par le journaliste Jean-Marc Tanguy - Twitter @Defense137 - 9253 posts depuis avril 2009 - 81,92 millions de pages vues depuis juin 2010.
mercredi 2 février 2011
Un oubli ?
Sans explications, le discours d'Alain Juppé aux 600 responsables d'unités de trois armées n'a finalement pas été mis en ligne, comme c'était pourtant prévu hier. A l'issue, le ministre, son propre directeur de cabinet, et le CEMA avaient répondu à une dizaine de questions de la salle. A lire la restitution faite sur le site internet du mindef, de vraies difficultés perdurent, au point, même qu'on rappelle les sommes investies dans l'amélioration de la condition du personnel (la carotte de la réforme). Ceci expliquant sans doute le cela.
Les autres ACM
Comme bien des Bretons, Jean Guisnel n'a pas sa langue dans sa poche. Et sa plume non plus, dans ce livre consacré à l'arrière-cour des contrats d'armements (1). Même si le journaliste-blogueur du Point mène un tour d'horizon mondial du phénomène, on pourra se rapporter à la quatrième partie, pour une compréhension de certains dossiers français, et notamment, au chapitre 12, consacré à l'Inde. Qui n'est rien de moins que le premier acheteur mondial d'armement, et un de nos bons clients.
A lire également, la cinquième partie, centrée sur Nicolas Sarkozy, un "président très marketing" comme le décrit le confrère.
Comme me l'avait un jour expliqué mon directeur de mémoire, le sérieux d'une publication réside aussi dans son index et ses notes de bas de pages. Avec une quinzaine de pages consacrées au premier, et autant aux secondes, ce livre est donc sérieux, tout en restant facile à lire. Pour tous publics, donc.
(1) Armes de corruption massive, secrets et combines des marchands de canon, La Découverte, 396 pages, 22 euros.
En librairie le 10 février.
A lire également, la cinquième partie, centrée sur Nicolas Sarkozy, un "président très marketing" comme le décrit le confrère.
Comme me l'avait un jour expliqué mon directeur de mémoire, le sérieux d'une publication réside aussi dans son index et ses notes de bas de pages. Avec une quinzaine de pages consacrées au premier, et autant aux secondes, ce livre est donc sérieux, tout en restant facile à lire. Pour tous publics, donc.
(1) Armes de corruption massive, secrets et combines des marchands de canon, La Découverte, 396 pages, 22 euros.
En librairie le 10 février.
Bajolet veut ouvrir la DCRI aux non-policiers
Sans qu'on puisse encore parler de testament, le coordonnateur national du renseignement, Bernard Bajolet, donné partant en Afghanistan, a transmis de nombreuses pistes de réflexions aux députés de la commission de Défense, lors d'une récente audition. Il a donc, d'abord, évoqué l'ouverture de la DCRI (issue de la fusion de la DST et de la DCRG) à des non-policiers (1). L'ancien ambassadeur français à Bagdad justifie ainsi son idée : "En effet, le renseignement se diversifie et touche désormais les domaines économiques – dans lequel la DCRI accomplit un travail remarquable – ou technique. À cet égard, elle doit pouvoir participer aux efforts de mutualisation. Or, en l’état actuel des choses, les moyens de ces deux services (DGSE et DCRI, NDLR) ne sont pas équivalents."
Il rappelle aussi qu'en matière d'intelligence économique et de protection du patrimoine technologique, la DCRI entretient des liens avec 8.000 entreprises, et la DPSD, 2.000 (2).
En reprenant quelques exemples récents, Bernard Bajolet constate aussi que "le dispositif de l’État ne pourvoit pas suffisamment à la fonction de prospective (...) Or, l’anticipation (celle de connaissance et anticipation, grande fonction du Livre Blanc, NDLR) ne se limite pas au renseignement ; elle touche aussi à la prospective. Hélas, celle-ci n’est pas organisée au niveau interministériel (...) De surcroît, la prospective n’est pas toujours envisagée de façon opérationnelle. Au-delà de la simple spéculation, elle doit présenter des scénarios et déboucher sur des politiques concrètes. Aujourd’hui, cette fonction n’est pas assumée". Et d'imaginer cette fonction développée au sein du SGDSN.
Sur les derniers récents dossiers sahéliens, le coordonnateur est resté volontairement discret, en reconnaissant toutefois avoir été "surpris" que l'enlèvement de nos compatriotes "intervienne en plein cœur de Niamey, ce qui illustre l’audace croissante des preneurs d’otages".
Enfin, en matière de lutte contre le trafic, il appelle à "renforcer les synergies" entre les différents acteurs : marine, douanes et services de renseignement.
(1) Assez régulièrement, les gendarmes font savoir qu'ils se verraient bien intégrer la DCRI.
(2) rappelons par ailleurs le travail réalisé, en province, par la gendarmerie, auprès des PME/PMI.
Il rappelle aussi qu'en matière d'intelligence économique et de protection du patrimoine technologique, la DCRI entretient des liens avec 8.000 entreprises, et la DPSD, 2.000 (2).
En reprenant quelques exemples récents, Bernard Bajolet constate aussi que "le dispositif de l’État ne pourvoit pas suffisamment à la fonction de prospective (...) Or, l’anticipation (celle de connaissance et anticipation, grande fonction du Livre Blanc, NDLR) ne se limite pas au renseignement ; elle touche aussi à la prospective. Hélas, celle-ci n’est pas organisée au niveau interministériel (...) De surcroît, la prospective n’est pas toujours envisagée de façon opérationnelle. Au-delà de la simple spéculation, elle doit présenter des scénarios et déboucher sur des politiques concrètes. Aujourd’hui, cette fonction n’est pas assumée". Et d'imaginer cette fonction développée au sein du SGDSN.
