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vendredi 30 novembre 2012

Un monument pour les morts du 1er RCP

Comme c'est le cas au 2e REP et depuis peu, au 8e RPIMa (sur un monument unique), le 1er RCP inaugurera en juin prochain un monument rassemblant les noms de tous les morts du régiment depuis sa création en 1943. Les noms seront regroupés en quatre périodes : seconde guerre mondiale, Indochine (où il a sauté notamment sur Dien Bien Phu), Algérie et depuis 1962. Le régiment a notamment perdu 55 parachutistes de la 3e compagnie, en 1983, dans l'attentat du Drakkar. Et encore quatre des siens, en Kapisa, à l'été 2011.
Le 1er RCP fêtera ses 70 ans d'existence le 1er juin prochain. Descendant, de fait, des premiers paras créés dans l'armée de l'air (601e et 602e GIA), le 1er RCP avait été créé au Maroc début 1943 et équipé de matériel américain, avant d'être engagé dans la libération de la France en 1944-1945. Il a été transféré à l'armée de terre en 1945, mais conserve de ses origines les ailes des aviateurs, sur les épaulettes de ses paras.

Qui dirige... Cassidian France

Suite de notre chronique "Qui dirige" avec cette semaine l'état-major de Cassidian France, profondément renouvelé en septembre à la demande du nouveau patron d'EADS, Tom Enders. C'est Bernhard Gewert, un spécialiste de l'industrie qui a pris les rênes de la filiale défense d'EADS avec pour consigne de la rendre bien plus active. Le plan d'économies officialisé ce vendredi en est une des illustrations.
L'équipe précédente a été sèchement balayée en septembre. En France, c'est Jean-Marc Nasr qui a pris la relève, choisi par la direction allemande. Comme le rappelle sa bio, ce Supélec de 50 ans a généré du chiffre là où il est passé. PDG de Fleximage en 1997, il multiplie par cinq en quatre ans le chiffre d'affaires de cette filiale d'Aérospatiale spécialisée dans le traitement d'images pour le renseignement. En 2001, il est PDG de Spot Image. Le CA double en quatre ans, de 34 MEUR à 65 MEUR, porté par les besoins du post-11 septembre et des soubresauts de l'actualité internationale au Moyen-Orient.
Il avait rejoint EADS en juillet 2005, dont il était nommé DG du centre de compétences des systèmes et services dédiés à la défense et à la sécurité. En juillet 2011, il était promu comme directeur de l'entité systèmes de communications sécurisés de Cassidian.
Outre l'humain, la marge de manoeuvre de Cassidian France a aussi été renouvelée en septembre. Jean-Marc Nasr, qui conserve la direction des activités télécoms, a désormais toute latitude pour répartir la R&D dans Cassidian France, ce que son prédécesseur n'avait pas la possibilité de faire.
Le nouveau patron a aussi une nouvelle équipe autour de lui. Eric Davalo est directeur technique, Luc Bourreau, qui arrive des drones, est responsable des ventes France, et Jean-Michel Orosco, en charge de la cybersécurité, une activité qui monterait rapidement en puissance

Cassidian va supprimer 850 postes

Angela Merkel n'a pas embrayé sur la fusion EADS-BAE Systems par crainte de suppressions d'emplois. La fusion ne s'est pas faite, mais les suppressions sont là quand même, car elles s'inscrivent dans un plan d'économies d'EADS qui doit générer au moins 200 MEUR dans la filiale Cassidian.
L'essentiel des 850 suppressions de postes se fera en Allemagne, et la France ne sera concernée qu' à hauteur de 100 à 150 unités. En deça du nombre de volontaires pour quitter la filiale Défense, en France.
De ce côté-ci du Rhin, Cassidian emploie 2700 personnes (1), pour l'essentiel des ingénieurs et des vendeurs. Le chiffre d'affaires réalisé en France s'élève à 1 milliard d'euros -dont 400 MEUR notifiés par la DGA-, pour un total de 6 milliards réalisé par la totalité de Cassidian.

(1) en intégrant l'effectif français de MBDA, le chiffre monte à 6000 salariés environ.

Quand on reparle de la bête qui valait 10 milliards

L'armée de terre a pu livrer hier à Sissonne la vision de ce qu'elle appelle désormais sa "démarche Scorpion", une approche sensée euphémiser la facture (estimée un temps à 10 milliards d'euros). C'était la dernière cartouche tirée avant des décisions qui ne seront vraisemblablement pas à l'avantage de l'armée de terre.
Le général Guillet, en charge des programmes, a dit vouloir faire "la guerre aux coûts et aux surcoûts", devant un mini-parterre d'industriels (1), tout en affirmant que l'armée de terre prendrait sa part des économies demandées par le gouvernement.
En première ligne devant les présentations de Sissonne, des membres de la commission du livre blanc, et notamment, celui qui en portera la plume. Mais aussi, comme ce fut le cas en 2008, des officiers supérieurs intégrés à la commission, parmi lesquels un ancien commandant de GTIA en Kapisa.
La commission du livre blanc est venue avec des parlementaires depuis Paris dans quatre Puma. René Dosière, le député de la circonscription et spécialiste de l'auscultation du train de vie du gouvernement, est également présent.
Les industriels sont donc aussi venus rappeler, avec une brochure et un travail au corps des relais d'opinion, quelques enjeux technologiques et de balance commerciale. Devant un Sherpa, un soldat s'extasie : "alors on l'achète quand ?"
Derrière, les hélicoptéristes suscitent la curiosité, après avoir straffé les méchants dans le Cenzub (2). Devant le Tigre, la plume du livre blanc écoute un capitaine du 5e RHC égrener les mérites de l'hélicoptère, tout en effectuant d'adroites piqûres de rappel sur le HAD, ou la nécessité de moderniser le simulateur.
Derrière, un Puma de 39 ans rappelle à lui tout seul l'âge de l'épine dorsale de l'aéromobilité, la nécessité de moderniser avec du Caïman. Et l'engagement des personnels : pilote et commandant de bord ont participé à Harmattan, tandis que le mecnav, lui, a arrêté de compter ses opex, se concentrant sur le temps cumulé en missions : 6 ans, sur 24 ans d'ALAT.

(1) Seuls RTD et Nexter avaient envoyé leurs patrons en première ligne.
(2) avec mes BAB, je ne suis pas sûr d'avoir bien entendu, mais il me semble avoir entendu le commentaire, pendant la dynamique, évoquer le tir d'un missile par un Tigre sur un char adverse. Ce qui n'arrivera, bien sûr, que quand le HAD sera livré.

Et 200 de plus

200 soldats de l'armée de terre sont à nouveau rentrés d'Afghanistan, ce matin, après le stop réglementaire de Pafos (Chypre). Le chef du BG Acier, le colonel de la Rouzière, rentré il y a quelques semaines, était présent pour accueillir ses hommes (1).
La page devrait être tournée totalement en janvier, avec une cérémonie de dissolution prévue à Bitche, au 16e BC, qui formait l'ossature de ce battle group décisif : sans faire beaucoup de bruit, Acier a contribué à vider les deux FOB les plus sensibles, Tagab puis Nijrab. C'est le même SGTIA (Vert) qui a fermé l'une puis l'autre.
Selon des informations concordantes, le plan de retrait est en avance par rapport au calendrier prévu, du fait de la bonne réalisation de cette phase la plus difficile. 45% du fret a déjà notamment été vidé d'Afghanistan.

(1) il rend son commandement dans quelques jours.

mercredi 28 novembre 2012

Un MGAA et un DPSD


Le général Creux (crédit : DPSD).

