jeudi 28 février 2013

In mémoriam SCH Tirvaudey / ADC Delobel (EMHM)

L'EMHM a diffusé les biographies et photos de ses deux-aspirants guides morts hier. Le sergent-chef Maxime Tirvaudey, 26 ans s'était engagé en 2005 au 7e BCA, puis avait été projeté deux ans plus tard en 2007 en RCI. Il y désengage son groupe de combat d'une foule hostile, et reçoit un témoignage de satisfaction du EMA "pour son action courageuse". Il avait rejoint l'EMHM en 2012 et terminait son cursus de guide de haute montagne.
L'adjudant-chef Bruno Delobel, 40 ans s'était engagé en 1992, puis avait rejoint le 27e BCA. En 2000, il est muté au 7e BCA où il rejoint, deux ans plus tard, le GCM régimentaire. Il est chef d'équipe en août 2003. Il aura servi au Liban (2000, 2006), en Guyane (2001), en RCI (2003, 2005) et en Afghanistan (2007). Il avait rejoit l'EMHM en juillet 2008. Lui aussi achevait son cursus de guide de haute montagne. Il était marié et père de deux enfants.

130 djihadistes tués dans l'Adrar

Souvent avare des entailles effectuées dans les rangs des djihadistes, l'EMA a néanmoins revendiqué ce matin un chiffre de 130 morts infligés en quelques jours chez l'adversaire. Ce chiffre comprend 90 tués par les Tchadiens, et 40 par les forces françaises.
L'aviation serait responsable d'une bonne partie. Une soixantaine de sorties ont été réalisées en une semaine, mais aucune consommation de feu n'a été dévoilée. L'EMA assure cependant qu'une trentaine de plots logistiques ont été détruits, ainsi qu'une quinzaine de pickup, et un BRDM-2, qui s'ajoute à celui déjà touché par une patrouille de Mirage F1CR en janvier.
Selon cette même source, les combattants actuellement combattus par la France dans l'Adrar appartiennent à Al-Qaeda, ce qui pourrait expliquer leur motivation et leur niveau de détermination. L'EMA constate que ces combattants ont "valorisé" le terrain par des postes de défense, et sans doute, des stocks divers.
1.200 Français, soit un peu moins du tiers des effectifs français au Mali est engagé dans l'Adrar, aux côtés de 800 Tchadiens. Cette zone d'action, dont certains points sont difficiles d'accès, ferait environ 25 kilomètres sur 25, avec des pics culminant à moins de 600 mètres.

Serval : deux stratevac

Le CPCO a déclenché hier deux STRATEVAC, après deux évènements intervenus au Mali. Le premier évènement concerne l'explosion d'une mine sur un VBL, dans l'Adrar, où se déroulent les combats contre AQMI. Deux militaires ont été blessés, dont un légèrement. Le militaire le plus grièvement blessé -on ignore son régiment et son état- fait l'objet de la première STRATEVAC.
La deuxième porte sur deux blessés touchés hier à Tombouctou par l'explosion d'une grenade dans un VBL. Deux des trois personnels ont été assez sérieusement blessés, et sont donc stratévaqués. Des évènements de ce type sont déjà intervenus en Afghanistan, avec des conséquences plus graves encore.
Ces deux vols médicaux ne sont pas pour autant les premiers de l'opérations Serval. Mais ce sont par contre les premiers liés aux conséquences des combats.
Les STRATEVAC sont réalisés par des avions de l'ETEC, qui concourent aussi au transport des autorités gouvernementales. En moyenne, l'ETEC faisait une STRATEVAC par semaine au pic d'activité de l'Afghanistan.

mercredi 27 février 2013

Chute mortelle de deux instructeurs de l'EMHM

Après l'ADC Raphaël Lalevée, deux instructeurs de l'école militaire de haute montagne sont morts aujourd'hui dans le Mont-Blanc. Les deux sous-officiers ont fait une chute mortelle alors qu'ils évoluaient en crampons et piolets, indique l'EMHM. Il s'agit de l'adjudant-chef Bruno Delobel et du sergent-chef Maxime Tirvaudey, qui réalisaient une course dans leur progression vers la qualification de guide. Ils étaient tous les deux d'anciens personnels du 7e BCA. L'un deux avait servi au GCM, et avait notamment été déployé comme OMLT en Afghanistan.
Le PGHM de Chamonix s'est chargé de retrouver leurs dépouilles et de les évacuer.

Serval : déjà plus de 5.000 militaires disait JYLD

"Un peu plus de 5.000" militaires sont déjà mobilisés par l'opération Serval, a estimé le ministre de la Défense devant les députés, ce qui confirme des valeurs déjà annoncées par ce blog. Mais ce chiffre remonte déjà au 6... février, le compte-rendu de son audition vient seulement d'être rendu disponible. Depuis cette date, des capacités supplémentaires ont été injectées dans Serval (1), ce qui fait qu'on est sans doute aujourd'hui pas loin des 5.500. Le chiffre ministériel prend en compte les capacités engagées directement au profit de Serval, y compris celles qui ne sont pas basées au Mali-même.
Constatons qu'officiellement en tout cas, la barrière psychologique des 4.000  soldats au Mali n'a pas été franchie. Ce "plafond" de 4.000 était déjà un problème de communication pendant les opérations en Afghanistan, même s'il y a évidemment été franchi.
Dans la même audition, le ministre donne le détail des 70 MEUR de surcoûts qui étaient à l'époque annoncés pour Serval : 50 MEUR pour le transport stratégique (malgré l'appoint de C-17 de cinq pays...), 5 à 10 MEUR pour le carburant aéronautique, 5 MEUR pour les munitions tirées (moins de 200 bombes à l'époque) ; 5 MEUR de primes opex ; 3 MEUR pour le fonctionnement courant.
Selon lui, le surcoût atteindrait les 200 MEUR pour quatre mois d'opérations : on sait que déjà 100 MEUR ont été consommés sur les quarante premiers jours.
Le 14 février, l'EMA estimait que 10.025 militaires français étaient en opex, dont 4.000 au Mali dans le cadre de Serval.

(1) le 6 février, le ministre déclarait pourtant que l'opération avait atteint "son format maximal".