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vendredi 6 décembre 2019

Un crash de drone (de plus)

Un drone Patroller encore en essais avec la DGA s'est écrasé cet après-midi à 15h58 dans une zone

jeudi 29 novembre 2018

Atterrissage d'urgence pour un Dauphin Pedro

Un Dauphin Pedro de la flottille 35F a dû faire un atterrissage d'urgence ce mardi, alors qu'il devait

samedi 11 août 2018

Un mort et 13 blessés en Guyane

Le 3e régiment étranger d'infanterie est en deuil : il a perdu hier le caporal-chef Ibrahima

mardi 7 novembre 2017

Un cavalier du 1er REC meurt à Djibouti

Un sous-officer du 1er REC de Carpiagne est mort ce matin à Djibouti, a-t-on appris ce midi par le

vendredi 19 mai 2017

Deux légionnaires du 2e REI périssent noyés (actualisé-1)

Deux légionnaires du 2e REI ont péri noyés ce matin dans la Marne. Les conditions sont encore mal

jeudi 26 juin 2014

(S)Pas si bas

Le Mirage F1CR du 2/33 Savoie accidenté en début de semaine volait à une altitude réglementaire

lundi 30 mai 2011

Le coup de pouce des Marines

L'armée américaine diffuse cette photo du Mirage 2000D perdu la semaine dernière en Afghanistan. Malgré l'impact du crash, on remarquera l'étonnante préservation de la section de cockpit. Comme les Mirage 2000D envoyés en Afghanistan, celui-ci détenait vraisemblablement tous les moyens d'interopérabilité possibles et imaginables.
Un problème de propulsion est évoqué, sans pour autant que l'on sache encore précisément ce qui est à son origine : souci électronique, mécanique, ou une cause extérieure à l'avion, qui était alors en train d'assister des troupes italiennes prises à partie.
Les personnels visibles sur la photo sont des Marines du 2nd Marine Logistics Group qui ont assisté l'armée de l'air pour évacuer la cellule du chasseur. La légende donne un élément précieux sur la localisation du crash : à proximité de la FOB Delaram, dans la province de Nimruz, contigüe à celle de Farah, où le crash avait été annoncé.

dimanche 28 novembre 2010

Un Rafale perdu au large du Pakistan (actualisé)

Le M18, en 2008, avant l'interruption du porte-avions. (archives Marine Nationale / SM Falempin).

Ce dimanche, un pilote de Rafale Marine de la flottille 12F a dû s'éjecter de son appareil à 100 km au large du Pakistan. C'est le ministère de la Défense qui vient de l'annoncer. On ignore encore les causes de la perte de l'avion, un des 10 de ce type qu'embarquait le PACDG.
Le Rafale M18 avait été catapulté normalement, et se dirigeait vers le Pakistan avec son SEM quand la patrouille mixte a rebroussé chemin vers le porte-avions. Pour une raison non encore communiquée, le Rafale n'a pu apponter, et s'est écrasé en mer.
Le pilote, récupéré par un des Pedro du bord est "indemne". Une telle récupération, à proximité du porte-avions est évidemment une situation idéale : cela aurait été beaucoup plus compliqué si l'avion s'était écrasé dans les zones tribales du Pakistan. Ou en zone insurgée, dans le sud afghan.
C'est le premier Rafale perdu en opérations, et le premier de type F3. On ignore dans quelle configuration était celui-ci. Un Rafale peut emporter une nacelle de reconnaissance Reco-NG, ainsi que des armements guidés (GBU-12, AASM). Selon l'EMA, l'avion avait un chargement de bombes, mais sans plus de détail à ce stade.
Officiellement en tout cas, les Rafale Marine ne sont pas cloués au sol. Ceux de l'armée de l'air basés aux EAU ont effectué "normalement leurs missions" affirme l'EMA.
Ceux du PACDG ne devaient pas voler demain : c'est un "no-fly day".
La récupération de l'épave du Rafale s'avèrera particulièrement ardue : les fonds, à cet endroit, descendent jusqu'à 2.500-3.000 mètres. Il semble cependant difficile de laisser à la portée des curieux le dernier né des chasseurs français, du type qui emporte l'armement nucléaire. La Marine avait déjà récupéré des épaves par grand fond, mais c'était au large des côtes françaises.
Deux Rafale Marine avaient été perdus avec l'un des pilotes (1) lors d'une collision, le 24 septembre 2009. Un Rafale Air du 1.7 Provence s'était écrasé, en décembre 2007, tuant son pilote, le capitaine Emmanuel "Bouba" Moriuser.
Le groupe aéronaval limitera son activité "à un mois" au large de l'Afghanistan apprend-on par ailleurs, soit une réduction d'une dizaine de jours par rapport aux prévisions initiales (43 jours). Une "vingtaine" de sorties ont été réalisées affirme-t-on aussi, depuis la reprise des opérations, jeudi, comme ce blog l'a annoncé.
Le Rafale est engagé dans la zone afghane depuis 2001 par la marine, et depuis 2007 par l'armée de l'Air, à Douchanbe puis Kandahar. Un déploiement de Rafale Air est d'ailleurs envisagé pour l'été 2011. Depuis le mois d'octobre, trois Rafale Air sont déployés en permanence aux EAU, sur la base aérienne 104, au sein de l'escadron 3.30 Lorraine.
Cet aéronef est le deuxième perdu par l'aviation française en Afghanistan depuis le début de cet engagement en 2001, après le crash d'une Gazelle, en Kapisa, le 3 novembre dernier.