Sans aucune forme de suspense, le conseil des ministres a livré ce matin le nom du nouveau major général de l'armée de l'air-Antoine Creux- que le général Jean-Pierre Bosser ira remplacer à la DPSD. Le nom du général Creux était annoncé depuis l'arrivée du général Denis Mercier boulevard Victor.
Comme le CEMAA et comme le général Antoine Noguier -directeur du cabinet militaire à la Défense-, le général Creux est un ancien pilote de Mirage 2000C. Il fut l'un des rares à poser son avion sur une autoroute, derrière le rideau de fer : rien à voir avec une défection, il s'agissait alors d'un exercice réalisé avec l'aviation locale, à l'époque où le futur MGAA commandait son escadron. Il fut ensuite aspiré dans les relations internationales, après avoir donc commandé deux escadrons de chasse, le 1/5 Vendée et le 2/4 La Fayette. Il a aussi été chef d'état-major du commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA).
Du fait de la période de latence entre sa nomination et le départ de son prédécesseur, c'est un général de l'EMAA (le DRH-AA, le général Tafani) qui avait délégation de signature.
Le général Bosser est un para colo. ll a notamment commandé le 8e RPIMa, avant de se voir confier la prestigieuse 11e BP.

mardi 27 novembre 2012

Sur la route de l'Aquitaine

La frégate Aquitaine partira en début d'année pour sa traversée de longue durée (TLD) qui sera marquée aussi bien par la vérification de sa bonne tenue dans le chaud et dans le froid, que par un très évident SOUTEX (soutien aux exportations).
Heureuse coïncidence, les deux prospects les plus travaillés se situent pour l'un dans des eaux très chaudes, et pour l'autre, dans des eaux très froides. L'Aquitaine se verrait bien aussi faire quelques interactions avec l'US Navy sur le chemin entre les eaux chaudes et froides. Une bonne quinzaine de jours pourraient ainsi se dérouler autour de Norfolk, repère de quelques navires et submersibles.
La TLD pourrait se terminer du côté de l'Islande pour s'assurer que le bateau, ses systèmes et ses tuyauteries tiennent bien aussi dans le grand Nord.

Un "feu" à bord de l'Aquitaine

"Feu dans les cuisines !" annonce la diffusion générale de la frégate Aquitaine, alors que déjà, la première intervenante, la... boulangère du bord, tente d'éteindre l'incendie. Peine perdue, la jeune femme s'effondre, et un mannequin jaune prend sa place. Un diffuseur de fumée génère à pleins tubes. La commissaire du bord explique que le feu doit être attaqué au plus tard dans les trois minutes par une équipe constituée. Dans l'intervalle, d'autres primo-intervenants arrivent encore, mais doivent céder du terrain, même si le mannequin jaune quittte les lieux du sinistre. Mais il connaît ensuite de longues minutes de solitude, avant qu'on ne vienne le chercher, dans la coursive. L'équipe constituée arrive enfin, dans sa tenue de protection grise anti-feu. La grosse lance fait peiner les pompiers de circonstance.
Au bout de sept minutes, le feu est maîtrisé par le contrôleur sur place.
A cause du gros temps, la frégate a connu avant-hier deux blessés, bien réels ceux-là, et l'un d'eux a été remplacé dans la foulée par un marin en provenance du reachback, l'équipage de soutien basé à Brest.
Comme le reconnaît le pacha de l'Aquitaine, chacun des marins du bord est "indispensable", du fait de l'équipage réduit à seulement 94 marins, contre les 250 que comptait la génération précédente de frégates anti-sous-marines.
Diviser la main d'oeuvre par trois : seule la marine a réussi, pour l'instant, à le faire. Par les temps qui court, de quoi s'attirer la curiosité et la bienveillance. Surtout si le nouveau navire est -en plus- bien plus polyvalent que la génération qu'il remplace.

Pierre Bayle lance CombatComm

Pierre Bayle se lance un nouveau défi. L'ancien dircom d'EADS, qui a quitté le groupe à la faveur du changement de CEO lance CombatComm, sa propre structure dans le domaine de la communication managériale, particulièrement orientée sur l'industrie et la défense.
Son expérience professionnelle se répartit équitablement entre la presse et la com' : vingt ans de chaque.
Ancien journaliste de l'AFP -il avait couvert notamment la guerre du Golfe-, Pierre a ensuite créé TTU, lettre d'informations stratégiques. Entretemps, il avait participé aux cabinets Joxe et Richard, créé la DICOD, en 1997. Puis il avait enfin intégré la communication dans l'industrie, chez MBDA puis EADS.
Il est également réserviste. Il avait notamment présidé l'association des officiers de réserve de la cavalerie.

son mail professionnel : pierre.bayle@combatcomm.com.

Le Neuron se rapproche du ciel

Le démonstrateur de drone de combat Neuron, développé par Dassault Aviation et ses partenaires européens devrait voler dans les jours qui viennent. Depuis plusieurs semaines, cet engin développé à Istres a effectué ses premiers essais de roulage, le premier vol était annoncé d'ici la fin de l'année.
La météo de demain annonce pluie et vent, pas les meilleures conditions pour un premier vol.

(1) à peu près le menu annoncé le 6 juin 1944, on connaît la suite.

L'avertissement de la semaine

"Personne ne veut de coupures homothétiques, cela ferait courir le risque d'avoir des armées qui perdraient leurs capacités (...) Il vaut mieux avoir le courage de dire que sur tel point on ne fera pas mais qu'on se garde une capacité intacte sur tel autre point, plutôt que de raboter un peu partout".
Jean-Marie Guéhenno, à Sciences-Po (source Reuters).

lundi 26 novembre 2012

Dans Raids 319

Le prochain RAIDS, en kiosque dans quelques jours, consacre un long sujet aux nageurs de combat de la marine (une élite concentrée au commando Hubert, majoritairement employé par le COS) et de l'armée de terre (CPEOM, utilisé par la DGSE). Leur soixantième anniversaire a été récemment fêté à Saint-Mandrier lors d'une cérémonie toute en discrétion, qui sied au monde du silence. Quelques photos en noir et blanc, d'autres en vert sous-marin rappellent ce que fut la progression de ces combattants en Afrique du Nord et au large de l'Afrique. Les nageurs du commando Hubert furent ainsi, en 1956, les premiers à poser le pied à Suez, rappelle l'article. Ils ont été aussi mobilisés dans les opérations de contre-piraterie, depuis 2008.
Sept ans plus tôt, ils étaient aussi parmi les premiers à poser le pied en Afghanistan.
Forces spéciales encore avec un sujet d'Erwan Lesourd consacré à la chute opérationnelle chez les special forces de l'US Army. Contrairement aux tendances que l'on peut discerner en Europe, et peut-être demain en France, les commandos de l'US Army devront désormais tous disposer de cette qualification. On sait que ce mode d'insertion suscite souvent le scepticisme car il est consommateur de moyens pour la formation initiale et l'entretien des compétences ; il faut cependant rappeler que le poste de Birao (RCA) doit beaucoup aux chuteurs du GCP du 3e RPIMa puis du COS. Et qu'un groupe action du CPA 10 fut ainsi injecté au Sahel, en janvier 2010. Ceci, pour les opérations qui ont été reconnues, évidemment.
Thierry Charlier revient sur les forces spéciales belges engagées dans l'exercice Green Blade-Pegasus, et votre serviteur, sur les forces spéciales saoudiennes révélées par Tigre 2.

dimanche 25 novembre 2012

Un blessé écrit

Jocelyn Truchet, sous-officier au 13e BCA, prépare un livre sur son expérience en Afghanistan,

Cyber-défense

On n'est jamais mieux servi que par soi-même. Partant de ce principe, l'association des amis d'Eric Burgaud, mis en cause dans l'affaire Mahé, a donc monté un site internet pour évoquer ce dossier et la vie de l'homme. Le site explique que l'ancien colonel a quitté l'armée de terre en 2007, travaillant dans un chantier nautique, puis dans une société de services traitant d'eau, qu'il est marié et a deux enfants. Des témoignages sur l'homme et sur l'officier sont également disponibles sur ce site surprenant.
Militairement, s'il n'y a évidemment aucune révélation sur l'affaire Mahé elle-même, on apprend quelques détails de la vie de l'officier. Le site revendique ainsi la planification de l'opération Vulcain, une opération qui avait été menée par le 1er RPIMa et le CPA 10 pour éviter qu'un site industriel au Kosovo ne soit transformé en bombe chimique.
Le procès Mahé doit commencer mardi à Paris, sept ans après les faits. Comme le dit un des témoins du site internet, "ce procès, si longtemps après les faits, alors que le souvenir inévitablement se brouille, m'interroge vraiment".
Le moins qu'on puisse dire est qu'il n'arrive pas en effet au meilleur moment, puisque la page de la Côte d'Ivoire (2) et de ses horreurs a été tournée définitivement, et que depuis 2005, l'armée de terre a été plusieurs fois traitée en page faits divers. Gare aux amalgames et aux éclairages.

