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lundi 31 décembre 2012

2013, l'année de tous les dangers

C'est très rare de pouvoir dire, avec autant de certitude, que l'année qui n'a pas encore commencée sera très difficile. Elle le sera parce que les choix du Livre Blanc puis de la loi de programmation militaire seront déchirants et laisseront des capacités et des militaires sur le bord de la route. Même si on tentera évidemment d'en faire le plus beau emballage possible, la réalité est là.
Même si le livre blanc va glisser un peu par rapport à son calendrier initial (1), il ne devrait pas sortir de grandes révélations de ce texte court. A court de ressources, et encore plus depuis que la récession s'installe, le budget de la défense va donc devoir faire des choix déchirants, repoussés depuis quatre ministres de la défense (2). L'actuel titulaire du poste aura donc la responsabilité ingrate de les faire à leur place, et de gérer la désormais fameuse bosse des programmes. Le CEMA a rappelé ces évidences dans l'Express, rappel qui a failli lui coûter son poste, comme, en son temps, à l'amiral Forissier. Le parler-vrai, chez les chefs... ou dans la presse a parfois un prix.
La réforme de l'administration des soutiens -pourtant incontournable- n'a pas toujours brillé par ses résultats. Louvois en est la plus symptomatique, mais plus la seule. On sait que désormais, grâce à des réformes mal maîtrisées, des militaires ont fait des opex en Amérique du Sud, derrière le rideau de fer (3) : c'est donc encore l'informatique qui bafouille. Tout en sachant qu'évidemment, l'homme est avant tout responsable de ces dérives de l'outil informatique. De quoi inquiéter le suivi des vétérans qui ont laissé un bout de leur âme et/ou de leurs corps sur les théâtres, ces dernières années...
Sur les fronts actuels, on sait que rien n'est réglé. Certes les flux logistiques sont bien avancés en Afghanistan, et c'est une réelle victoire des logisticiens, car ce n'était pas gagné d'avance. On pourra toujours s'interroger sur l'absence totale d'actions des insurgés sur les convois en Kapisa. Mais l'ouverture des archives, dans des dizaines d'années, livrera peut-être l'explication de ce miracle. Qui n'enlève évidemment aucun mérite à ceux qui étaient chargés de les protéger et de les faire rouler. Ou de ceux qui ont donné leur vie pour rétablir, à l'été 2012, la bulle autour de la MSR (4).
Le Moyen-Orient reste très fragile. Les stocks d'armes de destruction massive -ce n'est plus la blague de 2003 cette fois-ci- sur lesquels la famille régnant en Syrie est assise pose problème. Et sans ignorer les talents des unités chargées de s'en assurer en cas de souci...
L'Afrique reste toujours l'Afrique, on le voit bien en RCA. Mais on ne peut pas s'en étonner, au Sahel. Les signes se sont accumulés, au fil des années, sans que la communauté internationale, toute engagée en Afghanistan, ne s'en inquiète. La France, de peur d'être taxée de revenir à la Françafrique, a préféré temporiser, et en rester à de l'action peu visible, à base de forces spéciales. Mais cet outil performant n'a pas été utilisé systématiquement quand la situation le permettait. Y compris très récemment. Le résultat est là : le compte des otages est à son maximum, et il devient quasi-impossible de les libérer tous simultanément. Alors que l'action, elle, est désormais lancée, au Nord-Mali. La France, avec quelques européens seulement -pas encore une grande victoire de l'Euope de la Défense- va former des militaires maliens et assurer le soutien des troupes de la CDEAO pour reprendre le territoire gagné facilement, cette année par les insurgés.
Il est difficile de croire qu'AQMI va rester sans réaction, par delà le front médiatique, que cette nébuleuse a déjà très bien colonisée.
AQMI est le descendant du GSPC (et avant lui, du GIA), et ses relais en France sont réels, comme la DST et les RG, puis la DCRI s'en sont régulièrement préoccupés. Autant l'insurgé afghan n'avaient aucune capacité à toucher des intérêts civils dans sa zone, autant la capacité de nuisance d'AQMI sur les ressortissants et les intérêts français en Afrique sont évidents. Sans exclure, évidemment, que ce groupe ne s'enhardisse même à frapper en France même.
Bonne année 2013.


(1) des auditions sont encore prévues fin janvier, ce qui rend très difficile un rendu courant février. (2) parmi les très nombreux exemples, MAM avait autorisé dans ses derniers jours le lancement de réalisation du programme MRTT qui n'a toujours pas été notifié. Il devrait l'être en 2013, soit six ans plus tard.
(3) c'est ce qu'indiquent en tout cas leurs relevés de pensions...
(4) comme je l'explique dans le dernier RAIDS, jusqu'au printemps 2012, les sorties étaient lmitées en Kapisa, et les FOB, principalement celles de Tagab, subissaient le feu ennemi.

Réveillon en opérations (actualisé en continu ce jour)


Un Caracal Air à Kaboul (Photo Jean-Marc Tanguy).

Voici une liste des unités un peu actualisée, par rapport à celle que j'avais diffusée le 24 décembre, de ceux qui passeront le changement d'année en opérations, loin de leurs familles.
C'est évidemment en Afghanistan qu'ils sont encore le plus nombreux dans ce cas, pour ce 12e réveillon français dans le pays. 1500 militaires sont déployés en Afghanistan et à Douchanbe, avec un groupe de gendarmes dans le Wardak : 35e RI, 6e RMAT, 503e RT, 132e BCAT, 3e RHC, 5e RHC, EH 1/67, EGM 24/1, RMED, 14e ACP. S'y ajoute la frégate Chevalier Paul, actuellement en OEF.
Au Liban, c'est le 1er RHP qui pilote la composante française de la Finul II, avec deux section de la 3e compagnie du 17e RGP et une compagnie du RMT. C'est le septième réveillon français au Liban, sous ce statut.
Boali, en RCA, est actuellement la troisième opération en volume avec une compagnie du 8e RPIMa et deux compagnies tournantes du 6e BIMa avec le chef de corps (5e compagnie du 2e REI et 3e compagnie du 2e REP). Deux Puma du DETALAT Tchad ont aussi rejoint ce dispositif.
En RCI, 450 Français sont déployés au titre de Licorne, initiée en 2002. Actuellement, le 3e RPIMa fournit son chef de corps, une CCL, une compagnie de combat (la 1ère compagnie est elle en Nouvelle-Calédonie), le 1er RHP, un escadron, et le 17e RGP, une section.Au Kosovo, 320 militaires constituent le dernier élément de l'opération Trident, lancée en 1999. Avec ce volume, c'est l'opération la plus ancienne. Le 4e RD et le 511e RT fournissent l'effectif.
Le Sahel est encore le terrain d'action de la BFST (1er RPIMa, 13e RDP, 4e RHFS) mais aussi des dronistes (1/33 Belfort), avec un droit de regard des chasseurs basés au Tchad (1/3 Navarre, 2/33 Savoie). La génération de forces a commencé pour les opérations au Nord-Mali, la France en fournira l'essentiel, avec des Polonais et des Espagnols.
A l'autre bout de l'Afrique, l'antipiraterie consomme encore 270 marins, la frégate Surcouf et 70 personnels en équipes de protection embarquée.
La plus ancienne opération en mer (1990), Corymbe opère dans le Golfe de Guinée, prête à éteindre un incendie... ou à transporter du fret aéromobile.
En Jordanie, enfin, une poignée de soignants du SSA (la 4e ACA) et du RMED prend en charge les patients venus de Syrie, protégés par une section du 2e REP venue des EAU.
A Djibouti, les tournants ne sont, à de rares exceptions (1er RAMa et 2e REG), ni des coloniaux ni des légionnaires, mais issus des Troupes de Montagne (13e BCA, 93e RAM), et d'ailleurs (1er Spahis, 19e RG).
Au Tchad, c'est le 21e RIMa qui tient le groupement Terre jusqu'à la fin janvier, avec des éléments du 1er REC et du 3e RAMa, ainsi que la 7e ACP. Ce groupement terre a ses propres missions dans le cadre d'Epervier, c'est pour cela que ce sont les forces françaises au Gabon qui ont été privilégiées pour les opérations en RCA.
Enfin, deux compagnies du 2e REP sont à mi-chemin du réveillon et des opérations : elles forment l'ossature du Guépard à 12 heures.
A ne pas oublier non plus, les veilleurs du temps : un équipage de SNLE en patrouille, des veilleurs dans les sémaphores, les mécaniciens et pilotes de la permanence opérationnelle (PO)sur sept bases aériennes (ainsi qu'en Guyane et à Djibouti), les équipes de Vigipirate, mais aussi le Jean Bart qui navigue quelque part en Méditerranée orientale, un équipage d'ATL2 à Dakar (au titre, notamment, de la SAR OACI)...
Le 35e RI arrivait à Naghlu en novembre pour une brève mission de protection. Tous ses personnels sont désormais à Kaboul (Photo Jean-Marc Tanguy)

Un Alpin en Félin au 5e RIAOM, dans la corne de l'Afrique (Photo Jean-Marc Tanguy).
Le Chevalier Paul, avant son départ pour une mission de quatre mois en océan Indien (Photo Jean-Marc Tanguy).
Des mécaniciens s'affairent sur un Mirage 2000C du 1/12 Cambrésis, à Creil : c'était quelques jours après le 11 septembre 2001. 10 ans après, la mission continue (Photo Jean-Marc Tanguy).
Patients afghans accueillis au rôle III de KAIA. A Kaboul comme dans les HIA de métropole, les urgences sont tenues ce soir (Photo Jean-Marc Tanguy)
Opérateur du CPA 20 dans un convoi entre Nijrab et Kaboul (Photo Jean-Marc Tanguy).
Pour cloturer cette série, le Transall du Larzac, en clin d'oeil à tous les transporteurs sur le pont, loin de leurs maison-mère d'Evreux, d'Orléans et de Creil. (Photo Jean-Marc Tanguy)



La marine va tirer du 76 mm allemand

La tourelle tribord du Chevalier Paul (photo Jean-Marc Tanguy).

C'est chez l'Allemand Diehl que la marine française va désormais se fournir en obus de 76 mm. Le nouveau modèle devrait être plus perforant que les modèles actuels.
Cet achat est un retex direct des opérations en Libye qui avait vu le Chevalier Paul tirer plusieurs milliers d'obus pour neutraliser des convois logistiques kadhafistes, et en appui des infiltrations nocturnes des hélicoptères de l'armée de terre.

