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samedi 30 juin 2012

Sans tambour ni trompettes

Sauf ultime changement, les trois Mirage 2000D encore basés à Kandahar rentreront sur leur base de Nancy ce 10 juillet (1). A ce stade, aucune autorité, notamment politique, ne semble avoir prévu d'accueillir ces aviateurs. Paradoxalement, le détachement est désengagé alors que son activité reste soutenue, avec plus d'une demi-douzaine de show of forces chaque semaine, et régulièrement, des largages de munitions. Les bénéficiaires les plus réguliers sont les Italiens et les Américains.
Rappelons qu'avec les avions du GAE, les Mirage 2000D de Nancy étaient les seuls chasseurs non-américains à soutenir les troupes au sol, en 2002.
L'armée de l'air conservera en Afghanistan un Caracal, des commandos conventionnels et spéciaux (CPA), deux Transall et des éléments à l'escale de KAIA.
Cette érosion dans les moyens aériens peut étonner : alors que la France multiplie les convois, elle n'a plus de drones pour les éclairer, ni de chasseurs (la relocalisation à Bagram avait été envisagée) pour les sécuriser. Il reste, comme on dit, les "moyens de la coalition".

(1) on n'a pas encore d'éléments sur le sort du C-135FR qui contribuait à les ravitailler, depuis la base d'Al Dafhra, aux EAU. Depuis 2001 -ils ravitaillaient les Mirage IVP-, les tankers ont été les indéfectibles binômes des chasseurs depuis Manas puis les EAU.

La Perle d'Europe 1

Le SNA La Perle est à l'honneur d'Europe 1 aujourd'hui à 15h, dans une émission de reportages, les Carnets du Monde. Didier François a passé quelques heures en Atlantique à bord de ce submersible. Arrivé en Caïman Marine, le grand reporter de la radio en est reparti de la même façon, mais dans un environnement un peu moins calme (vent force 6).

Du 5,56 et du 7,62 mm

Ce sont ces deux calibres, 5,56 et 7,62 mm, qui ont tué deux militaires français, mercredi après-midi, en Guyane. Deux calibres d'armes longues, que l'on retrouve sur des armes très différentes : fusils d'assaut, certes, mais aussi armes de chasse. Néanmoins, les rafales entendues mercredi font plus évidemment penser aux premiers qu'aux secondes.
Et en tout état de cause, les deux calibres différents laissent entendre qu'il y a avait sans doute au moins deux tireurs différents.
Il est assez rare de trouver des fusils d'assaut dans les bases des garimpeiros. Ceux-ci disposent en général d'armes blanches et d'armes de chasse pour protéger leur or, ou faire régner la terreur entre eux. Mais rarement d'armes de guerre. L'entrée en action d'armes de guerre veut-il dire que le niveau de violence est désormais bien plus élevé ? Et que donc, côté français, il va aussi falloir le franchir, en matière de protection balistique et de moyens militaires mis en jeu.
Ou cela veut-il seulement dire que la patrouille est tombée sur un groupe isolé, particulièrement équipé ? Mais dans ce cas, qu'est-ce qui pouvait justifier un tel niveau d'équipement et de violence ?

Le poids du monde sur son dos

C'est le 6 juillet, à Farnborough, que l'A400M sera baptisé "Atlas" par les pays qui l'ont porté pendant des années : le général Guillaume Gelée, commandant les forces aériennes, y représentera la France.
Plusieurs informations circulent sur l'origine du nom : il y a bien sûr l'explication mythologique -le géant qui portait le monde sur son dos- mais il pourrait tout aussi bien s'agir d'un clin d'oeil au fameux Noratlas (le Nord 2501) produit en France avant le Transall. On me fait remarquer que l'A400M aurait pu, de ce fait, se faire appeler Sudatlas, du fait de ses origines sudiennes.
Le nom de Grizzly retenu pour les prototypes aurait déjà été marqué par cette génération Noratlas : le surnom de cet appareil était "La Grise". C'est en faisant sonner le terme qu'on aurait trouvé... Grizzly.

Une cérémonie aux Invalides, mardi

Une cérémonie officielle se tiendra aux Invalides, mardi, en fin d'après-midi, pour honorer la mémoire des deux soldats du 9e RIMa tués en forêt vierge mercredi.
Cet évènement ne figure pas à l'agenda du ministre de la défense diffusé hier, néanmoins, Jean-Yves Le Drian devrait participer à cette cérémonie (1).

(1) le n°2 du RAID, qui quittait hier ses fonctions, a rendu hommage à ces deux militaire, aux gendarmes blessés, et aux personnels engagés dans l'opération Harpie.

Parole !

On n'est pas fier tous les jours d'être journaliste, mais une fois qu'on a entendu Pierre Darcourt parler de son métier de journaliste, on repart pour un tour. Hier, Pierre Darcourt a pu rappeler les valeurs de la profession, devant un parterre d'officiers de l'armée de terre dont le chef venait de lui décerner le prix Erwan Bergot de l'armée de terre (1) pour "L'honneur et le sang, les guerriers sacrifiés" (Editions Nimrod).
Le journaliste-écriviain a rappelé la mémoire de son ami Erwan Bergot, ses propres débuts dans la résistance, en Indochine occupée. Au sein d'un maquis dont le plus âgé avait 18 ans. L'entraînement par la force 136 en Inde, puis le retour en Indochine, sous un parachute. Puis la presse, une vingtaine de conflits couverts.
Un grand monsieur donc, qui a aussitôt transmis le chèque du prix (6000 euros) à la cause des blessés de l'armée de terre.

(1) une mention spéciale a aussi été décernée au jeune premier roman d'un jeune suisse, Joël Dicker pour Le dernier jour de nos pères (Editions de Fallois). Ce roman évoque la trajectoire d'un jeune français employé par le SOE, pendant la seconde guerre mondiale.

vendredi 29 juin 2012

Un spécial défilé sur Direct 8

En seuil de piste, l'animatrice de Direct 8 enregistre ses plateaux. (photo Jen-Marc Tanguy).

La belle Adrienne de Malleray était hier à Châteaudun pour la répétition du défilé aérien du 14 juillet, si bien que tout le monde n'a pas forcément gardé les yeux en l'air. L'animatrice de Quartier Général venait tourner avec son équipe les plateaux de sa spéciale 14-juillet, qui sera diffusée le 9 juillet, à 22h30. L'émission, en forme d'embed, s'est plongée dans les coulisses de la fête nationale l'an dernier, deux tiers de l'émission étant consacrée au défilé lui-même. Un petit focus sera donc aussi consacré à la mécanique du défilé aérien 2012.

jeudi 28 juin 2012

Les règles de feu de Harpie

Les sections opérant en forêt vierge disposent de leur armement de dotation (Famas, PA, calibre 12) avec leurs chargeurs, mais comme c'est le cas en opération intérieure (OPINT), ne peuvent l'utiliser que dans le cadre de la légitime défense et sur un adversaire identifié (1). La règle est exactement la même que pour Vigipirate.
Trois stades bien distincts dans la gestion de l'arme : arme non approvisionnée, arme approvisionnée sans cartouche dans la chambre, et arme chargée, prête à tirer (il ne suffit plus que d'appuyer sur la queue de détente, le coup part).
Selon l'action menée par le soldat, l'environnement dans lequel il évolue, le chef d'équipe fait passer d'un stade à l'autre.
Sans préjuger du stade auquel était hier les membres du groupe -CRAJ et gendarmes- au moment de l'attaque, on peut par contre affirmer que les forces de l'ordre se sont servies de leur arme. Pour un bilan encore inconnu.
A noter que les gendarmes disposent pour leur part de lanceurs de 40 mm.


(1) une notion difficile à appliquer en forêt vierge, où on voit rarement au-delà de 10 mètres.

Patricia Adam élue présidente de la commission de Défense

Patricia Adam
La socialiste Patricia Adam a été élue à la tête d'une commission de défense de l'assemblée nationale profondément remaniée, rajeunie et féminisée (10 femmes contre sept dans la précédente législature). Il est difficile de mesurer aujourd'hui comment cette évolution historique, une véritable lame de fond, va faire évoluer la perception des problématiques de défense à l'assemblée.
La précédente législature l'a aussi régulièrement démontré, la Finistérienne Patricia Adam est une femme de caractère, qui entend disposer des réponses aux questions qu'elle se pose.
Sylvia Pinel
Parmi les nouvelles têtes de gauche, de très jeunes députés comme Gwendal Rouillard (Morbihan, 36 ans, réélu), Nicolas Bays (Pas-de-Calais, 35 ans), Nathalie Chabanne (Pyrénées-Atlantiques, 39 ans et secrétaire de la commission de défense), Paola Zanetti (Moselle, 35 ans), Sylvia Pinel (Tarn-et-Garonne, 34 ans), Christophe Léonard (41 ans, Ardennes), Eduardo Rihan Cypel (Seine-et-Marne, 36 ans), Stéphane Travert (Manche, 41 ans) et l'écologiste -également président de son groupe- François de Rugy (Loire-Atlantique, 38 ans). Ou à droite, l'UMP Alain Chrétien (Haute-Saône, 37 ans).
Nathalie Chabanne
Cinq autres députées sont inscrites à la commission : Sylvie Andrieux (Bouches-du-Rhône), Chantal Berthelot (Guyane, qui répondait aux questions de la presse ce matin, après l'attaque de Maripasoula), Edith Gueugneau (Saône-et-Loire), Daphna Poznansko-Benhamou (Français de l'Etranger), Marie Récalde (Gironde) pour la gauche, et pour l'UMP, Marianne Dubois (Loiret).