(1) le CF François "Duf" Duflot : on peut consulter sa biographie ici.

vendredi 26 novembre 2010

Un Aravis endommagé (actualisé)

Un Aravis de l'armée de terre a été endommagé en Afghanistan le 11 novembre dernier, mais on ne l'a appris que ces denrières heures. Le véhicule a bien connu un "accident de la circulation", ce qui l'a fait tomber "de trois à quatre mètres" assure-t-on à Paris. La route se serait, en fait, affaissée, faisant verser le véhicule. L'accident s'est déroulé non loin du COP Rocco (Surobi), le poste français le plus à l'est de l'AOR de la brigade La Fayette.
Les occupants n'ont pas été blessés, le mérite en revenant aux sièges-harnais qui l'équipent. "Avec un autre véhicule, le bilan aurait été bien plus grave" constate le porte-parole de l'état-major des armées. Les uniques dégâts sont matériels : le véhicule serait inutilisable, tout comme son tourelleau téléopéré (TOP), et vraisemblablement, ses brouilleurs.
Mais le véhicule a joué son rôle, protégeant ses occupants...
Un Aravis coûte environ 1 MEUR. Quinze ont été payés par le plan de relance.
Onze véhicules ont été envoyés en Afghanistan, où ils sont opérationnels depuis le mois d'octobre. Ces véhicules sont employés par le détachement d'ouverture d'itinéraires piégés (DOIP), en conjonction avec le Buffalo et le Souvim.

vendredi 23 avril 2010

307 vs VBCI : deux militaires grièvement blessés

Deux militaires ont été grièvement blessés hier près de Vesoul dans un sur-accident qui a impliqué une 307 conduite par une septuagénaire, et un convoi militaire comprenant deux porte-char transportant des VBCI du 35e RI. Les détails de cet accident peu commun sont livrés ici : il en résulte de graves blessures pour le passager du porte-char, âgé de 25 ans, évacué par les sapeurs-pompiers, et le conducteur de l'engin (27 ans), qui a été évacué par Dragon 25, l'EC145 de la sécurité civile, après être resté prisonnier de son véhicule pendant plusieurs heures.