(1) Après le pataqès généré par une histoire de châssis d'Aravis commandés par l'Arabie Saoudite, il faut espérer que les Allemands ne vont pas nous demander un droit de regard sur les cibles que nous allons tirer avec leurs obus. Le gouvernement allemand a bloqué deux contrats de Nexter et Lohr avec l'Arabie saoudite, après avoir oublié de livrer des châssis que son industrie fabrique. Encore un grand symbole de l'Europe de la Défense.

dimanche 30 décembre 2012

Nouveaux renforts français en RCA (actualisé)


A bord du Transall R157 avec les légionnaires du 2e REI. Noter l'AT4CS côté gauche (photo EMA).

L'EMA envoie de nouveaux renforts en RCA. La compagnie motorisée armée par le 2e REI est arrivée du Gabon tôt ce matin, par Transall, avec un état-major tactique fourni par le 6e BIMa. De fait, c'est donc le chef de corps du 6e BIMa, le colonel Bruno Paravisini, qui prend en mains les opérations, tenues jusqu'à maintenant par le C2 du 8e RPIMa, qui commandait la compagnie de ce même régiment postée au titre de Boali à Bangui.
Le Gabon est donc vidé de ses moyens de combat, même s'il y reste les hélicoptères.En outre, deux Puma (soit 50% du potentiel sur place) sont venus directement du Tchad ce matin. Ces Puma peuvent permettre, le cas échéant, de produire de l'appui-feu, et d'extraire des ressortissants isolés. En 1997, en 2004, en 2011, de tels Puma ont eu un effet immédiat dans un contexte à peine différent, en Afrique.
C'est au Tchad que résident désormais les renforts les plus proches, autant en avions de transport  (Transall, Hercules) qu'en moyens terrestres, et à Djibouti (5e RIAOM). Ensuite, si les choses s'aggravant, il faudra recourir au Guépard 12 heures.... armé par deux compagnies du 2e REP.
On peut imaginer que par delà ces moyens terrestres, des moyens aériens ont également été placés en alerte, pour extraire les ressortissants français et étrangers. Une RESEVAC peut consommer une dizaine d'avions tactiques. Le besoin en avions stratégiques est moins flagrant, du fait de la proximité du Tchad.
En tout état de cause, les renforcements de la semaine démontrent que malgré les entailles successives, l'outil militaire français n'est pas rouillé. Pour opérer en RCA, en tout cas.

Les points chauds de la marine en 2.0

Une fois n'est pas coutume, c'est la marine qui montre la voie en matière de com'. Cols Bleus sort un hors série tout en images, une image valant, c'est bien connu, mieux que de longs discours. Le document en livre quelques unes assez rares de piraterie ou d'antinarco, mais aussi de très belles de marins en action. Tout ceci peut être consulté en écologie totale, puisque ce numéro spécial est téléchargeable sur son site internet.

samedi 29 décembre 2012

Le 2e REP de retour à Bangui

Une compagnie du 2e REP a été injectée dans la nuit de mercredi à jeudi à Bangui, en RCA en renfort du dispositif Boali, armé actuellement par le 8e RPIMa. L'EMA l'a écrit sur son site internet hier soir, 24 heures après l'arrivée de ces légionnaires sur place. Cette compagnie, la 3e cie du 2e REP est en tournante actuellement au Gabon, comme je l'avais signalé le 24 décembre, avec une compagnie du 2e REI. Le dispositif a été infiltré par Transall et Casa 235, les deux types d'avions de l'armée de l'air disponibles au Gabon.
Comme je le rappelais mercredi, le 2e REP avait été en première ligne en 1996 lors de la dernière éruption dans la capitale centrafricaine, aux ordres du colonel Puga, l'actuel CEMP.
A ce stade, il est difficile de décoder l'envoi de ce renfort. Est-ce, comme on peut le penser, un réponse du berger à la bergère, après que Bangui se soit ému de l'absence de soutien de son ancien allié ? Ou une simple précaution, pour tenir le choc s'il fallait évacuer les ressortissants ? Ou encore, une simple précaution, pour montrer que même pendant les vacances, il reste un pilote dans l'avion à Paris ? Sans doute un mélange des trois, avec une dominante de la première, car on le sait, en Afrique, la simple évocation du 2e REP suffit souvent à calmer les excités.
Coïncidence ou pas, une autre compagnie du 2e REP est attendue, elle, au Sénégal, en début d'année.
Le régiment de Calvi est donc actuellement sur toutes les brèches du moment puisqu'une de ses compagnies (la 4e) est aux EAU, avec une section déployée en Jordanie, en sécurisation du dispositif médical français.

vendredi 28 décembre 2012

Hommage aux combattant(e)s en blanc

Je m'attendais à un autre livre. Celui de Patrick Clervoy, psychiâtre des armées annonçant 10 semaines de mission à Kaboul, je m'attendais à un livre en forme de huis clos dans un cabinet bunkerisé, et je m'interrogeais déjà en me demandant ce qu'un psychiâtre militiaire, astreint en quelque sorte deux fois au secret (médical puis militaire) pourrait bien raconter de ses entretiens avec ses patients.
C'est de fait un autre livre, plus proche d'une version écrite d'Urgences. Le psychiâtre profite de sa position dans le rôle III de Kaboul pour décrire l'ambiance qui y règne, et une partie des actes médicaux qui y sont produits. Les drames humains, Français, Afghans, s'enchaînent au fil des pages, et le temps de quelques lignes, la vie reprend parfois furtivement ses droits. Sans verser non plus totalement dans Mash.
C'est donc, même si ce n'était pas le but, plus un hommage aux équipes médicales qui oeuvrent au rôle III, mais aussi dans la Medevac de la TF Mousquetaire. Mais un hommage incomplet, qui traite moins -même s'il en parle- du segment tactique, avec les sections. C'est aussi un livre dans lequel les sujets qui fâchent ont aussi été soigneusement évités. Et dans lesquels on trouve, même sans les noms des titulaires, des souvenirs difficiles de ces mois en Afghanistan. Une mère qui sermonne ses enfants via MSN (1), des blessés qui confient leurs traumatismes, leurs doutes : ont-ils donné leur autorisation pour qu'on évoque le contenu de leur relation avec leur(s) praticien(s) ?
Une fois prévenu de toutes ces limites, on peut donc le lire même si on n'est pas un gros lecteur : c'est écrit en gros caractères.

A entendre : l'interview de l'auteur sur RFI.

(1) un livre d'étude sur l'impact tactique des réseaux sociaux reste à écrire. Si un étudiant en sociologie cherche un sujet...

Norman Schwarzkopf est mort

Il était le chef sur le terrain de l'opération Desert Storm et en avait incarné la réussite éclair : Norman Schwarzkopf est mort hier à Tampa (Floride), à l'âge de 78 ans. Il s'était retiré dans la ville qui héberge le CENTCOM, qu'il commandait à l'époque où il avait été désigné pour prendre la tête de la coalition.
Ses grands-parents étaient allemands, et son propre père, termina général de division dans l'US Army.
Ce fantassin avait effectué deux passages au Vietnam (1965 et 1970). Il effectue son premier mandat comme conseiller d'une unité parachutiste vietnamienne, puis à la tête de son bataillon, pour le second. Il est alors blessé en allant extraire ses hommes piégés dans un champ de mines.
Il avait terminé sa carrière militaire en août 1991, quelques mois après la fin de la guerre du Golfe. Et après avoir refusé le poste de CEMAT qu'on lui offrait...
Du fait de ses deux campagnes au Vietnam, il aura emmagasiné un nombre incalculables de décorations (trois citations sur sa Bronze Star et une Purple Heart). Il avait aussi été distingué 1ère classe honoraire de la Légion étrangère, en 1991.

jeudi 27 décembre 2012

Crêpegate à Kaboul

Ces 8000 crêpes auraient dû rester secret défense, puisqu'elles voyageront dans le même Airbus que le ministre, qui réveillonne en Afghanistan. Seulement la nouvelle de ce don aux troupes a très largement fuité en Bretagne aujourd'hui -les lois de la com sans doute-, avant d'être reprise sur les ondes nationales -la com est moins contente-.
Même si c'est un secret de polichinelle, les ministres de la défense gardent chaque année secret leur emploi du temps de réveillon (1). Les journalistes qui le suivent sont d'ailleurs censés éviter d'en parler à leurs collègues qui n'en sont pas.
Chaque année, cependant, une bourde évente le "secret". Déjà, dans l'Airbus qui ramenait le mindef de Chypre, il y a une quinzaine de jours, un journaliste de TF1 avait très largement évoqué la venue de la chanteuse Nolwenn Leroy (2) qui devait, là aussi, rester, un secret... télévisuel, la chanteuse devant apparaître sur les antennes de la chaîne.
C'est évidemment moins grave que la perle qui reste dans la mémoire des rubricards : le cabinet du précédent titulaire du poste avait diffusé le programme de la visite de son ministre à Kaboul.
Allez, Bloavez mad quand même !

(1) contrairement à ses collègues, le ministre n'est plus apparu en public au travail depuis une réception à l'Elysée, le 21 décembre. Tous les ministres sont sensés rester à portée du bureau, et à l'instar du chef de l'Etat, ne doivent pas prendre de vacances prolongées.
(2) le concept originel semble avoit pas mal changé depuis le début décembre. Surprise, ou non, sur TF1, le 31 décembre.

Dans le premier HS de RAIDS AVIATION

Comme promis, le premier hors-série de RAIDS AVIATION, consacré à dix ans d'opérations du porte-avions Charles-de-Gaulle et son groupe aérien embarqué arrive en courte finale. Voici les pages d'ouverture de chaque chapitre.