Paola Zenatti
A noter que la commission voit aussi l'arrivée du président du groupe socialiste, Bruno Le Roux, et l'inscription de députés-ministres (qui ne siègent donc pas) comme Cécile Dufflot, Bernard Cazeneuve, Jean-Marc Ayrault. A contrario, l'ancien ministre Luc Chatel siègera pour sa part à la commission.
A ce stade, on ne connaît pas les futurs rapporteurs. Seul Alain-Moyne Bressan (gendarmerie) a survécu, de la précédente législature.

In mémoriam : ADJ Moralia et CCH Pissot (9e RIMa)

L'armée de terre a livré les identités des deux commandos du CRAJ du 9e RIMa tués hier : il s'agit de l'adjudant Stéphane Moralia et du caporal-chef Sébastien Pissot.
L'adjudant Stéphane Moralia était adjoint au chef du CRAJ. Célibataire et sans enfant, il était âgé de 28 ans. Il s'était engagé le 1er mars 2002, servant au RMT, puis au 9e RIMa, depuis le 1er août 2011. Son parcours opérationnel est dense : RCI en 2003, Afghanistan en 2005, Kosovo en 2007, Liban en 2008, Harpie en 2009, Tchad et RCI en 2011 (lors des évènements d'Abidjan, en mars-avril).
Le caporal-chef Sébastien Pissot était chef d'équipe au CRAJ. Pacsé, père d'un enfant, il était âgé de 33 ans. Il s'était engagé le 1er décembre 1998, servant au 1er RIMa puis au 6e BIMa (2004-2006), et à nouveau au 1er RIMa avant de rallier le 9e RIMa, au 1er août 2011. Il y était chef d'équipe débarquée et auxsan. En 13 ans, il aura servi en RCI (1999), à Djibouti (2000, 2008, 2010), en ex-Yougoslavie (2001), à Mayotte (2002), en Afghanistan (2004), au Tchad (2009). Il a été touché en tentant de porter secours à un blessé, ce 27 juin 2012.
Dans un communiqué, le président de la République "adresse aux familles et aux proches des défunts ses sincères condoléances et s’associe pleinement à leur douleur. Ses pensées vont également à leurs deux camarades blessés pendant l’intervention". Dans un autre communiqué, le syndicat de police Alliance "apporte son soutien total aux forces armées qui viennent de perdre deux hommes dans une opération de lutte contre l'orpaillage clandestin, adresse ses sincères condoléances aux familles endeuillées et adresses ses voeux de prompt rétablissement à ses collègues gendarmes blessés".

Une équipe GIGN/IRCGN part en Guyane

Des spécialistes du GIGN et de l'IRCGN (institut de recherches criminelles de la gendarmerie nationale) partent pour la Guyane. Ce n'est qu'une équipe légère, d'une dizaine de personnes, mais elle donne le niveau d'intérêt accordé par le gouvernement aux tirs à répétition subis hier en forêt vierge par les forces de l'ordre en Guyane, qui ont débouché sur la mort de deux CRAJ du 9e RIMa, et des blessures sur trois gendarmes.
La tâche ne sera évidemment pas facile pour les experts de l'IRCGN, qui devront retrouver dans la forêt vierge les éléments de compréhension de l'attaque d'hier. Et ce, dans un environnement doublement hostile. A charge, pour leurs collègues du GIGN, sans doute renforcés par des éléments locaux, de leur établir une bulle étanche et sécurisée.
A noter que le GIGN connaît bien cette région : en 2007-2008, aux débuts de l'opération Harpie, il avait contribué avec une équipe à la lutte contre les garimpeiros les plus résolus.

Harpie : deux soldats du 9e RIMa tués

Deux soldats du 9e RIMa de Cayenne ont été tués hier en Guyane, à Dorlin, dans le sud-ouest du département, lors d'une opération de lutte contre l'orpaillage clandestin. Il s'agit d'un caporal-chef de 32 ans, père d'un enfant, et d'un adjudant de 29 ans. Tous les deux étaient des affectés et particulièrement sélectionnés et aguerris, puisqu'ils appartenaient au CRAJ (commando de recherche et d'action en jungle). Cette petite unité est le fer de lance d'Harpie, dont ils constituent une capacité d'intervention et de renseignement particulièrement utile (1).
Selon les premiers éléments, le caporal-chef a été touché alors qu'il cherchait à récupérer un blessé. Le deuxième militaire est mort à Maripasoula, une base logistique sur le Maroni situé à proximité.
En outre, deux gendarmes ont été grièvement blessés, tandis qu'un autre, opérant depuis un hélicoptère était aussi touché, un peu plus tôt, dans la même zone. Le groupe qui a reçu les tirs venaient précisément reconnaître la zone de tirs.
Le 9e RIMa est traditionnellement en charge de l'ouest de la Guyane pour Harpie. La zone de Maripasoula est particulièrement luxuriante, ce qui complique les détections visuelles et rend difficile toute forme de foudroyance, si ce n'est pas air. Les garimpeiros, autant brésiliens que surinamiens sont réputés pour y être particulièrement résolus.
Ce n'est pas la première fois que les militaires français -gendarmes et terriens- essuient des tirs d'armes à feu. Un soldat du 1er RI, le caporal Julien Giffard, y avait perdu la vie le 8 juillet 2010, lorsque sa pirogue avait été abordée par celle de garimpeiros, sur un checkpoint fluvial à Cayodé.
Harpie mobilise quotidiennement un effectif de 300 à 350 militaires, pour un effectif affecté de 1.000 militaires.

(1) la gendarmerie en possède un pendant avec le PGIOM -peloton de gendarmerie d'intervention outremer-, formé au GIGN.

En quatre clichés, la réalité de la Guyane
 A Cayodé, la plaque-hommage à Julien Giffard (photo Jean-Marc Tanguy).
Une patrouille conjointe de la gendarmerie et du 3e RPIMa (alors en tournante au 9e RIMa) dans la forêt vierge, en juin 2011 (photo Jean-Marc Tanguy).
Des gendarmes mobiles de l'EGM 44/2 de Bellac débarquent sur une zone parcourue par les piste de quads, utilisés par les garimeiros pour ravitailler les zones aurifères (photo Jean-Marc Tanguy).
DZ étriquées, aérocordages récurrents, variété de missions (y compris les évacuations sanitaires de civils en forêt vierge) : la Guyane est réputée être la meilleure zone pour les pilotes de Puma de l'armée de l'air (photo Jean-Marc Tanguy)

mercredi 27 juin 2012

Le général Merglen (2e BEP, 11e DBPC) est mort

C'est un communiqué de Jean-Yves Le Drian qui l'annonce soir : le général Albert Merglen (97 ans) est mort le 20 juin à Dijon. Le ministre de la défense évoque, dans un long texte, "une figure de notre histoire combattante, qui en fut aussi l'un des meilleurs conteurs".
Il est à la tête d'un corps-franc -comme Bigeard- pendant la campagne de France en mai-juin 1940, puis d'une équipe spéciale au sein de la 1ère armée française en 1944-1945. Il est second au 2e BEP en Indochine en 1951, puis brièvement patron de cette unité emblématique (27 mai-14 octobre 1953). Il devient le dernier commandant de la 11e demi-brigade parachutiste de choc (1961-1963) créée en 1955 pour appuyer l'action du SDECE -l'ancêtre de la DGSE.
Il avait notamment écrit La guerre de l'inattendu (Arthaud, 1966), Histoire et avenir des troupes aéroportées (Editions Arthaud, 1968), Groupe Franc, récit de guerre (Arthaud).

14-Juillet : le programme bientôt officiel

Ce n'est presque plus un secret, le programme du 14-Juillet devrait être déroulé dans les heures qui viennent. Rien de bien nouveau par rapport à ce qui a déjà été annoncé sur ce blog, si ce n'est la participation de troupes allemandes de la BFA (291 JaegerBatalion) et la reconduite du saut para de clotûre, qui mobilisera 11 membres de l'équipe de France militaire de parachutisme (1).
Un moment sera aussi vraisemblablement réservé aux blessés.
En matière de répétitions, les fanas d'aéronefs devront lever la tête sur les Champs le 9 juillet vers 15h30, suite de la générale prévue demain à Châteaudun (entre 10h et 12h30).

(1) formée de trois militaires de l'armée de terre et de 13 aviateurs, dont quatre femmes.

Des chiffres et des lettres

A l'occasion de ses dix ans, la brigade des forces spéciales Terre (BFST) diffuse ce soir quelques chiffres qui permettent d'appréhender sa réalité. La première est d'abord opérationnelle (1), puisque les trois régiments (1er RPIMa, 13e RDP, 4e RHFS) et la compagnie de commandement et de transmissions (CCT) apportent 65 % des effectifs engagés en opération par le COS, qui n'est qu'un employeur de forces apportées par la BFST, le BFS (bureau des forces spéciales Air, appelé à se transformer en brigade par apport de moyens nouveaux) et la marine (2).
Le ratio monte à  90 % des effectifs engagés par la direction du renseignement militaire (DRM) en recherche humaine. Depuis l'absorption de moyens air (2 Caracal qui ne semblent pas beaucoup voler, des équipages et des maintenanciers...), le 4e RHFS concentre aussi désormais 100 % des hélicoptères étiquetés spéciaux. Comme le 3/61 Poitou concentre 100% des avions étiquetés spéciaux.
La BFST revendique aussi 62 % des opérateurs d’action spéciale et de reconnaissance spéciale du COS, 71 % de la mobilité terrestre du COS et 70 % des moyens de commandement du COS, pour armer un PC de GFS.
Chose rare, toutes les composantes du COS défileront ensemble dans un carré motorisé mis en place pour un autre anniversaire, les 20 ans du COS créé en 1992 sur les retex de la guerre du Golfe par un ministre de la défense... socialiste, Pierre Joxe.

