dimanche 4 janvier 2026

Les Rafale frappent Daech en Syrie (actualisé-1, 11h08)

La France rappelle qu'elle peut frapper où elle veut et quand elle veut. Le moment n'est sans doute pas

choisi au hasard : les frappes réalisées en Syrie contre des objectifs fixes occupés par Daech ont été menées avec les Britanniques, cette nuit.

Fidèle à sa position, la France -qui n'a communiqué qu'après que la Grande-Bretagne lui a grillé la politesse- ne détaille pas la nature des objectifs, ni la répartition des cibles. Les deux pays ont été en pointe dans le combat contre Daech depuis 2014 et le régime de Bachar Al-Assad, parfois plus que les Etats-Unis Les frappes de cette nuit interviennent après des frappes analogues, dans la zone, par les forces américaines. La dernière frappe aérienne française était intervenue il y a un an. Mais les moyens disponibles sur place dans la main du CEMA permettent toutes sortes d'actions.

Comme souvent, tout est dans le suggestif, dans la communication opérationnelle française. Le porte-parole du CEMA, le colonel Guillaume Vernet, un aviateur, consent juste à reconnaître que "plusieurs Rafale" ont été impliqués. La vidéo diffusée par l'EMA montre un Rafale manifestement décollé de la base aérienne projetée de Jordanie, à quelques kilomètres de ses cibles. L'appareil, dont les caractéristiques semblent correspondre à ceux de la 30e EC, est armé d'AASM à guidage inertiel/GPS, une arme très adaptée à des frappes discrètes, qui ne fournissent pas d'aveertissement. Les Typhoon britanniques ont tiré des Paveway IV.

La BAPJ a été visitée par le CEMAAE à Noël (le seul CEM d'armée à être allé au contact de ses troupes à ce moment-là). Cette base permet une permanence de la mission ISR et de la capacité de neutralisation : elle est disponible 100% du temps, 24h sur 24, 7 jours sur 7, et fonctionne au courant électrique et au fuel.

Le porte-parole ne détaille pas à ce stade les aéronefs français impliqués dans le processus de ciblage et le soutien en temps réel. Les Reaper de la 33e ESRA, dont j'avais dévoilé, dans Air et Cosmos, le déploiement dans la région, ont manifestement été mis à profit. L'EMA maintient aussi dans la zone une task force du COS, et en Irak, une compagnie de protection autour du français qui commande les éléments de l'OTAN.

Le tout est dirigé par un senior national représentative qui connaît à la fois bien ce théâtre et les Rafale (qu'il a lui-même piloté par le passé), notamment dans la mission de luttre contre le terrorisme.

A noter que les Britanniques ont revendiqué l'attaque à 23h26, sans doute après que tous les aéronefs sont rentrés à leur base (il faut l'espérer en tout cas). Sans évoquer une seule fois la participation française. Le patron de la com opérationnelle outre-Manche est un général de division, avec des centaines de personnels à son service. 

En France, il n'a qu'une quinzaine de personnels sous ses ordres directs, est colonel (potentiellement généralisable mais ce n'est pas une règle), avec des boucles de validation ministérielle notablement plus longues qu'à Londres. De quoi tirer d'intéressants retex, donc, et pas que dans le cinétique ou la coopération franco-britannique. A l'heure où le premier ministre veut redonner de la vigueur à sa com, et la faire coûter moins chère.

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