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lundi 8 janvier 2018

Bye bye Harfang

L'armée de l'air se sépare sans regret de son système intérimaire de drone MALE (SIDM), neuf ans

jeudi 28 mars 2013

Serval devra avoir fondu de 50% d'ici juillet

Plus fort que l'Afghanistan ! En trois mois, le dispositif français au Mali -4.000 militaires actuellement- devra passer à 2.000

mardi 26 mars 2013

Plus rien de la TFLF ne roule à Kaboul

Le dernier véhicule de l'ex TFLF, dissoute l'an dernier, a quitté Kaboul hier, apprend-on ce soir de l'EMA.

jeudi 7 février 2013

Afghanistan : le rythme mensuel encore battu

Preuve, pour l'EMA, que le retrait d'Afghanistan n'a pas souffert de l'opération Serval, de nouveaux records mensuels d'activité ont été établis en janvier. 37 vols d'avions de transport stratégique ont été réalisés, c'est trois de mieux que le précédent record, en décembre 2012.  140 conteneurs ont aussi été évacués, c'est 45 de mieux qu'en octobre 2012, précédent pic.
140 véhicules ont été extraits, seulement 10 de moins que le record historique, établi en mars.
Depuis janvier 2012, 250 vols ont été réalisés, ainsi que 5 parcours maritimes, permettant d'évacuer 850 véhicules et plus de 750 conteneurs.

vendredi 1 février 2013

"Les réticences sur les drones armés sont tombées"

Marie Récalde (photo : assemblée nationale) est la députée SRC de la 6e circonscription de Gironde. On y trouve des fabricants d'avions, de drones, de missiles stratégiques, mais aussi des PME innovantes, et des unités engagées au Mali, comme le CSFA, le CPA 30 et le 13e RDP. Tous les sujets évoqués avec elle hier après-midi.

Comment comprenez-vous les retards pris par les différents dossiers de drones en France ? 
Le retard est phénoménal. Alors que dans la 6e circonscription de Gironde, on bénéficie d'un gisement de compétences civiles et militaires. J'ai donc interrogé le ministre de la défense à l'assemblée nationale, mais aussi le ministre du redressement productif pour pouvoir valoriser ce gisement de PME et de grands groupes. On n'arrivera pas à rattraper le retard qu'on a avec les Israéliens et les Américains. Que, soit dit en passant, on a la chance d'avoir, car sans eux, on aurait eu du mal en Afghanistan, et encore maintenant au Mali. Ce n'est pas avec nos trois drones et demi qui suffisent. Autre problème, on n'a pas non plus de drones de combat.

Quelles solutions préconisez-vous ? 
Sur le tactique, on prendra vraisemblablement une décision en juillet 2013, en faveur du Watchkeeper britannique...

Avec du travail en vue pour l'industrie bordelaise...
Exactement. Et sur le MALE, la décision est renvoyée au livre blanc et à la loi de programmation militaire. Toutes les options seront étudiées. Pour les drones armés, on voit bien que les réticences sont tombées. C'est notamment lié au résultat obtenu par ces drones en Afghanistan. Pour les drones de combat, on se dirige vers une coopération franco-britannique. C'est un sujet auquel le ministre est très attentif.

Quelle est l'identité de votre filières drones à Bordeaux, car d'autres régions en France disent aussi avoir la leur... 
C'est la présence de grands groupes, on a aussi le seul centre européen d'essais en vol de drones civils et militaires, à Souge. Et évidemment, la connexion entre les grands groupes et les PME. Leur coopération est réelle, même si on avance discrètement, peut-être parfois trop discrètement, sans faire valoir les résultats.

La mission d'information sur le retrait d'Afghanistan et les suites du traité franco-afghan va bientôt s'achever. Que retenez-vous de votre déplacement sur place ?
On a rencontré le ministre afghan de la défense, un proche de Massoud, et cette rencontre ne nous a pas laissés indifférents. C'est une personnalité imposante. On a ressenti de l'amitié, un sentiment favorable envers la France. Il y a un vrai sentiment francophile parmi les élites. Ils sont intéressés par la suite, notamment l'apport de la gendarmerie. Ils ont compris l'apport de la gendarmerie, et notamment du modèle de la gendarmerie départementale française, dont le maillage territorial permet de faire remontrer le renseignement. Pour nous aussi, le fait d'aller sur place permet de bien sentir les choses, là où des auditions formelles à Paris ne nous permettent pas forcément d'avoir toutes les données. La France peut être fière de ce qu'elle a fait la-bas, mais je reste inquiète pour ce pays. On leur demande aussi de faire en 10 ans ce qui nous a pris, à nous, 300 ans. Il faudrait que les Afghans puissent souffler, récupérer enfin.