(1) les unités de la BFST sont majoritairement engagées en Afghanistan et particulièrement en Afrique.
(2) l'état-major du COS comporterait 70 permanents, et un réservoir de 300 personnels de réserve. Il est en charge de la planification et de la conduite des opérations spéciales, mais aussi de la veille technologique, d'actions indirectes, etc. Preuve de son évolution de périmètre, la nomination d'un général pour seconder l'actuel GCOS, le général Christophe Gomart, n'est pas exclue.

Plan com de rigueur

Alors qu'on commence à mettre de l'huile sur la guillotine budgétaire, les armées font feu de tout bois depuis l'arrivée du nouveau gouvernement pour rayonner. Il en résulte une soudaine profusion d'invitations et de propositions de reportages, que même les journalistes les plus motivés ont du mal à suivre. La perspective d'une réforme prochaine de la chaîne com, avec des nouvelles têtes arrivant à l'été aux leviers de commandes, servant aussi sans doute d'aiguillon pour les communicants.
La marine occupe le spectre grand public comme elle sait le faire, avec une démonstration de ses commandos marine à la Volvo Race par exemple (1), ou l'ouverture de ses ports. Les grands média se sont vus aussi proposer des embarquements sur des chasseurs de mines et des sous-marins nucléaires (vecteurs pourtant quasi-inacessibles en temps normal), de quoi nourrir les pré-reportages d'avant 14-juillet. Un numéro spécial de Cols Bleus doit aussi venir saluer les 10 ans du PACDG, début juillet, après le livre que j'évoquais ici même l'autre jour, écrit par un réserviste de la marine. La perspective d'un évènement à Brest, à la rentrée, relocalisé sur les terres de la future présidente de la commission de défense, n'est pas non plus la pire des nouvelles.
Dans l'armée de terre, je manque de référence pour juger, malgré un récent élément troublant, l'annulation de la médiatisation des essais de Scorpion, dont ce blog vous parlait dès le mois de février. L'armée de terre prévoyait, dès la fin de l'hiver, de faire rayonner ce programme, sans doute le plus mal compris par la presse. Est-ce le coût de Scorpion, désormais peu compatible avec une armée de terre qui va perdre des brigades ? Ou de la maturité-même du concept ? C'est bien connu, il est toujours plus difficile de croire quelque chose qu'on n'a pas sous les yeux, or on le sait, la communication sur les équipements est devenue largement déficitaire dans l'armée de terre.
La Légion, qui en a vu d'autres, n'a rien changé à ses habitudes, avec un rendez-vous traditionnel avec les Parisiens, dans les jardins du Sénat (le 13 juillet), avant le défilé.
L'armée de l'air, enfin, traite l'actualité -il est vrai assez riche- comme elle arrive : trois fermeture de bases en l'espace d'une semaine (Metz, Brétigny, Cambrai), la reformation du Neu-Neu, les 70 ans des Forces aériennes françaises libres (FAFL), les 100 ans de la SAL6 et de la SPA15, les 75 ans du Bretagne, une expo photo sur les grilles de Balard et demain, la répétition du défilé aérien. Une actu par jour (2) !

(1) survolée aussi par la PAF.
(2) une de plus, la sortie de mon livre sur l'armée de l'air dans Harmattan, libéré de son KC20 et enfin disponible. 

La CGT de Bouygues devant le Balardgone

C'est devant un chantier emblématique que des représentants de la CGT de Bouygues ont voulu ce matin interpeler les passants. Dans le bruit de pelleteuses ambiants, un vingtaine d'entre eux distribuaient des tracts sur le boulevard Valin (15e arrondissement de Paris) pour contester l'usage qui a été fait des bénéfices de la société l'an dernier. Les salaires auraient pu être augmentés de 20% écrit l'organisation sur un tract distribués aux passants, sous l'oeil des gendarmes de l'air.
Même s'il n'y aucun lien entre les deux informations, le ministre de la défense reçoit cette semaine des organisations syndicales représentant les personnels civils. Selon l'une d'elles, l'UNSA, Jean-Yves Le Drian aurait dit son intention de renouer le dialogue social.

mardi 26 juin 2012

Les 70 ans du Bretagne

Cette stèle rappelle l'engagement des aviateurs du Bretagne... à tous ceux qui rentrent dans l'unité (photo Jean-Marc Tanguy).



Le Groupe de ravitaillement en vol (GRV) 2/91 Bretagne fêtera ce vendredi à Istres ses 70 ans d'existence. Il avait été créé à Koufra le 1er janvier 1942. Dès son origine, l'unité baigne dans le ravitaillement, puisque son Lysander aux pattes un peu courtes est ravitaillé (au sol) par un Potez 29.

Elle ne devient groupe de bombardement qu'en 1943, prenant part aux campagnes d'Italie, de France et d'Allemagne.
Le Bretagne réalise alors 21 missions de guerre, totalise 4504 heures de vol. 36 équipages sont engagés. Cinq membres d'équipages seront tués, et trois faits prisonniers.
Le Bretagne s'est depuis illustré sur tous les théâtres contemporains, à l'instar des 11 C-135FR et 3 KC-135R qu'il exploite. Rappelons que les premiers accusent une moyenne d'âge de 48 ans, ce qui ne les a pas empêché de répondre présent pendant Harmattan, une opération conventionnelle soutenue par les Forces aériennes stratégiques (FAS) ou lors de rapatriement de blessés (Morphée).
Cette flotte doit être modernisée par des MRTT, type d'avion qui devait être commandé dès... 2007, si l'on se rappelle les promesses des documents ministériels de l'époque.

Des moins.... et des moins

Alors que la Défense va devoir, peut-être un peu moins que les autres ministères, contribuer à l'effort pour alimenter le collectif budgétaire (1), le cabinet a déjà commencé, à son niveau, à traquer le superflu.
On se souvient que François Hollande avait intimé à Jean-Marc Ayrault d'adopter un train de vie gouvernemental plus allégé, évoquant une baisse de réduction du salaire des ministres (effective) et une réduction de la dotation des cabinets de 10%. Matignon avait aussi demandé un recours moins systématique aux aéronefs d'Etat. La précédente administration n'avait pas considérablement réduit ce volet, passé l'effet d'annonce.
De son côté, Jean-Yves Le Drian a pris l'avion... civil pour aller à Washington (voir Leon Panetta, avant le sommet de Chicago) ou à Singapour (pour Shangri-La). Certains y verront une forme de de démagogie, d'autres une mise en cohérence avec les efforts demandés aux armées et aux Français, d'autres, enfin, la réalité opérationnelle de l'ETEC qui doit aussi fournir des avions pour rapatrier des blessés, ce qui dans les créneaux considérés, a aussi mobilisé des Falcon. Or il y a de moins d'avions capables de le faire (trois actuellement), les Falcon 7X présidentiels ne disposant pas de cette capacité d'Evasan au terme d'un choix effectué par la précédente administration.
Selon son cabinet, que nous avons interrogé sur le sujet, JYLD a voyagé en Falcon pour des des déplacements dictés par l'urgence, comme aller en Afghanistan, ou en Arabie Saoudite. Dans ce dernier cas, et de ce fait, il est donc allé (au retour) en Falcon à Hyères à la rencontre de la marine, la semaine dernière.
Autre mesure, qui n'est pas que symbolique, les voitures des conseillers du cabinet ont été mutualisées, alors que chaque membre du cabinet pouvait, auparavant, mobiliser un véhicule et un chauffeur. Reste à savoir si les directeurs d'administration centrale ainsi que la haute hiérarchie militaire seront eux aussi soumis à ce traitement.

(1) Bercy semble avoir tenu compte des efforts déjà menés par la Défense, en terme d'effectifs, et du risque de casser un investissement directement productif pour l'économie française (la plupart de nos fournisseurs sont... français).

lundi 25 juin 2012

RAF4 sera à... Mont-de-Marsan

Mont-de-Marsan, Avord, ... Mont-de-Marsan ! C'est finalement la base aérienne 118 qui accueillera le quatrième escadron de Rafale, en 2014, à la disparition du 2/33 Savoie. Parmi les éléments qui ont pu inspirer ce choix : profiter d'un effet évident sur l'ESTA montois (et limiter le nombre de plots de rechanges), qui aura déjà l'expérience du 2/30 Normandie-Niémen. Mais aussi concentrer -plutôt que disperser- les équipements du Rafale sur un nombre limité de bases. Entre autres, les pods Reco-NG et Damoclès.
Enfin, l'infra, encore l'infra, a pu accentuer le choix.
Déjà, pour héberger le Neu-Neu, la BA 118 a limité la facture en rénovant l'existant, plutôt que de construire ex-nihilo, comme à Saint-Dizier. Un chantier qui aura nécessité 25 MEUR, et profité à une quarantaine de sous-traitants landais, estime le commandant de base.

