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vendredi 12 janvier 2018

Comment Paris veut se remettre en Sahel

C'est la grande semaine pour la stratégie française au Sahel. Lundi, Florence Parly accueille une
réunion de donateurs pour la force conjointe du G5 Sahel : l'outil sensé permettre à Barkhane de quitter la zone parallèlement à la montée en puissance de cette force de circonstances (avec tous les avantages et défauts que cela comporte).
En fait, le fuseau central de cette FC doit être opérationnel au printemps avec un réservoir de 3000 hommes, les deux fuseaux latéraux devant suivre... quand ce sera possible. Pour l'instant, la priorité est bien au centre (sans mauvais jeux de mots), là où les problèmes se concentrent, avec encore hier, une explosion de véhicule suicide, un mode opératoire extrêmement rare, qui a blessé trois Français dont un grièvement.
Paris mise sur les deux GTIA successifs qui vont opérer dans cette zone contestée pour régler leur compte aux djihadistes : ces deux GTIA sont formés par la Légion, autour de la 13e DBLE, puis au printemps, du 2e REP. A cette date, les paras français auront en plus enfin récupéré... les parachutes qui leur font défaut depuis des mois (lire par ailleurs), de quoi permettre de sauter en sécurité (un précédent saut, sans vrai enjeu opérationnel, avait causé, en juin, la mort d'un jeune para et des blessures à une vingtaine d'autres).
Ce "surge" se traduit déjà depuis plusieurs semaines par un discret surcroît d'effectifs que Paris n'a pas jugé bon d'évoquer. En outre, alors que l'EMA a réduit les effectifs de ses forces spéciales en ZIS, ils sont maintenus en zone sahélienne, ce qui montre bien que le général Lecointre cherche à maintenir la pression sur les GAT par tous les leviers dont il dispose, Sabre étant le plus optimisé contre un adversaire fugace, grâce à la foudroyance fournie notamment par ses moyens aériens. Mais pas d'efficacité du marteau sans enclume (mobile si possible).
L'autre grand rendez-vous à venir, c'est la bilatérale de Sandhurst, où Britanniques et Français doivent se redire tout l'amour qu'ils ont l'un pour l'autre dans la défense, brexit ou pas.
Comme évoqué sur ce blog hier matin, les Français ont multiplié les appels du pied pour disposer de moyens ISR dont les Britanniques disposent en une profusion quasi-indécente, et des hélicoptères de fort beau tonnage (CH-47) qui n'existent en plus pas que sur le papier (nos alliés ont réformé leur MCO depuis des lustres, tout comme la gestion opérationnelle de leurs voilures tournantes). Ces Britanniques disposent pour l'ISR de moyens dont l'évocation fait briller les yeux du targetteur français : des drones armés Reaper, mais aussi des ISR légers Sentinel que Londres s'était payé en urgence opérations (un mot aux réalités mal maîtrisées par chez nous...) pendant la guerre d'Afghanistan (on mesure à cet égard le fossé qui sépare Londres et Paris, où on attend un premier ISR léger qui sera à moitié borgne et sourd).
Malgré une armée en assez triste état, Londres est prêt à lâcher quelques-uns de ces bijoux de famille, puisque c'est pour dessouder du terroriste. Mais pas à n'importe quel prix : parmi les éléments  en balance, une plus grande implication de Paris à l'est de l'Europe où l'effort reste faiblard, et quelques renforcements encore de l'amitié opérationnelle déjà bien existante entre les armées de l'air (sans doute le volet le plus consistant), marines, et dans une bien moindre mesure, entre armées de terre.
En quelques heures cruciales de diplomatie bien maîtrisée, Paris pourrait ainsi commencer à se dégager de ce qui apparaît de plus en plus comme un bourbier, et au passage, d'épargner quelques vies de militaires, et, c'est évidemment surtout le but visé, de dégonfler l'enveloppe des surcoûts opex et faire (enfin) reposer le matériel, notamment les hélicoptères, qui n'ont vraiment plus la forme.


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