dimanche 30 août 2009

Deux Chinook perdus en dix jours par la RAF

C'était il y a seulement 10 jours : la Royal Air Force perdait un Chinook en Helmand, dans la région de Sangin, de sinistre réputation. Un deuxième appareil a été perdu aujourd'hui, à 05h30 (heure locale), à peu près de la même façon, et il a connu une fin indentique : sabordé (à 16h05). Seule la méthode diffère, puisque cette fois, ce sont les troupes au sol qui se sont chargées de détruire le gros porteur, avec des explosifs. Le crash s'est produit à 10 km à l'est de Sangin.
Le MoD explique que l'appareil n'était pas récupérable, là où il avait dû procéder à un atterrissage d'urgence, qui n'a pas d'explication officielle dans l'immédiat. Les quatre membres d'équipage et les quinze passagers s'en tirent apparemment sans la moindre casse.
La Grande-Bretagne avait perdu un Tornado à Kandahar en juillet au décollage, et en avait endommagé un deuxième à l'aterrissage, le même mois. Un Harrier avait ausssi été perdu quelques semaines auparavant.
A priori, il ne reste plus que huit Chinook sur place, la RAF n'ayant pas eu le temps de remplacer l'appareil détruit le 20 août. Un de ces appareils est armé en permanence comme SAMU volant, et au moins un autre sert à des besoins particuliers. Il ne reste donc plus grand chose pour l'aéromobilité des troupes, quand, évidemment, la disponibilité est bonne.
Les deux appareils perdus correspondent à l'unité près... aux seuls renforts de Chinook qui étaient prévus par le MoD d'ici l'été 2010.
Il n'en reste plus que 46 dans l'inventaire de la RAF. L'envoi de renforts devient urgent, le Chinoook constituant l'épine dorsale des opérations britanniques en Helmand. Avantage : la Grande-Bretagne possède ses propres cargos stratégiques C-17, et n'aura donc pas besoin, donc, de se préoccuper de la logistique pour apporter ces renforts. Une fois qu'on les aura trouvés, évidemment.

Pour aller plus loin :
http://lemamouth.blogspot.com/2009/08/un-chinook-perdu-en-helmand.html

CE TEXTE NE PEUT PAS ETRE COPIE SANS CONSENTEMENT DE L'AUTEUR.

jeudi 20 août 2009

Un Chinook perdu en Helmand

Un Chinook HC2 de la Royal Air Force a été forcé à un atterissage d'urgence, hier, près de Sangin, en Helmand. Les causes n'en sont pas encore très claires, évoquant un feu de moteur, sans exclure totalement un tir ennemi. Les quatre membres d'équipage ont pu s'en sortir indemnes : on ne peut donc pas en dire autant de leur Chinook qui a fini en épave, après le passage d'un raid aérien. Destiné, comme le veut la formule, à éviter que les insurgés ne tirent profit du crash.
C'est un autre Chinook qui s'est chargé d'évacuer l'équipage de la zone du crash.
Avec cet appareil perdu, il n'en reste donc plus que neuf en Afghanistan (Kandahar et Camp Bastion), et 47 dans la totalité de la flotte de la RAF.

dimanche 16 août 2009

On caillasse bien les Gazelle

Inaugurée en grande pompe fin juillet, la Gazelle n°1689 qui trône sur un des ronds points de Dax a déjà pris un caillou. C'est un forum d'hélicoptéristes qui livre la mauvaise nouvelle, ce soir, qu'il explique par les fêtes de la capitale du Sud-Landes, qui draînent toujours des foules.
La Gazelle n°1689 est évidemment une ancienne de l'EA-ALAT, située en bordure d'agglomération. Elle est marquée d'un trigramme DAX en l'honneur de la ville, qui a ma connaissance est de pure circonstance. Même si j'avais déjà croisé au 5e RHC une Gazelle estampillée DRM, et que j'ai vu -en photo- un Gazelle floquée MAM à la grande époque.
Les 50 Gazelle jusqu'alors utilisées à Dax vont être progressivement remplacées par des appareils EC120 fournis à l'heure de vol par la société Helidax (Proteus et DCI). Lorsqu'ils ne sont pas utilisés, ces EC120 peuvent être loués à des tiers, comme c'est le cas actuellement avec les pompiers qui les utilisent pour la veille sur les massifs forestiers.
Les Gazelle, quant à elles, sont condamnées à finir en Afrique, ou au rebut. Ou sur un rond-point.
Le retrait de ces SA341 (première génération de Gazelle) dédiées à la formation précède de peu celui des SA341F dédiée à l'appui-canon, qui s'avère d'ores et déjà problématique, pour faire la soudure avec le Tigre.

