mardi 31 juillet 2012

Grosse rigueur dans l'infra (-375 MEUR)

Le bâtiment ne va pas fort dans notre beau pays, et la contribution du mindef ne va pas forcément beaucoup l’aider à aller mieux. Bien que ces millions d’euros d’infra soient traditionnellement et directement injectés dans l’économie française et reviennent partiellement sous forme d’impôts à l’Etat. Mieux que l’objectif initial de 300 MEUR prévu par la précédente administration, qui ne l’avait pas crié sur les toits, ce sont en effet finalement 375 MEUR d’économies qui viennent d’être discrètement congelés le 11 juillet par l’EMA et le SGA pour s’adapter au contexte budgétaire. En outre, 18 MEUR pourraient aussi ne pas être réalisés, si les conditions ne le permettent pas en conduite budgétaire. Dans cette enveloppe figurent une dizaine de MEUR qui doivent être consacrés à un point alimentaire unique à Djibouti, pierre angulaire de la base de défense, et des rationalisations d’effectifs sensées aller avec. Parmi les autres opérations gelées figurent entre autres 30 MEUR de travaux divers sur Bourges (notamment liés au transfert de la STAT), le transfert d'une composante essentielle de la dissuasion, le désamiantage de zones à Neuvy-Pailloux… A peine moins anecdotique, la réalisation d’une soute à munitions pour une unité de forces spéciales. Le pompon, ce sont une trentaine de MEUR de travaux (rien que sur trois opérations) qui sont repoussés aux calendes grecques ou en attente de financement. Il est notamment question de l’adaptation portuaire aux futurs Barracuda, à Toulon, il est vrai que le sous-marin n’est pas attendu avant 2017… s’il ne glisse pas encore. Dans cette enveloppe aussi l’adaptation des quais de Toulon aux FREMM à Toulon, ainsi que des locaux prévus pour les sous-mariniers.

lundi 30 juillet 2012

Snecma à l'heure anglaise

Simple accord de circonstance symbolique ou début d'alliance structurante, l'avenir le dira : Rolls-Royce et Snecma annoncent conjointement ce soir avoir remporté un contrat (1) avec le MoD pour développer la prochaine génération de propulseurs d'avions de combat. Ce contrat se double d'un accord de coopération avec Dassault Aviation et BAE Systems. C'est une première pour le motoriste national : aucun de ses réacteurs destinés aux chasseurs français n'a été produit en coopération.
Snecma a pourtant une histoire riche en matière de coopération avec General Electric, mais sur un type de réacteur équipant majoritairement des avions civils (2).

Snecma et Rolls-Royce coopèrent déjà ensemble sur le TP400 de l'A400M, avec l'Allemand MTU et l'Espagnol ITP.
Mais d'autres entités du groupe Safran ont un historique plus riche de coopération avec le leader britannnique : Turboméca avait développé dès 1965 le réacteur Adour avec Rolls-Royce, afin d'équiper le Jaguar. Le Britannique participe aussi à la turbine MTR390 du Tigre, et au RTM322 qui équipe les Apache Mk1 britanniques, mais aussi les NH90.

(1) le MoD n'a pas du tout communiqué, lui, sur cet évènement. En tout état de cause, aucun montant, aucun échéancier n'a été divulgué, côté industriel. C'est la co-filliale créée en 2001 qui portera ce contrat.
(2) le CFM-56 a également remotorisé des KC-135, C-135, E-3 et DC-8 militaires.

Un SqnLdr au CPA20

C'est la suite de la lune de miel entre les armées de l'air françaises et britannique. Alors qu'un échange croisé Rafale/Typhoon est aussi en route, un Squadron Leader du RAF Regiment (2 Sqn) débarque au CPA 20 de Dijon. Et un commandant du CPA 20 est parti pour RAF Honington.
Le 2 Sqn est très proche en termes de compétences du CPA 20, d'où ce choix d'échange. C'est un spécialiste de l'appui aérien : il peut guider es aéronefs armés ou faire poser des aéronefs sur terrains sommaires.
Il a été déployé, ces dernières années en Irak et, comme le CPA20, à Kandahar, en Afghanistan.


dimanche 29 juillet 2012

Le général Puga prolongé au 31 août 2014

Deux figures du 2e REP qui ont sauté sur Kolwezi, en 1978 : les généraux Puga (à g.) et Dary (photo : Jean-Marc Tanguy).

L'arrêté date du 19 juillet, mais il n'est paru que ce matin, au journal officiel. L'actuel chef d'état-major du président de la République, le général Benoît Puga (1) sera maintenu en première section jusqu'au 31 août 2014, mais le texte ne précise pas, évidemment, à quel poste (1). Il avait été nommé à son poste actuel à l'Elysée le 5 mars 2010, en succession de l'amiral Guillaud.
Cette nomination est en tout cas une reconnaissance des qualités de l'homme par la nouvelle présidence qui auront mis peu de temps à convaincre, certains cercles le donnaient partant fin août-début septembre, c'est donc tout le contraire qui arrive. Il est vrai qu'avec l'actualité chargée en Afghanistan et au Sahel, il est sûrement difficile de se séparer d'hommes d'expérience.

(1) né le 30 janvier 1953.

(2) terme qui avait aussi été stipulé au CEMA, lors de sa nomination, en 2010.

vendredi 27 juillet 2012

Livre Blanc : déjà des bugs... et des avertissements

La commission du livre blanc a tenu hier sa première réunion, et de façon étonnante, son décret de création est paru le lendemain, sans même les noms des parlementaires concernés. Ces derniers ont semble-t-il d'ailleurs été avisés assez tard, si bien que seulement deux (sur six) ont pu siéger lors de cette première réunion formelle. Il s'agit des présidents des deux commissions de défense du Sénat (Jean-Louis Carrère, SOC) et de l'assemblée nationale (Patricia Adam, SOC). Le sénateur Daniel Reiner (SOC), les députés Christophe Guilloteau (UMP) et Eduardo Rihan Cypel (SOC), prévenus trop tard, n'ont pas pu se libérer. Notons que cette commission, comme la précédente, manque curieusement de femmes (trois), mais que, par contre, le nombre et le niveau des militaires a été sérieusement remonté. Les trois chefs d'état-major d'armée sont présents (1) et l'ont d'ailleurs fait savoir, en s'enfiltrant dans la brèche ouverte par Patricia Adam (2). Encore vice-présidente de la commission de défense, elle avait été la première à demander la révision du livre blanc, il y a plus d'un an. Cette fois, elle a prévenu du risque de court-termisme de cette commission-ci. Le CEMM puis le CEMAT ont abondé, rappelant que le modèle qui sortirait de cette commission-ci engageait sur trente ans. Si des responsables des services de renseignement sont bel et bien présents (DGSE, DCRI), il manque deux grands absents, le DRM (représenté en quelque sorte par son chef, le CEMA) et le DPSD (3). Ajouter deux chaises n'aurait cependant pas compromis l'équilibre de la table retenue. Surtout si la priorité est bien de donner plus d'efficacité à ces mêmes services de renseignement.

(1) ainsi que le SGA et le major-général des armées.
(2) la seule survivante, avec Jean-Claude Mallet, de la précédente commission.
(3) mes différends avec la DPSD sont bien connus, il s'avère néanmoins que le travail mené par ce service peut être utile, et pas qu'en opex. Cet oubli est d'autant plus étonnant que la commission travaille dans des locaux bien connus de la DPSD, à Saint-Thomas d'Aquin.

Aigle Ardent à Cazaux (actualisé-1)

L'armée de l'air a fait un effort d'équipement, visible sur cet opérateur du CPA20, en faveur de ses trois unités de commandos-parachutistes, qui totalisent un peu plus de 800 aviateurs (Photo : archives CPA20).

Le CPA20 et l'EH 1/67 Pyrénées ont réalisé ensemble cette semaine à Cazaux un entraînement tactique baptisé Aigle Ardent. Cette séquence leur a permis de balayer tous les savoirs-faire alignés par ces deux unités qui ont longtemps travaillé ensemble en Afghanistan.
Les commandos ont notamment procédé à des infiltrations, de largage de petit colis, ainsi que du guidage (deux FAC faisaient partie du TACP du CPA20) et des aérocordages. Un programme riche qu'ils ont fait intégralement partager à l'offcom de la base de Dijon, grappe comprise. Elle n'en sera sans doute que plus incollable quand on lui posera des questions sur les commandos de sa base.
Puma et Caracal de l'escadron ont été mobilisés pendant quatre jours pour ces phases menées de jour comme de nuit.