Vous faites partie des 60% de députés de la commission de la défense à avoir été élus en mai ou juin pour la première fois. Comment avez-vous vécu ces premiers mois de mandat dans cette commission ? 
Pour moi, c'était assez naturel de siéger dans cette commission car la circonscription est assez militaire, tant par la présence de sites industriels ou des armées. Je ne m'imaginais pas siéger ailleurs, le député auquel j'ai succédé, Michel Sainte-Marie, y siégeait déjà. C'est aussi une commission dans laquelle on travaille à l'indépendance de la France. Je suis fille de militaire, la rigueur militaire ne me surprend pas. J'y suis depuis le 20 juin. On est entrés vite dans les sujets, avec le vote du budget 2013, la préparation du livre blanc et de la loi de programmation militaire, et je suis intervenue sur la dissuasion nucléaire. Depuis le début de l'opération Serval, le ministre de la défense vient nous voir chaque semaine...

Précisément, plusieurs unités de la circonscription sont engagées dans Serval, et pour certaines mêmes, avant le début de cette opération. Quel regard portez-vous sur leur engagement, et les familles viennent-elles vous voir pour avoir des informations ?
Les familles, directement, non, mais je sollicite beaucoup les militaires présents sur les bases. Ce lien est important pour moi, et pour eux aussi je pense. Toute la partie infrastructure est très importante. Au Mali, il n'y a rien, et les problèmes sanitaires vont commencer à se poser très rapidement pour nos troupes. On a sur la BA 106 des spécialistes de l'infrastructure en opération (GAAO), c'est un travail de bénédictins qu'ils mènent. J'ai pu les rencontrer la semaine dernière, et constater leur travail de fourmi, énorme et fondamental. De même, les personnels du CPA 30 sont aussi très professionnels, que ce soient les commandos, mais aussi, ne les oublions pas, les maître-chiens.

d'autres interviews de parlementaires sont visibles sur ce blog : 
Christophe Guilloteau, de retour d'Afghanistan.
Philippe Meunier, sur la politique du gouvernement au Mali.

vendredi 16 novembre 2012

Afghanistan : l'heure du troc et des cessions

Le démantèlement des bases françaises, qui s'accélère en cette fin novembre génère aussi son lot de cessions de matériel, certains sont aussi troqués. Sur la FOB de Naghlu, les deux génératrices ont été cédées aux Américains, qui viennent relever les AT. En contrepartie, les forces américaines ont livrés deux génératrices à Warehouse. Cela évite, incidemment, d'avoir à les ramener par la route de Naghlu, et simplifie la vie des Américains. Le local de l'ordinaire a aussi été cédé aux Américains, mais le contrat d'externalisation français n'a pas été pérennisé. Le chef, un ancien militaire frnaçais, a déjà retrouvé du travail ailleurs...
Autre exemple, du petit mobilier de fabrication locale sera cédé dans quelques jours aux Afghans. Une bonne partie des meubles de la base avancé portent ainsi cette simple étiquette blanche : "cession". Les rapatrier en France serait anti-économique, vu leur faible valeur.
En contrepartie de ses bâtiments aux normes antiroquettes à Kandahar, transmis aux Belges, la France a récupéré des locaux de l'armée belge, sur l'aéroport de Kaboul.
C'est là que l'armée française devrait tenir son dernier carré, avec le transfert des éléments de Warehouse sur l'aéroport, dès l'été prochain.

