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jeudi 12 juillet 2018

SOS hélicos (suite)

Alors que le coût du MCO a augmenté de 56% entre 2009 et 2017, seul un hélicoptère sur trois en
France est en état de décoller. Tableau un peu apocalyptique qui se creuse, chaque année, au gré des engagements opérationnels qui ne faiblissent pas, constate le sénateur Dominique de Legge dans un énième rapport sur le MCO des voilures tournantes.
L’élu propose de reprendre le calendrier originel du HIL, afin de sortir de flotte les engins les plus anciens (Alouette, Gazelle), mais il faut rappeler d’une part que les Gazelle sont parmi les plus disponibles, et qu’un appareil neuf est par construction rarement vite beaucoup disponible. En outre, d’une génération sur l’autre, les hélicoptères sont désormais de moins en moins disponibles, et il faudrait de temps en temps que de brillants budgétaires comme ingénieurs s’attachent aux causes de ce problème (pourtant facile à établir).
Le rapporteur souhaite aussi garder une place importante au SIAé, face à l’industrie privée. Il est également sceptique sur les effets de la création de la DMAé -tout comme la « verticalisation des contrats »- qui à elle seule ne règlera pas le problème. Une vraie piste réside par contre dans la fluidification de la navigabilité qui a contribué à emprisonner les opérations dans des normes civiles. J’y ajouterai que le changement des pas de maintenance est une méthode encore plus simple.
Sur les 467 aéronefs, 161 sont en chantier dans l’industrie (93 en visite, 52 en rétrofit, et 16 en classés "divers" ce qui fait beaucoup pour quelque chose d’inclassable), 135 en maintenance dans les forces (dont 22 rien qu’en attente de pièces et 17… en attente de main d’œuvre) et 171 en état de voler.
« Les armées ne seraient pas globalement en mesure de répondre intégralement et immédiatement au seuil haut de leurs contrats opérationnels » prévient le rapporteur. On ne parle même pas d’une situation saturante où il faudrait, en outre, saupoudrer les lots de déploiements et les machines… Pire une situation de ce type qui s’inscrirait dans la durée, voire, pire encore, une vraie guerre avec des pertes (définitives ou temporaires) quasi-quotidiennes, de la guerre électronique, des choses oubliées depuis longtemps…
La dispo n’est pas bonne, mais encore plus curieusement, les objectifs ne sont pas forcément très ambitieux comme le résume un tableau du rapport. Par exemple, celui des Caracal Terre n’était, pour 2017, que de 20%, et de 38,8% en 2018, à comparer au 41% des mêmes appareils, rigoureusement identiques, dans l’armée de l’air en 2017, et 55% en 2018. Pour le Tigre, de 32,5% en 2017, et 35,1% en 2018. Il est difficile de comprendre le maintien d’un tel outil pour des objectifs aussi faibles.
Pour le Caïman, un appareil neuf, l’objectif était de 42,9% en 2017 et 48,5% en 2018. En fait, et cela renvoie à l’interrogation formulée plus haut, les objectifs sont plus élevés sur des flottes d’appareils moins complexes comme le H225 (70% puis 60%), le Dauphin SP (65% sur les deux années) ou le Super Puma (60% sur les deux années).
Les coûts s’envolent : celui d’une heure de vol d’Alouette III revient à 5000 EUR en 2010, 13.000 maintenant. En quatre ans, le coût d’une heure de Lynx est passé de 14.000 à 22.000 EUR. Entre 2012 et 2017, le coût du MCO Terre a doublé, passant de 198 à 367 MEUR. Cette époque est celle de l’introduction du Tigre et du Caïman. La Marine a elle aussi doublé, passant de 85 à 153 MEUR, comme l’armée de l’air (61 à 125 MEUR). Et ce, alors que la flotte ne s’est que partiellement modernisée.
Cet état de fait a été « préjudiciable à l’entraînement" note le rapporteur, avec, vraisemblablement, un impact sur la sécurité des vols qu'on peut retrouver ici ou là. Outre l’insuffisance d’heures de vol pour les jeunes pilotes de l’armée de terre, le rapporteur écrit aussi avoir constaté des lacunes dans l’entraînement au tir-air sol, l’appontage et le poser poussière (pas d'actu particulière en ce moment), ainsi que la difficulté à former les chefs de bord sur Tigre et Cougar. Le rapporteur insiste aussi sur des « ruptures temporaires de capacités » dans l’armée de l’air : pas assez de Caracal disponibles pour tenir deux plots Resco simultanés, et des ruptures d’alertes SAR « fréquentes » en Corse et à Djibouti du fait des soucis des Puma (rien de grave, pas de vies humaines au bout du treuil). La situation n’est pas meilleure en Guyane, et pourtant, le palliatif HIL -un HM à commander en début de prochaine décennie- ne doit arriver qu’en 2028, dans dix ans. L’élu évoque aussi des dérogations aux règles pour déployer des personnels en opex. Pour la marine, il écrit avoir entendu parler d’une « érosion » dans le domaine du contre-terrorisme maritime -heureusement, pas un sujet d’actualité- tout comme la lutte anti-sous-marine -ca tombe bien, pas un sujet d’actu non plus-.

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