID s'exporte (aussi)

Tout en restant solidement arrimé à la lutte contre le terrorisme en France, le RAID a pris en 2011 une dimension également internationale comme l'a synthétisé ce midi Amaury de Hauteclocque, son chef, en présentant ses traditionnels voeux de début d'année. Si l'effort de formation, en hausse exponantielle, a profité à la force d'intervention de la police nationale (FIPN), plusieurs pays en ont aussi bénéficié, dont le Brésil, qui accueillera dans quelques années deux évènements sportifs majeurs. Un pays d'Afrique a aussi bénéficié d'un stage de formation de ses tireurs de précision.
Dans ce même registre, le RAID s'est aussi coordonné, dès 2010, avec les autorités britanniques en vue de la sécurisation des JO de Londres, cet été. A cet effet, un important exercice a eu lieu avec une unité de lutte contre le terrorisme britannique, dès le mois de janvier 2010.
Le chef du RAID a également précisé qu'il avait accueilli, de son côté, un détachement italien, avec qui il est intervenu conjointement, sur le territoire français, une première. La réciproque est désormais possible, le RAID pouvant intervenir dans un pays étranger, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.
En 2013, et afin d'encore renforcer la coopération en la matière, le RAID sera d'ailleurs engagé dans le plus gros exercice jamais mené par le groupe Atlas (27 pays, une trentaine d'unités-membres) : 9 évènements interviendront successivement dans autant de pays, mobilisant au moins 13 services différents.
Afin de protéger les ambassadeurs, la FIPN a enfin mis en place un stage de formation pour les opérateurs déployés dans les pays à risque. Actuellement, le RAID aligne des éléments à cet effet en Afghanistan, au Liban et depuis l'automne, en Syrie. Un effort conséquent pour ce service de police, qui avait aussi sécurisé des visites officielles en Côte d'Ivoire et en Libye, à la fin de l'été.

Deux sondages sur l'Afghanistan

88% des 40.000 internautes qui ont répondu à M6 demandaient le retour des soldats d'Afghanistan.
89% des 2.549 qui ont répondu à ma question, cette semaine, estimaient impossible de tout rapatrier d'ici la fin de l'année 2012.

jeudi 26 janvier 2012

Le 6 février, jour du soutien

L'armée de l'air fêtera le 6 février prochain à Bordeaux (siège du CSFA) ses acteurs du soutien opérationnel, un peu moins d'un an après le début de l'opération Harmattan. Cette dernière avait vu une forte réactivité des structures de soutien, en France, d'abord, puis à l'étranger (Crète, Sicile, et sur les navires de la marine).
Les aviateurs ont ainsi pu (re-)découvrir l'intérêt d'un groupement aérien d'appui aux opérations (GAAO, ex-CIO qui a perdu ce nom au 1er septembre) et des groupements de télécommunications (GT).
Comme souvent, le français qui se plaint en France et qui voyage un peu peut constater que finalement, il est plutôt plus que bien loti (1). Pour avoir pu observer ces structures de l'armée de l'air à l'oeuvre à Douchanbe et Kandahar ou sur le théâtre national, lors de dispositifs particuliers de sûreté aérienne (DPSA), je peux confirmer l'efficacité du couple.
Néanmoins, si la plupart des retex sont donc globalement positifs, on a également pu observer que quelques éléments doivent évoluer, avec les réalités du 21e siècle. Les incessants vols logistiques du premier weekend d'opérations (jamais autant de bombes n'avaient survolé le territoire national depusi bien longtemps) ont notamment fait progresser l'idée de remettre quelques stocks minimaux de munitions sur les bases-mères.

(1) A cet égard, le niveau d'équipements qui était disponible dans le CAOC (italien) de Poggio Renatico semblait particulièrement bas, bien que ce site soit agréé OTAN. Rappelons aussi qu'au moins un pays nordique, recordman du nombre de largages de bombes de 1.000 kg, est soudain tombé à cours de corps de bombes, au printemps. Rétrospectivement, tout cela fait un peu froid dans le dos. Entre l'affichage de facade d'armées Potemkine, et la réalité opérationnelle, il y a parfois un grand pas...

Les expulsions reprennent en mars

En mars, l'activité n°1 du militaire (le déménagement) va reprendre sur la base aérienne 117 de Paris-Balard.  On a déjà expliqué, le 16 décembre, que les travaux du Balardgone obligeraient les aviateurs à manger sous tente un certain temps, et deux chasseurs ont déjà été dépylonés, le 15 janvier.
La tour F, rénovée, va accueillir à partir de mars et jusqu'au mois de juin des ressortissants issus d'autres bâtiments (G, H, L). Les 145 musiciens de l'air, eux, quitteront définitivement les lieux, en avril, pour rallier la base de Villacoublay qui accueille déjà déjà 2.500 aviateurs, 3.000 militaires si on compte les soutenus (COS, COMALAT, etc).

mercredi 25 janvier 2012

Dans les sms des spin doctors

C'est un peu symptomatique de la schizophrénie ambiante dans la com'parisienne en ce moment. Un texto mal aiguillé "analysant" la prestation du mindef dans les jités du weekend se retrouve sur Le Monde.fr, papier qui ne me semble pas avoir eu le rayonnement qu'il mérite. Le texte était, à l'origine, destiné au n°2 de la DICOD. Il montre de quelle façon est saucissonné le travail de mes confrères de télés, pour ensuite à alimenter les postures de communication (1). Cet article m'a permis, en outre, d'apprendre que le mindef avait, selon France 2, renoncé à aller à Gwan.Là où sont morts les quatre OMLT, et où quinze autres ont été blessés.

(1) dans le même registre, on peut aller se replonger dans nos révélations sur le plan stratégique de la DICOD, en 2012.

Le Caïman livré une deuxième fois

Le premier Caïman a été livré le 22 décembre à l'ALAT, sans tambour ni trompettes, ni... photos (1). On comprend maintenant pourquoi : il sera livré... lundi prochain, nous apprend aujourd'hui un communiqué du ministère de la Défense. Ce blog avait annoncé cette visite mardi.
Le premier Caïman devait contractuellement être livré à l'ALAT en décembre 2011, aux termes du contrat. Les députés ont (légitimement) émis de très grandes inquiétudes sur la posssibilité d'aller au bout de la série de cet appareil, dont 133 exemplaires sont prévus pour l'armée de terre.
Cette dernière ne prévoit pas de l'envoyer en opex avant 2013-2014, le temps de former les pilotes. Les premiers appareils doivent rejoindre le centre de formation interarmées (CFIA) au Luc, où seront formés les membres d'équipages.
Dans les résultats divulgués ce mardi par Eurocopter, aucune commande de Caïman ne figurait dans les commandes enregistrées en 2011. Une commande pluriannuelle française est théoriquement prévue en 2012.

(1) heureusement, il nous reste la presse quotidienne régionale, qui nous l'atteste, dans ce reportage effectué sur la base de Valence (GAMSTAT).

Un homme, une femme

Dans la liste des promus du jour, je distingue le général de division Christophe Gomart, actuel GCOS, après avoir commandé le 13e RDP et secondé Bernard Bajolet au conseil national du renseignement (CNR).
La DGA reste quant à elle la plus motivée, au ministère, pour promouvoir les talents des femmes, pour autant qu'elles soient, en tout cas, issus du cursus armement. C'est le cas de la très spatiale Caroline Laurent, promue ingénieure générale de 1ère classe.

mardi 24 janvier 2012

Retrait : pas de changement de braquet (actualisé-2)

C'est Alain Juppé qui a parlé le premier, aujourd'hui, en annonçant que le calendrier du retrait d'Afghanistan ne connaîtrait pas d'accélération. Il a réfuté le calendrier du candidat socialiste à la présidentielle.
Le Premier ministre a abondé, en répondant aux questions d'actualité, à la chambre basse : "quand j'entend parler de retrait immédiat, fût-ce à la fin 2012, je ne suis pas sûr que ceci ait été mûrement réfléchi et étudié", a-t-il dit.
Ce blog a expliqué quelques pré-requis ce weekend. La réalité logistique, en Afghanistan, dirige tout, tous les jours.
"Il ne faut pas céder à la panique, il ne faut pas confondre un retrait ordonné et une retraite précipitée" a martelé François Fillon, mettant un terme à la confusion oratoire du weekend.
Pour sa part, la vice-présidente (socialiste) de la commission de défense, Patricia Adam, a ciblé les choix opérés par le président depuis 2007, dans un communiqué : "Le président Nicolas Sarkozy semble aujourd’hui affolé par les conséquences de ses mauvais choix d’alors. Les députés socialistes l'appellent à conserver son sang-froid et à faire face pour quelques semaines encore à ses responsabilités. Le souvenir de nos morts l’impose".
A Kaboul, l'ISAF a aussi recadré le débat sur les infiltrés, par la voix de son porte-parole : "Il est pour l'instant bien trop tôt pour affirmer quoi que ce soit sur l'implication des taliban en général, ou sur cet événement en particulier", a-t-on expliqué. Le retard à l'allumage des talibans semble, de fait, l'accréditer, pour le cas de Gwan.

