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lundi 2 janvier 2012

"Les Afghans nous sont reconnaissants"

Le député de la commission de défense Christophe Guilloteau a réveillonné à Tora avec les soldats français. Rentré hier d'Afghanistan, il est également rapporteur pour le groupe UMP du texte sur le 11 novembre.


Quel esprit régnait en Afghanistan ?

Un esprit de fête, très présent, et une forte cohésion. Les soldats viennent d'unités différentes, chacune avec son chant, mais la cohésion est très forte. On trouve des petites crèches de Noël dans la plupart des locaux de la FOB. Le fait religieux est très présent. On a eu un moment très émouvant aussi en arrivant à Kaboul, samedi, avec le levée des corps des deux légionnaires tués en Kapisa. Leurs frères d'armes étaient là, ainsi que des délégations étrangères, américaine, afghane. Les officiers afghans que nous avons vu, pendant ce déplacement, étaient très peinés pour ce qui est arrivé.
Puis un Transall a convoyé les cercueils à Douchanbe, et notre Airbus les a ramenés hier à Paris, avant la cérémonie de demain.
Il appartient aux grandes démocraties d'être présentes en Afghanistan pour lutter contre le terrorisme. J'avais aussi, pendant ce déplacement, une vision rétrospective, puisqu'on se rapproche de la date du retrait, en 2014. Et on sent bien que le calendrier peut s'accélérer, dans six mois.

Qu'avez vous trouvé de changé depuis votre dernier séjour, en 2008, dans l'immédiat après-Uzbeen ?

L'ANA a évidemment bien progressé dans l'occupation de l'espace. Il y a beaucoup plus d'hélicoptères, nous l'avions demandé à l'époque. Désormais, la TF Mousquetaire dispose de trois Caracal et de deux Cougar, plus quatre Tigre et cinq Gazelle. Le renseignement a aussi bien progressé. On a pu, sur un écran, suivre l'évolution d'une situation grâce à un drone, et Gérard Longuet a déclenché le tir d'un Caesar, qui a détruit une position insurgée. En cinquante secondes, l'obus est arrivé sur sa cible.

Qu'est -ce qui vous a étonné ?

A chaque fois, je suis émerveillé par ce que je découvre, la technologie, les compétences de nos soldats, les moyens qui ont été envoyés depuis 2008. J'ai passé une partie de la nuit à faire le tour de la FOB, sur les points de garde : il y a la garde comme on la fait depuis les Romains, et ce qu'on a gagné avec la technologie, en matière de vision nocturne, par exemple.
Je note que le soutien du soldat s'est amélioré. En 2008, on couchait dans des tentes, maintenant c'est du dur. L'eau était rationnée, à l'époque, maintenant, on trouve des bouteilles d'eau à disposition dans tous les coins de la FOB, et il est possible de prendre plusieurs douches. Les soldats m'ont dit que l'internet leur était bien plus accessible, avec trois heures de communications par mois. La popote est bonne aussi, en quantité et en qualité. Pour résumer, le quotidien du soldat est bien meilleur qu'en 2008.

Les militaires comprennent-ils votre rôle d'élus ?

Pas trop, non (rires). Gérard Longuet, qui fut député puis sénateur leur a rappelé, dans chacun de ces discours, que c'est grâce à nous qu'ils sont là, car nous votons leur budget. Les militaires ne mesurent pas très bien notre rôle, et des occasions comme celles-ci permettent de mieux l'expliquer.

Sait-on ce que sera le traité d'amitié franco-afghane ?

Il y aura une dimension économique, mais les Américains déversent un milliard de dollars d'aide par mois. On ne boxe pas dans la même catégorie. Néanmoins, les Afghans nous sont reconnaissants pour ce que nous leur avons apporté, notamment en matière de formation de leur police et de leur armée. C'est le cas notamment avec une POMLT, des mentors de la gendarmerie venus de mon département (Bron) renforcée par des effectifs de l'Isère.

Ces rencontres avec les soldats vous ont-ils permis de mieux réfléchir à ce que vous direz, le 10, dans l'hémicycle, à l'occasion du texte sur le 11 novembre ?

Il y a deux parties dans ce texte, une qui concerne le 11 novembre, et l'autre, qui dépasse ce seul cadre, pour parler du devoir de mémoire. Ce que je constate, c'est que depuis 2003 que je suis élu, les commémorations attirent moins de monde, et les vétérans sont moins nombreux. Les plus nombreux, ceux de l'Algérie, ont déjà une soixantaine d'années. Dans des communes de ma circonscription, qui est très rurale, on choisit de faire les commémorations le dimanche pour que les citoyens puissent y assister plus facilement. Le 13 novembre, j'ai inauguré un monument aux morts dans une commune de quelques centaines d'habitants, La Chapelle sur Coize, qui n'avait pas encore de monument aux morts : tout le canton était là ! Ce qui démontre bien que les Français sont attentifs à ces questions du souvenir et de la mémoire.
Dans ce texte, nous avons aussi voulu que les noms des soldats morts en Afghanistan soient inscrits sur les monuments aux morts, de la ville de naissance ou de résidence. Nous le devons à nos soldats qui sont morts là-bas pour la France. Nous avons également décidé que s'il n'y avait plus de place sur le monument aux morts lui-même, cela devait être visible "à proximité immédiate".
Il faut que l'engagement de nos soldats soit visible par les Français : les noms des parachutistes du Drakkar ne sont visibles nulle part !

Comment peut-on pallier le déficit de devoir de mémoire ?

Je pense que cela passe notamment par l'enseignement donné à nos jeunes, il doivent mieux connaître notre histoire.

Si vous aviez un souvenir de votre déplacement à retenir ?

J'aimerais en fait retourner en Afghanistan à la fin, pour voir ce qu'on aura laissé et comment les Afghans prennent leur destinée en mains. Je suis allé deux fois dans ce pays, et à deux fois dans des moments graves, militairement importants pour notre pays et le leur. Un souvenir ? J'ai été fier que ces soldats nous accueillent, nous des civils, et nous fassent partager quelques heures de leur engagement.