Dans RAIDS 320

Le numéro 320 de RAIDS, premier de 2013 est déjà arrivé pour les abonné(e)s, avant sa distribution dans les kiosques, dans quelques heures. Il comprend cinq articles sur l'Afghanistan, dont deux reportages de votre serviteur. Le premier est consacré au bilan du GTIA Acier (formé autour du 16e BC), qui a fermé Tagab et Nijrab. Le deuxième est un point d'effectifs et capacitaire sur les moyens qui restent en place en cette fin d'année. A noter aussi un point sur le matériel du COS et un focus sur Decazub.


mercredi 26 décembre 2012

Bangui : pas de craintes directes et immédiates

Malgré les violences dans la capitale de RCA aujourd'hui, et une intrusion repoussée dans l'ambassade de France à Bangui, la situation semble stabilisée. Et en tout cas moins désespérée que ne semble l'évoquer la littérature arrivant de RCA.
La France maintient sur place un élément para, dans le cadre de l'opération Boali (1), lancée en 2002. Cet élément est actuellement fourni par le 8e RPIMa, pour environ 250 personnels, ainsi que des éléments de soutien. Boali oeuvre principalement au profit de la MICOPAX (2). C'est tout l'avantage de bénéficier d'éléments prépositionnés, la capacité de réaction est évidemment bien plus rapide.
Au Tchad voisin, la France dispose aussi de 1000 militaires, avec un spectre de moyens aériens assez complets, comme c'est aussi le cas, à l'est, pour les FFDJ.
Traditionnellement, les armées françaises effectuent une RESEVAC tous les ans en moyenne, même si certaines années ont été plus riches que d'autres. Dans des contextes très différents, les dernières sont intervenues au... Tchad  (2008), au Japon, en Libye et en Côte d'Ivoire (2011).
De fait, 26 RESEVAC ont été menées ces 20 dernières années.

(1) l'armée française est intervenue à Bangui en 1997 -c'était le 2e REP du colonel Puga, actuel CEMP- qui était mobilisé-, mais également entre 2006 et 2007. A l'époque, les Mirage F1 du 2/30 Normandie Niémen et les forces spéciales avaient contribué à sécuriser la région, parcourue, déjà, par une rebellion. Des chuteurs du 3e RPIMa, puis du COS, avaient notamment desserré l'étreinte sur le poste de Birao, assiégé.

(2) la MICOPAX assure le renforcement de la sécurité, au titre de la CEEAC. Actuellement, la MICOPAX compte 400 militaires venus de RDC, du Tchad, du Gabon, du Cameroun et du Congo./

mardi 25 décembre 2012

L'ATL-2 a vraiment les boules

Depuis peu, un avion de patrouille maritime Atlantique 2 de la marine vole avec une deuxième boule optronique, conséquence d'un crash program décidé par l'EMA suite aux carences enregistrées lors d'opérations au Sahel, en 2009-2010. Contrairement au modèle d'origine, la deuxième boule est d'origine américaine et multispectrale.
Déjà utilisée dans cette même zone par d'autres avions français, cette boule avait été retenue sur deux autres modèles français, il est vrai nettement moins combat proven.

lundi 24 décembre 2012

Quelques unités en opex, MCD et opint

Dans la foulée du post consacré aux effectifs en opérations extérieures et de mes posts consacrés au Noël des militaires, voici, pays par pays, quelques unités actuellement déployées outremer (liste évidemment non limitative) sous le statut opex et MCD.
A Djibouti (2100 militaires), 3e compagnie du 13e BCA, un escdron du 1er Spahis, une section du 2e REG, une batterie du 1er RAMa, une section de tir du 93e RAM.
Aux EAU (700 militaires) : la 4e compagnie du 2e REP (une section en Jordanie).
En Afghanistan (1500 militaires) : EGM 24/1, 3e RHC, 5e RHC, 13e BCA, 35e RI, 6e RMAT.
Au Liban (850 militaires) : 1er RHP.
En Côte d'Ivoire (450 militaires) : 17e RGP.
Au Gabon (1000 militaires) : la 3e compagnie du 2e REP.
Au Kosovo (320 militaires) : un escadron du 4e régiment de Dragons, une compagnie du 511e RT.
Zone sahélienne : 4e RHFS, 1er RPIMa, 13e RDP, 1/33 Belfort.
En Vigipirate : 7e BCA, RICM, 93e RAM, 2e RIMa, 6e RG, 4e Chasseurs.
En mer : Surcouf, Mistral, Chevalier Paul.

Noël à bord du Chevalier Paul

Il héberge normalement un Caïman Marine, mais faute d'appareil disponible, c'est un Panther qui a pris place à bord du Chevalier Paul. Il reste donc de la place dans la hangar de la frégate, qui héberge, ce soir, le réveillon de Noël de l'équipage. La participation à la fête du hangar se fera évidemment par bordées, afin que le Chevalier Paul reste fonctionnel.
Le Chevalier Paul évolue en Océan Indien, et a, comme c'est de tradition dans la Marine, privilégié un Noël en mer. Les cadeaux ont été embarqués avant le départ de Toulon, auxquels s'ajoutent le colis du soldat de Solidarité Défense, et un cadeau acheté, par chaque marin, pour un autre tiré au sort.
Les écrans du bord diffuseront aussi pendant toute la soirée des photos envoyées par les familles.

Moins de 5000 soldats en opex

C'est un plus bas historique : moins de 5000 soldats français sont actuellement déployés en opex. Le dernier décompte de l'état-major des armées dénombrait 5300 miliaires au 15 novembre, mais à l'époque, il y en avait encore 2300 en Afghanistan, chiffre, qui on le sait a fondu à 1500 personnels. Partant de ce constat, on pourrait donc évaluer à 4600 le nombre de soldats en opex, mais comme ce décompte ne tient pas compte des effectifs français -spéciaux et conventionnels- au Sahel, qui ont bien augmenté depuis le 15 novembre, on peut conclure que l'effectif total est tout juste inférieur à 5000. Dans ce volume, les forces spéciales mobilisées actuellement sur plusieurs fronts pourraient bien représenter 10%, mais c'est connu, leur déploiement ne fait l'objet d'aucune communication. Chiffrée en tout cas.
C'est, en tout état de cause, un minimum historique depuis plus de 20 ans, puisque durand ces deux dernières décennies, les armées françaises ont enchaîné la guerre du Golfe (10000 militaires) Bosnie, puis le Kosovo, puis la Côte d'Ivoire (jusqu'à 5000 militaires) et l'Afghanistan (4500).
Rappelons qu'il y a encore un an, ce socle cumulé aux opérations en Libye avait allègrement fait dépasser les 11000 personnels en opérations, tout en faisant exploser le niveau des surcoûts opex au-dessus du milliard d'euros.

Opération crèches dans la Légion

Une des crèches du 1er REC qui peut être découverte ce lundi, entre 13h30 et 19h (photo 1er REC).


Noël est, avec Camerone, une des grandes fêtes qui rythme la vie du légionnaire. Traditionnellement, les officiers passent le réveillon avec leurs hommes, et la nativité donne lieu à la confection de crèches (Photo 1er REC). Les plus importantes sont évidemment dans les régiments, et donnent lieu à concours.
Mais, c'est tout aussi traditionnel, même loin de leurs bases métropolitaines, les légionnaires se mobilisent pour cette opération éphémère. Ainsi on devrait voir des crèches aux EAU (la 13e DBLE y est établie, avec 350 hommes dont une partie de tournants ne sont pas issus de la Légio), mais aussi à Djibouti, où séjourne actuellement, en effectif tournant, une section de génie étranger, au sein du 5e RIAOM.Ou la 3e compagnie du 2e REP, déployée pour quatre mois au Gabon.
A noter que le 1er REC ouvre, ce jour, son quartier aux visiteurs pour découvrir ces crèches, entre 13h30 et 19h. Les huit crèches du 2e REG pourront être découvertes ce lundi entre 13h30 et 16h30. Au 1er REG, ce sera demain mardi, entre 14h30 et 17h30.

Au 1er REG.

Le Noël du Soldat avec SD

L'association Solidarité défense (SD) distribue cette année aux blessés hospitalisés à Percy et leurs familles un plateau repas provenant directement de chez un traiteur parisien. On ignore combien de soldats sont concernés, le chiffre n'a pas été révélé. Plusieurs militaires des forces spéciales ont été blessés en Afrique, ces dernières semaines.
Plus traditionnellement, SD a confectionné 6000 colis de Noël pour les militaires des trois armées en opérations sur trente endroits différents, et 350 autres pour des familles de militaires morts ou blessés.

(depuis hier, évocation de Noël dans les armées)

dimanche 23 décembre 2012

Sur le Surcouf, c'est déjà Noël

Les Britanniques déployés avec leur Lynx à bord du Surcouf ont pris de l'avance, comme en témoigne cette photo prises au carré OMS de la frégate (crédit MN) : avec 24 heures d'avance, et faisant feu de tout bois, ils ont déjà pris les couleurs de Noël. Ce blog donnera demain quelques éléments de couleur locale, sur d'autres célébrations de Noël.
Le détachement aéro britannique doit rester quatre mois à bord, la frégate étant mobilisée au sein de l'opération Atalante.

Une fomule à méditer

Alors que l'audit de la com devrait sans surprise préserver les forêts, en limitant une fois de plus le nombre de revues éditées par la communication interne du ministère de la défense (1), la brigade de montagne a développé une stratégie alternative avec Soldats de Montagne, dont le numéro 1 sortira à la mi-janvier. On ignore encore la régularité prévue pour ce titre de 84 pages, qui sera édité par une association, la fédération pour le rayonnement et l'entraide des soldats de montagne (FRESM) dont le siège est à Grenoble. Les textes seront, eux, écrits par les officiers communication de la brigade.
La précédente réforme de la com avait limité le maquis des publications aux trois d'armées et à Armées d'aujourd'hui, tout en tolérant des publications pour les écoles. Brigades, régiments et bases aériennes avaient ainsi perdu leur support papier. Il s'avère que comme toute réforme, celle-ci a été tournée, et les publications, financées -ou pas- par la publicité, perdurent, au-delà de ce périmètre. Le cas de Soldats de Montagne créé un précédent, puisque édité par une association, c'est une externalisation partielle.