Le général Paloméros ira à SACT

La présidence de la république a validé par écrit le départ du général Jean-Paul Paloméros, actuel CEMAA, pour le poste de SACT, à Norfolk. Il y succèdera au général Stéphane Abrial, précédent CEMAA, et dont le général Paloméros avait été l'adjoint, à l'EMAA.
Cette nomination devrait être confirmée dans une livraison prochaine du journal officiel, ainsi que, cela va de pair, celle de son successeur.
SACT est la fonction la plus élevée dans la hiérarchie des postes français à l'OTAN. La France l'avait décrochée après avoir réintégré le commandement intégré de l'OTAN.
L'actuel président a lancé, simultanément au Livre Blanc, une mission d'expertise sur les conséquences de cette réintégration, confié à l'ancien ministre des affaires étrangères, Hubert Védrine, qui ne passe pas pour un pro-otanien.

jeudi 26 juillet 2012

RTD officialise le rachat de Panhard

Le communiqué était attendu pendant Eurosatory, mais c'est finalement la torpeur médiatique de l'été que Renault Trucks Défense a retenu : dans un document de quelques lignes, il confirme le rachat de Panhard. Les conditions du rachat ne sont évidemment pas développées plus avant, mais l'industriel, filiale du Suédois Volvo AB, déclare ne plus attendre que "l'approbation des autorités françaises".
Selon RTD, Panhard a enregistré en 2011 un chiffre d'affaires de 81 MEUR,  pour un bénéfice d'exploitation de 9,4 MEUR. Il emploierait 300 salariés, à comparer aux 500 de RTD.
La fin annoncée de la série des PVP était problématique : l'intégration dans un ensemble plus vaste peut lui redonner un second souffle et un renouvellement de gamme (1), au prix, vraisemblable, d'adaptations.
Après le rachat d'ACMAT, RTD entend ainsi confirmer ses intentions de concentration de l'industrie des plate-formistes. La question de l'activité de Nexter étant provisoirement préservée par un contrat saoudien. Au-delà, il faudra trouver des solutions durables, et d'autant plus que le budget de l'armée de terre semble promis à de prochaines coupes...

(1) mais aussi par exemple une deuxième vie au VBL qui bénéficie d'un véritable crédit parmi ses utilisateurs dans le monde.

Après le crash du Verdon

Le PDG d'EADS, Tom Enders, était ce matin à Marignane à rencontrer les équipes des essais en vol d'Eurocopter. Une minute de silence aurait aussi été respectée dans tous les sites EADS, c'est, me semble-t-il une première depuis la création du groupe.
Eurocopter a pris une série de mesures pour prendre en compte les conséquences de l'accident d'hier qui a tué six de ses salariés : une chapelle ardente a été ouverte, et des psychologues ont été mobilisés. Les familles des six morts ont été reçues, également, ce matin.
Les deux enquêtes se sont aussi mises en branle. Le procureur devait se rendre sur les lieux du crash, cet après-midi, tandis que les enquêteurs du BEAD-Air sont attendus dans le sud également.
La liste des enquêtes du BEAD-Air n'étant pas disponible (comme c'est pourtant l'obligation légale), il m'est difficile d'être affirmatif, mais il me semble que c'est la première fois que le Bureau va être chargé d'une enquête sur un aéronef de l'industrie, avant sa livraison à un client étranger.

Deux Caïman livrés demain

Eurocopter livrera demain deux Caïman, un marine (le septième) et un terre (le deuxième) au ministère de la défense français. La cérémonie a été maintenue malgré le crash d'hier.
C'est que le programme émarge en bonne place sur les potentiels programmes ratiboisables, et depuis la promesse d'un précédent mindef, les services officiels semblent avoir eu du mal à trouver le bon de commande promis par le responsable, pour 34 engins.
L'explication, en fait archi-simple, est parvenue à mes oreilles : les conditions de cette commande pluriannuelle courent jusqu'en mars 2013.Ceci pouvant, éventuellement, expliquer le manque d'empressement dans le cela.
Après une première baisse de cible (à l'origine on parlait de 220 NH90 français), la France entend toujours, officiellement, maintenir une cible de 160 Caïman : 27 marine et très théoriquement, 133 terre.

mercredi 25 juillet 2012

Un Cougar s'écrase : six salariés d'Eurocopter tués

Un hélicoptère AS532AL exploité par un équipage du fabricant, Eurocopter, s’est écrasé en début d’après-midi dans les gorges du Verdon. Six personnes, toutes salariés de la société, en sont mortes. A bord figuraient un pilote, un INE (ingénieur navigant d'essais), un ingénieur navigant mécanique et trois techniciens. Eurocopter confirme qu'ils sont tous français et tous employés par la société.
Par contre on n'a pas d'explication sur les raisons de ce volume de personnel présent à bord. Les essais de sortie de chaîne peuvent se faire avec moins de personnel à bord de l’appareil. L’appareil était destiné à l'Albanie, reconnaît Eurocopter. L'appareil allait lui être livré.
Les raisons de l’accident ne sont pas connues. On a évoqué la présence de lignes électriques dans les parages. Des témoins visuels ont observé une mise en cabré puis une perte de contrôle fatale. Un autre témoignage non officiel évoque la présence d’une deuxième machine d’un type non défini. La porte-parole d'Eurocopter n'a pas d'information sur la réalité de cette deuxième machine.
Une cellule de crise est à l’œuvre pour prévenir les familles et commencer à comprendre l'évènement.
Une enquête aéronautique sera menée par le BEAD-Air, ainsi, sans doute, qu'une enquête judiciaire. Des gendarmes se sont déjà rendus sur place pour les premières constations.
Le dernier appareil perdu par l’industriel était un Tigre, qui s’était écrasé en Australie lors d’une présentation. Les deux pilotes s’en étaient tirés indemnes. Mais Eurocopter n'a pas connu d'accident mortel depuis sa création, il y a vingt ans, en 1992.
Le ministère de la Défense français exploite 26 Cougar. Trois ont été accidentés depuis leur entrée en service, dont un Cougar de l’armée de terre qui avait tué huit de ses occupants, au large du Gabon.

Le sonnet de la semaine

A Cazaux il y a de bien drôles d'oiseaux
Sous leur ventre on trouve des 1000 kilos
Un triangle gris sur leur dérive, taïaut, taïaut,
Et un radar qui voit partout dans leur museau

A Cazaux, il y a de bien drôles d'oiseaux
Quand ce ne sont pas les Caracaux
Des soutes desquels surgissent les commandos
Ce sont, pour encore quelques mois, les Super Skyhawk

Car après ce seront les M346
Les Mystère XX du CEV sont aussi de la partie
Les TBM700 ont même été pris
 
Sur le lac, les élèves pilotes attendent dans leur dinghy 
Sur les berges du lac, deux allanguies
S'interpellent en se demandant : "pourquoi tant de bruit ?"

Il s'appelle Philippe Germain

Le nouveau patron de la DICOD s'appelle Philippe Germain, et il arrive d'EDF (1). Le secret a été tellement bien tenu que le ministère lui-même, DICOD comprise, sont bien en peine de livrer cet après-midi une biographie complète de ce quadra, qui est également enseignant à l'école européenne d'intelligence économique.
On l'y présente comme spécialiste de la communication de crise. Version également confirmée, c'est le moins, au mindef. Mais il a également été délégué régional d'EDF en Champagne-Ardennes.
Un tel profil, que n'avait pas ses successeurs, confirme en tout cas la volonté de faire de la DICOD une véritable tour de contrôle de la com défense, là où l'EMA, ces dernières années, avait pris -la nature ayant horreur du vide- une place prépondérante. La plupart des points presse hebdomadaires étant, de fait, réduit à un agenda ministériel pas toujours passionnant à écouter, parfois agrémentés de briefings au caractère plus ou moins exotique.
Bref, du travail en perspective pour rétablir le courant avec la presse.


(1) société qui a, coïncidence (?), et comme GDF, hébergé des anciens du cabinet Joxe et Richard. Ces derniers forment l'ossature du cabinet Le Drian.

Le COS conventionne avec le CEAM

C'est une belle reconnaissance de la capacité d'innovation et de réactivité du CEAM de Mont-de-Marsan : le commandement des opérations spéciales (COS) vient de signer une convention avec le centre d'expertise de l'armée de l'air. Historiquement, le CEAM a longtemps oeuvré au profit des unités "Air" du COS, notamment le CPA10 : silencieux pour pistolets, ailes hybrides, mais aussi équipements électroniques comme Scarabée, développé avec l'équipe de marque Mirage 2000.
Le catalyseur de la convention semble avoir été un programme mené tambour battant pendant Harmattan, en quelques jours seulement, au profit du COS. Discrétion oblige, aucun détail supplémentaire n'a été livré, tant par l'un que par l'autre des signataires...

mardi 24 juillet 2012

RAIDS 315

Le numéro 315 de RAIDS (août) arrive en kiosque, avec  sur un dossier de fond sur le GCP de la 11e BP, et un reportage sur la préparation à une mission peu commune du GIGN, la protection de l'ambassadeur en poste à Bagdad.

lundi 23 juillet 2012

Le Caracal Air de KAIA sur le départ

La nouvelle n'est pas encore officielle néanmoins le dernier aéronef de l'armée de l'air en Afghanistan, un hélicoptère Caracal, devrait quitter Kaboul en décembre, sauf changement de dernière minute. Tous les aéronefs "Air" basés en Afghanistan (Harfang, Mirage 2000D) auront ainsi été rapatriés dans l'année.
Interdiction, évidemment, de voir dans ce mouvement global une volonté de voir les aviateurs moins présents en opex. Car ce mouvement ne procurerait qu'un court répit aux Caracalistes (comme les Harfangistes), assez vite réeexpédiés à l'étranger. Comme chantait Léo Ferré...

samedi 21 juillet 2012

La famille de Thomas Rousselle organise un tournoi de Beach volley à Damgan (56) ce 19 août. Thomas Rousselle est un des cinq tués (6 septembre 2009) du mandat de la TF Korrigan, ce marsouin du 3e RIMA était aussi un fan de Beach volley, ceci expliquant le cela. Hervé Morin avait tenu à assister, comme il l'avait promis, à la première édition.

