Après les scolaires, le ministre de la défense a fait lui aussi sa rentrée et ses comptes, chiffrant à 330 MEUR la facture de l'opération Harmattan. On ne sait pas trop bien ce que recouvre ce chiffre, et encore moins comment il a été calculé. Prenons-le cependant pour argent comptant, pour le comparer à des chiffres mieux établis car ce chiffre ne parle à personne. Par contre, cette facture représente ainsi :
. 73% du prix d'un BPC,
. presque autant que le surcoût du théâtre afghan en 2009 (387 MEUR),
. 1,3 fois le montant des urgences opérations en 2009,
. 2,2 fois le coût estimé du programme de lance-roquettes unitaires,
. 2,6 fois le prix d'un escadron de Leclerc,
. 3,3 fois le montant des commandes d'AT4CS en 2011,
. 4,4 fois le montant annuel de la présence militaire de la France aux EAU,
. un peu plus de 5 compagnies sur VBCI,
. près de six fois le coût de fonctionnement de l'ETEC en 2009,
. plus de 8 batteries Caesar,
. environ 13 Tigre,
. 25 hôpitaux rôle 3 type Kaboul,
. 660 embaracations Ecume pour commandos marine,
. 110 VBCI,
. plus de 8.700 heures de Patrouille de France.
Traduit ainsi, évidemment, cela donne le tournis. Rappelons que les factures sont normalement payées par une enveloppe elle-même abondée par la réserve interministérielle, plutôt que de taper, comme à l'habitude, dans le budget "équipements" (1). Néanmoins, il y a toujours des sceptiques sur l'état d'abondement de cette réserve, et particulièrement par les temps de rigueurs budgétaires. Evidemment, on pourra toujours me rétorquer que ces opérations ont sauvé des vies libyennes (c'est évident), démontré l'excellence de nos matériels et de nos militaires (je n'avais pas trop de doutes), et que nos grands groupes vont y gagner. On aura cependant du mal à gagner en impôts sur les sociétés ce qu'on aura perdu de l'autre.
Vu le contexte, on pourrait même présenter une facture pour ces 330 MEUR (2).
A suivre...
(1) ce que le Premier ministre vient de faire, mais pour la bonne cause : régler une vieille dette taïwanaise. S'il vous manque du matériel, vous pouvez donc écrire aux responsables politiques et économiques qui étaient aux affaires à l'époque du contrat en question : eux n'ont rien payé.
(2) l'Arabie Saoudite avait, rappelons-le, réglé pas mal de factures, en 1990-1991. Et à la même époque, des pays qui ne s'étaient pas engagés militairement -Allemagne, Japon- en avaient aussi réglé quelques autres. A qui, dès lors, présenter notre facture : à l'Allemagne, membre de l'OTAN qui a brillé par son absence, ou la Libye, pays riche ? Ou à l'ONU, qui avait voté la résolution qui a tout déclenché ?
par le journaliste Jean-Marc Tanguy - Twitter @Defense137 - 9253 posts depuis avril 2009 - 81,92 millions de pages vues depuis juin 2010.
mardi 6 septembre 2011
Des clopinettes (ou presque...)
Coco... reco
On l'a vu vendredi, avec plus de 700 sorties de reconnaissance, rien que l'armée de l'air a fourni une part non négligeable du renseignement image de l'OTAN, et d'autant qu'une partie de ce volume a aussi permis de tasker plus rapidement la chasse.
Mais c'est aussi le hic de l'affaire, avec beaucoup plus de volume, c'est au niveau des interprètes-photos que cela coince, et pis encore, des analystes, qui traduisent le renseignement en cibles.
Mais c'est aussi le hic de l'affaire, avec beaucoup plus de volume, c'est au niveau des interprètes-photos que cela coince, et pis encore, des analystes, qui traduisent le renseignement en cibles.
lundi 5 septembre 2011
La bascule
Deux SEM tigrés de la 11F lors du Nato Tiger Meet, avec un Rafale de la 12F (crédit : Vinot-Préfontaine).
La flottille 11F basculera officiellement sur Rafale le 22 septembre prochain. Cette bascule était prévue de longue date, et ne laissera plus qu'une flottille, la 17F, sur SEM. Les derniers appareils de ce type devraient survivre jusqu'en 2015.