Les boums de l'été

Avant l'arrivée de tous les vacanciers dans le sud-ouest, l'armée de l'air envisage de terminer dans les jours à venir l'expérimentation de la bombe GBU-24 de 1.000 kg sous Rafale. Il s'agit notamment de déterminer les procédures en monopilote.
La DGA s'était déjà chargée des essais de cette bombe, avant Harmattan.
Actuellement, seuls les Mirage (F1, 2000N et 2000D) ont cette capacité, qui avait servi lors d'une quarantaine de tirs, pendant Harmattan.

Vers un kit broacast pour le C-135 ?

Increvables C-135 ! Malgré leur âge vénérable (48 ans, ce sont les plus vieux aéronefs du ministère), l'armée de l'air envisage de leur intégrer une suite de communications pour récupérer l'imagerie du pod Reco-NG du Rafale via une liaison LOS (line of sight), et les rediffuser par un satcom. A terme, le chasseur pourrait le faire lui-même, en utilisant un satcom qui reste à intégrer au Rafale.
Le C-135FR a été préféré à l'E-3F, un temps étudié, car il accompagne systématiquement les chasseurs dans leurs missions.
Rappelons que la France a effectué 1286 sorties de reconnaissance pendant Harmattan, soit 31,40% du total reconnaissance de l'OTAN, et 20% du total des sorties françaises. Une partie avait néanmoins été effectuée "à l'ancienne", avec un pod film, le Presto, manié par les Mirage F1CR du 2/33 Savoie.
A ce stade, on ignore combien de C-135FR seront ainsi modifiés. Et si le concept pourrait ensuite migrer sur MRTT.

Le menu du défilé aérien du 14 juillet

Malgré un volume limité, le défilé du 14 juillet offre cette année quelques petites premières, comme le passage d'un Caïman Marine ou de deux PC-6, ou encore de deux Typhoon britanniques du 29 Sqn. Par delà ces petites premières, c'est dans l'agencement des formations qu'il faut aussi trouver les innovations, avec des formations interarmées. Le bloc dissuasion comptera ainsi les traditionnels Rafale Air, C-135 et Mirage 2000N, mais aussi, un Rafale Marine (venant curieusement de l'ETR Rafale de Saint-Dizier...). C'est encore un Rafale Marine -de la 12F cette fois- qui mènera la formation "interventions interarmées  / interalliées", devant un Mirage 2000RDY, un Mirage 2000D, un Rafale du 1/7 Provence, les deux Typhoons, un E-2C de la marine fermant la marche. A peine recréé, le Normandie Niémen survolera les Champs avec deux appareils, dans le bloc "connaissance / anticipation, derrière un C-135, et devant deux Mirage F1CR. A noter que le Harfang ne défilera pas -cela a été envisagé- mais pourrait par contre être engagé dans le DPSA traditionnellement érigé le jour de la fête nationale.
 Le nouveau système sol-air de l'armée de l'air, le Mamba, sera aussi engagé depuis la base aérienne 107 de Villacoublay.  En protection aussi, et mobilisé pour la diffusion des images, l'EH 3/67 Parisis.
Les forces aériennes françaises libres (FAFL) sont mises à l'honneur avec trois escadrons : Bretagne, Ile -de-France et Normandie-Niémen.
Ce blog avait déjà largement défloré le plateau du défilé terrestre, avec notamment la présence de forces spéciales, des VBCI du 92e RI, et des chasseurs à pied.

dimanche 24 juin 2012

Neu-Neu revient

Etoile rouge sur ce casque de pilote de Rafale pendant Harmattan, ou sur des trappes de train de Mirage F1, les emblèmes et l'esprit du Normandie-Niémen n'ont jamais disparu malgré sa mise en sommeil (photo Jean-Marc Tanguy).

L'escadron 2/30 Normandie Niémen sera officiellement sorti de son sommeil, ce lundi matin, par le général Jean-Paul Paolmeros. L'escadron, le quatrième à opérer sur Rafale, compte dix appareils et 34 personnels, dont déjà, 14 pilotes.
L'escadron fêtera également ses 70 ans, en septembre.
La montée en puissance progressive de cet appareil sur la base montoise, le maintien du 2/33 Savoie et la flotte CEAM vont faire de la BA 118 la première en nombre d'appareils, devant Nancy.

Voltige à Castres : les pilotes de l'EVAA 2e et 3e

L'équipe de voltige de l'armée de l'air (EVAA) a pris les 2e et 3e places dans la catégorie Elite du championnat de France de voltige qui se déroulait à Castres jusqu'à hier. Trois pilotes, François Rallet, Pierre Varloteaux (2e) et François le Vot (3e, il était champion de France en 2011 dans la catégorie Elite) participaient à cette semaine.
40 pilotes concourraient au total, dont 13 pilotes en Elite (dont deux femmes).
L'EVAA évolue sur Extra 330.

samedi 23 juin 2012

For FAC only

Les FAC (forwards air controllers) ont désormais, depuis le 1er juin, leur insigne de spécialité. Une belle reconnaissance de leur engagement, ces dix deniers années, en Afghanistan, où l'un des leurs est d'ailleurs mort, en janvier dernier.
L'insigne est homologué sous le numéro A1412

Sans peur et sans reproche


Un mécanicien à l'oeuvre sur un Rafale de la SPA15, à Solenzara, pendant Harmattan. L'escadrille a assuré 199 sorties opérationnelles (photo Sirpa Air).


Après la SAL6 hier, la SPA15 "casque de Bayard" du 1/7 Provence fêtera elle aussi ses 100 ans d'existence, ce lundi, à Saint-Dizier lors d'une cérémonie présidée par le général Paul Fouilland, patron des FAS. Elle avait été créée le 22 août 1912 à Reims -comme la SAL6- sous l'appellation REP15. Elle comptera 80 victoires et sept as dans ses rangs, à l'issue de la première guerre mondiale. Elle intègre les FAFL, puis la SPA15 aura ensuite évolué en Indochine, en Algérie, puis, sur Jaguar, en Afrique, dans le Golfe, et dans les Balkans.
Elle est la première équipée en Jaguar, au sein du 1/7 Provence, en 1973, puis du Rafale, en 2005. Logiquement, elle est aussi la première à partir pour l'Afghanistan, en 2007. L'escadrille aura participé depuis à six autres détachements, ainsi qu'à Harmattan (plus de 1.000 heures de vol, 199 sorties).
C'est la deuxième plus ancienne escadrille de l'armée de l'air, un mois plus jeune que la SPA3 de Guynemer, dont les 100 ans seront fêtés en septembre.
La SPA15 est actuellement commandée par l'arrière petit-neveu de l'as des as, René Fonck.

vendredi 22 juin 2012

Disparition du F-4 turc : excuses syriennes

Il y avait encore une possibilité pour un accident, mais il n'en est rien : la Syrie vient de confirmer être responsable du crash d'un F-4 turc, et a présenté ses excuses, relayées par le premier ministre turc Recep Erdogan. On n'a qu'encore peu de détails sur les conditions de l'attaque, et ses motifs.
L'avion, un biplace, n'avait plus donné de nouvelles depuis ce midi, après avoir entamé une patrouille dans une zone limitrophe de la Syrie.
La France, qui cherche encore sa place dans cette crise majeure, n'a pas encore réagi.
Le traité de l'OTAN précise que les pays membres de l'organisation doivent assistance en cas d'agression sur un de leurs membres.
Cette attaque intervient, hasard ou pas, au lendemain de la défection d'un colonel de l'armée de l'air syrienne, vers la Jordanie, aux commandes de son MiG-21.

jeudi 21 juin 2012

Retour sur le MASCAL afghan à Tagab

L'EMA a livré quelques détails de l'action des équipes médicales françaises suite à l'attentat de Tagab, le 18 juin. 17 blessés afghans ont été pris en compte à l'entrée de la FOB par les troupes françaises, l'attentat ayant fait par ailleurs 7 morts afghans, dont le chef de l'ALP de Jalorkhel. Et sans doute un certain nombre de blastés afghans qui n'ont pas fait le chemin jusqu'à la FOB.
Cette précaution dans la prise en charge est liée tant à la fois à l'extrême insécurité régnant dans cette zone, et qui limite les sorties des Français au strict minimum. Mais aussi au risque d'infiltration, patent dans une situation de ce type. Alors que les moyens de prévention, dans la FOB sont redondants et efficaces. De plus, il était extrêmement dangereux de faire sortir des équipes médicales sur le lieu même de l'attentat, alors qu'en plus, le risque de sur-attentat, ou d'embuscade est toujours possible.
Une fois les blessés pris en compte, ils ont été répartis par niveau de gravité, et une partie a été médicalisée dans le gymnase de la FOB, entre haltères et punching balls. Les auxsan des sections ont été mobilisés en renfort du rôle 1 (l'infirmerie) de la base, et du poste de secours mobile.
Quatre urgences ont été évacuées par les Dustoffs américains de Bagram.
Selon l'EMA, la chronologie fut la suivante:  l'explosion a eu lieu à 11h30, les blessés ont été pris en compte, et à 16h30, les derniers blessés avaient quitté la base française.

La Mouette, alerte centenaire

(photo : 2/33 Savoie).

C'est demain, à Mont-de-Marsan : l'escadron 2/33 Savoie fêtera les 100 ans d'existence de sa plus vieille escadrille, la SAL6 "Mouette" (1) qui avait été créée comme D6 à Reims, en décembre 1912. On sait qu'après la fermeture de Strasbourg, Reims (2) retrouva cette vocation de reconnaissance tactique avant de la perdre, à l'été 2011.
Cette même année, les "chasseurs intelligents" comme on les appelle toujours avaient été engagés en Afghanistan, en Libye, au Tchad, tout en participant à la permanence opérationnelle.
Notons que c'est en septembre que une autre escadrille, la SPA3 du 1/2 Cigognes fêtera ses 100 ans, à Luxeuil.