(tous les renseignements pratiques sont sur l'affiche).

vendredi 20 juillet 2012

BFST : deux anciens CBOI reviennent CDC

Comme ses prédécesseurs (1), c'est un pur produit du régiment : le colonel Jean Laurentin a pris les commandes du 1er RPIMa, hier. Le colonel Laurentin a notamment été chef du BOI du régiment, avant de rejoindre l'Elysée. Le 4e RHFS a également récupéré un ancien chef BOI pour chef de corps, après le départ de son colonel, qui défilait sur les Champs le 14 juillet avant de rejoindre le CHEM.
Le nouveau chef de corps arrive, lui, de l'état-major de la BFST.

(1) et notamment le dernier, le colonel Bruno Baratz, qui repart en Guyane pour un deuxième séjour. 

AFTE : les Bayonnais au-dessus (actualisé)

Le 1er RPIMa place deux équipes de tireurs embarqués (AFTE) dans les trois premières places du challenge de la BFST, qui vient de se conclure dans le sud-ouest, à bord des hélicoptères du 4e RHFS. Les Bayonnais se placent premiers et troisièmes, confirmant leur réputation de fines gâchettes, avec, en intercalé, un pourtant nouveau dans la discipline, le RAID. Le service de police a investi dans les mêmes armes (le HK417) que le COS pour oeuvrer il y a quelques mois seulement. Sa progression aura donc été très rapide.
Plus loin dans le classement et dans l'ordre, le CPA10 (et non Hubert comme je l'indiquais vendredi), le commando de Monfort, le GIGN, et enfin, clôturant la marche, une deuxième équipe du CPA10.
Illustration de l'importance de ce challenge, c'est le propre COMBFST qui est venu remettre les prix.

Une sénatrice UMP inquiète

La sénatrice UMP du Val-de-Marne Catherine Procaccia s'inquiète d'une possible fermeture du HIA Begin, dans lequel un important volume vient d'être réalisé. On peut lire son interpellation au ministère ici. Le MIDAC, Kader Arif, a répondu, en l'absence de JYLD, en Afghanistan à ce moment-là (il a notamment visité le rôle III de Kaboul). Mais il s'est retranché derrière les travaux du Livre Blanc, qui commencent juste. D'autres incertitudes, semble-t-il assez fortes pèsent également sur d'autres sites, notamment dans le sud-est de la France.

Une question qui fâche (et qui se répête)

C'est la sénatrice socialiste du Finistère Maryvonne Blondin qui interroge le ministère sur la féminisation des sous-marins, un questionnement récurrent chez les parlementaires. Voici le texte intégral : " Mme Maryvonne Blondin attire l'attention de M. le ministre de la défense sur l'emploi des femmes à bord des sous-marins français. En 1995, la marine royale norvégienne devient la première marine au monde à intégrer une femme commandant de sous-marins. Après la marine américaine, la Royal Navy britannique a décidé d'ouvrir ses submersibles au recrutement féminin. Ainsi fin 2013, une première femme sera intégrée à l'équipage d'un sous-marin nucléaire lanceur d'engins. Les bâtiments seront ainsi modifiés pour disposer de locaux de vie (postes et sanitaires) réservés aux femmes. Une cohabitation avec des hommes, dans ces espaces très restreints, pour des missions de plusieurs mois est donc possible. Un progrès notable dans l'égalité des sexes. Le coût d'aménagement des bâtiments était jusqu'ici évoqué pour justifier l'interdiction des femmes ainsi que des raisons médicales comme les dangers pour les femmes de la forte présence de dioxyde de carbone dans l'atmosphère des sous-marins. Mais aujourd'hui les navires submersibles les plus importants ont déjà plusieurs salles de bain, permettant un usage non mixte, et des dortoirs qui peuvent être isolés. De plus, la raison médicale a été écartée par de récentes études. Le caractère strictement masculin des équipages est donc remis en cause chez nos partenaires. Or, le seul corps de l'armée française qui n'accepte toujours pas les femmes est celui des sous-mariniers. Si la Marine nationale travaille sur le sujet, ses sous-marins nucléaires d'attaque (SNA) du type Barracuda, dont la livraison interviendra à partir de 2017, étant conçus pour embarquer du personnel féminin, le recrutement de femmes sous-mariniers n'est pas à l'ordre du jour. Elle lui demande donc de bien vouloir lui indiquer, avec plus de précisions quant au calendrier adopté et à la campagne de recrutement envisagée, les ambitions de la France dans ce mouvement de féminisation des équipages des sous-marins et de l'égalité professionnelle des hommes et des femmes."
Rappelons que les sous-marins et les commandos sont les derniers bastions où l'on ne trouve pas de femme.
La chasse embarquée a été ouverte : comme RAIDS AVIATION l'annonçait dans son numéo 1, l'aéronavale semble avoir trouvé sa perle rare, actuellement en progression à la flottille 17F.Un contre-amiral féminin, Anne Cullère (ancien pacha du D'Entrecasteaux et du Sirpa Marine), vient même de prendre le premier poste de commandement opérationnel territorial proposé à une femme, dans le Pacifique, en l'occurence.

Un nouveau chef au 13e BCA

Le 13e BCA (1) vient de changer de chef, le colonel Cyril Becker prenant la suite du colonel Bertrand Lavaux. La passation de commandement s'est effectuée mercredi après-midi à Chambéry, en présence du général Hervé Wattecamps et de la princesse Alix Napoléon, marraine du bataillon.
Le colonel Becker est un pur produit des troupes alpines, il a notamment été engagé avec les GCM au sein de l'OMLT2 en Afghanistan en 2007-2008 (cf RAIDS n°306 - novembre 2011).
Le colonel Lavaux, qui a lui aussi fréquenté l'Afghanistan dans un poste précédent, rejoint la 27e BIM, comme chef d'état-major. Rappelons que le COMBIM doit lui aussi changer : c'est un ancien du cabinet Défense, le colonel Benoît Houssay qui commandera la brigade.


(1) le bataillon, qui aurait dû, logiquement, aligner des compagnies pour le mandat d'hiver en Kapisa (c'est le 16e BC qui oeuvre actuellement) déploie en ce moment des éléments en Guyane et en Afrique.

jeudi 19 juillet 2012

Le R18 au musée

J'ai eu la chance de voler à plusieurs reprises sur cet avion mythique survivant de Bonite, que ce soit avec le 3/61 Poitou, ou encore récemment, avec le 1/61 Touraine. Le nez de l'avion est d'ailleus aux couleurs des deux escadrons, et reçoit l'emblème du 2e REP et la mention, ville de Kolwezi (photo Jean-Marc Tanguy).

Comme ce blog l'avait évoqué, le Transall R18, dernier survivant du largage du 2e REP à Kolwezi rejoindra le musée de l'air le 22 août prochain. Il effectuera un dernier largage de parachutistes, sur la BA123 avant que l'escadron 3/61 Poitou ne le convoie au MAE.
Les largages s'étaleront entre 10h et 10h30 sur la BA123 pour un atterrissage vers 10h45. Une haie d'honneur sera formée ensuite sur la piste pour un dernier décollage à 14h20. Si la cérémonie n'est pas publique, une bonne partie du programme peut être vue depuis l'extérieur de la base. Les spotters ne devraient d'ailleurs pas s'en priver.
L'arrivée sur le MAE est prévue à 15h30.

Raids Aviation, le n°2 arrive en kiosque

A la fois sprinter et coureur de fond. A la réactivité de ce blog j'ajoute depuis quelques mois de l'écriture magazine dans RAIDS AVIATION, bimestriel dont Histoire et Collections m'a confié la ré(d)action en chef, en plus de mes reportages dans RAIDS. Dans ce numéro, en kiosque dans quelques jours, une visite de l'usine Dassault Aviation de Mérignac, là où naissent les Rafale et les Falcon, mais aussi des focus sur l'activité militaire du Brésilien Embraer, une longue interview du CEMAA dans laquelle il tire les retex d'Harmattan pour son armée, et la façon d'appréhender les changements liés à la réduction de format (-24% d'effectifs en mois en cinq ans, rappelons-le).
RAIDS AVIATION revient aussi  sur l'aventure du Normandie-Niémen, né il y a 70 ans à Rayak, et tout juste recrée, le 25 juin dernier à Mont-de-Marsan, ainsi que la vie d'un NOSA de Mirage 2000D en échange sur Tornado dans la RAF.