Trois jours plus tôt, le 19 septembre, les trois flottilles de chasse changeront également toutes les trois de pacha.
dimanche 4 septembre 2011
Dans l'univers des pianistes
En France, ils n'avaient qu'une espérance de vie de 6 mois. C'est, entre autres réalités, ce que rappelle le fils de résistant Jean-Louis Perquin dans un livre-hommage aux "pianistes", les opérateurs radios clandestins de la France Libre opérant en France occupée, dont une partie était issue des premiers parachutistes FFL. L'auteur rappelle le seul bilan du BCRA -l'ancêtre de l'actuelle DGSE- : 8 tués sur 11 en 1941, 12 sur 15 en 1942, et 15 sur 19 en 1943.
Georges Begué est le premier opérateur parachuté en France, dans la nuit du 5 au 6 mai 1941, près de Châteauroux et l'auteur raconte plusieurs trajectoires de ces hommes et femmes dont la plupart se savaient condamnés par avance.
Sur plus de 110 pages, une bonne moitié est aussi consacrée au matériel utilisé à l'époque pour ces transmissions clandestines, et, nerf de tout, les sources d'énergie utilisées.
Les opérateurs radio clandestins, Histoire & Collections, 24,95 EUR. 300 photos.
Georges Begué est le premier opérateur parachuté en France, dans la nuit du 5 au 6 mai 1941, près de Châteauroux et l'auteur raconte plusieurs trajectoires de ces hommes et femmes dont la plupart se savaient condamnés par avance.
Sur plus de 110 pages, une bonne moitié est aussi consacrée au matériel utilisé à l'époque pour ces transmissions clandestines, et, nerf de tout, les sources d'énergie utilisées.
Les opérateurs radio clandestins, Histoire & Collections, 24,95 EUR. 300 photos.
samedi 3 septembre 2011
Drôle de jour pour une annonce
C'est la permanence du weekend de l'Elysée qui diffuse une annonce qui ne pouvait donc pas attendre (1) : le président a demandé au SGDSN de conduire "dès à présent" une réflexion "interministérielle sur l'évolution du contexte stratégique depuis 2008".
Je ne suis pas géopoliticien, mais j'ai l'impression que ce sont surtout les moyens qui ont été modifiés depuis 2008 : beaucoup moins de points d'appui dans le monde, moins de bataillons, moins de frégates, et moins d'avions. Et toujours pas plus de drones. Les ravitailleurs, eux, ont trois ans de plus (cinquante ans en 2014)...
Bref, comme le demandaient (seulement) un ou deux députés socialistes, on peut estimer, en effet, qu'une actualisation anticipée du LBDSN n'est peut-être pas de trop.
Le communiqué fixe un objectif particulièrement ambitieux : "produire un document interministériel d’évaluation stratégique qui sera présenté aux commissions compétentes du Parlement puis validé par le Conseil de défense et de sécurité nationale à la fin de l’année 2011". Dans quatre mois : bigre !
(1) peut-être pour couper l'herbe sous le pied à des déclarations prévues la semaine prochaine lors d'un congrès, à Rennes...
Je ne suis pas géopoliticien, mais j'ai l'impression que ce sont surtout les moyens qui ont été modifiés depuis 2008 : beaucoup moins de points d'appui dans le monde, moins de bataillons, moins de frégates, et moins d'avions. Et toujours pas plus de drones. Les ravitailleurs, eux, ont trois ans de plus (cinquante ans en 2014)...
Bref, comme le demandaient (seulement) un ou deux députés socialistes, on peut estimer, en effet, qu'une actualisation anticipée du LBDSN n'est peut-être pas de trop.
Le communiqué fixe un objectif particulièrement ambitieux : "produire un document interministériel d’évaluation stratégique qui sera présenté aux commissions compétentes du Parlement puis validé par le Conseil de défense et de sécurité nationale à la fin de l’année 2011". Dans quatre mois : bigre !
(1) peut-être pour couper l'herbe sous le pied à des déclarations prévues la semaine prochaine lors d'un congrès, à Rennes...
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