A ce stade, faute d'attaque directe d'EI sur la Turquie, l'OTAN ne peut pas se mobiliser au profit de son
par le journaliste Jean-Marc Tanguy - Twitter @Defense137 - 9253 posts depuis avril 2009 - 81,92 millions de pages vues depuis juin 2010.
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lundi 13 octobre 2014
dimanche 15 août 2010
Pakistan : des moyens prêts à partir (actualisé)
Le chef des armées a annoncé ce soir que la France se tenait "prête à mobiliser" des moyens aériens et navals, pour acheminer de l'aide au Pakistan, dont 20 millions des habitants sont privés de tout suite aux effets de la mousson. Nicolas Sakozy l'écrit dans une lettre à José Manuel Barroso, rendue publique ce soir par l'Elsyée. Le président français explique par ailleurs au président de la commission européenne que ces moyens seront engagés sous la bannière de... l'OTAN (1), demandant au passage à Barroso de faire avancer un des serpents de mer européens, "une véritable capacité européenne de réaction à ce type de crise". Il conclut sa lettre en ajoutant que "la France fera prochainement des propositions en ce sens".
Dans l'immédiat, le quai d'Orsay a annoncé en début de soirée l'envoi, mercredi, d'un avion chargé de 60 tonnes de fret humanitaire.
La France dispose d'une petite capacité de projection stratégique, avec les A310, qui ne sont pas engagés, actuellement, dans des relèves de personnels, mais surtout avec les C-135FR des forces aériennes stratégiques (FAS). Ces deux moyens avaient déjà oeuvré après le séisme en Haïti, en janvier dernier.
Seulement, les besoins se situent également en termes d'aéromobilité tactique, et là, la France n'a pas grand'chose à offrir, ses douze hélicoptères positionnés en Afghanistan suffisant tout juste à couvrir les besoins. Les temps de trouver et d'envoyer des engins de métropole, l'urgence humanitaire sera passée. Les deux Transall de Douchanbe étant eux, plus facilement engageables pour du "brouettage".
Le recours à des moyens maritimes nationaux dépendra du type de moyens nécessités par le Pakistan. On se souvient qu'un BPC avait déjà été missionné pour une mission (sans déchargement) au large de la Birmanie, et qu'un TCD avait été engagé au profit de la population haïtienne, en janvier.
Les moyens navals les plus proches se situent à la Réunion, avec un pétrolier ravitailleur (et des frégates de surveillance, impropres à une mission humanitaire).
Après une période faste coïncidant avec la vente des Agosta (et non des Scorpène comme je l'ai écrit initialement), les relations franco-pakistanaises demeurent complexes. Il n'en reste pas moins que la France a récemment développé des relations en matière de contre-terrorisme avec ce pays, touché récuremment par les attentats islamistes.
C'est aussi un pays dans lequel la France ambitionne aussi de placer quelques uns de ses meilleurs produits. En tout cas ceux dont la vente ne crispera pas le voisin indien, concerné lui aussi par quelques débouchés potentiels.
(1) rappelons que les deux missions réelles assurées par la NATO reponse force ou NRF depuis sa création est précisément une assistance à une crise humanitaire au Pakistan (octobre 2005), l'autre étant la gestion des opérations aériennes suite à l'ouragan Katrina aux Etats-Unis (en 2005). Rappelons aussi que depuis le 1er juillet, la France assure le commandement de la composante maritime (MCC) de la NRF15, jusqu'à la fin de l'année 2010.
Dans l'immédiat, le quai d'Orsay a annoncé en début de soirée l'envoi, mercredi, d'un avion chargé de 60 tonnes de fret humanitaire.
La France dispose d'une petite capacité de projection stratégique, avec les A310, qui ne sont pas engagés, actuellement, dans des relèves de personnels, mais surtout avec les C-135FR des forces aériennes stratégiques (FAS). Ces deux moyens avaient déjà oeuvré après le séisme en Haïti, en janvier dernier.
