jeudi 30 avril 2009

En mémoire du sergent Damien Buil


Hervé Morin se rendra à Saint Aigulin (Charente Maritime) le 8 mai, vers 19 heures, avec Dominique Bussereau, élu du département et secrétaire d'Etat aux transports. Les habitants de cette commune ont souhaité pouvoir apposer son nom sur leur monument aux morts, pour ne pas oublier.
Damien Buil, parachutiste au 8e RPIMa, est un des 9 morts au combat de l'embuscade de la vallée d'Uzbeen, le 18 août 2008. Il opérait alors au sein du Batfra, et non, comme l'essentiel de ses camarades de régiment, dans la Task Force Chimère.
Agé de 31 ans, il était marié, père d'un enfant, et n'aura jamais connu son deuxième.

Notre photo : Damien Buil (crédit 8e RPIMa).

Encore un absent à la grande parade ?

Avec déjà un absent de marque -le Charles de Gaulle-, la grande parade navale offerte le 8 mai au Président de la République, à ses invités et aux vétérans continue à se dépeupler, avec une nouvelle défection : celle du Tigre.
Deux Tigre devaient évoluer à babord du TCD Sirocco, avec autant de Gazelle, le 8 mai, face aux côtes varoises.
Ce matin, le ministère de la Défense reconnaissait ne pas pouvoir prendre de décision sur sa flotte de Tigre avant "10 jours". Après, donc, le 8 mai. Evidemment, ce matin l'absence du 8 mai ne faisait pas partie des sujets évoqués.
Manquerait plus qu'on trouve le virus de la grippe mexicaine à bord du Rubis...

Grenadier, en mai, fais ce qu'il te plaît


Fin mai, la firme HK livrera à l'armée de Terre française 24 lance-grenades automatiques (LGA) ainsi que 100.000 grenades, 20.000 grenades HE/DP (high explosive, dual purpose) et d'exercice. La DGA a notifié ce contrat de 3 MEUR la semaine dernière, avec l'impératif de tenir un délai particulièrement court.
Ces armes saturantes seraient destinées en priorité à la défense des trois FOB actuelles, voire à des COP (combat outpost), et, éventuellement, à armer des véhicules.
C'est le deuxième contrat gagné en France par HK depuis le début de l'année, après un marché de fourniture de 7,62 mm sur bande pour les mitrailleuses ANF1, valant 15 MEUR.

Notre photo : le LGA de HK a déjà conquis de nombreux opérateurs, notamment la Grèce -qui fabrique la munition HE/DP- et la Grande-Bretagne. (photo HK)

Tigre : bulletin de santé n°2 (actualisé 6 avril)


Un simple "report des activités de vol". Des trésors de sémantique ont été déployés ce midi pour expliquer le fait que la flotte de Tigre français -et allemands- est clouée au sol. Le 24 avril, un Tigre teuton de l'école franco-allemande (EFA) a connu une casse de son amortisseur de trainée de pale lors d'un point fixe, alors qu'il sortait d'une visite technique. Un premier, puis la totalité de ces amortisseurs ont cassé, affirme la livraison hebdomadaire du magazine Air & Cosmos.
"On saura dans 10 jours" dit le ministère, entre reprise des vols, ou confirmation, de facto, du maintien de la flotte au sol.
Dans l'intervalle, les six pilotes français en formation feront du ... simu. Une façon de s'habituer à leur vie en RHC, puisque leur temps de vol sera désormais d'un tiers sur Tigre, un tiers sur simu, et un tiers sur Gazelle (tant qu'il y en aura, en tout cas).

Notre photo : un Tigre allemand, la cause de bien des soucis dans des cerveaux français, actuellement (crédit : JM T).

Ajout du 6/04 : la flotte de Tigre française a été autorisée à revoler, hier, après que l'incident du 24 ait été expliqué par une "faute humaine". Ce matin, le général Irastorza expliquait avoir récemment envoyé au CEMA une lettre affichant la "disponibilité" des Tigre du 5e RHC pour un départ en opex. La full operationnal capability (FOC) ne devrait pas intervenir, pour autant, avant la mi-2010.

40 réservistes en opex


40 réservistes opèrent actuellement en opérations extérieures, selon le cabinet de Jean-Marie Bockel. Sept le sont en Afghanistan, et quinze en Côte d'Ivoire, au titre de l'opération Licorne. La population réserviste en opex reste donc très faible, même si c'est aujourd'hui trois fois plus qu'en 2006, et deux fois plus qu'en 2007. Le volume horaire correspondant est de 7,65%.
A cela plusieurs raisons. Comme le concède Benoit Royal, patron du Sirpa Terre, les réservistes doivent s'entraîner comme les militaires d'active, ce qui dans le cadre afghan nécessite une programmation très fine et un important volume horaire.
Autre problème, le passage des opex à six mois n'a rien arrangé, puisque l'administration centrale est réticente à signer des contrats de 150 à 200 jours de réserve, contre les 30 à 45 jours habituels des ESR.
En fait, c'est aussi l'appui du chef de corps qui faicilite -ou pas- le déploiement. Plusieurs réservistes du 8e RPIMa déployés en Kapisa m'avaient ainsi confié qu'ils devaient leur présence au lobbying constant du Colonel Jacques Aragonès, alors que l'administration était plutôt tiède. Et d'autant plus que le mandat du 8e RPIMa était à l'origine d'armer la SRF de l'OTAN, et non de se déployer en Kapisa.
Au final, l'opération aura été concluante, puisque renouvelée par les Alpins...

Notre photo : la task force Chimère pendant l'opération Begraou 3 (crédit JM T)

Caracal : la Défense confirme...

... une information pachydermique du 23 avril. Hier à 19h00, un communiqué du ministre de la Défense annonce que la DGA a bien commandé, le 20 avril -il y a dix jours- cinq hélicoptères Caracal et les rechanges associés, pour 220 MEUR. Les livraisons doivent s'étaler entre fin 2010 et début 2012.
Selon cette source, le marché représente un "plan de charge sur 3 ans de l'ordre de 100 personnes par an pour Eurocopter et de 150 personnes pour ses 400 fournisseurs".

Le félin italien



L'excellentissime Jean-Pierre Husson livre aux lecteur de RAIDS, en kiosque, une revue de détail du programme Félin de nos alliés italiens. Où l'on voit qu'ils ne sont pas en retard. Ou que nous ne sommes pas, de ce côté-ci des Alpes, vraiment en avance.

En kiosque, 6,50 euros.

La France réintègre l'OTAN


... et son service de com', à Kaboul. Comme je l'expliquais le 16 avril, j'avais un peu de mal à trouver de la matière française dans la dytirambique production de la cellule com de l'ISAF. J'avais même eu un fol espoir d'avoir été entendu, le 26 avril, en voyant une remise de décorations à l'ISAF. On voyait une belle blonde, et dans un coin extrême de la photo, un patch tricolore sur une combi sable (celle d'un pilote manifestement).
Image subliminale et prémonitoire car trois jours plus tard, je voyais le patch, et même des soldats français au milieu de la photo. Et même plusieurs photos, malheureusement non créditées. Tout change, merci le mamouth.

Notre photo : la plus belle de la série de sept. La légende fournie par l'ISAF semble incorrecte, il doit s'agir de soldats du 1er RI, en patrouille le 28 avril, près de Kaboul. (crédit : ISAF)

Dragon 2B avait un enregistreur de vol

Dragon 2B possédait un enregistreur de paramètres (FDR), l'UMS, qui permettra, peut-être, de mieux comprendre les raisons de l'accident de l'EC145. La Sécurité civile (DDSC) avait décidé d'adopter l'UMS, solution technique retenue initialement seulement par la gendarmerie, après que la DDSC ait connu deux accidents mortels, en juillet 2003 et juin 2006.
L'UMS est seulement en cours de déploiement sur la flotte de la Sécurité civile (29 EC145).
La plupart des rapports d'accident du BEAD Air ainsi que les spécialistes de sécurité aérienne évoquent régulièrement, en le déplorant, le déficit d'équipement des aéronefs d'état français en matière d'enregistreurs de vol -qu'il s'agisse de paramètres, FDR, ou de voix, VCR- ce qui complique très souvent la compréhension des évènements.

Harfang accidenté : pas de conclusions

Le centre études aéronautiques de Toulouse (CEAT), expert de la DGA, s'est penché jeudi et vendredi dernier sur le Harfang accidenté récemment en Afghanistan, suite à, semble-t-il, une occlusion de pitot par gel (le pitot est situé sous le nez, devant la tourelle). L'objet était de déterminer les éventuelles réparations à effectuer. Apparemment, le remplacement des ailes qui auraient pu se déformer du fait de la sortie du domaine de vol, ne s'imposerait pas.
Reste à comprendre précisément ce qui s'est passé lors du vol afghan. L'industriel estime que tous les fonctionnalités de son drone étaient "en état de fonctionner", notamment le dégivrage. Une version qui accrédite la responsabilité humaine, développée très tôt par Le Point.
Comme nous l'avions signalé, dans la foulée, la réalité est sans doute plus complexe. D'autant que le système a reçu plusieurs modifications avant son déploiement en Afghanistan : adaptation du Tacsat dans des rélais records, intégration de sécurités liés au vol en milieu montagneux. Et, capacité en cours de développement, celle de pouvoir rallier en pilotage humain un terrain autre que celui prévu par la programmation de vol (et où, donc, le relais du système ATOL n'est pas déployé). Contrairement à une idée reçue et solidement ancrée, le Harfang ne se pilote pas, même pour l'atterrissage et au décollage (quand on casse le plus de drones), ce qui simplifie d'autant la formation.
Tous ces facteurs ne simplifient donc pas, on s'en doute, les rounds de réunions techniques qui se poursuivent à Mont-de-Marsan, sur fond de commande d'un système supplémentaire (voir nos posts précédents).

MAM à Bastia aujourd'hui

La ministre de l'intérieur présidera ce midi la cérémonie d'hommage aux deux membres d'équipage de Dragon 2B et du médecin du Samu, à Bastia Poretta.

mercredi 29 avril 2009

Pau se dévoile


Un salon professionnel aéronautique et un meeting, dix jours avant le Bourget, il fallait oser. En Béarn, on n'a pas peur, et la CCI organise donc, les 5, 6 et 7 juin à Pau un salon professionnel sur 3.500 m2, destiné à mieux faire connaître les atouts de la région dans le domaine. Dans un rayon de 100 km2 on trouve quelques grands noms, pour la plupart n°1 mondiaux de leur secteur, comme le motoriste Turboméca (installé ici en 1940) ou le fabricant d'atterisseurs Messier-Dowty, Daher Socata et Dassault Aviation. On trouve aussi un réseau très riche et dynamique de PME spécialisés comme Lauhak, Brigantine, Potez, etc.
C'est là aussi qu'opère le 5e RHC, pilote sur la mise en oeuvre du Tigre, et le détachement ALAT des opérations spéciales (DAOS).
Un meeting rappellera que c'est ici aussi que furent installées, pendant la première guerre, une des premières écoles de pilotage militaire. Ici aussi que sont toujours formés tous les paras français, à l'ETAP. Sa DZ s'appelle Wright, pour ne rien oublier de ce glorieux passé.

Notre photo : l'hélicoptère indien Dhruv est motorisé par la turbine Ardiden de Turboméca. (crédit : Turboméca)

A la source du focus



La dernière livraison du Focus stratégique (n°15 - mars 2009) de l'IFRI évoque un sujet d'actualité, les urgences opérations (UO). Le sujet, sur 51 pages est convenablement labouré mais le document finit maladroitement sur une annexe présentant les UO depuis 2006. Un tableau plutôt bien renseigné qui m'a laissé un peu perplexe car non sourcé, contrairement à une tradition universitaire bien ancrée.
Et pour cause, ce tableau qui me rappelait quelque chose, je l'ai retrouvé dans le numéro 269 (octobre 2008) du magazine RAIDS... sous ma plume. Article qui ne figure pas non plus dans la bibliographie du "Focus".
Comme je dis souvent, il y a de la place pour tout le monde dans ce domaine, mais pas pour toutes les pratiques.
Focus Stratégique, www.ifri.org.

Notre photo : la couverture du numéro 269 et l'article de Raids qui a donc intéressé pas mal de monde. (crédit : RAIDS)

Le male allemand n'a plus la cote

Un appel d’offres de l’armée allemande pour un MALE a été déclaré infructueux, la semaine dernière, malgré la présence de deux équipes concurrentes plutôt sérieuses : l’Israélien IAI associé à Diehl, avec le Heron TP, et General Atomics, le fabricant du Predator, avec Rheinmetall. EADS avait apparemment soigneusement évité d’y figurer, alors que l’industriel aurait pu y proposer son Eagle 2/Harfang. Ce n’est peut-être que partie remise, car les opérationnels allemands ont déjà suivi la session de rattrapage, en allant visiter le Harfang, à Bagram.

La guerre des drones à Elancourt, mi-mai


Le compte à rebours commence la semaine prochaine chez EADS à Elancourt. Mi-mai, son UAV Battle Lab sera mobilisé au profit du laboratoire technico-opérationnel (LTO) de la DGA, à Arcueil. Comme nous les révélions il y a quelques… posts, EADS et Thales (à Pessac, en Gironde) opèreront en réseau, sur cette expérimentation. Pendant trois jours, plusieurs cas de figures seront testés sous les yeux des experts des trois armées. Des engagements coopératifs avec des chasseurs, eux aussi virtuels, seront testés.

Notre photo : l'Orka, un projet de drone à voilure tournante élaboré par EADS sur la base du Cabri, un hélicoptère léger conçu par un ancien d'Eurocopter, Bruno Guimbal (crédit : Sirpa Marine)

mardi 28 avril 2009

Prime pour blessures et cailloux

300 euros pour tous les policiers ayant participé à quatre opérations sensibles, et autant pour ceux blessés ou ayant accompli un "acte de courage ou de dévouement particulier". C'est le syndicat de police Synergie-officiers qui revèle ce dispositif, en reproduisant une lettre du directeur de cabinet du DGPN daté du 28 avril.
Les quatre opérations en question concernent majoritairement des violences urbaines de ces dernières semaines, dans les DOMTOM (Antilles, Guyane et Réunion), aux Mureaux (Yvelines), à Bastia (Haute-Corse) et lors du sommet de Strasbourg.

Exclusif : Canadair et Alphet Jet belges sur les Champs



Pour la première fois dans l'histoire du défilé aérien du 14 juillet, des bombardiers d'eau CL415 Canadair de la sécurité civile vont survoler les Champs Elysées. Cette flotte sera alors en pleine activité, l'été étant traditionnellement la période la plus dense pour les pilotes de Canadair et Tracker. L'histoire ne dit pas encore si un Canadair aura la possibilité de rester à la vue des Parisiens : un amerissage sur la Seine est virtuellement impossible dans Paris intra muros, mais possible en aval.
Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, avait déjà fait en sorte, en son temps, pour que les forces vives de son ministère soient plus visibles le 14-juillet; et il n'a eu de cesse que de le renforcer, comme président de la République.
Des Alpha jets belges de l'école franco-belge AJETS de Cazaux (Gironde) figureront aussi dans le défilé aérien, mais pas les Indiens, dont nous évoquions la possible présence, dans un post précédent.

Nos photos : un Canadair à l'approche, à Marignane, en mars dernier, et un Alpha Jet belge d'AJETS, vu à Cazaux, en début d'année (crédits : JMT)

Trois français blessés par un tir de roquette

L'exploitation que font les insurgés afghans de leurs tirs et attentats obligent la communication opérationnelle française à être beaucoup plus réactive. Surtout quand les tirs en question génèrent des blessés. Exemple ce jour, avec un tir de roquette reçu par le camp français de Warehouse, à Kaboul, à 5h00 du matin (donc avec le lever du soleil) : trois Français et deux employés afghans ont été blessés. Un des militaires français devra être rapatrié en France, peut-être par un Falcon médicalisé (1). L'engin a explosé sur le parking du camp, dans l'enceinte.
Une photo (protégée par des droits, elle ne peut donc être reproduite ici) de l'impact de la roquette est disponible sur le site de l'EMA (www.defense.gouv.fr).
En novembre dernier, une attaque similaire avait fait trois morts dont un enfant.
Le Figaro magazine rappelait, il y a quinze jours, que la FOB Tora allait expérimenter un dispositif de détection acoustique chargé précisément de détecter des tirs de ce type, afin de générer une alerte et de procéder à un éventuel tir de contre-batterie.

(1) ces avions, aussi utilisés par le gouvernement, effectuent en moyenne une mission de ce type par semaine, c'est peu connu...

Un Match pour le Rafale

Alain Ernoult, qu’on ne présente plus, sera demain à Saint-Dizier pour une série de « shoots » de Rafale de l’EC 1.7 « Provence » et du 2.7 « Gascogne », destinés à l’hebdomadaire bien connu. Le capteur de belle image devrait notamment opérer d’un Transall (sur la porte cargo, un traitement réservé aux hôtes de marque), pour les vues frontales et en place arrière d’un Alpha Jet.
Le Rafale est actuellement déployé en Afghanistan, et devrait, à terme, l’être également aux Emirats Arabes Unis, sur la base aérienne 104. Une délégation émirienne était d’ailleurs en visite il y a peu à Saint-Dizier.

Notre photo : étant incapable d’égaler le talent d’Alain, je laisserai ce sujet sans photo.

Le dernier TOP urgent livré

Le 17 avril, la DGA a livré à l'armée de Terre le dernier des 60 VAB-TOP (tourelleau téléopéré de 12,7 mm) acquis en crash program, nous apprenait-elle cet après-midi. Le communiqué évoque un calendrier nominal ; en fait ce dernier a légèrement glissé puisque tout aurait dû être livré début... mars. Les livraisons avaient, en fait, commencé avec retard, puisque le début était prévu en décembre, et n'était intervenu qu'en janvier.
Les 60 premiers VAP-TOP doivent prioritairement être affectés à l'Afghanistan, où les six premiers sont arrivés le 23 janvier 2009. Les premiers retours d'expérience de leur utilisation se font attendre.
Le TOP faisait partie de la valorisation prévue pour 600 VAB. Mais il avait fallu la mort d'un soldat français en Afghanistan pour que le calendrier soir accéléré, grâce à un dispositif d'urgence opérations.

Les carences françaises, selon le général Gaviard


Avec son acuité légendaire, l’ancien patron de la défense aérienne française, Jean-Patrick Gaviard, a fait remarquer ce matin (1) que la réflexion sur le SEAD (suppression of ennemy air defense) n’avait pas progressé en 10 ans. A la sortie du Kosovo –Gaviard commanda les moyens Air français- cette capacité faisait partie de la démarche européenne ECAP visant à identifier et réduire les lacunes capacitaires. Pendant ce même conflit, Américains et Européens firent grande consommation de missiles Harm, « pas très efficaces » se souvient Gaviard, sans peu d’effet sur des missiles serbes très mobiles, aux servants particulièrement aguerris.
Parmi les pistes possibles, une version antiradar de l’AASM, envisagée dès l’origine du programme mais toujours pas financée, pas plus qu’un pod de brouillage offensif, un autre retex du Kosovo.
Pour l’ancien patron du CDAOA, il est aussi urgent pour la France de penser sa doctrine antimissiles et les centres de commandement associés, alors que la thématique, poussée par les Américains dans l’OTAN, risque de se faire sans elle. Ou sans ses industriels.

(1) Lors des rencontres Défense et Sratégie intitulées « France-OTAN, quels impacts sur les forces aériennes françaises », qui se déroulaient toute la journée à l’assemblée nationale. Le général Gaviard a créé en janvier 2007 une société de conseil, ADEFSYS. Il est aujourd’hui conseiller à l’OTAN en tant que « concept developer » et « senior mentor ».

Notre photo : l'AASM, sous Rafale (crédit Sirpa Air).

Exclu dans Air Actu


Ce ne sont que trois lignes dans la livraison d’avril d’Air Actualités, magazine de l’armée de l’Air, et pourtant, elles livrent un bilan exclusif, sur un théâtre où il est souvent difficile de mesurer l’activité. Depuis leur arrivée à Kandahar en septembre 2007, les chasseurs français (Mirage F1CR et 2000D, Rafale) auront effectué 150 tirs et 350 show of force (passage bas à grande vitesse) en appui des troupes au sol. Pour un total de 1.600 sorties.
L’empreinte humaine de l’armée de l’air reste pourtant modeste, dans cette zone, avec 334 aviateurs en Afghanistan (6 chasseurs à Kandahar, 3 Caracal à Kaboul, partagés avec le DAOS, et deux drones Harfang à Bagram), 172 au Tadjikistan (2 Transall et base arrière) et 35 au Kirghizistan (un C-135FR).

Le Tigre tousse


La flotte d'hélicoptères Tigre est clouée au sol après l'accident encore inexpliqué d'un Tigre allemand de l'école franco-allemande, au Luc-en-Provence (Var). La pièce incriminée, un amortisseur de pale, aurait cédé. Les dégâts sur l'appareil accidenté ne sont pas connus, et aucun responsable n'était joignable à l'heure (16:54) où nous écrivons.
Par précaution et comme souvent en pareil cas, c'est toute la flotte qui a été arrêtée. Celle de l'EFA, binationale, mais aussi celle du 5e RHC à Pau. Dont précisément des éléments s'apprêtent à partir en Afghanistan.
C'est la deuxième fois depuis le début de l'année que l'ALAT arrête un de ses flottes. La flotte Cougar avait été arrêtée près de trois semaines après un crash en mer, au large du Gabon, qui avait tué huit de ses neuf occupants, le 17 janvier.

