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jeudi 23 juillet 2009

Carpiagne : première sanction

L'armée de Terre suspend un adjudant du 1er RE, directeur de tir hier au camp de Carpiagne (Bouches-du-Rhône). L'incendie qui a suivi une séance de tir a brûlé 1.300 hectares sur un front de 8 km et est venu lécher les maisons de la banlieue sud de Marseille. Plusieurs marins pompiers et policiers ont été blessés, mais par chance, le bilan n'est pas plus grave. 490 pompiers étaient engagés cette nuit.
C'était une séance de tir comme les autres, pourtant. Les instructions prévoient de ne pas utiliser de munitions traçantes, ou de fumigènes, ou tout ce qui peut contribuer à allumer un feu. "Le rappel des consignes a été fait" nous affirme le chef du Sirpa Terre, le colonel Benoît Royal, qui ajoute que les militaires ont "tenté d'éteindre le feu, mais ont été débordés". Le feu a pris juste après la reprise des tirs, vers 13 heures, après le repas. "C'est une faute professionnelle grave" a insisté le porte-parole.
Ces traçantes interdites d'usage font pourtant partie des barettes de munitions distribuées aux soldats, ce qui peut paraître étonnant. Ces barettes permettent entre autres d'effectuer un comptage précis des munitions -un sujet sensible dans l'armée de Terre après l'incident de juin 2008- : sur les dix munitions, deux sont traçantes.
La façon la plus simple serait de ne pas distribuer ces barettes telles quelles dans les situations de type Carpiagne, mais le discernement et l'autorité du directeur de tir suffisent normalement à les exlure du tir.
Seulement, ce n'est pas ce qui s'est passé hier, à Carpiagne. Une enquête de commandement diligentée par le général commandant la région Terre Sud Est doit déterminer les responsabilités, et éventuellement, d'autres sanctions internes. La pratique issue des évènements de juin avait été très précisément décrite par le CEMAT : en cas de problème, outre le responsable direct, ses supérieurs (chef de corps, chef de bureau opérations instructions, chef d'unité, notamment) pouvaient être amenés, tous, à répondre du comportement de leur subordonnés.
Ceci s'ajoute, évidemment, à l'enquête menée par la gendarmerie d'Aubagne (avec la SR de Marseille), et les responsabilités pourraient évidemment être appréciées différemment. Car légalement, chaque tireur qui a percuté une traçante peut éventuellement être incriminé.
Tout ceci intervient dans un contexte pour le moins tendu : la population est évidemment retournée, et les élus locaux, dès ce matin, n'ont pas manqué de faire connaître leur colère. Michel Sappin, préfet de région PACA (et directeur de la sécurité civile, de 1999 à 2002), s'est insurgé, sur RTL, sur "l'imbécilité du geste (...) Les militaires ne doivent pas considérer qu'ils sont au-dessus des lois (...) il y aura des poursuites "a prévenu le responsable de l'Etat dans la région. Guy Tessier, député (UMP) des Bouches-du-Rhône mais surtout président de la commission de Défense a dénoncé sur BFM TV une "espèce de légèreté".
François Fillon -attendu aujourd'hui sur le tour-, Hervé Morin et Brice Hortefeux se rendent, ce jour, à Marseille.