Budget 2013 : une présentation pour les syndicats

C'est la CFDT qui l'annonce dans un document débriefant son premier entretien avec le ministre de la défense : JYLD présentera en prime le budget 2013 aux syndicats de ministère de la Défense à la rentrée. Si l'on en croit cette fois le cabinet, cette réunion -une première sous cette forme- aura lieu "fin septembre". Le même document de la CFDT évoque sa revendication de rééquilibrer la place des personnels civils au ministère, notamment dans les organigrammes des bases de défense. Depuis la mise en place des BDD -sous la responsabilité de l'EMA-, les témoignages s'accumulent pour souligner la mise à l'écart des personnels civils aux postes de responsabilité, les militaires étant systématiquement privilégiés. Les syndicats devraient trouver une oreille attentive sur ce point, puisque un élan manifeste amène, depuis le mois de mai, à réduire progressivement l'empreinte des militaires dans l'administration centrale.

JYLD dans les Stans

Le ministre de la défense a achevé hier une tournée dans quatre pays d'Asie centrale, dont trois (Kazakhstan, Ouzbekistan, Tadjikistan) afin d'assurer les voies de sortie du matériel français en Afghanistan. Aucun accord formel n'est sorti de ce périple, même si des promesses verbales ont été faites su les deux premiers par les autorités locales. La France a aussi -une nouvelle fois- engagé sa parole de construire la tour de contrôle du terrain de Douchanbe (Tadjikistan), promesses ancienne qui avait connu quelques tribulations sous la précédente administration comme je l'avais rapporté le 25 mai. Cette fois, on l'assure, elle sera bien construite, même si aucun horizon n'a été livré. "Vite" rapporte le cabinet de JYLD. Avec trois passages en Afghanistan en deux mois à Brienne, JYLD bat tous les records de présence ministérielle sur ce théâtre. Il pourrait revenir une fois encore -au moins- d'ici la fin de l'année. Mais il a aussi promis de se rendre au Liban et en Guyane, sans doute après la passe budgétaire, qui ne sera peut-être pas simple à gérer. Surtout si les perspectives économiques s'assombrissent encore.

mercredi 18 juillet 2012

Deux indicateurs

Ce blog met en ligne deux sondages, en forme d'indicateurs, ci-contre (colonne de droite), afin de mesurer l'état de l'opinion des lecteurs de ce blog. Cela ne prétend pas à la science de nos instituts de sondage qui en ont fait leur métier, mais il s'agit de capter le ressenti de ceux qui le souhaitent. Comme à chaque fois sur ce blog, ce sondage est anonyme.
Le premier sondage interroge sur votre ressenti des premières annonces de la nouvelle administration arrivée il y a deux mois à l'hôtel de Brienne. Et le deuxième est un baromètre qui sera réalisé tous les trimestres afin de mesurer l'état du ressenti sur l'avenir de la Défense.
A vos souris pour cliquer, et pour ceux qui partent, bonnes vacances.

Thales livre

Après de longues vicissitudes, Thales aboutit enfin par des livraisons du programme d'avions de patrouille maritime Meltem II. Le groupe annonce aujourd'hui avoir livré quatre avions destinés à la Turquie, qui seraient entrés en service entre février et juin.
Ce segment d'avions connaît actuellement une embellie, notamment au Moyen-Orient et en Asie, y compris en Amérique du Sud.

La fin

Après le 33e RIMa au début du mois, c'est la base aérienne du Lamentin qui fermera ses portes en fin de mois. Une dernière cérémonie a eu lieu ce matin, comme le rapporte la presse locale. Les deux Puma avaient déjà rejoint le mois denier la Guyane qui accueillera également les trois Casa 235. C'est triste pour les habitants des Antilles, qui ont pu profiter pendant des décennies des moyens Air, mais hélicoptères et avions trouveront vite du travail en Guyane, où l'actu récente a rappelé qu'il n'y a pas trop de moyens, notamment aériens, sur ce front intérieur.

Le titre

Est-ce l'effet du soleil, j'en ai oublié de mettre le titre du livre commis par Michel Fleurence et Bertrand Sansu, dans mon post d'hier. Leur ouvrage s'appelle sobrement : "histoire des hélicoptères de l'armée de l'air". Aérostories consacre également un post à ce livre magnifique, et les avis concordent, ce livre fera date.

mardi 17 juillet 2012

Le livre-référence sur les hélicoptères

C'est bien connu, le Français est nul en histoire, aussi ce petit précis sur les hélicoptères de l'armée de l'air n'est pas inutile, pour rappeler que les aviateurs ont été à l'origine de bien des choses en la matière -si ce n'est tout-. En 667 pages (et près de 500 illustrations, pour la plupart exclusives), deux passionnés, le général Michel Fleurance (1) et le colonel Bertrand Sansu (2) effectuent des rappels utiles, en évoquant l'histoire des matériels, des premiers autogires au Caracal, mais aussi dans des historiques assez précis, dans certains cas, des unités.
Le GAM 56 Vaucluse, l'unité volante de la DGSE, est ainsi éclairée par quelques dates et d'encore plus rares photos de ses Cougar (3). Pour ceux qui l'ignoraient encore, l'action des quelques pionniers est éclairée dans le livre : le médecin-pilote Valérie André, le concepteur de l'arme héliportée Felix Brunet -il avait donné son nom à la base aérienne 217 de Brétigny, qui ferme, mais aussi à des appareils armés avant-gardistes, comme le Pirate et Mammouth- et évidemment, Alexis Santini, qui lui avait donné ses lettres de noblesse en Indochine. Ceux là, et quelques autres dont l'histoire a perdu le nom, ont crée l'évacuation médicale par hélicoptère, la coopération avec les troupes au sol, l'héliportage tactique. En bref, ils ont créé les bases de l'hélicoptère militaire en France, avant d'inspirer tous les autres, notamment les Etats-Unis.
Le livre est parsemé de rappels historiques utiles. C'est "Beaumont" le premier patron de l'ELA 56 -qui précède le GAM-56- qui introduit l'hélicoptère en France.
Une photo d'époque montre d'ailleurs comment à l'époque les agents pouvaient rejoindre un hélicoptère en vol : par une... échelle de corde. Ce pavé incontournable rappelle aussi une partie des principaux faits d'armes des hélicoptères de l'armée de l'air. Même si -dommage !- le niveau de détail manque parfois sur les opérations récentes en Afrique et en Afghanistan par exemple : l'action des Caracal au profit de Pamir n'a droit qu'à deux pages... Par contre, on apprend beaucoup sur les missions de service public, en métropole -les alertes RN10- comme en outremer.
712 appareils ont été livrés à l'armée de l'air en soixante ans pour plus d'un million et sept cents mille heures de vol. En 1961, elle en détenait 351, contre 83 actuellement.

(1) auteur d'une magnifique trilogie sur les hélicoptères "Air" en Indochine.
(2) commandant de la base aérienne 107 de Villacoublay.
(3) actuellement remplacés par les Caracal.
 

samedi 14 juillet 2012

Pas d'impers... et pas d'impairs

Hier à Brienne, François Hollande a lancé l'exercice du Livre Blanc. (photos Jean-Marc Tanguy) 


Ce 14-juillet de l'alternance était très attendu, certains guettaient le faux pas, il n'y en pas totalement eu (1). Ce matin, le chef des armées a littéralement passé les troupes en revue, là où ses prédécesseurs saluaient, eux, plus la foule. Puis est allé s'enquérir de l'état du para qui s'est blessé à la Concorde. Certains y voient les conseils avisés de l'entourage présidentiel... et d'une oreille attentive.

De fait, depuis son arrivée à l'Elysée, François Hollande a suivi le cap annoncé, même si la confrontation avec les faits -la logistique afghane par exemple- a obligé un mettre un peu de réalisme dans le discours.
Côté défilé, ceux qui attendaient qu'on enlève les canons des tourelles ont été déçus. Il y avait même de belles sulfateuses, mais comme le constate justement un participant, certains véhicules ont aussi été un peu allégés par rapport à ce qu'ils portent d'habitude.
Ce matin, à Villacoublay, les Fennec ont pris l'air pour 11h, afin de défiler 50 minutes plus tard. Le ballet était en fait quasi continu entre les machines défilantes, et celles chargées de la bulle de sécurité autour des Champs-Elysées. Cette bulle a semblé plus resserrée que d'habitude, pour ce que j'ai pu ensuite en observer dans Paris.

Après le défilé, des hélicoptères ont posé au Invalides, où des matériels étaient aussi exposés. Ce sont les valeurs sûres qui ont attiré une foule plus dense que d'habitude, la faute aux touristes si on prêtait l'oreille.
Parmi ces valeurs sûres figure le GIGN, venu avec un Swatec et une nacelle Escape.
Autre passage très couru, le porter de SCAR, au stand de la compagnie de commandement et de transmissions (CCT) de la BFST, ou le manier de missile Mistral, chez le 54e RA.
 Plus loin, les quatre VBCI du 92e RI ont connu eux aussi un beau succès.

L'Afghanistan n'est jamais loin, cependant, comme le rappelle ce Buffalo baptisé du nom d'un sous-officier du 13e RG tué le 6 juillet 2010 par un IED.