Notre photo : un des Tigre du 5e RHC (crédit : JMT) dans les montagnes... frnaçaises, lors de l'exercice Gap 2009.

lundi 27 avril 2009

L'army plébiscite Lydian


Le MoD britannique reprend du Lydian, la formule de location de drones Hermes 450 offerte par Thales en Irak et en Afghanistan. Le contrat, qui est ainsi renouvelé pour la deuxième fois depuis 2007, prendra effet en juillet prochain et courra jusqu'en 2011, quand le système Watchkeeper devra être totalement mature. Ce système de location a déjà généré 19.000 heures de vol, assure Thales.
A plusieurs reprises, et encore récemment, le propre patron de Thales, Denis Ranque a tenté de rallier la France au drone Lydian. L'industriel met en avant une empreinte logistique plus faible que des systèmes comparables, et une endurance plus importante (jusqu'à 15 heures, mais le Lydian doit décoller d'une piste), ce qui, pour le coup, est incontestable.
L'armée de Terre française semble viscéralement attachée à son SDTI catapultable pour lequel une filière entière est formée, et les modes opératoires, bien connus.
La Grande-Bretagne n'est pas la seule armée à louer, en Afghanistan. Les Canadiens doivent déployer des Heron loués à une société locale, MDA, et les Espagnols, eux, utilisent à Herat quatre drones Searcher opérés par une équipe mixte EADS/Indra.

Notre photo : le Lydian, un concept apparemment très réactif mais sur lequel Thales reste très discret, notamment sur le coût de la location. (crédit : MoD)

Harfang : un urgent opérations ?




L’EMA et l’EMAA sont actuellement « en discussions » pour évaluer l’opportunité d’investir dans un système Harfang doté d’un seul véhicule aérien, dans le cadre d’un « urgent opérations ». Cette procédure permet d’éviter une mise en concurrence, tout en accélérant les étapes contractuelles classiques. En dernier ressort, c’est le CEMA qui décide de l’opportunité, puis le ministre, qui tranche, pour l’aspect budgétaire. L’excellent bilan du Harfang (lire posts précédents), obtenu en quelques semaines seulement, semble être un déterminant puissant. C'est aussi l'occasion d'affirmer, pour l'armée de l'Air et la France, des atouts opérationnels (c'est aussi le cas des hélicoptères Caracal, déployés en interarmées, et Gazelle, opérés par l'ALAT) au sein de la coalition.
Ce système est celui utilisé pour les essais en vol en Israël. EADS l’a recetté la semaine dernière, afin de vérifier ses aptitudes techniques, et il devrait rejoindre la France en mai-juin. Ce qui démontre, si besoin était, que le dossier est en fait très avancé. Même si rien n’est donc signé.
Cette « deuxième ligne de vol » permettrait à l’armée de l’Air de poursuivre la formation de son escadron drones, attendu à Cognac à l’automne, voire, éventuellement, d’assurer la couverture d’un deuxième théâtre en cas d’urgence. La surveillance maritime dans le golfe d’Aden et au large de la Somalie par exemple. Même si, actuellement, le Harfang n'a pas de radar maritime. Son SAR/MTI, par contre, pourrait avoir des aptitudes intéressantes dans la frange côtière.
Un troisième système Harfang devrait être acquis à plus moyen terme, en toute logique, une flotte à quatre avions (dont un vecteur assurant la couverture d’une éventuelle attrition) étant par trop limitée.

Nos photos, exclusives : le Harfang en Afghanistan capté par (ce sont ses premiers clichés publiés, me dit-on) W.Collet, photographe du Sirpa Air.

EADS et les 50 DRAC


Alors que le minidrone DRAC attend toujours son passeport pour l’Afghanistan, son fabriquant, EADS s’attend à une commande de 50 systèmes de ce type dans le courant de l’année. Ces derniers intègreraient les modifications qui ont été réalisées depuis le déploiement de DRAC françaisau Kosovo. Cela concerne notamment le renforcement des fuseaux moteurs, et l’adjonction de coussinets pour amortir les atterrissages. Le logiciel de navigation a également été adapté, et des vols en montagne (Pyrénées) auraient également été effectués.
60 systèmes DRAC ont d’ores et déjà été commandés, en deux lots (25+35).
Un premier client export, des forces spéciales d’un pays du golfe persique (contrat août 2007, livraison avril 2008), devrait resigner pour un nouveau batch. Selon EADS, d’autres prospects sont également envisagés dans cette même zone.

Notre photo : un DRAC au lancement (crédit : EADS). EADS a livré un secret de fabrique, aujourd'hui : les pilotes s'entraînent au lancer de DRAC avec une... tyrolienne.

Trois cas d’assurance du risque

Les assureurs ne remplaceront jamais un disparu. Mais bien des militaires préfèrent prévoir le pire avec des contrats multirisques, pour soulager financièrement leur famille, en cas de mort en opérations. Et parfois, n’hésitent pas, même, à en contracter plusieurs. Une tendance qui irait croissant, notamment pour les partants en Afghanistan.
L’assureur AGPM, qui couvre un certain nombre de militaires français, évoque dans la livraison d’avril de son journal trois cas d’espèce, vus, évidemment, de son point de vue d’assureur. Le plus évident, en matière des risques actuels, est le dossier de l’embuscade d’Uzbeen, le 18 août 2008 : l’AGPM assurait six des militaires tués, et 19 parmi la vingtaine de blessés. 36.240 euros ont été distribués comme « aide immédiate », le dossier Uzbeen étant estimé par l’assureur à 2.700.000 euros.
Autre contexte, avec l’accident du Cougar, au Gabon, le 17 janvier 2009, également couvert par l’AGPM pour six des occupants, dont cinq sont morts et le sixième a été blessé. L’AGPM estime le coût final à 349.120 euros, dont 25.980 euros ont déjà été distribués sous « forme d’aides immédiates ».
Plus étonnant, le 3e RPIMa avait contracté une garantie responsabilité civile de l’AGPM, pour l’organisation de sa journée portes ouvertes (JPO), le 29 juin dernier. 16 personnes avaient été blessées par des balles de FAMAS, et une infirmière « s’est blessée en portant secours aux victimes. Un dossier estimé au total, par l’assureur à 1.500.000 euros.

EADS passe au grand O


EADS a débuté ce lundi après-midi un grand oral devant les trois clients de lancement potentiel de son advanced UAV, à Elancourt (Yvelines). L’industriel avait rendu son dossier de levée de risque sur cet ambitieux programme, le 6 avril, aux gouvernements allemands, espagnols et français qui commençaient donc leur questionnement, cet après-midi.
A la suite de quoi EADS devra rendre sa proposition commerciale, et les trois Etats, trancher, alors que Dasssault, Thales et Indra ont proposé à la France et à l'Allemagne un Heron TP adapté, disent-ils, à leurs besoins.
La France pourrait prendre sa décision en juin.
Selon EADS, la Turquie a également été tenue informée du dossier technique de l'Advanced UAV, sans pour autant rejoindre formellement le trio initial.
La France et l'Allemagne sont susceptibles de commander 6 systèmes chacune, et l'Espagne, trois. L'industriel escompte pouvoir décrocher au moins autant de commandes (soit une quinzaine de systèmes environ) à l'export.

Notre photo : L'advanced UAV (crédit : EADS)

Les secrets atouts du Harfang en Afghanistan


Le système Harfang approche le millier d’heures de vol sous les couleurs françaises, dont 277 heures rien qu’en Afghanistan, a révélé son fabricant, EADS, hier. 35 missions ont été assurées depuis l’arrivée sur la base de Bagram, début février 2009. Le taux d’exécution de mission est de 96% selon l’industriel : seule une mission a été annulée pour raisons techniques, et quelques autres du fait de la météo.
Le Harfang vole principalement de nuit, du fait de sa spécificité à pouvoir atterrir de nuit : "c’est le seul à être autorisé à le faire" claironne le groupe français. Ses capteurs infrarouges et SAR (radar à ouverture synthétique) permettant de détecter et traquer ses cibles.
Là encore, le Harfang serait le seul drone à offrir un mode MTI (moving target indicator) sur le théâtre (Même si des avions offrent aussi cette capacité). Le MTI est un des trois modes offert par le radar à ouverture synthétique (SAR), avec le strip (balayage) et le spot (focus).
Le Harfang est enfin en mesure de désigner ses objectifs au moyen du faisceau laser logée dans sa tourelle optronique. Un tir complet avec munition a eu lieu en France avant le départ du Harfang en Afghanistan. Mais aucun tir ne serait intervenu dans ce type de contexte, sur place. Notamment parce que ce n’est pas le « tasking » premier du drone en Afghanistan.
Les missions durent une dizaine d’heures en moyenne. Un vol record de 14 heures 30 a été réalisé la semaine dernière.
EADS revendique un premier vol moins de deux semaines (13 jours) après l’arrivée sur le théâtre et première mission 18 jours après. Le déploiement à Bagram a été effectué avec deux An-124.
Deux techniciens d’EADS sont également détachés sur place, pour assurer un soutien au plus proche, avec un statut de contractor OTAN. « C’est indispensable pour nous d’avoir des gens sur place, ce qui permet d’avoir des retours d'expérience, même sur les plus petits détails » estime Nicolas Chamussy, senior vice président chez Military air Systems.
Les air tasks orders (ATO) sont fournis par le CAOC de l’ISAF au Qatar. L’imagerie bénéficie aussi bien à l’ISAF qu’à la France, une première dans ces termes.
« Pour le déploiement en Afghanistan, on a introduit une modification logicielle en quatre mois du SATCOM pour lui permettre d’être utilisé sur une orbite inclinée du satellite. La spécification d’origine ne comportait que de satellites géostationnaires", explique une responsable d’EADS D&S.

Notre photo: le Harfang (crédit Sirpa Air).

L'oeil de Strasbourg

Un drone optionnellement piloté (OPA) d’EADS, le Surveyor 2500 a assuré des missions de surveillance du sommet de l’Otan, les 3 et 4 avril, a révélé l’industriel, ce matin. EADS explique avoir répondu à une sollicitation urgente du ministère de l’Intérieur français, en 10 jours ouvrés, « entre la requête initiale et la réalisation de la mission ». La prestation de services vaudrait « une poignée de kiloeuros » évalue Luc Boureau, directeur commercial « systèmes aériens de mission » chez EADS.
A l’origine, c’est un dirigeable qui devait assurer cette mission, présence qui ne ravissait pas plus que cela l’armée de l’Air, chargée d’assurer l’intégrité du ciel strasbourgeois.
D’où le recours à cette solution, jugée plus mobile et adaptative, même si l’avion est moins endurant que le dirigeable. Il n’y avait qu’un seul pilote à bord, un des deux dont EADS dispose pour mettre en œuvre cet appareil.
Le Surveyor 2500 est fondé sur l’avion MCR de la société dijonnaise Dynaéro. Il sert régulièrement aux essais en vol de systèmes EADS, notamment les liaisons de données et les tourelles optroniques. Mais il avait déjà effectué un vol sur les banlieues nord de Paris, le 13 juillet 2006, à la demande du ministère de l’Intérieur. « Cela servait notamment à surveiller les toits où sont stockées les objets lancées sur les policiers, gendarmes et pompiers amenés à intervenir » explique une commeciale.
20 heures de vol ont été réalisées, majoritairement de nuit, dans le ciel de Strasbourg. L’imagerie était transférée en temps réel vers une station de réception EADS, au sol, et retransmise au PC de sécurité publique, à la préfecture.
Pour la venue du Pape, en septembre dernier, c’est le drone Harfang de l’armée de l’Air (fourni par EADS) qui avait utilisé, lors de deux vols d’une dizaine d’heures chacun.

dimanche 26 avril 2009

Dragon 2B : le BEA-D Air chargé de l'enquête

L'erreur est souvent faite : ce n'est pas le BEA (bureau d'enquête et d'analyse, chargé des accidents d'aéronefs civils) mais son cousin, le BEAD Air (bureau enquêtes accidents défense Air) de Brétigny sur Orge qui va être chargé de l'enquête technique sur le crash de Dragon 2B.
Le BEAD Air est chargé, depuis sa création en 2003 d'assurer toutes les enquêtes techniques sur les quelques 1.700 aéronefs d'état, drones compris (ainsi que les aérolargages et aérocordages), dont la grande majorité est opérée par les armées. C'est à ce titre que le BEAD Air est aussi rattaché directement au ministre de la Défense, et traditionnellement commandé par un général de l'armée de l'Air (avec une bonne carrière avant, et en général, aussi, après).
Comme ses statuts l'y obligent, le BEAD Air met en ligne, sur internet, tous ses rapports. Avec évidemment quelques réserves : ils sont parfois épurés de certaines précisions compromettantes pour le secret défense. Donc certains spécifications, certains détails de modes opératoires passent à la trappe.
Et comme un directeur l'avait reconnu il y a quelques années, les aéronefs sensibles (gouvernementaux, DGSE, COS, et à vocation nucléaire) concernés par des accidents ne voient pas les rapports publiés sur internet.
Ceux qui le sont sont particulièrement éclairants sur la méthodologie du bureau, et malgré les situations tragiques qui y sont décrites, se dévorent souvent comme une enquête policière.

Le site du BEAD Air
http://www.defense.gouv.fr/defense/le_ministere/organisation_et_missions/organisation/organismes_relevant_du_ministre/bead_air/activites_d_enquetes/activites_d_enquetes

Dragon 2B : pilote hors normes


Philippe X, le pilote de Dragon 2B était un pilote d'exception. Tous les pilotes de la sécurité civile ont eu une première vie avant de rejoindre le groupement hélicoptères de la sécurité civile (GHSC). Ce pilote, lui, était issu comme beaucoup de l'ALAT, y accumulant l'essentiel de ses 4.000 heures de vol. Il avait notamment passé plusieurs années au sein de son détachement spécial, à Pau. Tout comme un autre pilote qui était mort aux commandes d'un autre EC145, en 2006.
Il était depuis au moins deux ans basé à Bastia. Il connaissait donc son territoire, tous ses pièges aussi. Des plafonds souvent très bas, des turbulences jamais très loin.
Comme l'expliquait Xavier Le Roy, le chef de base aux médias (1), ce jour, les pilotes ne sont pas entraînés pour voler par beau temps, mais dans les pires conditions.
Philippe X. était âgé de 42 ans, il laisse une femme et deux enfants.
Son "MOB" (mécanicien opérateur de bord) avait 56 ans, et plus de 4.000 heures de vol lui aussi.
Leur passagère, enceinte, avait une vingtaine d'années.
Le médecin féminin du SAMU était âgée de 43 ans.
La brigade de gendarmerie des transports aériens de Bastia a été chargée de l'enquête, sans doute en co-saisine avec la section de recherches de la GTA de Roissy.

(1)Comme il rappelait aussi que le réseau routier corse, et la faible densité hospitalière rendent l'hélicoptère indispensable pour répondre aux sollicitations de la population.

Notre photo : Dragon 2B, croisé en 2007. (crédit JMT)

L’Indian Air Force au-dessus de Paris ?


Viendra, viendra pas ? L’armée de l’Air indienne (IAF) devait participer au défilé aérien au-dessus de Paris, le 14- juillet. Mais vu de Paris, la participation semble encore à confirmer. Les Indiens seraient peut-être venus avec des Mirage 2000, ceux que Thales cherche actuellement à moderniser dans le cadre d’un contrat qui doit être notifié d’ici la fin de l’année.
Seulement, les déclarations ambivalentes des derniers jours, sur l’exclusion du Rafale de l’appel d’offres du siècle -126 chasseurs- a jeté comme un trouble entre Paris et New Delhi. Surtout qu’aucune déclaration officielle n’est venue vraiment clarifier les raisons du bug de com’ (si cela en est un…), ou de l’exclusion (si cela se confirme bien…).
On devrait en savoir plus dans les heures qui viennent, tant sur le défilé, que sur le marché.
La participation de nations étrangères est régulière, au sol, mais encore nettement plus régulièrement, dans les airs. C’est lié, notamment, au fait que les aviateurs pratiquent les échanges, et que très régulièrement, dans les avions (français) défilant, on trouve nos alliés. Un sujet de a gracieuse majesté qui avait participé aux frappes du Kosovo, ainsi qu’un Espagnol, avaient ainsi survolé nos Champs.
De façon encore plus évidente, des aéronefs étrangers survolent régulièrement Paris. L’an dernier, c’était le tour des Cougar balkaniques (macédoniens ou slovènes, je ne sais plus). Au début de la décennie, les sept pays du groupe aérien européen (GAE) avaient tous participé au défilé. En cette année importante, un tel symbole vivant n’aurait pas manqué d’intérêt. Alors, peut-être, en spare des Indiens ?

Notre photo : un Su-27 de l'IAF lors d'un entraînement Red Flag aux Etats-Unis (crédit : USAF).

Dragon 2B ne répond plus




Un hélicoptère EC145 de la Sécurité civile s’est écrasé cette nuit à Rutali, en Haute Corse. L’appareil transportait une femme enceinte d'une vingtaine d'années qui aurait accouché pendant le vol, selon les premières informations. Cinq personnes se trouvaient à bord, dont l’équipage (pilote et mécanicien) et un médecin féminin du SAMU, âgé de 43 ans. Il avait décollé à 19h15 de Ponte Leccia et avait disparu des écrans radars quinze minutes plus tard.
L’appareil, disloqué en plusieurs morceaux a été retrouvé grâce à un appareil de la base aérienne de Solenzara, vers 3h30 du matin. Le Puma et le Super Puma de la BA126 accomplissent parfois eux-mêmes des Evasan, notamment en haute montagne et pour rapatrier des patients insulaires sur le continent. C’est notamment le cas aussi lorsque les conditions météo (comme hier) sont « particulièrement défavorables ».
Trois accidents en six ans
Le BEAD-Air va être chargé de l’enquête technique, et une enquête judiciaire devrait également être ouverte. Des gendarmes préservaient la zone ce matin, afin de faciliter le travail de recueil de pièces et la compréhension de l'accident.
C’est le troisième crash enregistré sur la flotte française d’EC145 depuis juillet 2003. Trois appareils en six ans, c’est un ratio assez important même si l’attrition se calcule de façon plus scientifique, sur la base d’un nombre d’heures de vol.
Deux EC145 avaient déjà été perdus dans les Pyrénées en l’espace de trois ans. Le 20 juillet 2003, le crash de Dragon 64 avait causé la mort d’un CRS de haute montagne, ainsi que quatre blessés graves et un blessé léger, lors d’une mission de sauvetage dans le massif de l’Arbizon (65). Le 5 juin 2006, Dragon 64 s’écrasait à proximité du cirque de Gavarnie, lors d’une mission d’entraînement, causant la mort de trois de ses occupants et un blessé.
A la suite du premier crash, l’EC145 s’était vu imposer de fortes limitations de masse pour des opérations en atmosphère turbulente, et particulièrement en moyenne et haute montagne. Aujourd’hui encore, les équipages français évitent de « trop charger la mule », et constatent que l’appareil reste « très sensible aux turbulences ».
Un accident avait été évité de peu, le 9 février 2008, quand Dragon 64, l’hélicoptère EC145 de la base de Pau, était parti pour un secours en montagne. Avant de redécoller, à la nuit tombée, le mécanicien (MOB) avait découvert qu’une pièce du rotor anti-couple –la bielette- n’était plus à sa place. La perte de cet instrument, en vol, et particulièrement en montagne, est une quasi-garantie d’accident. Tout un lot de pièces non-conformes, issu d’Eurocopter Deutschland, qui a été découvert. Comble de tout, la bielette n’avait que neuf heures de vol, donc la pièce qu’elle a remplacée était peut-être plus fiable qu’elle.
La flotte hélicoptères de la sécurité civile ne repose plus désormais que sur des EC145 (29 machines, trois autres ont été commandées en 2008). Les deux dernières Alouette III encore opérés ont été retirées il y a quelques semaines à Parie et la dernière le sera à Chamonix dans quelques jours (cf post précédent). L’été, la flotte reçoit l’apport d’Ecureuil servant à la coordination des opérations contre les feux de forêt.
L’EC145 est aussi opéré par la gendarmerie (15 exemplaires) qui n’a connu que des problèmes mineurs avec cette machine. Elle sert notamment à l’entraînement à l’aérocordage du GIGN.
L’US Army a commandé 322 exemplaires de cet appareil sous la désignation Lakota.
Nos photos : l’EC145 affecté à Bastia (vu en juillet 2007) et un Puma de la BA126 lors d’une présentation d’une récupération en mer de blessé. (crédits : JMT)

"Dragon"
: l’indicatif radio des appareils de la sécurité civile est « Dragon » suivi du département d’origine de la base.
A relire
Nos posts consacrés aux accidents, notamment ceux concernant le travail en la matière de la gendarmerie de l'Air.

Le 7e arrondissement enfin sécurisé


F., honorable correspondante du 7e arrondissement me livre cette troublante info sans retenue, j’en fais de même avec vous. Une demi-compagnie de CRS va être attribuée début juin pour sécuriser un des hauts lieux de l’insécurité parisienne, le Champ de Mars. C’est vrai qu’entre les bagarres de vendeurs à la sauvette de tours Eiffel, les rixes pigeons-moineaux, et les manifs à répétition, la coupe était (presque) pleine.
Les patrouilles équestres, le dispositif Vigipirate, les planques des services spécialisés, et les rondes de la police urbaine de proximité (PUP), cela ne devait pas faire sérieux : une demi-compagnie de CRS, cela a le mérite d’être visible.
Et pour que cela le soit encore plus, c’est Rachida Dati qui l’a appris aux électeurs, par lettre affranchie. Normal, c’est leur maire, ministre de la justice et tête de liste aux élections européennes.

samedi 25 avril 2009

Notre représentant insulté au Pakistan


Le représentant (depuis le 10 mars dernier) de la France en Afghanistan et au Pakistan a été insulté par une partie de la presse de ce pays, ces derniers jours. C'est le Figaro qui le révèle dans sa dernière page du jour. Le quotidien relève que Pierre Lellouche, également député de Paris (il occupe le siège n°185) a été qualifié de "député juif d'un pays européen", relevant de "l'extrême droite". Lellouche s'est vu aussi reprocher d'avoir soutenu le Danemark et des journaux français (comme France Soir) qui avaient publié les caricatures de Mahomet. Pour seule réponse à sa protestation, l'ambassadeur de France se serait vu répondre que le pays pratique la liberté de la presse.
Qui comme chacun sait, n'intègre pas la diffamation, les atteintes racistes, etc.
Un épisode qui confirme, si besoin était, la difficulté à obtenir des résultats dans cette zone.

