samedi 28 janvier 2012

Drôle de porte-avions sur l'appli IPhone de Matignon

C'est un internaute qui a voulu tester qui m'envoie l'info : la nouvelle appli IPhone / IPad de Matignon contient une bizarrerie. Pour illustrer le ministère de la Défense français (en bas à droite), on peut voir un avion à décollage vertical conçu outre-Manche. A moins qu'il ne s'agisse d'un message subliminal envoyé à Downing Street, pour rallumer le partenariat franco-britannique : mais alors, pourquoi avoir choisi un appareil... qui n'est plus en service (pas plus que son navire porteur d'ailleurs) ?

Dans le Raids de février

Une fois n'est pas coutume, ce sont des marins qui font la une du RAIDS de février : le couple commandos marine et 33F (incarné par le Caïman), qui vient de se reformer, avec la création de la flottille. L'interaction des deux devrait générer des résultats en terme de lutte contre le terrorisme maritime, comme l'article en évoqué déjà quelques unes.
RAIDS est aussi allé à la rencontre des JTAC des trois armées lors d'un entraînement majeur mené par le CFAA (centre de formation à l'appui aérien) avec les Américains, à Djibouti. Sur 10 pages, on peut (re-)découvrir cette spécialité souvent mal connue, et comme telle, pas toujours correctement employée. Même si elle est devenue incontournable en Afghanistan.
On peut, à cet égard, rappeler qu'un des quatre militaires tués en Kapisa, vendredi dernier, était un des experts de ce domaine. Seulement quatre sous-officiers, dans l'armée de terre, développaient le même niveau d'expertise.
Le magazine a aussi pu rencontrer les policiers du RAID déployés depuis quelques jours dans les ambassades à risque, lors d'un stage qui leur est désormais consacré. Le propre chef du RAID a évoqué, vendredi, la nouvelle importance de cette mission pour son unité, plus largement, pour la force d'intervention de la police nationale (FIPN).
Enfin, comme le magazine le fait chaque mois, un militaire français raconte une mission marquante, réalisée en Afghanistan. Ce mois-ci, c'est un commandant de l'armée de l'air, pilote d'hélicoptère, qui nous livre les détails d'une mission menée de sauvetage nocturne effectuée sur un hélicoptère Pave Hawk, depuis la base de Kandahar, au profit de l'armée britannique.
Enfin, et ces temps de disette annoncée, il nous a semblé opportun de livrer quelques chiffres de coûts de matériels de l'armée de terre, avec quelques comparatifs venus des autres armées.
Bonne lecture !

Un nouveau rédacteur en chef à Air & Cosmos

C'est l'ours de l'hebdomadaire qui le proclame, dans le numéro paru vendredi : Guillaume-Lecompte Boinet est le nouveau rédacteur en chef d'Air & Cosmos, en remplacement de Jean-Pierre Casamayou, promu directeur délégué du titre. L'ancien pilote de transport de l'armée de l'air passé à la presse avait annoncé cette évolution, ainsi que un hausse de la numérisation du titre, dans son dernier éditorial de 2011.
Dans l'éditorial de la semaine, le directeur de la rédaction, Robert Monteux annonce un "nouvel élan" fait de numérique, avec des "exclusivités" et de la vidéo.
Comme celui qu'il remplace, l'impétrant a écrit à l'Usine Nouvelle (pendant 12 ans), après avoir commencé au Journal du textile (9 ans).

vendredi 27 janvier 2012

Un montagnard légendaire

Le CBA Emile Paganon est mort ce mardi à 95 ans : il était inhumé aujourd'hui à Sainte Foy en Tarentaise, en présence d'une section du 7e BCA. Ce chasseur alpin est une figure légendaire : résistant, il participe ensuite, avec la SES (1) du 7e BCA à la prise du Roc de Belleface en avril 1945.
Il es décoré de la Bronze Star américaine.
En 1950, il avait dirigé l'équipe de ski militaire française.
 
(1) section d'éclaireurs skieurs, qui sont les prédécesseurs des GCM (commandos montagne) contemporains.

Retrait : pour tenter d'y comprendre quelque chose

Le pouvoir du storytelling dans les sociétés modernes : on a appris ce soir que la France serait (presque) partie d'Afghanistan fin 2013, sans qu'on exclue (logiquement) que des conseillers restent sur place, en application du traité franco-afghan. C'est, pour les commentateurs, et l'émetteur (le président), un avancement de la date du retrait (1). Plus correctement, on parlera d'accélération du rythme de retrait, sans changement sur la date finale.
Car la date de la fin 2013 avait déjà été avancée par le ministre de la défense. Certes, c'est le miracle des sociétés modernes, tout le monde l'a déjà oublié, mais comme cette date avait déjà été donnée, il est donc inexact, ce soir, de parler de retrait avancé.
Puisque les derniers soldats quitteront l'Afghanistan à la date... déjà annoncée.
Néanmoins, impossible de le nier par contre, d'ici la fin 2012, 1.000 soldats devront avoir quitté l'Afghanistan... au lieu des 600 prévus (2). L'EMA va donc devoir plancher, de façon accélérée, sur un nouveau timing. Et trouver des capacités non essentielles à l'effort de guerre.
Bref, la solution la plus tentante consiste à rendre assez rapidement les enceintes, et notamment Tagab, la plus exposée aux tirs des insurgés. Les dernières prévisions envisageaient de le rendre dans le courant de l'été : il faudra peut-être faire encore plus vite. L'été, saison notoirement animée en Afghanistan, n'est peut-être pas le moment idéal pour cela...
Les GTIA montants partiront sans doute, aussi, avec moins de monde que prévu. Et pourraient, le cas échéant, ne pas aller au bout de leur mandat de six mois. Le 16e Chasseurs et le 92e RI fournissent les relèves du printemps : le 16e Chasseurs aura un SGTIA de moins que son prédécesseur. Le 92e RI part avec un état-major tactique, une CCL, un SGTIA et une compagnie de garde.
Le président a obtenu, aujourd'hui, que la Kapisa soit inscrite à la phase III. Peut-être a-t-on, trop vite, déduit que ce serait en mars. La phase II avait déjà glissé du mois de septembre à décembre 2011...

(1) des observateurs avisés estiment que le président avait prévu, depuis déjà quelques semaines, d'annoncer une accélération du rythme du retrait. La date choisie avait été celle du 27 janvier, date de la venue du président afghan... et avant l'entrée en campagne du président de la République. L'attaque de vendredi dernier a failli faire encore accélérer le rythme : on se souvient que le président envisageait de tout démontrer si les conditions de la sécurité de nos troupes n'étaient pas atteintes. Entretemps, le candidat socialiste a avancé un calendrier non réaliste, d'un retrait effectué pour la fin 2012. En présentant un calendrier cohérent avec les réalités militaires, l'exécutif gagne sur tous les tableaux, à commencer par une réponse directe à l'écrasante majorité des Français qui demandent un retrait des troupes.
(2) Rappelez-vous : en juin, le président annonce un millier en moins d'ici la fin 2012. Or 400 sont déjà partis : 193 légionnaires du 2e REP qui n'auront même pas fait quatre mois sur place, et un autre groupe composite, constitué d'aviateurs partis de Kandahar (-60) et d'un SGTIA ôté du GTIA Surobi, soit un peu plus de 200.