(1) deux oublis, quand même, rappelés ici hier soir, sur l'otage français en Somalie, les cinq morts de Joybar, et le soldat mort... hier à Canjuers.

Un para blessé à la Concorde

Un des six parachutistes qui a sauté sur la place de la Concorde ce midi s'est légèrement blessé à la jambe en se réceptionnant. Il s'est posé un peu plus loin que ses camarades, en arrivant sur la partie pavée de la place. Les sautants étaient issus cette année de l'équipe de france de parachutisme militaire.

Hier, à la Garden

Le général Bruno Dary dirigeait cette année son dernier défilé. Il aura marqué son poste de GMP en développant le soutien aux blessés, via la CABAT dont il a la responsabilité. Comme le général Puga, le général Dary a sauté sur Kolwezi en 1978, puis il a commandé le 2e REP (photos Jean-Marc Tanguy)
Le général  Benoît Puga, comme souvent, au téléphone. Son nom est cité, comme celui du CEMAA, pour prendre l'état-major des armées. Pour le remplacer, en cas de départ, un aviateur ou un terrien.

Le patron de la RAF -derrière, le général Antoine Noguier, patron du CDAOA- pendant la Marseillaise, hier. La Grande-Bretagne est un partenaire évident de la France, mais la nouvelle administration veut multilatéraliser les rapports, et relancer l'Europe de la Défense.
Alain Richard, ancien ministre de la Défense (1997-2002). L'ossature du cabinet Le Drian a fait ses premières armes avec lui.

Un mort et deux blessés à Canjuers

Un soldat français est mort aujourd'hui, et deux autres ont été blessés dans le retournement de leur VBL dans le camp de Canjuers (Var). Selon Var-Matin, qui a révélé l'information sur son site internet à 18h55, les militaires appartiennent au 12e Cuirs d'Olivet (Loiret).
Le camp de Canjuers est utilisé régulièrement dans le cadre des mises en conditions avant projection (MCP), notamment pour l'Afghanistan, puisqu'une FOB, réplique de celles qu'on trouve en Afghanistan, y a été construite.
La nouvelle n'a pas été évoquée ce soir à la garden party du ministère de la Défense.

vendredi 13 juillet 2012

O tempora o mores

Deux militaires du 1er RPIMa ont été décorés de la croix de la valeur militaire (photo Jean-Marc Tanguy).



Autre équipe, autres usages. Traditionnellement, les décorés du 13 juillet recevaient leur décoration en direct, devant la garden party rassemblée. Ce 13-juillet, les dix récipiendaires (1) ont tous reçu la même décoration (croix de la valeur militaire) des mains du ministre, bien avant l'allocution présidentielle et la garden qui a suivi. L'objectif étant -peut-être- de garder du temps pour le bain de foule.

L'assemblée a aussi été invitée à chanter la Marseillaise... et à ne pas fumer.
Une invariable : les familles de blessés et des morts en opérations ont été invitées à cette garden. Le président, le CEMA et le général Benoît Puga, CEMP, se sont brièvement entretenus avec elles. Le chef de corps du 1er RCP, le colonel De Loustal, accompagnaient plusieurs d'entre elles. De nombreux blessés étaient également présents : chasseurs alpins, opérateurs du CPA10...
Un double rappel, pas inutile puisqu'il n'a pas été fait ce soir : un autre 13 juillet, un sous-officier de la DGSE était enlevé à Mogadiscio. Il est toujours détenu, et six autres civils le sont aussi au Sahel.
Un autre 13 juillet, il y un an, cinq soldats (2) périssaient à Joybar (Kapisa), dans un attentat-suicide. Depuis cette date, quatre ministres différents se sont succédé à l'hôtel de Brienne.

(1) un médecin et un opérateur du 1er RPIMa, un commando-parachutiste de l'air, deux marins,  un chasseur alpin, un lieutenant spahi, une pilote de Mirage 2000D de la SPA 62 "Coq Combattant" du 1/3 Navarre, deux gendarmes.
(2) deux du 1er RCP, deux du 17e RGP, un photographe d'un STI.

Comme un Frago


François Hollande ce soir à l'Hôtel de Brienne (photo : Jean-Marc Tanguy).



Le président de la République livre ce soir ses intentions dans un document de trois pages adressé à Jean-Marie Guéhenno, diplomate promu patron de la commission du livre blanc. François Hollande demande, sans surprise, de trouver les voies de préserver l'indépendance en matière de renseignement -il en a reparlé dans son discours ce soir à l'hôtel de Brienne- et de capacités d'actions spécialisées -assurées principalement par le COS (1). C'est assez conforme à ce que ce blog avait déjà pu prédire.

Pour ceux qui rêvaient encore d'une armée française encore capable de tout faire en tirant à boulets rouges sur ces mêmes capacités, c'est donc la douche froide. Il va falloir faire des choix, sans doute violents, car comme le rappelle la lettre de mission de Jean-Marie Guéhenno, le ministère contribuera aussi à l'effort de redressement des finances publiques.
Néanmoins, rappelle François Hollande, il faudra apporter une "importance particulière" aussi à "la cohérence à rétablir entre les missions, le format et les équipements des armées, préservant aussi, dans la durée, la disponibilité des matériels et l'entraînement et l'activité des forces".
Le PR donne aussi un portrait-robot assez précis de la commission qui comprendra "les grands responsables des ministères de la défense, des affaires étrangères, de l'économie et des finances, du redressement productif, de l'intérieur, des outremer et de la recherche". En outre, on y trouvera aussi des parlementaires -des députés plaident pour doubler, à quatre, le nombre de représentants. Sans surprise, on trouvera aussi des "experts des forces armées et de la sécurité, des spécialistes reconnus dans ces domaines et des représentants de la société civile et du monde industriel -c'est nouveau (2)-.
Il ne reste plus qu'à mettre des noms sur ce squelette et de se mettre au travail, alors que l'exercice a déjà près de quinze jours de retard.

(1) deux fonctions que connaît bien, pour avoir commandé le COS puis la DRM, l'actuel chef d'état-major particulier du président de la République, qui l'accompagnait ce soir.
(2) tout comme la confirmation de la présence d'un représentant allemand et britannique.

Les boules du Parisis

C'est un hélicoptère Fennec de l'escadron 3/67 Parisis, spécialement équipé d'une boule Wescam qui sera requis ce soir pour filmer le passage de la PAF au-dessus du pont Alexandre III. L'escadron devrait récidiver demain pour le défilé, tout en servant aussi de relais aérien, tout en assurant aussi son coeur de métier, les mesures actives de sûreté aérienne (MASA).

jeudi 12 juillet 2012

Le détachement COS en VO


Un SCAR et une visée holographique grand angle (photo Jean-Marc Tanguy).


En quelques jours, le défilé motorisé s'est métamorphosé. C'est particulièrement vrai pour les opérateurs du COS, dont je vous parlais en début de semaine. L'ultime répétition de ce matin se faisait dans la configuration du défilé de samedi, ce qui a permis de mesurer quelques variations :

. La plus visible est que les défilants du COS ont passé la tenue camouflée "désert". Ce qui en a étonné plus d'un dans le défilé.
. Les P4 de la CCT ont réintégré le détachement COS, après avoir été positionnées au coeur du défilé des Transmissions qui fêtent, rappelons-le, leurs 70 ans.
. Des SCAR ont fait leur appartition dans le dos de certains opérateurs. Cette arme a aussi, comme je le révélais dès le 11 avril, été commandée par les GCP de la 11e BP.
. Sans doute pour me rappeler mon oubli de lundi, les équipiers de recherche du 13e RDP arboraient fièrement leur insigne régimentaire sur le treillis sable. Même un handicapé chromatique comme moi l'a vu !
. Après de longs débats, c'est finalement, et à de rares exceptions, la formule suivante qui a été retenue : casque et lunettes pour tout le monde, afin de préserver l'anonymat des opérateurs. Les différentes options possibles, du brisage facial -retenue par le CPA10 l'an dernier ou le 13e RDP-, au shemagh -pas culturel-, en passant par le chech afghan -pas dans l'air du temps- ou pire encore -la cagoule- n'ont pas été retenues... Comme la casquette de base-ball, c'était too much...
Quelque chose qui ne change pas : les forces spéciales fascinent toujours autant, à l'instar de ces deux jeunes militaires féminins qui sont venues se faire photographier dans les VPS, une fois les commandos partis...

Ciel, encore des pointus !

Le C106 arrive à Clermont-Ferrand . D'assez loin si on en juge l'immat'(photo AIA/Richard Andrieux).


L'AIA de Clermont-Ferrand a accueilli aujourd'hui un premier Rafale C -le C106- dans le cadre d'un chantier de mise à niveau en matière de communications, notamment la capacité Rover. Le contrat a été notifié en février 2011, et 13 appareils ont déjà été rétrofités à Mont-de-Marsan. L'intégration de l'AIA dans le processus doit permettre d'avance plus vite sur la flotte. 17 avions au moins seront modifiés en Auvergne aux termes du contrat actuel, mais ce sont au total une cinquantaine d'appareils qui doivent été portés au nouveau standard, en fin d'opération.