(1) les deux autres autres étant la BR11 et la C53.
(2) sur l'histoire riche de cette même base, on peut lire l'excellent : "histoire d'une grande base, la BA112 de Reims de Jean-Pierre Calka et Frédéric Lafarge", préface du général Paloméros.

Contre-piraterie : vive le privé !

Malgré un exercice toujours bordé à babord et à tribord, le patron tactique d'Atalante, le Français Jean-Baptiste Dupuis a reconnu ce matin  que les équipes de protection (EPE) privées avaient du bon. Une seule attaque a réussi avec une EPE de ce type à bord, le reste décourageant, en général, les pirates. Y compris les tirs de semonce effectuées par ces mêmes EPE. C'est efficace, mais encore aujourd'hui, une EPE privée française ne peut pas être armée, sur un navire français.
Autre illustration de la privatisation des opérations, 50% des moyens aériens (deux avions sur quatre) sont actuellement opérés par une entreprise privée, CAE Aviation, pour le compte de l'Etat Luxembourgeois. Le patron d'Atalante a constaté, en réponse à ma question, que ces surmar s'intégraient sans aucune difficulté dans le dispositif aéromaritime, et bénéficiaient même de terminaux cryptés. Ils ont notamment guidé une frégate française lors d'une opération de neutralisation. "Mais ces avions ne sont pas armés" a tenu à rassurer le contre-amiral. Certes, mais c'est une belle avancée du privé, ou... un gros recul du public, ce qui démontre bien que les doubles discours, sur l'externalisation, continuent à prédominer.
Le courant n'était pourtant pas le même à Paris, il y a encore quelque mois, quand un représentant du SG Mer stigmatisait les EPE privées, et redoutait que bientôt, "la mer soit couverte de Rambos" (1).
Le contre-amiral français ne trouve qu'un seul effet pervers à ces EPE : trop protégés, les navires sont moins vulnérables, et les pirates, frustrés de ne plus faire la prise, risquent de s'énerver pour de bon, et devenir bien plus radicaux encore.

(1) ce qui n'est pas très gentil pour certains d'entre eux, des personnels qui ont longtemps servi la France.

mercredi 20 juin 2012

Au JO

La liste officielle des affectations de généraux, attendue patiemment depuis plusieurs semaines, et retardée par les scrutins à répétition vient de sortir. Pas de vraie surprise, malgré le suspense qui était évoqué pour telle ou telle fonction. Le général Olivier Gourlez De La Motte prendra l'ALAT en août, au Luc, c'est le général Marc Demier, ancien chef de corps du 5e RHC et officier de programme de Tigre qui prend sa suite. Au CFT, le colonel Michel Grintchenko devient le chef de la division aéromobilité.
A la 27e BIM, c'est le général Benoît Houssay qui reçoit le commandement de la brigade, après plusieurs années de cabinet défense à Paris.
Le général Jean-Pierre Palasset (1ère BM), qui sort de deux années chargées (Licorne puis COMTFLF) reste au coeur de la dynamique opérationnelle, en se voyant confier le poste de chef d'état-major du CFT. C'est un marsouin, le colonel Bruno Guibert qui lui succèdera.

Un marin prend l'école de guerre

Le contre-amiral  Marc de Briançon (54 ans) a été nommé ce matin directeur de l'école de guerre. Il remplace le général Pascal Valentin, qui part commander l'EATC à Eindhoven.
Marc de Briançon était jusqu'alors directeur de l'école navale et des écoles du Poulmic, depuis 2009. Détecteur, il a embarqué à bord du Duquesne, du Doudart de Lagrée, du Georges Leygues, du Colbert, du Jean Bart (comme second).
Il a également été adjoint marine au CPCO en 2005, puis chef de cabinet du CEMM en 2008. Le contre-amiral de Briançon a aussi commandé trois fois à la mer : le LV Lavallée, le Surcouf et la Jeanne d'Arc.

L'Inde à l'école de guerre

L'épreuve de dossier de l'école de guerre de ce matin devait conduire les candidats à tirer l'essence d'un dossier de 92 pages pour rédiger une fiche de synthèse sur la politique de défense indienne. Dans un écrit séparé, les candidats devaient répondre à cette question : " Quels pourraient être, à long terme, de nouveaux sujets d'intérêt qui justifieraient d'entamer des échanges ciblés avec l'Inde?"

Match pour les blessés à Cambrai samedi

La ville de Cambrai organise ce samedi 23 juin un match de gala au profit des blessés. Il opposera l'équipe de France de football militaire et une sélection du Cambrésis (Cambrai, Caudry, Escaudoeuvres, Villers-Outréaux), dans, cela ne s'invente pas, le stade la Liberté. Le coup d'envoi sera donné à 14h45 par un blessé de l'armée de terre originaire du Nord.
Une démonstration de handi-basket a aussi lieu dans cette journée qui commence dès 11h30, et qui se veut un hommage aux militaires blessés. La conseillère municipale Coralie Moysan, mariée un militaire de l'armée de l'air, est une ardente partisane de cette cause et peste régulièrement contre la sous-médiatisation de l'engagement des militaires en opérations.
La recette du match doit servir à confectionner des paniers garnis de produits locaux qui seront distribués, sans doute en septembre, aux blessés de Percy et de l'institution nationale des Invalides.
La ville, dirigée par le député-maire François-Xavier Villain, avait déjà été à l'origine de plusieurs opérations ces dernières années. En 2010, elle avait mené l'opération "un soldat, une carte" à laquelle avait participé 9.000 personnnes. Encore ce début 2012, une centaine de colis ont été envoyés, pour la Saint Valentin, aux militaires du 1er RI déployés en Surobi.

mardi 19 juin 2012

La France gère un MASCAL afghan à Tagab

Les équipes médicales français de la FOB Tagab ont été amenées à prendre en compte une trentaine de civils afghans, hier, blessés dans l'explosion d'un suicide bomber afghan ciblant l'ALP, sur le marché de la ville voisine.
Après les premiers secours, une partie des victimes ont été transférées sur KAIA. On ignore si elles ont été prises en compte dans l'hôpital milittaire français, ce qui serait logique, afin d'éviter un nombre trop important de transferts. Le rôle III est parfaitement dimensionné pour prendre en compte un MASCAL, ce qui figure explicitement dans son contrat opérationnel.
Les équipes médicales françaises ont pour habitude de soigner sans arrière pensée tous les patients, jusques et y compris les insurgés. Dans le contexte particulièrement volatil de la Kapisa -tous secteurs désormais confondus-, cela peut aussi, incidemment, contribuer à soigner notre image.
Déjà, lors d'une précédente attaque (à la roquette) en Kapisa, les équipes médicales et les hélicoptères Medevac avaient été mobilisés au profit de blessés civils afghans. Des blessés afghans, encore des civils, sont aussi régulièrement médicalisés après des attaques à l'IED, ou, ce qui est plus rare, d'erreurs de tirs.

lundi 18 juin 2012

JYLD en Arabie Saoudite mercredi

Jean-Yves Le Drian sera en Arabie Saoudite ce mercredi pour "assister aux obsèques" du prince héritier Nayef Ben Abdel Aziz, vient de me confirmer le cabinet défense. Aucune annonce n'avait encore été faite, les modalités n'ayant pas encore été fixées.
C'est le Dauphiné Libéré, qui avait sorti l'info ce soir, en partant du niveau local car de fait, le ministre de la Défense ne vient plus mercredi comme prévu pour la dissolution du BG Tiger (formé autour du 27e BCA). Le quotidien rappelle que ce déplacement ministériel au 27e BCA devait aussi être le premier dans l'armée de terre. Une visite du même acabit était prévue jeudi dans la marine, et reste maintenue, selon le cabinet. Le ministre pouvant se poser directement à Toulon.
Aucune discussion politique n'est évidemment prévue pendant les obsèques, en Arabie Saoudite. Mais la présence d'un ministre français est évidemment un signe d'attachement au royaume saoudien.
La coopération opérationnelle semble, de fait, se resserrer entre les deux nations. Cela se traduit aussi dans le domaine économique. Ces dernières années, l'industrie française a notamment vendu sur place des systèmes de surveillance, des Caesar et des Aravis. Elle ambitionne aussi de moderniser les frégates du contrat Sawari (1).

(1) La France a aussi dû observer les tribulations d'un contrat de blindés, en Allemagne.

