Les principaux thèmes du blog

100 ans de l'aéronavale 11e BP 14 juillet 14-juillet 27e BIM 2e REP 65 ans du débarquement 70 ans du D-DAY 75 ans de l'armée de l'Air A400M Accident Accidents aériens acm adaptation réactive aéromobilité aéronavale Afghanistan afrique AIA airbus Airbus Military ALAT Allemagne Aquitaine armée de l'Air armée de terre artillerie Atlas australie BAE Systems balardgone bases de défense Belgique billet d'humeur blessés BPC Brésil BRI BSS Budget CABAT Canada cavalerie CEMA cemaa CEMAT cemm Chammal Chef des armées Colloque com 2.0 Com' opérationnelle commandos marine commémoration coopération européenne COS CPA cvm cyberdéfense Dassault Aviation DCI DCNS DCRI Débarquement de Provence décorations DGA DGSE dicod Dissuasion djibouti douanes DPSA DPSD DRM Drones EADS EAU Ebola économies budgétaires Egypte EI élection présidentielle EMA Espace espagne Euro Eurocopter euronaval Eurosatory Export Externalisation FAS Fazsoi femmes flotte gouvernementale forces spéciales Gabon gendarmerie gicat GIGN golfe persique Grande-Bretagne Guyane haïti harmattan hélicoptères IMFEAU in memoriam Inde Industrie de défense Irak ISAF jordanie justice légion étrangère les exclus du Mamouth Liban Libye livres louvois lutte contre le terrorisme Mali marine MBDA MCO media milipol Mindef minint missiles mort au combat musée narcotrafic nato Nexter Niger nigéria nominations OMLT Opint otages OTAN pacdg PAF parachutistes parlement phrase de la semaine Piraterie plan de relance PME police pologne pomlt PPS prémar premier ministre PTSD Rafale RAID rca RCI reconversion Recrutement réductions budgétaires renseignement réserve RESEVAC ressources humaines restructurations Royale RTD Sagem salon du Bourget Sangaris santé SAR sécurité civile Sentinelle serval SIAe Syrie tchad Thales Tigre UE UK urgence opérations USA Uzbeen VBCI Vigipirate

dimanche 2 février 2020

5100 oui, mais...

Les 600 militaires engagés en renfort de Barkhane en l'espace de quelques semaines peuvent sembler
peu de choses à l'échelle des armées, mais cette mobilisation supplémentaire aura plusieurs prix. Revue de coûts, du stratégique au tactique :
. Les surcoûts opex vont connaître une nouvelle envolée, et tutoyer le milliard et demi d'euros. Une somme que le ministère des armées aura à payer seul.
. De l'usure de matériel : on l'oublie souvent dans ces fameux surcoûts, l'usure du matériel (potentiellement, du personnel, en blessures physique et surtout morales) va encore s'accentuer. Car le matériel s'use plusieurs fois plus vite au Sahel que sur d'autres théâtres, et aussi, qu'en métropole. On peut toujours constater que les VAB sont en fin de vie, que les VBL aussi. Mais le niveau de protection nécessaire pour les opérations au Sahel ne concerne que des véhicules spécifiques, et pas des véhicules lambda (dont l'armée de terre n'a que faire). L'équation n'est donc pas si évidente.
. Au niveau local, loger et alimenter (nourrir, hydrater) 600 corps de plus, auxquels s'ajoutent bientôt les plus de 400 de la TF Takuba tient d'un nouvel effort logistique. Coûteux en euros, car on est au milieu du désert. Mais aussi en logistique, car il faut acheminer le nécessaire en convois routiers. On le sait, c'est déjà un des défauts de cuirasse de Barkhane (sauf à utiliser le... fleuve, plus difficile à miner).
. Incidemment, les relèves vont devoir s'étaler sur encore plus de temps, puisque le nombre d'avions blancs a, dans les faits baissé (un A310 en moins, alors que les Phénix ne prennent pas encore la ligne opex). Cela va donc encore plus troubler l'engagement opérationnel.
. 600 hommes de plus ne changent pas grand chose à la construction d'un mandat de quatre mois : à 4500, un personnel des groupements tactiques désert fait entre un mois et un mois et demi de garde. Il doit aussi en début de mandat s'acclimater, prendre ses consignes, ses quartiers, et en fin de mandat, faire ses caisses, s'occuper du matériel. Tout cela évidemment sans compter les passages éventuels à l'infirmerie, que ce soit pour des blessures de combat, ou des blessures non liées au combat, et aux maladies liées à l'environnement.
Bref, le temps utile en opérations n'est pas si élevé qu'il y paraît sur le papier. Cela milite, dans certains esprits, à un retour à des mandats de six mois, comme du temps de l'Afghanistan, pour "maximiser" le temps utile sur place.
. Avec un surcroît de moyens (qui n'ont rien non plus d'exceptionnel), le risque d'augmenter le ressenti et le besoin de résultats chez l'exécutif et une partie croissante de la population (le coût de Barkhane, c'est de l'argent en moins dans les poches des Français pensent certains d'entre eux, en fait c'est surtout une réduction structurelle des armées si on regarde les choses chirurgicalement) va encore plus augmenter, là où, Reaper et forces spéciales excepté, le "rendement" forces engagées/effets produits est toujours faible par nature, puisque le flux du renseignement est extrêmement faible. Et que le djihadiste est plus manoeuvrant et disséminable que les forces alliées.

Mes infops et photos sur le twitter @defense137.