L'AIA de Clermont-Ferrand n'avait pas oeuvré sur un nouveau chasseur depuis dix ans, à l'époque, le Mirage 2000D.
1300 personnes travaillent sur ce site qui dépend du SIAé.

Les rapporteurs de la commission

Voici les rapporteurs qui ont été désignés par la commission de défense de l'assemblée, en vue du projet de loi de Finances 2013 :
. Daphna Poznanski‑Benhamou : Anciens combattants, mémoire et liens avec la Nation,
. Jean-Yves Le Déaut : Environnement et prospective de la politique de défense,
. Alain Marty  : Soutien et logistique interarmées,
 . Jooquim Pueyo :  Préparation et emploi des forces / Forces terrestres,
. Gilbert Le Bris : Préparation et emploi des forces / Marine,
. Serge Grouard : Préparation et emploi des forces / Air,
. Jean-Jacques Bridey : Équipement des forces / Dissuasion et
. Daniel Boisserie : Gendarmerie nationale.

Les blessés du 93

Trois des six artilleurs du 93e RAM blessés ces derniers mois -notamment à Gwan- seront sur les Champs-Elysées, ce 14-juillet. Deux évolueront au sein du défilé lui-même : l'un, un capitaine, est le porte-drapeau du régiment, et le deuxième, le porte-fanion du colonel Yves Le Roux. Le troisième blessé présent est le commandant en second (1) : en vacances, il a décidé d'être quand même sur les Champs... dans la tribune.
Le régiment a été durement frappé par l'Afghanistan. Au milieu de 400 personnes (2), trois des quatre épouses d'artilleurs tués en Afghanistan ont participé, le 27 juin, à une randonnée à l'Alpe d'Huez, montée au profit des blessés de l'armée de terre.

(1) il était le chef du détachement OMLT de Gwan.
(2) dont des blessés du régiment.

Sis sans cinquante

Le nombre de 650 pax retirés d'Afghanistan entre maintenant et le 1er aout, qui tourne en boucle depuis quelques jours est en fait la somme des militaires retirés entre le 1er janvier et le 31 août. Ce qui est assez différent.
Ce volume comprend à la fois le retrait d'équipes OMLT, du Detchasse de Kandahar, des SDTI, des Harfang, etc. Mais, semble-t-il, d'aucun soldat du GTIA Kapisa.

mercredi 11 juillet 2012

PAF dès vendredi soir

La PAF survolera Paris ce vendredi soir à 19h15 précises, en prélude au défilé du lendemain, comme ce blog l'évoquait dès le 4 juin. Le meilleur point de vue pour apprécier cette patrouille, leadée par le commandant Gauthier Dewas, est a priori le pont Alexandre III.
Ancien pilote de Mirage, le commandant Dewas effectue sa deuxième année à la patrouille, et sa première année de leader. Il était auparavant référent chasse au bureau maîtrise des risques (BMR).

DCNS s'impose à Mayotte

Symptomatique de la volonté de DCNS de diversifier ses marchés, le groupe naval vient de s'imposer à Mayotte sur un contrat d'extension de la centrale électrique de l'ile. Le contrat vaut pour deux ans, et 68 MEUR. DCNS est associé pour l'occasion au motoriste naval Wartsila, et à l'entreprise locale Colas Mayotte.
Le groupe naval avait déjà gagné en début d'année un appel d'offres d'EDF pour la construction d'une centrale électrique à Saint-Pierre et Miquelon.

Un cavalier COMELEF au Liban

Le général Hugues Delort-Laval va prendre dans quelques jours le poste de chef d'état-major de la Finul au Liban, poste qui se cumule aussi avec celui de commandant des éléments français dans le pays. La France a adapté son dispositif au Liban, passant de 1300 à 900 militaires.
Le général Delort-Laval était jusqu'alors directeur de l'enseignement de l'école de guerre, après avoir commandé la Brigade des Forces spéciales terre (BFST) et le 1er RHP.
Il est remplacé à l'école militaire par le général Beau, second de la BSPP.

mardi 10 juillet 2012

Une expo photo, encore une

Est-ce l'effet de la disparition annoncée des publications défense, une frénésie d'exposition photos parcourt les armées. Après celle des grilles du boulevard Victor, voici celle des douves des Invalides (1). Exit les héros de Bir Hakeim (2), voici des clichés des acteurs d'Harmattan, d'Afghanistan et même du... parlement.
D'abord arrêtons-nous sur cette belle photo d'un Mirage 2000D qui m'a plutôt l'air de quitter Kandahar que de quitter Nancy, comme le sous-entend la légende. C'est une façon de rappeler qu'aujourd'hui, les mêmes trois derniers Mirage 2000D ont quitté Kandahar pour Nancy, a priori définitivement. Dans un silence assourdissant.
Un plongeur du 1er RPIMa. Qui nous rappelle que par delà les VPS et VLRA qui défileront dimanche, les commandos bayonnais sont multi-milieux.
Ce chou-fleur de poudre et de gaz illustre l'action des 100 mm et 76 mm de la marine, pendant Harmattan. Pour ouvrir des corridors pour les hélicoptères, et désorganiser les convois kadhafistes.
Cette dernière d'un groupe appui du 1er RI, en vallée de Tizin, dans le sud du district de Surobi.

(1) un site un peu moins exposé aux taggers que les grilles précédemment nommées...
(2) l'exposition précédente.

Une oreillette

Captée par mon petit appareil compact, cette oreillette, sur le côté gauche du commandant de la prise d'armes, ce soir, aux Invalides. Est-ce une première, où est-ce la première fois qu'on la remarque ?

La der


Quatre rangs de récipiendaires de tous grades, dont une partie affectés à l'EMA, et pas moins de trois officiers généraux pour décorer, avant d'aller réjoindre, chez le GMP, une partie des militaires défilant ce 14 juillet (photo Jean-Marc Tanguy).


Le CEMA a présidé ce soir sa dernière prise d'armes de la saison. Ont été décorés, entre autres, un général commandant la DRM, un chef de cabinet de la DGSE, un porte-parole de l'EMA, deux anciens patrons de battle groups afghans (Allobroges et Bison), une ancienne chef de BOI du 40e RT, un ancien commandant d'escadron du 1/33 Belfort et un commando des forces spéciales qui a manifestement vu du pays ces derniers temps.

Le Tigre visité

Une équipe de l'AIA de Cuers-Pierrefeu vient de terminer la première visite 400h d'un Tigre, en 12 semaines. Ce chantier a été réalisé sur base, comme le SIAE le fait déjà pour les Puma outremer. Huit personnels ont assuré le travail au Luc, soutenus par l'AIA et la direction centrale. Le SIAE assure aussi l'entretien des moteurs MTR 390 du Tigre, dont il est d'ailleurs source unique pour certains équipements.

lundi 9 juillet 2012

COS : le défilé des 20 ans

Tout un symbole, ceux qui sont devenus les pompiers des opérations de la France depuis 20 ans (1) défileront sur les Champs Elysées devant les... pompiers. Place d'honneur diront les uns -les pompiers sont traditionnellement les plus applaudis du défilé-, place de l'ombre diront les autres. Le détachement défilant compte 49 opérateurs du COS et s'articule autour des composantes historiques : 1er RPIMa, CPA10 et commando Trépel, aux ordres d'un ALATman.
La majorité des défilants -chef compris- revient d'opérations ou y partira sous peu : c'est l'actu du monde qui décide. L'essentiel des groupes action engagés en opérations est capté aujourd'hui par l'Afghanistan et l'Afrique. Un niveau d’abnégation régulièrement récompensé : toutes les unités ont été décorées de la croix de la valeur militaire à titre collectif. Et individuellement, les opérateurs concentrent une masse de citations. Un des manieurs de .50 (sur un VPS du CPA10) est ainsi un des rares caporaux-chef de l’armée française décoré de la légion d’honneur.
En 20 ans, le COS a gagné en capacité de commandement d'opérations complexes, et en matériel. Même si parfois le provisoire dure plus longtemps que prévu : le détachement compte encore d’antédiluviennes P4 Patsas, notoirement à bout de souffle. Mais les veilles ANF1 qui n’étaient plus très fiables ont presque toutes été remplacées par des MAG, une mitrailleuse belge déjà utilisée par les hélicoptéristes. Pour rationaliser le parc du défilé, les marins défilent sur les VPS de l’armée de terre.
Sous l’impulsion d’un ancien GCOS –le général Puga, actuel chef d’état-major du président de la République-, le commandement s'est aussi bien élargi à la 3D, avec des moyens étendus : une quarantaine d'hélicoptères au 4e RHFS, une demi-douzaine d'avions au 3/61 Poitou. Le défi, on l'a déjà dit sur ce blog, est de trouver le bon périmètre pour pouvoir tenir les contrats opérationnels de demain. Alors que la France a perdu en points d'appuis, dans le monde, et disposera demain d'encore moins de moyens conventionnels demain. Avec son célèbre « Faire autrement », le COS a donc de beaux jours devant lui, comme devrait le confirmer le prochain Livre blanc.