(1) Pierre Lellouche est aussi membre de la commission de défense de l'Assemblée nationale, et co-pilote (avec François Lamy) d'une mission d'évaluation sur l'engagement français en Afghanistan. Il est aussi l'auteur de "France-Otan, l'allié indocile". Et était pressenti, en 2007, pour devenir le premier ministre de la Défense de Nicolas Sarkozy, dont il avait rédigé le programme, pour la partie géostratégique.

Notre photo : Pierre Lellouche, et à sa dtoite, François Lamy, lors de leur premier déplacement dans la task force Chimère, en Afghanistan, à l'automne (crédit : Slt Aurélie/8e RPIMa). C'est lui qui le premier avait évoqué les lacunes rencontrées à Uzbeen, notamment le manque de formation du TACP américain.

Voir Chypre... et rentrer


Les soldats engagés en première ligne en Afghanistan passeront par Chypre avant de revenir en France. Ils resteraient 72 heures sur place. C'est le Figaro Magazine qui le révèle ce matin. Selon nos sources, plusieurs autres sites ont été envisagés, mais Chypre est privilégiée, et les Britanniques y relâchent déjà.
Clairement, c'est le besoin de compartimenter ce théâtre particulièrement exigeant pour les nerfs et la métropole qui semble avoir amené le besoin d'un tel "sas de décompression". Le mot était déjà évoqué en Afghanistan par des experts du CISPAT (cellule d'intervention et de soutien psychologique de l'armée de Terre) que j'avais croisés en Kapisa, en novembre dernier.
Le passage des séjours à six mois rend d'autant plus urgente une telle transition. Les comportements déviants observés à bord d'une VAM de l' "Esterel", fin février ou début mars, semblent avoir convaincu les derniers réticents.
Mais cela soulève plus de problèmes que cela ne va peut-ête en résoudre, car tout le monde ne serait pas éligible à Chypre, selon nos sources. Seuls les éléments opérant en première ligne seraient concernés : les fantassins des deux actuels GTIA, et les OMLT. De quoi creuser encore un fossé...
Le deuxième reste à combler : pour l'instant, l'armée de l'Air n'a pas encore formellement décidé si elle rejoindra, ou non, ce processus.

vendredi 24 avril 2009

La gendarmerie privée de Super Puma


Dossier brûlant à l’automne, quand MAM l’avait évoqué au parlement, l’achat de Super Puma pour la gendarmerie est depuis totalement tombé dans les limbes. C’est qu’à l’époque les armées étaient pressés de quitter les DOMTOM, terrain naturel de ces engins. Entretemps, tout le monde a fait machine arrière, et les sous manquent. Il est donc redevenu urgent d’attendre. Deux Super Puma devaient être basés en Nouvelle-Calédonie, et autant en Guyane, notamment pour l’aéromobilité d’équipes de la gendarmerie. C’est particulièrement criant en Guyane, où une opération Harpie (lutte contre l’orpaillage clandestin et tous les délits qui en découlent) aura lieu encore à l’été.
Cette mauvaise nouvelle fait suite à une autre : le report de la deuxième tranche du contrat EC135 pour 25 machines, reporté à 2011, ou purement et simplement annulée, c’est selon.

Notre photo : lors de Harpie 2008, la gendarmerie avait pu recevoir le renfort de deux Puma du GIH et d’un groupe du GIGN, (archives JMT), renforçant les moyens hélicoptères de l’armée de l’Air (trois Puma, trois Fennec) sur place.

Helidax peut rapporter gros


Alors que la formation des premiers élèves n’a pas encore commencé, les hélicoptères EC120 Colibri qui serviront bientôt à les former, à la place de la Gazelle, dégagent déjà des revenus. Pour la société exploitante, Helidax, et pour … les finances publiques. La Défense avait signé un contrat de partenariat avec l’Etat (CPE) avec la société, en avril 2008.
Trois EC120 ont déjà été livrés à Helidax, à Dax (Landes) et l’un d’eux est déjà opéré au profit des pompiers de Bordeaux (SDIS), depuis la mi-mars et jusqu’à la fin avril. Une machine est d’ores et déjà réservée par le SDIS (service départemental d’incendie et de secours, financé par le département) pendant les deux mois d’été, pour la surveillance des feux de forêts. L’EC120 n’emporte aucun capteur, et pas de treuil, mais pourrait permettre d’effectuer des vols de surveillance des massifs (qui constituent une des richesses du sud-ouest), et des coordinations de norias de bombardiers d’eau.
Le tarif n’a pas été rendu public, mais serait fixé sur « les cours du marché ». Les finances publiques et Helidax doivent se partager les recettes équitablement.
Le président d’Helidax et PDG de DCI (coactionnaire d’Helidax), Jean-Louis Rotrubin, estime que des recettes pourraient aussi être dégagées à l’occasion des grands évènements sportifs (tour de France notamment). Les armées pourraient aussi acheter des heures de vol, hors périmètre EA-ALAT.
Selon nos sources, avec l’arrivée du Tigre, l’ALAT va en effet fonctionner avec trois « vecteurs » pour les missions d’appui : le Tigre, un hélicoptère léger pour l’entraînement courant –c’est la Gazelle aujourd’hui, peut-être l’EC120 demain- et le simulateur.
Enfin, des clients étrangers pourraient être intéressés par le concept. Des clients venus du Golfe et d’Asie seraient susceptibles d’y accéder, DCI de se chargeant de fournir les instructeurs.
Helidax devra fournir entre 14.000 et 22.000 heures de vol à l’ALAT.

Notre photo : deux des trois premiers EC120 d'Helidax. La société va récupérer trois hangars de l'EA-ALAT, mais devra en rénover un (hangar nord) et paiera une soulte pour l'occupation des lieux. Mêmes les ressources générées par la maintenance seront
partagées. (crédit JM T)

La mémoire de Nicolas Belda en Alassay

Un poste érigé ces derniers jours par la task force Tigre (27e BIM, ossature 27e BCA) en vallée d'Alassay a été baptisé COP (combat outpost) Belda, en mémoire du chasseur alpin du 27e BCA qui avait été tué le 14 mars dans cette même vallée. Paradoxe, il sera occupé par l'ANA, l'armée nationale afghane. Alors que les Français, eux, occupent des FOB baptisées du nom d'américains morts au combat.
Les Américains baptisent ainsi souvent leurs FOB (forward operating bases ou bases avancées). Les deux FOB occupées en Kapisa par les Français continuent à être nommées Morales-Frazier (Nijrab) et Kutchbach (Tagab), même si les Américains y sont désormais très minoritaires.

Des photos de ce COP (elles ne sont pas libres de droit donc je ne peux les reproduire ici) ont été publiés sur le site de l'EMA : www.defense.gouv.fr/ema.

Le Harfang disséqué dans les Landes



Le drone Harfang accidenté en Afghanistan (fin mars ou début avril, la date précise n'a pas été communiquée) est ausculté sous toutes les coutures depuis son retour en France, à Mont-de-Marsan (Landes). Retour que nous annoncions il y a déjà une semaine. Le centre d'expérimentations aériennes militaires (CEAM) qui conduit l'expérimentation du Harfang et son premier déploiement opérationnel, à Bagram, le fournisseur, EADS, la DGA et le SIAe (service industriel de l'aéronautique) doivent déterminer dans les meilleurs délais le niveau d'intégrité perdue par la cellule après sa série de montagnes russes dans le ciel de Bagram.
L'armée de l'Air ne sait pas encore précisément dans quelle mesure le drone a été atteint. Et ne connaît pas, non plus, l'enchaînement de causes qui a mené à cet incident aérien. Appremment, pour le moment, le BEA-D Air n'a pas ouvert d'enquête. La réduction à un case cochée ou pas dans la check list, comme l'évoquait récemment le Point semble "prématuré" et en tout cas "incomplet".
Comme nous le révélions dans un précédent post, l'AIA de Cuers (Var), qui dépend du SIAe est habilité à effectuer des réparations de dommage de combat sur le Harfang, mais pas forcément redresser des ailes gondolées.
L'autre enjeu, évidemment, est de déterminer les responsabilités, entre l'opérateur, l'armée de l'Air et son fournisseur, EADS. Le Harfang, issu de près de 7 ans de développement est un drone "totalement nouveau", comme l'assène régulièrement EADS, il n'est donc pas impossible que quelques bugs soient passés à travers des différents vols.
L'armée de l'Air ne découvre pas le sujet "drones", puisqu'elle a mené une longue expérimentation du Hunter, jusqu'en 2004. Mais cet engin était un tactique endurant (10 à 12 heures d'autonomie), avec une simple boule gyrostabilisée.
Sa gestion restait encore relativement simple, avec le Harfang, c'est une toute autre paire de manches. Une boule cinq voies, un radar à ouverture synthétique (SAR), une préparation de mission dense... EADS a conçu tous les systèmes en redondance, sauf le moteur, unique, lui.
L'armée de l'Air n'a pas caché qu'elle avait compressé tous les délais pour arriver au plus tôt, servir en imagerie, les fantassins français et de l'OTAN. Sans transiger sur l'expérimentation initiale, qui s'est réduite à la portion congrue.
De tous ces éléments sortira sans doute un fond de tableau expliquant l'incident. Le givre afghan aura fait le reste.

Nos photos : le Harfang de l'armée de l'Air(crédit JMT). La boule optronique à l'avant comporte cinq voies, dont une infrarouge, une optique (avec différents grossissements), et trois voies laser (télémétrie et désignation). Le nez bombé héberge l'hexapod, antenne satellite articulée révolutionnaire. Le SAR est logé sous le ventre, au niveau de l'emplanture des ailes.

Cocorico belge


Les militaires belges sont d'authentiques professionnels, que j'ai pu croiser à plusieurs reprises en Afghanistan et ailleurs. A l'échelle de leur armée et de la taille de leurs pays, comme les Néerlandais, ils déploient d'importants moyens. Mais leur communication s'est un peu emballée, avec l'annonce du renforcement de leur dispositif en Afghanistan.
C'est que le ministre effectue une visite surprise, et comme cela arrive aussi chez nous, la suite journalistique embraie sans retenue.
Avec deux F-16 supplémentaires promis pour le mois de juillet, soit un total de 6 chasseurs, la Belgique représentera un quart des moyens aériens de l'ISAF claironne-t-on chez nos cousins.
C'est faire une croix sur la quarantaine de chasseurs américains de Bagram (passe encore...), voire des aéronefs britanniques (au moins huit Harrier), français (six Mirage 2000D et F1CR), allemands (six Tornado) et italiens (quatre Tornado). J'ai beau essayer, je n'arrive pas à trouver 25% du total fourni par la composante aérienne de l'armée belge.
Mais par contre, en juillet, et nos amis ont oublié de le souligner, la Belgique déploiera autant de chasseurs que notre propre armée de l'Air. Six chasseurs, avec une nacelle de ciblage (Sniper) nettement plus performante, et un canon, deux atouts qui manquent bien à nos Mirage 2000D.

Notre photo : un F-16 de la composante aérienne. Ces chasseurs modernisés régulièrement n'ont rien à envier à nos propres avions. (crédit JM T)

Les vedettes de Gujan

Le chantier Couach, placé en redressement judiciaire devrait voir son sort éclairci dans quelques jours. La société, qui emploie 350 salariés à Gujan Mestras, sur le bassin d'Arcachon (Gironde) conçoit et développe des yachts de luxe pour l'export, mais aussi des vedettes rapides, qui intéressent les marines, pour des missions d'action de l'état en mer par exemple. Alors qu'on nage en pleine piraterie dans le golfe de Guinée et sur des centaines de milles marins au large de la Somalie, c'est troublant qu'une pareille société ne puisse trouver preneur.
Encore plus troublant, elle n'est pas apparue dans la liste des sociétés éligibles pour le plan de relance. Elle emploie pourtant dix fois plus de salariés que la société SAMP, qui elle, fabrique des bombes. Et qu'Hervé Morin estimait avoir sauvé de la faillite, en décembre dernier, grâce à un contrat de huit millions d'euros.

La chasse lybienne se forme en France


Pas rancunière la chasse lybienne. 22 ans après qu'un missile Hawk français lui ai descendu un Tupolev 22 -c'est la dernière victoire aérienne française, en quelque sorte...-, l'armée de l'Air du colonel Khadafi affûte ses crocs chez la nôtre. Des mécaniciens sont d'ores et déjà formés à Rochefort, et des pilotes vont prochainement venir compléter leur savoir faire, sur Mirage F1. Donc vraisemblablement à Reims où ils seront bientôt tous basés, avec la fermeture de la base de Colmar, voire à Mont-de-Marsan, où on a une certaine pratique de la formation de chasseurs étrangers. Saddam Hussein y avait notamment formé ses as.
Le protocole signé en 2008 comprendrait aussi des modules de formation d'unités terrestres, notamment de forces spéciales. A notre connaissance, ce volet n'a pas encore débouché.
Même si le calendrier initial semble avoir glissé, la Lybie serait plus que jamais intéressée par le Rafale. Mais elle lierait désormais son contrat à celui des EAU -une soixantaine d'avions- pour profiter de conditions plus avantageuses.

Notre photo : un Mirage F1CT de l'emblématique "Normandie-Niémen", qui sera mis en sommeil cet été. C'est sur ce type d'appareil que les pilotes lybiens pourraient compléter en France leur formation tactique. Ce serait d'autant plus facile que l'armée de l'Air va donc rendre la plupart de ses Mirage F1CT dans les semaines qui viennent. (crédit JMT)

jeudi 23 avril 2009

Dans le cambouis du PPP

Le secrétariat général pour l'administration (SGA) va bientôt voir émerger en son sein une "mission d'accompagnement des contrats en PPP (partenariat public-privé) et des contrats spéciaux". La petite équipe devrait compter une dizaine de personne et mettre les mains dans le cambouis alors que ces procédures s'avèrent de plus en plus complexes. Le risque couve également qu'elles soient, comme la plupart des dossiers menés par la DGA, soumis à contestation... en justice par les différents protagonistes, notamment les perdants.
Le ministère de la défense a déjà largement recouru à ces procédures innovantes, à Cognac (Epsilon/Grob), à Dax (EC120) et en externalisant la gestion de sa flotte auto de la gamme civile (soit quelques 25.000 pièces...). Plusieurs dossiers d'importance sont actuellement sur le feu : le RDIP (réseau de desserte IP) qui doit être notifié courant 2010, et le BSAH (bâtiment de soutien et d'assistance hauturier) qui concernerait sept à huit petites unités navales.

Ajout du 24 avril (pan ! sur les défenses...): un correspondant honoré, S., me fait remarquer que l'externalisation de la maintenance à Cognac n'était pas un PPP mais un dialogue compétitif. Autant pour moi.

L'EA-ALAT va disparaître


Avec un sourire en coin et sans larme, le général Yann Pertuisel a annoncé la disparition de l'école d'application de l'ALAT, qu'il commande. Au 1er août, cette dernière deviendra plus sobrement "école de l'ALAT". Même s'il est difficile de mesurer l'impact du changement, il faudra modifier quelques petites choses, à commencer par le papier à en tête, les pucelles, etc.
C'est aussi la traduction d'un virage pour l'école, qui forme déjà, à Dax, tous les pilotes d'hélicoptères étatiques français (douanes et gendarmerie compris), et accueille déjà neuf belges : trois officiers instructeurs, deux secrétaires, deux mécaniciens, un pompier et un prévisionniste météo. Avant d'accueillir ses élèves.
Depuis plusieurs années, les étrangers défilent à l'école, en observation. Le concept français, standardisé à la norme (civile) JAR-FCL pourrait séduire, d'autant plus que les forces recherchent de plus en plus des solutions en France. La France est ainsi, en Malaisie, en train d'aider l'armée locale à constituer une force d'aérocombat sur hélicoptères (italien) Agusta.
La France va aussi (re-)former des pilotes irakiens, dans le cadre de la vente, récente, d'hélicoptères EC635 (neufs) et de six Gazelle (d'occasion). Sans compter que les armées du Golfe persique utilisant les services de maintien en conditions opérationnelle (MCO) du français DCI pourraient aussi vouloir lui confier la formation de ses pilotes (lire plus bas).

Notre photo : la Gazelle et le Colibri, sur la base école de Dax, ce jeudi 23 avril. (crédit JMT)

Le Caracal relance


L’encre du contrat doit sécher encore un peu. Dans quelques jours, la Défense officialisera la commande, comme prévu, de cinq Caracal à Eurocopter, dans le cadre de sa contribution au plan de relance. Elle intervient après celle du 3e BPC, officialisé en grande pompe par Hervé Morin et Patrick Devedjian, la semaine dernière. Et d’un supplément de commande de PVP (petits véhicules protégé) à Panhard Défense, qu’Hervé Morin avait visitée en décembre dernier.
Les cinq appareils seraient tous destinés à l’armée de l’Air. En décembre, Hervé Morin avait évoqué une double destination : le GAM-56 « Vaucluse », qui remplacerait ainsi des trois AS532UL Cougar, reçus à la fin des années 80 –ce sont donc des appareils jeunes qui devraient avoir une deuxième vie dans les armées, qui manque cruellement d’hélicoptère de manœuvre- et à l’EH 1.67 « Pyrénées ». Cette unité opère déjà six Caracal, principalement dans le cadre de la mission Resco, avec un droit de tirage théorique du commandement des opérations spéciales, pour deux appareils. Le détachement ALAT des opérations spéciales (DAOS) emploie pour sa part huit exemplaires.
Le Caracal a déjà été déployé au Liban en 2006 (opération Baliste – évacuation de ressortissants européens), au Tchad, dans le cadre de l’Eufor et d’Epervier (évacuation de ressortissants) en 2007-2008. Pour la première fois, au Tchad, DAOS et Pyrénées avaient déployé ensemble le Caracal, dans un mandat au profit du COS (cf notre série dans RAIDS de juin à septembre 2008).
Le Caracal a aussi été déployé en Afghanistan, depuis décembre 2007. Trois Caracal du Pyrénées y sont actuellement déployés, dont deux opérés par le DAOS, et un troisième par le Pyrénées.
Cet engin a notamment contribué à localiser une otage allemande et récupérer sept blessés italiens, en août 2007. Un an plus tard, deux appareils du Pyrénées récupéraient, sous le feu, les blessés de l’embuscade d’Uzbeen, tout en infiltrant des renforts et 3,3 tonnes de munitions.
Cette dernière mission, peu médiatisée en France à l’époque, devrait valoir aux navigants de l’escadron des décorations jusqu’alors très rarement décernées à des hélicoptéristes.
Un Caracal est aussi déployé à Lanvéoc Poulmic depuis le début de l’année, pour tenir le contrat Secmar (sauvetage en haute mer). Les deux machines supplémentaires devraient permettre au Pyrénées de mieux tenir ses différents contrats opérationnels.

Notre photo (crédit JMT) : le Caracal ici dans sa configuration lourde, avec perche de ravitaillement. Le premier pilote du "Pyrénées" vient d'être qualifié à cette procédure, sur HH-60, aux Etats-Unis (voir notre post précédent).

Venez prendre un p'tit rouge au Bourget


La dernière Alouette III exploitée par la Sécurité civile rejoindra le musée de l'Air du Bourget, le samedi 16 mai à 10 heures. A bord, on trouvera une foule très composite, riche, même si le casting m'interroge un peu. Je vous laisse trouver tous seuls : Valérie André (pilote émérite d'hélicoptères dès l'Indochine), MAM (ministre de tutelle), le directeur de la sécurité civile et... Michel Drucker.
L'appareil décollera de l'héliport d'Issy-les-Moulineaux puis remontera la Seine, avant de rallier le Bourget. L'Alouette III était la seule à pouvoir, sans autorisation, survoler Paris pour des missions de secours -notamment lors des attentats de 1995, elle pose à Saint-Michel même- ou au profit de la police.
La F-ZBAN, qui vole encore à sa base d'attache, Chamonix, cumule 9.200 heures de vol sous ses couleurs rouges (et 13.600 au total) signale le musée de l'Air et de l'espace. Jusqu'à 38 Alouette III furent engagées sous les couleurs de la Sécurité civile, qui n'opère donc plus désormais que des EC145 sur ses bases de secours, et ponctuellement, des Ecureuil, pour la saison des feux.

Note photo : autre belle Alouette III, celle opérée pour le compte de la préfecture de police, ici pour un entraînement à l'aérocordage de la BRI. La base de Paris n'opère plus que deux EC145, après avoir rendu son Alouette III, il y a quelques jours. (crédit JMT).