Surge sur le pont Alexandre III (actualisé-1)

En général, cette portion du pont était vide. Ce matin, associations et militaires d'active ont rempli le vide. (photo Jean-Marc Tanguy).

Le général Bruno Dary a gagné son pari. Plusieurs centaines de personnes, plus de 500, étaient sur le pont Alexandre III, dès 11.h30, pour un hommage silencieux aux quatre morts de Gwan.
Les absents traditionnels -les militaires, les politiques et... la foule- étaient là, ce midi.
Des députés UMP étaient présents, mais pas l'essentiel de la commission de défense, en visite à Aulnay-sous-Bois, chez les gendarmes. C'est Lionel Luca qui semble avoir mobilisé la vingtaine d'élus (Christophe Guilloteau, Philippe Vitel, Jacques Myard, Hervé Mariton ...)
Plusieurs officiers généraux étaient aussi dans la foule : quatre des cinq inspecteurs généraux (Patrick De Rousiers, Thierry Cambournac, Marc Watin-Augouard, Jean-Bernard Penne) , mais aussi le général Philippe Got, de l'EMA.
Plus d'une centaine de militaires en uniforme ont rendu hommage à leurs camarades passés devant eux. Au vu des couleurs d'uniformes, les principaux sites parisiens ont envoyé du monde : EMA, GMP, EMM, EMAT...
Même un capitaine de frégate américain, pilote dans l'US Navy (il est actuellement à l'école de guerre), était présent, ainsi que les attachés de défense italien et espagnol !
Des civils de la défense, et des militaires en civil, facilement reconnaissables, étaient aussi là, à titre personnel.
Reste à maintenir l'effort, sur les prochaines cérémonies. "Les familles ne comprendront pas, sinon", augurait un confrère.
Notons que le sénat a, ce matin, fait observer une minute de silence.
La cérémonie vient de s'achever aux Invalides, un peu avant 13 heures, avec, sans surprise, de nombreux ressortissants parisiens de la 27e BIM, dont l'ancien chef de la TF Tiger et un colonel du cabinet du ministre.

(plus de photos sur mon compte Facebook, dans l'après-midi).

Longuet à Marignane lundi

Le mindef est attendu lundi chez Eurocopter, avec le Caïman en point de mire. L'usine livre actuellement au ministère des Caracal, des Tigre, et précisément, des Caïman, à la marine et à l'ALAT. Le premier TTH a été remis le 22 décembre dernier, avant de rallier le GAMSTAT.

lundi 23 janvier 2012

Lacunes chez la porte-parole du gouvernement

La nouvelle s'est répandue comme une traînée de poudre dans la netosphère, depuis ce matin : la porte-parole du gouvernement, Valérie Pécresse, n'a pas su donner le nombre de morts français en Afghanistan, pas plus que le nombre de soldats français, sur ce théâtre. "Pas loin de 70 je crois" a-t-elle (mal) supposé pour quantifier les morts, comme le relate le site de RMC. Les internautes se lâchent d'ailleurs, sans ménager la ministre.
Elle s'exprimait chez Jean-Jacques Bourdin, pendant son talk-show quotidien en direct, connu pour mettre les invités sur le grill (ce qui fait aussi partie du métier de journaliste). De ce fait, les interviews chez le confrère sont en général particulièrement préparées.

Un passage d'avions pour Zippo 12 ? (actualisé-2)

Un Mirage 2000D venu de Kandahar effectue un show of force en Kapisa, en décembre dernier (photo : EMA / ST Images)

Certains le suggèrent, in petto : un passage de chasseurs au-dessus des Invalides, pour une cérémonie nationale, jeudi ou vendredi, aurait du sens : au moins un des quatre tués de Gwan était spécialisé dans le guidage des appuis, et le 93e RAM fournissait un TACP (indicatif Zippo 12) à l'OMLT du K34, basé à Gwan.
Première difficulté : le survol de Paris répond à des normes très précises.
Deuxième difficulté : la population, déjà pas enthousiaste sur l'Afghanistan, y verrait un symbole particulièrement intrusif.
Réalité : ce survol rappellerait le caractère interarmées des opérations en Afghanistan, et d'autant plus que les Mirage n'ont jamais autant opéré que maintenant au-dessus de la Kapisa.

Post scriptum : la cérémonie aura à... Varces demain, confirme mon confrère Philippe Chapleau. Ce qui pourrait, incidemment, permettre de simplifier un certain nombre de choses, dont un passage avions, avec un guidage au sol par un FAC Sup, en hommage à l'ADC Fabien Willm. La communauté des FAC de l'armée de terre, à laquelle appartenait l'ADC Fabien Wills, a prévu d'être présente, demain.

Entre 11h30 et 12 h

Le cortège funèbre des quatre soldats français tués vendredi en Afghanistan passera demain sur le pont Alexandre III (Paris, 7e arrondissement), entre 11h30 et 12h.
L'appel, calqué sur les hommages que l'on trouve dans les pays anglo-saxons, a trouvé, jusqu'à maintenant, très peu d'écho, malgré les canaux officiels (gouverneur militaire de Paris) et officieux (associations et collectifs de soutien) appelant à cette présence silencieuse (1). En général, une centaine de personnes assistent à cet hommage silencieux, qui précède directement une cérémonie intime aux Invalides, réservée aux familles.

(1) comme on l'a déjà expliqué, Paris est pourtant une des plus grandes garnisons de France (le ministère de la Défense et l'école militaire sont à deux pas, l'état-major de la marine est en face), même si on n'y trouve plus d'unités opérationnelles.

Le K34 et ses mentors (encadré)

Le kandak 34 est le bataillon d'appui de la 3e brigade ANA, et vient de s'installer à Gwan en décembre dernier. Son chef est le colonel Khushal Hawtak. La FOB de Gwan doit d'ailleurs lui être formellement remise par la France en février, en tout cas c'est ce qui était prévu à l'origine.
Il dispose de 450 soldats, et de 150 véhicules. Il était mentoré par une OMLT de 34 militaires français, issus des 93e RAM, 4e RCh, 2e REG, avec un infirmier de Carcassonne (blessé) et un médecin qui s'est avéré particulièrement utile, vendredi, pour prodiguer les premiers soins. Dans cette équipe d'OMLT figurait une équipe TACP fournie par le 93e RAM, indicatif Zippo 12.
19 d'entre eux ont donc été tués (quatre) ou blessés (quinze, selon le dernier bilan EMA, parmi lesquels huit blessés graves). Le propre chef de l'OMLT, le LCL H., fait partie des blessés.

L'ADC Willm était un expert du guidage des appuis

Un binôme de FAC du 40e RA guide un Mirage 2000D du 3.11 Corse, pendant le dernier entraînement CASEX, en novembre (photo CCH JB Tabone / FFDJ).


Même si sa biographie n'en fait pas mention, l'ADC Fabien Willm, tué vendredi à Gwan était un expert du guidage des appuis-feu. Il détiendrait un des qualifications les plus importantes en matière, rarement alignée par des sous-officiers.

