mercredi 6 février 2013

Serval : nouveaux records du Harfang au Mali

Le drone de l'armée de l'air a réalisé un nouveau record d'endurance, sur le théâtre malien, avec 26h10 effectuées en vol. Le précédent record avait été établi en Libye, autour de 24 heures.
L'engin est donc, à ce jour, le vecteur français ISR le plus endurant de l'opération Serval. Une donnée relative néanmoins, puisque son playtime n'est pas toujours, pour autant, le plus important, mais resterait supérieur à l'ATL-2 de la marine.
Par delà son rôle dans le renseignement, le Harfang a aussi effectué des désignations d'objectifs au profit d'effecteurs du théâtre malien. Cette mission était pourtant une caractéristique prévue par le cahier des charges, émis en 2001 (il y a 12 ans...). Mais elle n'aurait été totalement ouverte qu'il y a seulement... deux mois.
Selon des témoignages convergents, le déploiement du Harfang a été accéléré, le premier vol -vers le 20 janvier- serait intervenu avec 10 jours d'avance.

mardi 5 février 2013

Un nouvel écrin pour les fusiliers et commandos

Ce n'est encore qu'une réflexion, mais elle avance : le musée des fusiliers et commandos, installé à Lorient pourrait sortir de son site actuel, sur la base des commandos, pour être plus accessible au public et mieux installé. Actuellement, c'est une... ancienne chapelle qui l'accueille, et malgré un contenu attractif, les conditions d'exposition ne sont pas optimales. La période post-Algérie tient dans une salle minuscule, et l'Afghanistan, pour lequel quatre personnels sont morts, est traité de façon allusive, faute de place.
Selon la marine, plusieurs solutions sont envisageables, à proximité de la base navale, ou en ville, à Lorient.
Le musée couvre la spécialité depuis 1622. Dix bénévoles, anciens fusiliers, se chargent de le faire visiter. Un autre musée, à Ouistreham (Calvados), est spécifiquement dédié aux combats de Normandie.

lundi 4 février 2013

Les C2 se rapprochent du nord-Mali

Le général Grégroire de Saint-Quentin, commandant opératif de l'opération Serval devrait installer son PC prochainement à Bamako. Initialement, il était prévu qu'il opère depuis Dakar, en utilisant les moyens des EFS qu'il commande, dans ce pays. De son côté, son pilier aérien, le COMJFACC AFCO vient d'être officiellement nommé : c'est le général Jean-Jacques Borel, qui avait déjà oeuvré pendant Harmattan à l'EMA (1). A ce stade, on ne sait pas d'où cet officier concevra et conduira la manoeuvre aérienne : à Lyon, à N'Djamena ou... ailleurs.
Le JFACC AFCO a été mis en place en décembre pour conduire les opérations aériennes et éprouvé dès la fin du même mois, avec les opérations en RCA.


(1) il était jusqu'alors patron du JFACC permanent au CNOA, à Lyon.

Des entailles dans le livre bleu, à cause de Serval

L'armée de l'air va devoir revoir à la baisse son programme d'exercices, du fait de la mobilisation de ses tankers dans l'opération Serval, et le maintien des astreintes liées à la dissuasion nucléaire. Comme cela avait été le cas pendant Harmattan, les FAS maintiennent leurs entraînements récurrents. Parallèlement, les tankers des FAS ont été mis à contribution pour projeter un module de Rafale en Inde. L'engagement de chasseurs et d'autres moyens spécialisés compromet aussi d'autres entraînements ou engagements.
Pourtant, l'armée n'aura jamais engagé simultanément plus d'une quarantaine d'aéronefs (notamment 12 ATA/ATT, 14 chasseurs, 5 C-135FR, 2 drones...). Une fois de plus, de quoi faire réfléchir sur ce que doit être un bon format de force aérienne, si l'on veut rester dans les armées de l'air de premier rang, avec capacité d'entrée en premier.


Au sol aussi, des exercices ont été annulés, notamment un qui devait se dérouler au Tchad courant janvier : il a été remplacé par des opérations réelles mobilisant le groupement Terre.

Quelques livres

Un beau livre vient de sortir sur le RMT, régiment emblématique de la France Libre. On le suit de Koufra à Strasbourg, et dans sa période contemporaine, à travers les opex, comme au Liban ou en Afghanistan, en Bosnie ou en Guyane. Les textes sont pour l'essentiel écrits par les officiers du régiment. La partie Leclerc est pédagogique, et c'est un bon rappel, la partie afghane est par contre peu développée et aurait mérité mieux.
L'Afghanistan, c'est par contre une bonne partie d'un petit livre écrit par un capitaine pilote de Tigre, Brice Erbland, qui a aussi opéré au-dessus de la Libye. Parsemé de citations utiles (allant du... catéchisme jusqu'aux penseurs de la guerre), ce texte vaut le détour, comme le pilote (qui n'oublie pas en fin d'ouvrage de remercier madame), qui livre aussi une partie de ses réflexions intérieures, ce qui n'est pas toujours sans risque quand on est militaire. Comme il l'a fait en Kapisa ou en Libye, ce saint-cyrien trouve sa cible. On peut seulement déplorer que le contenu de ses souvenirs ne dépasse pas la centaine de pages, qui se dévorent d'un traite.
Les Editions LBM qui ont réussi à éditer un beau livre sur le GIGN effectuent un 180°, avec le journal d'un curé de campagne, Richard Kelka. C'est un homme de Dieu qui parle, mais cela reste lisible par un profane, pour ces souvenirs de 30 ans de mission avec le 1er RPIMa, le 2e REI, le 3e RPIMa, entre autres.
Sylvain Favière, ancien infirmier militaire au sein d'une OMLT livre quant à lui sa blessure invisible. Un livre qui rend palpable le PTSD, et c'est finalement mieux que ce soit un malade qui en parle.
Sujet presque connexe traité par le psychiâtre canadien Anthony Feinstein, qui écrit un ouvrage touffu sur les reporters de guerre, et les atteintes psychologiques qu'ils contractent dans leurs reportages.


Le RMT, des sables de Koufra aux plaines du Liban, Editions Pierre de Taillac. Il est vendu 35 EUR par l'amicale des officiers du RMT, Quartier Dio, BP 20052 Meyenheim.

Dans les griffes du Tigre, Editions Les Belles lettres, 14,90 EUR.

Dieu désarmé, journal d'un curé de campagne, Edition LBM, 17,80 EUR.

Ma blessure de guerre invisible, Editions Esprit Com', 12 EUR (les droits d'auteurs seront promis à  l'aide aux blessés).

Reporter de guerre, Editions Altipresse, 24,35 EUR.