Deux infos pour le prix d'une

Airbus diffuse ce soir les images d'un Caracal (sans sa tête de rotor et ses pales) et d'un NH90 rentrant dans un A400M. Ces essais entrent dans le cadre du programme d'essais, et ont été réalisés, à une date non précisée, en Allemagne et à Toulouse.
On notera aussi sur le Caracal un nouveau carénage de boule optronique, qui annonce sans doute le FLIR de deuxième génération prévu de longue date sur cet appareil, en remplacement du Chlio d'origine.
Le Caracal présenté est un des cinq payés par le plan de relance -sauf erreur, le 4e-, et a priori, le 18e de la série française. Comme le suggère l'immatriculation provisoire, l'appareil doit sortir de Marignane... ou subit une campagne d'essais, peut-être liée à la boule optronique

dimanche 17 juin 2012

La "nouvelle" commission de la défense

Déjà des premiers résultats fermes (livrés par le ministère de l'Intérieur) donnent quelques noms de députés qui appartenaient à la commission de défense, et qui devraient y retourner. D'autres sont battus. Ce blog vous livrera les autres noms au fur et à mesure.
La socialiste Patricia Adam, vice-présidente de la commission de défense de l'assemblée et que beaucoup voient comme probable présidente, est réélue dans la 2e circonscription du Finistère avec 66,84% des voix.
Dans la 3e du Finistère, l'UMP Marguerite Lamour, rapporteur pour avis de la marine, a été battue sur un score sans appel par un DVG  (52,29%). Dans la 8e du Finistère, le socialiste Gilbert Le Bris l'emporte aussi sur un score de 65,7%. Il était l'auteur d'un rapport sur la concertation dans les armées, dans la précédente mandature. Dans la première des Pyrénées-Atlantiques, la socialiste Martine Lignères-Cassou garde son siège avec 57,64% des voix.
Aussi réélus l'UMP Philippe Vitel (40%, dans une triangulaire), vice-président de la commission, élu du Var, et son collègue de l'Ain, Michel Voisin (avec 56,95%), tout comme le Nouveau Centre Francis Hillmeyer, dans le Haut-Rhin -il sort indemne d'une triangulaire-, département qui voit aussi le maintien de l'UMP Michel Sordi avec 63,03% des voix. Le vice-président de la commission Nouveau Centre Philippe Folliot est réélu dans le Tarn. Un des quatre secrétaires de la commission, l'UMP Christophe Guilloteau l'emporte par 59% des voix dans le Rhône. François Cornut-Gentille gagne en Haute-Marne, avec 60% des voix -il suivait la réforme du ministère avec Bernard Cazeneuve.
Le socialiste Alain Rousset avait été réélu dès le premier tour avec 55% des voix en Gironde.
L'UMP Arnaud Danjean -ancien de la DGSE, il est élu au parlement européen- échoue pour la deuxième fois en Saône et Loire, à quelques voix près. Jack Lang est battu.
La commission avait déjà perdu plusieurs de ses membres : Bernard Cazeneuve, promu ministre des affaires européennes, tandis que Christian Ménard (piraterie) et Jean-Claude Viollet (rapporteur Air, drones, ESSD) ne se représentaient pas, du fait du redécoupage électoral. Comme le rapporteur des forces terrestres.
Pas élu à la défense, mais gardant un oeil sur elle, l'UMP Hervé Mariton est élu dans la Drôme avec 51% des voix.
Fortunes diverses pour les anciens ministres de la Défense : Hervé Morin a été réelu dans l'Eure, tandis que Michèle Alliot-Marie est battue dans son fief historique des Pyrénées Atlantiques. Redevenue députée, elle siégeait depuis à la commission de défense.

Un livre étrange

Voici un livre étrange, qui a aussi troublé mon camarade Philippe Chapleau comme il m'a troublé. 194 pages consacrées au Charles de Gaulle, au prix imbattable de... 42 euros dans lesquelles se croisent les interviews des trois chefs d'état-majors (?), quelques belles photos qu'on aurait aimé trouver plus tôt, et une reproduction d'un discours du précédent chef de l'Etat (avec 7 photos qui lui sont consacrées...). Assez étonnants aussi, trois pragraphes d'une brève du site internet de l'armée de l'air qui vient se raccorder étrangement à la fin d'un texte du CEMA sans aucune forme d'explication, tandis que l'interview du CEMAA se termine, elle, sans la réponse à la dernière question...
Un produit exotique chez les Editions du Rocher, qui cherchent en plus à développer leur catalogue défense. Une curieuse façon de s'y prendre.

L’heure de vérité

Que va devenir la défense ? Avant même d’entrer dans l’exercice du livre Blanc, dont les résultats ne sont pas attendus avant six mois, une série d’évènements va donner de vrais éléments de tendance. C’est d’abord le collectif budgétaire qui doit sortir dans quelques jours, après l’audit des comptes publics par la Cour des Comptes. On sait que dans le contexte, collectif budgétaire risque de rimer, pour la défense, avec restriction budgétaire. La dernière mésaventure en date, quand la droite avait rogné sur les crédits qu’elle s’était toujours jurée de défendre, l’an dernier. Trois entailles en quelques jours, au nom de la solidarité nécessaire avec les autres ministères comme on a pris l’habitude de le dire… Drôle de façon de tenir les promesses.
La défense y échappera-t-elle cette fois-ci, alors que Martine Aubry et Jean-Vincent Placé ont appelé à aller chercher l’argent où il est, c’est-à-dire à la défense, troisième poste budgétaire de l'Etat ? Avec quelles conséquences, alors que comme me le faisait remarquer un spécialiste du domaine il y a peu, le problème n’est même plus le matériel mais seulement les moyens de le faire tourner.
Pas forcément besoin d’attendre pourtant les conclusions du livre blanc pour lancer des réformes structurelles incontournables, dans le domaine de la formation, ou plus évidemment, de la communication, par exemple. Le précédent cabinet s’était senti violé par le rapport de la cour des Comptes, qui évoquait les inquiétantes dérives budgétaires de ce domaine, et à reculons, avait entaillé le magot de quelque euros. Cette réforme est symbolique et ne gagnera quasiment pas de postes, m’oppose-t-on pour m’expliquer qu’il faut encore temporiser. Mais peut-on parler de réforme symbolique, alors qu’on va à nouveau entailler le muscle, particulièrement dans l’armée de terre ? Il faudra apprendre à faire différemment. Un rapport sur les méthodes de com' de nos voisins, en cours d’écriture, devrait éclairer fort à propos le nouveau patron de la filière.
La source d’économies la plus évidente pour certains, à gauche, c’est de réduire le surcoût des opex (qui ont passé le cap du milliard en 2011), en démontant les engagements actuels. L’état actuel du monde pourrait bien aller contre cette vision un peu simpliste qui veut que la gauche n'emploie pas l'armée française (1).
Mais sans opex, sans séjours, sans prime de services en campagne, l’armée va-t-elle rester si attractive, alors que déjà, une armée utilisée avait du mal à trouver ses soldats dans la société civile ?
Et puis il y a ceux qui sont sur-employés, depuis des années. Commandos des forces spéciales, mécaniciens navigants de l’ALAT, plus largement, tous ceux qui fonctionnent en auto-relève et qui continueront à le faire, fin de l’Afghanistan ou pas. Des spécialités critiques qui n’ont pas encore forcément été valorisées comme telles.

(1) Ce sont en effet des décisions prises par la gauche qui ont amené l'armée française en Bosnie, en Afghanistan et, un nombre incalculable de fois, en Afrique.

Des CVM pour les Alpins

Toutes les composantes de la 27e BIM (1) vont se voir conférer une croix de la valeur militaire à titre collectif, vendredi prochain, à l'exclusion du 7e BCA, déjà décoré. La cérémonie se tiendra vendredi prochain, pour la Saint-Bernard. C'est le CEMAT qui décorera les unités, tandis que c'est le directeur du SSA qui se chargera du CMA du 13e BCA, ce que j'annonçais hier sans encore connaître la date.

(1) 13e BCA, 27e BCA, 4e RCh, 93e RAM.

samedi 16 juin 2012

Le CMA de Varces décoré de la CVM

A ma connaissance, c'est une première : un CMA (centre médical des armées) va recevoir la croix de la valeur militaire à titre collectif. On ignore encore la date retenue.
Des personnels médicaux et paramédicaux et des armées ont déjà été décorés (1), pour leur engagement au feu, comme je l'ai évoqué ici ou dans le magazine RAIDS. Les équipes médicales des alpins semblent avoir été confrontées à plusieurs reprises à des situations tactiques difficiles, qui justifient une telle distinction collective, tant dans les mandats d'hiver successifs, que lors des mandats OMLT.

(1) notamment des femmes : une infirmière du 13e BCA avait reçu la CVM en 2010, tandis qu'une auxsan du 7e BCA, blessée au combat, avait aussi été distinguée, en 2011.

Qui dans la commission du LBDSN (et pour quoi faire ?)

Depuis que JYLD a livré sa roadmap du nouveau livre blanc sur la défense et la sécurité nationale (LBDSN), peu de choses ont vraiment filtré sur ceux (et ne l'excluons pas, celles) qui pourraient contribuer à cet exercice. Jean-Claude Mallet a participé à deux de ces exercices, et sa fonction actuelle au cabinet (conseiller du ministre), pour ne citer que cet argument, n'est pas forcément cumulable avec une présidence de commission. Louis Gautier semble cumuler, de son côté, tous les atouts nécessaires au poste : vulgarisateur sur la défense, sans rien perdre en précision, dans ses livres, celui qui fut aussi conseiller de Lionel Jospin, et donc à ce titre, au coeur de la politique de défense pendant cinq ans est aussi réputé grand bosseur (1). Je l'ai vu cette semaine à Eurosatory capter de l'nfo, mais comme d'autres... qui se verraient bien à cette place... ou à porter la réflexion du domaine.
Ce qui pose aussi la question des membres de la commission, et leur caractère incontestable, exercice dans lequel la précédente commission avait failli. Le catalogue des matériels qui figurait à la fin du document laissait un sentiment de malaise : l'absence de moyens n'avait-elle pas, de fait, contraint la réflexion stratégique, ou comme on peut le dire plus clairement encore, n'avait-on pas mis la charrue devant les boeufs ? Risque évident de la commission qui oeuvrera en 2012, il ne faut pas se voiler la face : six mois pour faire accepter une variation de budget et de format.
En 2008, certains membres n'ont pas caché leur difficulté, alors, à faire émerger, justement, toutes les thématiques. Deux socialistes, le sénateur Didier Boulaud et la députée Patricia Adam (2) -probable future présidente de la commission de défense- avaient violemment claqué la porte en constatant que la commission ne servait que "de chambre d'enregistrement des décisions du président de la République" (sic).
Comment, donc, faire émerger une légitimité réelle dans cette commission-ci ? Plus de militaires (ils n'étaient que quatre en 2008...), moins de pièces rapportées (éducation nationale, juristes) et... plus d'industriels ?
Comme la série de nominations des jours prochains (3), la composition de cette commission ne sera pas neutre. Quel que soit le sens donné à l'adjectif.