samedi 8 août 2009

Des policiers afghans tirés à l'Apache

Deux Apache de nationalité indéterminée ont tiré par erreur sur des policiers afghans, ce matin, dans la province de Ghazni. Au moins quatre policiers ont été blessés : trois sont stabilisés selon l'ISAF et le quatrième est dans un état critique.
Les Apache, à l'origine, répondait à un tir ennemi, explique l'ISAF.

vendredi 31 juillet 2009

Un vétéran de la légion répond à JC Gaudin

Le commandant (R) Constantin Lianos, président des anciens de la légion étrangère, section de Marseille-Marignane, a écrit aujourd'hui à Jean-Claude Gaudin, suite aux propos tenus par le sénateur-maire de Marseille. Le ton est juste, me semble-t-il, aussi, plutôt que de la saucissonner, en voici l'essentiel. J'ai souligné quelques passages en gras.
"Il est de mon devoir de vous faire part du choc provoqué par les propos particulièrement durs que vous avez tenus à l'encontre de la communauté militaire et de la réaction de ceux qui lui sont attachés.
"Les quelques milliers de courriels qui m'ont été adressés ces derniers jours en témoignent. Ils expriment tout à la fois déception, incompréhension, amertume, et révolte. Le fait que vos propos ont été tenus en situation de crise, dans le feu de l'action ne saurait constituer une quelconque justification. En effet, c'est dans les moments difficiles et de tension extrême que nous autres, soldats d'hier et d'aujourd'hui, jugeons nos chefs, leur sang-froid et leur capacité à faire la part des choses.
"En la circonstance, nous avons été consternés que le premier magistrat de notre cité, vice-président du Sénat, puisse faire reproche à nos soldats de s'entrainer au tir, en été, sur un terrain militaire implanté aux portes de Marseille. C'est oublier que les talibans en Afghanistan ne font pas relâche en période estivale et que les légionnaires qui patrouillent en Gare Saint-Charles, dans le cadre du dispositif Vigipirate, doivent avoir une parfaite maîtrise de leur arme de dotation, ce qui suppose un entrainement régulier au tir.
Enfin en stigmatisant les «militaires" vous avez certainement oublié que les marins pompiers qui, lors de votre intervention radiotélévisé, luttaient contre les flammes, relèvent de cette grande famille militaire. Ils ont dû apprécier.
"Sachez que nous sommes parfaitement conscients que le terrible incendie qui a dévasté un site que nous affectionnons, a pour origine la non-observation de consignes strictes. Son auteur sera sanctionné comme il se doit. C'est la loi. Pour autant, il conviendra d'avoir alors, bien présent à l'esprit qu'il s'agit d'un très bon sous-officier, courageux au combat (il est titulaire de la Médaille Militaire et de la Croix de la Valeur Militaire avec deux citations) comme dans la vie civile (il a été décoré pour acte de courage et de dévouement). Il est tout, sauf un «imbécile". (...)
"Je m'emploierai, comme par le passé à encourager la très importante communauté légionnaire à participer aux grands rassemblements patriotiques de notre cité.
Pour autant, je crains fort que les propos que vous avez tenus à l'encontre des militaires n’aient entamé quelque peu leur enthousiasme."

mercredi 29 juillet 2009

Un Dustoff mord la poussière


Un Medevac a été la cible d'un tir d'insurgés, cet après-midi, dans le sud-afghan, vient de dévoiler l'ISAF, sans évoquer ni le type ni la nationalité. L'appareil, vraisemblablement un Blackhawk, venait extraire des blessés d'un convoi attaqué à l'IED -aucune nationalité n'est encore donnée- quand il a été touché par les insurgés. Aucune indication n'a été livré sur le type d'armes des insurgés. Les blessés, dont le nombre n'a pas été précisé, ont été extraits par l'hélicoptère d'escorte. Le Medevac, lui, n'a plus quitté le sol. L'ISAF, comme souvent, ne donne pas plus de précisions pour l'instant.