Dax à l'heure de vol




Le premier NHE (nouvel hélicoptère école), un EC120 issu de la gamme Eurocopter, et customisé aux besoins de l’ALAT, a été présenté ce jeudi 23 août à l’école d’application de l’ALAT (EA-ALAT), à Dax (Landes). Le résultat d’un cheminement de près de 10 ans.
En 1998, le colonel Yann Pertuisel, commandant la base école de Dax avait envoyé un officier observer les méthodes que le MoD britannique mettait en œuvre pour former ses pilotes d’hélicoptères, au sein de la Defense Flying Helicopter School (DFHS). Les hélicoptères étaient fournis par le privé, ainsi qu’une partie des instructeurs.
Le commandant de l’ALAT avait observé et rapporté. Sans déclencher, à l’époque, d’électrochoc.
Dès 2004, la société DCI commençait à faire des offres mais la Défense restait assez frigide, bugs britanniques à l'appui. C’est un rapport du contrôle général des armées qui aura dégelé tout le monde… ainsi que l’impossibilité pratique de trouver les ressources budgétaires pour renouveler le parc landais , 57 Gazelle à l’époque.
Il a fallu aussi dégager la bonne formule de CPE : payer le renouvellement intégral et adopter une formule de location-achat, un achat d’heures de vol (formule finalement retenue) tout en conservant les instructeurs militaires, et une formule mixte.
Une fois les questions philosophiques tranchées, la DGA (1) a ouvert un appel d’offres, qui a rapidement fait émerger deux équipes concurrentes : DCI-Proteus, et HeliUnion-Eurocopter. Le modèle d’hélicoptère étant choisi dès le départ : l’ EC120… d’Eurocopter, qui se retrouvait ainsi présent comme fournisseur du vecteur et sur l’une des offres de service.
C’est finalement la première équipe qui a été déclarée vainqueur, à l’automne 2007. Comme c’est désormais la coutume, les perdants ont contesté la décision au tribunal administratif (de Versailles). La victoire a été confirmée et le contrat a été signé le 17 avril 2008.
L’achat des 36 EC120 nécessaires à l’opération a été financé par la trésorerie de DCI, et un prêt de Dexia et des Banques populaires. Après que la plupart des banques de la place de Paris aient toutes trouvées utiles de refuser. Mais c'était encore à l'époque de l'appel d'offres, et on sait que les banques ont horreur du risque.
Trois EC120 ont d’ores et déjà été livrés. A la fin de l’année, 20 hélicoptères seront basés à Dax, puis 36 courant 2010.
La maintenance sera effectuée à Dax par Helidax. En juin, la société sera agrée Part 145. Actuellement, les EC120 sont customisés à Dax sous le sceau Part 145 de Proteus, co-actionnaire d’Helidax. Dans ce même cadre, des travaux de maintenance sur A109 Power sont déjà effectués à Dax. Cette activité peut encore s’élargir à d’autres modèles.
La customisation des EC120 comprend l’installation de radios (tâche effectuée par Ixair), d’un pilote automatique, et l’intégration d’une planche de bord tout écrans, fournie par Sagem USA. Malgré les retards à l’allumage, dans ce dernier domaine, Helidax a pu conserver son avance sur son calendrier et qualifier le standard avec la très sourcilleuse Federal Aviation authority (FAA) américaine.
Cette dernière s’est déplacée à Dax pendant une semaine, en mars. Seulement quatre vols –dont un nocturne- ont été nécessaires pour qualifier l’EC120 ainsi modifié.
Le chantier de customisation représente 320 heures environ, dont 170 pour l’intégration de la planche de bord, et 150 pour le pilote automatique.
Hélidax emploie 23 salariés actuellement, dont quelques anciens militaires, qui ont, depuis leur départ de l’armée, engrangé d’autres expériences, dans le civil. A terme, mi-2010, les effectifs croîtront jusqu’à 49 salariés.

(1) C’était à l’époque le deuxième chantier de ce type, puisque l’armée de l’Air avait déjà, à Cognac, une formule mixte d’externalisation, mêlant l’entretien des Epsilon et l’achat d’un avion de nouvelle génération (le Grob 120), le tout étant assuré par EADS. L’armée de l’Air n’est pas totalement satisfaite de la formule, à l’origine, et évite de s’exprimer officiellement sur le sujet.

Nos photos : l'EC120 présenté hier, dans sa livrée rouge et blanche, couleur de la ville de Dax (crédits JMT), avec la Gazelle kakie qu'il remplace. En portrait, Yann Pertuisel, un général visionnaire, et en arrière plan, Jean-Louis Rotrubin, patron de DCI.

Des VP sur site pour gagner du temps


Le CSFA (commandement du soutien de la force aérienne) planche sur des visites périodiques (VP) réalisées sur site, sur les bases aériennes même, pour gagner du temps et de la disponibilité, sans forcément dépenser plus d'argent. Le système serait initié au profit des Caracal, grâce à des négociations en cours avec Eurocopter. Une VP de Caracal dure 8 à 11 semaines, et le nouveau système permettrait de gagner 2 à 4 semaines, au bas mot. Le surcoût, de plusieurs dizaines de milliers d'euros, serait pris en charge par l'industrie qui y trouve son intérêt, en montrant ce référentiel de disponibilité et d'adaptabilité à ses prospects export. Un win-win comme cherche à en développer le CSFA, pour gagner des points de disponibilité.
Le CSFA est commandé par le général Patrice Klein, ancien pilote de transport.

Notre photo: un Caracal de l'ESH largue un commando marine (crédit : JMT)

mercredi 22 avril 2009

Bricy : après les trains, les bombes

La commune de Boulay-les-Barres (Loiret) va devoir être totalement évacuée cet été à deux reprises, en juillet (25 et 26) et en août (8 et 9), du fait de travaux de dépollution pyrotechnique, sur la base d'Orléans-Bricy, m'apprend B.B, un correspondant honorable. La préfecture doit affranchir les habitants mercredi 29 avril, lors d'une réunion publique, sur les modalités de l'opération.
Cette dépollution est liée à l'agrandissement de la base aérienne, et à l'aménagement de nouvelles parcelles. Il y a d'abord le futur hangar qui servira à héberger les hélicoptères de la gendarmerie en chantier de maintenance. Cette installation doit être opérationnelle en septembre 2010 pour prendre le relais du centre technique du Blanc (Indre), et le premier coup de pioche doit être donné en septembre 2009.
Il faudra aussi commencer à construire dans quelques mois le centre de montrée en puissance de l'A400M si le quadrimoteur européen voit finalement le jour. Puis, en cadence, le centre de simulation, un deuxième hangar.
Or, Bricy a été copieusement bombardée par les Américains, pendant la seconde guerre et les fouilles préliminaires, débutées il y a plusieurs semaines, laissent apparaître une quantité de munitions éventuellement non négligeable. Ensuite, après la guerre, des munitions ont pu aussi y être tirées.
D'où le luxe de précautions dont entend s'entourer la base, et la préfecture.
La BA123 héberge actuellement trois escadrons de transport (Touraine, Franche Comté et Touraine), un escadron de soutien technique aéronautique (régénérant le potentiel des Transall), le CPA 10 (relevant, comme le Poitou, de l'autorité du COS), ainsi qu'un groupe de télécommunications et de guerre électronique.

Un chien qui a du nez

A la demande du ministère de la Santé, la Défense a entraîné deux chiens à détecter le cancer de la prostate. Celui de l’armée de l’Air, dressé à Orléans-Bricy, accumule les résultats positifs. L’animal repèrerait imparablement les cas de cancer, en humant l’urine… Il a même réussi à le faire, sur des échantillons que les chercheurs pensaient être non cancéreux... Reste à pouvoir établir, sur la durée, les capacités du chien, et les reproduire, chez d'autres bêtes.

mardi 21 avril 2009

Multinationale offre 3.000 postes


Par ces temps de déprime économique, les 3.000 postes proposés par l'armée de l'Air ne devraient pas avoir du mal à trouver preneur. D'autant plus que les aviateurs n'ont pas, comme les marins, perdu la moitié des vocations qui s'adressaient à eux il y a encore quelques années (cf cet éclairant post de Jean-Dominique Merchet, lien à droite). On va donc devoir refuser du monde.
Mais l'armée de l'air a quand même lancé sa campagne annuelle multisupports (cinéma, radio, internet, presse écrite), hier, jusqu'au 10 mai. Pas de télé, recours pris par la marine pour toucher plus de monde.
Pourquoi communiquer alors que les vocations n'ont pas singulièrement baissé? Parce que les annonces du livre Blanc et de la carte militaire, à l'été (-24% d'effectifs en cinq ans, et de nombreuses fermetures de bases) comportaient un risque de voir les vocations s'effacer, et les candidatures, aller voir ailleurs.
Or, on le sait, les jeunes comparent de plus en plus avant de s'engager, s'informent sur les soldes, les avantages, les possibilités de partir en missions à l'étranger. Et ne se contentent plus -seulement- des images d'Epinal que leur offre un spot télé.

Notre photo : le Mirage 2000D n°671, issu de l'emblématique escadron 3.3 "Ardennes" à Kandahar, à l'automne 2007 (crédit ISAF).

Flair de mamouth : Terrible !



A 16h20, la confirmation est tombée, par la voie d'un communiqué de la DICOD (pour les journalistes qui avaient raté, comme moi, le communiqué elliptique de la Prémar de Brest, hier). La maquette qui a coulé à 10 nautiques de Penmarc'h est bien sortie du SNLE-NG Terrible, qui achève la qualification du M-51, tout en achevant sa propre qualification. Le Terrible est rentré à l'Ile Longue faire démonter ses installations de tir avant d'aller se remettre de ses émotions à Cherbourg, pour une période d'entretien.
Ce que votre blog vous annonçait dès hier soir, comme une hypothèse probable est donc arrivé, malgré le scepticisme soupçonneux de rigueur.
Comme quoi, un plouf ne fait pas forcément pschitt !

Nos photos : un schéma de circonstance (crédit EADS Astrium) expliquant le lancement d'un MSBS et le Terrible (crédit JMT) avant sa mise à l'eau, à Cherbourg. Le président Nicolas Sarkozy était venu en personne visiter ce mastodonte, fondement de notre dissuasion.

Attention ! Un train peut en cacher un autre...


... Voire même un avion ! Grâce à la revue de presse de la DICOD (disponible sur www.defense.gouv.fr) j'apprends que du côté d'Orléans on s'émeut de la présence de la base aérienne 123 sur le tracé d'une ligne de chemin de fer. Après avoir tenté d'y comprendre quelque chose, j'ai compris que l'avis de la "grande muette" décrite par le confrère n'a pas été apparemment sollicité. Dommage, en composant seulement le numéro PTT de la base, on pouvait obtenir une réponse. J'ai ainsi appris que la piste de 2.400 mètres au standard OTAN pourrait éventuellement être requalifiée d'ILS1 à ILS 2.
Concrètement, si la décision était prise (ce qui n'est pas fait), des avions pourraient atterrir aux instruments avec une pente de 2,5° contre 3° actuellement. Le seuil de piste serait alors rallongé de 200 à 250 mètres.
L'objet de ce passage en ILS2, c'est la perspective de l'arrivée de l'A400M au 1.61 "Touraine" qui n'est pas dans l'immédiate actualité. Mais qui a un peu d'importance pour la BA123, donc, comme la ligne ferroviaire, pour l'économie locale.
Et l'impact sur la ligne ferroviaire, s'il n'est pas totalement à exclure, n'est pas non plus apparemment dramatique. Puisqu'on peut sûrement dévier de quelques dizaines de mètres une ligne, en France, pays des ingénieurs. Selon la république du Centre, un enterrement pourrait résoudre les problèmes. S'il y en a vraiment.

Notre photo : l'A400M vs le train. Curieuse équation, dont il faut intégrer tous les termes, sans anathème. Ici la maquette du 61-AA, premier A400M destiné au 1.61, présentée lors de la venue d'Hervé Morin sur la BA123 en juillet 2008. A l'époque on attendait l'A400M fin 2009 (crédit JMT).

Guerre des bilans au large de la Somalie


"C'est pas l'autre, c'est moi..." Ainsi pourrait s'appeler cette histoire, relatée par le site internet du MoD britannique (www.mod.uk), évoquant les interpellations de pirates des derniers jours. Selon cette source, c'est au navire ravitailleur de sa grâcieuse majesté, le Wave Knight, que revient le mérite de la capture (provisoire, puisqu'ils ont été relâchés ensuite) de sept pirates, après une filoche homérique, samedi matin. Et non de la frégate néerlandaise De Zeven Provincien, qui ne serait arrivée qu'après (ce qu'elle s'était bien gardée dire...).
Rebelote pour le Wave Knight quelques heures plus tard, dimanche et lundi. Pendant six heures, une mini-flottille de l'OTAN comprenant une frégate américaine, une canadienne et donc, le Wave Knight va filocher un skiff. La Royal Navy explique qu'elle va même ravitailler les hélicoptères de l'OTAN.
Au final, tout le monde, pirates compris, est retourné à ses pénates, une fois la filoche terminée.
Ah, les joies des opérations en coalition...

Notre photo : les pirates et leurs otages, sur le boutre capturé samedi. On distingue ce qui pourrait être un drapeau néerlandais, sur le rouf. (crédit : Royal Navy)

Des patrouilles en Champagne


Le ciel de Champagne va vibrer comme jamais les 28 et 29 juin pour le mondial des patrouilles organisé sur la base aérienne 112 de Reims. Outre la patrouille de France, ou trouvera aussi les Cartouche Doré (des instructeurs sur Epsilon qui évoluent à trois avions) et le Breitling Jet Team et ses sympathiques "moustachus" volant sur L-39. Le plateau sera aussi fourni côté étrangers avec les emblématiques Red Arrows de la Royal Air Force, les Royal Jordanian Falcons, le présenteur F-16 belge et la patrouille Aguila (Espagne).
Tout à découvrir, sur le site du meeting: http://www.meetingducentenaire.com/

Notre photo : la patrouille Breitling Jet Team regroupe, sous la direction de Jacques Bothelin, des anciens pilotes militaires français. (crédit JMT)

Kaboul-Paris, presque pareil


Voilà une info de Sud Ouest qui ne va pas faire rigoler Michel Gaudin, le préfet de police (pourtant, il a beaucoup d'humour) : "on se rend compte que Kaboul n'est pas beaucoup plus agitée que Paris" estime le lieutenant-colonel Chapeau, de retour de Kaboul. Pour le chef de corps du 515e RT, qui avait 55 de ses soldats sur place dans le cadre du bataillon de commandement et de soutien (BCS) de l'opération Pamir, c'est la faute à "la médiatisation" qui est faite des actions des insurgés : une éruption de violence, comme en février, et voilà nos fragiles cerveaux français, conditionnés par la propagande des... talibans, qui croient que c'est la guerre là-bas.
Les 55 tringlots sont revenus sans blessure, rappelle Sud Ouest. Et une vingtaine demeure là-bas comme OMLT.

Notre photo : un convoi en route vers les FOB, façon "salaire de la peur". Chaque semaine, les "tringlots" refont la route, dans le silence médiatique le plus complet, risquant leur vie à chaque mètre (crédit : JMT).

A la source, l'article de mon confrère de Sud Ouest :
http://www.sudouest.com/charente/actualite/article/567067/mil/4430838.html

Nos cousins à l'assaut des pirates


La marine canadienne, qui est engagée au large de la Somalie sous les couleurs de l'OTAN a elle aussi mis en déroute des pirates, ce weekend. La frégate Winnipeg a traqué plusieurs heures l'embarcation, qui s'était attaquée à un pétrolier novégien de 80.000 tonnes, le "Front Ardennes". Après les tirs de sommation effectués depuis son hélicoptère, l'équipe embarquée de la frégate a finalement, apparemment de nuit, réussi à mettre la main sur les pirates, dimanche. Et, comme sa confrère néerlandaise, a dû elle aussi les... relâcher, n'ayant pas le bon outil juridique sous la main.
C'est cette traque que vous conte la "vidéo du jour", sur le site de Ouest France, ici : http://www.ouest-france.fr/actu/actuLst.php?idCla=12592.

Notre photo : des pirates capturés par l'US Navy, il y a quelques semaines. (crédit : US Navy)

Un gros poisson coule au large de Penmarc'h


C'est la scoumoune en ce moment dans la sous-marinade française. Après la collision avec le confrère britannique, parce que nos submersibles sont trop discrets, voilà que l'on perd une "maquette", samedi, au large de Penmarc'h, comme l'indique un communiqué de la préfecture maritime, diffusé ce lundi. Pas de chance, il passe plein de monde dans ce coin et la rue de Siam ne doit déjà parler que de ça.
Une maquette dotée d'un système de flottabilité (donc déficient) jaillissant d'un sous-marin, mais de quoi peut-il donc s'agir, d'autant plus que les SNLE disponibles à la mer se font de plus en plus rares...
Et quand ils font des essais de torpilles, ils le font dans les eaux bleues au large du levant, à côté du banc Tremail. Mais comme le rappelle le confrère d'AP, la "confidentialité" empêche d'en dire plus.
Bigre, voyons voyons, au choix une nouvelle torpille lourde (la Black Shark francisée) ou un missile lourd, genre M-51, rien de moins que la relève de la force de dissuasion ? Qui justement, n'avait plus qu'à faire des essais d'éjection depuis un sous-marin avant d'obtenir sa qualification pour 2010 ? Le procédé d'éjection du tube de lancement aurait été changé, par rapport à la génération précédente, nécessitant des essais sur le sous-marin même (lui-même une évolution du SNLE-NG), après les essais effectués sur caisson immergé. La description, même laconique, semble concorder...
Même s'il ne s'agit que d'une "maquette" -donc inerte et à la rigueur, peut-être instrumentée-, l'endroit doit donc grouiller de curieux... et de traqueurs de curieux.

Notre photo : hypothèse entre les hypothèses, la maquette perdue pourrait être celle d'un M-51, dont on voit ici un des tirs d'essais (crédit EADS Astrium)

lundi 20 avril 2009

La flotte gouvernementale fascine toujours


Faisant écho à un article d'Air & Cosmos sorti il y a quelques semaines sur le renouvellement de la flotte gouvernementale, Les Echos remettent le couvert. De neuf, on apprend surtout que la commande de quatre Falcon 2000 va intervenir entre... maintenant et 2012, et que les Super Puma, eux, ne seront pas renouvelés avant 2018, ce que j'ai peine à croire (je prends déjà les paris...) puisque déjà, très régulièrement, ils reçoivent l'appoint de Cougar de l'ALAT et Caracal de l'armée de l'Air (déjà trois fois depuis le début de l'année...).
Le quotidien économique évoque également le coût de l'heure de vol de l'A330 (20.000 euros). Un avion qui interroge toujours les spécialistes. Ses réacteurs sont parmi les moins poussants. Et plusieurs autre chefs d'état ou de gouvernement, comme tout dernièrement Angela Merkel (nous révélait samedi Le Figaro, évoquant la commande de deux exemplaires), lui préfèrent l'A340.

Notre photo : Serge Dassault monte à bord d'une des créations de son groupe, le Falcon 7X, lors du salon du Bourget 2007. (crédit JMT)

Le fauconnier de Bagram


Même en zone de guerre, le péril aviaire est une réalité... A Bagram, base américaine en Afghanistan où cohabitent chasseurs (A-10, F-15E), avions spécialisés et hélicoptères de tous types, les mesures de protection sont de mise, du basique effaroucheur sonique, aux faucons bien connus. Dès la première semaine de travail, au printemps, ces derniers avaient "descendu" 250 volatiles.
Le péril aviaire est une des priorités des aviateurs, où qu'ils soient. Deux bases ont été pionnières en la matière, en France, à Villacoublay et Istres.

Notre photo : un des trois fauconniers locaux employés à Bagram (crédit : USAF)

Afghanistan : tout le monde à 6 mois ?


Depuis que l'armée de Terre est passée à des séjours à six mois en Afghanistan, les autres intervenants du théâtre, comme l'armée de l'Air, s'interrogeaient sur l'opportunité de passer ou pas, à six mois. Selon nos sources, la décision a été prise, ou ne va pas tarder à l'être, pour des raisons d'homégénéisation, et en fait, de coûts. Actuellement, le spectre est large, dans l'armée de l'Air : les PN (personnels navigants) effectuent des séjours de deux mois, comme les commandos chargés de la personnal recovery (avec les Caracal). Les non navigants oscillent entre deux et quatre mois selon les spécialités. Et certains, comme les commandos parachutistes insérés dans les OMLT comme TACP sont déjà passés à six mois.
De leur propre aveu, les PN ne recherchent pas à allonger leur séjour sur place, préférant par contre plusieurs séjours dans l'année. Les missions des chasseurs semblent suffisamment éprouvantes (si si, je le réécris, quitte à me faire chambrer...) et les transporteurs, quant à eux évoquent la difficulté à tenir toutes leurs qualifications dans l'état actuel des choses (deux à trois opex par an au 1.61 "Touraine" par exemple). Les hélicoptéristes, s'ils ont un avis sur le sujet, n'en font pas état. Ils ont trouvé en Afghanistan un terrain très tactique, adapté à leurs qualifications, ce qui n'était pas forcément toujours le cas auparavant. Ceci expliquant sans doute le cela. Dans les faits, un pilote du "Pyrénées" qualifié effectue au moins un séjour par an en Afghanistan, sinon deux et la plupart des équipages disposent aujourd'hui d'une solide expérience de l'Afghanistan que bien des pilotes de l'ALAT pourraient leur envier.

Notre photo : deux Caracal du "Pyrénées" en Afghanistan (crédit : Sirpa Air)

Qui ose gagne sur les Champs


Le 1er RPIMa de Bayonne défilera en VPS (véhicule Patsas) sur les Champs Elysées, le 14 juillet. Le régiment emblématique des forces spéciales françaises, descendant des SAS de la seconde guerre mondiale ouvrirait, selon nos sources, le défilé motorisé. Le CPA10 avait déjà, l'an dernier, défilé avec ces mêmes véhicules au même endroit.
Le 1er RPIMa détiendrait plus de la moitié (au moins) des 51 VPS livrés par Panhard Défense aux unités COS, le CPA10 et le 13e RDP se partageant les autres.
Les commandos marine n'ont pas retenu ce véhicule, qu'ils estimaient ne pas répondre à leurs besoins, et ils ont opté sur un Rover profondément customisé.

Notre photo : un VPS du 1er RPIMa (crédit JMT)

dimanche 19 avril 2009

Lorient-Ouistreham en zodiac de 40 cv !


