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samedi 23 octobre 2010

Liberté d'expression

Malgré des signes avant-coureurs peu encourageants, l'un des militaires interviewés jeudi matin au micro d'Europe 1 n'a finalement -et apparemment- pas été sanctionné.
C'est peu dire que le dossier que la radio a consacré aux blessés a soulevé un gros émoi, et l'armée de terre a réagi d'un bloc, comme elle sait parfois le faire, en stigmatisant l'interviewé, qui risquait donc quelques soucis. Ce sujet a frappé d'autant plus certains qu'ils sont au coeur du processus d'assistance aux blessés, qui globalement, fonctionne : le nouveau patron de la CABAT, un chef de corps concerné par plusieurs cas de blessures, etc...
Ces réactions peuvent se concevoir, tout comme celle du blessé. Il faut rappeler qui est cet homme -peu importe son régiment. Il a été blessé en sautant sur un IED, en octobre 2005, dans la région de Kaboul. C'est donc un des premiers blessés de l'armée de terre sur ce théâtre. A la même époque, les forces spéciales se font tuer, se font blesser, à l'autre bout du pays. Dans le plus grand silence médiatique.
Ce soldat, en 2005, n'a peut-être pas bénéficié des efforts que l'armée de terre mène actuellement pour aider ses blessés. Il faut le reconnaître. En tout cas, ne pas le nier, juste parce que ce militaire a osé se plaindre de son ressenti à une journaliste.
Rien, d'ailleurs, ne l'y interdit. Le statut général des militaires l'y autorise, pour autant qu'il reste à son niveau et ne se prenne pas pour le général Petraeus. Il a parlé, sans haine, de ce qu'il connaît le mieux : sa blessure.
Le CEMA a d'ailleurs encouragé, en juin, les militaires à faire rayonner dans la population ce qu'ils vivent et il faut accepter que cela ne corresponde pas toujours à un paysage idéal.
Ce militaire n'a rien fait d'autre.
Peut-on punir un militaire qui parle de sa blessure, et ne pas sanctionner un officier du CID qui écrit sur une réalité afghane qu'il n'a peut être même pas connue ?
Ou sanctionner légèrement un militaire qui met à bas des années d'effort de changement d'images de la politique de la France en Afrique ? Je peux continuer la liste, cela n'aurait pas beaucoup d'intérêt.
Non, ce blessé a servi la cause des blessés. Qui ont donc, jeudi, été évoqués deux fois dans la même journée, à des heures de grande écoute, sur Europe 1.
A une époque où les médias, la population et nos représentants politiques se désintéressent fortement de leur défense, on ne peut aller chercher des poux dans la tête de ceux qui traitent le sujet.

(1) La CABAT, cellule d'aide aux blessés, recense tous les blessés de l'armée de terre, qu'ils aient ou non quitté le service, afin de ne laisser personne sur le bord de la route. Son numéro : le 01/44/42/39/58.