lundi 2 mai 2011

Le retour du SEDAC ?

Abandonné par le précédent gouvernement, annoncé dans celui-ci, et depuis, plus rien. A plusieurs reprises, l'hypothèse a pourtant bruissé sur la rive gauche, plusieurs noms ont été chuchotés. Essentiellement des députés d'ailleurs (1), mais les élections cantonales, sont passées par là...

Une fenêtre de tir, mercredi prochain, ou, entend-on encore, le 11 mai, c'est-à-dire trois jours après le 8 mai, une des cinq grandes dates du calendrier d'un SEDAC...

(1) un spectre plutôt large puisqu'il inclut le député Patrick Beaudoin, auteur d'un récent rapport, et le député européen Arnaud Danjean.

dimanche 1 mai 2011

Réserve industrielle : trois nouveaux membres

L'instabilité ministérielle des derniers mois (trois en six mois) n'aura pas facilité la tenue des dossiers. Ce n'est donc que cette semaine, et avec plusieurs mois de retard, que trois sociétés, EADS, MBDA et GDF-Suez, vont pouvoir intégrer le cercle des entreprises fournissant des réservistes un peu particuliers aux armées.
Ce blog l'avait expliqué, à l'époque, Nexter est le premier à avoir vraiment ouvert le filon, en plaçant à l'automne dernier un de ses spécialistes sur le soutien matériels, au sein du Batlog, à Kaboul.
Mais ce sont Dassault Aviation et Thales qui avaient été les premiers à signer le protocole, le 6 octobre 2009, avec le SEDAC (il y en avait encore un).
Rappelons que ces accords gagnants-gagnants permettent aux industriels de voir au plus près comment se comportent en première ligne, tout en bénéficiant de la protection juridique et sociale des armées, en cas de malheur. Pour les armées, cela évite de développer des micro-compétences, et, il ne faut pas le nier, allège la facture de leurs MCO, puisque ces spécialistes ne sont pas rémunérés sur la base d'un contrat de droit privé, mais avec leur solde de réserviste.

Les Volontaires ont 60 ans

Le 8e RPIMa fêtera ses 60 ans d'existence les 14 et 15 mai prochains, lors de ses journées portes ouvertes. Un son et lumière sera présenté le samedi soir, à partir de 21h30.
Le régiment, né en Indochine, aura été quasiment de tous les conflits, s'engageant, ces dernières années, aussi bien au Kosovo qu'en Afghanistan. C'est lui qui avait ouvert la Kapisa, en juillet 2008. Un mois plus tard, huit de ses parachutistes, ainsi qu'un auxsan du 2e REP, avaient été tués dans les furieux combats en vallée d'Uzbeen.
Plusieurs de ses chefs de corps ont irrigué les étages supérieurs de l'armée de terre : l'actuel CEMAT avait commandé le 8e RPIMa au début des années 90, et l'avait enmmené jusqu'au Cambodge.
Avant lui, Maurice Schmitt avait commandé le 8, l'armée de terre puis les armées (CEMA).
Le régiment a produit d'autres grands noms : un futur GCOS -Maurice Le Page- et un commandant de la force terrestre -Jean-Claude Thomann-

La devinette de la semaine

Posée par le CDC du 21e RIMa au LTN Barthe (1) :
"Quelle différence entre un homme politique, une jeune fille et un militaire ?"
et la réponse :
"L'homme politique, quand il dit oui, ça veut dire peut-être. Quand il dit peut-être, ça veut dire non. Quand il dit non, c'est un mauvais homme politique. La jeune fille, quand elle dit non, ça veut dire peut-être. Quand elle dit peut-être, ça signifie oui. Quand elle dit oui, ce n'est pas une bonne jeune fille. Le militaire, quand il dit non, c'est non. Quand il dit oui, c'est oui. Quand il dit peut-être, c'est un mauvais militaire."







(1) cité dans son livre Engagé, Editions Grasset, parution le 4 mai.