80 fusiliers marins en formation à Lorient vont rejoindre Ouistreham, le 6 juin, à bord de 10 zodiac de 40 cv. Un raid nautique de 452 NM (837 km) en sept étapes et autant de jours. C'est la livraison lorientaise de Ouest-France -le premier quotidien français- qui nous l'apprend, ce samedi matin.
La date du 6 juin est évidemment symbolique pour les fusiliers et commandos de notre marine nationale : arrivés le 4 à Ouistreham, les marins referont le lendemain le même chemin que leurs aînés, qui débarquèrent 177, 65 ans plus tôt. Ils seront accompagnés de collégiens de la région. Le parcours des commandos de 1944 est parsemé de bornes et plaques commémoratives, jusqu'aux hauteurs d'Amfréville. (J'ai eu l'opportunité de le faire en 2005 avec les commandos et plusieurs vétérans, dont Léon Gautier, dans un pélerinage initiatique qui ne laisse pas indifférent). Autant de bornes, souvent, que de morts. Renault, Hubert, Lamoigne, Dumanoir, Rollin, eux, sont restés presque sur la plage, à côté de l'ancienne casemate de Ouistreham. Devant eux, la flamme des commandos porte le nom des 177.
Le lendemain, ils feront partie des militaires alliés qui commémoreront les 65 ans du D-DAY, en présence d'au moins Nicolas Sarkozy et Barack Obama.

Notre photo : des fusiliers marins défilent sur la plage de Ouistreham, en 2005. crédit JM T)

Bonus
Le post consacré aux derniers 17 des 177 se trouve ici :
http://lemamouth.blogspot.com/2009/04/commandos-marine-de-1944-ils-ne-sont.html

Piraterie : les atouts et les besoins de la France


Avec d'évidents résultats depuis près de deux ans (si l'on intégre l'accompagnement des navires alimentaires du PAM), la France n'a pas ménagé ses efforts pour lutter contre la piraterie au large de la Somalie. Cela a évidemment un coût, instantané, et à moyen terme. On le voit sur les trois opérations de libération d'otages (Ponant, Caré d'As, Tanit), il faut à chaque fois des bateaux, de tailles diverses -de l'aviso au porte-hélicoptères...- mais aussi de la batellerie pour monter à l'assaut. Dans ce dernier domaine, le renouvellement (des Etraco) reste à faire, après l'échec du programme Ecume (cf Raids n°275), et le retard enregistré. Une compétition va être relancée.
Pour les navires eux-mêmes, la Marine planche sur la reconversion des frégates de surveillance vers des missions de sécurité maritime, donc en partie dépouillées de leur armement, comme l'avait révélé en son temps "Secret-Défense". Cela suffira-t-il, pas sûr. A plusieurs reprises, nous avons évoqué le problème constitué par la réduction de la flotte : le ministre et son CEMM n'ont pas de craintes, tous leurs subordonnés ne sont pas forcément du même avis, après la réduction du programme FREMM (frégates multi-missions).
D'où, peut-être, l'offensive de DCNS pour mettre en avant des corvettes -plus compactes- avec hangar pour le drone qui traque le pirate, et radier, pour l'Etraco qui monte à l'assaut du pirate. D'autres industriels français ont des cartes à jouer, comme le Cherbourgeois CMN (corvettes, déjà vendues aux EAU et au Brésil) et le Lorientais Raidco (patrouilleurs rapides).

Notre photo : le Mach II de Hurricane (Zodiac Marine), ici en version hors-bord, est un des problables candidats à la succession de l'Etraco (crédit Zodiac).

PLM, et la suite ?


"Bombay, on a l'impression que c'est arrivé il y a 40 ans..." Ce soupir d'un acteur de l'antiterrorisme français est loin d'être un cas isolé. Après les effets d'annonce, l'exercice antiterroriste Paris-Lyon-Marseille (PLM) initié par MAM, en décembre dernier n'a pas eu la suite promise. Un confrère, reprenant une confidence de la ministre, avait même évoqué une suite, sur le terrain, dès les premiers jours de janvier... Rien n'a suivi. Il est aussi impossible d'avoir la moindre précision -délai, coûts- sur la salle de crise du ministère qui devait pousser sous Beauvau et être opérationnelle à la fin de l'été 2009, sans doute, en fait, beaucoup plus tard.
Faut-il y voir des problèmes d'agenda -ce qui avait causé le report, trois fois de suite, du premier exercice commun RAID-GIGN- ou un changement d'agenda, à l'approche d'un remaniement et d'élections, périodes qui ne sont pas toujours propices à labourer les sujets de fond ?
En tout cas, les quelques retours d'expériences générés par PLM, en matière de coordination des moyens d'intervention ou de communications Paris-Province ne semble pas avoir vraiment progressé. Seul secteur, à avoir maturé, Paris, où la préfecture de police a choisi, avant même PLM, de fédérer ses forces, autour de son noyau historique, la Brigade anti-commandos (BAC, créée en 1972, voir notre dossier dans le dernier Police Pro).

Notre photo : Amaury de Hauteclocque (RAID) et Denis Favier (GIGN), réunis devant le même ordinateur lors de PLM (crédit JMT).

samedi 18 avril 2009

Des privés et une geisha pour accéder à la base du futur Balardgone

Pour entrer sur la base aérienne 117 de Paris-Balard, il faut déjà composer avec la célèbre Geisha (gestion informatisée des suivis des horaires d'accès), un produit Cegelec customisé par la gendarmerie de l'Air. A partir de septembre prochain, il faudra aussi composer avec... des vigiles privés, qui remplaceront, au filtrage, les actuels gendarmes de l'Air. Ceux-ci demeureront, à des postes de supervision et d'enquêtes, donc dans leur nouveau coeur de métier.
Dans la foulée, les bases de Dijon, Rochefort, Salon-de-Provence et Ambérieu adopteront également ce système que l'on trouve déjà dans les bases de la marine, à l'école militaire (Paris) et au ministère de la Défense, depuis l'hiver (c'est Onet qui a remporté l'appel d'offres).
Seules les bases stratégiques (comprendre "nucléaires", ou hébergeant des vecteurs à haute valeur ajoutée, comme les Awacs) garderont des gendarmes en première ligne et en grand nombre, notamment : Saint-Dizier, Mont-de-Marsan, Istres, Avord, Luxueil (toutes bases nucs), Villacoublay (ETEC), Taverny jusqu'à sa prochaine fermeture (PC des forces aériennes stratégiques) et Lyon Mont Verdun (PC du centre national des opérations aériennes).
Les gendarmes de l'Air étaient 954 en 2007, 845 actuellement, et 700 à terme.

Les popotes vont fermer



C'est une réalité à laquelle il faut se préparer : les popotes tenues par des militaires appartiendront bientôt au passé. Le ministère consulte pour externaliser, sans doute par lots, tout ce qui ressort de la restauration-hôtellerie (SRH) soit plusieurs milliers de personnes, militaires et civils de la Défense. Sur la base aérienne de Saintes, par exemple, cela concerne 80 personnes, dont 10 civils. En mars 2010, le nouveau prestataire (privé) prendra les commandes... Au ministère de la Défense, où je posais la question il y a quelques jeudis, on n'avait pas de précision à m'offrir dans l'instant. Heureusement qu'il restait un rapport parlementaire, au moins, pour évoquer des décisions dans l'année, et des appels d'offres au printemps. 2009, cela va de soi.


A la source
Le papier du confrère de Sud-Ouest qui évoque la popote de Saintes (ainsi que les très intéressants aspects logistiques de l'armée française au Tchad) se trouve ici :
http://www.sudouest.com/charente-maritime/actualite/saintonge/article/563477/mil/4418936.html

Notre photo : en forme de clin d'oeil, la solution de repli, la célèbre "razquette" ou ration de combat individuelle réchauffable (RCIR) que le monde entier nous envie. J'ai personnellement vu, un jour, un soldat américain en glisser une sous sa tenue, après l'avoir "subtilisée" (crédit : DCCAT). Moralité, on devrait toujours avoir un appareil photo sur soi...

Ajout du 19/04 : la qualité des rations françaises m'est rappelée en une unique anecdote par une très fidèle lectrice. Elle avait mangé un veau marengo froid en razquette et triomphalement, avoué "trouver cela très bon". Rappelons seulement que l'usage de la chaufferette, sauf situation tactique très dégradée, est recommandé.

Ajout du 20/04 : même si je m'attends à des remarques évoquant un hors sujet, je ne résiste pas à livrer cette photo de Rangers casse-croutant à Fort Benning pendant un exercice (crédit : DoD).

A l'est d'Aden, les libérations et les attaques se succèdent


Ce samedi, le Pompei, navire belge avec un équipage de 10 marins, a été capturé par les pirates à 600 km au large de la Somalie. Pour sa part, la marine hollandaise a libéré 20 pêcheurs yéménites retenus en otage sur un boutre, qui hébergeait également sept pirates armés.
Le boutre était suspecté d'avoir mené, plus tôt, une attaque contre un pétrolier grec. Après avoir été pris aux pêcheurs, ce jeudi. Contrairement à la plupart des navires militaires, la frégate néerlandaise opère sous couleurs de l'OTAN, et non d'Atalante, opération menée sous l'égide de l'UE.
Deux corvettes suédoises et un navire de soutien doivent "très prochainement" rejoindre Atalante, nous a confié Sten Tolgfors, le ministre suédois de la défense, lors d'un bref séjour à Paris, le 2 avril dernier.

Notre photo : l'équipe de visite du "De Zeven Provincen", répartie sur trois zodiacs n'a laissé aucune chance aux pirates. En fond, la frégate, superbe.(crédit : ministère de la défense néerlandais).

Sherpa : 30 jours pour convaincre



Comme annoncé avant-hier, les CPA 10 et 20 vont évaluer le Sherpa de Renault Trucks Défense (RTD). Le créneau est étroit puisque l'évaluation ne devrait pas durer plus de 30 jours, et porterait sur deux véhicules, prêtés par RTD.
La flotte opérée actuellement par ces deux CPA est pour le moins composite. Le 10, pôle d'excellence d'opérations spéciales utilise une dizaine de VPS produits par Panhard Défense, ainsi que des P4, optimisés, comme les précédents, pour la Patsas. La P4 a toutefois des limitations importantes en endurance et en emport, c'est d'ailleurs ce qui avait amené à développer le VPS (à l'origine, pour le 1er RPIMa).
Initialement, le CPA20 devait obtenir, comme le CPA30, une partie de la dotation "Air" de VPS, avant que ce ne soit, finalement et assez logiquement, le 10 qui ne récupère la totalité de la flotte.
Mais en quelques années, les CPA ont opéré une mue très profonde. Le CPA20, qui détient essentiellement des Range Rover a un besoin de véhicules tactiques pour transporter ses TACP (6 opérateurs par équipe, et bientôt 15 équipes qualifiées) et ses équipes de force protection (de taille variable). Plusieurs solutions palliatives ont déjà été adoptées, ou étudiées. En Afghanistan, le CPA20 avait adopté l'incontournable Toyota, avant de glisser sous blindage. Ses TACP, actuellement, opèrent sur VAB prêtés par l'armée de Terre. L'idée de développer rapidement des VIB -armés de canon de 20 mm- a fait son chemin, mais il est actuellement difficile de mesurer la maturité de ce projet.

Nos photos : Le Sherpa de RTD (crédit : RTD) et le VPS de Panhard, opéré par le CPA10 (crédit JMT)

Bienvenue à Emeutes-ville


C'est le Figaro -le quotidien cette fois- qui déflore l'info : d'ici à 2011 un pôle de formation continue à la sécurité intérieure ouvrira ses portes sur l'ancien site du CEA, à Limeil Brévannes (94). Laissé à l'abandon, il était épisodiquement utilisé par les unités spécialisées dans la libération d'otages. Demain, raconte le Figaro, on y trouvera un bâtiment de 5.800 M2 reconstituant une série de commerces et d'appartements, où les forces de l'ordre, chargés notamment de son maintien, peuvent avoir à intervenir.
La préfecture de police a largement anticipé cela, comme le raconte la livraison de mai-juin de Police Pro, en réfléchissant à des unités de circonstances chargées de gérer des situations de crise : prise d'otages de masse, violences urbaines, etc.
Un centre unifié, plus près de Paris facilitera la tâche des unités spécialisées, qui souvent doivent aller à Monlignon (95) pour tirer, un peu partout pour driller..., comme à la redoute de Gravelle (94).
Le RAID dispose pour sa part d'un stand de tir ultramoderne, qu'il a d'ailleurs ouvert à certains services relevant de la DGPN. Le GIGN, quant à lui, s'entraîne sur deux sites franciliens, à Beynes (Yvelines) et dans le sud de l'Essonne.

Notre photo : une équipe de stagiaires du RAID et des GIPN s'entraîne à la libération d'otages, en 2008 (crédit : JMT).

A la source
Le lien vers l'article de Christophe Cornevin :
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/04/16/01016-20090416ARTFIG00665-veillee-d-armes-pour-la-police-du-grand-paris-.php

La Compagnie Anderson, par Jean-Louis Tremblais



Il faisait bon d'avoir 4,50 euros dans sa poche ce samedi, cela permettait notamment -et sans exclusive- de les investir dans un Figaro Magazine. En page 46 débute un attrayant reportage, richement illustré, sur l'engagement aéromobile des Américains, à Bagram. Les photos sont créditées de Georges Mérillon et de Grégory C. (qui lui appartient au 27e BCA).
Le journaliste du Figmag a pu, outre un peu de pays, voir les principaux protagonistes du sujet, dont le major Anderson. Sa "Dustoff Company" ("Dust off" est le callsign des medevac, depuis le Vietnam) est en charge de tenir la "Golden Hour", qui prévoit que le soldat américain doit être à l'hôpital au plus tard une heure après avoir été blessé.
Jean-Louis Tremblais était déjà l'auteur d'un reportage très dense sur l'engagement français en Kapisa, que je crois avoir lu dans le Figmag à l'été 2008, et très régulièrement, balaie la thématique pour l'hebdomadaire.
C'est aussi le co-auteur émérite de "Opérations spéciales, 20 ans de guerre secrète" avec le Colonel Jean Sassi, qui sort très prochainement aux Editions Nimrod. Et que je conseille très vivement. Pour la qualité des auteurs, mais aussi de l'éditeur, qui a réussi, dans la discrétion, à faire vivre une telle épopée, comme, en traduction, celle de Marcus Littrel, de Duncan Falconer et de Chris Ryan.

Notre photo : un OH-58D Kiowa Warrior croisé en Kapisa, en novembre dernier (crédit JMT) et la jaquette du livre de Jean-Louis Tremblais et de Jean Sassi (crédit : Editions Nimrod, www.nimrod.fr).

A la source
:
Même si vous auriez mieux fait d'investir 4,50 euros, vous pouvez quand même (vu l'heure) tenter le repêchage ici
http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2009/04/17/01006-20090417DIMWWW00409-afghanistan-la-guerre-vue-du-ciel.php

vendredi 17 avril 2009

On parle de la TF Tigre au Pentagone...


C'est évidemment un pur hasard, mais quelques heures après mon post sur l'absence de représentativité de la communication française au sein de l'ISAF, je lis sur le site du Pentagone une brève narrant une opération civilo-militaire (CIMIC) franco-américaine en vallée d'Alassay, les 5 et 6 avril derniers, rédigée par un PIO français. Un sous-off de l'US Air Force dit du bien de nos chasseurs Alpins. Le Lcl Le Nen, patron de la TF Tigre conclut : "dans ce genre de guerre contre-insurectionnelle, la population est vraiment le centre de gravité de nos opérations (...) Nous sommes capables de mener simultanément des actions de feu, et des opérations de soutien aux habitants des vallées. Gagner les coeurs et les esprits est crucial si nous voulons améliorer la sécurité, la gouvernance et le développement de la province".
Reste donc à conquérir les esprits des communiquants de l'ISAF.

Notre photo : Français et Américains côte à cote pendant la CIMIC. (crédit : P.S via DoD)

Marine Baron, un ovni, et désormais, un livre


Marine Baron a sorti un livre chez Denoel, "Lieutenante, être une femme dans l'armée française" (depuis le 15 janvier 2009). C'est Le Monde du jour qui me fait découvrir le livre, pas le bout de femme. Je l'avais croisée à Ouistreham, un 6 juin. Elle était officier de presse, poste souvent tenu par des femmes. J'avais trouvé un militaire efficace, qui maîtrisait son sujet, et ne cherchait pas à me mettre des bâtons dans les roues. J'avais observé un officier prévenant avec les vétérans qui étaient là.
La suite s'est avérée plus difficile. Ce n'est pas la première à passer par là. La jeune femme qui l'avait précédée, dans le même poste à Lorient, n'avait pas vu son contrat renouvelé. Elle était pourtant, elle aussi, très efficace. Hasard ou pas, c'est un homme qui tient le poste depuis. Les fusiliers marins sont pourtant ouverts aux femmes : une d'elle a même opéré au sein d'une équipe de protection embarquée (EPE), dans le Golfe d'Aden. Sa chevelure blonde adroitement dissimulée sous un casque tactique.
Les femmes ont la vie dure dans l'armée, où la vie est dure. Y a-t-il malédiction, derrière les clichés -positifs ou négatifs- que les armées véhiculent ? Pas sûr. De nombreuses femmes ont réussi, mais pas partout, et pas de la même façon selon les armées. En fait, même, il n'y a pas de règle ; attention aux anathèmes qui pourraient faire passer les uns pour de fervents féministes, et les autres pour d'affreux machos. On a parfois des surprises.
En fait, comme dans le monde civil, où la femme détient peu de postes de responsabilité... Seule différence, dans l'armée, elle obtient la même solde et même, glorieuse victoire, dans l'armée de Terre, une prime de... culotte (quelques euros l'an).
Une femme commande la base qui hébergera le futur Balardgone. Une femme, Virginie Guyot, va commander la patrouille de France, dans quelques mois. Mais la féminisation de la chasse embarquée s'est avérée plus difficile que prévu. Elles sont archi-minoritaires en opérations extérieures, comme en Afghanistan, même si on en trouve en première ligne, comme en Kapisa (un servant de mortier, une infirmière...).
Dans les missions de combat direct, on en trouve aussi. Une femme a opéré pendant quatre mois en Afghanistan comme FAC (forward air controller), au sein d'un TACP exclusivement masculin du CPA20. Une grande première, qui démontre que c'est donc possible, pour ceux qui en doutaient encore.
Mais dans l'armée de l'Air, qui affiche un taux de féminisation (record) de 20%, on n'en n'est pas encore à faire comme dans Top Gun, où c'est "Charlie" (une civile) qui fait la leçon aux pilotes. Question de temps ?

Pitot givré, Harfang retourné


Un des trois drones Harfang (ex-SIDM) dont ce blog vous parle régulièrement a connu un tracas lors d'un vol en Afghanistan, début avril. Le pitot s'est couvert de givre, ce qui a dégradé l'acquisition de paramètres. Bon élève, le drone a tenté de reprendre la main, et après un fort piqué, nettement au-dessus de 100 noeuds (185 km/h), plus que sa VNE (vitesse à ne pas dépasser), il s'est stabilisé. Avant, pitot dégivré, de reprendre de l'altitude de plus belle.
Le Harfang s'est finalement posé sans heurt, en automatique, comme il sait le faire. Par précaution, l'armée de l'Air l'a rapatrié par un Il-76 affrêté dans le cadre du contrat "bout en bout", spécifique au théâtre afghan.
Reste à évaluer précisément les dégâts en France. EADS devrait se charger des réparations, mais l'AIA de Cuers, dont nous avions évoqué les compétences il y a peu en la matière pourrait aussi être mobilisé pour la cause.
Les Harfang, désormais réduits à deux, connaissent une forte activité opérationnelle, avec 4 missions de 10 à 12 heures par semaine.
Ils doivent très prochainement être "roverisés" permettant à des éléments isolés, au sol, ou à un aéronef, de bénéficier de leur imagerie.
Ce problème, qui fait partie de la vie d'un aéronef, repose par contre le renforcement rapide de la flotte de SIDM. Comme nous le disions il y a peu, l'achat d'un quatrième drone pour renforcer le premier système était prévu, et l'achat de deux vecteurs supplémentaires s'avère de plus en plus indispensables. A la fois pour couvrir un deuxième théâtre, et poursuivre la formation des opérateurs.
C'est officiellement le premier dommage subi par un aéronef français en Afghanistan, même s'il n'est "pas imputable à un tir adverse".

Notre photo : le Harfang montre ici la finesse de ses ailes, et on comprend que les montagnes russes que lui ont fait subir le givrage du pitot ont pu créer quelques dégâts. (crédit : EADS)

Tanit : sans doute pas de résultats immédiats


L'autopsie de Florent Lemaçon, 28 ans, ne débouchera peut-être pas sur des explications immédiates : c'est aujourd'hui que les résultats doivent être communiqués. Le skipper du Tanit a été tragiquement tué par balle(s) le weekend dernier, lors de l'opération de libération menée par les commandos marine. Hervé Morin n'avait pas exclu, à l'époque, qu'il ait succombé à une balle française, alors que l'on ne sait toujours pas, précisément, à quel moment il a été touché, et par combien de balles. Les témoignages publics font état d'au moins un impact à la tête, et les capacités présentes sur place, notamment l'infirmier des commandos marine, et l'équipe médicale de la marine, n'y ont rien pu.
Comme c'est souvent le cas avec une fusillade nourrie, ce qui semble avoir été le cas sur le Tanit, c'est un patient travail de police judiciaire qui permettra de déterminer l'écheveau des tirs, et donc, des responsabilités. Il faudra pour cela que les enquêteurs commis puissent se déplacer sur le Tanit -a priori ancré à Djibouti-, vérifier les armes des pirates -chacun des cinq avaient apparemment un Kalachnikov-, retrouver les impacts dans la coque, et pouvoir retracer les trajectoires. Des auditions des témoins de la scène -commandos, otages, pirates, retenus, eux, à Rennes- peuvent aussi contribuer à la compréhension des évènements. Bref, un travail de police judiciaire qui pourrait bien prendre des semaines, voire des mois.

