jeudi 23 juillet 2026

L'A400M, un pompier pour toutes sortes d'incendies

Quand les moyens civils sont dépassés, l'armée reste une fois de plus l'ultime recours.

Depuis 2022, Airbus développe un kit bombardier d'eau pour l'A400M. Il a été plusieurs fois amélioré, notamment avec les retex de l'Entente de Valabre. Des essais avaient été faits en 2025. Avec succès.

Plutôt que d'anticiper, c'est donc l'urgence qui amène, mi-juillet, à considérer cette solution (j'en ai livré les dessous sur www.air-cosmos.com), et donc à devoir, en urgence, procéder à des essais opérationnels en France, fin juillet. L'incendie de Fontainebleau est passé par là, a obligé les autorités à prendre en compte cette solution inexploitée. Celui de Pontevès (Var), avec son cortège de maisons détruites, celui du Porge, avec ces centaines de personnes mises en sécurité, la mort de deux pompiers à Saint-Médard en Jalles malgré un matériel qui doit les protéger, tout cela montre que les moyens sont insuffisants. Face à des évènèments qui ne sont pas encore des méga-feux. Et qui peuvent être simultanés. Le non pléthore de moyens est alors très visible. Pour cumuler des moyens dans le Var, il a fallu déshabiller la Corse. Peut-on faire de tels arbitrages en 2026 en France, première destination touristique mondiale, un des premiers massifs d'Europe? Une des premières nations aéronautiques mondiales?

Je participe dans Air et Cosmos (pour les abonnés, ce jeudi) à un dossier collectif, qui fait l'état des lieux, et présente des solutions alternatives. Le député Grégory Allione, ancien président de la FNSPF (et proche du président de la République), livre son diagnostic, en expliquant qu'une année de retard a été prise pour la mise en place de l'A400M bombardier d'eau en France.

Malgré le dévouement des équipes opérationnelles (61e escadre, CEAM, sécurité civile) et industrielles (Airbus), cet avion ne réglera pas tous les problèmes : il n'y a qu'un kit. Sa capacité de travail dans la durée n'est pas connue, sa fiabilité non plus. C'est l'épreuve du feu.

La France a de la chance : l'Espagne avait préempté ce kit.

"Gouverner c'est prévoir", dit l'adage. Avec une saison qui s'annonce historique en surfaces brûlées - et on l'espère, pas pour le nombre de victimes, ou d'aéronefs perdus au combat-, à la veille d'une élection présidentielle, on peut espérer que cette fois, comme les enjeux de défense, les enjeux de sécurité civile ne seront pas oubliés par les candidats -on parle de solutions, pas d'anathèmes-. Cela ne peut passer que par un électrochoc budgétaire -équipements et considération envers les personnels-, mais aussi par une évolution de notre rapport à la nature : croire qu'on peut la dominer, c'est faire une grosse erreur. Croire que des coalitions de moyens européens suffiront, c'est aussi faire une grosse erreur : quand toute l'Europe brûlera, chacun sera seul. Et ne devra compter que sur ses propres forces.

Il reste déjà d'immenses marges de manoeuvre, de nombreux moyens utilisables, notamment pour l'attaque initiale, ne sont pas pris en compte. Mais il n'y en aura pas pour tout le monde.

Mes infops et photos sur le twitter @defense137

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