mercredi 14 juillet 2010

Etrange

Etrange réception hier soir dans les jardins de l'hôtel de Brienne, pour le 14-juillet. Hervé Morin défend d'abord cet évènement qu'il a tenu à conserver, à contre-courant des économies gouvernementales. Devant lui, les responsables des pays africains qui arrivent peu à peu. Dans la masse compacte de civils et de militaires qu'il a en face de lui, un premier bloc de civils : les familles qui ont perdu un des leurs cette année. Monsieur Michal Hutnik est là, Madame Cocol est là, madame Hivin-Gérard est là, entourés de marsouins, de légionnaires et de paras, les frères d'armes de leurs fils et époux.
A côté, des blessés, mutilés de l'Afghanistan, souvent oubliés de rapports, des points presse. Trevor Rodrigues, qui avait sauté sur un IED avec son capitaine, en mars 2009, est là. A côté de lui, un médecin du 126e RI déployé avec les OMLT, avait été grièvement touché lui aussi, il y a un an, par l'explosion d'un IED en vallée de Tangi.
Devant l'orchestre, dix militaires alignés pour recevoir la croix de la valeur militaire. Les citations, sans mention de leur unités, donnent un aperçu bref de la pointe des opérations françaises, principalement en Afghanistan. "Neutralisation d'éléments terroristes", "arrestation de chef rebelle". De mots que l'on n'entend jamais dans les compte-rendus : une guerre, non seulement, mais une guerre (re-)devenue secrète.
Commandos marine, de l'air, gendarmes, écoutent l'hommage bref.
Deux employées civiles du ministère sont également décorées.
Seulement deux membres du gouvernement sont venus assister à cette réception. Pierre Lellouche et Nadine Morano, côte à côte. Avec pour point commun de figurer dans la liste des ministrables à l'hôtel de Brienne.
Hervé Morin doit s'échapper au milieu de sa réception, convoqué à l'Elysée pour une réunion sur les otages. Les familles et blessés longuement saluées, le ministre s'échappe, avec le général Puga, chef du cabinet militaire à l'Elysée, et l'amiral Edouard Guillaud.
Dans l'assistance, moins nourrie qu'à l'habitude, peu de responsables. Au premier rang, deux gendarmes du GIGN. Plus loin, en civil, le général Jean-Louis Georgelin parle à un célèbre blogueur, derrière lui, Virginie Guyot, leader de la PAF vient d'arriver suivie de ses pilotes.
Une femme en tête d'un dispositif : pas si rare, ce matin, sur les Champs : les femmes ont pris le pouvoir, et même le drapeau, dans nombre de carrés. Qu'il s'agisse de celui de l'ENOSP, mais aussi de Saint-Cyr, de Salon-de-Provence et de Bordeaux. On me signale que c'est le major de promotion 2004 de l'école de santé navale de Bordeaux qui porte son drapeau. Pour la dernière fois sur les Champs, puisque l'école est dissoute, après 120 ans d'existence (1).
Bonne fête nationale à tous et toutes.

(1) a contrario, l'école du Val-de-Grace défile pour la première fois sur les Champs.

Notre photo : Hervé Morin décore un des deux commandos marine présents hier à Brienne. (crédit : Jean-Marc Tanguy)

mardi 13 juillet 2010

Rotary à la 27e BIM

A peine après avoir terminé leur défilé sur les Champs Elysées, plusieurs officiers de la 27e BIM vont embrayer pour de nouvelles fonctions. Le chef ops de la brigade La Fayette (TFLF), le colonel Bertrand Lavaux prend -dès le 15 juillet- le 13e BCA, dont l'actuel chef, le colonel Vincent Pons monte d'un cran, pour devenir chef d'état-major de la brigade. L'actuel titulaire du poste, qui avait également été déployé en Afghanistan comme chef d'état-major de la TFLF après avoir commandé le 2e REG, part, lui, pour le CHEM, où il retrouvera des vétérans de l'Afghanistan, comme ce blog l'avait signalé dès le 27 janvier.
On l'a dit cette semaine, le général Marcel Druart pour début août comme chef opérations à l'état-major international de l'OTAN, à Bruxelles. Son successeur est le général Hervé Wattecamps, qui fut, entre autres, CDC du 13e BCA.