(1) le ministère de la défense cultive ses singularités, comme de vendre en kiosque des revues de communication financées par la publicité collectée auprès de ses fournisseurs. Tout en étant aussi abondée par le budget du ministère de la défense.

samedi 22 décembre 2012

Sahel : le dispositif français monte en puissance

Alors que le stock d'otages français aux mains d'AQMI n'en finit plus de croître, les effectifs militaires français dans la zone sont eux aussi en croissance discrète. Le volume implanté au Niger monte en puissance, corollaire de l'ouverture du plot Harfang à Niamey (1). Ce dernier devrait être opérationnel en janvier, comme l'EMA l'avait programmé au début de l'automne.
En France, la génération de la force d'aérocombat conventionnel se poursuit également, elle devrait comprendre dans un premier temps six hélicoptères, s'ajoutant à ceux déjà déployés par le 4e RHFS (Caracal et Gazelle) au profit du GFS Sabre.
Mais, selon le niveau opérationnel défini par l'EMA, ce volume pourrait doubler, voire tripler. Il suffit de se rappeler que pour une opération humanitaire -l'Eufor Tchad, en 2008-, il avait fallu générer une dizaine d'hélicoptères de l'armée de terre, renforcée par des Mi-17 polonais... Et c'était pour de l'humanitaire.
Au Sahel, il faudra soutenir les forces africaines, et sans doute, combattre en premier, une fois dépassées les circonvolutions et argouties diplomatiques.

(1) sans qu'il faille y voir évidemment la moindre relation avec les affaires sahéliennes, le numéro 2 du COS a visité l'escadron drones de Cognac en novembre. La semaine dernière, il visitait le centre de formation à l'appui aérien (CFAA) de Nancy, là où sont formés les JTAC des trois armées. Des spécialistes dont il sera manifestement difficile de se passer, au Sahel.

Pour la bibiolthèque

Le point sur les dernières sorties en librairies.
Au niveau BD, j'ai déjà évoqué les mérites du dernier Tanguy et Laverdure. Chez le même éditeur (Dargaud, 11,99 EUR), les suites de l'interminable série XIII qui s'envole pour le sud afghan, où Jones, la pilote multivecteurs, sera L'Appât. Scénario en deux tomes, la suite est attendue. Le nouveau tandem Jigounov/Sente fonctionne aussi bien que Vance et Van Hamme. A noter aussi, à peine plus ancien, un nouvel opus de la collection parallèle, façon remontée du Mékong (XIII-Mystery) consacré à l'exploration de la vie de Steve Rowland, l'homme par qui tout est arrivé.
Histoire et collection, éditeur de RAIDS et RAIDS AVIATION, continue sa série sur les matériels de l'armée de l'air et de l'aéronavale par un opus consacré au Mirage 2000D, avion mythique qui aura traversé toutes les opérations depuis 1994 (17,50 EUR). Plus anciens, les Jets de la Luftwaffe éclairés par la plume de Dominique Breffort et quelques surprenantes photos, comme ce réservoir tracté (!) qui embarquait 4000 litres de carburant dans un corps de missile V1. A l'heure où avance le programme de renouvellement de nos C135FR, et l'âge vénérable de ces derniers, il ne faut plus exclure une telle solution pour nos chasseurs, afin de leur permettre à continuer à effectuer des missions de projection et de combat (1). J'avoue avoir moins adhéré au livre consacré par ETAI aux Pilotes de la Luftwaffe. Pour les fans seulement.
Le même éditeur consacre un beau livre à un des unités mythiques de l'armée de l'air, l'escadron de chasse Lafayette, du Nieuport au Mirage 2000N. Le prix (54 EUR) l'est malheureusement beaucoup moins, ce qui risque, par conséquent, de ne pas populariser le travail utile réalisé par cet ouvrage d'Alain Vezin.
John Weisman est un des nombreux auteurs à s'être essayé à l'évocation de la neutralisation de Ben Laden. Malgré un genre inattendu, cette Opération Geronimo fonctionne plutôt bien (chez Nimrod, 21 EUR).
Le pavé de l'automne s'appelle Mes rêves avaient un goût de sel (Editions le Fantascope 20 EUR), écrit par un ancien nageur du commando Hubert, Jean-Pierre Roybon, le livre décrit l'univers de l'unité à la fin des années 60. A lire, pour le coup de plume de l'ancien marin, qui en effet a un goût de sel.
Pour les futurs ingénieurs, Les essais en vol de l'A380 sont décortiqués par le pilote Claude Lelaie, au Cherche-Midi (22,50 EUR). Pas forcément tous publics, mais un éclairage nouveau sur l'avion qui en effet faisait défaut.

(1) sur l'Arado, les réacteurs étaient sous les ailes, ce qui facilitait le tractage, impossible sur nos chasseurs, évidemment, vu la position de leur(s) réacteur(s).

vendredi 21 décembre 2012

Billet d'humeur : Merci les Belges !

Pourtant désormais grosse productrice de communiqués de presse, la communication du ministère a négligé -pour ne pas dire soigneusement évité-, coup sur coup, deux livraisons d'hélicoptères à l'armée française : celle du 40e et dernier Tigre HAP mercredi, et celle de facto, du premier Tigre HAD-, et du premier Caïman Marine Step B à la Marine, ce matin même. On n'apprend d'ailleurs cette livraison à la marine, presque par hasard, qu'au détour d'un communiqué de l'industriel consacré à une livraison à la... Belgique. Corollaire, seule la presse belge avait droit de cité, à Marignane, aujourd'hui.
Pourtant, bien d'autres programmes de la DGA -ils sont une centaine- ont bénéficié de la bienveillance d'un communiqué de presse, même si c'était parfois d'extrême justesse, ces dernières semaines.
Y aurait-il de mauvaises nouvelles en vue dans le domaine des hélicoptères militaires, au point qu'il faudrait faire profil bas ? Ou aurait-on déjà oublié les bilans d'Afghanistan, de Libye ?

L'armée d'Afghanistan chez le PR


"Mission accomplie" a dit le chef des armées aux militaires présents (photos Jean-Marc Tanguy)



Une petite armée française en réduction était chez le président de la République et chef des armées ce matin. Une cinquantaine de militaires a été reçue dans le salon d'hiver aux moquettes porteuses de roses. Un signe de "reconnaissance" présidentiel qui a touché les militaires que nous avons croisés sur place. Les mêmes ont rappelé, néanmoins, que les opérations n'étaient cependant pas terminées, et que le risque demeure, pour les 1500 qui restent.
Comme il l'avait fait le 11 novembre, le président a évoqué la mémoire de 88 morts, la souffrance des plus de 700 blessés. Et rappelé que la République ne les oublie pas, pas plus que leurs familles.
Il a aussi redit toute a confiance aux présents, en rappelant que les compétences des militaires seraient encore mises à profit. Chacun a pensé avec son système de références, au Sahel, à la Syrie, pour ne citer que les plus évidents.
On ignore suivant quelle alchimie les présents ont été choisis, mais c'est un échantillon à peu près représentatif des derniers vétérans ayant quitté l'Afghanistan : des représentants des 16e BC et 92e RI, qui formaient le coeur des deux derniers GTIA. Bien représenté, le GTIA Acier, avec le capitaine qui  fermé Tagab puis Nijrab. Les appuis n'ont pas été oubliés, comme les cavaliers du 501e RCC, les sapeurs du 13e RG, mais aussi la logistique, avec une représentante du 517e RT. Etonamment, les hélicoptéristes étaient peu présents, avec un pilote de Tigre (1) et un mécanicien du 1er RHC.
Un sous-officier du SEA, et plusieurs gendarmes, anciens POMLT, faisaient aussi partie de l'assistance. Trois personnels de santé figuraient aussi parmi les troupes : un ancien médecin de Nijrab, un infirmier blessé en allant secourir l'ADC Franck Bouzet, en août dernier, et un convoyeur de l'air.
Longuement écoutés par leur CEMM, les commandos marine ont pu constater qu'ils étaient les seuls représentants des forces spéciales. Du côté de l'armée de l'air, deux représentants du CPA 20, un pilote de Mirage 2000D, un chasseur intelligent et un ancien J3 Air.


(1) auteur d'un livre à sortir en janvier.
François Hollande rencontre le chef de corps du 16e BC et les personnels qui ont désengagé Tagab puis Nijrab.
Le 92e RI a ferrmé Tora, puis sécurisé Naghlu, avant de se recentrer sur la protection de Warehouse.
Le panel des formations représentées étaient large, à l'image de ce que sont les opérations. Ici une logisticienne du 517e RT.




jeudi 20 décembre 2012

P.O : la 11F passe les clés au 1/2 Cigognes

Les pilotes descendants, des hiboux marqués de l'hippocampe de la 11F et du canard de la 12F, et ceux, montants, du Cigognes. (Photo MN/Jean-PhilippePons)

Le créneau est resté limité -22 novembre au 20 décembre- mais les deux Rafale Marine de la 11F ont tenu la permanence opérationnelle depuis Lann Bihoué. Le patron de la défense aérienne, le général Thierry Caspar Fille Lambie est venu ce jeudi en personne constater la passation de témoin, des marins vers les aviateurs du 1/2 Cigognes de Luxeuil (1).
Deux pilotes de la 11F -mais huit au total-, dix mécaniciens et deux rondiers de Landivisiau ont été mobilisés dans cette mission, 24 heures sur 24 sur la base bretonne. Plus d'une quarantaine d'heures de vol ont été effectuées.
La participation de la marine n'est pas nouvelle puisqu'elle intervient depuis2006. Mais c'était le premier tour, et de fait, la première mission opérationnelle de la 11F, transformée sur Rafale depuis l'automne 2011, donc après Harmattan.


(1) l'engagement en Libye du 1/2 a été largement évoquée dans RAIDS AVIATION n°5.

Le dernier HAP livré

Eurocopter a livré hier le dernier des 40 Tigre HAP à l'armée de terre. Pas plus chez cette dernière que du côté du constructeur, cette nouvelle n'a été évoquée. Le premier Tigre HAD (largement présenté dans RAIDS AVIATION n°3) a déjà, lui, été livré au même client, même si la réception officielle ne semble pas avoir été faite. Il emportera le missile Hellfire, choix judicieux si l'on estime que l'intégration du Spike israélien semble avoir connu des difficultés imprévues. L'armée de terre envisageait, à l'origine, d'acheter 215 Tigre. Chiffre réduit à 120, puis 80 engins. Une nouvelle fonte n'étant pas à exclure.
Il reste encore deux Tigre français en Afghanistan a rappelé l'EMA ce matin. L'Allemagne (depuis quelques jours), puis l'Espagne (dans quelques semaines) seront les deux suivants à l'utiliser au combat.