(1) si bien qu'il pourrait aussi prendre un SGDSN rénové.
(2) représentante des Finistériens, Patricia Adam qui demandait dès 2010 à réviser le LBDSN, est à leur image : courageuse au travail et humble, mais plusieurs observateurs la jugent difficile à prévoir et donc, à contrôler.
(3) à la Défense, on a remis au goût du jour la tradition mise en place par Pierre Joxe : pour un poste, il faut désormais trois (vrais) candidats, et c'est le niveau politique qui tranche.

vendredi 15 juin 2012

Les quatre roquettes de Nijrab

Ce n'était pas arrivé depuis 2010 ! Quatre roquettes se sont abattues sur la FOB de Nijrab, il y a quelques jours, comme pour y saluer le passage du président français. Donc rarissimes, ces tirs sont assez inquiétants. L'une des chicom s'est écrasée aux pieds de soldats, après avoir rebondi sur un local, heureusement sans que son explosif ne détonne (1).
Ces roquettes proviendraient soit de la vallée de Nijrab (nord), soit de celle d'Afghanya (est), a priori les deux seuls sites possibles pour tirer ce genre de munitions assez peu précises sur la FOB.
Or tant Nijrab qu'Afghanya étaient devenues des vallées calmes. Un COMTFLF de retour de mission avait même raconté comment les jacqueries locales avaient expurgé de la seconde les insurgés. Les jacquous ont-ils changé d'avis sur nous ?  Ou les tirs provenaient-t-ils de la vallée de Nijrab ? Et y avait-il un lien avec l'opération menée précisément en vallée de Nijrab, ce weeekend ?
Alors qu'il ne posait plus problème depuis des lustres, le nord de la Kapisa semble connaître à nouveau des actions insurgées. Problème, c'est par ce goulot d'étranglement que la France entend faire sortir son matériel, de Tagab, puis de Nijrab...
 
(1) rappelons que plusieurs soldats ont été blessés par ce type de tir dans les FOB même, dont le LCL C. (GTIA Hermes), grièvement blessé à Tagab.

jeudi 14 juin 2012

Après Nijrab (suite et... fin ?)

Le scénario de l'attaque de samedi en vallée de Nijrab s'affine petit à petit. La version qui évoquait un suicide bomber en burqa est totalement erronée, sans qu'on puisse savoir, aujourd'hui, d'où elle provient (tout comme l'évocation du bazar...).
Alors qu'une partie du personnel avait débarqué à proximité d'un pont enjambant un wadi, un civil s'est approché du détachement français. Son comportement a attiré l'attention d'un radio-tireur resté dans son blindé. Le kamikaze a fait sauter sa charge à ce moment-là. Cette explosion apparemment prématurée a peut-être contribué à limiter le bilan de son attaque qui a fait quatre morts français et deux interprètes afghans, ainsi que deux civils, un adulte et une fillette.
Le militaire qui avait détecté le comportement suspect fait partie des blessés, tout comme un autre qui était à ce moment-là devant le VAB.
Comme je le signalais lundi, cinq soldats blessés ont bien été rapatriés suite à cette attaque. Trois par deux Stratevac, et deux autres par la voie aérienne militaire normale. Les blessés afghans ont été pris en compte sur la FOB de Nîjrab.

RTD et Nexter bientôt à la même table

Interdiction d'y voire le moindre symbole : les salariés de Nexter et Renault Trucks Défense iront manger ensemble le midi... une fois que le nouveau restaurant d'entreprise du premier sera achevé, à Versailles.
Les sièges sociaux des deux sociétés sont colocalisés depuis que RTD a installé son siège social à Satory, avec un atelier de prototypes.

mercredi 13 juin 2012

Peut mieux faire, mais il le reconnaît

Le sujet aurait été abordé ce matin-même au cabinet du ministre de la défense : le déficit d'information global, suite à la mort de quatre soldats en Afghanistan n'en finit plus de faire des vagues. On semble avoir reconnu que ce déficit de communication a été très mal ressenti, en interne, tant par les communicants que par la communauté militaire (1).
Le sujet peut évidemment sembler futile, comparé à la mort de ces quatre hommes. Certains, dans l'armée, estiment que ce débat est indigne, et que le temps du débat doit attendre. D'autres croyaient même, mardi, le résumer à de la "frustration" de journalistes.
Si tous les avis concordent, c'est donc bien qu'il y a eu erreur d'appréciation.

(1) et il ne faut pas l'exclure, par la presse elle-même. Samedi, Jean Guisnel et votre serviteur avaient livré leur sentiment le sujet, et un troisième larron s'est joint au concert, ce mercredi.

mardi 12 juin 2012

Invalides jeudi, Alexandre III demain (11h45)

L'hommage national aux quatre morts de Nijrab se déroulera ce jeudi matin à Paris, en présence du chef des armées, du Premier ministre, du ministre de la défense, et du ministre délégué aux anciens combattants.
Le cortège funéraire empruntera demain le pont Alexandre III, à 11h45.

A Eurosatory, les FS font leur marché

Sur le stand de l'UNIVEM, une Jeep Willys à l'effigie des engins utilisés par les SAS britanniques et français, pendant la seconde guerre mondiale (photo Jean-Marc Tanguy)

Le GCOS était cet après-midi à Eurosatory, comme plusieurs de ses opérateurs (1), pour faire le point sur l'état de l'offre et alimenter la nécessaire veille technologique et orienter les futurs marchés. Plusieurs stands ont une coloration marquée "forces spéciales", comme celui de Renault Trucks, où le Sherpa expérimenté depuis trois ans par le 1er RPIMa (1) cotoie l'ALTV, déjà acquis en 250 exemplaires par des utilisateurs africains. Plus discrètement, sur d'autres stands figurent des équipements prisés par les forces spéciales : minuguns M134 de Dillon Aerospace acquis par Alfusco, boules optroniques Wescam utilisées par le Poitou, protections balistiques, nouvelles tenues, systèmes d'aérocordage, fusils d'assaut HK416, aides à la visée et au ciblage... Un monde qui ne connaîtra pas la crise, a priori : du fait de la réduction de format annoncée des forces conventionnelles, et de la réduction du nombre de points d'appui, notamment en Afrique, les forces spéciales, réversibles, semblent condamnées à travailler (encore) plus.

(1) en civil, eux.
(2) comme l'illustre le dernier RAIDS.

Spy Arrow-IT180 : le lien caché

C'était un serpent de mer depuis dix ans, Thales a réussi à mettre au point une station de contrôle commune à deux drones, dont l'un n'est pas fabriqué par lui. L'industriel a en fait rajouté un mode hélicoptère dans la station du minidrone Spy Arrow, déployé il y a un an en Afghanstan (trois systèmes soit six drones livrés à l'époque) pour lui permettre de pouvoir aussi prendre en compte le drone à rotors contrarotatifs IT180 d'Infotron, adopté en décembre dernier par le génie (trois engins commandés) et attendu à l'automne, en Afghanistan.
Sans que cela ait un lien, l'armée de terre pourrait racheter des Spy Arrow pour affiner sa doctrine en termes de minidrones.

lundi 11 juin 2012

Oldies but goldies

Pas le proto du futur EBRC, mais un Ford M8 pieusement conservé par l'UNIVEM (photo Jean-Marc Tanguy), qui aligne plusieurs véhicules américains de la seconde guerre mondiale sur l'exposition statique extérieure d'Eurosatory.
Créé en 1972, l'UNIVEM Paris-Ile-de-France compte 160 membres et 52 véhicules, dont 30 des années 1941 à 1945. Un formulaire apposé sur un véhicule rappelle qu'il est possible de parrainer un véhicule.

Renseignements:  UNIVEM, rue de Gribeauval, Satory, 78000 Versailles.

Après Nijrab (suite)

Ce n'est pas dans un bazar de Nijrab comme on a pu le croire à un moment, mais à 8,8 km au nord-est de cette ville, près d'un pont, que l'attaque de samedi a eu lieu. Néanmoins, 72 heures après cette attaque, on ne sait toujours pas précisément où s'est déroulée l'attaque, et quelle était l'objectif précis de cette "opération de contrôle routier".
Selon des sources non officielles, cinq polycriblés, dont le blessé grave de Nijrab ont été accueillis dans les hôpitaux parisiens ce weekend.
Comme pour faire écho aux réserves dont nous faisions état ce weekend, le mindef a déclaré (1) à Nijrab, face aux troupes que leur "sécurité est une préoccupation majeure. Il y a un calendrier (de retrait, NDLR) et la sécurité (...) la sécurité prime sur le calendrier".

(1) Avant d'entonner, comme son prédécesseur en avait lancé l'habitude, une Marseillaise.

