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mardi 27 août 2013

Syrie, Libye, Mali : mêmes combats...et mêmes lacunes

Si la France souhaitait s'impliquer, par delà les discours de condamnation, dans des opérations en Syrie, que
pourrait-elle réellement offrir ?
Sachant qu'en Syrie, il faut marcher sur les oeufs de la géopolitique régionale, avec deux otages français retenus en Syrie, vraisemblablement par des millices pro-Asad, avec la proximité de l'Iran, et le risque de faire dégénérer la situation en Jordanie et au Liban (où stationnent encore 900 soldats français), déjà très fragiles.
Tout en gardant un oeil sur l'état des finances publiques françaises, pas merveilleux non plus. Avec déjà, une grosse dépense, en 2013, liée à l'opération Serval, et une autre, liée à la facture du retrait d'Afghanistan.
Pour une Syrie posée en bord de Méditerranée, le premier atout militaire de la France est son groupe aéronaval. Le navire sort du chantier, les pilotes sont réentraînés. Chaque Rafale peut porter un missile de croisière Scalp EG, et jusqu'à six bombes guidées AASM portant à plus de 50 km. Ces deux types d'armes sont des atouts évidents pour éviter de se frotter de trop près aux défenses aériennes syriennes, réputées coriaces.
Dans le catalogue aussi, le couple BPC (bâtiment de projection et de commandement)/GAM (groupement aérombile) utilisé en Libye. Mais les moyens de l'ALAT ont été rincés par les opérations au Mali, où un GAM important reste engagé (la décrue commencera dans le courant de l'automne). D'autant plus que sur un théâtre dur comme la Syrie, seuls les Tigre, Cougar rénovés et Caracal, bien protégés, sont en fait les seuls à réellement pouvoir travailler dans une relative sécurité pour leurs occupants.
Problème, pour opérer en frange urbaine -là où se situent les combats depuis plus de deux ans et demi-, seuls le canon de 30 mm et des missiles antichars des hélicoptères sont utiles, les roquettes, peu précises, sont proscrites. Or l'actuel Tigre HAP (hélicoptère d'appui-projection) ne possède pas de missiles, ce sont les frêles Gazelles, mal protégées, qui les portent... Avec des stocks de guerre évalués à 6.000 pièce, il est vrai qu'il reste de quoi battre les statistiques de tir.
Difficile aussi de compter sur les avions de patrouille maritime Atlantique de la marine, rincés par leur "surge" au Mali -jusqu'à 6 appareils mobilisés- puis par des.... billes utilisées pour l'entretien de la piste de Lann Bihoué. Et dont il a fallu ré-entraîner les équipages aux missions marino-mariniennes.
Encore plus difficile de miser sur les drones : ils sont tous au Niger au profit de Serval, qui sonnait déjà les cloches d'achats urgents en la matière. Et pas sûr que le régime syrien se laisserait survoler par des engins non protégés volant à la vitesse d'un avion de tourisme, et très bas parce que leurs capteurs sont obsolètes.
Restent les valeurs sûres des dernières opérations : les forces spéciales -qui ont une bonne connaissance de la région depuis 2011- et la chasse basée au sol, qui pourrait décoller de bases grecques, turques, voire encore plus lointaines -les bases-mères, comme en 2011 et 2013. Avantage, le Rafale de l'armée de l'air porte deux fois plus de Scalp que son cousin de la marine.
La chasse, à qui la loi de programmation militaire vient de promettre une tonte inédite pourrait ainsi rappeler, opportunément, que dans les opérations modernes, on n'a jamais assez de chasseurs... et qu'on manque vite de tankers. A Serval, jusqu'à 50% de la ressource en citernes volantes a été mobilisée. Aucun parc, aucune communauté, ne survivrait à un tel traitement, mais au "Bretagne", on a la peau dure. Néanmoins, la France, dans ce domaine précis, a perdu toute capacité à durer, avec 14 appareils rincés par l'âge, dont la plupart sont entrés en service en 1964.
Derrière les condamnations du régime Assad, il reste les réalités d'outils militaires abrasés par les engagements à répétition, les promesses politiques à géométrie variable, et les bosses budgétaires. La rentrée des classes et l'exercice des équations, lorientaise ou pas, sera difficile !

A relire, ces quelques posts sur la Syrie, écrits sur ce blog.