Notre photo : Les commandos libèrent les otages, vendredi. En un an et trois opérations, les commandos marine ont libéré 36 otages, un bilan qu'aucune autre nation n'a obtenu dans cette zone dans ce délai. (crédit : Marine nationale)

Ain curieux protocole


Michel Voisin, qui n'est rien de moins que le vice-président de la commission de Défense à l'Assemblée nationale, et auteur de nombreux rapports parlementaires (c'est donc un député qui travaille, et cela se respecte), a eu droit à un accueil pour le moins mitigé sur le détachement Air d'Ambérieu (Ain) mardi dernier. Le titulaire du siège n°28 n'est pas resté à l'entrée de la base, comme cela arrive parfois aux visiteurs enlistés, par contre le protocole local l'a refoulé, alors que Hervé Morin arrivait. Le sous-préfet voulait apparemment être le seul et le premier, à serrer la main du ministre.
Selon mon confrère du Progrès, qui relate l'altercation, c'est le Ministre lui-même qui avec humour a rabiboché tout le monde. Le député, pas rancunier, est finalement resté sur place, après avoir, logiquement, voulu prendre l'air ailleurs.

Notre photo : Michel Voisin (crédit : Assemblée nationale).

Les hélicoptères, une grosse épine dans le pied


"Les hélicoptères ? Attendez le Livre Blanc, la carte militaire, et vous verrez, on va régler tout ça...". La charité chrétienne m'interdit de nommer le général qui me fit cette déclaration quand je le croisai le 21 mars 2008, à Cherbourg. A l'époque, le commandement interarmées des hélicoptères ou CIH avait déjà pris un peu de retard, et pas mal de chevrotines dans les pales(1) et voilà la réponse rassurante qu'obtint mon scepticisme.
Aujourd'hui, le CIH devrait être installé, et fonctionner au jour le jour, comme le fait son homologue britannique. C'est cette rationalisation qui permet à nos alliés britanniques d'aligner bien plus d'hélicoptères que nous en opex. Notamment en Afghanistan.
Je l'écris souvent, quand les premiers boys ont été tués par les IED, la presse britannique s'est immédiatement faite le relais du comptoir du café -du pub en l'occurrence- pour s'étonner de l'absence d'hélicoptères en Afghanistan. Le pauvre Tony Blair a dû dans l'urgence justifier ses carences, et racheter 6 EH101 à l'armée danoise, et lancer le rétrofit de 8 Chinook HC3 stockés. Depuis, on a même ponctionnés les stations SAR de toute la Grande-Bretagne, pour récupérer des Sea King.
En France, pas de bronca, donc... pas de renforcement capacitaire (2). Les rapports parlementaires, les uns après les autres s'étonnent, sans véritable traduction. La réponse, c'est toujours la même, le NH90 arrive, tenez bon... Mais il n'arrivera qu'au compte-gouttes, s'il arrive à l'heure, alors que le Puma, lui, accumule les rustines, comme tout engin conçu au milieu des années 60.
Quant au dernier-né de nos hélicoptères, le Caracal, il est requis pour assurer la SECMAR, parce que personne n'a vraiment voulu régler la douloureuse question du Super Frelon. L'an dernier, le service avait pourtant été interrompu plusieurs semaines, mais personne n'a voulu voir. Ni entendre les questions posées à l'époque, notamment par l'auteur de ces lignes.
Le seul hélicoptère français capable d'opérer en Afghanistan -avec le Cougar de l'ALAT-, déjà en nombre insuffisant est même réquisitionné pour des missions en région parisienne. On a donc fait le total inverse de la Grande-Bretagne : on récupère un hélicoptère de mission pour faire de la SAR (mission qui par ailleurs vaut son pesant de talents mais ce n'est pas le sujet).
En Afghanistan, sans hélicoptère, la surprise tactique n'est pas possible. Quand les Américains nous transportent, c'est possible, sinon, il faut faire sans. Traduction, les Français ont pu ainsi remporter des succès en vallée d'Alassay, grâce au Chinook US, il y a quelques jours. Avec quels hélicoptères la France procèdera-t-elle, quand elle aura son propre regional command ?

(1) un autre dossier, directement dans la main du CEMA n'a toujours pas été réglé, c'est celui de la colocalisation de la flotte de Caracal, qui oblige aujourd'hui, en France, a dupliquer les outillages sur deux sites (Cazaux, Pau) pour une flotte de... 14 appareils. Le dossier devait être réglé début 2008, puis après une période de flottement, un groupe de travail a été missionné. Les conclusions, retardées à la demande de l'armée de Terre, ont finalement été rendues en décembre 2008. Nous sommes en avril 2009 : toujours rien.
(2) le ministre de la Défense a seulement annoncé, fin 2008, commander 5 Caracal, dans la contribution Défense au plan de relance. Aujourd'hui, cette annonce ne serait toujours pas traduite par un bon de commande. Les cinq appareils profiteraient à l'armée de l'Air, dont trois au GAM-56 Vaucluse.

Notre photo : un Caracal de l'armée de l'Air en Afghanistan. Trois appareils de ce type sont actuellement déployés (dont deux opérés par le DAOS), avec trois Gazelle. (crédit : DoD)

jeudi 16 avril 2009

Un secrétaire d'Etat pour soutenir le Rafale...


Jean-Marie Bockel, secrétaire d'Etat à la Défense, était mardi au salon brésilien LAAD pour soutenir le Rafale : le pays figure parmi les prospects les plus favorables, avec les EAU. C'est déjà Jean-Marie Bockel, infatigable, qui représentait la France au dernier salon indien de Bengalore, déjà pour... soutenir le Rafale. Télescopage de l'actualité, on a appris aujourd'hui que le chasseur français ne faisait plus partie des candidats potentiels à un marché (9 milliards de dollars) de renouvellement pour 126 avions, l'essentiel étant assemblés localement. Bluff, gaffe ou vérité avant l'heure -l'Inde va entrer dans une période électorale-, aucune raison précise ne semble avoir été évoquée en tout cas. L'avionneur n'a d'ailleurs même pas été notifié de cette décision.
D'autant plus surprenante car les affaires vont rarement vite en Inde. Sauf pour annuler : un marché (600 millions de dollars) d'hélicoptères gagné par Eurocopter avait déjà été trappé en fin d'année dernière, la presse locale évoquant de vilains gros mots ("corruption" notamment, mais la presse indien s'enflamme vite...).
Et on n'a plus guère de nouvelle d'un important marché de rétrofit qui semblait promis à Thales, pour rénover la cinquantaine de Mirage 2000 indiens. Une bagatelle, il est vrai (1,5 MdEUR), comparé aux perspectives du marché que visait le Rafale.

Notre photo : un Rafale B du CEAM, spécialement apprêté pour le Nato Tiger Meet, en juin dernier. (crédit JMT)

La com' française marginalisée par l'ISAF


Je reçois la production, réellement dityrambique, de la cellule presse de l'ISAF, à Kaboul, mais je n'y vois jamais la moindre allusion à ce que font les 2.800 militaires français présents en Afghanistan. Par contre, j'y lis la glorieuse action des Américains, Néerlandais, Britanniques, Polonais, Danois, Suédois, Espagnols, Bulgares, qui tous n'ont pas forcément autant de troupes sur place, et ne déploient pas tous autant d'efforts que les nôtres.
Perfidie (?), le dernier "gros" sujet consacré par la com de l'ISAF aux Français concernait des... dons du sang. Et malheureusement, la perte d'un chasseur alpin, annoncée comme tous les morts en opération, sans mention de son nom, de son grade, et du contexte.
Quatre officiers de presse français sont pourtant insérés au Batfra, à Kaboul, et leur production, comme celle des équipes de l'ECPAD et du CNPI (Sirpa Terre) alimente d'ailleurs régulièrement le site internet de l'EMA (www.defense.gouv.fr/ema) mais donc pas les canaux, blogs et autres sites internets de l'ISAF.
Comment comprendre cette absence française, des antennes otaniennes à Kaboul, alors, et ce, d'autant que la France aurait donc pleinement rejoint, au début du mois, l'Alliance? C'est d'autant plus et encore paradoxal que l'ancien patron de la DICOD, Jean-François Bureau, détient un poste à responsabilité à... l'OTAN, à Bruxelles, précisément dans le domaine de la communication.

Notre photo : un VAB français appartenant au 3e RPIMa, lors d'une opération en vallée de Jagdaley, en novembre dernier. (crédit JMT)

Quelques perles à Satory



Le 11e forum Entreprises-Défense attend plus d'une centaine d'exposants, les 13 et 14 mai, sur la base de Versailles Satory. Quelques PME discrètes mais reconnues, comme EDST (www.esdt.com) ou Deschamps y montreront leurs dernières productions grand public, qui intéressent souvent aussi les forces spéciales. Deschamps vient de gagner un appel d'offres de la DGA pour mettre en oeuvre des hélisurfaces en milieu sablonneux, mais avait, avant, plus discrètement, fourni le 3.61 Poitou, escadron du COS, en tapis de désembourbement. ESDT, comme sa filiale EFS, est quant à lui un fournisseur attitré des commandos marine. La société a développé, entre autres, un nouvelle perche-grappin tactique pour le contre-terorisme maritime (CTM). Elle a également gagné plusieurs marchés destinés aux troupes françaises en Afghanistan, notamment des brouilleurs et du matériel médical.
Par delà l'exposition, le forum verra aussi l'intervention de spécialistes de la NAMSA, agence de procurement de l'OTAN, et de la DCMAT.
Renseignements : www.versailles-cci.fr

Nos photos : la nouvelle perche-grappin conçue par les spécialistes d'ESDT, en lien étroit avec les commandos marine, et un fibroscope, commercialisé par la firme de Lorient pour un large spectre d'applications, notamment la fouille opérationnelle (crédits : JMT)

"La guerre technologique en débat"


C'est l'ambitieux programme du colloque organisé par Pierre Pascallon (club participation & progrès), les 4 et 5 mai prochains, à l'école militaire (Paris), sous la présidence de Xavier de Villepin. Comme d'habitude, ou trouve parmi les orateurs des chercheurs, des industriels, et des opérationnels. On causera, entre autres, Irak et Afghanistan.
A ne pas rater donc, autant pour ce qui se dit à la tribune que pour ce qui se dit dans les couloirs.
Renseignements et inscription : pierre.pascallon@orange.fr.

Notre photo : un bombardier B-1B au-dessus de l'Afghanistan, en 2008. (crédit : US Air Force)

Le Sherpa qui intéresse les aviateurs


Deux commandos parachutistes de l'Air (CPA) expérimentent à Metz plusieurs Sherpa de Renault Trucks Défense (RTD). Ce véhicule blindé léger intéresse particulièrement le CPA 10 d'Orléans, pour une utilisation "Patsas", mission pour laquelle ce commando bénéficie déjà d'une petite dizaine de VPS (véhicule Patsas) de Panhard Défense.
Le véhicule de RTD intéresse également les TACP (tactical party, chargés de guider les appuis aéroterrestres), compétence partagée entre le CPA 10 et le CPA 20. Le 10 est le leader historique, à travers la mission ODESAA (opération de destruction par l'arme aérienne).
Enfin, le Sherpa pourrait être utilisé pour la "force protection", mission que le CPA20 va valoriser en effectuant des patrouilles "hors clotures", à Kandahar (Afghanistan) comme sur d'autres théâtres. Ces patrouilles sont d'ores et déjà assurées dans un périmètre de 10 miles (16,5 km) par le RAF Regiment, à Kandahar.
Quoique la nouvelle n'ait pas encore non plus été officialisée, le Sherpa pourrait également intéresser la brigade des forces spéciales Terre (BFST), particulièrement son 1er RPIMa, où est né le concept "Patsas".
Le Sherpa vient de faire l'objet d'une commande de la NAMSA, agence de procurement de l'OTAN. Les utilisateurs ultimes n'ont pas été nommés, à l'époque.

Notre photo : une des versions du Sherpa, lors de l'expérimentation Phoenix 2008. (crédit : RTD)

mercredi 15 avril 2009

Un Falcon 50M au large de la Somalie


La flottille 24F a déployé depuis peu un de ses quatre triréacteurs Falcon 50M à Djibouti, pour enrichir encore la connaissance du trafic maritime au large de la Somalie. C'est ce qu'on apprend sans plus de détails au coin d'un communiqué qui vient d'être diffusé, annonçant l'arraisonnement, ce matin, d'un mother ship à 500 NM au large de Mombasa (Kenya)avec 11 pirates à bord.
Le Falcon 50M s'ajoute à l'Atlantique déployé en temps normal à Djibouti. Malgré une endurance moindre -l'ATL-2 vole allègrement 10 à 12 heures soit trois fois plus que le Falcon- le triréacteur couvre plus rapidement plus de surface ce qui est donc particulièrement utile.

Notre photo : le Falcon 50M est en service depuis 1999 dans l'Aéronavale. Dassault Aviation va vraisemblablement modifier quelques uns des quatre Falcon 50 issus de l'ETEC (flotte gouvernementale) pour les amener à ce standard. Le 50M est régulièrement utilisé pour les opérations antidrogue menées avec frégates et déjà, les commandos marine. (crédit JMT)

Sicral 1B sur le pas de tir

Le deuxième satellite de télécommunications italien, Sicral 1B, devrait être lancé ce vendredi par une fusée russe Zénith. Cette plateforme développée par Thales Alenia Space profitera principalement à l'armée italienne, mais aussi à la France, du fait d'un protocole d'accord signé en 2004. Une partie des communications nécessaires au dernier exercice Serpentex, en Corse, transitait ainsi par Sicral 1A.
On ignore précisément le devenir de cet accord, alors qu'en France, on s'achemine vers une externalisation des télécommunications satellitaires, actuellement assurées par les satellites Syracuse.
Ceci, alors qu'il avait déjà fallu acheter des créneaux de satcom à Astrium Services, pour pouvoir déployer le drone Harfang en Afghanistan.

Faire des psyops avec des baguettes


Le site internet du MoD britannique, un modèle du genre en matière de communication opérationnelle n'en finit pas de surprendre. Ce jour, il nous livre la photo de ce spécialiste un peu déjanté de la Royal Air Force, le sergent Kev Miles, qui entre deux psyops, joue de la batterie.
Les spotters auront remarqué un bien curieux C-130K, qu'affectionnent les opérations spéciales de la RAF. Un appareil plutôt rare dans la littérature, que le simple fait de photographier, à Kandahar par exemple, vous vaut de sérieux ennuis.

(Crédit Dylan Browne, RAF)

Les retex des drones

Je sais, on va me dire c'est loin, mais ces évènements étant assez courus, on ne réserve jamais trop tôt. Du 9 au 12 juin, l'association UVS International effectuera son point annuel à Paris, en prélude au salon du Bourget. Dans le programme, toujours éovlutif, j'ai d'ores et déjà relevé des exposés d'opérationnels français, britannique et canadien, qui viendront communiquer leurs retex afghans. Plus d'info sur www.UAS2009.org.

Des "experts" pré-positionnés

L'Etat-major des armées (EMA) réfléchit à pré-positionner des gendarmes de l'Air sur les théâtres d'opérations français. C'est le retex direct du crash d'un Cougar de l'ALAT, en début d'année : un gendarme de la section judiciaire (SJ), déployé dans le cadre de l'Eufor, avait pu rapidement rejoindre le Gabon, plus rapidement en tout cas que deux de ses collègues arrivant, eux, de métropole par voie aérienne civile. Ce concours de circonstances a permis de faciliter l'enquête.
Ces gendarmes, dont certains ont été formés comme techniciens d'identification criminelle (TIC) par l'IRCGN, sont chargés d'enquêter sur les crashs aériens en exploitant les témoignages, et les échantillons recueillis. Malgré les rappels à l'ordre, récurrents, la plupart des aéronefs militaires n'ont pas de boîtes noires, ce qui complique les enquêtes, techniques et judiciaires.
La section judiciaire de la gendarmerie de l'Air a vu ses effectifs doubler à 18 personnels en autant de mois. C'est lié notamment à la hausse du nombre de saisines de la SJ par les procureurs chargés d'investiguer les accidents aériens. La SJ suit ainsi actuellement un dossier Alpha Jet (Patrouille de France), de trois SEM de l'aéronavale, de trois Gazelle, d'un Puma Alat, du Twin Otter de 2007, et évidemment, de deux dossiers Rafale (le crash de Neuvic et l'éjection de Lann Bihoué)et une rencontre chasseur/ULM (2008).
Elle a également opéré sur le crash d'un HH-3F italien à Bar le Duc, en fin d'année, avant de transmettre le dossier à des enquêteurs italiens.

Europe 1 et les pirates

Mon estimée collègue Aude Leroy (Europe 1) raconte la mission de la frégate Jean de Vienne au large des côtes somaliennes, ici :
http://www.europe1.fr/Info/Actualite-Internationale/Afrique/A-la-poursuite-des-pirates-avec-l-armee-francaise/

La BRI dans Police Pro


La brigade mythique du 36, quai des Orfèvres est en couverture du n°15 de Police Pro (voir lien internet à droite), en kiosque. Popularisée par Robert Broussard, "l'antigang" est la mère de toutes les unités d'intervention françaises, puisque sa brigade anti-commandos (BAC) fut créée au lendemain de la tuerie des JO de Munich (1972), avant les GIPN et le GIGN (qui ne fut créé qu'en 1974). Tous ceux qui sont passés par la BRI auront connu un destin fulgurant, comme Frédéric Péchenard (actuel DGPN), Christian Lambert (n°2 de la préfecture de police) ou Jean-Louis Fiamenghi (patron du SPHP).

Daher héberge l'OTAN



Le groupe français Daher a remporté un contrat (au montant non spécifié) de 184 shelters auprès de la NAMSA, agence de procurement de l’OTAN, au terme de deux ans de compétition (juin 2007). La décision lui avait été notifié le 26 février dernier, mais elle n’a été révélée qu’hier, lors d’une présentation des activités du groupe.
L’ensemble des shelters doit avoir été livré, fin mars 2010, sur la base OTAN de Taranto (Italie du Sud) par Daher Karbox, filiale tchèque du Français.
Les shelters doivent notamment permettre d’armer quatre camps de 500 personnes avec les services associés (y compris accès par biométrie, cuisine, sanitaires, etc)
Daher est un groupe diversifié qui a triplé son CA en six ans (609 MEUR en 2008), notamment à la faveur du rachat de Socata, filiale avions légers d’EADS. Le groupe ambitionne de passer le cap du milliard d’euros de CA.
En matière de défense, son portefeuille couvre une kyrielle d’activités, de la logistique des composants du missile nucléaire M-51, entre les sites des différents industriels impliqués, que la projection, puis le soutien des armées française à l’étranger, par l’apport des moyens idoines. Et évidemment, le soutien de la flotte étatique de TBM700 (ALAT et armée de l’Air), et le rétrofit, en cours, des Xingu de l’armée de l’Air.
Ce modèle mixte industrie/services est peu développé en France, mais il s’est développé outre-Manche, avec l’explosion de l’externalisation. Ce qui arrivera inévitablement en France, avec la réduction du format des armées.
Créée en 1863, Daher est à l’origine une société de transports maritimes.
Les industriels français ont remporté plusieurs contrats ces dernières semaines : Renault Trucks Défense a vendu à la NAMSA des véhicules Kerax et Sherpa, tandis que Cilas (EADS) écoulait des désignateurs laser DHY307.

Nos photos : Quelques shelters déjà livrés par Daher pour d'autres clients (crédit : Daher).

mardi 14 avril 2009

Le Harfang au nid à l'automne


Les trois drones Harfang actuellement déployés à Bagram ne vont pas s'éterniser en Afghanistan. C'est le propre patron de la base de Cognac, le colonel Patry, qui l'expliquait au journal Sud Ouest, samedi. En parlant seulement de "SIDM", L'officier évoque une arrivée à Cognac, la base d'attache du système, "au plus tard au troisième trimestre". Au passage il rassure aussi tout le monde en expliquant que ce drone fait moins de bruit que les Epsilon, ce qui ravira sans doute les riverains les moins séduits par la troisième dimension.
L'escadron comprendra 56 personnes, ce qui portera les effectifs de la base à 1.000 personnes ; une des plus petites de France, donc.
Selon nos sources, l'armée de l'Air souhaite pouvoir assez rapidement renforcer sa flotte de drones MALE. L'une des solutions consisterait à investir dans deux systèmes supplémentaires à très court terme. L'achat d'un quatrième véhicule, pour renforcer le premier système, actuellement déployé en Afghanistan, est déjà acquis.
Ce qui l'est moins, c'est le nouveau nom de baptême du SIDM, qui a donc, à Cognac, du mal à faire son trou.