(1) un compte Facebook en soutien à l'adjudant-chef Raugel, également mis en cause, comptait ce matin 709 membres.Une pétition en ligne est également accessible sur le compte.
(2) ce théâtre restera, contrairement à l'Afghanistan, un théâtre insuffisamment expliqué, malgré les centaines de journalistes qui y sont passés entre 2004 et 2011...

Un doublé

Les hélicoptères de la marine ont effectué un doublé ce matin, évacuant deux marins de deux navires différents, en Atlantique. Le Dauphin SP de La Rochelle (35F) a recueilli à 6h15 un marin de 46 ans blessé par des éclats de vitre, suite à une déferlante subie au sud d'Hourtin (Gironde) vers 3h50. Le transfert s'est fait dans une mer agitée (4) et un vent de 25 noeuds.
Mer moins paisible par contre pour la deuxième évacuation, faite par mer grosse (7) et un vent de 40 noeuds. C'est l'EC225 de Lanvéoc-Poulmic (32F) qui est convoqué cette fois, sur un vraquier battant pavillon du Panama qui a déclenché l'alerte hier à 17h30. Un de ses marins souffre de fièvre et de douleurs abdominales mais son navire se trouve à 250 nautiques de la pointe de Penmarc'h. Soit trop loin pour les pattes de l'hélicoptère. A sa meilleure vitesse, le navire fait donc route vers la France, et ce n'est qu'à 5h30 ce matin que le sauvetage a pu se mettre en branle. Le marin a été hospitalisé à 7h30.

samedi 24 novembre 2012

L'EDA-R intéresse Moscou

Alors que les cadences sont plutôt basses pour équiper les trois BPC français, Moscou semble lui résolu à investir dans l'EDA-R, développé par CNIM. C'est en tout cas le sens d'une déclaration de l'ambassadeur français à Paris effectuée jeudi, Alexandre Orlov, cité par l'agence russe RIA-Novosti.
Pour le moment, aucun chiffre n'a été cité, tant sur le montant du contrat que sur le nombre d'embarcations. Ni sur le lieu où ils seront fabriqués, Moscou souhaitant sans doute assembler lui-même ces engins, de fait indissociables des deux BPC qu'il a achetés à la France.
Pour l'instant, la Russie est le seul client export du BPC et de l'EDA-R, dont leurs fabricants escomptaient pourtant de meilleurs résultats de ventes à l'étranger.

PTSD : un ancien FS parle

Le prochain Paris-Match (sortie 29 novembre) consacrera un papier au PTSD d'un ancien commando du COS. Ce militaire, qui vient de quitté l'armée après une vingtaine d'années de service évoque aussi bien cette blessure morale, que les difficultés de reconversion et de prise en charge par les pensions qui vont avec (1). Un cas qui risque de déstabiliser un peu le tableau idyllique dressé par les derniers sujets de presse lus sur ce sujet ces derniers semaines.
L'auteure du sujet est le même que celui d'un sujet consacré au PTSD, qui doit sortir cette fois dans une émission de France 3, le 4 décembre.
Encore moins que pour la totalité des militaires, aucun indicateur précis ne permet d'évaluer le nombre de cas réel de PTSD parmi les forces spéciales. Même si l'on peut penser que les situations particulièrement violentes que rencontrent de façon répétée ces personnels, qui ont en plus interdiction d'en parler avec leur environnement familial, ont vraisemblablement généré plus d'un cas, rien que sur les dernières opérations, comme en Afghanistan.

(1) 15 mois après l'ouverture de son dossier, cet ayant droit n'a toujours pas pu faire aboutir sa démarche.

vendredi 23 novembre 2012

Le matin chez Stratégia

Le cercle Stratégia de Défense et Stratégie accueillera le 12 décembre le grand reporter d'Europe 1, Didier François, pour évoquer la situation en Afghanistan. Le 23 janvier, c'est le chef d'état major de l'armée de l'air, le général Denis Mercier qui s'exprimera sur la puissance aérienne.

Une expo

Thales et RTD pourront exposer leurs matériels, jeudi à Sissonne, lors de Decazub, présentation à des relais d'opinion (parlementaires, journalistes) d'un programme plus que mal connu, Scorpion. Thales devrait présenter un logiciel de conduite du combat développé avec d'autres partenaires, ainsi que Contact, la future radio logicielle dont le contrat avait été notifié avant l'alternance gouvermentale.
RTD présentera lui un Sherpa, dont la France détient 33 exemplaires pour l'emport de station Syracuse, et bientôt, des citernes tactiques pour le SEA seront aussi livrées. Sherpa est aussi un candidat sérieux pour fournir les forces spéciales : il est testé depuis trois ans par le 1er RPIMa dans un processus de développement coopératif assez original.

La 11F passe en PO

Ce blog vous l'annonçait dès le 28 septembre : la marine a pris hier son tour de permanence opérationnelle. C'est la 11F qui assure son quota, avec ses Rafale. Cela devrait se reproduire, du fait de la réduction tendancielle de la flotte de chasse de l'armée de l'air, particulièrement des intercepteurs purs (2000C, 2000-5).

jeudi 22 novembre 2012

Judiciarisation : un filtre

L'ancien député (socialiste) spécialiste de la Défense Jean-Michel Boucheron a proposé de mettre en place un système à clapet pour mieux protéger les soldats en opérations contre les effets de la judiciarisation. Celui qui fut aussi dix ans membre de la commission consultative sur le secret défense a évoqué la nécessité de classifier systématiquement secret défense les rapports d'activité opérationnelle concernant toutes les "actions de combat". Il appartiendrait donc à la CCSD d'autoriser ou pas la justice à prendre connaissance de ces documents.
Cette proposition intervenait dans le Cercle Strategia de Défense et Stratégie, consacré à la judiciarisation des opérations. Un colloque doit précisément développer ce thème les 6 et 7 décembre prochain, à Paris.
Un des effets de l'idée de l'ancien parlementaire serait donc de protéger plus efficacement l'identité des militaires mis en cause, et, plus évidemment encore, d'éviter l'inhibition des militaires, qui ont mal vécu plusieurs épisodes récents, comme lors d'une tentative de libération de deux otages au Sahel. "Un soldat ne peut pas partir au combat avec un fusil dans une main et un code pénal dans l'autre" a argué Jean-Miche Boucheron.
En tout état de cause, les parlementaires s'attendent à légiférer sur ce sujet épineux, à l'instar de Christophe Guilloteau, qui présidait la réunion de ce matin.

Le départ de Nijrab survolé par un B-1B

Même s'il n'a pas fait directement le déplacement pour les beaux yeux des Français, un B-1B américain était disponible mardi pour les JTAC français, à l'occasion de la cérémonie de transmission de la FOB de Nijrab, puis du dernier convoi quittant cette FOB. Deux Tigre français et un avion de surveillance américain ont également été engagés au-dessus du dernier convoi.
On l'a dit mardi, ce dernier convoi n'a pas rencontré de difficulté particulière, à part une (fausse ?) alerte, suite à une détection de zone de tir de Chicom.

Un Britannique à l'ETR

Le pilote britannique en échange en France sur Rafale a commencé ce lundi sa formation à l'escadron de transformation Rafale (ETR). Il rejoindra ensuite le 2/30 Normandie Niémen, comme ce blog l'avait révélé.
Un Français doit de son côté débarquer sur Typhoon, à Leuchars.
Trois Britanniques sont actuellement sur des postes d'officiers d'échange dans l'armée de l'air.