Valorisée pendant les opérations en Bosnie, dans les années 90, la spécialité de guidage des appuis (FAC) a pris son essor en Afghanistan, pour devenir incontournable, au point qu'un tir aérien ne peut pas intervenir sans l'accord d'un JTAC, appellation américaine des spécialiste du guidage interarmes.
L'armée de terre a, après août 2008, repensé la spécialité, pour regrouper cette compétence au sein de DLOC (détachement de liaison, d'observation et coordination).
La France détiendrait un peu plus de 200 FAC. L'ADC Willm est le premier représentant de la spécialité, toutes armées confondues, à périr en Afghanistan.

dimanche 22 janvier 2012

Hommage militaire à KAIA

(toutes les photos qui suivent, transmises par l'ECPD sont en haute définition, on peut donc cliquer dessus pour les voir en plus grand).

Les pieds dans 10 cm de neige, les soldats français ont rendu hommage à leurs quatre camarades tués vendredi, cet après-midi, sur le parking de la TF Mousquetaire. "Vous êtes tombés sous les coups d'un ennemi qui n'hésite pas à recourrir aux pires traîtrises a dénoncé le général de Bavinchove, chef d'état-major de l'ISAF, et militaire français le plus élevé en grade en Afghanistan.
"Adieu mes camarades, adieu mes frères d'armes", a-t-il lancé, avant que les quatre cercueils en plastique revêtus d'un drapeau tricolore ne rejoignent les soutes de l'Airbus A310 qui les ramènera en France cette nuit.
Une première cérémonie devrait donc se dérouler dans les prochaines heures, à Roissy, avant le traditionnel passage des dépouilles sur le pont Alexandre III, puis une cérémonie aux Invalides. On ignore encore comment seront honorés les quatre soldats morts vendredi. Cérémonie nationale aux Invalides, ou plus restreinte, dans les régiments concernés.
Ceci, alors que le président afghan est attendu à Paris, vendredi prochain.

Après Gwan : point de sit (actualisé-4)

Les dépouilles des trois artilleurs du 93e RAM, et du sapeur du 2e REG tués vendredi doivent rejoindre la France cette nuit dans un A310 du 3.60 Esterel, malgré un retard pris du fait des conditions météo (neige) régnant actuellement dans la zone afghane (1), et particulièrement à KAIA. A ce stade et par conséquent, aucun créneau horaire n'a encore été donné pour l'hommage traditionnel, sur le pont Alexandre III, à Paris. Dès qu'il sera connu, nous la transmettrons sur ce blog.
Sur le front médical, les huit blessés graves (et quatre blessés plus légers) rapatriés hier par vol Morphée n'ont pas encore connu d'amélioration de leur état. Selon mon camarade Philippe Chapleau, trois blessés (dont un capitaine) appartiennent au 4e régiment de chasseurs de Gap.
Trois blessés, dont au moins deux graves, intransportables, restent traités à l'hôpital américain de Bagram (Afghanistan), et le dernier à KAIA.
Par ailleurs, on a appris que le LCL H, un des officiers supérieurs du 93e RAM, en charge de l'OMLT du K34, faisait aussi partie de ces blessés, sans qu'on en connaisse l'état de gravité. Un infirmier du 3e RPIMa, chuteur ops, fait aussi partie du groupe rapatrié avec le C-135 Morphée.
Le général Ract-Madoux, CEMAT, a visité des blessés ce dimanche dans au moins un hôpital militaire parisien.
On ignore les unités d'origine des autres : comme je le signalais hier, cette OMLT appui était composée des militaires du 93e RAM, du 4e RCh, du 2e REG, et disposait d'infirmiers venus des centres médicaux des armées d'Issoire et de Carcassonne.
Depuis vendredi, des OMLT ont rejoint l'Afghanistan, fournis par le 3e RPIMa et le 2e REP. A ce stade, si les missions sont "suspendues", on continue à relever les OMLT. A ce stade, l'incertitude se poursuit sur l'OMLT appui, dont 18 des 34 membres ont été tués ou blessés.

(1) Rappelons que ces mêmes conditions avaient obligé, début janvier, à ravitailler les FOB par LMTGHOB, ce qui est assez rare.

Aide psychologique à Varces

Ce sera la premire fois qu'un tel dispositif entre en jeu : une aide psychologique va être mobilisée au profit des écoles de Varces (7.000 habitants environ), où est installé le 93e RAM, qui a perdu vendredi trois artilleurs (qui avaient quatre enfants). Dès vendredi, une cellule de crise a été mise en place au collège, avec une psychologue et l'infirmière de l'établissements. Selon un témoigage sur place, la fédération des parents d'élèves "est mobilisée". La ville compte deux écoles maternelles, deux écoles primaire, et ce collège. Mais aussi l'état-major de la 27e BIM, et accueille le 7e BCA.
Le 93e RAM fournit des OMLT, mais aussi des artilleurs pour le BG Tigre.
Le retentissement de l'attaque et l'émotion qu'elle a causée, dans une ville de cette taille, justifient pleinement un accompagnement psychologique d'enfants et d'adolescents.
Par ailleurs, depuis un an, l'armée de terre a mis en place en interne un dispositif multicouches afin d'accompagner ses resssortissants et leurs familles concernés par un évènement grave, ou un déploiement à l'étranger. Pour la première fois, ce service est effectué par des psychologues extérieurs à l'armée.
Pour les seuls militaires, l'armée de terre a aussi mis en place, avec l'Afghanistan, les officiers d'environnement humain qui reçoivent une petite formation leur permettant de détecter des situations difficiles.
Depuis le mandat du 7e BCA -entamé en décembre 2010- en Afghanistan, les régiments doivent également mettre en place des cellules de crise, pouvant notamment prendre en compte ce type d'évènement... et les conséquences de l'embasement (bases de défense).
La tête de réseau psychologique est incarnée, dans l'armée de terre, par la CISPAT, cellule d'intervention et de soutien psychologique de l'armée de terre. Elle a été déployée à plusieurs reprises en Afghanistan, après Uzbeen, cet été après l'attaque de Joybar, et sera vraisemblablement mobilisée après l'attaque de Gwan.

samedi 21 janvier 2012

Les blessés de Gwan sont rentrés en France

Les blessés de Gwan sont arrivés à Orly en milieu d'après-midi, à bord d'un C-135FR des forces aériennes sratégiques (FAS). Cet aéroport civil est systématiquement retenu pour les vols Morphée, du fait de sa proximité avec l'hôpital militaire de Percy. Plusieurs ambulances de la brigade de sapeurs pompiers de Paris (BSPP) ont été requises, ainsi qu'au moins deux hélicoptères du ministère de l'Intérieur, des EC145 de la base de Paris de la Sécurité civile. Un appareil de ce type peut embarquer jusqu'à deux patients couchés.
Il arrive que les Super Puma présidentiels de l'ETEC, mis en oeuvre par l'armée de l'air soient mobilisés dans cette tâche, ce qui n'a donc pas été possible cette fois-ci.

Après Gwan : premières réponses (actualisé)

 Un GI capte l'iris d'un afghan (photo : US Army).

Selon le Mindef, le soldat afghan qui a tiré vendredi, tuant quatre soldats français et en en blessant quinze autres était un "taliban infiltré". Abdul Mansour n'a pourtant que 21 ans, et avait déjà été soldat dans l'ANA dont il a déserté, avant d'y revenir. Rien sur ses motivations, par contre.
Le ministre français, qui semble désormais être sur une ligne coopérative avec les forces afghanes, a défendu l'apport de la biométrie, pour mieux distinguer les bons des méchants afghans. Il a également suggéré que les militaires français ne soient plus, désormais, sans armes. Une décision qui aurait dû être prise bien plus tôt, les alertes sur des risques d'infiltration courant depuis des mois. Et l'attaque du 28 décembre aurait dû achever la prise de conscience.
Ce blog avait révélé, en outre, qu'à l'automne les troupes françaises avaient même appris qu'une trentaine d'insurgés évoluaient dans leur zone, en uniforme afghan.
En ce qui concerne la biométrie, cet outil est déjà massivement utilisé en Afghanistan, par les américains (terminal HIIDE), mais aussi par les forces françaises, depuis 2008. Elle est aussi utilisée à l'entrée dans le cycle de formation des unités d'élites, comme les forces spéciales de l'ANA, ou la garde prétorienne de Karzaï, pour dépister les insurgés.
Mais, faut-il le rappeler, la biométrie ne prend que des éléments sur un suspect (iris, empreintes digitales) et les compare à une base de données. Si celle-ci n'est pas renseignée et suffisamment large, cela ne sert strictement à rien. On parle d'un pays dans lequel la carte d'identité n'existe pas : les fichiers sont donc plutôt maigres (même si les fichiers biométriques sont montés en flèche depuis l'an dernier). Et les homonymies très courantes.
Dans le cas présent, à supposer qu'Abdul Mansour ait été biométrisé lors de son premier séjour dans l'ANA, son retour dans l'ANA aurait certes déclenché une alarme. Mais cela n'aurait pas empêché le tireur du 28 décembre, dans l'ANA depuis des années, de passer au travers. Et d'accomplir sa besogne.
Attribuer trop d'importance à la biométrie est donc imprudence (1) : ce qui n'est qu'un outil ne jouera que sur la durée, et au moment où elle sera efficace, il n'y aura plus de soldats français en Afghanistan.