Notre photo : le Harfang, alors en essais dans les mains de la DGA (crédit : DGA)

lundi 13 avril 2009

Les commandos en liv(r)e

Avec les opérations du weekend, on me demande quelques titres de bons livres pour éviter les écueils et les poncifes, sur les commandos marine et le GIGN. En voici quelques uns qu'il est bon d'avoir lu, tout en sachant que cette liste n'est pas exhaustive.
D'abord, pour les commandos marine, je recommande vivement la lecture de "Commando n°4" par Eric le Penven et Stéphane Simmonnet, paru aux Editions Heimdal en 2004. L'ouvrage, le plus riche que j'ai trouvé sur les commandos marine, est préfacé par Dominique Kieffer, la propre fille du fondateur des commandos français, Philippe Kieffer. Cet ouvrage permet de découvrir leurs missions pendant la seconde guerre mondiale, et notamment, les nombreux raids et missions de reconnaissance qui ont précédé le D-DAY. C'est aussi l'occasion de bien comprendre la culture commando marine qui se transmet de génération en génération par la remise de béret vert.
On relira aussi "It's a long way to Normandy" par Maurice Chauvet, un des 177 commandos du 6 juin, tout comme "J'ai débarqué le 6 juin" de Gwen-Ael Bolloré (de la famille bien connue). Il faut rappeler que ces commandos ont été totalement occultés pendant des années, et qu'il aura fallu une série d'articles de presse, en mars 2004, pour que leur aventure revienne dans les mémoires (un comble...)
"Le GIGN aujourd'hui" reste l'ouvrage de référence sur le Groupe. Son auteur, Eric Michelletti, rédacteur en chef de RAIDS, publiera prochainement la suite, édité par Histoire & Collections.
Et évidemment, "l'assaut" de Roland Môntins, ancien chef de groupe du GIGN, sur l'opération de libération de l'Airbus de Marignane.
Bonnes lectures !

EADS et Thales se parlent

Les laboratoires technico-opérationnels (LTO) de Thales, à Pessac (spécialisé notamment dans les systèmes de drones) et d'EADS, à Elancourt peuvent désormais être interconnectés, afin de travailler ensemble sur l'étude de scénarios opérationnels, au bénéfice de la délégation générale pour l'armement (DGA). Cette initiative pour le moins inattendue, les deux groupes étant concurrents pour la succession de l'advanced UAV, est une conséquence de la montée en puissance du LANADE (laboratoire national de Défense), organisé autour du LTO de la DGA à Arcueil. Cette interconnection sera effectuée par... internet, avec un cryptage à chaque bout du "tube".

Le GIPN de Lille interpelle un forcené

L'homme, âgé de 65 ans, aurait tué deux personnes avec une arme à feu de type encore indéfini, à Douchy-les-Mines (Nord, près de Valenciennes). Le groupe d'intervention de la police nationale (GIPN) de Lille a pu l'interpeller, apparemment sans heurts, vers 19h10. Le forcené avait commencé ses tirs vers 17h15, et le GIPN, alerté, avait commencé à prendre position 90 minutes plus tard.

Le Groenland de long en large

Deux fonctionnaires de police hors normes, Fabien et Tof vont entamer une traversée du Groenland d'ici la fin du mois. En parcourant leur blog (http://www.raidgroenland09.canalblog.com/) vous comprendrez mieux leur projet humain et humanitaire, qui associera, pêle-mêle, des scolaires et une collecte de carottes de glace pour une chercheuse du CEA. Apparemment, ils ont aussi besoin d'assistance technique pour le fonctionnement de leur Irridium, donc si vous savez...

Tanit : gare aux polémiques faciles


Avec plus ou moins d'arguments, on entend depuis ce matin déplorer ou justifier ce que nous remarquions dès vendredi soir au micro de France Info : pour la deuxième prise d'otages consécutive, le GIGN a été débarqué d'une opération de libération. Encore plus exactement, il n'a pas pu embarquer (1) pour des raisons que le ministère de la Défense n'évoque pas pour l'instant. L'Etat-major des armées (EMA) a seulement tenté, ce midi sur France 3, de déminer au plus tôt la polémique (2) naissante en livrant des arguments connus : les commandos marine sont légitimes, puisqu'ils sont spécialisés dans le contre-terrorisme maritime (CTM), interviennent régulièrement contre des narco-trafiquants, etc. Personne ne conteste ce point : les commandos marine le font d'ailleurs avec des résultats que bien des unités, y compris américaines, leur envient. Avec le Tanit, c'est la troisième opération de contre-piraterie que les hommes de Marin Gillier -personnellement remercié par le père de Florent Lemaçon, hier- mènent à terme en un an.
Mais la volonté de ne pas multiplier les chaînes de commandement et les familles d'intervenants -argument qui sous-tend, entre autres, l'exclusion de facto du GIGN- ne doit pas limiter le spectre des options tactiques possibles, et la façon de les mener.
Or, exclure le GIGN c'est exlure tout bonnement l'unité française qui a libéré le plus d'otages ces trente dernières années, qui effectue régulièrement des opérations de réduction de forcenés, et opère des remises de rançons. C'est aussi une unité qui excelle dans le tir de précision (comme les commandos marine). La libération d'otages, c'est donc le coeur de son domaine d'excellence.
Il arrive même qu'un négociateur du GIGN soit aussi un fin tireur. Le gendarme du GIGN est donc particulièrement "rentable" s'il faut évoquer ainsi le prix du siège d'Hercules...
Une opération comme celle du Tanit est aussi interarmées par essence. Il ne viendrait à personne de faire former, dans la marine, des pilotes de Hercules pour le Tarpon : on fait appel à une unité expérimentée de l'armée de l'Air, le 3.61 "Poitou" (devise : "à l'aise partout...").
Parmi les arguments qu'on entend ce matin, un partage de territoire qui n'a pas de sens : la mer aux commandos marine, la terre au GIGN. C'est faire facilement fi du fait que les commandos marine se déploient sur terre, au Tchad, en ouverture de porte pour l'Eufor, en Afghanistan, où opérait le commando Hubert, à l'été 2008. Aucun de leurs camarades du COS n'est venu les juger illégitimes au motif qu'ils étaient avant tout marins... Les commandos du 1er RPIMa et du CPA10, d'autres unités de forces spéciales, ont d'ailleurs, eux aussi dans leur mandat la libération d'otages à l'étranger.
Ségreger cette communauté, redoutablement efficace, n'a pas de sens. Tous, au niveau individuel, se connaissent d'ailleurs assez bien, et pour la plupart, s'estiment. Tous étaient représentés à Ouvéa, lors d'heures difficiles. Tous étaient également dans le même bateau -un TCD en l'occurrence- lors de l'opération Balbuzard Noir, fin mai 1995, pour aller libérer des militaires français pris en otages.
Cette polémique, comme le dogmatisme qui l'a précédé, n'a pas de sens. Pas à l'ère des prises d'otages massives, ou de la piraterie en pleine expansion, en Somalie, mais ne l'oublions pas non plus, dans le golfe de Guinée.
Un dernier rappel, historique celui-là : les commandos marine, notamment ceux d'Hubert -dont est issu l'amiral Marin Gillier-, sont ceux qui ont mis sur pied les modes opératoires du CTM, dès les années 80. C'est un certain Denis Favier, l'actuel patron du GIGN, qui avait professionnalisé cette compétence au sein du Groupe, au début des années 90.


(1) Pour être totalement exact et circonstancié, ce genre de péripétie arrive souvent : le RAID avait été éconduit sans ménagements, alors qu'il proposait ses services de négociation, lors de l'affaire du Ponant.
(2) une polémique à peu près similaire avait surgi après l'arraisonnement du cargo Winner, et la mort d'un marin du bord, en juin 2002. L'absence de bilan, puisque les stupéfiants avaient été jeté à la mer, avait d'autant plus alimenté la polémique.

Notre photo : les commandos marine extraient le jeune Colin, trois ans, de la cabine du Tanit (crédit : Marine nationale).

dimanche 12 avril 2009

Des grillages déclassés

On ne pourra plus dire que les forces de l’ordre pratiquent la batonnite. Il y avait pourtant de quoi financer quelques voitures neuves pour l'administration, cet après-midi, avec la somme des délits constatables sur une départementale des Yvelines. Car filmer et photographier, derrière les grillages de la base aérienne de Villacoublay, c’est théoriquement… interdit, comme le proclament les pancartes accrochées tous les cinquante mètres. Il est par ailleurs « interdit » de filmer ou photographier le Falcon qui s’est posé sur le tarmac comme le serine très régulièrement le poste local de sécurité (ce qui pour le coup n’est pas du tout établi… mais on m’a déjà fait le coup).
Pourtant, hier, pas d’interpellation, pas de confiscation de cassette, pas d’interdiction de base.
A rien n’y comprendre.

Photo : au cas où cet épisode serait une ruse, je ne me hasarderai pas à diffuser une photo de ces grillages. Regardez plutôt la télé...

Plus de Tucano en juillet.


L’armée de l’Air ne devrait plus opérer de Tucano en juillet prochain. L’hebdomadaire Air & Cosmos évoque cette semaine un départ vers la Mauritanie. Selon nos sources, une partie de la flotte a en fait déjà été proposée, sinon même écoulée, vers d’autres pays du Maghreb et d’Afrique noire. Jugé d’entretien trop coûteux, le Tucano rendait pourtant de précieux services pour l’interception d’aéronefs, lors de dispositifs particuliers de sûreté aérienne (DPSA). Certains voyaient même en lui un aéronef très adapté au close air support (CAS) popularisé en Afghanistan. Problème, les ailes de nos Tucano ne supportent pas d’armement…

Le Tucano est fabriqué par le Brésilien Embraer. Tous les appareils étaient opérés à Salon-de-Provence.

Notre photo : un des derniers Tucano de l’armée de l’air, croisé à Salon-de-Provence en mars dernier. (crédit JMT)

Le CEV retrouve son U2


C’était un éléphant blanc, et comme il sied, cet AS350U2 était peint de la même couleur. L’Ecureuil naviguait entre les sections aériennes de gendarmerie (SAG), au gré des mouvements d’appareils et de visites techniques. Il était apprécié comparé aux AS350Ba, plus chargés et moins puissants.
Racheté par la gendarmerie pour le franc symbolique au centre d’essais en vol (CEV) de la délégation générale pour l‘armement(DGA), il va revenir à Istres cette semaine. La configuration particulière de cet appareil rendait son entretien trop coûteux.
Parallèlement, la SAG de Colmar va recevoir un AS350Ba (à capacité optronique) issu de la SAG de Villacoublay.

Notre photo : le U2 de la gendarmerie, quelques jours avant son départ (crédit : JMT).

le GPD Cherbourg a 50 ans




Le groupe de plongeurs démineurs (GPD) de la Manche, basé à Cherbourg, fêtera ses cinquante ans jeudi prochain m'a appris (ce samedi) une chronique d'une confrère de France-Info (www.france-info.com). Ces spécialistes méconnus abattent un travail de déminage sans fin, du fait des explosifs laissés dans leur zone par la seconde guerre mondiale. On les trouve aussi sur les théâtres extérieurs, notamment en Afghanistan, comme l'illustre un article du magazine RAIDS (voir le lien à droite de cet article) du mois d'avril. Ils sont aussi en première ligne dans les plans de contre-terrorisme maritime(CTM), un thème très actuel, et fournissent deux éléments à la première équipe de fouille opérationnelle (EFO) déployée en Afghanistan.

Notre photo : ces plongeurs émérites s'étaient aussi mobilisés, en 2004, pour aller contribuer à réparer les dégâts causés par l'ouragan Katrina. (crédit : Alfan)

samedi 11 avril 2009

70 commandos, 50 tarponnés

L'opération de libération du Tanit a engagé 70 intervenants, dont un état-major tactique (EMT) armé par les commandos marine, des membres du commando Hubert, ainsi que des agents de la DGSE, chargés notamment de la phase de négociation. Ces derniers sont notamment formés par la cellule négociation du RAID.
Comme nous le révélions dès hier, le GIGN n'a pas été engagé dans l'opération. En fait, c'est un portage à peu près identique à ce qui avait été mobilisé dans le cadre de l'opération Remora, en septembre dernier.
Sur ces 70 intervenants, une "cinquantaine" ont été tarponnés à bord des navires de la Royale. Ce qui laisse entendre qu'une vingtaine seraient restés à Djibouti, ou étaient déjà déployés à bord d'un ou plusieurs de ces bâtiments avant le déclenchement de l'opération.
Un tarpon est un largage de commandos en haute mer, avec ou sans recueil à la mer.
Les commandos marine sont répartis en six unités, dont cinq basées à Lorient, où un ancien navire de la marine a été reconfiguré pour servir à l'entraînement au contre-terrorisme maritime.

vendredi 10 avril 2009

Tanit : quatre otages saufs, le skipper tué




Les commandos marine français -notamment des membres du commando Hubert- ont pris d'assaut en fin d'après-midi le voilier breton Tanit, au large de la Somalie. Cette reprise de vive force a permis de libérer quatre otages, dont l'enfant de trois ans, retenus depuis le 4 avril par des pirates somaliens. Par contre, le skipper du voilier, Florent Lemaçon est mort des suites de la fusillade.
Deux pirates ont par ailleurs été tués, trois autres ont été capturés. Tous ont été rapatriés à bord d'une frégate française qui "filochait" le voilier depuis des dizaines d'heures, avant de lui "barrer le T". Le président Nicolas Sarkozy a annoncé ce soir qu'il accueillerait lui-même ces quatre Français à leur retour en métropole.
Hervé Morin invoquait ce soir l'urgence de la situation, dans des termes plutôt troublants : "les écoutes montraient un durcissement de la position des pirates, qui évoquaient de manière plus insistante l'exécution des otages et la destruction par explosifs du bateau et leur volonté inflexible de se rapprocher de la côte".
Par principe, les commandos marine, comme toutes les forces spéciales, ne détaillent jamais leurs protocoles, et n'hésitent pas à jeter un habile écran de fumée sur ces derniers. La vidéo livrée de l'intervention du Ponant était par exemple un très subtil montage, sensé accréditer une version, et bien camoufler ces mêmes modes opératoires.
On ignore donc encore les détails de la séquence finale,et de la mort du skipper : Hervé Morin a promis une enquête, dont les résultats seront rendus publics, pour exclure totalement l'hypothèse d'un tir fratricide.
On ignore également si, comme pour le Ponant, Marin Gillier a piloté lui-même l'opération. Encore début avril, il se remettait d'un vilain rhume.
Le GIGN exclu pour la deuxième fois
C'est la troisième opération de ce type, en un an, au large des côtes somaliennes. Commandos marine, agents de la DGSE et GIGN avaient récupéré les otages du Pontant sans heurt, en avril 2008, tandis que les hommes de Marin Gillier se chargeaient, de surcroît, de mettre la main sur la rançon et une partie des pirates, en territoire somalien.
En septembre, l'opération Remora avait permis de libérer un couple de Français à bord du Carré d'As. Une fois encore, commandos marine et agents de la DGSE étaient de la partie, mais déjà, le GIGN avait été sorti de l'équation tactique. C'est encore une fois le cas, avec le Tanit. Le plan Piratmer n'ayant pas été déclenché, aucun protocole n'oligeait à embarquer les gendarmes dans l'opération. Personne n'a donc jugé bon de faire appel à leur capacités en matière d'intervention, de négociation, ou de remise de rançon. Pour autant, évidemment, que la France ait souhaité négocier.

Nos photos : trois clichés pris par la Marine ces dernières heures. Le troisième illustre les contacts pris en vue de la négociation, de visu. Mais selon Hervé Morin, ces contacts auraient été stériles. (crédit : Marine Nationale)

Moins de filtres pour les retex de l'armée de Terre


L'Afghanistan n'en finit pas de faire évoluer la culture de l'armée de Terre. Derniers en date, les retex, dont le CEMAT veut améliorer la diffusion, dit-on. Ainsi, il n'est plus rare de voir un simple lieutenant, ou un sous-officier faire part de son expérience au feu, sans retenue, à un parterre de généraux, ou intervenir devant des assemblées encore plus bigarrées. Aucun secteur n'échappe à cette diffusion, jusques et y compris celui de la communication opérationnelle, que le CEMAT vient d'ériger au niveau (jusqu'alors jamais atteint) cinquième de ses priorités.
Le sous-lieutenant Aurélie L., officier communication du 8e RPIMa, a ainsi fait part de son expérience en France puis en Kapisa devant un parterre d'offcoms, lors de la convention de l'armée de Terre. Cette jeune officier sous contrat avait rejoint le 8e RPIMa début août et avait dû gérer l'embuscade d'Uzbeen, et le voyeurisme parfois disgracieux, ainsi que l'inculture de quelques collègues journalistes. Avant de gérer le débarquement de quelques 140 journalistes en trois mois, dans les FOB de Kapisa.
Cette meilleure diffusion s'incarne aussi dans l'insertion de profils expérimentés, revenant d'Afghanistan, dans les écoles d'application. Un offiicier de légion qui a participé aux OMLT a ainsi rejoint une de ces structures de formation.
Le tout doit aussi permettre d'améliorer le cycle de l'adaptation réactive, et au final, l'efficacité des troupes en Afghanistan.

Notre photo : un groupe de parachutistes du 8e RPIMa dans la vallée de Begraou, lors de l'opération éponyme, en novembre 2008. (crédit JMT)

Intercepteur antimissiles : Astrium croit à ses chances


Alors que la DGA a déjà retenu EADS-Astrium pour un démonstrateur de satellite concourant à l'alerte avancée (Spirale), l'industriel croit à ses chances de remporter aussi un contrat de développement pour un intercepteur. Astrium l'a fait savoir sans détours à quelques journalistes de l'AJPAE lors d'une visite de son site des Mureaux (Yvelines), le 31 mars.
Une démonstration pourrait avoir lieu avant 2015, pour autant qu'on puisse trouver les 300 MEUR nécessaires. Astrium est déjà partenaire d'un projet de l'OTAN, et met en avant sa bonne connaissance de la cinématique des ogives, puisque la société est maître d'oeuvre des missiles balistiques français, dont le M-51, attendu en 2010.
Selon Astrium, le projet pourrait s'ouvrir à des partenaires européens. C'est là que le dossier semble un peu pêcher, la société souhaitant manifestement et sans surprise se réserver le plus gros du morceau.
Car après 2015, l'activité militaire n'est pas vraiment garantie. En tout cas pas suffisamment pour occuper les quelque 900 salariés travaillant à Bordeaux.

Notre infographie : un système antibalistique complet et idéal, défini par Astrium (crédit : Astrium)

Un téléphone vert pour doper les exports mais...


La délégation générale pour l'armement (DGA) met en place un numéro de téléphone vert (0800 027 127, gratuit depuis un poste fixe) destiné aux PME de défense et de sécurité. Ce guichet unique téléphonique doit permettre aux 4.000 PME référencées comme exportant de mieux maîtriser les piliers du domaine, et en premier lieu, la législation.
Le volume qu'elles exporteraient directement oscillerait entre 100 et 150 millions d'euros, selon la DGA.
L'initiative s'inscrit dans les nouveaux rapports que la DGA entend nouer avec ses PME, avec, en toute honnêteté, quelques résultats tangibles, mais les témoignages des entreprises sont souvent, comme les faits... têtus et accablants. En fait, comme dirait Mulder, la vérité est ailleurs.
Une PME de la Drome, Surveycopter, a ainsi préféré installer une partie de sa matière grise et de ses ateliers en Suisse, car la législation export y est moins contraignante. D'autres PME, qui ne souhaitent être ni citées ni nommées, reconnaissent sans détours que la législation française est trop pénalisante. Et que la situation n'évolue guère dans les faits, malgré les déclarations d'intention du ministre de la Défense, qui a pourtant pris le problème à bras-le-corps.
Certains produits, dans le domaine optronique par exemple, sont trop vite assimilés à des technologies sensibles, et leur exportation est bridée, voire impossible. Il serait aussi très difficile de les simplement présenter dans des salons professionnels, pour les mêmes raisons.
Même les grands maîtres d'oeuvre sont sans pitié. L'un, en train de préparer son stand pour le prochain Bourget évoque l'autorisation préalable de la DGA pour meubler son espace. Et sait déjà qu'il ne pourra même pas exposer la maquette représentant l'un d'eux, pourtant emblématique de ses compétences (même si pour le coup, ce matériel est inexportable).
Un autre évoque le différentiel de traitement des demandes d'exports. "En cinq jours, on a une réponse en Grande-Bretagne, évoque ce spécialiste de la législation export d'un groupe français également basé outre-Manche. Pour la France, cela peut aller jusqu'à 10 fois plus..." Conséquence, c'est le produit, équivalent, de la gamme, fabriqué en Grande-Bretagne, qui a été vendu, et pas son pendant français, paradoxalement plus performant...

Notre photo : les minidrones Scorpio 4 de Surveycopter, vendus à l'export. Leur prédécesseur, le Scorpio 1B, est utilisé par le 1er RPIMa depuis 2004. (crédit : Surveycopter)

L'artillerie poursuit sa mue


L'artillerie va mettre en place à partir de l'été 30 détachements de liaison, d'observation et de coordination (ou DLOC), remplaçant les 20 actuels détachements d'observation. La filière ciblage de l'armée de Terre sera ainsi renforcée et professionalisée, passant de 500 à un millier de spécialistes.
Le premier DLOC, encore en expérimentation, a pu se faire les dents la semaine dernière, pendant l'exercice Toll, à Canjuers.

Ce renouveau traduit la volonté de l'armée de Terre de ne pas laisser échapper ce créneau crucial de la gestion des appuis aéroterrestres, alors que l'armée de l'Air fait preuve avec ses TACP (armés par les trois CPA 10, 20, 30), d'un dynamisme et d'une efficacité discrètes mais redoutables.

Cette transformation fait suite à celle déjà engagée par l'artillerie avec les unités de renseignement brigade (ou URB) dont la première a été déployée, l'été dernier, au Kosovo.

Notre photo : une équipe du 35e RAP en Afghanistan, en novembre dernier (crédit : JMT)

L'Italie va déployer autant d'effectifs que la France en Afghanistan


Les effectifs de l'armée italienne en Afghanistan vont passer de 2.300 à 2.800, soit un bond de près de 20%. Ce renforcement doit intervenir avant l'été, avant, par le fait même, les élections présidentielles afghanes. Le détail des renforts n'est pas précisément connu.
Les Italiens, essentiellement basés dans l'ouest, déploieront ainsi autant d'effectifs en Afghanistan même que la France. Déjà, l'Italie aligne une dizaine d'hélicoptères, dont trois précieux CH-47 ainsi que des gunships A129 dont l'activité de feu est soutenue, alors que la France ne déploie "que" six hélicoptères aux capacités d'emport moindre, et toujours pas d'hélicoptères d'appui. Quatre Tornado opèrent également depuis la base de MAzar-e-Sharif, à côté de leurs confrères allemands.

