lundi 9 août 2010

Les drones perdent le nord

Les Allemands viennent de perdre coup sur coup deux drones en moins de quinze jours. Pas encore de quoi s'inquiéter, si toutes les nations produisaient leurs statistiques, on aurait peut-être des surprises. Un premier drone, un Luna, a été perdu le 28 juillet, dans la province de Kunduz, sans faire de victimes, apparemment sur une défaillance mécanique. L'engin de 37 kg est allé à la rencontre du sol, où il serait arrivé malgré en tout en assez bon état, a expliqué l'ISAF. Par contre, les forces allemandes ont préféré l'y laisser, la zone de crash étant notoirement truffée d'IED... et d'insurgés. Ce qui explique peut-être ce que faisait ce petit drone tactique au-dessus de l'endroit en question.
Un deuxième engin, beaucoup plus gros, s'est également crashé aujourd'hui dans la province de Kunduz. Ce KZO est l'aboutissement du programme franco-allemand Brével, que la France avait quitté, suite à la revue de programmes de 1997. Il pèse 161 kg au lancement, et comme le SDTI français, il est lancé sur rampe.
Les Allemands ont été les premiers européens à déployer des drones en Afghanistan, avec le Luna, en 2003, sauf erreur. Il aura fallu l'embuscade d'Uzbeen, près de cinq ans plus tard, pour que la France fasse de même.

Un 12e hélicoptère français à KAIA

La France dispose d'un douzième hélicoptère à Kaboul, depuis la mi-juillet. Il s'agit d'un Cougar de l'ALAT mis en oeuvre par les équipages de Pau. A priori, un vrai renfort, et pas le remplacement d'un des deux Cougar déjà présents -ou, au hasard, d'un des trois Caracal présents. Aucune annonce officielle n'a été fait à ce sujet mais l'état-major communique rarement pro-activement sur ces sujets, surtout sur les renforcements de capacités, un sujet particulièrement sensible dans l'opinion et sur la rive droite.
Une quatrième machine pourrait même suivre. Car ce qui est structurant, sur la flotte Cougar particulièrement, mais c'est le cas pour tous les hélicoptères, c'est le lot de déploiement. Et l'ALAT vient justement d'en récupérer un, avec le retour des trois Cougar du Gabon, fin juin, remplacés par quatre Puma. Autant d'évènements en un, qui lui redonne à peine de la marge de manoeuvre, alors que la flotte Cougar est mise à mal par le rétrofit en cours, qui vise à donner des crocs supplémentaires à la bête (autoprotection, FLIR notamment).
C'est très vraisemblablement, ce jeu de bonneteau qui permet à l'ALAT de renforcer sa présence, en Afghanistan. Alors même qu'en 2006, cette même ALAT avait décliné la mise en place des premières machines sur ce théâtre. Elle avait, à l'époque, quelques engagements en Côte d'Ivoire (17 machines) et au Kosovo, et l'année d'après, au Tchad (Eufor). Mais elle aurait très bien pu envoyer des Caracal, ou des Cougar, alors peu mobilisés en opex.
A l'époque, c'est donc l'armée de l'Air qui avait envoyé deux Caracal, portés à trois par la suite (après-Uzbeen). Ces Caracal avaient été relevés par des Cougar à l'automne 2007, puis étaient revenus, ensuite.
L'ALAT, dont les engagements s'étaient réduits, mi-2008, a donc répercuté ses efforts sur l'Afghanistan, avec trois Gazelle (dans l'immédiat après-Uzbeen), puis trois Tigre (été 2009) et deux Cougar. Entretemps, elle avait aussi repris la gestion des hélicoptères du théâtre, structurés en "bataillon d'hélicoptères" (BATHEL), baptisé "Task Force Mousquetaire".
Cette structure regroupe donc désormais trois Caracal Air -avec un équipage "Air"-, trois Cougar, trois Tigre et trois Gazelle. Le remplacement des Gazelle par autant de Tigre a été évoqué, sans concrétisation jusqu'à maintenant, du fait du nombre particulièrement restreint de Tigre au standard afghan.