Raids Aviation : le PACDG et son GAE au combat

Six mois après le lancement de RAIDS AVIATION, je sors un premier hors-série, consacré au porte-avions Charles de Gaulle et son groupe aérien embarqué. Sur 84 pages, témoignages des pilotes, évolutions techniques des avions, et photos prises sur le vif par les photographes du bord, et les pilotes eux-mêmes, pendant les opérations en Afghanistan et en Libye (1).
Sortie d'ici la fin de l'année.
Le prochain numéro de RAIDS AVIATION sera publié, lui en janvier.

(1) en ce sens, ce hors-série a été fait dans le même esprit que mon livre de photos consacré à Harmattan, sorti chez Histoire et Collections, sorti à l'été 2012 : "Guerre aérienne en Libye, l'armée de l'air au combat".

Un nouveau président

C'est le député du Rhône Christophe Guilloteau qui est le nouveau président du groupe d'étude sur l'industrie de défense. Le parlementaire, déjà membre de la commission du livre blanc et de la commission de la défense de l'assemblée nationale, a été désigné par le président de l'assemblée nationale, Claude Bartelonne.
Il était déjà co-président de ce groupe d'études avec le socialiste Alain Rousset -un autre lyonnais d'origine-, très impliqué dans sa région Aquitaine sur la politique industrielle en direction du secteur aéronautique-défense.

Qui à l'Elysée ?

A 24 heures d'une rencontre entre le président et une cinquantaine de vétérans d'Afghanistan, la liste des invités continue petit à petit à sortir. On sait que le dernier COMTFLF -le général de Hauteclocque-Raysz- fait partie des présents, ainsi que le dernier patron du dernier GTIA de Kapisa (Acier, formé autour du 16e BC), le colonel de la Rouzière.
Un infirmier du service de santé des armées blessé dans les combats de Kapisa, en août dernier fait aussi partie de la liste, tout comme des gendarmes et des officiers mariniers. Démineurs, ou, plus probablement, commandos marine de la TF Jehol.
A ce stade, et contrairement à la rencontre entre le premier ministre et les Gaulois du 92e RI ce lundi, la présidence n'a pas encore annoncé si le rendez-vous de demain sera ou non ouverte à la presse.

mercredi 19 décembre 2012

Les promos des divisionnaires

Le conseil des ministres a confirmé les prises d'étoiles supplémentaires chez plusieurs généraux de l'armée de terre. Sont notamment distingués l'actuel patron de l'EAI et ancien des Alpins, Hervé Wattecamps, qui passe général de division, comme l'actuel patron des hélicoptéristes, Olivier de la Motte. Dans l'armée de l'air, le général Dominique de Longvilliers (n°2 du CDAOA) prend lui aussi une troisième étoile, tout comme le sous-chef emploi soutien (SCES) de l'EMAA, le général Serge Soulet. Un basier, le général Grégoire Blaire récolte aussi sa troisième, après avoir été OCO à l'EMA, et désormais n°2 de la DIRISI.
Le patron du CPCO, Franck Baduel, est lui aussi promu et passe vice-amiral.
Enfin, la DGA récolte un ingénieure générale de plus, en la personne d'Elisabeth Da Silva.

Un ancien s'en va, des jeunes arrivent

Le 1er RPIMa célèbrera demain le départ d'un de ses plus anciens sous-officiers, entré en... 1975. Parallèlement, des fourragères devraient être remises à de nouveaux arrivants, en présence d'anciens du régiment.
Ce régiment du COS est actuellement engagé sur toutes les opérations de l'arc de crise. Quelques uns de ses commandos sont rentrés samedi d'un stage Patsas à Djibouti, qui confirme sa vocation de zone privilégiée pour les entraînements les plus réalistes.

Un concert

La chanteuse Nolwenn Leroy se produira en fin d'année à Kaboul, au profit des troupes françaises. C'est la troisième artiste à réveillonner avec les troupes en Afghanistan, après Gérard Darmon et Charlotte de Turckheim. Pas plus le cabinet du ministère de la défense que l'artiste ne sont joignables pour commenter cette information.
La couverture du concert était initialement réservée à la seule première chaîne, qui en a fait une opération spéciale. Il a été décidé ce matin, que la presse pourrait également, elle aussi, faire son travail, le 31 décembre.

(1) ce qui fait peu au vu des artistes anglo-saxons qui défilent en Afghanistan. Dernier exemple en date, l'acteur incarnant James Bond, venu pour une projection avec les troupes. L'idée d'une projection du film Forces spéciales, évoquée l'an dernier, au profit des troupes françaises, ne s'était pas concrétisée.

Un décret

L'Etat répare sa propre carence. Un décret paru ce matin modifie les critères d'attributions de la légion d'honneur et de la médaille militaire, ce qui permettra à plusieurs cas récents -notamment pour les victimes militaires de Mohamed Merah- d'être reconnues."Le décret porte à un an le délai pendant lequel le Premier ministre peut attribuer la Légion d’honneur aux personnes tuées ou blessées dans l’accomplissement de leur devoir et qui sont reconnues dignes de recevoir cette distinction, précise le décret. Il modifie de même le délai pendant lequel le ministre de la défense peut, dans les mêmes conditions, attribuer la médaille militaire aux militaires et assimilés non officiers".

Deuxième vol du Neuron


Le Neuron dans son hangar, à l'issue du deuxième vol. L'environnement particulier de la base aérienne 125 empêchant, apparemment, de le capter en lumière extérieure. (photo Jean-Marc Tanguy)
Le Neuron, démonstrateur européen d'UCAV, a effectué son deuxième vol ce matin à Istres (Bouches-du-Rhône), base d'essais de Dassault Aviation. Le vol n'a duré que onze minutes, après un premier vol de 25 minutes le 1er décembre. Plusieurs dizaines de partenaires industriels, militaires et journalistes étaient présents pour ce deuxième vol, niveau d'assistance plutôt rare pour ce genre de vol. Surtout quand ce n'est que le deuxième.
Il doit ensuite rejoindre un centre d'essais du ministère de la défense, à Bruz, où sa signature électromagnétique sera testée sous toutes les coutures.
Au printemps, l'appareil reviendra à Istres, pour une deuxième campagne d'essais, puis rejoindre Vidsel (Suède) et Decimomanu (Italie). Près de 80 vols d'essais seraient prévus, selon le maître d'oeuvre.
Selon Charles Edelstenne, la présence du Neuron au Bourget, en juin prochain, n'est pas encore garantie, du fait du programme d'essais dense qui l'attend.
Serge Dassault a pour sa part constaté que Neuron illustrait la capacité à coopérer en Europe, pour autant qu'un maître d'oeuvre unique soit choisi, et puisse choisir les meilleurs partenaires possibles.

mardi 18 décembre 2012

Dorlin : retour sur l'attaque du 27 juin

Le colonel Alain Vidal, ancien patron du 9e RIMa a rappelé cet après-midi les conditions de l'action des orpailleurs contre une équipe conjointe de gendarmes et de militaires du CRAJ, le 27 juin juin, dans la région de Dorlin. Il s'exprimait durand un colloque du CDEF consacré aux OPINT. L'officier a précisé qu'au moins un tireur était posté sur un point haut face à la piste sur laquelle le groupe de Français progressait. Les tirs des trafiquants avaient tué deux membres du CRAJ, et blessé deux gendarmes du GPIOM.
Il a aussi reconnu que les pilotes d'hélicoptères à l'oeuvre ce jour-là -des aviateurs et des gendarmes- avaient fait preuve "d'héroïsme".
Selon cette source, le Surinam et le Brésil avaient largement coopéré à cette époque, en bloquant les axes frontaliers, pour entraver la fuite des auteurs de cette attaque.
Illustration de cette coopération dans le temps, la France et le Surinam effectuent des patrouilles communes sur le Maroni, et envisagent un point de contrôle commun à Twenké.
Selon le colonel Vidal, les forces en présence sur place doivent cependant améliorer plusieurs points, notamment en matière de transmissions. De plus, la présence d'officiers de police judiciaire s'avère désormais incontournable, ce qui n'est pas possible pour toutes les patrouilles en forêt amazonienne.
400 personnels y sont quotidiennement en opérations.
Enfin, même si l'officier n' y a pas fait référence, les moyens aériens restent insuffisants et/ou insuffisamment pour soutenir le rythme des opérations. Ceci, malgré l'arrivée en renfort de Puma et de Casa 235, permettant de ravitailler les bases avancées.

Un PDG de 52 ans

Eric Trappier a été nommé ce matin PDG de Dassault Aviation. Pour les actionnaires, il était important de ne pas connaître à nouveau des difficultés de succession rencontrées dans les années 80, à la mort de Marcel Dassault : celle-ci aura donc été soigneusement préparée. Le nouveau patron de l'avionneur connaît parfaitement la société, où il aura effectué la totalité de sa carrière, après un diplôme d'ingénieur télécom en poche, et un service militaire comme officier dans la Royale.
En 1984, il fait ses premières armes à la direction générale technique (DGT), sur le programme ATL-2 puis il embraie en 1987 sur une carrière internationale à la direction technique internationale (DTI). Entre 1991 et 1995, il est directeur des ventes Asie, époque à laquelle Dassault Aviation remporte à Taïwan un contrat pour 60 Mirage 2000-5 qui sauve littéralement la société, fragilisée à l'époque par les baisses de ventes de Falcon, du fait de la récesion américaine, et les méventes de la gamme Mirage 2000.
Entre 1995 et 2000, il est responsable des ventes avec les EAU dans le cadre du contrat de Mirage 2000-9.
A partir de 2001, Charles Edelstenne lui confie les exportations militaires, il devient, en 2002, directeur général international adjoint. Il est notamment chargé de négoier les accords Neuron.
Consécration, il est directeur général international en 2006.
Fonction qu'il cumule avec celui de vice-président du GIFAS, et président du comité défense de l'Aerospace and Defense Industries (ASD) et de la comission défense du CIDEF (conseil des industries de défense).

samedi 15 décembre 2012

Les FFDJ accueillent l'IHEDN

Comme chaque année, les forces françaises à  Djibouti (FFDJ) vont héberger pour quelques dizaines d'heures les auditeurs de l'IHEDN, parmi lesquels au moins un membre de la commission du livre blanc. Toutes les composantes -air, terre, marine- doivent faire démonstration de leurs capacités : les auditeurs auront droit notamment à une opération amphibie du 5e RIAOM, des tirs réels d'artillerie et de bombes et une séquence aérienne d'une quarantaine de minutes mettant en lice les chasseurs du 3/11 Corse, les hélicoptères du DETALAT et les appareils -Transall, Puma- de l'ET88 Larzac. Ces derniers assurent l'infiltration et l'extraction du GES, une des trois composantes de forces spéciales présentes à Djibouti.
A noter aussi la présence inédite -sauf changement de dernière minute- d'un KC-130 américain de l'US Marines Corps.
Les auditeurs goûteront pendant quelques heures au mode de vie des soldats, en roulant en Defender, et en bivouaquant à la belle étoile.


vendredi 14 décembre 2012

Le Chevalier Paul va travailler avec un GAN US

La frégate de défense aérienne (FDA) Chevalier Paul est partie le 4 décembre pour quatre mois de mer qui l'amènent en Océan Indien et dans le golfe persique. Déployée cette fois sans son groupe aéronaval (1), la frégate va notamment opérer avec un groupe aéronaval américain, reconnaissance du niveau d'intégration atteint par ce bâtiment.
Vu les zones traversées, l'équipe de visite du navire a reçu un complément de formation réalisé par les commandos marine de Lorient. Le navire a également participé, avec ces mêmes commandos, à un entraînement au tarpon et à la reprise de vive force d'un navire détourné, quelques jours avant d'appareiller de Toulon.