(1) Le COS a été créé par Pierre Joxe le 23 juin 1992.

La DAS et les pirates

La direction aux affaires stratégiques organise un colloque consacré à la piraterie, le 16 juillet à Paris. Le plateau semble plutôt relevé, autour de ce thème : "renforcement des capacités maritimes dans la corne de l'Afrique, une architecture innovante au service de l'approche globale". Le thème sera décliné sur trois tables rondes : "quelles missions, quels moyens pour un opérateur intégré de sécurité, de sûreté et de développement maritime ?", "vers une cogestion publique-privée du financement de la sécurité des espaces maritimes publics" et "quelle gouvernance pour les espaces maritimes publics?"
Entre autres témoins, des opérationnels engagés dans les missions de lutte contre la piraterie, des industriels, et des décideurs militaires français et étrangers.

Brétigny, entre soleil et pluie

C'était le premier jour de répétitions du défilé motorisé aujourd'hui à Brétigny. Le jour le plus beau, si l'on en croit la météo, qui prévoit du grain pour les jours à venir. Histoire de vous imprégner de l'ambiance sur la piste de la base aérienne 217 (qui ferme), voici quelques clichés (cliquer dessus pour les agrandir) pris ce matin.
Les commandos du 1er RPIMa, relégués entre la brigade Trans et les pompiers. Avec Trépel et le CPA10, leur présence fait résonner les 20 ans du COS, créé le 23 juin 1992, et signe une nouvelle année d'engagements de haute intensité. En quelques mois, plus d'une dizaine de commandos bayonnais ont été blessés en opérations.
Une station d'écoute du 54e RT de la brigade Rens.
Sous un ciel gris, gris, gris, les VBCI du 92e RI. Leurs frères d'armes sont actuellement en Surobi.
Les nuages sont tellement bas qu'ils se poseraient presque sur les travures de ces SPRAT du génie.
Pas de défilé sans Légion : ici, la version motorisée.
Les VBCI, once again.
Pour se créer un réseau...
Les missions intérieures, très en vogue dans l'armée de terre depuis que la voilure des opex se réduit.
Les gendarmes qui ouvrent le défilé avec les policiers, à moto.
La tente qui marchait sur l'herbe.




dimanche 8 juillet 2012

Le Sahel, notre Afghanistan à nous

Après TF1, le JDD, Les Echos, Ouest-France, le mindef a répondu cette semaine aux questions du Parisien. On y apprend l'info révélée par ce blog il y a huit jours -le retour mardi des Mirage 2000D- et le retrait, d'ici le 1er août, de 650 des 3.400 militaires d'Afghanistan (1).
Le mindef redit aussi toute l'inquiétude de la France vis-à-vis de la situation au Sahel, sans trop s'étendre sur la suite des évènements. Tabou des tabous du précédent gouvernement, le Sahel est devenu en quelques semaines un habitué des discours gouvernementaux, qu'il s'agisse du Président, du Premier Ministre, et plusieurs fois, du mindef lui-même. Un tel sens de la pédagogie (2), confirmé par l'aggravation de la situation jour après jour, n'a qu'une seule explication, et une seule : un engagement prochain (3) qui pourrait atteindre, assez rapidement, le millier d'hommes (plus que le Liban donc), comprenant un surcroît de moyens aériens, les plus adaptés, vu les dimensions de cette zone (qui taille comme l'Europe). Les Rafale pourraient donc y effectuer leur premier vrai séjour opérationnel, d'une fait d'une configuration complète (reco, panel de munitions étendu, endurance, etc). Tout comme les Harfang, après avoir fourni, le 14 juillet, une source de "ah !" et de "oh !" pour le téléspectateur moyen qui pourra découvrir leur production sur son petit écran (4).
Avec une limite : une mission antiterroriste ne peut se faire qu'avec des troupes équipées et formées pour le faire. Et une bonne partie est déjà consommée par les évènements du monde. En tous les cas, et du fait de l'étendue de la zone à couvrir, les aéroportés sont les invités prédestinés d'une telle opération.
La réalité est cruelle : le Sahel n'intéresse pas grand monde, y compris les pays riverains de la zone qui n'ont pas vraiment réussi à s'accorder sur quoi que ce soit, ces derniers mois.
Si l'on en croit la seule communication du ministère, actuellement, une douzaine d'avions de transport tactique sont basés en Afrique, avec quatre Mirage F1CR au Tchad et des compagnies essaimées un peu partout comme au Gabon (une de marsouins, une de paras) et à Djibouti.
En cas d'action rapide, c'est autant ce dispositif pré-postionné que le Guépard qui aura les faveurs de l'état-major des armées (EMA). Signe qui ne trompe pas, depuis janvier 2011, l'EMA évite désormais soigneusement toute communication précise relative à son dispositif dans la zone, se bornant à évoquer quelques relèves visibles.

(1) Donc, selon mon décompte, la centaine d'aviateurs de Kandahar, la quarantaine des SDTI, la soixantaine du COP Uzbeen, et vraisemblablement, une partie, déjà, du GTIA Kapisa.
(2) lors d'une précédente expédition au Sahel, le manque de pédagogie des politiques n'a pas été bien compris par l'opinion publique et amené la justice à enquêter. Une enquête qui a sans doute contribué à freiner le mode "action" de certains dossiers sahéliens. 
(3) perspective que j'envisageais le 26 juillet 2010. et encore ici ou. La situation ne s'est pas franchement apaisée depuis.
(4) le besoin en moyens de surveillance au Sahel peut expliquer le retrait a priori incompréhensible des Harfang et SDTI d'Afghanistan, au moment où on en aura le plus besoin -la phase de convois- en Afghanistan. En Afghanistan, nous sommes en coalition, au Sahel, nous sommes (presque) seuls.

samedi 7 juillet 2012

Sur les grilles, les photos

On sait que l'armée de l'air a de moins en moins d'aéronefs, mais au moins il est possible de les voir presque tous sur les grilles de la base aérienne 117, à Paris (15e, côté boulevard Victor) jusqu'au 31 octobre. On y retrouve aussi une partie des facettes des aviateurs, très haut, très loin -Afghanistan, Tchad-, en paix, en guerre. On y voit même des hélicoptères, qui ne sont pas toujours les vecteurs les plus exposés de l'armée de l'air.
Une photo, une des meilleures du lot à mon avis, a dû être retouchée : trop réaliste. La machine à flouter a dû oeuvrer, pour que le secret soir gardé sur cette cabine de C-130 survolant l'Afghanistan. Plus bas sous ce texte, un Mirage 2000N pendant Harmattan, et un Caracal à Kaboul.
Une exposition à découvrir donc, y compris en prenant le temps. Dommage que le Fouga et le Mirage III, les seuls avions de cette base aérienne, aient disparu du paysage...


Un meeting qui décoiffe (forcément)

Le GAMSTAT ouvre demain ses portes pour un meeting dont le plateau est assez riche si l'on en croit mon camarade Olivier Fourt (RFI) qui a pu en voir les répétitions. Tigre, Carcal, Gazelle, Puma, Caïman, toute la ménagerie est mobilisée, y compris en duo pour une présentation de Tigre qui me semble inédite (photo Olivier Fourt) et des aérocordages (le Caracal dépose, le Caïman récupère).
L'armée de l'air a prêté aussi ses Cartouches Doré, et des Mirage 2000N du La Fayette.
Notons aussi cette initiative du patron du GAMSTAT de faire voler aujourd'hui trois blessés de l'armée de terre (1) sur un avion Rallye 180 d'un aéroclub local -celui du Maconnais- spécialiement équipé.
Rappelons que le GAMSTAT est en charge des expérimentations des hélicoptères de l'armée de terre.

(1) deux d'entre eux, du 13e BCA et du 7e BCA ont été blessés en Afghanistan.

vendredi 6 juillet 2012

Le 10 juillet

C'est le traditionnel mouvement de l'été, que l'on trouve sur bien des bases aériennes. Celle de Dijon change de chef, ce 10 juillet, le colonel Jean-Marc Vigilant étant remplacé par le colonel Jean-Christophe Boéri. C'est la première fois que cette ancienne base de chasse sera commandée par un hélicoptériste. Plusieurs bases sont dans ce cas : celles de Brétigny (qui ferme), de Cazaux et de Villacoublay.
Dijon héberge le commandement de la force aérienne (CFA), ainsi que le CPA20, qui change lui ausi de chef : le colonel Brignon est remplacé par le lieutenant-colonel Ribette.