Les Allemands, quant à eux ont annoncé avant Strasbourg vouloir déployer 600 militaires supplémentaires. La France, elle, reste sur la même ligne depuis octobre dernier : pas de renforcement. Plus d'une centaine de gendarmes devraient cependant renforcer a formation de la police afghane.

Notre photo : un des trois CH-47C alignés par l'armée italienne en Afghanistan, vu à KAIA, en novembre dernier (crédit : JMT)

jeudi 9 avril 2009

Ces COP qui poussent comme des champignons

Un COP (combat out post) est en train de pousser dans la sinistre vallée d'Uzbeen, au sud de Sper Kundaÿ, là où 10 militaires français sont morts, le 18 avril. Ces COP, de petits postes isolés protégés par des "bastion walls", sont tenus par l'armée afghane (ANA). Ils permettent à la fois à cette dernière d'imposer sa présence, tout en constituant un point de recueil pour les militaires de l'ISAF en opération.
L'emplacement de ces COP n'est pas choisi au hasard, puisque le GTIA Tigre en a implanté deux dans la vallée d'Alassay, la plus agitée sur son territoire (c'est là qu'est mort un chasseur alpin récemment). Et que celle d'Uzbeen vient donc de percevoir son premier, au beau milieu de la vallée.
Premier, car la série devrait continuer. Pour les Français, l'érection de ces COP est à chaque fois un exercice de haut vol, accompli en quelques heures seulement par le génie (le 2e REG actuellement).

Le Colibri pose à Dax


La société Helidax présentera le 23 avril à l'EA-ALAT de Dax (Landes) le premier EC120 Colibri destiné à la formation des pilotes d'hélicoptères. Le système de formation externalisé comprendra 36 machines (remplaçant 51 Gazelle) et maintient les instructeurs militaires. Helidax prévoit même de pouvoir utiliser le reliquat d'heures de vol pour des tiers, comme le 5e RHC, mais aussi des vols de surveillance des feux de forêts voire de tourisme.
Le premier EC120 avait été livré dès le mois de november dernier par Eurocopter, après quoi il avait été customisé dans les ateliers de Ixair, dans le sud-ouest.
Helidax est une société regroupant les intérêts de DCI et Proteus. Le consortium avait gagné sur le tandem Eurocopter-Héli Union, qui avait contesté, sans succès, sa défaite. L'histoire ne s'était pas arrêté là, car Helidax avait ensuite rencontré de bien curieuses difficultés à financer l'achat des EC120, auprès des banquiers de la place parisienne. Un banquier a finalement été trouvé, et l'affaire, conclue.

photo : l'EC120 dans sa livrée Helidax (crédit : Eurocopter)

Actualisation du 10 avril : DCI nous fait savoir que l'essentiel du travail de customisation a été réalisé par Helidax, à Dax même, et non chez Ixair. Et que le financement des 36 appareils n'a pas posé le moindre problème.

Le ciel s'assombrit pour Dassault Aviation


Un recul de 28% du chiffre d'affaires consolidé sur le premier trimestre 2009, à 545 millions d'euros. Dassault Aviation entre dans une période de turbulences qu'avait annoncée à demi-mots son PDG, Charles Edelstenne, en présentant les résultats 2008. L'effondrement rapide du marché de l'aviation d'affaires, et un marché militaire encore particulièrement morose rappellent l'annus horribilis de 1992, quand Dassault Aviation avait failli mettre la clé sous la porte. C'est le marché taïwanais (60 Mirage 2000-5) qui lui avait permis de traverser l'orage.
Sans trop d'espoir de voir revenir très vite les clients de Falcon, c'est donc encore le militaire, fibre historique du groupe, qui lui permettra -peut-être- d'atténuer la casse. Dassault est notamment en lice en Suisse, aux Emirats Arabes Unis, en Lybie, en Grèce et au Brésil, soit une petite centaine d'appareils au total. Tant Claude Guéant, récemment, qu'Hervé Morin, régulièrement, estiment que 2009 verra "un contrat" export lié au Rafale. Au moins.
Mais toutes ces consultations ont été lancées avec l'irruption de la crise économique, et donc on ne sait pas encore précisément, si cette dernière les impactera. Ou pas.
Le groupe peut éventuellement tirer profit d'activité drones naissantes, mais celles-ci n'auront pas d'impact important sur l'emploi dans ses sites industriels. Hervé Morin doit prochainement trancher un important dossier de drone endurant. Dassault, Thales et l'Espagnol Indra sont associés à l'israélien IAI.
Le ministère de la Défense a bien lancé un volet spécifique au plan gouvernemental de relance. Ce dernier ne comporte "que" deux Rafale, et pas de Falcon (deux F7X avaient été commandés en août pour moderniser la flotte gouvernementale). Charles Edelstenne s'en disait, le 3 mars, "plutôt déçu".

Notre photo : Un Rafale F2 du 1.7 "Provence" équipé pour un tir bi-Scalp (crédit JMT)

L'Afghanistan commence à Canjuers


Le camp de Canjuers (Var), le plus étendu d'Europe (40 km de long) va héberger à partir de cet été un détachement d'assistance opérationnelle (DAO) chargé des mises en conditions des personnels (MCP) partant pour l'Afghanistan. Pour plus de réalisme encore, des militaires revenant de ce théâtre seront intégrés dans les effectifs du DAO (36 personnels au total), adossé au 1er RCA. La première MCP interviendrait en octobre 2009, deux mois après la création de l'unité (1er août).
D'ores et déjà, des sites ont été aménagés pour l'entraînement aux actes-réflexe, aux IED (explosifs improvisés) par exemple. Avantage, la plupart des matériels déployés en Afghanistan (ou qui le seront bientôt) peuvent l'être aussi à Canjuers, comme les canon Caesar, les drones SDTI et DRAC... Les bases aériennes toutes proches permettent également un engagement coopératif réaliste avec les chasseurs.
Episodiquement, Canjuers était déjà le théâtre d'exercices avec un fort contenu afghan. C'était le cas, la semaine dernière, de l'exercice Toll 2009, associant les brigades de renseignement et d'artillerie. L'occasion de dérouler une vingtaine de scénarios labourant le retour d'expérience des derniers mois.

Notre photo : un canon Caesar (crédit JMT) du 68e RA croisé lors de Toll 2009.

Aguerissement montagne : la raison triomphe


La décision avait fait grincer quelques dents ; finalement, les mâchoires vont pouvoir (légèrement) se détendre. L'armée de terre ouvre au 1er août un groupe d'aguerrissement à la montagne (GAM), dans la région de Modane, a annoncé l'EMAT ce matin. La structure (34 personnels) sera moins étoffée que le CNAM Briançon, dissous, et sera adossée au 13e BCA. Les partants pour l'Afghanistan pourront ainsi recevoir un aguerrissement minimum, prodigué par des spécialistes de ce milieu extrême.
La formation commencera en septembre, à raison de 120 hommes par stage.

Notre photo : des chasseurs alpins du 27e BCA (1ère compagnie "Glières") lors de l'exercice GAP 2009" (photo JMT)

Quick Fired

Bob Quick, n°2 de Scotland Yard a été démissionné ce matin après qu'une légèreté dans son comportement ait manqué de provoquer l'échec d'une opération antiterroriste. Le chef du centre antiterroriste avait été photographié hier à l'entrée du 1o, Downing Street porteur de documents annonçant une série d'interpellations. Celles-ci ont bien eu lieu, débouchant sur l'arrestation de 12 personnes, mais Quick a estimé avoir failli.
On sait que les Britanniques ne badinent pas avec ce genre de comportements. Même si très régulièrement, des documents de première importance sont retrouvés dans le métro, voire dans des poubelles...

mercredi 8 avril 2009

Les Sioux drillent l'Afghanistan dans l'est de la France


Des équipes de commandos du CPA20, des Caracal et Puma de l'EH 1.67 "Pyrénées" ainsi que des Mirage 2000-5 de Dijon et des Mirage 2000N de Luxeuil effectuent depuis lundi et jusqu'à vendredi des séances tactiques fondées sur les retours d'expérience des opérations en Afghanistan. Le CPA20 y déploie des TACP -équipes servant au ciblage des chasseurs- tandis que le "Pyrénées" continue à y aligner trois hélicoptères et un équipage, sous le pilotage du Détachement ALAT des opérations spéciales (DAOS).
"Sioux", qui se déroule au-dessus du camp du Valdahon, permet aux commandos paras de "driller" sur l'ensemble de leurs techniques -aérocordage, guidage, progressions tactiques, etc- tandis que les Mirage 2000N du Lafayette -dont l'inisigne est une tête de... Sioux- peuvent entretenir leurs procédures conventionnelles, cet escadron étant nucléaire, et donc, exclu des opérations afghanes.

Notre photo : un TACP du CPA20. A droite, le désignateur DHY307, qui permet de désigner la cible à un chasseur, via un rayon laser (crédit site internet de l'armée de l'Air, www.defense.gouv.fr)

Les pirates passent à la cadence industrielle


Paradoxe, il n'y aura jamais eu autant de navires militaires dans la zone, et pourtant, les pirates, loin de baisser les bras, redoublent dans leurs attaques. Après une petite décrue qui avait accompagné les succès français, dont les moyens militaires ont mis un terme à des prises d'otages (Ponant, Carré d'As) ou à des tentatives d'attaques (au moins trois depuis l'automne).
Encore aujourd'hui, les pirates ont mis la main sur un porte-conteneurs danois de 17.000 tonnes, (soit la taille d'un BPC de la marine nationale...). Lundi, ils avaient capturé un vraquier britannique de 32.000 tonnes (l'équivalent du PACDG...), après avoir mis la main sur trois navires dans le weekend, dont le voilier vannetais Tanit, avec quatre adultes et un enfant de trois ans à bord.
Ils obtiennent cinq prises en cinq jours, soit presque autant que sur les trois premiers mois de l'année (8). Les pirates se sont "seulement" adaptés à la technique des convois mise en place par les Européens, et profitent de l'immensité de l'océan, sans redouter des prises de plus en plus loin en haute mer, jusqu'à 400 nautiques des côtes somaliennes.
Plus que jamais, la résorption durable de ce problème passe par des actions (militaires, économiques, humanitaires) à terre, dans les zones d'où partent les pirates, et sur lesquelles les occidentaux sont parfaitement informés. Le reste, c'est de la haute diplomatie...

Actualisation : on a appris depuis que les pirates ont pris en otage le capitaine de Maersk Alabama, tandis que ce bâtiment, battant pavillon américain, poursuivant sa route.

Notre photo : un porte-conteneurs dans le Golfe d'Aden, vu le 2 novembre 2008, lors de la venue du ministre de la Défense, Hervé Morin, sur la base française de Djibouti. (crédit JMT)

48h pour... découvrir les commandos de Bayonne


Le 1er RPIMa de Bayonne ouvrira ses portes au public les 30 et 31 mai (10-19h). Ce régiment de forces spéciales, qui compte un peu plus de 900 militaires, a, comme les autres unités de l'armée de Terre, besoin d'entretenir le lien armée-nation, et de... recruter ses spécialistes.
Le régiment a été déployé sur tous les points chauds de la planète et en paie régulièrement le prix. En Afghanistan, il a perdu quatre hommes, entre 2003 et 2006. Un autre commando avait été tué en mars 2008, lors d'une reconnaissance au profit de la force européenne Eufor Tchad, dans la zone des trois frontières.
Unité emblématique de la brigade des forces spéciales Terre (BFST), le "1er" est le descendant des parachutistes SAS qui furent parachutés en Bretagne, dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, pour fixer les forces allemandes qui y étaient stationnées.

L'Irak revient à la Gazelle


Les pilotes irakiens de l'époque Saddam ne juraient que par elle : la Gazelle va revenir en force dans l'armée irakienne, pour contribuer à former l'ossature de la force du nouveau gouvernement. Six hélicoptères, issus des stocks de l'ALAT, font partie du deal encré il y a peu entre la France et l'Irak, le gros du contrat portant sur des EC635, appareil qui n'a séduit, pour l'instant, que la Suisse et la Jordanie. La France s'est engagée à fournir des pièces de rechanges et des compléments de formation.
Il reste de beaux stocks de Gazelle à écouler pour qui en veut, car l'ALAT retire actuellement ses SA341F (version canon de 20 mm, le Tchad serait intéressé pour en récupérer) de ses régiments d'hélicoptères de combat, et va progressivement abandonner la cinquantaine d'engins qu'elle exploite à Dax (notre photo, crédit JMT) pour la formation initiale de tous les pilotes militaires français.
C'est l'EC120 qui a été retenu pour lui succéder, dans un contrat d'externalisation sans précédent, gagné par le consortium Helidax, formé par DCI et Proteus.

Il faut sauver Connie


Voilà un grand classique du patrimoine aéronautique français. Des bénévoles qui s'échinent pour préserver de la rouille, voire de la disparition pure et simple, un appareil de légende (américain, en l'occurence, mais c'est Connie quand même...). Et les complications, les argouties juridiques pleuvent. Le Mamouth vous laisse seuls juges de les soutenir : allez jeter un coup d'oeil sur le travail, la bête à l'adresse suivante (http://fbgnj.free.fr/).
Et merci à Pascale Nizet d'avoir relayé l'info jusqu'à nos oreilles.
D'autres cas du même type égrennent l'actualité aéronautique. Le ministère de la Défense avait voulu faire disparaître les warbirds, en 2004-2005, parce que ces engins redoutables pouvaient servir les noirs desseins de mercenaires ou de terroristes. A force d'explications, les propriétaires ont pu éviter l'absurde loi de l'administration. Mais il reste... de bons restes : quatre Alizé de surveillance maritime que deux collectionneurs voulaient préserver pourrissent sur trains, parce qu'ils contiennent quelques grammes d'amiante, que l'adminstration ne souhaite pas relâcher dans l'atmosphère (après pourtant quelques dizaines d'années d'exploitation de cet appareil, les mécaniciens de l'aéronavale apprécieront...)

L'AASM, agent double


Le premier porteur visé par la version 125 kg de l'armement air-sol modulaire (AASM) dont Sagem vient de réaliser le premier tir d'essai (notre photo, crédit : CEV/DGA) n'est pas un avion français mais le Gripen suédois. Un chasseur léger qui chasse régulièrement sur les marchés visés par... le Rafale (notamment en Suisse). De quoi entretenir une joyeuse ambiance dans l'industrie française alors que l'année 2009 risque d'être un peu compliquée. Et que l'Elysée a demandé que les industriels progressent en bon ordre.
Plusieurs problèmes un peu semblables avaient déjà fâché, dans un passé récent, les grands industriels du secteur. Notamment lorsque Dassault avait soupçonné Thales et MBDA de vouloir utiliser des technologies dérivées du Rafale pour équiper... des concurrents du Rafale, notamment dans la zone Inde-Pakistan.

Cuers répare le Harfang


L'Atelier industriel de l'aéronautique (AIA) de Cuers est désormais qualifié pour effectuer la réparation des dommages de combat subis par le drone Harfang (ex-SIDM, ici photographié au Bourget en 2005, crédit : JMT) de l'armée de l'Air. Cette nouvelle corde ajoutée à son arc pourrait être liée à l'expérience accumulée par cet AIA en matière de composites. Elle s'inscrit dans l'élargissement maintenant urgent de son spectre d'activités, alors que la charge industrielle générée par l'aéronavale, spécialité de l'établissement, avec les hélicoptères, est en forte décroissance.
La problématique est en partie la même pour celui de Clermont-Ferrand, spécialisé dans l'entretien des cellules d'aéronefs militaires. Un contrat de remise à niveau des C-130 a dû lui être confié (sous copilotage de Thales et de Sabena Technics), alors que cet AIA n'a aucune qualification sur ce type d'appareil. L'AIA de Bordeaux (spécialiste moteurs), lui, n'a pas ces problèmes de charges, ses effectifs sont même en cours d'augmentation.

Un mud français sur A-10, et un Pyrénéen sur Pave Hawk


Un pilote de Mirage 2000D de Nancy opère actuellement sur A-10, au sein de l'US Air Force, tandis qu'un de ses collègues de l'EH 1.67 Pyrénées est déployé sur Pave Hawk (photo : un des appareils escortant un Medevac, vu dans la région de Kandahar en 2005, crédit : USAF). L'un comme l'autre sont à même d'être engagés en Afghanistan, où ces deux types d'appareils sont engagés par l'US Air Force, évidemment avec des ROE (rules of engagment) adaptées. Ce serait déjà le cas pour le pilote du "Pyrénées". Au passage, l'officier français s'est formé au ravitaillement en vol sous jumelles de vision nocturne (JVN), devançant ainsi ses camarades d'escadron français.
Pour être complet sur l'actualité de ces échanges, rappelons aussi qu'un pilote français du 2.61 "France Comté" opère sur C-130 en Grande-Bretagne. Il a même fait la une de l'actualité outre-Manche en pilotant l'Hercules qui participait à une opération d'évacuation. Un pilote du 2.61 est également en échange dans l'US Air Force, où il s'est formé au pilotage sous JVN.
Ces échanges sont en général assez prolifiques pour nos pilotes, et contribuent à entretenir, voire à renforcer la fraternité d'armes avec les pays concernés. Pendant le Kosovo, un pilote de la RAF avait ainsi participé aux missios de bombardement, dans un Mirage 2000D français. Pendant la Bosnie, c'est un pilote de l'Aéronavale qui avait participé aux frappes, sous les couleurs de l'US Navy...
Certains vétérans de l'armée de l'Air vous parlent même de vols sous des cocardes israéliennes et irakiennes, mais c'est sûrement pour épater les jeunes.

mardi 7 avril 2009

Le chef du GCP de Birao a quitté l'armée de Terre

L'officier qui avait mené son groupe de commando parachutistes (GCP) pour aller secourir une vingtaine de français piégés à Birao (Centrafrique), le 6 mars 2007, vient de quitter l'armée de Terre pour le secteur privé. Pour son malheur, il était encore responsable du GCP du 3e RPIMa lors de la fusillade de Caracasonne (juin 2008) quand 17 personnes, majoritairement des civils -et quelques enfants- avaient été touchés par le tir d'un FAMAS, lors d'une journée portes ouvertes.
Poussé vers la sortie, il avait été muté dans le triangle des camps de Champagne, à un poste sans rapport avec ses capacités.

Actualisation du 18 avril : suite à la remarque d'un internaute, je confirme que le patron du 3e RPIMa a bien quitté l'armée de Terre pour un poste dans le privé en région parisienne. Le chef du GCP du 17e RGP, qui était assiégé avec ses hommes dans le poste de Birao et a résisté, plusieurs jours, aux rebelles, et était, à ma connaissance, toujours en poste à Montauban.

Commandos marine de 1944 : ils ne sont plus que 17...


... Sur les 177 qui avaient débarqué à Ouistreham, le 6 juin 1944, leur chef -Philippe Kieffer- compris. Même si on les oublie un peu dans l'Obamania ambiante, on aura une pensée émue pour eux, ce 6 juin 2009, pour commémorer le 65e anniversaire de leur mission réussie, au prix de pertes très importantes -les deux tiers des commandos furent blessés pendant la campagne de Normandie-.
Les plus jeunes aujourd'hui ont 82 ans! Comme c'est la tradition chez ces guerriers qui ne revendiquent rien si ce n'est d'avoir accompli leur "devoir", une partie d'entre eux devrait se retrouver, le 6 juin, au monument des commandos, à côté du Casino de Ouistreham.
Sur ce cliché de 2004 (@ JMT) figurent trois des vétérans de 1944 devant le mémorial des commandos, en Ecosse, à quelques kilomètres d'Achnacarry. Pour la plupart, c'était la première fois que ces vétérans revenaient dans le camp où ils avaient été formés, pendant la seconde guerre mondiale.

Encore aujourd'hui, cette tradition de bravoure se perpétue au sein des commandos marine, engagés aux quatre coins du monde, dans des opérations antidrogue ou de contre-piraterie. Les liens culturels entre ces glorieux anciens et leurs descendants sont entretenus très étroitement puisque souvent, c'est un vétéran qui remet son béret vert au jeune commando.

Illustration de cette pérenisation de la tradition, le 6e commando, créé l'an dernier sur la plage de Ouistreham, le 6 juin, a été nommé en mémoire de leur créateur : Kieffer.


La geisha qui intéresse l'EMA

Ses incroyables capacités ont déjà soumis les balardiens, elle va peut-être s'attaquer aux dominicains -occupants de l'ilot saint-dominique-.

Activée à l'été sur la cité de l'Air, à Paris, Geisha (gestion informatisée des suivis d'horaires d'accès; ouf...) intéresserait aussi rue Saint-Dominique. Difficile de mesurer aujourd'hui quel critère intéresse le plus dans le spectre large offert par le système, fourni par Cegelec et customisé par la gendarmerie de l'Air. La capacité à pouvoir savoir qui est dans quel bâtiment (c'est pratique en cas d'incendie...), dans quelle tranche horaire le badge travaillle (heureusement pour les libertés individuelles, Geisha ne surveille pas si le porteur travaille ou non...), où il va, quels bâtiments il fréquente, etc...

Rien à voir, donc, avec les délires de certains futurologues...

Rien à voir non plus avec les bugs qu'avait connus la DGA lorsqu'elle s'était installée à Bagneux (dans un ancien site Thales). Certains porteurs de badges s'étaient notamment plaints de ne pas pouvoir aller aux toilettes sans violer la machine qui les empêchait de passer les portes. Sûrement du mauvais esprit d'ingénieur...