mercredi 29 août 2012

A saisir

Plus d'un mois et demi après le départ des Mirage 2000D de la base afghane de Kandahar, il reste encore du fret et des aviateurs français sur place. Le volume de matériel avait pourtant notablement fondu, après la réduction de 50% du détachement chasse français, fin octobre 2011.
Evidence que ce blog a plusieurs fois rappelé dès le début de l'année, ce temps nécessaire rappelle combien le tempo des opérations logistiques, à 6500 km de PAris, et dans un pays en guerre. Ces opérations-ci sont pourtant particulièrement simples : le gros porteur vient littéralement chercher le fret au pied de la zone française (1)
A ce stade, on ignore encore ce que va devenir l'enclave française, avec ses bâtiments aux normes antiroquettes, et la zone opérationnelle, qui comprend une bonne longueur de bitume, des soutes à munitions et des astroarches. Le tout avait été assemblé en 2007 par les aéroconstructeurs de l'armée de l'air.
Le départ français ne sera pas sans conséquences pour les Belges, avec qui certaines fonctions avaient été mutualisées pour économiser l'effectif, notamment dans le soutien médical et le filtrage (2).

(1) rien à voir, donc, avec les opérations de convois qui vont commencer à l'automne, au coeur des zones insurgées, en Kapisa.
(2) un groupe de force protection luxembourgeois (9 hommes) a récemment intégré le détachement belge.

dimanche 3 juin 2012

Ils ne partent plus (suite)

La mésaventure était déjà arrivée à la 1ère compagnie du 27e BCA, en 2008 : à quelques jours du départ, elle avait appris qu'elle ne partait plus pour l'Afghanistan, remplacée par une compagnie de la 11e BP. Rebelote, encore une fois à la 27e BIM, avec une équipe de mentors -apparemment essentiellement issus du 13e BCA qui devaient opérer sur le COP Anjiran (ex COP42). Au final, c'est un advisory team du 8e RPIMa qui  assurera cette mission, depuis la FOB Tora.
Difficile de mesurer s'il s'agit d'une pure rationalisation de l'effort, ou s'il s'inscrit dans les mesures de sécurité globales issues de l'attaque de Gwan. Sans doute un mélange des deux, puisque l'annonce du non-départ semble être très récente. L'équipe de mentors devait partir dans une semaine.
Apparemment, ces réajustements ne sont pas rares, les deux GTIA qui sont partis pour l'Afghanistan (Acier et Wild Geese) ont aussi dû affiner leur format, tout au long de leur MCP.

vendredi 25 mai 2012

1.400 militaires après fin 2012 à Kaboul

Il restera encore à la fin de l'année 1.400 des 3.400 soldats actuellement dans la zone afghane. C'est donc un important glissement par rapport aux affirmations qui avaient jusqu'alors alors été tenues sur ce dossier, et qui confirment, de fait, que les alliés de la France ont obtenu d'importantes compensations à son départ anticipé. Les dernières, peut-être à Camp David et Chicago.
Avec 1.400 personnels, la France continue une bonne partie de ses missions actuelles : c'est le cas sur la formation (OMLT, POMLT, Epidote) et le soutien santé, pour 400 personnels. Et un millier est chargé de la logistique : cela comprend à la fois le gardiennage des matériels, a priori sur un point unique (Warehouse), l'escorte des convois entre Warehouse et KAIA, et le conditionnement des matériels pour le transport. Même si on visualise la charge du travail, on a cependant du mal à mesurer comment cela pourra occuper un millier de militaires pendant un an.
Même si cela n'est pas clairement exprimé, un reliquat de moyens héliportés subsistera, jusqu'en 2014 semble-t-il. Cela vise clairement un minimum de moyens HM pour servir la MEDEVAC. Le maintien d'hélicoptères d'appui ne se justifie plus, par contre. Les trois derniers chasseurs de Kandahar (des Mirage 2000D) seront aussi rapatriés d'ici la fin 2012.
Le dernier carré sera constitué, en 2014, par 400 formateurs, jusqu'à la fin de la mission de l'OTAN, en 2014.

Quid de Douchanbe ?

Même si sa taille reste modeste, le détachement air de Douchanbe (Tadjikistan) mobilise une grosse centaine d'aviateurs et deux Transall, qui assurent le transit des entrants et des sortants ainsi que certains moyens spécialisés (1). C'est un point quasi-incontournable, pour pouvoir remplir au maximum les Airbus A340 et A310 qui évacueront les soldats, et continueront à effectuer les relèves pour le dispositif français demeurant sur place après 2012.
La réduction du dispositif français impactera forcément Douchanbe, ce qui ne fera peut-être pas les affaires de la diplomatie française, qui doit gérer depuis plusieurs mois un vilain différent sur le dossier de la modernisation de l'aéroport, qui devait être modernisé sur fonds français. Une promesse non tenue, en quelque sorte.