Externalisations : de grosses limites en opex

Voilà qui va ravir nos logisticiens, graduellement dépecés ces dernières années par les restructurations successives, et les opposants à l'externalisation (1). Dans un article éclairant diffusé dans le dernier Héraclès qui évoque chaque mois d'intéressants retex, le chef de la division logistique de l'EMF 3 passe à la moulinette les bugs de l'externalisation enclenchée par l'opération Eufor Tchad/RCA, en 2008.
On se souvient quà l'époque, déjà, plusieurs parisiens avaient grogné sur la facture présentée pour l'externalisation d'un certain nombre de camps, mais l'article d'Héraclès porte sur des points très précis, et manifestement indiscutables. Florilège : "le retard de 6 mois dans une livraison de barbelés a soumis le camp d'Abéché - des mois durant- à des vols quotidiens de ressources opérationnelles et à une exposition inutile de son personnel. En outre, cela a imposé une surcharge de gardiennage non prévue pour des effectifs déjà contraints".
Plus loin,ce sont les forages qui en prennent pour leur grade : "dans une zone dont le contrôle était indispensable, le forage de puits a pris sept mois de retard, rendant le déploiement d'un bataillon difficile et incertain"
Mieux, le colonel rappelle que "la qualité des prestations n'est pas toujours au rendez-vous. Un transport s'est soldé (c'est le moins qu'on puisse dire, NDLR) par la déterioration de deux centrales électriques, privant le commandement de tout moyen de secours durant un mois" (2).
Fermez-le ban, sur un jugement sans doute prudent : "l'externalisation semble plus adaptée aux théatres stabilisés et doit être employée avec prudence lors des déploiements initiaux et des désengagements".
Bref, rien à voir avec le goût de la tambouille, ou la taille des écrans dans la case internet.

(1) ces deux populations ne se recoupent pas forcément.
(2) Des hélicoptéristes se souviendront également des dégâts infligés à un appareil lors d'un transport effectué sur un Antonov, mais c'était sur un transport filant un peu plus à l'est...

La Kapisa au rapport

A croire qu'il ne s'y passe jamais rien, la Kapisa figure ce midi, exceptionnellement, dans le compte rendu des opérations diffusé par l'ISAF Joint Command. L'IJC explique qu'une opération menée conjointement par l'ISAF et les forces de sécurité afghanes a interpellé cette nuit deux insurgés lors d'une opération d'arrestation d'un "commandant taliban responsable d'attaque à l'IED et d'embuscades" près de Soltan Khel Karaji, dans le district de Tagab, une zone où vient d'arriver la TF Hermes.
Le communiqué explique aussi que les soldats afghans ont utilisé un haut parleur, pour inciter les deux insurgés à sortir sans violence du coumpound où ils s'étaient réfugiés. Aucun coup de feu n'a été tiré, garantit-on. "Les femmes et enfants présents" ont même "été protégés" pendant l'action...

La 9e BLBMa se prépare à l'Afghanistan

L'état-major de la 9e BLBMa, qui succèdera à la 3e BM à la tête de la brigade La Fayette (TFLF), en novembre, a commencé début juin son cycle terminal de mise en conditions avant projection (MCP) par un exercice à Montmorillon, près de Poitiers. Pour l'occasion, l'état-major, qui comprendra une centaine de membres, a reçu son pack vitale (rudiments de tir et de premiers soins).
Des mentors de la 27e BIM, première à avoir armé l'état-major de la TFLF ont aussi pu transmettre leur expérience. Deux cas concrets, fondés sur les opérations de la TF Black Roc (13e BCA) ont d'ailleurs pu ainsi être travaillés.
Le prochain rendez-vous de la 9e BLBMa se situera en septembre, pour l'EPPA, ultime étape avant la projection en Afghanistan. Mené à Mailly, comme pour les précédents, il devrait voir la présence de mentors américains.
Les prochaines brigades à prendre armer l'état-major de la TF La Fayette seront la 11e BP, la 1ère BM et la 2e BB.
Comme ce blog l'avait expliqué, le commandement de la force terrestre (CFT) a étudié, sans issue pour l'instant, qu'une même brigade puisse à la fois armer l'état-major, les deux GTIA et les OMLT. Ce qui pourrait à la rigueur passer pour la 11e BP (grâce à quatre régiments d'infanterie) mais qui serait plus difficile ailleurs, notamment chez les alpins.