(1) assez typique des américains : on laisse faire la technologie, en négligeant le renseignement humain qui est pourtant la base de la contre-ingérence.

La 3e brigade ANA sans OMLT appui

La fusillade de Gwan, par delà les quatre morts et 15 blessés français (1), soit la quasi-totalité de l'OMLT appui, a aussi un effet direct sur la troisième brigade de l'ANA, qui ne dispose plus de mentors français dans ce domaine. Un certain nombre de missions ne peuvent plus être assurées, de fait, sans ces mentors qui sont souvent aussi incontournables, pour les procédures d'appui-feu par exemple.
A ce stade, on ignore comment la France va gérer cette situation, si elle reprend cette mission de mentoring, avec l'avoir annulée, à titre conservatoire. L'OMLT devait rentrer en France dans quinze jours, il y a donc fort à parier que leur relève va tout simplement être avancée, si le cadencement des liaisons le permet.
Les forces françaises ne s'était pas trouvée dans une telle situation -une unité élémentaire neutralisée- depuis l'embuscade d'Uzbeen.


(1) dont le chef de l'OMLT, un cadre du 93e RAM. On ignore l'effectif exact de l'OMLT du Kandak 34 : on sait seulement que les unités suivantes le constituaient : 93e RAM, qui fournissait le noyau dur, 4e RCh et 2e REG, ainsi que des personnels médicaux provenant de Carcassonne et d'Issoire. A ce stade, les unités de provenance des blessés n'ont pas été communiquées.

Désengagement : la facture

On accuse souvent les journalistes de grossir la vérité, j'étais en deça, dans mes estimations d'hier, du stock de matériel aligné en Afghanistan. Ce sont en effet 1.700 KC20 (conteneurs de 20 pieds) qui résident sur les FOB et bases (Bagram, Kandahar) d'Afghanistan, avec 1.300 véhicules (dont le tiers de VAB dont je faisais état), sans parler de centaines de tonnes de muntions. Rien que les rechanges mobiliseraient plus de 200 KC20.
Il faudra un "surge" logistique, donc un renfort d'effectifs et de moyens spécialisés.
C'est donc et de loin la plus grosse manoeuvre logistique que l'armée de terre française, et particulièrement ses tringlots, aient jamais eu à effectuer, depuis la guerre du Golfe.
A la très grosse différence que l'Afghanistan n'est pas l'Arabie Saoudite, et le réseau logistique afghan reste pauvre, et surtout, potentiellement sujet d'attaques par IED, ou d'embuscade en règle.
Il est évident qu'à dégarnir les postes en effectifs, ces routes seront encore moins sûres qu'avant. Nous voyons partir, la population va encore moins se précipiter pour nous apporter du renseignement.
A Kaboul et Bagram, les deux aéroports disponibles, les capacité de stockage et de traitement du fret sont déjà notoirement engorgées. Les 24 AN-124 sont en nombre insuffisant, même si, par chance, l'absence de point chaud ailleurs dans le monde permet de les concentrer dans cette zone.
Dans un contexte aussi volatile, chacun pousse la course à l'échalote, y compris ceux qui louent ces avions, les bateaux... ou font passer les convois logistiques. L'Ouzbékistan et le Pakistan font ainsi monter les enchères. Ce qui ne manque pas de sel, quand on mesure le faible niveau sécuritaire du pays... ou le fait que la France le forme à la lutte antiterroriste.
Enfin, n'oublions pas non plus, comme ce blog l'avait expliqué l'an dernier, qu'il faudra raser les FOB dont les Afghans ne voudront pas. Construites sur des normes occidentales, donc à des coûts disproportionné pour le budget afghan, il n'est pas sûr qu'il ne faille pas raser nos principales installations : une opération particulièrement risquée pour ceux qui pourraient avoir à l'exécuter. Gwan sera le premier site transféré à l'ANA : de longue date, cette FOB devait l'être en février 2012... dans quelques jours.

Vos réactions, sur mon mail : tanguy_press @ yahoo.fr (enlever les espaces avant et après le @)

Le Morphée et le Mindef sur place

L'avion d'évacuation sanitaire Morphée des Forces aériennes stratégiques (FAS) était bien présent ce matin à Kaboul, prêt à raptrier des blessés en France. On ignore le nombre précis de soldats qui reviendront en France, sur les 16 blessés hier : on sait seulement que le pronostic vital reste engagé pour l'un d'eux.
Le ministre de la défense est arrivé, lui, par un autre avion, vraisemblablement un Falcon de l'ETEC. Il devait notamment rencontrer le général John Allen, chef de l'ISAF, hier à Paris (entretien prévu de longue date), c'est donc apparemment à Kaboul que l'entretien aura lieu.
On ignore précisément quand le ministre et le CEMA rentreront à Paris. Le prochain rendez-vous du premier est situé mardi.
Notons, même si cela peut sembler anecdotique, que l'armée de l'air a pris la décision, dès hier, d'annuler la soirée de lancement de son livre (Avaiteurs, regards d'Afghanistan), prévue vendredi prochain.

Croyez-vous un retrait possible d'ici la fin 2012 ?

C'est le sondage de la semaine. Sans course à l'échalote, plongez-vous dans vos cours de logistique, vos souvenirs de routes afghanes, recomptez le nombre d'Antonov 124 : une fois tout cela ingéré, croyez-vous à la possibilité d'un retrait des troupes français d'ici la fin 2012 ?
Sur les 100 premières réponses, 80% pensent (et j'en fais partie) que ce ne sera pas possible. Il reste six jours pour vous exprimer.

vendredi 20 janvier 2012

Après l'attaque de Gwan : biographies

Le brigadier-chef Geoffrey Baumela du 93e RAM était le plus jeune -27 ans- des soldats de montagne tués ce matin sur la FOB de Gwan. Il s'était engagé en septembre 2006. Il avait effectué un premier séjour en Guyane, en 2008 au sein de la section maintenance, et avait été promu brigadier le 1er octobre de cette même année.
Il avait débuté son mandat d'OMLT en septembre dernier, et devait donc rentrer en France le mois prochain, comme ses trois camarades. Il avait une compagne et un enfant.
A 43 ans, l'adjudant-chef Fabien Willm, du 93e RAM avait déjà un quart de siècle au service de l'armée de terre. Il avait une dizaine d'opérations à son actif, et il terminait son 3e mandat afghan (2008, 2009-2010).
Engagé le 1er octobre 1986, il est sergent le 1er avril suivant, puis affecté au 93e RAM, comme chef de pièce, après un passage à Draguignan.
Il est affecté au bataillon de soutien opérationnel du régiment, puis au 60e RA. Il est promu sergent-chef en 1992, avant d'être affecté au 68e RAA, deux ans plus tard, puis au 8e RA, en août 2001. Il est, à Commercy, officier observateur.
Il est promu adjudant en 2003, puis adjudant-chef en 2009, le 1er janvier 2011, après deux ans au 93e RAM qu'il a retrouvé.
Il était marié et père d'un enfant.
L'ADC Denis Estin (45 ans) aura servi pendant 28 ans. Il s'était engagé en 1984 au 35e RAP, avant de rallier Saint-Maixent. Sergent le 1er juillet 1988, il sert successivement au 34e RA (1988-1991), puis au 3e RA (1991-1993), au 68e RAA (1993-2000) en même temps que Fabien Willm, au 40e RA, où il est promu adjudant, en 2004.
Il rejoint le 93e RAM le 1er août 2009 en tant qu'adjoint à l'officier SIC. Il est promu adjudant-chef le 1er janvier 2011.
Ce sous-officier avait déjà servi deux fois en Afghanistan : en 2004 et 2009.
Il était marié et père de deux enfants.
Le sergent-chef Svilen Simeonov (34 ans) s'est engagé à la Légion en 2001, et avait rejoint le 2e REG le 7 février 2002. Il y est promu 1ère classe le 1er août 2002, puis caporal, le 1er février 2004. Ce légionnaire prometteur est nommé sergent un peu plus d'un an plus tard, puis sergent-chef, le 1er juillet 2009.
Son parcours opérationnel était dense, avec un mandat en Guyane en 2004, deux mandats extérieurs en 2007 en Afghanistan et Côte d'Ivoire, et des séjours à Djibouti (2003, 2006, 2009). Il était marié et père d'un enfant.