Seulement, les besoins se situent également en termes d'aéromobilité tactique, et là, la France n'a pas grand'chose à offrir, ses douze hélicoptères positionnés en Afghanistan suffisant tout juste à couvrir les besoins. Les temps de trouver et d'envoyer des engins de métropole, l'urgence humanitaire sera passée. Les deux Transall de Douchanbe étant eux, plus facilement engageables pour du "brouettage".
Le recours à des moyens maritimes nationaux dépendra du type de moyens nécessités par le Pakistan. On se souvient qu'un BPC avait déjà été missionné pour une mission (sans déchargement) au large de la Birmanie, et qu'un TCD avait été engagé au profit de la population haïtienne, en janvier.
Les moyens navals les plus proches se situent à la Réunion, avec un pétrolier ravitailleur (et des frégates de surveillance, impropres à une mission humanitaire).
Après une période faste coïncidant avec la vente des Agosta (et non des Scorpène comme je l'ai écrit initialement), les relations franco-pakistanaises demeurent complexes. Il n'en reste pas moins que la France a récemment développé des relations en matière de contre-terrorisme avec ce pays, touché récuremment par les attentats islamistes.
C'est aussi un pays dans lequel la France ambitionne aussi de placer quelques uns de ses meilleurs produits. En tout cas ceux dont la vente ne crispera pas le voisin indien, concerné lui aussi par quelques débouchés potentiels.
(1) rappelons que les deux missions réelles assurées par la NATO reponse force ou NRF depuis sa création est précisément une assistance à une crise humanitaire au Pakistan (octobre 2005), l'autre étant la gestion des opérations aériennes suite à l'ouragan Katrina aux Etats-Unis (en 2005). Rappelons aussi que depuis le 1er juillet, la France assure le commandement de la composante maritime (MCC) de la NRF15, jusqu'à la fin de l'année 2010.
samedi 14 août 2010
Un aéro contre les pirates
Le contre-amiral Coindreau, lors de la présentation de la NRF14. A sa gauche, le général Eric Margail, patron de la 6e BLB (crédit : Jean-Marc Tanguy).C'est un "aéro" particulièrement expérimenté, le contre-amiral Philippe Coindreau, qui prend, aujourd'hui, le commandemant de l'opération européenne Atalante. Une première, juste, puisque si la France n'a pas épargné sa peine depuis 2007 dans cette zone, étant la première (et plus longtemps que prévu) à protéger les navires humanitaires, elle n'avait pas eu de responsabilité à la tête d'Atalanta. Pourtant créé par la France et l'Espagne, à l'automne 2008...
Le contre-amiral Coindreau succède à un Britannique, puis un Suédois. Pilote d'Atlantic (21F et 22F) puis d'Atlantique 2 (23F, qu'il a fini par commander), il aura particulièrement été au coeur des opérations, au Tchad (Epervier), dans le Golfe persique (Prométhée), dans la corne de l'Afrique, puis lors des opérations dans les Balkans, à terre et en mer, avec l'amiral Alain Coldefy, sur le Foch, en 1998-1999. Il commandait le Surcouf quand cette frégate furtive est chargée, de février à mai 2002, de fermer à la porte à d'éventuels fuites de terroristes d'Al Qaïda, en océan indien.
Doté d'une étonnante culture interarmées (mais c'est souvent le cas chez les patmaristes), ce marin avait aussi été le patron de la force amphibie de la NRF14, et commandant du TG1 pendant le dernier exercice Brilliant Mariner, de préparation à la NRF15. Le contre-amiral est affecté à FRMARFOR, comme adjoint de l'amiral Jean-Louis Kérignard, en charge, lui, de la composante maritime (MCC) de la NRF15.
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mercredi 4 août 2010
NRF nouvelle formule
Depuis le 1er juillet, la marine française est aux commandes de la composante aéromaritime de la Nato Response Force (NRF), 15e du nom, avec un amiral français à sa tête.