Sur les derniers récents dossiers sahéliens, le coordonnateur est resté volontairement discret, en reconnaissant toutefois avoir été "surpris" que l'enlèvement de nos compatriotes "intervienne en plein cœur de Niamey, ce qui illustre l’audace croissante des preneurs d’otages".
Enfin, en matière de lutte contre le trafic, il appelle à "renforcer les synergies" entre les différents acteurs : marine, douanes et services de renseignement.
(1) Assez régulièrement, les gendarmes font savoir qu'ils se verraient bien intégrer la DCRI.
(2) rappelons par ailleurs le travail réalisé, en province, par la gendarmerie, auprès des PME/PMI.
Libellés :
DCRI,
gendarmerie,
police,
renseignement
mardi 1 février 2011
Les 235-300 arrivent
Cela ne règlera pas fondamentalement la crise de l'aéromobilité en France, mais c'est un début : les premiers Casa 235-300 arrivent dans les deux escadrons métropolitains utilisant le "Transallito" d'ici l'été, promet le premier exemplaire de la lettre (1) du CFA (2), commandement de la force aérienne.
Ces appareils ont été achetés pour prendre en compte le retard pris par l'A400M. Comme le rappelle la lettre du CFA, cet achat se double d'une colocalisation, à Creil (Oise), de toute la flotte métropolitaine de Casa, à partir du mois de mai. Enfin, et ce n'est pas une surprise, le "retrait progressif" des Transall affectés outremer est "programmé". Sont visés, peut-être, le Transall de Djibouti, et, plus problématique (du fait du ravitaillement des Eparses), les deux exemplaires de La Réunion. Partout ailleurs, en nouvelle-Calédonie, aux Antilles, c'est déjà le Casa qui règne en maître...
(1) une lettre anciennement éditée sur papier, et désormais, nouvelle directive oblige, est passée au tout-numérique. Toutes les publications défense (régimentaires, brigades, bases aériennes...), hors Air Actualités, Cols Bleus et TIM doivent faire pareil, depuis le 1er janvier.
(2) qui concentre tous les moyens opérationnels de l'armée de l'air, des drones aux CPA, en passant par les avions de transport, les hélicoptères, et, il en reste quelques uns, les chasseurs. Sur le plan humain, le CFA pilote 340 unités regroupant13.400 aviateurs et aviatrices, dont 45% dans la brigade des forces de sécurité et d'intervention (BAFSI), 23% dans l'appui-projection (BAAP), 22% dans le contrôle de l'espace (BACE) et 8% dans la chasse (BAAC). L'état-major, promis à déménagement sur Dijon, représente 2%, soit 268 personnels.
Ces appareils ont été achetés pour prendre en compte le retard pris par l'A400M. Comme le rappelle la lettre du CFA, cet achat se double d'une colocalisation, à Creil (Oise), de toute la flotte métropolitaine de Casa, à partir du mois de mai. Enfin, et ce n'est pas une surprise, le "retrait progressif" des Transall affectés outremer est "programmé". Sont visés, peut-être, le Transall de Djibouti, et, plus problématique (du fait du ravitaillement des Eparses), les deux exemplaires de La Réunion. Partout ailleurs, en nouvelle-Calédonie, aux Antilles, c'est déjà le Casa qui règne en maître...
(1) une lettre anciennement éditée sur papier, et désormais, nouvelle directive oblige, est passée au tout-numérique. Toutes les publications défense (régimentaires, brigades, bases aériennes...), hors Air Actualités, Cols Bleus et TIM doivent faire pareil, depuis le 1er janvier.
(2) qui concentre tous les moyens opérationnels de l'armée de l'air, des drones aux CPA, en passant par les avions de transport, les hélicoptères, et, il en reste quelques uns, les chasseurs. Sur le plan humain, le CFA pilote 340 unités regroupant13.400 aviateurs et aviatrices, dont 45% dans la brigade des forces de sécurité et d'intervention (BAFSI), 23% dans l'appui-projection (BAAP), 22% dans le contrôle de l'espace (BACE) et 8% dans la chasse (BAAC). L'état-major, promis à déménagement sur Dijon, représente 2%, soit 268 personnels.
Si nous faisions comme les Georgiens...
Si la France effectuait en Afghanistan le même effort que les Géorgiens, nous ne déploierions pas 4.000 soldats mais... 12.025 ! Ce petit pays du Caucase, peuplé d'à peine cinq millions d'habitants déploie en effet 925 soldats en Afghanistan.
700 d'entre eux, embataillonnés, sont déployés sous commandement américain, depuis le printemps dernier, et opèrent dans le sud du pays, tandis que la valeur d'une compagnie est engagée à Warehouse, en protection du camp.
La Géorgie enrichit sa contribution à l'ISAF puisque parmi les 40 Géorgiens séjournant en France figure une équipe de conseillers artillerie (1) d'une dizaine de militaires.
(1) l'acronyme OTAN est artillery mobile education and training team (AM-ETT).
700 d'entre eux, embataillonnés, sont déployés sous commandement américain, depuis le printemps dernier, et opèrent dans le sud du pays, tandis que la valeur d'une compagnie est engagée à Warehouse, en protection du camp.
La Géorgie enrichit sa contribution à l'ISAF puisque parmi les 40 Géorgiens séjournant en France figure une équipe de conseillers artillerie (1) d'une dizaine de militaires.
(1) l'acronyme OTAN est artillery mobile education and training team (AM-ETT).
Inscription à :
Articles (Atom)