vendredi 15 octobre 2010

Les trois bulles de l'armée de l'air

Un Rafale de Saint-Dizier, scramblé de Mont-de-Marsan, intercepte un A310 de l'Estérel, mercredi, lors d'un entraînement Renegate. (crédit : Jean-Marc Tanguy)

L'armée de l'air va conduire trois DPSA simultanés, dans les jours à venir. Deux de ces dispositifs particuliers de sûreté aérienne protègeront un G3 à Deauville (France-Allemagne-Russie) et le sommet de la francophonie, à Montreux (Suisse). Dans ce dernier cas, la France couvrira la Suisse côté ouest : c'est donc une mission d'assistance.
Rappelons que c'est la protection du sommet d'Evian, en juin 2003, qui avait renforcé les relations franco-suisses en matière de sûreté aérienne, lançant une série d'accords transfrontaliers entre la France et ses riverains. Des Mirage 2000 avaient été déployés en Suisse même, à Payerne.
Le contrat opérationnel de l'armée de l'air intègre trois DPSA simultanés : si le cas présenté dans les jours à venir est plutôt rare, en terme d'occurrence, il n'est pas, pour autant, exceptionnel, en terme de réponse.
Un DPSA intègre à la fois une surveillance accrue de l'espace aérien dans une zone et un créneau donnés, et le renforcement des effecteurs (chasseurs, hélicoptères, éventuellement missiles sol-air) disponibles sur très court délai. C'est le commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA) du général Gilles Desclaux qui est chargé de la planification et de la conduite des DPSA.
En outre, l'espace aérien français est actuellement veillé par quatre plots de permanence opérationnelle (PO), comptant chacun quatre paires de chasseurs, dont deux Rafale.

Le million (ou 100.000)

La sécurité civile a franchi le million d'heures de vol (ou 100.000, la communication de la DSC vient de réduire le chiffre...) sur EC145 en juillet, mais on ne l'apprend que maintenant, trois mois plus tard : sûrement le choix d'une stratégie de com' bien réflechie. A force de cacher l'activité de ces hélicoptères (1), plus personne ne sait plus vraiment ce qu'ils font.

(1) dont l'activité principale est de sauver, rien de bien secret, donc.

jeudi 14 octobre 2010

3.750+150+... = 3.750

Le président l'a dit, le volume de forces françaises en Afghanistan ne dépassera pas les 4.000, donc, malgré l'arrivée, cet été, de 150 Lillois, et de tout ce qui a pu débouler chez les insolents depuis janvier dernier, il n'y a toujours pas plus de Français que ce chiffre-référence. A l'EMA, on soutient même que pour l'instant, l'effectif est plutôt calé sur 3.750 pax en croisière (1), et on n'atteindrait les "4.000" que fin 2010.
Plusieurs éléments nouveaux sont donc apparus. A commencer par les 180 éléments du CRR-FR de Lille, parmi lesqueles 30 étrangers, injectés dans le HQ ISAF, à Kaboul, pour six mois, depuis cet été. Mais ces effectifs ne sont pas comptés dans l'enveloppe (2). Cette injection d'effectifs n'avait pas fait l'objet de la moindre évocation, apparemment pour éviter de troubler les commentateurs, et, vraisemblablement, les détracteurs de l'engagement français.
Notez enfin que le C-135FR, anciennement à Manas, relocalisé au printemps à Douchanbe est finalement, maintenant, aux EAU, sur la base aérienne 104. L'envoi d'un deuxième a été étudié, pour appuyer le déploiement du groupe aéronaval français, de mi-novembre à fin décembre.

(1) suivant l'argument, qui se tient, que le volume fluctue en permanence au gré des relèves.
(2) au contraire des quelques 80 insérés français dans les états-majors du théâtre, et notamment l'IJC (en charge de la guerre au quotidien).

L'OMLT d'Oruzgan revient à l'est de Kaboul

L'OMLT française opérant en Oruzgan (sud de l'Afghanistan) va définitivement revenir en zone française, à l'est de Kaboul. L'EMA défend ce déménagement par un principe de cohérence : mieux vaut concentrer les sept OMLT tricolores dans la même zone (Surobi/Kapisa), où quatre POMLT opèrent déjà par ailleurs.
La formation des forces de sécurité afghanes mobilise 600 militaires français en Afghanistan (plus quelques uns aux EAU), soit un poste sur sept.

A peine parti, le GAN revient au port (actualisé)

Un souci d'origine électrique oblige le groupe aéronaval à rentrer au port, alors qu'il partait pour l'océan Indien. La décision a été prise très tôt, ce matin.
L'indisponibilité ne devrait durer que quelques jours, espère la marine, qui assure que tout sera réglé "ce weekend". Et que le groupe aéronaval reprendra la mer la semaine prochaine. Ce décalage ne devrait "pas avoir d'impact" sur le créneau afghan (mi-novembre-fin décembre) du Charles-de-Gaulle. Selon les premières précisions, le souci reste limité, mais très proche de son port-base, le GAN a préféré y revenir pour réparer.
Le souci porterait sur un "défaut d'isolement dans une armoire électrique qui commande des soupapes, au niveau de la propulsion", selon la formule qui vient d'être diffusée par l'état-major.
C'est "dans la nuit" qu'il aurait été détecté par le système automatique de contrôle, "une armoire n'affichant pas le niveau nominal en ohms". Du fait de la salinité ambiante, le contrôle des isolations sur les armoires électriques serait "un vrai problème", intrinsèque aux navires, d'où le contrôle physique effectué par les électiciens, sur la plupart des navires ; il est donc automatisé sur le PACDG.