(1) ce couteau suisse flottant a été largement mobilisé pendant Harmattan, à la fois en appui des hélicoptères français, des chasseurs et en protection directe de villes potentiellement menacées par des survols d'aéronefs kadhafistes.

Des vétérans d'Afgha chez le PR vendredi

Des vétérans d'Afghanistan seront reçus vendredi prochain par le président de la République à l'Elysée. Une partie d'entre eux ont effectué plusieurs séjours sur place.
Sans préjuger de la liste des invités, qui n'est pas encore totalement connue, les plus réguliers sur le théâtre afghan -il n'est pas difficile de trouver plus de cinq mandats-, les personnels des unités navigantes sur chasseurs, hélicoptères et avions de transport, ainsi que les unités oeuvrant en auto-relève, dans les forces spéciales (1), les unités de commandos parachutistes de l'air (CPA 10, 20 et 30), ou dans le renseignement (2e RH, 54e RT, etc).

(1) le PR a récemment décoré un personnel du 1er RPIMa blessé en opérations.

jeudi 13 décembre 2012

Un passage

La PAF passera au dessus de Marseille le 12 janvier, pour le début du cycle Marseille-Provence 2013. La citée phocéenne sera également survolée le 14 juillet par la même PAF, après son défilé au-dessus des Champs Elysées. Rappel, la patrouille, qui souffle ses 60 bougies cette année, s'ouvrira, avec la base de Salon qui l'héberge, le 25 mai, dans le cadre d'un mondial des patrouilles.

mercredi 12 décembre 2012

All by myself

C'est une des conséquences du rachat de Panhard par RTD, la gamme des PVP devrait changer de moteur, au profit d'une propulsion choisie dans le groupe Volvo. Actuellement, c'est un Iveco -par ailleurs concurrent dans le domaine des véhicules- qui anime les PVP.
Ce sont également des moteurs du groupe qui animent les Sherpa et le VAB Mk3 (moteur Volvo de 320 cv).
On le voit, c'est donc une véritable stratégie d'ensemble qui anime cette démarche : autre illustration, avec la qualification prochaine de sièges suspendus développés en interne pour le VAB Mk3, au lieu de faire appel à un fournisseur allemand qui a été retenu pour le VAB Ultima.

mardi 11 décembre 2012

Le vol 501 : un bon cru

Le vol 501, dernier opus des Chevaliers du ciel, reprend les fondamentaux de la série originelle, tout en apportant quelques touches nouvelles. C'est d'abord une intrigue qui emprunte un fond de décor très réaliste, et dans une zone, la Guyane, propre aux intrigues et où Tanguy et Laverdure n'étaient jamais venus. Les orpailleurs, sujet d'actualité (1) figurent quelques un des "bad boys" de cette première partie, tandis qu'une bande mystérieuse cherche, elle, à nuire au lanceur européen.
Du côté des bons, l'oécuménisme est plus large encore que dans la série originelle. Les hélicoptéristes guyanais ont le droit à un large hommage, et au détour d'une planche, on évoque même les légionnaires du 3e REI, traditionnellement en charge de la sécurité du CSG. Un peu à la façon de la pub sur les 50 métiers de l'armée de l'air, c'est la marque de Laidin de vouloir montrer la mosaïque des aviateurs... comme elle finalement. Quitte à reléguer, dans nombre de planches, les Raglan de Cambrai au second plan.
Plus anecdotique, comme Charlier et Uderzo, le faisaient, le scénariste et le dessinateur se mettent en scène dans quelques planches. Fernandez apparaît à plusieurs reprises sous les traits d'un sergent-chef mécanicien, tandis que Laidin reprend du service dans un uniforme de colonel. Evolutions des moeurs - ou des tactiques des vilains qui cherchent à compromettre nos aviateurs,- à plusieurs reprises des nymphes tombent le haut, et font tourner la tête à l'ineffable Ernest. C'est, il est vrai, un grand classique du MICE, pour lequel le blond semble presque avoir été conçu sur mesures.

(1) c'était déjà le cas il y a neuf ans quand le scénario a été écrit. Mais à l'époque, cela ne faisait pas encore les gros titres.

lundi 10 décembre 2012

Le REP saute sur Djibouti

Deux sections du 2e REP ont été larguées la semaine dernière sur Djibouti, en prélude à l'exercice Amitié, qui se déroule toute la semaine à Djibouti, associant les forces locales, les FFDJ et les forces américaines. C'est le Transall de Djibouti qui a convoyé les parachutistes de la Légion depuis les EAU, où ils sont actuellement en tournante.
Amitié doit durer toute la semaine. Des éléments des FAZSOI, venus de la Réunion (2e RPIMa) et de Mayotte (DLEM) sont également intégrés à cet exercice récurrent.

Retour sur le soutien psy aux familles externalisé

Cette initiative était à l'origine une expérimentation, pour assurer le soutien psy des familles des militaires engagés en Afghanistan. Elle a commencé le 7 mars 2011, puis a fait l'objet d'une reconduction.
Le service comprend de l'information aux familles avant, pendant et après la mission du "conjoint(e)". La notion est large puisque selon l'IAPR, titulaire du contrat, les "petites amies" peuvent être incluses dans le dispositif.
A la fin octobre 2012, 800 appels avaient été comptabilisés sur le numéro vert, pour 400 dossiers d'accompagnement. 1.000 entretiens ont été menés, 40% au téléphone et 60% en cabinet.
Pour cela, l'IAPR dit s'appuyer sur sa structure parisienne, et un réseau d'associés sur tout le territoire.
Au début du service, la plateforme téléphonique recevait 1,5 appel par jour, puis le chiffre est tombé à un appel par jour, depuis le mois de juin.
C'est sans compter le fait que "30 à 40% des appels sont éloignés d'une demande de soutien psychologique, mais ressortent plutôt comme des besoins d'information sur la mission du militaire.
51% des appels émanent de conjoints, 14% des enfants, et 35%, des parents.
3% des appels sont effectués avant l'opex, 77% pendant, et 20% après.
Cette prestation devrait durer jusqu'en juin 2013, avec possibilité de reconduction de quatre mois. Selon la sous-direction à l'action sociale du ministère, la réflexion a été lancée pour un éventuel élargissement à d'autres théâtres. Le contrat actuel coûterait 950.000 euros, selon cette même source.

vendredi 7 décembre 2012

Des parlementaires du LB sur les fronts

Le député Christophe Guilloteau, qui siège à la commission de défense de l'assemblée mais aussi à celle du Livre Blanc revient d'un déplacement en Afghanistan. Il était aussi, il y a quelques jours, en plongée à bord d'un sous-marin de FOST, le Triomphant. De quoi nourrir les réflexions d'un élu qui devra aussi bientôt, comme ses collègues, plancher sur la loi de programmation militaire, et sur l'après-Afghanistan.
La présidente de la commission de la défense revient elle de quelques jours en Guyane. Elle a notamment pu aller sur les lieux de l'embuscade de juin dernier, dans laquelle deux marsouins du 9e RIMa avaient perdu la vie. Et mesurer, in vivo, les besoins d'un ses chevaux de bataille, l'outremer. Un sujet peu présent dans le précédent Livre Blanc et qui devrait, dit-on, y figurer en meilleure place cette fois-ci. Les besoins sont assez importants, notamment en matière de moyens de l'action en mer, sujet sur lequel Patricia Adam avait co-écrit un rapport, il y a quelques mois.

La gendarmerie prépare l'après-Wardak

La mission de formation de gendarmerie en Wardak  (NPTC) va s'achever au printemps prochain, si l'on en croit la déclaration d'un officier, dans le grand format de RFI diffusé aujourd'hui. Néanmoins, selon cette même source, la formation d'officiers et de sous-officiers afghans se poursuivra en France même.
80 Français, dont des gendarmes mobiles de Maisons-alfort en protection, assurent la formation au NPTC. Ce sont les derniers militaires Français déployés hors de Kaboul.
Le reportage d'Olivier Fourt comprend aussi des sonores réalisés avec le 16e BC en convoi, avec un JTAC du 40e RA, et avec des AT artilleurs et soldats afghans, à Naghlu.

Mahé : un acquittement et trois condamnations

Le verdict vient de tomber dans le procès de l'affaire Mahé : trois condamnations ont été prononcées en première instance cet après-midi, et un des mis en cause a été acquitté. Le colonel Eric Burgaud est condamné à cinq ans de prison avec sursis pour avoir transmis l'ordre. L'adjudant-chef Raugel, qui étouffe l'Ivoirien, est condamné à quatre ans, le  brigadier-chef Johannes Schnier, qui l'a aidé, à un an.
Le pilote du véhicule, le brigadier Lianrifou Ben Youssouf, a donc été pour sa part acquitté.
Ce verdit est plus clément que les réquisitions du procureur, qui avait demandé cinq ans de prison ferme pour l'ancien commandant de GTIA, et cinq ans dont trois ferme pour le sous-officier.
C'est un jury de trois magistrats et de six jurés civils qui a prononcé le verdict. Un pourvoi en appel reste possible.