Les trois éditions successives de l'attaque de ce matin :
http://lemamouth.blogspot.com/2012/01/quatre-francais-tues-en-sud-kapisa-3e.html

http://lemamouth.blogspot.com/2012/01/quatre-francais-tues-en-sud-tagab-2e.html

http://lemamouth.blogspot.com/2012/01/quatre-francais-tues-en-sud-tagab.html

Un retrait anticipé en bon ordre infaisable

"On fait avec". Une phrase bien connue chez les militaires français, et qui traduit assez bien le défi qui les attend si le chef des armées confirmait son intention, encore conditionnelle, de rapatrier les troupes. Ce blog a déjà livré le projet de rendre la FOB Tagab aux Afghans à partir de la mi-2012. Rapatrier le reste (Nijrab, Tora) serait moins compliqué et moins prioritaire, car ces FOB sont situées dans des zones moins exposées, et les routes qui les relient à Kaboul sont l'objet d'un peu moins d'attaques.
Mais si les matériels roulants et le principal des troupes sont faciles à rapatrier en zone sûre sur Kaboul, c'est nettement plus compliqué pour tout le matériel nécessaire pour la conduite de la guerre, installé dans les FOB. Il y en aurait l'équivalent d'un millier de conteneurs 20 pieds. Cela fait beaucoup de convois (1), et jusqu'à preuve du contraire, de tels convois ne peuvent pas être mis en branle d'un claquement de doigt. Et ne peuvent pas être effectués par des prestataires (2). Les soldats français sont donc, dans tous les cas, en Afghanistan pour un bout de temps.
En tout état de cause, le calendrier de retrait total affiché par les uns ou les autres ne tient pas, si la date considérée pour le retour total est la fin 2012.

(1) pour tenir la cadence, il faudrait renforcer l'effectif de tringlots, renforcer le parc de camions porte-conteneurs. Et faire en sorte que les insurgés laissent sympathiquement passer ces convois...
(2) ne parlons même pas du coût des vols d'AN-124 nécessaires pour sortir tout cela d'Afghanistan, que j'évalue, dans le Air&Cosmos de la semaine, à environ 80 MEUR, rien que pour les conteneurs. Soit un peu moins du tiers de la somme totale, qui intégrerait les 450 VAB, les 14 hélicoptères, et les dizaines de PVP et VBL...

Les trois éditions successives de l'attaque de ce matin :
http://lemamouth.blogspot.com/2012/01/quatre-francais-tues-en-sud-kapisa-3e.html

http://lemamouth.blogspot.com/2012/01/quatre-francais-tues-en-sud-tagab-2e.html

http://lemamouth.blogspot.com/2012/01/quatre-francais-tues-en-sud-tagab.html

Quatre français tués en sud-Kapisa (3e édition)

Une photo partielle de la FOB Gwan en 2012, transmise par l'ECPAD.

Quatre français ont été tués ce matin pendant leur footing (1) sur la FOB Gwan, a-t-on appris de sources convergentes. Ils étaient donc de fait sans gilet pare-balles, et vraisemblablement, désarmés. Ils appartiennent au 93e RAM (deux adjudant-chefs et un caporal-chef) pour trois d'entre eux, et au 2e REG (un adjudant-chef). Les deux légionnaires du 2e REG qui avaient été tués fin décembre était eux aussi dépourvus de gilet pare-balles.
15 autres soldats ont été blessés, dont 8 grièvement. Un tel volume rend incontournable l'envoi d'un C-135 Morphée de l'armée de l'air, pour les rapatrier en France. L'envoi d'un deuxième vol Morphée, inscrit dans le contrat capacitaire n'est pas encore confirmé.
Le tireur a été interpellé apparemment indemne, après une tentative de fuite, et est actuellement détenu par la 3e brigade ANA. L'agresseur du 29 décembre avait été tué, dans la fusillade.
82 soldats français sont morts en Afghanistan depuis 2004. Les pertes du jour portent à quatre celle du 2e REG. Le 93e RAM, qui avait assuré les mandats d'hiver depuis 2008, ainsi que des équipes OMLT, n'avait pas encore connu de pertes en Afghanistan.
La députée du Nord Françoise Hostalier, qui doit rendre à Nicolas Sarkozy un rapport sur la transition en Afghanistan vient de réagir à l'attaque de ce matin. "C’est avec une immense tristesse et un profond sentiment de révolte que nous apprenons la terrible nouvelle d’une fusillade mortelle contre des soldats français en Afghanistan. (...) J’ai une pensée profonde pour leurs familles et leurs camarades en Afghanistan et en France.
Malgré ce nouveau drame, j’appelle les pouvoirs politiques français à garder tout leur sang froid et leur courage.
Il ne faut pas céder aux terroristes. Il ne faut pas diminuer notre aide à l’Afghanistan.
Au contraire, il faut un geste fort de solidarité avec le peuple afghan qui est, faut-il le rappeler, la première victime de ces barbares venus pour la plupart du Pakistan.
La France doit exprimer sa volonté de résister aux menaces et aux actions des terroristes qui veulent l’intimider à la veille de la signature du Traité d’amitié et de coopération qui aura lieu prochainement.
Le peuple français doit encourager, par divers moyens, le peuple afghan à résister aux barbares qui veulent déstabiliser l’Afghanistan et toute la région.
Sans doute faut-il apporter à nos militaires de nouvelles capacités pour se protéger et renforcer les services de renseignement et de coopération dans ce domaine, mais il ne faut pas renoncer."
Françoise Hostalier travaille depuis le mois d'octobre comme parlementaire en mission. Elle doit rendre son rapport définitif dans quelques jours. Elle a effectué un déplacement en Afghanistan en novembre dernier.

(1) notons que les militaires américains ne font pas leur footing sans leur arme, en Afghanistan.

Les mesures de précaution inapplicables (actualisé)

A titre conservatoire, la France a stoppé net ce matin les opérations conjointes avec l'armée afghane. Les insurgés ont ainsi obtenu l'effet majeur qu'ils attendaient. Sans l'armée française, aujourd'hui, l'ANA ne peut pas seule tenir ni la Kapisa, ni la Surobi.
Mais pour l'armée française, impossible de "sortir" les forces afghanes des FOB où elle-même est installée. Sur certaines d'entre elles, l'ANA est en charge des périmètres extérieurs, et fait donc partie de l'équation capacitaire du site.
Des civils afghans font partie intégrante des FOB, réalisant des petits travaux d'infrastructure, voire plus. Jeter ces civils afghans comme des malpropres, c'est les jeter dans les bras des insurgés, qui seront ravis de les compter parmi eux, et de récolter du renseignement sur les forces françaises.
Sans OMLT, sans conseillers d'Epidote, sans POMLT (ils sortent chaque jour avec la police afghane), la France perd ainsi le crédit qu'elle avait patiemment gagné dans le pouvoir afghan et une partie de la population.
Le port permanent d'armement est aussi rendu complexe par le fait que les soldats français n'ont pas de double dotation, ce qui était pourtant prévue après Uzbeen. Comme on l'a écrit ici, des holsters avaient été achetés, et l'armée de terre avait récupéré un premier lot de PAMASG1 auprès de la gendarmerie. L'équipement a toutefois été limité aux seuls OMLT.
Cette deuxième affaire pose clairement le problème, bien connu, de l'ingérence. Le tour que prennent les évènements rend incontournable un renforcement des effectifs de conte-ingérence sur place, et un vrai travail de ce type, dans les rangs de l'ANA. L'Afghanistan est déjà le premier théâtre, en effectifs, de la DPSD, avec plus de 20 personnels. La DPSD a déjà permis de mettre en déroute des ingérences, notamment en démasquant des interprètes travaillant en sous-main pour l'insurrection, un de nos défauts de cuirasse. Plus discrètement, la DPSD traque aussi les fuites dans les rangs des effectifs sur place, notamment via internet. Une surveillance continue des flux internet, particulièrement de Facebook, est notamment effectuée. Plusieurs militaires français ont été ennuyés, pour ces raisons, ces derniers mois.