(1) notamment la météo.

dimanche 20 mai 2012

Lettres madrilènes

Arrivés ensemble, partis ensemble. La formule qui faisait bon genre jusqu'à maintenant entre Européens va peut-être faire florès, mais dans un sens inattendu, amenant tous les gros contributeurs de l'ISAF à anticiper leur retrait dans la foulée du retrait français. Dans l'édition dominicale d'El Pais (2), le ministre de la Défense, Pedro Morenés évoque sans retenue cette hypothèse : "On peut accélérer. Tout dépendra du rythme du transfert de responsabilité aux autorités afghanes, et il ne faudra pas que cela fasse peser plus de risques sur les troupes. Tout repli doit être ordonné et avec la tranquilité d'avoir rempli la mission".
Actuellement, l'Espagne dispose de 1500 soldats en Afghanistan, et elle avait déjà prévu d'en retirer 10% en 2012, et encore 40% en 2013, et le solde en 2014. A ce stade, le ministre confirme qu'il n'y a pas de projet financé pour rester au-delà car "tout est sujet à la situation économique de l'Espagne qui n'est pas bonne" (1).
Pas plus enclin à financer les ANSF, le ministre déclare reconnaît qu'on lui a demandé 30 MEUR dans ce but. "Mais nous devons voir si nous pouvons le faire, quelles sont nos possibilités".
La rigueur budgétaire est en train de réussir ce que n'avait pas fait la Kalach des insurgés afghans.

(1) constat que dresse aujourd'hui le quotidien français Le Monde pour nombre de contributeurs à l'ISAF.
(2) dans cette longue interview d'une page et demie, le ministre élude aussi la réponse sur l'attaque d'Atalante le 15 mai sur une base de pirates, en Somalie : "nous sommes dans une coalition. Assurer la participation à une action spécifique est contre-productive et inélégante". Si l'on part du principe que cette phrase est une négation d'une action espagnole ce jour-là, il reste peu de monde capable et déterminé militairement pour mener une telle action. Comme il est évident que la reconnaître, c'est s'assurer des représailles sur des ressortissants, ou des intérêts flottants.

L'épineuse question du retrait français d'Afghanistan

C'est une des incidentes des annonces françaises du jour à Chicago, l'épineuse question du retrait français d'Afghanistan a été anticipée par BFM TV, qui le développait en plateau avec votre serviteur, vendredi, et récidive, ce dimanche, avec ce sujet, visible sur YouTube. Le n°2 (français de l'ISAF) y rappelle quelques réalités afghanes évoquées devant Thomas Misrachi, lors de son grand reportage sur place il y a quelques semaines, et votre serviteur les complète, au micro d'Harold Hyman.

vendredi 18 mai 2012

Afghanistan : du soutien après fin 2012

Le président Hollande vient de l'annoncer dans sa conférence avec Barack Obama, la France continuera à soutenir l'ISAF après le retrait des "troupes combattantes" fin 2012. Aucun détail supplémentaire n'a été donné, la formule elle-même est ambigüe. On peut imaginer que la France conservera des formateurs : entre Epidote, les OMLT et les POMLT, l'école du gendarmerie en Wardak, il y en aurait encore entre 300 et 400 selon notre décompte approximatif (1), contre les 600 qu'ils avaient atteint à une époque, au plus fort des OMLT. La formation peut aussi se dérouler aux EAU, comme cela a commencé pour les sous-officiers de l'ANA. Elle peut aussi se dérouler en France : des Afghans ont déjà été accueillis à Saint-Astier, chez les gendarmes. Elle peut enfin s'amplifier dans le domaine de la sécurité intérieure : le concept de gendarmerie soulève autant d'enthousiasme chez les Américains que chez les Afghans, de nouvelles contributions peuvent donc être offertes, malgré la réduction entamée dans l'effectif de gendarmerie ces derniers mois, passé de 200 à 150.
La France peut aussi conserver des moyens aériens importants, et faire marche arrière sur la réduction engagée en novembre, avec le départ des Rafale. Un détachement chasse à 6 chasseurs n'emploie que 70 bras de plus qu'actuellement.