La chasse est ouverte

Plus de 450 navigants se sont rassemblés pour le repas de la chasse, il y a tout juste une petite semaine à Paris (photo Sirpa Air). C'est environ 100 de plus que le nombre de pilotes en unités.
Notons l'esprit d'ouverture, puisque trois marins étaient autour des tables.

jeudi 6 décembre 2012

Et quatre hélicoptères de plus

Les prochaines opérations sur l'arc de crise consommeront des hélicoptères, donc sans aucune forme de surprise, l'état-major des armées a profité de la baisse opérationnelle en Afghanistan pour rapatrier encore quatre hélicoptères : deux Tigre, un Cougar (du 5e RHC), un Caracal (du 4e RHFS). Ces quatre engins rentrent tous en deux rotations d'An-124 vers la même base, à Pau.
Conséquence, il ne reste plus, dans  l'immédiat, que quatre engins à Kaboul (contre 15 en milieu d'année) : deux Tigre, un Caracal et un Cougar. La TF Mousquetaire devient simple détachement, comme je l'avais écrit.
Comme anticipé, les aviateurs, qui avaient ouvert le théâtre devraient donc le fermer, sans doute à l'été 2013.

838 kg de coke sur le go fast

 Le go fast intercepté par le Ventôse. (Photo MN)

On ne l'apprend que maintenant sans doute du fait de la procédure judiciaire, le Ventôse a procédé le 30 novembre à l'arrestation de trois narcotrafiquants, en mer des Caraïbes. Le bilan comporte aussi 838 kg de cocaïne. Vers minuit, un avion de patrouille maritime américain a signalé le passage d'un go fast : relayée par la structure de coordination régionale (JIATF Key West), l'info a permis d'activer la frégate française. Le Ventôse a fait décoller son Panther et mettre à l'eau son embarcation portant l'équipe de visite.
Des tirs d'arrêt sur les moteurs ont été ordonnés par le pacha du navire, ce qui confirme la présence de commandos marine dans cette opération.
28 ballots ont pu être saisis, sur la quarantaine estimése à bord du go fast au début de l'opération.
 2,4 tonnes de cocaïne ont été saisies cette année en haute mer par les forces armées aux Antilles.

Quel devenir pour le sas de Chypre ?

Avec des effectifs bientôt réduits à 1.400 soldats, puis 500 à l'été 2013, le ministère de la défense va-t-il continuer à financer un sas à Chypre ? D'autant plus que les missions d'après 31-décembre n'auront, pour le coup, plus grand chose à voir avec les combats connus par les GTIA en Kapisa et Surobi, ou ceux des OMLT (1). Des combats durs, un mode d'existence rustique et précaire, qui avaient rendus utile la mise en place du sas à Bagram d'abord (en 2008), puis à Chypre (juin 2009). En 2010, le dispositif  était devenu interarmées.
L'armée de terre reste discrète sur le coût de ce dispositif, évalué, lors d'une présentation à Paris à quelque 400 euros par soldat. Ce coût n'a depuis pas été détaillé, ni réévoqué : on ignore de fait ce que cette somme recouvre, entre l'hôtellerie (présenté par l'armée de terre comme du cinq étoiles), la restauration, et les compléments de soldes.
"20 à 30" militaires venus de France animent ce sas à Chypre pendant que les soldats y sont, et les personnels détachés sur place sont soldés, d'après l'un d'entre eux, comme s'ils étaient en opérations. Selon l'armée de terre, ces personnels seraient choisis parmi les unités qui doivent passer trois jours sur l'île.
Une autre île, la Corse, pourrait bien faire figure de sas, dans l'avenir. Pour autant que le dispositif survive, évidemment, aux dernières grosses VAM rentrant d'Afghanistan. L'avant-avant dernière doit quitter Chypre samedi.
Selon la CISPAT, 20.000 "utilisateurs" sont passés par le sas : 90% en seraient ressortis satisfaits. Un chiffre par nature invérifiable, puisque le sas n'a été que rarement ouvert à la presse. De l'aveu même de l'armée de terre, le sas n'a qu'un effet très marginal dans la détection des PTSD, qui n'apparaissent dans la plupart des cas que bien plus tard. Certains traumas ayant été, eux, détectés bien avant le sas.


(1) néanmoins, plusieurs catégories de personnels, dont les équipes médicales du rôle III par exemple, restent en prise directe avec les résultats de la guerre en Afghanistan.

De l'audace, encore de l'audace, et de l'astuce

Les armées, la gendarmerie, la DGA remettaient ce mercredi soir les prix de l'audace à l'école militaire. A une écrasante majorité, les innovations sont venues d'opérationnels obstinés qui sont allés jusqu'au bout de leur idée.
L'armée de l'air a consacré un caporal-chef du CPA 10 pour un système de transmission de flux vidéo et de données (1) intéressant notamment, mais pas exclusivement les forces spéciales. Il est actuellement déployé sur les théâtres, après des expérimentations concluantes. L'innovateur a été félicité par son propre CEMAA, seul chef d'état-major à s'être déplacé en personne : le général Denis Mercier a loué son sens de "l'excellence".
La gendarmerie a distingué un mini-véhicule aérien radiocommandé développé par l'IRCGN pour ses enquêtes. A noter que le plateau des sélectionnés était très relevé, avec un lot de sauvetage largable pour les naufragés de la montagne -mis au point par un personnel de la SAG de Hyères et un autre du centre de formation à l'alpinisme-, et un système de cisaillement développé par le GIGN.
La marine a été une nouvelle fois très appliquée, avec un recycleur destiné aux forces spéciales, et mis au point par un médecin militaire de Saint-Mandrier. Ce dernier été récompensé par le prix de l'EMA. Un officier de marine a de son côté mis au point un système électronique permettant aux équipes de visite et aux commandos marine de prolonger leur axe de communication (données et vidéo) avec la frégate-mère, lors de leurs interventions. L'amiral Christophe Prazuck, représentant le CEMM a rappelé le caractère opérationnel de l'invention, testée en mer sur l'Aconit en Océan Indien, et embarquée actuellement sur cette frégate.
Il y a eu de l'émotion, aussi, pour la remise du prix de l'armée de terre, consacrant le largage de matériels à très grande hauteur, ouverture basse (LMTGHOB) : c'est le colonel Courdesses, un vétéran de Dien-Bien-Phu, ancien de la 2e DB, qui a remercié le sous-officier de la STAT à l'origine de l'invention. Qui aurait sans doute changé bien des choses, en 1954.

(1) une innovation déjà repérée dans Raids 315.

mercredi 5 décembre 2012

Il sort demain

Jean-Claude Laidin et Yvan Fernandez sortent demain ce nouvel épisode des Chevaliers du Ciel intitulé "Le vol 501". Le titre et la couverture situant clairement l'action en Guyane, une zone que le scénariste connaît très bien pour y avoir effectué plusieurs reportages pour TF1. Jean-Claude Laidin est un ancien arpète, et a passé la première moitié de sa vie dans l'armée de l'air, avant d'embrayer une carrière de grand reporter à TF1.
Tanguy et Laverdure est une des plus anciennes bandes dessinées d'aviation, créée en 1959 Par Jean-Michel Charlier (aussi créateur de Buck Danny et Lieutenant Blueberry) et Albert Uderzo. Deux séries télévisées (dans les années 60 et 80) puis un film de cinéma ont, ensuite fait rayonner ce duo mythique.

Editions Dargaud, 46 pages, 11,99 EUR.

mardi 4 décembre 2012

Audit de la com : on refait le match

C'est parti pour un deuxième tour de sélection : les résultats du premier appel d'offres visant à trouver un prestataire privé pour auditer la communication du ministère n'ont pas jugés été satisfaisants par la DICOD. Une douzaine de prestataires potentiels auraient pourtant, selon nos informations, proposé d'écrire le rapport que tout le monde attend, mais sans succès.
Questionné à plusieurs reprises, le ministère avait botté en touche : on comprend donc pourquoi maintenant, puisqu'il avait décidé de rejouer le match.
Ce délai assez inattendu reporte donc d'autant le calendrier de cette opération que beaucoup de communicants trouvaient déjà rapide pour faire un tour (sérieux) de la question (sérieuse elle aussi).
Il faudra donc attendre plus longtemps que prévu, en 2013 -sans doute au printemps- pour se faire une idée des évolutions récomandées pour cette chaîne fonctionnelle, qui emploie, selon ses propres évaluations, 1200 civils et militaires.
On peut s'interroger néanmoins sur l'opportunité de dépenser de l'argent, puisqu'un rapport très documenté, notamment sur le coût de la filière, a été écrit en 2011 par la Cour des Comptes et divulgué, à l'époque, par ce blog.
Et qu'un autre, commandé... par la DICOD elle-même à un célèbre centre de recherche, s'est chargé d'aller benchmarker dans les DICOD d'Europe.

Première GV de Typhoon de la RAF


Le ZJ921 (photo BAE Systems).



C'est BAE Systems qui l'annonce, la société vient de terminer la première grosse visite menée sur un Typhoon de la RAF, dans le cadre d'un contrat de disponibilité co-géré depuis 2009 par la RAF et l'industriel. L'engin, immatriculé ZJ921, avait effectué 1600 heures de vol et faisait partie des avions qui ont opéré depuis Goia del Colle (Italie) pendant l'opération Ellamy menée contre les Kadhafistes.
Il a depuis réintégré son unité d'origine, le 3 Sqn de Coningsby.
Les jalons intermédiaires de MCO sur le Typhoon sont menées à 400 et 800 heures. Trois autres appareils subissent déjà une grande visite.

lundi 3 décembre 2012

Un italien à la suite du général de Bavinchove ?

Le général Olivier de Bavinchove, actuellement le Français le plus haut gradé en Afghanistan pourrait bien être remplacé par un Italien. La nouvelle n'est pas encore officielle, et à Paris, où j'ai posé la question il y a quelques jours, on dit ignorer encore quelle nationalité succèdera à cet officier général, qui est le chef d'état-major de l'ISAF et senior national representative (SNR) français.
A priori, le changement devrait s'opérer en février.
Deux généraux de brigade français opèrent en Afghanistan : le général Francisco Soriano dirige l'état-major Pamir, qui coiffe tous les éléments français à Kaboul (et les gendarmes de l'école du Waradak). Mais proportionnellement, c'est un aviateur, le général Philippe Adam qui a le commandement le plus volumineux, en pilotant la partie militaire de l'aéroport de Kaboul, dont les effectifs dépassent les 2500 personnels. Une mosaïque dans laquelle quasiment tous les contributeurs de l'alliance sont représentés.