Des non-dits sur la fâcherie

Doit-on réduire la fâcherie franco-américaine en Afghanistan, évoquée par Secret-Défense, à la question de la main supply road (MSR) ? Le sujet est, de fait, plus complexe, et la fâcherie pas forcément éteinte sur tous les points.
Tout part du fait que les forces américaines ont une approche assez statistique des opérations, faite de reporting, de km2 conquis, d'insurgés dessoudés, qui n'est pas totalement inscrite dans notre culture (sous cette forme en tout cas). Les méthodes non plus, les forces américaines recourrant plus largement au feu (1).
Comme ce blog avait pu l'expliquer, l'ouverture de la MSR figurait en tête, avec une date fixée (la date importe peu, disons que c'était au printemps, et que c'est passé), du plan de campagne de la brigade La Fayette.
Sans jouer sur les mots, cet objectif n'a pas été totalement atteint, en tout cas, pas du point de vue américain. Parmi les arguments soulevés figurent la fameuse "pause opérationnelle" de janvier, qui a retardé des opérations majeures. Et a constitué un non-sens pour les Américains, pressés par leur calendrier national (nous avons, rappelons-le, le même problème).
Malgré la mise sur pied, fin janvier, de l'opération Endurance (permanente) en vallée de Tagab, cette zone reste constestée. Le courage et l'engagement des soldats n'a rien à y voir. La sociologie particulière de la vallée de Tagab, très hétérogène, rend les résultats durables très difficiles à obtenir, tout comme le fait que les effectifs français y sont toujours notoirement insuffisants (2). Ce que personne ne souhaite reconnaître officiellement pour des raisons assez évidentes. La saisonnalité de la verdure rend les armes quasiment inefficaces pour plusieurs mois. Sauf à prendre le risque de tir fratricide et de morts de civils : l'un et les autres sont déjà arrivés, olibgeant à freiner les feux.
Rappelons que la France n'est, en Afghanistan, que second rideau, le premier étant constitué par l'ANA et l'ANP. Pour dire les choses de façon euphémisée, disons que l'une et l'autre sont encore trop jeunes pour pouvoir obtenir des résultats, y compris sur la sécurité immédiate de la route (3). Tout repose donc sur une brigade française de 2.400 hommes (et quelques femmes) : pas de quoi établir un maillage impérméable.
Le fait que le district de Surobi ne soit pas transmis, comme prévu, aux forces afghanes oblige la brigade La Fayette à y laisser des forces, qui ne sont pas engagées en vallée de Tagab. Pour des raisons évidentes de tactique et de diplomatie, la France ne détaille pas le volume de forces du BG Surobi déjà déployé en vallée de Tagab (c'est Richelieu qui assure l'opération Endurance). L'appoint de deux POMLT, précisément chargés de travailler avec la police afghane autour de cette route est aussi demandé, même si le patron de la TFLF affirmait le contraire, jeudi, lors d'un point avec la presse française.
Parmi les éléments qui semblent avoir grâce aux yeux de notre commandement américain figurent précisément les résultats de nos gendarmes, qu'il ne faut pas forcément limiter qu'aux seuls POMLT.

(1) sur ce point, les choses évoluent : le patron de la brigade La Fayette, le général Jean-François Hogard, n'a pas contesté le volume de feu de la dernière opération d'envergure, Eternal Blacksmith (220 coups de 155 mm), et me l'a même justifié : "il est hors de question de faire courrir des risques inutiles à mes hommes. Dès que je suis sûr que je ne fais pas courir un CIVCAS (dommage collatéral, NDLR), j'utilise mes feux. (...) L'artillerie est dissuasive, par son onde de choc. Et quand le coup de 155 mm part, il n'est pas entendu de celui qui va recevoir le coup, contrairement au mortier de 120 mm qui permet à l'insurgé de se mettre à l'abri".
(2) même si le précédent CEMA avait distillé quelques sections d'infanterie en renfort, la limitation à 4.000 hommes (largement dépassés dans les faits) en Afghanistan a plafonné l'effort tactique sur le terrain. A une brigade de 2.400 hommes, dont un gros millier de fantassins.
(3) la fameuse route devait être parsemée de postes de contrôle pour la police. Le sujet avance, mais semble-t-il aussi, pas assez vite. Rappelons que c'est lors d'une reconnaissance d'un de ces sites qu'est mort le capitaine Dupin (2e REG.)