Un Lynx Mk8 sur le Surcouf

Un détachement hélicoptères britannique va partir en opération en Océan Indien à bord de la frégate française Surcouf. C'est une première en opérations dans ce domaine précis, même si des frégates britanniques ont déjà été régulièrement intégrées à un groupe aéronaval français, depuis le conflit du Kosovo.
L'intégration du détachement britannique à la frégate a été réalisé en moins de trois semaines. La frégate doit appareiller dans quelques jours. Les Britanniques resteront intégrés jusqu'en mars 2013. Les ROE ne posent semble-t-il aucun problème puisque ce sont celles d'Alatante, partagées par les différents contributeurs.
Le détachement aérien comprend un équipage de conduite de deux pilotes, et une équipe technique de 8 maintenanciers. Deux Royal Marine commandos assurent la mise en oeuvre de la mitrailleuse de 12,7 mm en sabord gauche.
Le Lynx britannique présente plusieurs avantages sur son homologue français -ou sur le Panther- : il est équipé d'un radar bien plus moderne, d'un armement plus puissant, il peut notamment tirer un missile antinavire léger. Les Lynx français ont vu leur nombre réduit, avec la réduction à une seule flottille. Les Panther, eux, sont également concernés par un programme de rétrofit, et sont donc, ponctuellement moins disponibles. Selon la marine, cette intégration n'a rien à voir avec cette conjoncture française, mais une opportunité d'aller de l'avant.

mercredi 21 novembre 2012

Le CeFOS créé hier à La Valbonne

Ni spécialiste des opérations spéciales, ni de la fouille opérationnelle spécialisée, le CeFOS (centre de formation opérationnelle santé) a été créé hier à La Valbonne, qui hébergeait déjà le 1er régiment médical, plus gros régiment de l'armée de terre, avec 1600 militaires. Le CeFOS reprend les activités de formations qui étaient dispensées auparavant dans trois centres dispersés : le centre de préparation aux opérations extérieures (CPOPEX), l'institut de recherche biomédicale des armées (IRBA) et le centre d'instruction santé de l'armée de terre (CISAT).
Incidemment, il constitue la première brique du pôle santé lyonnais, qui comprendra donc un régiment médical, l'école de santé des armées et l'hôpital d'instruction Desgenettes, qui dispensait aux équipes médicales partant en Afghanistan les formations MEDICHOS, via son centre d'instruction des techniques de réanimation de l'avant (CITERA).

Entre le 155 et le camion, un plateau breveté

12 millions d'euros sur quatre ans ! C'est ce qu'a coûté en développement le plateau de tir du Caesar, une innovation qui va peut-être rapporter à RTD, en Inde. Le président de Renault Trucks a expliqué aux députés comment sa société était en lice dans ce pays pour un système de canon porté (1). Gérard Amiel explique que les offsets (35% de la valeur du contrat) et la logique économique (un camion local est 50% moins cher que du Français) obligera sans doute à embarquer l'arme sur un vecteur indien issu de la gamme Tata ou Eisher. Mais que la viabilité du système, soutenu par le fameux plateau de tir, breveté, le rend en quelque sorte incontournable.
En réponse à la question du député Michel Voisin qui s'étonne depuis plusieurs années de l'absence de losange sur la calandre des Caesar français, voici la réponse de Gérard Amiel, savoureuse : "J’attribue la disparition du losange à la culture d’entreprise de Nexter". Et de rappeler : "le losange apparaît toutefois sur les moyeux des roues du VBCI".

(1) les quantités portent sur plusieurs centaines de pièces en plusieurs tranches. On parle de 700 exemplaires.

mardi 20 novembre 2012

Méli-mélo d'hélicos et de Rafale

Dans la foulée de ce qui avait été fait à Solenzara, pendant Tigre 2, les forces spéciales s'entraînent depuis lundi avec les Rafale du Normandie-Niémen, dans le sud-ouest de la France. Le scénario, pour ce qui est évoqué, tourne autour d'une évacuation de ressortissants, et mêle les Rafale montois avec les hélicoptères du 4e RHFS.

Les 16 derniers de Nijrab

L'histoire retiendra que les derniers occupants français de la FOB de Nijrab (Kapisa) n'ont pas quitté la FOB dans une rame, vers 10 heures locales ce matin, mais à bord de deux hélicoptères de manoeuvre de la TF Mousquetaire, bien plus tard. Leur maintien sur place jusqu'au dernier moment était lié au bon déroulement de l'opération logistique. Vers midi, heure de départ de ces 16 derniers Français de Nijrab, le convoi avait vraisemblablement passé le "hotspot", la zone la plus dangereuse des 3h30 qu'il faillait pour couvrir la grosse centaine de kilomètres entre la FOB et Kaboul, en passant par l'ouest. C'est la route la plus calme mais néanmoins cible potentielle de suicide bombers, d'IED, de VBIED et, c'est moins grave, de jets de cailloux.
Ces seize Français constituaient un petit échantillon des derniers éléments de Kapisa, avec de représentants du BG Acier (formé autour du 16e BC), de la TFLF, des mentors de l'AT33 et enfin, du CTA (contrôle tactique air, formé d'aviateurs).

Le plus du Mamouth, la revue de presse des confrères à Kaboul (cliquer sur leur nom) :
Olivier Fourt, RFI
Nathalie Guibert, Le Monde
Anne Nivat sera ce soir sur Arte à 20 h, tandis que TF1 annonce une page spéciale dans son 20 heures, avec un envoyé spécial et vraisemblablement, les reportages tournés il y a quelques jours par Olivier Santicchi.

lundi 19 novembre 2012

Pendant ce temps, à Bruxelles

Les ministres de la défense réunis aujourd'hui à Bruxelles pour le comité directeur de l'agence européenne de défense (AED) ont fait le point sur les dossiers de pooling and sharing lancés il y a un an, certains étant plus anciens encore.
Cinq états sont déjà abonnés à un programme de communications satellite (utilisant des moyens civils) lancé cette année. Le programme fédérateur MARSUR de surveillance maritime rassemble désormais 18 pays, avec l'arrivée de trois nouveaux membres. Très en pointe sur la formation des équipages d'hélicoptères -la France n'y participe que très peu, depuis la première édition menée à Gap- l'AED complète son action en la matière, avec un plan d'action sur dix ans, et inclut désormais un simulateur, un cours de tactique et un cours d'anglais opérationnel. Tous points qui figurent dans les déficits notés en opérations (et notamment, lors de l'EUFOR, en 2008) : tous les pilotes devraient ainsi atteindre un niveau plancher.
L'AED semble avancer aussi rapidement en matière d'hôpitaux de campagne, 15 membres ayant déjà signé une lettre d'intention. Les achats de matériels devraient intervenir en 2014, pour une capacité initiale atteinte l'année suivante.
Déficit structurel connu depuis des lustres, le ravitaillement en vol fait aussi l'objet d'un nouveau focus. De fait seule solution de court terme, l'AED planche sur le recours à des contractors, tout en envisageant, à plus long terme, l'achat de kits de ravitaillement pour augmenter la capacité globale. On apprend aussi qu' "une lettre d'intention sur l'initiative sur les MRTT stratégiques" (ouf, tous les mots comptent...) a été signée avec un objectif en 2020. Le fond du problème étant que l'Europe devrait acquérir une flotte mutualisée de MRTT, mais qui va payer ?..
En matière de formation, la... France (mais oui elle était présente) propose de consolider ce qu'elle fait déjà avec les Belges en matière de formation des pilotes de transport, à Avord. Tandis que les Italiens, fabricants du M-346 ont logiquement choisi de mener l'entraînement sur jets.

Une rencontre

Les familles des deux otages français tués au Sahel le 8 janvier 2010 ont pu rencontrer quatre des opérateurs des forces spéciales engagés dans cette opération. Cette rencontre semble avoir été facilitée par la présidence de la République et est restée d'ordre privé, sans tiers (1). Aucun détail n'a filtré sur cette rencontre.
Trois opérateurs de la BFST dont un pilote du 4e RHFS avaient été blessés dans cette opération hardie, citée en modèle par leurs homologues étrangers. Trois hélicoptères Cougar soutenus par des avions de l'armée de l'air avaient effectué une infiltration de plus de 500 km depuis le Burkina Faso, pour tenter de sauver les deux jeunes otages. Des groupes action du 1er RPIMa et du CPA 10 avaient été engagés au sol, les Bayonnais encaissant les tirs nourris des ravisseurs.
Une information judiciaire avait été ouverte, à l'issue, par la justice française. Les opérateurs des forces spéciales engagés dans cette opération sont passés à plusieurs reprises devant un juge d'instruction (2).