La der

Comme ce blog l'avait pronostiqué, une patrouille de Mirage 2000D a décollé aujourd'hui, a priori pour la dernière mission opérationnelle de chasseurs français depuis la base afghane de Kandahar. Si l'on en croit l'EMA, depuis leur arrivée à Kandahar, les chasseurs français ont assuré 7.200 sorties, soit 26.000 heures de vol, procédant à 12.700 ravitaillements en vol. Ces statistiques confirment ce que l'on savait déjà : les missions durent en moyenne plus de trois heures, et ne donnent pas systématiquement lieu à plus d'un ravitaillement en vol.
1.700 interventions ont été assurées (soit dans 23% des sorties, et donc, potentiellement jusqu'à, 46% des patrouilles), produisant plus de 1.500 shows of presence et plus de 380 tirs canon ou de bombes guidées (GBU-12 ou GBU-49).
Ce bilan de feu des opérations aériennes donné par l'EMA est une première, alors qu'il est régulièrement disponible pour les opérations terrrestres.
A ce stade, on ne sait toujours pas si un responsable français accueillera ou non les chasseurs français pour leur retour à Nancy. Le jour en question, le 10 juillet, est pour l'instant vierge de rendez-vous dans l'agenda du ministre de la défense.

jeudi 5 juillet 2012

Un navire libyen entretenu à Toulon

Un BATRAL libyen est actuellement entretenu par DCNS à Toulon, depuis quelques semaines. Le chantier est présenté comme une visite courante. Le groupe naval a déjà entretenu des navires étrangers dans ses sites, notamment un navire de l'US Navy.
Dans le cadre de son plan de doublement de son chiffre d'affaires, DCNS accentue son travail commercial pour entretenir des navires étrangers, que la société n'a pas forcément fabriqués.

La commission se met au travail

La commission de défense de l'assemblée nationale a effectué sa première audition cet après-midi, avec Jean-Yves Le Drian. Le ministre semble avoir convaincu, y compris chez ses adversaires politiques. Il n'a éludé aucune question, y compris sur le Sahel, parlant quasiment sans note. La suite des auditions est déjà fixée, avec le DGGN mardi prochain, et le CEMA, le lendemain. Ce round d'auditions devrait se terminer le 24 juillet.
C'est que le lendemain, les députés de la commission de défense auront ainsi du temps libre pour assister à la discussion du traité d'amitié franco-afghane, même si ce dernier est quasi-exclusivement orienté sur l'aide civile.
Parallèlement, des députés vont être mobilisés pour le travail sur le livre blanc, comme c'était le cas lors du précédent exercice. Combien seront engagés, cette fois : deux -un de gauche, un de droite, comme à l'époque, ou quatre, comme certains députés le réclament ?

L'Adroit appareille demain

Un Panther de la 36F a posé les roues hier sur l'OPV Adroit. Le rendez-vous avec le Caïman Marine a dû être différé, faute d'appareil disponible. (photo Adroit).

Au port-base pour l'entretien courant, l'OPV Adroit repart demain en mer pour sa deuxième mission opérationnelle. Le navire contribuera à la posture permanente de sécurité (PPS) jusqu'au 18 juillet. On devrait le retrouver le 14 juillet à Sète. L'Adroit doit ensuite repartir en mer pour une périple de quatre mois entrecoupés d'escales. Il est notamment attendu en Afrique du Sud, un des prospects les plus chauds de l'OPV de DCNS.
En 2013, il participera ensuite à Atalanta avec très probablement, un équipage renforcé d'une équipe de protection embarquée.

mercredi 4 juillet 2012

Un aviateur adjoint au GCOS

Un général de brigade issu de l'armée de l'air, Pierre-Jean Dupont, va prendre un poste d'adjoint au commandant du COS. Jusqu'alors, ce poste était traditionnellement réservé à un colonel, et rarement -si ce n'est jamais- à un aviateur. Les candidats de valeur n'avaient pourtant pas manqué jusqu'à maintenant.
A ce stade, il est encore difficile de faire un lien avec les projets de montée en puissance de l'armée de l'air au sein du COS, qui ont les faveurs du GCOS actuel (1).
Le colonel Dupont -sa promotion n'est effective qu'au 1er septembre- est un pilote de Mirage F1CR dont il a commandé un escadron, avant de commander la prestigieuse base de Saint-Dizier, puis de rallier l'EMAA. A priori, il n'est donc pas, à ce titre, issu de la filière des opérations spéciales. Néanmoins, les Mirage F1CR collaborent étroitement et régulièrement avec le COS, comme ce fut le cas à plusieurs reprises pendant Arès, en Afghanistan, et encore très récemment. Pour le dire autrement, les deux mondes ne sont pas des inconnus.
Et, plusieurs éléments dans l'histoire du COS rappellent que des chefs qui n'étaient pas issus de la famille -Puga, Beth pour les plus récents- ont permis de faire avancer ce commandement (2). Là où des membres de la famille ont eu plus de mal à l'imposer dans l'interarmées. Bref, comme le reconnait la devise, il n'y a que le "faire autrement" qui compte. Pour autant que le politico-militaire sache bien l'utiliser.

(1) ces projets ont été évoqués ici et là.
(2) cette réalité est la même pour Alfusco. L'actuel titulaire du poste -appelé à de nouvelles fonctions- aura imposé sa marqué assez rapidement, quoique n'étant pas commando de formation. On se souvient avec quel scepticisme il avait été accueilli à l'époque. Mais les réseaux interarmées sont parfois aussi utiles. Si ce n'est plus utiles encore.

Des noms (actualisé)

Comme je l'avais annoncé dimanche, le conseil des ministres de ce matin a livré quelques noms, mais pas tous. Une deuxième liste pourrait suivre dans une semaine, pronostique-t-on. Sans aucune surprise, voici quelques noms de cette première liste, avec les fonctions associées : le général de corps d’armée Hervé Charpentier devient GMP au 1er août 2012 et il est remplacé au CFT par le général de corps d’armée Bertrand Clément-Bollée. Le vice-amiral Eric Chaplet est nommé sous-chef d’état-major soutien de l’EMA et commandant interarmées du soutien à compter du 1er septembre, avec à la clé, une étoile supplémentaire. Successeur désigné d'Olivier Lajous, le vice-amiral Christophe Prazuck est nommé sous-chef d’état-major « ressources humaines » de l'EMM au 1er septembre 2012 et y prendra sa quatrième étoile.
A Lorient, c'est le futur contre-amiral Olivier Coupry qui tiendrait la corde comme Alfusco, tandis qu'un autre marin est attendu au COS, comme chef d'état-major.
Dans la marine je note aussi la promotion d'un aviateur, Bruno Thouvenin, comme sous-chef d'état-major plans et programmes de l'EMM, avec deux étoiles à la clé.
Un autre pilote, le colonel Jean-Marie Clament prend ses étoiles et la direction du BEAD-Air. Cet ancien pilote de Mirage F1CR avait déjà oeuvré dans une sphère connexe au bureau maîtrise des risques (BMR) de l'EMAA et est actuellement employé à l'Inspection. Le colonel Pascal Chiffoleau, actuel patron du même BMR, s'envole lui pour Dijon commander la brigade d'appui projection (BAP) au CFA.
Le général de division aérienne Patrick Charaix, déjà second des FAS en est nommé commandant, au 1er septembre. Le colonel -demain général- Bruno Duvert- le remplace au poste de second.
Le général Christophe Rastouil, ancien chef de corps du 1er RPIMa, et ancien du service action de la DGSE rejoint lui l'inspection de l'armée de terre, et monte lui aussi d'un cran (général de division).

Aux Invalides hier (actualisé)

16h42 : les trois formations militaires sont en place, avant la fin de l'office religieux. A gauche, la garde républicaine, en tenue d'intervention, le RMT, le 1er RIMa et la garde au drapeau du 9e RIMa. (photos Jean-Marc Tanguy).
16h50, les autorités arrivent. A gauche, la garde des Sceaux, Christiane Taubira, suivie par la présidente de la commission de la défens, Patricia Adam.
16h59, les autorités saluent le drapeau du 9e RIMa. Depuis le début de l'opération Harpie, trois soldats du régiments sont déjà morts pour lutter contre l'orpaillage.
17h02 : les deux dépouilles sortent de l'église des Invalides, portées par leurs camarades.
17h07 : le ministre de la défense prend la parole pour saluer la mémoire des deux soldats. On apprend que le père et les deux frères de l'ADC Moralia sont eux-mêmes issus militaires dans l'armée de terre.
Dans un coin de la galerie supérieure où la presse est cantonnée, cette plaque de la Coloniale à ses morts.
Les deux sous-officiers ont été décorés à titre posthume : chevaliers de la Légion d'Honneur.
Plusieurs gendarmes du GPIOM étaient présents dans la cour des Invalides, avec le DGGN et le commandant de la gendarmerie outremer. Trois d'entre eux faisaient partie de la patrouille déposée par les Puma. Et deux restent hospitalisés à Percy, avec deux autres gendarmes blessés le matin, et le lendemain en Guyane.

Post-scriptum : exemple, s'il en est, des fraternités qui unissent les marsouins, parmi ceux qui ont pu accéder hier à la Cour des Invalides figuraient plusieurs anciens du RMT, venus rendre hommage à leur frère d'armes, l'ADC Moralia. Ainsi de son ancien commandant d'unité pourtant rendu à la vie civile depuis, ou un commandant, ancien du BOI du régiment, venu spécialement des EAU, où il est affecté. Un adjudant-chef affecté au Tchad a profité de sa permission en France pour venir saluer une dernière fois le CRAJ du 9e RIMa, tout comme un ancien commandant en second du RMT.