Le processus de montée en puissance jusqu’au 1er juillet a comporté un exercice d’ampleur en mer Baltique, Brillant Mariner, dont le programme a dû être adapté, du fait du nuage de cendres islandais. Ce type d’exercice vise « à vous assurer que cet ensemble de bateaux forme un ensemble cohérent et peut mener des opérations de type NRF » explique Jean-Louis Kérignard, l'amiral français aux commandes pour six mois.
Cette édition comportait des séquences autour de la notion de police en mer, effectuées, entre autres, avec des équipes de visites, sur les navires marchands qui traversaient, alors, la Baltique.
Mais l'innovation est surtout venue de la montée en cadence, elle-même.
Cette nouvelle formule est initiée avec la NRF15. Les classiques conférences de générations de forces, qui débutaient 18 mois avant le "live" ont désormais disparu. Le patron de la composante aéromaritime n’a plus "la main" que sur une partie de la force, les standing naval forces groups, qui regroupent des chasseurs de mines et des frégates. C’est la composante la plus facilement déployable de la NRF car elle appartient à des groupes OTAN permanents, un pour les frégates, et un pour les chasseurs de mines. En cinq jours -c'était, historiquement, le contrat de réactivité de la NRF-, ces moyens seraient effectivement engagés.
A cette flotte s’ajoute un avion de patrouille maritime (français) et un pétrolier-ravitailleur.
La seconde moitié des moyens NRF est constituée par l’immediate response force (IRF), qui se déploie avec des délais plus importants. Il faut de surcroît l’accord de la nation-propriétaire. C’est, dans cette NRF 15, le cas pour le PACDG ou le BPC.
Le déplacement du PACDG prévu à l’automne en océan Indien est donc pleinement réalisable dans le cadre de cette NRF rénovée. C’est même un atout, considère l’amiral français : « le fait d’avoir un porte-avions sur une zone opérationnelle, le fait de l’avoir opérationnel en personnel et en matériel, dans une zone d’importance, c’est la bonne place, en terme de disponibilité et de réactivité".
Le processus de montée en puissance jusqu’au 1er juillet a comporté un exercice d’ampleur en mer Baltique, Brillant Mariner, dont le programme a dû être adapté, du fait du nuage de cendres islandais. Ce type d’exercice vise « à vous assurer que cet ensemble de bateaux forme un ensemble cohérent et peut mener des opérations de type NRF » explique Jean-Louis Kérignard, l'amiral français aux commandes pour six mois.
Cette édition comportait des séquences autour de la notion de police en mer, effectuées, entre autres, avec des équipes de visites, sur les navires marchands qui traversaient, alors, la Baltique.
Mais l'innovation est surtout venue de la montée en cadence, elle-même.
Cette nouvelle formule est initiée avec la NRF15. Les classiques conférences de générations de forces, qui débutaient 18 mois avant le "live" ont désormais disparu. Le patron de la composante aéromaritime n’a plus "la main" que sur une partie de la force, les standing naval forces groups, qui regroupent des chasseurs de mines et des frégates. C’est la composante la plus facilement déployable de la NRF car elle appartient à des groupes OTAN permanents, un pour les frégates, et un pour les chasseurs de mines. En cinq jours -c'était, historiquement, le contrat de réactivité de la NRF-, ces moyens seraient effectivement engagés.
A cette flotte s’ajoute un avion de patrouille maritime (français) et un pétrolier-ravitailleur.
La seconde moitié des moyens NRF est constituée par l’immediate response force (IRF), qui se déploie avec des délais plus importants. Il faut de surcroît l’accord de la nation-propriétaire. C’est, dans cette NRF 15, le cas pour le PACDG ou le BPC.
Le déplacement du PACDG prévu à l’automne en océan Indien est donc pleinement réalisable dans le cadre de cette NRF rénovée. C’est même un atout, considère l’amiral français : « le fait d’avoir un porte-avions sur une zone opérationnelle, le fait de l’avoir opérationnel en personnel et en matériel, dans une zone d’importance, c’est la bonne place, en terme de disponibilité et de réactivité".
lundi 29 mars 2010
Le Forbin à l'épreuve du Jutland (actualisé)
La frégate antiaérienne (FAA) Forbin sera la vedette américaine de l'exercice OTAN Brilliant Mariner 2010 puisque sauf erreur de ma part, ce sera sa première intégration dans un exercice multinational d'ampleur. Elle sera, sans surprise la première bulle de protection autour du Charles-de-Gaulle.