dimanche 8 août 2010

L'adjudant Willsdorf est mort

On l'a appris ce soir par son agent, l'acteur Bruno Crémer est mort. Dans une longue filmographie, je distinguerai l'adjudant Willsdorf, rôle qu'il tint aux côtés de Jacques Perrin, devant la caméra de Pierre Schoendoerffer, dans la (mythique) "317e section". Entre autres rubriques cultes (je ne garantis pas l'exactitude des termes) : "mais Willsdorff, pourquoi vous êtes allé rechercher ce FM, vous êtes fou !" dit Perrin-Torrens, qui commande la 317e section. Et Crémer-Willsdorff lui répond : "parce qu'un FM bien manié..." (1). A la photographie officiait un certain Raoul Coutard qui donnera aussi un rôle -de civil- à Bruno Crémer dans "La Légion saute sur Kolwezi", rappelant, évidemment, le saut historique du 2e REP, en 1978.
Enfin, Crémer, béret sur la tête, avait aussi tenu le rôle de Rol-Tanguy, à l'origine du soulèvement de Paris, mi-août 1944, dans "Paris brûle-t-il ?"

(1) si l'on pense que l'arme en question est un Chatellerault 24/29, on peut douter, cependant, à la guerre...

Des moyens pour la Russie (actualisé)

La France a proposé cette nuit à la Russie (1) de lui envoyer des moyens de lutte contre le feu, dont un bombardier d'eau Dash 8 (dix tonnes d'eau), et 75 véhicules, 36 motopompes et 120 hommes, vraisemblablement issus des UISC. 24 heures plus tôt, la France avait dit sa volonté de se tenir prête à aider la Russie, si elle lui demandait.
A ma connaissance, c'est la première fois que le Dash 8 -dont la sécurité civile détient deux exemplaires- est déployé à l'étranger pour des missions de feu. Il est particulièrement adapté aux grands feux qui touchent la Russie actuellement. Même si les opérations aériennes risquent d'être particulièrement complexes, du fait de la fumée, et des différences culturelles.
Par delà sa mission de bombardier d'eau, en France, le Dash 8 -longtemps controversé au secteur "avions" de Marignane- a pu, ponctuellement, être utilisé pour des reconduites à la frontière, ou des missions de secours, comme en Haïti, en janvier dernier.
Le concours proposé à la Russie est évidemment lié à la tradition d'assistance qui existe entre nos deux pays. Rien à voir avec des discussions particulièrement difficiles sur la vente de 4 BPC de type Mistral, les Russes revendiquant la construction de trois des quatre navires, avec des forts transferts de technologies, et la présence de systèmes de combat dans le package. La France, elle, veut construire deux des BPC, et les transférer sans son système de combat.

(1) 198 ans après le grand incendie de Moscou, qui intervient quand Napoléon Ier se présente devant la ville.

samedi 7 août 2010

Les Bisons ramènent trois tonnes

Si la Kapisa garde son statut de potager et de verger de Kaboul, la vallée d'Uzbeen, plus au sud, conserve le sien en matière de soute à munitions des groupes insurgés. Plus de 400 munitions, totalisant trois tonnes (soit une tonne d'explosif) ont été récupérées, ces derniers jours, par la TF Bison, qui vient seulement d'arriver dans la zone. L'essentiel du stock est récent assure l'ISAF, ce que semblent attester les photos produites cette après-midi par l'ECPAD (après un filtrage de l'EMA).
Fidèle à sa transparence bien connue, dès qu'il s'agit de bilans de munitions... retrouvées, l'ISAF détaille par le menu les saisies, au jour le jour : le 4, les Bisons ont récupéré 44 roquettes Chicom de 107 mm, 62 obus de mortiers de 82 mm, 25 obus sans recul (SR) de 82 mm et huit SR de 75 mm. Le lendemain, rebelote, avec 90 Chicom, 31 SR de 75 mm, et 30 SR de 82 mm, ainsi, que 99 obus de mortier de 82 mm, ainsi qu'un autre lot de 88 obus de mortier de 82 mm et de 62 mm.
Une saisie à 60.000 dollars, jubile l'ISAF, qui ajoute que plus de 500 munitions ont été mises à jour depuis le début de l'année en Uzbeen.
Ces munitions sont évidemment, même si les communiqués oublient de le dire, autant de ressources en moins pour les IED, et, aléatoirement, pour les bombardements qui ciblent régulièrement les bases françaises, et particulièrement, les COP, qui sont les premiers à "déguster".