(1) Une rencontre identique avait eu lieu immédiatement après la mort du skipper de La Tanit, en 2009 : à l'initiative de l'amiral Gillier, ALFUSCO, sa famille avait pu rencontrer les commandos marine qui avaient procédé à l'opération de reprise du voilier.
(2) Défense et Stratégie organise ce jeudi un petit-déjeuner débat assez raccord sur ce thème de la judiciarisation en opex. Avec Christophe Guilloteau, député, le général Henri Bentégeat, ancien CEMA et le LCL (R) Christophe Barthélémy, avocat.

La fin des TF

Des trois task forces françaises en Afghanistan il ne restera plus rien dans quelques jours. Après avoir atteint un pic de 2400 personnels, puis perdu une à une ses composantes, la task force La Fayette (TFLF) sera dissoute en fin de semaine (1).
La TF Mousquetaire, qui a culminé à 15 hélicoptères va être réduite à quatre, puis deux engins (deux HM). Elle redeviendra un simple détachement hélicoptères, ce qu'elle était en décembre 2006 quand l'armée de l'air avait ouvert ce théâtre -une première- avec deux Caracal.
La TF Jehol disparaît, elle aussi. Une bonne partie de ses membres ont déjà rallié la France, prêts à repartir pour d'autres horizons. Jehol avait été mis spécialement sur pied pour localiser et éventuellement libérer deux journalistes de France 3. Plus largement, elle aura effectué du ciblage de chefs insurgés en Kapisa, avec plusieurs succès. Deux de ses membres, deux commandos marine, sont morts au combat.
L'extraordinaire facilité avec laquelle les FOB ont été vidées, sans la moindre attaque insurgée ni perte peut sans doute être attribuée à son action, ainsi que plus largement, à l'armée des ombres et des opérations d'influence. Et, ne les oublions pas, à une poignée de tringlots.

(1) un poste de général deux étoiles disparaît donc, mais un autre deux étoiles français, de l'armée de l'air, commande la base de KAIA (3300 militaires de l'ISAF). On ignore par contre la succession du n°2 français de l'ISAF, Olivier de Bavinchove, aperçu dans la plupart des reportages télévisés diffusés ces derniers mois.

RTD : contrat de 46 MEUR avec la RCI

On en sait un peu plus sur le contrat signé entre RTD et la Côte d'Ivoire, dont l'existence avait percé il y a quelques mois. Son montant atteint les 46 MEUR -c'est presque 10% du chiffre d'affaires 2012 de RTD- et il porterait sur près de 500 véhicules du groupe. Il s'agit à la fois d'ALTV, produits par ACMAT -c'est par là que l'info était sortie- mais aussi de VLRA, de VLRA 6x6 et de camions Kerax.
On ne dispose pas de la répartition entre ces différents véhicules, mais une source chez RTD évoque "un des plus gros contrat de l'histoire d'ACMAT". 
Les livraisons ont débuté, et devraient s'étaler sur 18 mois.

dimanche 18 novembre 2012

Rôle III : la vocation évolue

Percy ? non, KAIA. (photo Jean-Marc Tanguy)

L'afghanisation, c'est aussi cela : depuis plusieurs semaines, le rôle III de Kaboul, géré par le service de santé (SSA) français ne traite quasiment plus de blessés français (1) : la plupart sont des militaires afghans, ou des civils, blessés par les effets de la guerre. Une fillette et sa mère sont ainsi accueillies, après que leur maison a été détruite par un tir de roquette (2), tuant d'autres membres de la famille. Déjà décimée l'an dernier.
Cette tendance devrait se confirmer dans les mois à venir. Le rôle III restera parmi les dernières capacités offertes par la France à l'ISAF. Quelques équipes tactiques perdurent, à Nijrab, Naghlu, avec une capacité MEDEVAC offerte par la TF Mousquetaire. Seule cette dernière subsistera, après le prochain retrait des FOB.
Le rôle III français héberge des personnels médicaux d'autres pays de l'ISAF, et forme des équipes médicales afghanes. Il conserve sa vocation au profit de l'ISAF et aurait un rôle central en cas de MASCAL (massive casualties), afflux massif de victimes civiles ou militaires. Le risque d'attaques complexes reste patent à Kaboul, c'était encore le cas il y a quelques jours seulement. Le risque perdure aussi pour les dernières opérations logistiques françaises, entre les FOB et Kaboul, puis dans Kaboul même. Pour l'instant, les seuls coups reçus par les convois se sont limités à des caillassages isolés dans le grand Kaboul.

(1) les derniers patients français évacués par STRATEVAC -il y a une semaine- ou Airbus n'avaient pas été blessés en opération.
(2) insurgée ou alliée, le résultat est là...

Le der des der

L'engin est proposé aux couleurs du 501e RCC. Les FT-17 ont été ensuite projetés dans le monde entier : les forces spéciales en avaient un devant leur fortin de Spin Boldak (photo : Jean-Marc Tanguy)

7820 chars FT-17 ont été commandés à Renault, Schneider et Berliet en 1917 : un des derniers représentants de l'espèce trône désormais devant le siège de Renault Trucks Défense, à Satory. Gérard Amiel, le président de RTD l'a présenté cette semaine, devant plusieurs centaines d'invités, et le trio de salariés (1) qui a retapé la bête, ainsi que la propre petite-fille du général Estienne, à l'origine du programme. 
La réféction a été réalisée à CMCO Fourchambault. L'un des membres du trio confie ses doutes au tout début, vu l'état de l'engin, laissé à l'abandon dans l'ancienne usine Renault de Boulogne-Billancourt. Un mètre cube de terre et de feuilles ont été enlevés de l'épave, avant de la soulever pour le transport. La terre a été tamisée, dans l'espoir d'y retrouver des pièces, mais en vain.
Des collectionneurs et des artisans ont permis la réfection du FT-17. Défi suivant, refaire la chaîne de mobilité, et le faire rouler, sous deux ans.
Notons que ces restaurations-maison ne se limitent pas au secteur terrestre : un Flamant avait de la même manière été remis en état par des salariés de Dassault Aviation, l'an dernier : il trône désormais à Mérignac. Tandis qu'à Martignas, c'est un Gardian qui est actuellement en réfection.

(1) Jean-Paul Lecrot, Eric Dionnet, Bruno Berger.

samedi 17 novembre 2012

La phrase de la semaine

"S’il est un domaine auquel nous devons porter une attention toute particulière c’est bien celui du soutien santé de nos soldats en opérations. (…) Si un jour nous ne devions plus pouvoir compter sur une prise en charge échelonnée de bout en bout du rôle 1 au rôle 4, c’est-à-dire du ramassage aux hôpitaux en
France, ce jour-là nous ne trouverons plus de soldats pour faire ce métier !"
Elrick Irastorza, mars 2011, rencontres Terre-Défense.

vendredi 16 novembre 2012

Les 9 tonnes d'Handicap

Handicap International revendique ce soir avoir détruit hier en Libye neuf tonnes d'explosifs divers (Photo Chris Woodburn/Handicap International), reliquats du conflit de l'an dernier. L'ensemble était l'agrégation de 5.500 engins divers : bombes d'aviation, mines antichar et antipersonnel, munitions pour armes d'infanterie. L'association annonce aussi avoir dépollué 21 km² de terrain et retiré plus de 35 000 engins non explosés dans le nord de la Libye. "Plus de 90 000 personnes ont bénéficié de séances de prévention" conclut Handicap International.