Brillant Mariner, qui se déroule du 12 au 22 avril devant le Jutland (Danemark) permettra d'entraîner et certifier la composante maritime de la NRF (Nato response force) 15, dont la marine française, et particulièrement sa FRMARFOR assure la direction. Le contre-amiral Jean-Louis Kérignard, commandant de FRMARFOR, embarquera à bord du BPC Mistral.
Brilliant Mariner 2010 regroupera 6.500 marins, 36 bâtiments de surface, 4 submersibles et 30 aéronefs, dont ceux du PACDG.
Post-scriptum : un internaute marin qui connaît bien le Forbin me tire l'oreille en me faisant bien noter que ce navire est une frégate de défense aérienne, et non antiaérienne. Elle a été intégrée à un groupe américain, l'an dernier.
jeudi 14 janvier 2010
L'anarchie à Haïti
On le voit, après quelques heures seulement, l'anarchie se répand dans l'île, avec le début des pillages, mais aussi la saturation de l'espace aérien, due autant à la taille réduite de la plateforme de Port-au-Prince que l'absence de coordination dans les vols. Une façon de désengorger consisterait à réguler les priorités, et à faire atterrir une partie du trafic à Saint-Domingue, pour autant qu'une logistique routière puisse acheminer fret et passagers.
La planification et la conduite d'opérations aériennes, c'est précisément une compétence qui pourait être offerte par la composante Air de la Nato Response force (NRF), qui n'a pas été activée. La même NRF peut apporter un spectre large d'effets, notamment et aussi dans le domaine maritime, comme le rappelait ce blog ce matin. Et ce, d'autant plus que le port de commerce ne semble pas, lui non plus, au mieux de sa forme (1).
Avec une aide qui sera ralentie par ces différentes goulots d'étranglement, avec un risque sanitaire évident, la résilience légendaire des Haïtiens risque d'être mise à mal. On n'est plus très loin, alors, d'un risque de généralisation des violences, comme Haïti l'a connu en 2004.
Autant d'éléments de décor qui font comprendre pourquoi nos compatriotes souhaitent au plus tôt retrouver une terre française sous leurs pieds. Plus que jamais, Martinique et Guadeloupe, nos deux portre-avions naturels, s'avèrent essentiels dans la géopolitique régionale.
(1) on se souviendra qu'au moment de Katrina, des plongeurs-démineurs de la Marine avaient oeuvré dans les zones littorales, pour mettre un peu d'ordre sous l'eau.
La planification et la conduite d'opérations aériennes, c'est précisément une compétence qui pourait être offerte par la composante Air de la Nato Response force (NRF), qui n'a pas été activée. La même NRF peut apporter un spectre large d'effets, notamment et aussi dans le domaine maritime, comme le rappelait ce blog ce matin. Et ce, d'autant plus que le port de commerce ne semble pas, lui non plus, au mieux de sa forme (1).
Avec une aide qui sera ralentie par ces différentes goulots d'étranglement, avec un risque sanitaire évident, la résilience légendaire des Haïtiens risque d'être mise à mal. On n'est plus très loin, alors, d'un risque de généralisation des violences, comme Haïti l'a connu en 2004.
Autant d'éléments de décor qui font comprendre pourquoi nos compatriotes souhaitent au plus tôt retrouver une terre française sous leurs pieds. Plus que jamais, Martinique et Guadeloupe, nos deux portre-avions naturels, s'avèrent essentiels dans la géopolitique régionale.
(1) on se souviendra qu'au moment de Katrina, des plongeurs-démineurs de la Marine avaient oeuvré dans les zones littorales, pour mettre un peu d'ordre sous l'eau.
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