(1) aucun chiffre d'effectif n'est disponible avant le sommet de Chicago, l'exclusivité des annonces ayant été réservé à l'exécutif.

vendredi 6 avril 2012

A la recherche des effectifs afghans (actualisé-1)

Exercice périlleux de reconstitution des 3.400 militaires engagés dans la zone afghane. Depuis la date du retrait des premiers éléments, on a du mal à suivre l'évolution réelle des effectifs français en Afghanistan.
Une partie du problème réside dans le fait que selon nos estimations, les effectifs, hors gendarmerie, ont allègrement dépassé les 4.000 prévus, si bien qu'aujourd'hui, il devient difficile, avec théoriquement 600 soldats de moins, d'expliquer comment on arrive à 3.400. Et où ils sont basés.
Sans doute conscient de ce problème rencontré par la presse, l'EMA a donné hier quelques éléments de compréhension de cette ventilation, pas toujours très facile à appréhender, même avec la meilleure volonté du monde.
Selon cette source, la TFLF compte encore 2.200 personnels en Surobi et Kapisa, malgré les deux SGTIA et des éléments isolés qui ont déjà été ôtés depuis octobre. Cela confirmerait donc qu'elle a bien dépassé les 2.400 qu'on lui prêtait en octobre. En Surobi, il resterait 450 soldats (1), tandis qu'en Kapisa, on trouverait un millier d'hommes, répartis aux deux tiers à Nijrab. Les OMLT, qui ont été réduits à leur portion congrue, ne suffisent pas à expliquer le différentiel (2). Et comme la France n'a plus de COP, et n'a pas non plus de base secrète...
Le deuxième pack d'effectifs est plus composite : il regroupe, selon l'EMA, un millier de personnels, à la fois les insérés OTAN, le NCC, Epidote, le Batlog et la TF Mousquetaire (qui dépend pourtant de la TFLF), mais aussi la frégate placée en OEF, et les aviateurs de Douchanbe, qui ne sont plus que 113, contre 150-180 à la belle époque. Selon la marine, c'est la FAA Cassard (3) qui est actuellement en OEF. Son équipage comporte 250 marins. Si on y ajoute les 113 aviateurs de Douchanbe, on arrive déjà à 363 militaires basés hors d'Afghanistan. Le Batlog compte pour quelque 400-450 personnels, on arrive donc à 760-810. Auxquels il faut ajouter la TF Mousquetaire (130). Si on y ajoute le NCC (une cinquantaine), Epidote, et les insérés, le transit aérien à Kaboul, on dépasse, de fait, très allègrement le millier de militaires.
Enfin, le dernier poste est celui du Detchasse de Kandahar, réduit à une centaine d'aviateurs en novembre.
2.200+1.000+100 égale en effet environ 3.400. Mais avec de très nombreux points d'interrogation.

(1) la revue de l'armée de terre d'avril évoque 750 soldats dans le GTIA Surobi. Même en retranchant un SGTIA rapatrié, on n'arrive pas à 450.
(2) un vrai point d'interrogation, car les moins de 200 gendarmes sont exclus de ce décompte de l'EMA.
(3) selon l'EMA c'est un effectif moyen de frégate, soit 150 marins, qui est en général comptabilisé, d'autant plus que ce navire n'est pas en permanence intégré à OEF. Ce qui est le cas actuellement puisque le Cassard relâche dans un port.