Nos photos : décollage sur alerte d'un HH-60H de l'USAF, à Bagram, en août 2008 (crédit : USAF/staff sgt. Samuel Morse). Plus bas, une attaque par IED dans l'est afghan, photographiée par une unité américaine, le road cleaning patrol (RCP) 5 du 951st Sapper de la garde nationale du Wisconsin, qui lutte précisément contre ces engins. La légende qui accompagne ce cliché précise que tout le monde s'en est sorti indemne (crédit : MSgt Chris Haylett/ISAF).

Carpiagne : le sous-off seul en cause dit l'EMAT

Les conclusions de l'enquête de commandement ont été rendues publiques en cette fin d'après-midi, après que tous les termes aient été pesés et soupesés, tout au long de la journée. Finalement, le rapport ne cible que le seul adjudant du 1er régiment étranger. Pour son malheur, tout l'accable apparemment : il sera donc puni, sévèrement. C'est un conseil d'enquête qui statuera. Suspendu, pendant une année au maximum, voire tout bonnement écarté, avec résiliation de contrat.
Les conclusions font également une part au profil du sous-officier. On rappelle notamment qu'il bénéficie d'une "très grande expérience opérationnelle", il revenait d'ailleurs d'Afghanistan, peut-être comme OMLT, ce que le rapport ne dit pas. Titulaire de la médaille militaire, l'adjudant a également reçu deux citations pour faits de guerre (on n'en sait pas plus) et le militaire avait même reçu une médaille pour acte de courage et de dévouement attribuée par... le préfet de PACA, pour avoir "sauvé une personne victime d'un accident de la circulation" en 2007. Seulement "sic transit gloria"...
Le général Irastorza, CEMAT, a également demandé à son bureau prévention et maîtrise des risques une enquête technique, et les résultats en sont attendus à la fin du mois d'août.
Ces décisions ne préjugent en rien de l'orientation que prendra l'enquête judiciaire, conduite par des gendarmes : l'armée de Terre tire seulement ce qui, pour elle, sont les conséquences disciplinaires du feu qui avait ravagé un peu plus de 1.000 hectares. Les gendarmes, et la justice, pourraient être d'un autre avis.

jeudi 23 juillet 2009

Carpiagne : gare aux dérapages

Difficile de faire appel à la résilience des Marseillais, quand leur vie a été menacée, et que leurs biens ont été touchés. Des pillards en ont même profité pour faire le coup de main, dans la nuit.
C'est dire que l'ambiance risque de s'alourdir encore, dans les heures qui viennent, les déclarations du matin ayant donné un peu le ton.
Sans surprise, la communication a même été reprise par Matignon, dans le courant de la journée.
Avec des victimes aussi nombreuses, il faut des têtes, et c'est celle d'un adjudant d'une quarantaine d'années, "bien noté", "très expérimenté", apprend-on aussi, qui a été trouvée. Cela ne devrait pas suffire, d'autant plus que les gendarmes ont commencé à entendre, ce matin, les huit participants de la séance de tir d'hier. Il faudra comprendre comment le feu s'est déclenché, pourquoi des munitions interdites d'emploi étaient graillées, si ce sont vraiment des traçantes qui ont allumé le feu. Pourquoi, enfin, des dispositifs d'extinction d'incendie pourtant prévus pour celà n'ont pas permis d'éteindre un feu naissant. Tout celà à quelques kilomètres seulement de l'aéroport qui héberge une partie des bombardiers d'eau.
Des questions basiques, que le premier ministre, et ses ministres de la Défense et de l'Intérieur poseront sûrement au camp de Carpiagne, cet après-midi, et qui devront trouver des réponses précises et circonstanciées.
La passion entourant le fait divers devrait amener, assez vite, avoir des éléments sur l'écheveau des responsabilités. Les résultats de l'enquête de commandement, prévus mardi, étant sans doute trop lointains pour calmer tout le monde. Théoriquement, un enquête de commandement peut incriminer une chaîne de responsabilités assez large, et le brouillard médiatique l'entourant peut aussi faire son quota de dommages collatéraux (1).
Les consignes existent, puisque le feu le plus important de la saison l'année dernière, parti du camp de Canjuers (Var), avait amené l'armée de Terre à repréciser ses positions, encore diffusées en ce début d'été.
En tout état de cause, il sera difficile d'éteindre la passion politico-médiatico-populaire. L'été est en effet vide de nouvelles, et médiatiquement, l'affaire du jour à tout pour faire un sujet à feuilletons. On le sait, ce n'est pas dans ce genre que la presse brille toujours par son excès de pédagogie et de vérifications.

