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mercredi 21 février 2018

Sans aptitude, pas de PN

C'est un moment très redouté, la visite d'aptitude annuelle des personnels navigants peut bouleverser
une carrière par ailleurs sans embûches. Le caractère extrême des missions portées par les hommes et femmes de l'air exige un esprit sain... dans un corps auquel la médecine des armées ne doit trouver aucun reproche. Les aléas du corps et de la vie peuvent en faire apparaître à tout moment, comme le rappelle hier celui qui a frappé le nouveau leader de la Patrouille de France, obligé de laisser son poste.
Parmi les PN, les pilotes de chasse sont soumis aux accélérations de la pesanteur les plus fortes, donc ce sont eux qui sont les plus sévèrement auscultés. Pour avoir passé une de ces visites d'aptitude, je peux témoigner que rien, vraiment rien, n'est laissé de côté. Le pilote doit pouvoir rester maître de son aéronef dans ces conditions extrêmes d'exploitation, mais aussi et de plus en plus, sur des vols longs, avec de fortes périodes routinières, ce qu'autorise sans difficulté le Rafale. Il doit aussi être capable d'actionner l'éjection de son siège en cas de souci -personne ne le fait à sa place- et de survivre à l'éjection : dire adieu à son siège, et atterrir entier sur la terre ferme. Et parfois la flotte ferme.
La visite médicale traque donc impitoyablement tout ce qui pourrait venir compromettre ce semblant d' harmonie. Problèmes occulaires -l'oeil est le capteur de base du pilote, on l'oublie souvent...-, maladies communes pouvant surgir à tout moment et chez tout le monde, comme l'épilepsie (plus de 500 000 cas en France, plus de 100 nouveaux par jour), mais aussi d'éventuelles addictions, ou encore une mauvaise fracture ramenée des sports d'hiver. Je me souviens encore comment un de ses supérieurs priait à la seule évocation de l'addiction de son leader de PAF aux sports d'hiver. Mais on le sait, la Blanche, c'est la Blanche...
On l'a compris, cette aptitude concerne à la fois les pilotes, mais aussi les passagers, du ministre au journaliste, en passant par les cibles des soutiens exports (qui théoriquement sont astreints aux mêmes règles que les Français, pourtant difficiles à tenir...). On le sait, si MAM s'était fait photographier en grande tenue, ce n'est pas le cas de tous ses successeurs (et prédécesseurs) : la médecine a donné son avis.
Quoiqu'aucune déclaration officielle ne l'atteste, il semble que l'actuel président a lui-même volé -sur Rafale- quand il était conseiller à l'Elysée. C'est régulièrement le cas : les hommes-clés de cabinet, notamment leurs directeurs, peuvent représenter leurs supérieurs. L'actuel chef d'état-major des armées a montré tout son intérêt pour la matière, lors d'un vol en Rafale, l'an dernier. Il a pu avoir ainsi un spectre des actions qu'il demande régulièrement aux Rafale de l'armée de l'air : un vol logique, donc.
Du côté de la presse, par nature, les aptitudes restent distribuées au compte-gouttes, entre volonté de montrer l'outil et crainte d'une mauvaise statistique. Les gardiens de la mémoire sachant par exemple qu'une éjection précoce -un cas bien connu, mais pas d'un journaliste- peut vous gâcher la journée.
L'avantage de l'avion restant encore qu'il peut rester une place de libre, dans un biplace, pour le vol temps de paix en tout cas. Alors que c'est vrai, on a rarement conté la vie à bord d'un Leclerc (pas assez de places assises) ou d'une Sagaie, d'un PSM-3G. Et évidemment, d'un Reaper. 

Mes infops et photos sur le twitter @defense137.