mercredi 28 mars 2012

La TFLF rend son dernier COP en Kapisa

C'est la septième emprise rendue par la TF La Fayette en Kapisa, depuis l'an dernier : les forces françaises ont rendu le COP Shekut, qui verrouillait l'entrée de la vallée d'Alasay, et le CP (control Point) 52, qui était à 5 km au sud de la FOB Tagab. Ce CP avait été historiquement le premier pied posé en vallée de Tagab : c'est le kandak 36 qui l'occupe désormais.
Le COP Shekut a quant à lui été transmis au kandak 32.
L'armée française n'occupe donc plus, officiellement, que deux FOB en Kapisa : Morales-Frazier (Nijrab), et Kutchbach (Tagab). Ce dernier point sera rendu d'ici l'automne, si ce n'est pas plus tôt, sans doute pendant le mandat du BG Acier (16e BC) qui commence dans quelques semaines. La date devrait s'encrer avec l'annonce de la phase 3 de transition, dans laquelle doit figurer la Kapisa. Cette annonce devait intervenir avant la fin mars, ce qui semble donc avoir pris plus de temps que prévu.
Depuis l'attaque de Joybar (juillet 2011), la France a considérablement réduit son activité opérationnelle en Afghanistan, se retirant des points isolés. L'attaque de Gwan (janvier 2012) a fait redoubler les transferts des derniers postes dans lesquels les Français étaient isolés.

mardi 6 mars 2012

Félin monte la garde à Warehouse

C'est le résultat d'un cumul de causes très différentes : les soldats français ont repris la garde dans les miradors de Warehouse, ce qui n'était pas arrivé depuis 2009. En cause, le retrait progressif de bases de Surobi, ce qui semble être le facteur le plus évident, puisque ce sont des soldats du GTIA Surobi qui ont pris ce tour de garde. Et non les primo-occupants de Warehouse (Batlog) qui ont d'ailleurs d'autres missions (MCO et convois).
Faire monter la garde par des Félin, ça fait un peu riche, mais j'imagine qu'on me rétorquera qu'un militaire doit être en mesure d'exécuter toutes les missions, etc, etc etc.
La tendance est réelle, puisque le prochain GTIA à arriver (92e RI) fournira lui aussi une compagnie de garde à Warehouse. Tout en étant logiquement réduit en volume par rapport au GTIA qu'il remplacera.
L'autre motif de cette évolution est peut-être plus complexe à démêler, dans le pays des nons-dits : jusqu'alors, ce sont des Géorgiens qui étaient chargés du filtrage et du périmètre. Pour cela, la France n'avait pas ménagé sa peine, allant jusqu'à chercher les soldats chez eux en Airbus, et les y ramenant avec le même appareil. Des véhicules (VAB, P4, TRM) avaient même été confiés aux Géorgiens. Peut-être le régime a-t-il changé. Ou peut-être que par les temps qui courent, il n'a pas été jugé ni opportun ni prudent de laisser des militaires afghans s'occuper aussi de la garde sur un camp qui va devenir la plate-forme logistique du retrait français. Comme pour le confirmer, les mesures de précaution entourant ce camp ont été drastiquement revues, ces derniers mois. CQFD.

PS : ce post n'est pas illustré par une photo, car parmi les très nombreuses absurdités de la politique de communication de l'OTAN, il est impossible d'évoquer les mesures de protection des bases alliées. Un soldat qui monte la garde, ou passe un miroir sous une voiture, est bien évidemment un élément de ce dispositif très très très secret.

samedi 11 février 2012

Retrait : pas de plan B... mais rien d'exclu non plus (actualisé-1)