Afghanistan : l'heure du troc et des cessions

Le démantèlement des bases françaises, qui s'accélère en cette fin novembre génère aussi son lot de cessions de matériel, certains sont aussi troqués. Sur la FOB de Naghlu, les deux génératrices ont été cédées aux Américains, qui viennent relever les AT. En contrepartie, les forces américaines ont livrés deux génératrices à Warehouse. Cela évite, incidemment, d'avoir à les ramener par la route de Naghlu, et simplifie la vie des Américains. Le local de l'ordinaire a aussi été cédé aux Américains, mais le contrat d'externalisation français n'a pas été pérennisé. Le chef, un ancien militaire frnaçais, a déjà retrouvé du travail ailleurs...
Autre exemple, du petit mobilier de fabrication locale sera cédé dans quelques jours aux Afghans. Une bonne partie des meubles de la base avancé portent ainsi cette simple étiquette blanche : "cession". Les rapatrier en France serait anti-économique, vu leur faible valeur.
En contrepartie de ses bâtiments aux normes antiroquettes à Kandahar, transmis aux Belges, la France a récupéré des locaux de l'armée belge, sur l'aéroport de Kaboul.
C'est là que l'armée française devrait tenir son dernier carré, avec le transfert des éléments de Warehouse sur l'aéroport, dès l'été prochain.

Le M346 arrive à Cazaux (actualisé-1)

Le premier avion d'entraînement M346 est arrivé sur la base aérienne 120 de Cazaux hier. Cet appareil est destiné à l'aviation singapourienne, qui forme ses pilotes en France depuis 14 ans. Le M346 remplacera les Super Skyhwak, des avions des années 50 dont les réacteurs étaient bruyants et peu économes.
Cette arrivée ouvre de nouveaux horizons à l'armée de l'air, qui cherche à remplacer son Alpha Jet, entré en service en 1980. Une demi-douzaine d'appareils ont bien été modernisés avec une avionique moderne, mais la solution pourrait, de fait, viser à déboucher -enfin- sur une école de formation européenne, et opter pour une flotte partagée (1).
Son futur avion pourrait être le M346. Un des solutions préconisées dans le RFI par la DGA il y a quelques mois : les réponses devaient être données par l'industrie le mois dernier.

(1) Belges et Français ont une flotte mutualisée d'Alpha Jet (ce qui n'est pas le cas par exemple dans d'autres école estampillées européennes). L'école de Cazaux a d'ailleurs été commandée par un Belge. Aujourd'hui, un officier belge est n°2 d'AJETS et un autre est n°3 de Cazaux.

Billet d'humeur : une com pas si verte

Un confrère a reçu 25 exemplaires du numéro d'octobre d'Armées d'Aujourd'hui, l'organe de communication du ministère. On peut s'interroger, surtout si le cas n'est pas isolé : doit-on abattre des arbres pour un tel effet de masse, alors qu'internet peut faire le boulot, ce qui, au passage, génère quelques économies d'impression ? Et surtout dans un ministère qui claironne ses actions en faveur de l'environnement, et qui, à ce que j'ai compris, cherche des économies ?

De la discrétion et un test

Plusieurs mois après le passage du ministre de la défense dans la zone, le dossier du passage des flux sortants par le nord de l'Afghanistan commence enfin à se dessiner. Un premier convoi-test devrait rapidement être effectué afin de mesurer les éventuels problèmes pratiques, et l'état dans lequel le fret va arriver, par voie ferroviaire, après avoir quitté l'Afghanistan par An-124.
Rien ne change dira-t-on. Si : cet avion est rémunéré à l'heure de vol, des gains -pas encore chiffrés-pourront être réalisés, et le rythme, éventuellement intensifié. Dans certaines conditions, la charge utile de l'avion pourrait être légèrement augmentée.
Les clauses ne sont pas forcément les mêmes non plus selon l'axe de sortie -Ouzbekistan- et Kazakhstan : dans les deux cas, les autorités locales semblent demander un conditionnement, ou une protection à la vue, pour les véhicules militaires portés sur rails.
Par delà ces deux axes, négociés en bilatéral par la France, demeure le Pakistan, négocié par l'ISAF. Mais là aussi, le noeud gordien pourrait se desserrer assez rapidement : la concurrence de fait entre axes de sorties aura aussi contribué à stimuler les autorités locales.

jeudi 15 novembre 2012

Promesses, promesses

En prenant les clés du ministère, Jean-Yves Le Drian avait loué la gestion de son prédécesseur : il a dû déchanter un peu depuis. Car Louvois est passé par là, avec quelques autres mines, comme des bugs à répétition désormais patents dans le calcul des pensions de retraites. Dernier épisode en date, le dossier du reclassement des TSEF (techniciens supérieurs des études et fabrications), qui rebondit. Selon un représentant de l'UNSA, les promesses n'ont pas été tenues, en effet : "on nous a roulés dans la farine" estime cette source. 800 personnes seulement ont été reclassées en IEF (ingénieur en études et fabrications) lors d'un concours qui avait réuni 2500 candidats, en novembre 2011. Or, 400 autres autres dossiers devaient aussi être reclassés en IEF au titre de 2012, ce qui n'est donc pas arrivé, faute d'une nouvelle session du concours.
Selon nos informations, certains TSEF ont aussi été reclassés en IEF, mais attendent donc depuis plus de six mois d'être payés comme IEF...
UNSA et CGC se sont donc unis autour d'une pétition mise en ligne sur internet à l'adresse suivante : http://www.activism.com/fr_FR/petition/requalification-des-tsef-du-ministere-de-la-defense-petition-nationale/40228

Des Rafale pour les Compagnons

Comme ce blog l'avait révélé le 1er novembre, des Rafale du 2/30 Normandie Niémen défileront demain à 15h30 au-dessus des Invalides, pour honorer les Compagnons de la Libération. Une section de l'unité sera également présente au sol.
L'occasion pour moi de rectifier également le nombre de survivants de l'unité, que j'ai sous-estimé, en couvrant les obsèques de Roland de la Poype : selon le mémorial Normandie-Niémen, il resterait encore en vie trois pilotes et neuf mécaniciens.

Une audition

Patricia Adam a commencé hier à l'assemblée nationale une série d'auditions de grands témoins de la défense nationale ouvertes à la presse. Dans son bocal de verre, l'unique représentant de la presse peut entendre le sonore de l'audition, sauf quand le micro se refuse à fonctionner, ce qui va arriver plusieurs fois.
L'audition commence, avec une quinzaine de députés -une poignée donc- devant Gérard Amiel, le président de Renault Trucks. Il y a là quelques poids lourds, Alain Rousset, Luc Châtel, et quelques jeunes pousses, comme la nouvelle élue Paola Zanetti (1).
A part quelques détails, le président de Renault Trucks Défense a livré le même argumentaire et les mêmes éléments qu'aux journalistes deux heures plus tôt. Mais les députés, inscrits dans le milieu local ont été soit plus incisfis, ou plus attentifs que ne l'étaient les journalistes. L'un d'eux ouvre le feu, en rappelant que Renault Trucks -la maison mère qui fait du camion civil- a commencé du chômage technique à Bourg-en-Bresse. Un autre, élu de la région de Limoges rappelle les temps difficiles qu'a connu l'entreprise. Gérard Amiel lui rappelle que les années en question sont déjà bien loin et que les perspectives sont désormais bien meilleures. Une députée, élue pas loin de Fourchambault, se félicite du succès obtenu par RTD sur cet ancien site de l'armée de terre.
Un dernier prend attache pour évoquer le sort d'un célèbre carrosssier en difficulté.
Après une heure de présentation et de débats, le dernier carré de députés se disperse, après que la présidente se soit émue du très faible nombre de réponses à une prochaine présentation de Scorpion par l'armée de terre.
Comme on disait à une époque, Ita Missa Est. Pour Scorpion, et peut-être bien, pour tout ce qui devait l'entourer.

