mercredi 31 octobre 2012

Un GM406 à Nice

Le GM400, présenté au Bourget, est né dans le sud de Paris, où il est aussi fabriqué (photo Jean-Marc Tanguy)



Double victoire pour Thales : l'électronicien installe son radar 3D tout numérique GM406 sur un point stratégique de l'armée de l'air, à Nice, tout en décrochant aussi une enveloppe de MCO sur trois ans. On ne l'apprend que ce soir, mais le marché a en fait été notifié le 7 septembre dernier.

Thales avait déjà gagné un GM406 pour protéger la Guyane, dont les moyens radar étaient notoirement insuffisantes, notamment dans le cadre de la lute contre l'orpaillage et la protection du CSG de Kourou.
La famille GM400 a déjà été vendue en Allemagne, en Estonie, en Finlande, en Malaisie, en Slovénie, au Canada ainsi que dans plusieurs pays qui ne souhaitent pas que cela se sache.

St Cyr : enquête pour homicide involontaire

Le procureur de Vannes a ouvert une enquête pour homicide involontaire après la mort d'un jeune sous-lieutenant de 24 ans, procédure qui doit être transmise au parquet de Rennes. Il a refuté un contexte de bizutage, mais a constaté que les mesures de sécurité de la traverséee de l'étang, fatale à l'officier, n'étaient pas suffisantes.
Il a donc suivi les demandes de l'avocate de la famille, Me Marie-Laure Ingouf, qui très tôt a évoqué des "zones d'ombres" dans la mort de Jallal Hami et un "vrai manquement aux règles de sécurité et de prudence".
Parmi les nouveaux éléments sortis de l'ombre dans la journée, le procureur a confirmé l'absence de cadres sur cette "transmission de traditions", une absence étonnante si l'on part du principe qu'elle fait partie du cursus de formation comme l'armée de terre l'expliquait hier.
La fameuse panne de courant serait intervenue après la disparition du jeune homme. Ce dernier serait resté introuvable pendant une heure, avant qu'on ne retrouve son corps.

mardi 30 octobre 2012

Cri d'alarme du CEMAT (suite)

A peine deux mois après un premier passage à l'assemblée, difficile de trouver des éléments d'optimisme dans la nouvelle audition du CEMAT à la commission de défens. Est-ce l'amoncellement de mauvaises nouvelles, ce n'est que 13 jours après l'audition à l'assemblée nationale que le script est enfin disponible sur le site internet. Le document dénote le passage de l'armée de terre en côte d'alerte comme le dénotent les passages qui suivent.L'armée de terre paie le plus dans les reports et annulations de crédits estime le patron de l'armée de terre : "dans ce processus de recherche d’économies de court terme, elle supportera, en 2013, une grande part des efforts du ministère. (...) sur les années 2012 et 2013, l’armée de terre devra contribuer à hauteur d’environ 40 % du total des reports ou annulations en autorisations d’engagement ainsi que des crédits de paiement. Cet effort apparaît encore plus disproportionné pour la seule année 2013, avec une part dans la réduction des engagements estimée à 76 %. Cela s’explique par ses nombreux petits programmes particulièrement propices aux économies de court terme et par le fait que plusieurs programmes majeurs tels Scorpion et le porteur polyvalent terrestre (PPT), n’ayant pas encore été notifiés, pouvaient donc être décalés. Le plan des autorisations d’engagement 2013 devrait ainsi maintenir les seuls investissements prévus les années précédentes et geler toutes les commandes initialement prévues en 2013, pour un montant de 546 millions d’euros".
Le CEMAT explique plus loin que ces  reports limiteront fortement la capacité d'action. Ainsi, l'armée de terre sera incapable de projeter plus de quatre hélicoptères Caïman jusqu'à fin 2016, ce qui témoigne d'un agrravation rapide des agrégats. Car en recevant le premier Caïman dans l'ALAT, en début... d'année 2012, le même CEMAT croyait encore à la possibilité de les envoyer en Afghanistan avant le départ de la France. Le général Ract-Madoux rappelle encore la nécessité de livrer la 2e tranche de Caïman afin "d'éviter une rutpure capacitaire imminente".
Le patron de l'armée de terre continue dans les mauvaises nouvelles en expliquant que la contribution de l'armée de terre aux réductions d'effectifs "ira ainsi au-delà de l’objectif fixé par la loi de programmation militaire (environ 2 700 postes en 2013) en raison d’une accentuation de la pente de déflation, consécutive aux décisions contenues dans la lettre plafond de cet été". Bien maigre compensation, "cet effort supplémentaire et ponctuel a été qualifié d’avance sur les déflations prévues en 2014 et 2015".
Le surplus d'effort (825 postes) concernera "plusieurs fonctions opérationnelles" dont "notamment l'infanterie".
Le CEMAT a aussi évoqué le transfert de la STAT à Bourges, pourtant prévu dans la nouvelle carte des implantations de 2008 et qui n'est "sans doute pas d'actualité".

L'élève est mort lors d'une "transmissions de traditions" (actualisé-3)

Le procureur de la République a évoqué ce soir la mort d'un élève-officier de l'armée de terre, expliquant qu'elle était intervenue lors d'une "transmission de traditions", un euphémisme pour un bizutage (1). ll s'agissait de traverser à la nage un étang large d'une cinquantaine de mètres. L'élève en est donc mort, pour une épreuve qui ne faisait pas partie de sa formation stricto sensu.
Sans doute dans l'attente des éclaircissements du procureur, l'armée de terre avait livré une version plus allusive, néanmoins juste sur le plan factuel. Selon ses déclarations du début d'après-midi, l'élève avait péri lors d'un "franchissement nautique" qu'il effectuait "en groupe" avec ses camarades, soit une quinzaine d'élèves. Ce franchissement faisait partie de ses classes, expliquait alors l'armée de terre.
La gendarmerie doit se charger de la suite, sur le plan légal. Tandis qu'une enquête de l'inspection des armées a aussi été ouverte.
A ce stade, plusieurs inconnues demeurent : la présence ou non d'équipement de flottabilité individuel, l'absence d'alerte de la part des personnels présents, l'absence d'éclairage et l'état de fatigue du stagiaire à ce moment-là.
Jallal Hami semble avoir été particulièrement motivé pour arriver jusqu'à Saint Cyr : il était réserviste au 2e RH, où il avait déjà effectué une centaine de jours. Avec un master en affaires internationales en poche, il avait été recruté sur titre, et était sorti classé 5e de la sélection à l'ESM.
En janvier 2004, deux stagiaires africains de Saint-Cyr étaient morts lors d'une progression en montagne, qui avait été trop dure pour eux. Deux officiers de l'armée de terre avaient été condamnés, en première instance, trois ans plus tard.

(1) à défaut de bien mesurer de quelles traditions il s'agit.

Un élève de Saint-Cyr est mort

C'est un communiqué du ministre qui l'annonce : un élève de l'ESM de Saint-Cyr est mort cette nuit. L'élève-officier Jallal Hami (24 ans) est mort sur le camp de Coëtquidan (Morbihan). Cet élève avait "avait démontré un rare sens du collectif et de grandes qualités intellectuelles et morales" affirme Jean-Yves le Drian, en ajoutant qu'il terminait "une scolarité déjà brillante".
Aucun détail n'a été livré pour l'instant sur les causes de cette mort, mais l'armée de terre pourrait en dire plus dans "quelques dizaines de minutes".
Le ministre de la Défense a de son côté ordonné une enquête de commandement.