En réponse à une question de mon camarade Gérard Grizbec de France 2, l'EMA a répondu jeudi qu'il n'existe pas de plan B dans le retrait de nos troupes d'Afghanistan, une façon comme une autre de rappeler tout ce que tout le monde sait déjà, le processus de retrait prendra beaucoup de temps (1).
La citation exacte, issue du script est celle-ci, en réponse à la question du confrère, qui demandant si l'EMA travaillait sur un plan B, en cas d'alternance politique : "on n'appelle pas cela exactement un plan B (...) Il y a des planifications qui permettent de s'adapter à différents cas de figure. (...) Cela se traduit par des choix". 
La compréhension de ces propos sybillins m'a pris quelques temps : en fait, il faut les ramener dans l'opération logistique globale. Vider la FOB Tagab prendra du temps, mais c'est la séquence la plus critique. Une fois cette partie effectuée, et la FOB rendue (octobre actuellement), les choses peuvent aller assez vite car actuellement en tout cas, la portion de route entre Nijrab et Kaboul présente notoirement moins de risques que les 20 km qui séparent Tagab et Nijrab.Il sera donc envisageable de démonter Nijrab plus facilement, et donc d'aller au-delà et plus vite que les réduction d'effectifs actuellement annoncés. Avec beaucoup de volonté, et en comptant sur l'absence de celles des insurgés et du génral Hiver, la Kapisa peut être vidée de l'essentiel de ses Français, pendant l'hiver 2012-2013.
En tout état de cause, toute nouvelle accélération du calendrier bute immédiatement sur des points évidents : il faut pouvoir stocker les conteneurs et matériels dans des zones d'attentes dont les capacités sont assez limitées. Cela fera assez vite de Warehouse la première base française dans le monde, de par le matériel stocké.
Les Américains risquent aussi de ne pas apprécier une accélération du rythme, d'autant plus que les Afghans ne sont pas autonomes pour mener la guerre aux insurgés. Ils apprennent tout juste l'ouverture d'itinéraires (3 sections formées dans notre zone), et il n'est pas prévu, encore (et peut-être heureusement), qu'on forme des JTAC afghans. Alors même que si ce n'est toujours pas bien compris chez nous, le guidage des appuis est la seule spécialité vraiment utile dans le contexte actuel.
L'esprit des OMLT a disparu avec les 6 OMLT français tués par afghans, en moins d'un mois. Sans les capacités critiques apportées par les OMLT (notamment le JTAC et les communications), le kandak n'est rien, surtout si cela chauffe (2).
Bref, sans avoir eu un rôle véritablement central dans la mort de ces six OMLT, les insurgés ont déjà gagné la bataille de la Kapisa : le vide s'offre à eux plus vite que prévu. Voila qui risque de ne pas créer de lame de fond dans la population locale, que vont traverser, précisément, les fameux convois logistiques.

(1) et, il ne faut pas l'exclure, cette phase de convois va exposer les soldats aux attaques par IED et à des embuscades.
(2) des observateurs avisés relèvent que l'essentiel des troupes afghanes présentes le 13 juillet à Joybar s'étaient évaporées quelques minutes avant l'attaque-suicide. Ce retrait en bon ordre n'a, semble-t-il et comme beaucoup d'autres, pas beaucoup transpiré dans l'évocation des faits.

jeudi 2 février 2012

Des VAB volants dans le ciel afghan

Huit gros porteurs Antonv 124 ont commencé à évacuer du matériel français hors d'Afghanistan, en janvier. Plus que le retour de troupes (faciles à faire revenir en cas de besoin), ce retrait de matériel signe véritablement le retarit français d'Afghanistan.
L'EMA explique que ce fret représente le matériel des 200 soldats évacués en octobre. Le matériel français rapatrié de Gwan (lire par ailleurs) n'a pas encore pris la voie des airs. On ignore, dans le détail, ce qui a été précisément évacué par ces huit gros porteurs. Sur des photos et un film présenté comme "d'actualité", l'EMA a montré des VBL, PVP, AMX10RCR montant dans un An-124, et des VAB qui y étaient déjà stationnés.
Un avion de ce type peut embarquer 10 KC20, ou entre 6 et 8 VAB.
Cela confirme bien le rythme que nous indiquions, le mois dernier. 1.300 véhicules, dont 900 blindés doivent être évacués d'Afghanistan. L'EMA semble avoir revu à la baisse (de 200 conteneurs) la quantité qu'il va devoir évacuer d'Afghanistan : 1.500.
Je divise pas trois et je retiens quatre : même avec la meilleure volonté du monde, il en restera encore un bon peu à la fin de l'année !

Il n'y a plus de Français à Gwan

L'EMA avait bien gardé le secret. Comme nous l'avions évoqué le mois dernier, la FOB, partagée avec les afghans, a été vidée de son contenu depuis la mi-décembre. 85 conteneurs de 20 pieds et 50 véhicules sont partis pour Tora, voire Warehouse, en cinq convois logistiques (1). Et il n'y a plus le moindre OMLT français sur place : 19 d'entre eux avaient été tués (4) ou blessés (15) par les tirs d'un soldat de l'ANA, le mois dernier. En mesure préventive, les survivants avaient été extraits de cette FOB, et leur relève n'ira pas sur place. L'instruction aux soldats du kandak 34 (soutien) se fera désormais ailleurs et dans d'autres conditions de sécurité.
Le site de Gwan avait été conquis lors de l'opération Synapse (1-7 mars 2010). Le 12 mars, le COP46 était inauguré comme tel, après un travail herculéen du génie. Le 28 mai suivant, le COP est baptisé Hutnik en mémoire d'un légionnaire du 2e REP, tué par un sniper insurgé. Point d'articulation pour les opérations en vallée de Tagab, le COP est transformé en FOB, entre avril et juillet 2011. Ce même mois, la FOB est débaptisée pour prendre le nom de Gwan, le village le plus proche. Elle héberge alors un SGTIA du GTIA Surobi. Le 8 décembre, comme nous l'avions rapporté ici même, le kandak 34 s'y était déployé. 