Suivi psy plus étroit pour les forces spéciales

Désormais, le suivi psy fait partie du paysage militaire, et même les forces spéciales n'y échappent pas, comme l'ont reconnu des spécialistes des trois armées, cet après-midi.
La marine, qui a dû prendre en compte des évènements traumatiques très différents a voulu faire preuve de sa transparence, en détaillant le suivi des commandos marine et leurs familles. Cette communauté a été touchée aussi bien par des deuils ces dernières années en Afghanistan (4 morts). Tout en étant ébranlée par un tir fratricide, en océan indien, en 2009, lors de la reprise du voilier Tanit. Le contre-amiral Marin Gillier, alors Alfusco, avait organisé une réunion entre l'opérateur et la famille du skipper de la Tanit.
Celui qui suivait alors de près cette communauté restreinte est aujourd'hui responsable du suivi psychologique de tous les marins français (1). Il détaille le suivi et les sensibilisations dont font l'objet les commandos de tous grades, au cours de leur carrière. C'est particulièrement le cas avant le départ en Afghanistan, à travers le Medic'hos, puis le stage opérationnel de 1er degré. Les contacts vidéo entre les militaires et leurs familles, via skype, "posent problème" reconnaît-il aussi.
Depuis sept ans (2), les commandos marine bénéficient d'un bilan psychologique post-opérationnel, quand ils ont été en contact avec un évènement traumatique. "Nous voyons alors tous les personnels qu'ils aient été en contact direct ou non avec l'évènement en question pendant une heure".
Pour permettre aux personnels de pouvoir se livrer plus librement, le spécialiste consulte en ville, dans un bureau séparé de la base commando. Les entretiens sont évidemment couverts par le secret professionnel, assure-t-il encore.
L'armée de l'air, comme l'armée de terre, d'ailleurs, confirment de leur côté avoir mis en oeuvre des suivis particuliers pour ces populations commando spécifiques, marquée autant par la discrétion (ce qui rend difficile la remontée de difficultés vers des tiers) que par de fortes cultures d'unité.
L'armée de l'air est parti très récemment, donc tardivement, puisque des unités de commandos (CPA) conventionnelles et spéciale sont engagées depuis très longtemps dans des missions très dures. La représentante de la médecine aéronautique n'a pas souhaité détailler ni les modalités de ce nouveau suivi, ni le volume de patients concernés par le PTSD. L'un de ces commandos, il est vrai, remplit quatre pages de Paris-Match, cette semaine ; à notre connaissance, ce cas est loin d'être isolé.
L'armée de terre reconnaît pour sa part mettre en place un référent d'ici la fin de l'année, pour les forces spéciales, sans plus de précisions.

(1) les services locaux de psychologie appliquée (SLPA) qui constituent le segment tactique du sujet existent depuis les années 30. Celui de Lorient est spécialisé dans le suivi des fusiliers et commandos marine.
(2) en fait, à la demande de l'EMM, depuis janvier 2007, la prise en charge psychologique au retour de mission fait partie intégrante de l'ordre d'opération.

Le soutien psy en séminaire au Val-de-Grâce

Tous les acteurs de la chaîne de soutien psychologiques des armées et même du privé étaient réunis cet après-midi au Val-de-Grace pour éclairer des journalistes, mais aussi une conseillère maître à la cour des Comptes et des responsables du domaine RH du ministère (pensions, action sociale, etc). Des responsables des états-majors étaient également présents, comme le major général de la marine, l'amiral Stéphane Verwaerde.
Aucune révélation n'est sortie des trois heures d'exposés et de questions de la salle, tant sur le PTSD, très couvert actuellement par les media, que sur les populations touchées dans les armées. 550 militaires sont désormais suivis pour un état de stress post-traumatique, ce qui témoigne d'une inflation rapide par rapport à des données qui n'ont que quelques semaines.
On n'a pas, pour autant, de détails par armée, ou par spécialité. On a appris cependant que les personnels navigants disposaient par exemple de ressources supplémentaires, par rapport aux autres combattants. C'est, de fait, une ressource très sélectionnée, et très suivie par la médecine aéronautique, par delà les stratégies dont disposent les PN, comme les techniques d'optimisation du personnel (TOP)
Des études sont en cours sur un contingent, et des modélisations réalisées ces dernières années évoquent 7% de population envoyée en Afghanistan touchée par le PTSD.
Ce tour de table interarmées permet aussi de confirmer que toutes les composantes du ministère ne sont pas allées à la même vitesse dans leur réponse. La gendarmerie a ainsi pu montrer que sa prise en compte est déjà ancienne, et le réseau géographique, très maillé, ce qui permet de prendre en compte toutes les conséquences d'un évènement traumatique, comme la responsable de la filière l'a illustré avec le cas de Collobrières. Le réseau de la gendarmerie ne sera cependant totalement maillé qu'à la fin 2013, avec 16 psychologues référents en région, s'ajoutant aux 5 psychologues de l'échelon central.
Un réseau interarmées a aussi été mis en place.

Des annonces, tard le soir

Le ministre de la défense va effectuer des annonces, mercredi soir, lors d'une interview -non annoncée- dans l'émission de France 3 consacrée au syndrome post traumatique, en dernière partie de soirée.
Sans préjuger ce que seront finalement ces annonces -réservées évidemment aux téléspectateurs de France 3-, on sait que le ministère envisage de pérenniser le système de soutien psychologique mis en place avec l'Afghanistan, particulièrement en ce qui concerne le soutien aux familles (conjoints, enfants, parents) et de l'étendre à d'autres théâtres.
Actuellement, ce soutien aux familles, réalisé par un prestataire extérieur depuis le 7 mars 2011 consomme 950.000 euros.

dimanche 2 décembre 2012

Harpie : les saisies baissent

Quasiment tous les indicateurs de saisies de l'opération Harpie sont en baisse, sauf en ce qui concerne celles des broyeurs (84 sur les onze premiers mois de l'année). 225 pirogues ont été confisquées (279 en 2011), c'est même le chiffre le plus bas depuis 2008. Même conclusion pour les quads avec 85 pièces, soit une baisse de plus de 50% (174 en 2011).
4,7 kg d'or ont été repris aux orpailleurs, là aussi c'est un chiffre historiquement bas depuis 2008. 71 kg de mercure ont été saisis, et les quantités de carburant (servant aux quads, aux pirogues et à la vie courante) sont aussi en baisse, à 182.926 litres. Le total des saisies de l'année avoisine les 16 MEUR, c'est donc autant d'argent en moins pour les trafiquants, mais c'est sans doute une cuillère dans la mer, puisque le trafic continue, porté par les cours mondiaux de l'or. Ceci, alors que les armées ont apparemment procédé au même nombre d'opérations en 2012 qu'en 2011.
Si elles baissent, ces saisies déstabilisent de fait l'activité des orpailleurs, et il est difficile, évidemment de tirer des conclusions durables sur la base de ces seuls indicateurs. Ils peuvent traduire aussi une évolution des modes opératoires des orpailleurs, mais vraisemblablement pas une baisse de l'orpaillage, nourri par la misère humaine importée du Brésil et du Surinam : le jour où ces orpailleurs gagneront plus chez eux, ils y resteront.
On sait que les orpailleurs ont en plus avec eux l'immensité du territoire à surveiller et la couverture de la canopée. Et le fait que malgré les promesses gouvernementales entendues depuis 2008, les effectifs et moyens techniques (1) restent insuffisants pour pouvoir être efficace contre ce trafic qui a de fortes incidences écologiques... sur le territoire français : c'est donc un cas très pratique de protection de l'environnement.
Trois soldats sont déjà morts en Guyane pour cette mission difficile.

(1) de fait, seuls les moyens aériens ont été renforcés avec l'arrivée de Casa, Puma et Fennec, à l'été dernier.

samedi 1 décembre 2012

La phrase la plus longue de la semaine

"Nous devons passer d'une période avec une certaine aisance financière où qui pouvait le plus pouvait le moins mais au prix de dépenses certaines, à un période de disette financière où nous devons acquérir un niveau minimum qui puisse nous garantir le plus en cas de besoin et ainsi garder une défense pour la France d'un bon niveau malgré les problèmes financiers que nous connaissons."
GDI Bernard Guillet, EMAT, à Decazub

Premières photos du Neuron en vol

Le Neuron décolle ce matin d'Istres (Photo Dassault Aviation / Philippe Stroppa).
Le même, dans le viseur de Rémy Michelin (Photo Dassault Aviation / R.M.)

Au décollage toujours, sous un autre angle (Photo Dassault Aviation / A.Paringaux).

Au décollage toujours, vu du dessus (Photo Dassault Aviation / A.Paringaux).
En vol, photo prise depuis le chase plane, un Rafale biplace (Photo Dassault Aviation).
Le Neuron rentre au bercail après un vol de 25 minutes (Photo Dassault Aviation / Sébastien Randé).

Un vrai drone européen

(photo Dassault Aviation)

Si la maîtrise d'oeuvre est unique, en garantie d'efficacité, la fabrication du drone Neuron a été réellement partagée entre les différents partenaires. Le fuselage principal a été réalisé par Saab à Istres, les voilures par l'Espagnol EADS-Casa, Le fuselage arrière et la tuyère réacteur par le Grec HAI, les trappes de la soute à bombes interne par l'Italien Alenia, et l'interface armement par le Suisse Ruag. Dassault Aviation s'est quant à lui chargé des organes de furtivité, à Biarritz (spécialiste des composites) et Argenteuil. L'intégration a été réalisée à Istres, où la société effectue traditionnellement les prototypages sensibles.
Un jalon important avait été franchi en janvier 2011 avec la livraison du nez, par Saab, puis en mars 2011, avec l'achèvement des ailes
Le Neuron doit pouvoir réaliser une mission d'infiltration pour une frappe air-sol, capacité jugée la plus complexe à obtenir. Ces essais avec largage d'armement pourraient se tenir en Suède, à Vidsel.