(1) comme l'explique une habituée des lieux, une séance se déroulait en même temps dans l'hémicycle, et les députés souhaitent souvent y suivre leurs amendements (pour ceux qui en déposent) et voter (pour ceux qui votent). D'autres, comme le député Christophe Guilloteau, étaient excusés : le député du Rhône plongeait au même moment à bord d'un SNLE...

mercredi 14 novembre 2012

RTD embauche

Gérard Amiel, président de RTD a annoncé en début d'après-midi avoir embauché 180 nouveaux salariés en 2012, et en recherche 100 autres, pour 2013. Le dirigeant a rappelé que sa société ne comptait de 520 personnels il y a 18 mois, et déjà plus d'un millier désormais, après avoir absorbé Panhard (326 salariés).
En réponse à une autre question de votre serviteur, il n'a pas non plus exclu de reprendre des activités actuellement assurées dans les ateliers de l'armée de terre. Plusieurs opportunités existeraient, selon le dirigeant.
RTD a repris en 2007 un ancien site d'entretien de l'armée, à Fourchambault, et n'exclut pas de récidiver ailleurs, constatant que la reprise du site est un "succès", impactant aussi bien la disponibilité des matériels que l'emploi. 220 emplois ont été créés depuis 2007 -il ne reste plus que 10 ouvriers d'état qui quitteront le site en 2013- et la cadence est passée, selon M. Amiel, de 60 VAB alors traités, à 160 en 2012.
Ce qui explique peut-être que le site a été choisi pour la production du VAB Mk3.

Le VBMR au point mort

Nexter et Renault Trucks défense ont arrêté en juillet le plateau commun que les deux sociétés avaient créé dans l'optique du VBMR, a reconnu en début d'après-midi, Gérard Amiel, président de la seconde. Après avoir reçu chacune un PEA l'an dernier, elles avaient joint leurs forces fin 2011. Le plateau commun réunissait une centaine de spécialistes qui ont donc été à nouveau dispersés dans leur société d'origine.
Comme ce blog l'a plusieurs fois expliqué, le VBMR connaît, à l'image de Scorpion, dont il fait partie, de très importants décalages. Gérard Amiel a reconnu que son sentiment personnel était celui d'un glissement d'au moins "deux ans".
Le VBMR, qui visait à l'origine un coût unitaire objectif d'un million d'euros est en grande difficulté. Le recours à un VAB Mk3, qui présente de très grandes communalités avec les actuels VAB aurait du sens, mais le président de RTD a souhaité, manifestement, ne pas ouvrir trop tôt la boîte de Pandore.
Une dizaine de prospects différents auraient exprimé de l'intérêt pour le VAB Mk3, selon M. Amiel. La chaîne qui doit être ouverte à Fourchambault, un ancien site de l'armée de terre, doit être capable d'en produire 250. Par an.

Des GCM dans les HM

Surprise : ce sont les GCM du 13e BCA qui vont assurer la composante commando à la prochaine relève de la task force Mousquetaire -elle même transformée en simple détachement hélicoptères-. L'équipe sera réduite en nombre, par rapport à la structure actuelle fournie par le CPA 30 de Mérignac. Le détachement serait réduit à deux HM, contre quatre actuellement.
Depuis décembre 2006 et l'arrivée des hélicoptères -à l'époque, deux Caracal de l'armée de l'air-, trois types d'unités se sont succédées dans les HM : les CPA (20 et 30), les pelotons de reconnaissance et de balisage (PRB) et donc, bientôt, les GCM.
Le GCM -comme ceux qu'ils remplacent- est l'unité conventionnelle qui aura effectué le plus de mandats en Afghanistan, servant à armer le DLI, puis les OMLT, et enfin, les quatre GTIA successifs de la 27e BIM  en Kapisa.

mardi 13 novembre 2012

Raids aviation n°4 bientôt en kiosque

Le numéro 4 de Raids Aviation ralliera les kiosques d'ici quelques jours. En autres sujets, on pourra y trouver un focus sur les 70 ans du Normandie-Niémen, des récits de l'engagement des Cigognes pendant l'opération Harmattan, un reportage sur les unités volantes du COS -3/61 Poitou et 4e RHFS-. Deux monographies concernent des forces aériennes sous les feux de l'actu : celles d'Israël et de Syrie. Un sujet est aussi consacré à l'étonnante aviation serbe.
Pas moins de trois entraînements majeurs -Airex, Corsica Lion et la confrontation Rafale/Typhoon/Hawk/Alpha Jet sont aussi traités dans les actus, ainsi qu'une rencontre avec le dessinateur de Buck Danny, Francis Winis, qui livre en exclusivité quelques uns de ses premiers dessins.
Enfin, ce quatrième numéro présente l'activité d'une étonnante société, AirFlySystem.

Le 11 novembre dans la zone afghane

La plupart des éléments français présents dans la zone afghane ont célébré le 11 novembre, avec la lecture de l'ordre du jour, et dans certains cas, des remises de décorations. A Warehouse, l'ambassadeur de France, Bernard Bajolet était présent sur la place d'armes, qui héberge le monument recensant les 88 morts français. A Nijrab, les derniers éléments présents sur place ont aussi rendu hommage au sacrifice des poilus. A Douchanbe (Tadjikistan), la cérémonie a accueilli des représentants du ministère tadjik de la défense. Trois chiens ont aussi été décorés, et la stèle d'un démineur de l'ESAG, mort en 2006, a été fleurie.

lundi 12 novembre 2012

Opération (média) retrait

Plusieurs mass média ont en soute des sujets pour illustrer le retrait français d'Afghanistan, devenu, l'espace de quelques jours, le sujet qui mobilise. Le paroxysme de cette diffusion médiatique interviendra, sauf actu plus nourrie, d'ici la fin du mois, avec une succession de moments historiques : transmissions de FOB à l'ANA, dissolution(s) de TF et passation de témoins.
Les trois principales chaînes nationales sont sur les rangs, mais aussi la petite qui monte, BFM TV. Un de ses présentateurs, Thomas Misrachi, avait effectué une série de reportages en mars, et la chaîne semble décidée à rééditer un niveau de couverture encore très important (1).
C dans l'air prépare également une émission spéciale, un binôme envoyé de Paris a tourné ces derniers jours à Kaboul et dans sa région. Pour l'heure, la date de diffusion reste confidentielle.
Rappelons par ailleurs que France 3 a décidé, pour sa part, de diffuser une émission sur le PTSD, le 4 décembre. Les sujets sont élaborés par Caroline Fontaine, journaliste à Paris-Match.
(1) BFM TV est la principale chaîne regardée sur les téléviseurs français en Afghanistan.

Le plus : ce sujet sur Canal+ consacré aux blessures morales, et ce sujet de 4 minutes d'Olivier Santicchi (TF1) réalisé récemment en entrée d'Afghanya.

Les réunions du club France-Afghanistan

L'ancienne députée (UMP) Françoise Hostalier (1), désormais présidente du club France-Afghanistan, organise trois réunions à l'assemblée nationale, avec le soutien des ses deux anciens collègues, Christophe Guilloteau (UMP) et Philippe Folliot (Nouveau Centre). Ces trois réunions auront lieu de 18 heures à 20 heures le lundi 19 novembre (avec Didier Chaudet, politologue et chercheur à l’IFRI), le jeudi 29 novembre (avec Georges Leveuvre, anthropologue et analyste politique de la région Afghanistan-Pakistan et Asie centrale) et le jeudi 20 décembre (avec Karim Pazdak, chercheur associé à l’IRIS).

(1) on lui doit aussi la rédaction d'un rapport sur la politique française en Afghanistan et le futur développement économique de ce pays. Il a inspiré très largement le traité franco-afghan.

Contact : http://franceafghanistan.wordpress.com

Des plaques commémoratives de retour

Des plaques commémoratives de la mort de soldats français en Afghanistan vont quitter l'Afghanistan dans quelques jours, même si on ignore encore si elles vont être centralisées ou pas. Jusqu'à maintenant, on avait peu de précisions sur ces différents monuments confectionnés, au fil du temps, soit par les soldats eux-mêmes, ou par le commandement. Selon nos informations, l'essentiel a été regroupé dans un TC20 qui doit prochainement quitter l'Afghanistan, avec les éléments d'une chapelle.
Un monument perdure encore sur la place d'armes de Warehouse, avec les noms des 88 morts français d'Afghanistan : il devra lui aussi être démantelé d'ici l'été, créneau prévu pour le repli des éléments français sur un site unique, à KAIA.
Des traces de la mémoire des tués persistent encore sur le territoire : l'ordinaire de Naghlu, bientôt cédé aux Américains, contient les portraits d'une partie des 88 morts. Sur ce même site, un VAB ELI a été baptisé du nom du CCH Guinaud. A Warehouse, l'aumonerie musulmane aux armées est hébergée dans une salle baptisée du nom du MDC Harouna Diop.