(1) tout ce qui était cessible a été cédé aux afghans pour limiter le nombre de convois logs : lits, tentes winterisées, KC20 ordinaire, bâtiments, citerne, armoires, lits... 

vendredi 27 janvier 2012

Retrait : pour tenter d'y comprendre quelque chose

Le pouvoir du storytelling dans les sociétés modernes : on a appris ce soir que la France serait (presque) partie d'Afghanistan fin 2013, sans qu'on exclue (logiquement) que des conseillers restent sur place, en application du traité franco-afghan. C'est, pour les commentateurs, et l'émetteur (le président), un avancement de la date du retrait (1). Plus correctement, on parlera d'accélération du rythme de retrait, sans changement sur la date finale.
Car la date de la fin 2013 avait déjà été avancée par le ministre de la défense. Certes, c'est le miracle des sociétés modernes, tout le monde l'a déjà oublié, mais comme cette date avait déjà été donnée, il est donc inexact, ce soir, de parler de retrait avancé.
Puisque les derniers soldats quitteront l'Afghanistan à la date... déjà annoncée.
Néanmoins, impossible de le nier par contre, d'ici la fin 2012, 1.000 soldats devront avoir quitté l'Afghanistan... au lieu des 600 prévus (2). L'EMA va donc devoir plancher, de façon accélérée, sur un nouveau timing. Et trouver des capacités non essentielles à l'effort de guerre.
Bref, la solution la plus tentante consiste à rendre assez rapidement les enceintes, et notamment Tagab, la plus exposée aux tirs des insurgés. Les dernières prévisions envisageaient de le rendre dans le courant de l'été : il faudra peut-être faire encore plus vite. L'été, saison notoirement animée en Afghanistan, n'est peut-être pas le moment idéal pour cela...
Les GTIA montants partiront sans doute, aussi, avec moins de monde que prévu. Et pourraient, le cas échéant, ne pas aller au bout de leur mandat de six mois. Le 16e Chasseurs et le 92e RI fournissent les relèves du printemps : le 16e Chasseurs aura un SGTIA de moins que son prédécesseur. Le 92e RI part avec un état-major tactique, une CCL, un SGTIA et une compagnie de garde.
Le président a obtenu, aujourd'hui, que la Kapisa soit inscrite à la phase III. Peut-être a-t-on, trop vite, déduit que ce serait en mars. La phase II avait déjà glissé du mois de septembre à décembre 2011...

(1) des observateurs avisés estiment que le président avait prévu, depuis déjà quelques semaines, d'annoncer une accélération du rythme du retrait. La date choisie avait été celle du 27 janvier, date de la venue du président afghan... et avant l'entrée en campagne du président de la République. L'attaque de vendredi dernier a failli faire encore accélérer le rythme : on se souvient que le président envisageait de tout démontrer si les conditions de la sécurité de nos troupes n'étaient pas atteintes. Entretemps, le candidat socialiste a avancé un calendrier non réaliste, d'un retrait effectué pour la fin 2012. En présentant un calendrier cohérent avec les réalités militaires, l'exécutif gagne sur tous les tableaux, à commencer par une réponse directe à l'écrasante majorité des Français qui demandent un retrait des troupes.
(2) Rappelez-vous : en juin, le président annonce un millier en moins d'ici la fin 2012. Or 400 sont déjà partis : 193 légionnaires du 2e REP qui n'auront même pas fait quatre mois sur place, et un autre groupe composite, constitué d'aviateurs partis de Kandahar (-60) et d'un SGTIA ôté du GTIA Surobi, soit un peu plus de 200.