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mercredi 16 octobre 2013

La dernière du CEMA

L'assemblée nationale vient de diffuser le verbatim de la dernière audition du CEMA, qui sera la dernière,
dans un cadre budgétaire, puisqu'il doit céder sa place en 2014 au plus tard. Même si un député note que la parole de l'amiral Guillaud maîtrise parfaitement le registre diplomatique, évitant toute forme de fâcherie de quiconque, force est néanmoins de reconnaître que l'amiral Guillaud a lâché quelques pépites.
D'abord il a livré un tableau assez inquiétant de la disponibilité des matériels. Depuis dix ans, celle-ci se dégrade : souvenez-vous, la une de France Soir écrite par votre serviteur, aucun Hercules n'était en état de vol en 2003 (sur quatorze) ! Certes, dans l'armée de l'air, on a mis en place la SIMMAD, le SIAe, le plateau Sycomore, amenant à des résultats tangibles, mais pas diffus dans tout le ministère.
Aujourd'hui, dit le CEMA, la disponibilité est de 40% pour les VAB, 48% pour les frégates. Seuls les avions de chasse font mieux, à 60%. Et l'amiral a adroitement évité de parler des avions de patrouille maritime, des avions de transport, ou des hélicoptères, où la situation est tout sauf rassurante. Comme la cible du Caïman a été amputée de 50% et celle du Tigre, de 25%, la situation ne peut que s'améliorer.
Jusque là, néanmoins, presque rien de nouveau sous le soleil des armées. Mais le propos de l'amiral Guillaud se fait plus illustré. On manque désormais de moyens dans les opérations de lutte contre la narcotrafic. Les deux frégates des Antilles doivent se partager un unique hélicoptère (pourvu qu'il ne tombe pas en panne...). Avant, c'était deux, même si c'était une antediluvienne Alouette III et un Panther (de 20 ans quand même).
Voila ce qu'il en dit, au mot près, et tous les mots comptent : "La lutte contre les narcotrafics représente une belle réussite, mais la pénurie de moyens constitue une faiblesse structurelle. Une allocation insuffisante d’heures de vol pour les Falcon 50 utilisés dans ces opérations, tout comme le manque d’hélicoptères – un seul pour deux frégates à Fort-de-France –, induit une perte d’efficacité opérationnelle, mais aussi une baisse de crédibilité de notre pays par rapport à nos alliés (...) Enfin, la lutte contre le narcotrafic fait partie de l’action de l’État en mer, qui représente environ un tiers de l’activité de la marine nationale. Celle-ci coopère depuis des années avec les douanes, notamment dans l’Atlantique et dans la zone des Caraïbes. Mais, si nos demandes de mutualisation interministérielle sont toujours accueillies avec enthousiasme, c’est toujours le ministère de la Défense qui se voit obligé de payer. Or non seulement nous n’avons pas assez d’heures de vol pour les Falcon 50, non seulement nous ne disposons pas d’hélicoptères en nombre suffisant, mais nous manquons parfois de bateaux. Ce qui, à la fin des années 1990, ne devait représenter qu’une réduction temporaire dure depuis près de vingt ans, sans que l’on n’ait jamais réussi à redresser la situation. Mais, alors que notre travail dans ce domaine leur est également utile, les promesses de participation des autres ministères ne sont jamais suivies d’effet. (...) Comme la lutte contre le narcotrafic est menée à l’échelle internationale, cette insuffisance de moyens peut nous desservir. L’efficacité de notre travail – sur mer ou dans les airs – nous vaut pour l’heure une crédibilité intacte ; mais pour la première fois depuis quatre siècles, les Pays-Bas – qui étaient l’un de nos principaux partenaires – suspendent la permanence de leurs navires de guerre dans les Caraïbes."
Enfin, le CEMA donne les clés des restructurations outremer, qui seront tranchées dans le prochain conseil de défense, "sans doute dans le mois qui vient". Ce blog a déjà expliqué comment Djibouti aura, à terme, perdu les deux tiers de son effectif de 2010 (c'est pas loin pourtant).
Comment, dès lors, éviter d'employer le mot qui fâche : déclassement ?