Les trois éditions successives de l'attaque de ce matin :
http://lemamouth.blogspot.com/2012/01/quatre-francais-tues-en-sud-kapisa-3e.html

http://lemamouth.blogspot.com/2012/01/quatre-francais-tues-en-sud-tagab-2e.html

http://lemamouth.blogspot.com/2012/01/quatre-francais-tues-en-sud-tagab.html

Quatre Français tués en Sud-Tagab (2e édition)

Une photo de la FOB Gwan datant de 2010, transmise par l'ECPAD. Les lieux ont notablement changé depuis.

Quatre soldats français ont été tués en Kapisa, a confirmé le chef de l'Etat, lors de ses voeux au personnel diplomatique. Le bilan des blessés évolue entre un minimum de 8 et  un maximum de 14 blessés (7 classe A, 7 classe B).
Le conseiller communication de l'EMA doit, à 12h30, donner de bref éléments d'explications à la presse. Selon des éléments convergents, le tir du soldat afghan vers les militaires français est intervenu à Gwan, dans la vallée de Tagab. La France y a deséléments, sur une FOB, sur laquelle sont également basés des Afghans.
L'EMA avait récemment montré un film illustrant l'arrivée de l'ANA sur place.
La succession de deux attaques de ce type va jetter l'incompréhension chez les soldats français, déjà circonspects sur une partie des soldats afghans avec qui ils travaillent. Et rendre complexe les éléments de langage de leurs cadres, en Kapisa, comme à Paris. Une forme d'angélisme était souvent audible, en contradiction avec les éléments du terrain. La raison ne risque pas de triompher, dans le courant de la journée et les jours qui viennent.
Sans vraie surprise, le président de la République a réagi violemment à ce deuxième épisode de tir de soldat afghan sur nos militaires. Cela augure mal d'un sommet franco-afghan, le 27 janvier. La violence du ton remettra peut-être en cause la signature du traité d'amitié franco-afghan, prévu ce jour-là.
Dans l'immédiat, le président renvoie en Afghanistan son ministre de la Défense, présent sur place il y a 20 jours. Un déplacement annoncé, qui devrait donc être placé sous très haute sécurité.
Déjà, pour le réveillon, le cabinet de Gérard Longuet avait évoqué des "problèmes de sécurité"  (un comble alors que le discours officiel ne fait état que de progrès) pour expliquer les modalités restrictives du voyage qu'il avait effectué sur place, avec seulement quatre journalistes sur les 12 prévus à l'origine.
La presse, notamment France 2, avait contesté cette entorse à la tradition, qui veut que chaque année, la presse puisse relater le réveillon des soldats, en Afghanistan.
Problème de sécurité ou pas, la presse est interdite en Kapisa, sur décision de l'Elysée, depuis que ma confrère Patricia Allémonière y a été blessée, cet été. Il est évident, et ce blog l'a martelé à plusieurs reprises : sans témoins, cette guerre, et cette paix sont ingagnables.
Ce soir, les Français, qui ne comprenaient déjà pas pourquoi mourraient les soldats dans des actions de feu, comprendront encore moins pourquoi quatre militaires ont été tués par un soldat afghan.

Quatre Français tués en sud-Tagab

Le président de la République devrait l'annoncer lui-même, dans quelques minutes, lors de ses veux au corps diplomatique : quatre soldats Français provenant d'au moins deux régiments distincts ont été tués dans le sud de la Kapisa, ce matin. Huit autres soldats auraient également été touchés à des niveaux de gravité divers.
Le scénario semble à peu près identique à celui qui avait conduit, déjà, à la mort de deux légionnaires du 2e REG.
Il est évident que la réédition de tels faits va avoir immédiatement des conséquences très graves sur les relations entre l'armée française et afghane. Et ce, alors que le président afghan doit venir signer un traité d'amitié, le 27 janvier, à Paris.
Les insurgés l'ont sans doute bien compris. De nouveaux évènements ne sont donc pas à exclure.
Y compris dans le paysage politique français : l'Afghanistan était absent de la campagne électorale, il vient d'y rentrer par la grande porte.
(plus d'informations à suivre).

jeudi 19 janvier 2012

Un Caïman en avance sur son temps

Le Caïman que l'on voit dans la nouvelle campagne de recrutement de la marine est un peu en avance sur son temps car on voit sur cette photo des marins l'équiper avec une torpille Mu-90. Or l'hélicoptère ne peut pas pour l'instant opérer depuis des frégates, et la Mu-90 n'est pas encore qualifiée sur l'hélicoptère, une campagne de tir doit intervenir en février prochain à Cazaux.
Néanmoins, l'argument porte : on ne pouvait pas ne pas armer un Caïman alors que les visuels de la campagne, eux, dureront trois ans. Ce petit arrangement avec la réalité opérationnelle doit permettre d'éviter de refaire des clichés...
Autre transformation, visible, elle, sur la photo où un groupe de commandos descend sur un SNA (qui a été réduit en taille pour que tout rentre dans le cadre) : la photo a été "retournée" (1). On le constate d'un coup d'oeil avec la tuyauterie courant sous le fuselage, mais aussi et encore plus simplement avec le rotor anti-couple qui travaille... à droite. Souci, qu'à bien regarder, avait aussi le Caïman posé sur la plate-forme de la frégate.
Un rappel, pour le jeune qui descend avec une casquette sur la tête, avec le souffle du rotor, ce genre d'attribut reste rarement sur la tête. En espérant qu'il ne se soit pas brûlé les mains à descendre en corde lisse sans gants de protection. Dans le clip vidéo de 15 secondes, le même jeune est d'ailleurs plus respectueux des règles, et coiffe un casque de protection et porte des gants.

(1) en tout cas l'hélicoptère car la mention marine nationale de la combinaison du marin, elle, est visible à l'endroit.C'est sans doute pour cela que le numéro d'aéronef et la mention "marine" sur la poutre ont disparu.

Com : EADS embauche au mindef

C'est devenu régulier : la DGA vient encore de perdre un des membres de son équipe de communication, parti faire rayonner les activités spatiales d'EADS. Un de ses prédécesseurs avait déjà pris la même voie, il y a quelques années, alors qu'une collègue a été embauchée par MBDA, une autre filiale du groupe européen.
Il y a encore quelques mois, EADS avait également recruté un officier de Légion employé à la cellule communication de l'EMA.
A tous ces cas semble-t-il un point commun (bien connu) : les situations offertes par le privé sont nettement plus avantageuses que celles du ministère. Il ne faut pas exclure non plus que le fonctionnement soit plus simple dans le privé.
De quoi faire réfléchir, alors que la filière communication, dont l'échelon central sera balardgonisé sous deux ans, va devoir se serrer la ceinture.