(1) il faut se souvenir que cinq militaires du 3e RPIMa avaient été suspendus à l'issue de la fusillade de Carcassonne, en juin 2008, et le GCP dissous. Le CEMAT, le général Bruno Cuche, avait démissionné. Lors d'un crash de Casa, en décembre 2003, trois officiers (dont le commandant d'escadron du Vercors et le chef du CIET) avaient été relevés. Leur chef direct, le général François Beck, avait quitté son poste de commandant la force aérienne de projection, à quelques semaines de son départ programmé.

Carpiagne : première sanction

L'armée de Terre suspend un adjudant du 1er RE, directeur de tir hier au camp de Carpiagne (Bouches-du-Rhône). L'incendie qui a suivi une séance de tir a brûlé 1.300 hectares sur un front de 8 km et est venu lécher les maisons de la banlieue sud de Marseille. Plusieurs marins pompiers et policiers ont été blessés, mais par chance, le bilan n'est pas plus grave. 490 pompiers étaient engagés cette nuit.
C'était une séance de tir comme les autres, pourtant. Les instructions prévoient de ne pas utiliser de munitions traçantes, ou de fumigènes, ou tout ce qui peut contribuer à allumer un feu. "Le rappel des consignes a été fait" nous affirme le chef du Sirpa Terre, le colonel Benoît Royal, qui ajoute que les militaires ont "tenté d'éteindre le feu, mais ont été débordés". Le feu a pris juste après la reprise des tirs, vers 13 heures, après le repas. "C'est une faute professionnelle grave" a insisté le porte-parole.
Ces traçantes interdites d'usage font pourtant partie des barettes de munitions distribuées aux soldats, ce qui peut paraître étonnant. Ces barettes permettent entre autres d'effectuer un comptage précis des munitions -un sujet sensible dans l'armée de Terre après l'incident de juin 2008- : sur les dix munitions, deux sont traçantes.
La façon la plus simple serait de ne pas distribuer ces barettes telles quelles dans les situations de type Carpiagne, mais le discernement et l'autorité du directeur de tir suffisent normalement à les exlure du tir.
Seulement, ce n'est pas ce qui s'est passé hier, à Carpiagne. Une enquête de commandement diligentée par le général commandant la région Terre Sud Est doit déterminer les responsabilités, et éventuellement, d'autres sanctions internes. La pratique issue des évènements de juin avait été très précisément décrite par le CEMAT : en cas de problème, outre le responsable direct, ses supérieurs (chef de corps, chef de bureau opérations instructions, chef d'unité, notamment) pouvaient être amenés, tous, à répondre du comportement de leur subordonnés.
Ceci s'ajoute, évidemment, à l'enquête menée par la gendarmerie d'Aubagne (avec la SR de Marseille), et les responsabilités pourraient évidemment être appréciées différemment. Car légalement, chaque tireur qui a percuté une traçante peut éventuellement être incriminé.
Tout ceci intervient dans un contexte pour le moins tendu : la population est évidemment retournée, et les élus locaux, dès ce matin, n'ont pas manqué de faire connaître leur colère. Michel Sappin, préfet de région PACA (et directeur de la sécurité civile, de 1999 à 2002), s'est insurgé, sur RTL, sur "l'imbécilité du geste (...) Les militaires ne doivent pas considérer qu'ils sont au-dessus des lois (...) il y aura des poursuites "a prévenu le responsable de l'Etat dans la région. Guy Tessier, député (UMP) des Bouches-du-Rhône mais surtout président de la commission de Défense a dénoncé sur BFM TV une "espèce de légèreté".
François Fillon -attendu aujourd'hui sur le tour-, Hervé Morin et Brice Hortefeux se rendent, ce jour, à Marseille.