L'AT soutien a terminé le job

L'équipe d'advisory team (AT) qui mentorait le kandak 35 (soutien) à Naghlu (district de Surobi) a transmis le témoin la semaine dernière à un embryon de mentors américains, qui vont remplacer les Français. Une cérémonie intime mais chaleureuse a permis de mesurer le progrès accompli par ce kandak, formé depuis trois ans sans interruption par des mentors, puis des AT français, essentiellement issus de la brigade logistique (4e RMAT, 511e RT, 121e RTN). Les 16 Français, dont une infirmière, ont quitté l'Afghanistan ce dimanche.
L'armée française maintient à Naghlu d'autres AT, ainsi que des éléments de protection issus du 35e RI.

samedi 3 novembre 2012

Encore un sniper... mais il vaut le détour

Altipresse a traduit les récits d'un sniper du SEAL Team 6, Howard E. Wasdin. Après le sniper US recordman de tir (chez Nimrod), le sniper français qui raconte Côte d'Ivoire et Afghanistan (chez Nimrod aussi), ce sniper-ci a toute sa place par la densité de ce qu'il raconte. Certes, les fans de tirs ressortiront sans trop de recettes pour faire des cartons, mais la vie bien remplie de Wasdin suffit à remplir ce livre. Une bonne partie est consacrée, assez classiquement, à la jeunesse (difficile) du jeune Wasdin, puis à sa progression au sein du célèbre BUD/S. On a tous l'impression de tout savoir sur ce BUD/S, popularisé par de nombreux films -dont GI Jane- mais le lire raconté de l'extérieur, c'est évidemment tout autre chose.
L'atout le plus évident du livre est la partie opérationnelle, l'engagement de cet opérateur, pendant la guerre du Golfe, et surtout, pendant les opérations en Somalie. Entre les Delta Force et les Rangers, il y avait quatre opérateurs du SEAL Team 6, oubliés de la Chute du Faucon noir (1).
Wasdin et ses camarades auront été chargés d'aller tenter la neutralisation, au coeur de Mogadiscio même, de la bande à Aïdid, ce qui à l'époque déjà n'était pas un sport de masse. Choufs, installation de relais télécoms, longues heures d'attente derrière une lunette... et séances de psy ops et de médecine sur les civils de la zone.
On découvre ainsi, au fil des pages, les fenêtres qui s'ouvrent... et se referment, faute de décision du politique -le pauvre Clinton déguste pas mal-, mais aussi l'ambivalence bien connue des Italiens, la perméabilité de l'ONU... Wasdin énumère les pertes américains -dont déjà, un Blackhawk tiré au RPG, dès le 25 septembre, faisant trois morts-, et les luttes inter-agences et inter-composantes.
De tentative manquée en tentative ratée, on arrive au jour fatal. Comme la plupart de ses camarades, le SEAL sera blessé -trois fois dans la journée-. Bien plus tard, Howard E.Wasdin s'est reconverti, comme... chiropracteur.


(1) ainsi que des CCT de l'US Air Force, oubliés eux aussi. Le livre permet de mesurer les libertés qu'a prises Hollywood pour traiter le sujet.

"Sniper Navy Seals, j'étais tireur d'élite dans les forces spéciales" de Howard E.Wasdin et Steven Templin, éditions Altipresse, 24,35 EUR, 300 pages.

vendredi 2 novembre 2012

Sauts franco-britanniques

Une trentaine d'aviateurs britanniques ont effectué plusieurs sauts cette semaine avec leurs camarades français de l'armée de l'air. Les premiers sont issus du 2 Sqn du RAF Regiment, qui aligne des compétences similaires au CPA 20 de Dijon en terme d'appui aérien. Des Transall de l'escadron de transport Anjou d'Evreux et un Transall allemand se sont chargés des sauts.
CPA 20 et RAF regiment se sont par ailleurs entraînés ensemble dans l'exercice Airex/Volcanex/Bapex, à Séchault (Ardennes), ces quinze derniers jours, afin d'enrichir des procédures communes en matière de force protection et d'évacuation de ressortissants.
Un officier de liaison est d'ailleurs intégré à chacune unité, depuis la rentrée.

jeudi 1 novembre 2012

DPSD : un béret rouge remplace un aviateur

La lettre intelligence online l'assure, c'est un para colo, le général Jean-Pierre Bosser, qui va prendre la DPSD, en succession du général Antoine Creux, attendu comme major général de l'armée de l'air (mais toujours pas nommé). Ancien patron du 8e RPIMa, puis de la 11e BP, le général Bosser est actuellement sous-chef performances-synthèse de l'EMA.
Le niveau de responsbilité décroché par son prédécesseur est en ligne avec quelques précédents : le général Didier Bolleli avait décroché la DRM, en quittant la DPSD.

Un compte Facebook sur le PTSD

Le syndrome post traumatique (PTSD) dispose désormais d'un compte Facebook (http://www.facebook.com/groups/360005777420092/) pour des discussions sur cette blessure psychique dont les différentes traductions sont mal connues parmi les militaires.
A noter que l'engouement médiatique des derniers jours (dont un papier de référence paru dans Le Monde sous la plume de Nathalie Guibert) trouvera un écho dans les semaines à venir, avec un nouveau colloque le 3 décembre, et une émission spéciale de Pièces à conviction, le 4 décembre. Tard en soirée.

Billet d'humeur : pourquoi le ciel était vide

Le ciel était vide d'avions, mardi, quand s'est déroulé la cérémonie d'hommage à l'as Roland de la Poype. Comme la cour des Invalides était vide de politiques -pas de ministre des anciens combattants par exemple-. Et comme elle était vide de journalistes : nous étions trois, avec RTL et Radio Enghein.
Quand on voit la PAF survoler une course de voiliers, on peut s'étonner en effet qu'il ne soit pas possible de survoler les Invalides pour le dernier as français, un des derniers du Normandie-Niémen -ils ne sont plus que quatre représentants...- et héros de l'union soviétique.
Pourquoi le ciel était vide, donc ? Il n'est pas inutile de le rappeler, c'est le préfet de police qui autorise les survols de la capitale, et particulièrement à basse altitude. Les seules dérogations, en conduite, sont : les hélicoptères de la gendarmerie et de la sécurité civile, les hélicoptères transportant le gouvernement, et les hélicoptères effectuant les mesures actives de sûreté aérienne (MASA).
Pour tous les autres, et quels qu'honorables que soient les motifs, il faut donc un dossier. Et des délais incompressibles. Ils peuvent fondre si le politique s'en mêle.
Et il faut aussi des avions. Il suffit d'aller régulièrement sur une base aérienne pour voir que nos chasseurs -pour ceux qui sont en état de voler- ne manquent pas de missions. Le Normandie-Niémen est encore une petite unité, elle n'a pu envoyer que son drapeau et le commandant en second, ce mardi. Des anciens du Neu-Neu étaient là aussi pour montrer que la tradition du régiment de chasse s'est perpétuée dans les générations.
Le commandant en second rappelait d'ailleurs mardi comment les pilotes ont pu, par delà leurs lectures, se forger l'esprit, lors d'une campagne de tir, en Corse : ils y ont rencontré celui qui est désormais un des deux  derniers pilotes du Neu-Neu de 1942-1945.
Le régiment et ses avions défileront dans et au-dessus des Invalides, le 16 novembre, pour honorer les compagnons de la Libération, une cérémonie prévue de longue date. Aucun doute que les uns et les autres auront en tête l'engagement de leurs anciens.