L'autre coût d'Harmattan

Si l'armée de l'air est désormais rassurée sur sa génération technique, l'autre coût d'Harmattan, dans la ressource humaine, reste encore à régler. C'est le sens de l'interpellation d'un sénateur socialiste EELV, Gilbert Roger, qui estime que les jeunes pilotes de l'armée de l'air n'ont volé que 108 heures en moyenne (au lieu du niveau plancher OTAN de 180 heures) en 2011. Selon nos sources, la formation des jeunes pilotes a été suspendue en mars, sur Rafale, pour pouvoir permettre l'entrée en premier, en Libye. Les Mirage 2000D avaient été moins concernés, du fait d'un moindre flux de PIM et NIM (pilotes et navigateurs à l'instruction) .
Grâce au recours aux abonnés (6 par escadron de Mirage 2000D), les prises de qualification ont pu être faites les mois suivants.
Le 3.11 Corse de Djibouti a également qualifié des PIM et NIM.
Néanmoins, estime l'élu qui ne détaille pas les populations iblées, 10 à 18 mois seront nécessaires pour rattraper le retard de formation lié à Harmattan.
C'est dans la marine que les dégâts semblent avoir été les plus importants, puisque la progression des pilotes de Rafale Marine avait été suspendue, faute d'avions et surtout, de porte-avions.
Les prises de qualifications ont repris avec le retour à la mer du navire-amiral de la flotte, fin décembre, conformément au contrat capacitaire qui avait été annoncé par le CEMM à l'automne. Le PACDG doit reprendre la mer plus longtemps, sans doute début février.

Le SIAe commence le rétrofit des F1

Le service industriel de l'aéronautique (SIAe) a commencé le rétrofit de la flotte de Rafale F1, qui étaient placés sous cocon jusqu'à maintenant. Ces dix avions ont à plusieurs reprises manqué au cycle opérationnel, notamment pendant Harmattan (seulement dix Rafale engagés).
C'est le M10 qui subira le premier ce chantier de rénovation, qui porte sur dix appareils. Il sera réalisé à l'AIA de Clermont-Ferrand, spécialisé dans l'entretien des cellules.
C'est aussi, de fait, un chantier d'importance comme le SIAe, par ailleurs mobilisé sur les évolutions des Mirage 2000D, n'en a pas assuré depuis longtemps.
Le SIAe assure également l'entretien des moteurs M88 du Rafale Air et Marine, à Bordeaux.
Le directeur du SIAe, l'ingénieur Patrick Dufour, fut, pour l'anecdote, directeur du programme Mirage 2000 puis Rafale, avant de plancher sur les question des MCO, puis de rejoindre sa nouvelle affectation.

Recruter un marin coûte 4.200 euros

L'exercice de livrer des chiffres est toujours périlleux, mais la Marine nationale n'élude pas la question, à la veille du début de sa campagne de recrutement. Il en coûte 4.200 euros, en moyenne, pour recruter un marin dans le monde civil. Ce chiffre prend en compte le coût de la campagne de recrutement (3 MEUR par an pendant trois ans) pour 3.000 perles rares à trouver chaque année, et tous les frais afférents au fonctionnement de la chaîne recrutement de la marine.
On sait que des économies ont été demandées au ministère de la défense, en 2012, sur les dépenses de communication. En assumant son choix, la marine affirme ne pas avoir touché à son enveloppe, et avoir trouvé les économies ailleurs que dans la communication de recrutement.
Si l'on en croit les spécialistes de la marine, pour des recrutements à niveau égal, les recrutements coûtent de 8 à 15.000 euros, dans le secteur privé.
La campagne de la marine commence dimanche soir à la télé, et lundi dans la presse gratuite.
Comme ce blog l'avait expliqué début janvier, on y voit des Français en civil au milieu des équipages de la marine.

mercredi 18 janvier 2012

La chasse est ouverte rue Cambon

Après l'ouverture traditionnelle de la chasse au Mamouth (début janvier), c'est la chasse aux magistrats de la cour des Comptes qui a été sonnée hier. Lors de ses voeux, le ministre de la Défense a ironisé sur le travail des comptables de la rue Cambon, en leur proposant un "stage" en opérations extérieures, puis un retour en France, dans une ville de garnison différente de celle qu'ils auraient quitté six mois plus tôt.
Une façon un peu elliptique, sans doute, de revenir sur les rapports récents qui ont stigmatisé la spécificité militaire et les coûts que cette dernière engendre, en termes de soutien santé, d'hébergement, ou de transport.
Le CEMA, avant lui, avait également déploré hier soir l'insuffisance de prise en compte de cette même spécificité, mais n'avait pas ciblé particulièrement la cour des Comptes. "Je regrette que quelques publications récentes n'aient pas tenu mieux compte de notre identité", a-t-il dit.

A l'agenda des sommets...

Le mindef a annoncé hier lors de ses voeux que le traité de coopération  franco-afghan sera bien signé le 27 janvier, lors de la venue du président afghan à Paris, comme ce blog l'anticipait le 3 janvier.
Le sommet bilatéral franco-britannique, piteusement repoussé il y a quelques semaines, devrait quant à lui se tenir le 17 février. Enfin, une bilatérale franco-allemande est aussi envisagée le 6 février.
A chaque fois, ces rendez-vous ne sont pas neutres, alors que l'année budgétaire et opérationnelle de 2012 sera très compliquée à gérer.

mardi 17 janvier 2012

"Des héros pour la France, des modèles pour la DGSE"

70 ans après la création du BCRA, la succession, incarnée par le DGSE et les représentants des différentes composantes du service ont rendu hommage aux vétérans (photo : DGSE)

Voici le discours du DGSE, Erard Corbin de Mangoux, prononcé cet après-midi aux Invalides, à l'occasion des 70 ans de la création du BCRA.
"Nous voici réunis dans la cour d'honneur de l'hôtel national des Invalides, pour célébrer, dans des conditions particulières, un moment très particulier, celui de la création, il y a exactement 70 ans, du BCRA, le Bureau Central de Renseignements et d'Action.
Le 18 juin 1940, sur les ondes de la BBC, le général de Gaulle appelait les Français à refuser la défaite et à poursuivre le combat avec lui, depuis le Royaume-Uni, au sein des Forces Françaises Libres.
Rejoint par des volontaires, parfois très jeunes et souvent inexpérimentés, le général de Gaulle jetait les bases d'une alternative au régime de Vichy. La France Libre était née.
Durant quatre ans, l'homme du 18 juin su créer depuis Londres des institutions, un mode de gouvernement et mener des actions qui ont permis à la France de retrouver son rang en recevant aux côtés des Alliés la capitulation de l'Allemagne nazie.
A l'heure où les témoins de cette époque se font plus rares, cet anniversaire est l'occasion de rendre solennellement hommage aux résistants, ceux de Londres, et plus particulièrement aux hommes de l'ombre, ceux du BCRA, dont certains sont avec nous ce soir. Et je les remercie chaleureusement de leur présence.
La DGSE tient à rendre hommage à ceux qui n'ont jamais cessé de croire en la France et qui lui ont rendu son honneur.
La DGSE, héritière du BCRA, est aussi aujourd'hui l'héritière des valeurs qu'il a défendues et pour lequel il a combattu. Il ne peut y avoir, dans une démocratie, des Services Spéciaux qui ne soient encadrés et portés par les valeurs de la République.
Il est du devoir de la DGSE de participer à la mission de transmission de la mémoire aux jeunes générations afin qu'elles n'oublient pas le sacrifice et l'engagement de ces hommes, partis de rien, qui ont lutté pour notre liberté.
Le drapeau du 44e RI a été décoré de la croix de la valeur militaire (photo : DGSE).

Comme vous le savez, les services spéciaux de la France Libre, dont la mémoire collective a retenu le nom de BCRA, sont nés à Londres dès le 1er juillet 1940.
Le général de Gaulle conçoit rapidement de mettre sur pied un état-major classique en créant notamment un deuxième bureau chargé des questions de renseignement.
Le 12 avril 1941, le 2ème bureau change de nom et devient le SR.
L'extension progressive des activités du SR conduit à un nouveau changement de nom. Le 17 janvier 1942, le SR laisse la place au Bureau Central de Renseignements et d'Action Militaire, qui prendra un peu plus tard le nom de BCRA, nom sous lequel il s'imposera définitivement dans les mémoires.
Le BCRA est une entité centralisée, intégrée, chargée non seulement des activités de renseignement, mais de toutes les activités clandestines menées en France au nom de la France Libre.
Les sections renseignement et action sont les seules à monter des missions en France. Elles recueillent le renseignement et le diffusent à des destinataires de la France Libre, mais également au partenaire britannique.
En effet, pour l'Intelligence Service britannique comme pour le service du colonel Passy, la coopération est une évidence.
Pour satisfaire au besoin en renseignement du Premier ministre britannique, l'Intelligence Service a comme recours de s'appuyer sur le BCRA. Pour sa part, le BCRA obtient du partenaire britannique les moyens nécessaires à la projection de ses agents en France.
Ce sont les services britanniques qui prennent en charge la formation des agents, la fourniture des moyens de transmission tout comme le transport. Il n'est pas inutile de le rappeler. Et pour cela, l'Intelligence Service doit être remercié. Il demeure aujourd'hui encore, l'un de nos plus fidèles partenaires.
C'est toute une époque : les messages énigmatiques de la BBC, les parachutages et les vols de nuit à bord des mythiques Lysander pour réaliser des pick-up au clair de lune.
Ce sont ces opérateurs radio, hautement spécialisés, capables de mener un trafic radio intense et chiffré en changeant souvent de lieux d'émission pour tromper les dispositifs gonio de l'ennemi.
Ce sont tous ces innombrables volontaires qui, au péril de leur vie, ont hébergé les hommes et les femmes du BCRA, ont autorisé les émissions radio depuis leurs domiciles, ont caché les matériels et ont rendu mille autre services.
A l'été 1940, les militaires et les civils français qui se trouvent en Grande-Bretagne arrivent dans le désordre. Pour tous ces hommes comme pour toute l'infrastructure des services indispensables, il faut rapidement trouver un hébergement.
Le BCRA s'installe tout d?abord dans des locaux étroits à Saint-James Square, puis il emménage au 10 Duke Street.
L'immeuble est toujours debout. Je souhaite vivement, avec le soutien des autorités britanniques, qu'une plaque commémorative puisse y être apposée prochainement, afin que le passant se souvienne qu'en ces lieux, battait le coeur du BCRA.
Pour beaucoup des volontaires français, le ralliement à un chef militaire témoigne d'une volonté de participer à la lutte armée contre l'ennemi. L'action clandestine ne s'intègre pas nécessairement à leur schéma de pensée. Progressivement pourtant, elle s'impose à leurs yeux comme un mode efficace de lutte contre l'ennemi.
L'effectif du BCRA est réduit, mais tellement riche de personnalités et tellement représentatif de la diversité de notre pays.
Comment ne pas être admiratif devant les personnalités qui s'y sont distinguées.
Je pense tout d'abord à André Dewavrin, dit colonel Passy. Polytechnicien de formation, il est à peine âgé de 29 ans lorsque le général de Gaulle lui confie la mission d'organiser et de diriger le service de renseignement de la France Libre, au départ sans moyens financiers, ni moyens de communications. Peu familier des questions de renseignement, il deviendra pourtant le chef incontesté du BCRA.
Il poursuivra sa carrière d?agent secret après la guerre, à la tête de la DGER (la direction générale des Etudes et Recherches) puis du SDECE.
Un mot également pour André Manuel, fidèle adjoint du colonel Passy, numéro deux efficace et respecté, homme droit et ferme, chef de la section Renseignement du BCRA.
Erard Corbin de Mangoux, DGSE et son directeur de cabinet, le général Frédéric Beth, ancien patron du COS, entouraient le mindef cet après-midi. (crédit : DGSE).

Il faudrait tous les citer, mais retenons encore les noms de Pierre Brossolette, chef de la section opération ; de Roger Wybot, chef de la section contre espionnage, organisateur de talent qui, à la Libération, se verra confier la mission de créer puis de diriger la DST ; de Louis Vallon, chef de la section non-militaire, de son adjoint, Jacques Bingen, de Maurice Duclos, chef de la section action, études et coordination, de Bruno Lagier, de Tony Mella, de Jacques Soustelle.
Je voudrais encore mentionner les noms de Pierre Fourcaud et d'Honoré d'Estienne d'Orves.
J'ai également une pensée toute particulière pour Joseph Kessel, affecté au BCRA et auteur, avec Maurice Druon, du merveilleux Chant des partisans, que nous entendrons tout à l'heure.
Comment ne pas avoir une pensée émue pour les hommes et les femmes du BCRA qui n'ont pas vu la victoire, ceux qui sont morts pour la France : en déportation, fusillés, tués lors d'accrochages, assassinés et enfin ceux qui ont préféré le suicide pour ne pas parler.
Ces hommes et ces femmes sont des héros pour la France, ce sont des modèles pour la DGSE.
Dès le 25 août 1944, le représentant à Paris de la DGSS (le service qui est le résultat de la fusion du BCRA et des services spéciaux du général Giraud à Alger) prend possession de l'hôtel Majestic et d'immeubles boulevard Suchet.
Le 26 octobre, la DGSS disparaît au profit de la Direction générale des études et recherches (DGER).
Le colonel Passy, revenu aux commandes, s'attèle à réorganiser le Service et à doter la France d'un service de renseignement à sa mesure, en s'inspirant notamment du modèle britannique.
Le SDECE naît en 1946 et repose sur un principe essentiel qui a toujours cours aujourd'hui: l'unité.
Un seul Service coordonne toutes les activités de renseignement à l'extérieur, et dispose de toutes les capacités nécessaires (humaines, techniques et opérationnelles), sous une même direction, pour gagner en efficacité et en réactivité.
Le SDECE s'installe boulevard Mortier, pour ne plus le quitter et pour simplement changer de nom en 1982 en devenant le Service que nous appelons depuis lors, la DGSE.
A chaque homme et à chaque femme des Services (BCRA, DGSS, DGER, SDECE, DGSE), présent dans cette cour ou présent par la pensée, j'adresse de tout coeur mes remerciements.
Le temps passe inexorablement mais la reconnaissance de la nation reste et doit demeurer toujours aussi vive."

Il y a 70 ans, le BCRA....

Le 44e RI, le CIRP, le CPIS et le CPEOM (tous trois formant le service action du service) ont chacun reçu chacun la croix de la valeur militaire à titre collectif (photo : DGSE).

C'est Gérard Longuet qui a vendu la mèche, en prononçant ses voeux, ce soir. Son retard à l'arrivée était lié au temps qu'il a passé avec les personnels de la DGSE, aux Invalides. On commémorait l'anniversaire -70 ans- de la création- du bureau central de renseignement et d'action ou BCRA. Qui donna la DGER puis le SDECE et la DGSE que l'on connaît aujourd'hui.
Erard Corbin de Mangoux, que l'on dit passionné par l'histoire de la grande maison qu'il dirige est à l'origine de la célébration de cet anniversaire. C'est, étonnamment, la première fois que la DGSE rendait hommage à la centrale qui l'a vu naître. C'est aussi la première fois qu'une cérémonie officielle avait lieu hors des murs de la DGSE. Selon des témoignanges concordants, le 44e RI, régiment support de la DGSE, et une des composantes de son service action (CIRP) étaient de la cérémonie, cet après-midi.
Le drapeau du 44e RI et des fanions des unités composant le service action (CIRP, CPIS et CPEOM) ont chacun reçu la croix de la valeur militaire à titre collectif.
Seuls des personnels de la DGSE ont pu assister à cette commémoration, avec quelques anciens du BCRA : Stéphane Hessel et Daniel Cordier, ainsi que le fils du colonel Passy, figure du BCRA. Daniel Dewavrin, ou la fille d'Honoré d'Estienne d'Orves, Mme Rose de Beaufort. La plupart des Français ignorent ces patronymes, qui ont pourtant forgé le service français d'espionnage moderne
La symbolique de cette cérémonie a été renforcée par la diffusion de sons d'époque, les messages de la BBC, ou du mythique Lysander, avion qui récupérait les agents en territoire français, ou encore l'interprétation du Chant des partisans par le Choeur de l'armée française (1).
Les trois chefs d'état-major d'armées ont assisté à cette cérémonie, ainsi que le réprésentant à Paris du SIS britannique, le major-général de la gendarmerie, le général Bruno Dary, GMP, le coordonateur national du renseignement, Ange Mancini, et les chefs des services de renseignement français (DCRI, DRM, DPSD, TRACFIN et DNRED).
On peut imaginer que ces personnels réunis ont eu une pensée pour tous leurs aînés tombés, sous l'ère BCRA, et depuis. Ainsi que pour l'un des leurs, otage en Somalie, depuis le 14 juillet 2009.

(1) un livre édité chez Histoire et collections rappelle le sacrifice et l'engagement de ces agents français : les opérateurs radio clandestins, de Jean-Louis Perquin.