En anglais dans le texte

BAE Systems avait dépêché un de ses commerciaux suédois parlant français, mais surprise, Kader Arif se débrouille très bien en anglais. Ici devant Alan Garwood, un des cadres de BAE Systems (photo Jean-Marc Tanguy)

Du fait de l'agenda afghan, c'est le ministre délégué aux anciens combattants, Kader Arif, qui a inauguré Eurosatory, cet après-midi, avec le major général de l'armée de terre (1). L'occasion de faire preuve de son niveau d'anglais sur le stand de BAE Systems, puis sur le stand d'une société écossaise.
Le ministre a terminé son périple de deux heures dans les travées du salon sur le stand du ministère. Il a notamment pu découvrir les compétences du service de santé des armées en matière de plasma lyophilisé et en médecine de l'avant, avant de se faire présenter les activités en Afghanistan du détachement d'ouverture d'itinéraires piégés (DOIP).
Derrière l'AASM, le MiDAC se fait présenter des matériels par le PDG de Safran, tout sourire. Malgré une actualité un peu dépressive, le ministre n'a croisé que des hôtes contents (photo JMT).


(1) comme le CEMA et le mindef, le CEMAT était en Afghanistan.

Un DOP portable chez CILAS

La PME spécialiste des lasers, CILAS, présentera à Eurosatory à partir de lundi son démonstrateur d'optique pointée portable, SLD Scout. Elle avait déjà développé deux générations plus lourdes, les SLD 400 et 500 fonctionnant sur trépied, mais celle-ci peut se porter à la main, comme une paire de jumelles.
Sa masse serait de 2 kg. Par contre, la portée semble assez réduite, à 1.000 m.
Le principe de détection (effet oeil de chat) est le même dans les deux cas.

dimanche 10 juin 2012

Une cérémonie à KAIA



Les corps des quatre soldats tués samedi en Afghanistan ont quitté l'Afghanistan dans un A340 de l'escadron 3/60 Estérel (1). Mon confrère Philippe Chapleau livre, dans son blog, le témoignage d'un témoin militaire à Kaboul qui révèle les bugs de cette cérémonie. Cette source évoque notamment un problème ancien,
le manque d'autocontrôle des médias image qui a troublé la tenue de la cérémonie. Voilà au moins un problème simple à régler, en mettant en place un pool (la présidence de la République le fait pour les déplacements présidentiels).

(photos ministère de la Défense)

(1) la présence d'un tel appareil atteste d'une période de relève.

En direct d'Eurosatory

Vieux de quelques dizaines de minutes, voici les premiers clichés du salo Eurosatory (cliquer dessus pour le voir en grand), qui ouvre ses portes demain, à Villepinte. Tout n'est pas neuf, mais on trouve quelques produits dan l'air du temps. Notons que chez les Français, RTD effectue pas moins de quatre démonstrations dynamiques, Panhard aucune. Nexter se contentant de montrer ses capacités dans le NBC.


Un bien curieux scooter suisse, le T-ATV de RUAG...
 L'escouade du 2e RIMa, prêtée pour animer la dynamique.

Pour le maintien de l'ordre, la solution ACMAT, vendue déjà au Congo.
Et elle fonctionne aussi avec les émeutiers français...
Le VAB Mk3, une alternative au VBMR ? Par les temps qui courent, toutes les sources d'économies sont bonnes à prendre...
Le SPRAT, toujours impressionnant.

Le IT180 d'Infotron. L'armée de terrre en a pris trois pour le génie, en Afghanistan.
Le M-ATV, l'ambulance du champ de bataille, par Oshkosh. 8.700 véhicules de ce type, toutes versions confondues, ont été commandés au groupe américain, et.8.100 livrés en Afghanistan.
Le Sherpa Scout, qui se vend à l'export comme des petits pains.


(photos Jean-Marc Tanguy)

L'ultime de l'Ultima

RTD présentera à partir de lundi à Eurosatory cette version du VAB Ultima, défendue contre les tirs de RPG. La caisse, déjà surblindée, doit mieux résister à ce genre de tirs grâce à un classique Slat armor, recouverte d'une couche d'un matériau non défini. Le Slat armor équipe déjà des blindés de la coalition, mais également quelques chenillettes françaises. Cette solution est réputée moins couteuse que les filets RPG-net adopté pour le VBCI, mais aussi plus lourde. Les véhicules français ont déjà essuyé des tirs de RPG. Le VBCI avait résisté à plusieurs d'entre eux, mais pas le VAB, qui n'était pas conçu pour cela. Comme j'avais déjà pu l'expliquer ici, l'Ultima comprend également un plancher anti-mines renforcé pour le pilote et le radio tireur, et l'escouade embarquée à l'arrière. Chaque occupant étant logé sur un siège suspendu, qui doit lui permettre de mieux résister aux explosions

Trois ETOMI et un CIMIC

On n'a toujours que de détails très fragmentaires sur l'attaque d'hier à Nijrab. Depuis 2001 que je suis l'engagement français en Afghanistan, un tel niveau de discrétion relève tout simplement du jamais vu. Seules les biographiques des quatre morts français éclairent un peu le type de mission menée hier. Il semble difficile de la résumer à une mission humanitaire de lancement de micro-projets comme on a pu l'entendre hier. Certes, c'est bien le métier d'un chef de cellule CIMIC, une spécialité par nature très difficile, et très exposée. Il faut rencontrer les chefs de village, maleks et elders, et enregistrer des doléances en sachant que l'enveloppe ne réussira pas forcément à les mener tous à bien. Déjà, la France a pu creuser des puits (en Shamali, en 2005), aider l'agriculture en Kapisa, électrifier un marché en Kapisa. Les exemples aboutis regorgent, mais comme on a déjà pu me le confier, les insuccès aussi. Souvent, le commandement n'accepte ces projets à reculons que parce qu'il lui permettent de mieux se faire accepter par la population. Il faut donc saupoudrer le long d'une route pour en assurer, plus ou moins la sécurité toute relative. C'est le cas pour la MSR, essentielle pour le retrait.
On comprend bien qu'avec la perspective du retrait, la sécurité de l'itinéraire entre Tagab et Nijrab est la plus problématique. Les CIMIC ont donc un rôle central à jouer, mais il est un peu tard à six mois du retrait français pour lancer des projets. Même les riverains, eux, ont désormais compris que la source de CIMIC est en train de prendre le large. Tout comme les revenus représentés par l'approvisionnement des FOB, et les menus travaux que les locaux pouvaient y mener. Les commerçants des bazars attenants aux FOB vont aussi devoir se trouver d'autres clients.
Venir avec quelques projets ne suffit plus pour convaincre, il faut aussi expliquer aux locaux que le monde restera malgré tout merveilleux sans nous. C'est le travail, pas non plus facile, que doivent mener les opérations d'influence, dont la déclinaison tactique, l'ETOMI, était engagée avec l'équipe CIMIC, à Nijrab.
Longtemps un gros mot dans l'armée française après l'Algérie, les opérations psychologiques sont devenues des "opérations d'influence". Le COS, longtemps le plus actif, a été dépassé par le commandement de la force terrestre (CFT) qui a créé sa propre structure. Il aligne donc le plus d'effectifs, mais le COS reste largement actif dans ce domaine, y compris sur ce théâtre.
Aux OI l'identification des bons relais et canaux d'opinion pour diffuser la bonne parole et retourner l'opinion. Cela a bien marché dans les Balkans, parfois en Afrique (grâce à la langue), c'est plus compliqué (du fait de la différence culturelle) en Afghanistan, mais la France a atteint de bons résultats grâce à la mise en place de radios, le mass media en Afghanistan. Certains imaginaient même d'utiliser la téléphonie portable, en expansion dans la zone TFLF, pour diffuser aussi les bonnes nouvelles. Un avant-gardisme qui n'a pas tout à fait été du goût de la hiérarchie locale semble-t-il.
La composition de l'ETOMI, qui sort de l'ombre pour la première fois permet de voir le type de capteurs utilisés : un spécialiste du renseignement particulièrement aguerri (ancien du 2e RH) et des opérateurs de BRB, sans doute de la filière conversationnelle.
Pour choquantes qu'elles sembleront à certains qui les découvrent, les OI et les CIMIC ont sans doute pu contribuer à préserver des vies, et à enclencher une forme de développement (1) dans notre zone d'influence. Néanmoins, sous-budgétisées, elles n'auront pas réussi à atteindre tous ses objectifs. De bonnes idées sont aussi arrivées trop tard, comme les Female engagement Team (FET), mises en places par les marines américains pour convaincre les 51% de la population afghane, les femmes, moins têtues que les hommes. Au moins une réunion de femmes afghanes s'est bien tenue en 2011 à Nijrab, et une à Tora, mais c'était trop tard : après la réduction opérationnelle décidée après Joybar, l'embryon de FET semble avoir été abandonné.

(1) la députée du Nord François Hostalier effectue une conférence au cercle Stratégia, ce 13 juin, à Paris, sur la politique d'aide au développement en Afghanistan.

In mémoriam : BRI Yoann Marcillan (40e RA)

Le brigadier Yoann Marcillan (24 ans) s'était engagé au 40e RA le 2 octobre 2006. Il avait servi en Nouvelle-Calédonie en juin 2009 puis au Kosovo en septembre 2009, au sein d'une équipe de liaison et d'information (ELI).
Il est d'abord affecté à la batterie de commandement et de logistique comme mécanicien tourelle et conduite de tir. Puis il rejoint la batterie de renseignement brigade n°2 (BRB) comme équipier appui recueil de l'information.
Il servait au sein d'une équipe tactique et d'opérations militaires d'influence (ETOMI) depuis le 1er avril 2012.
Il était célibataire et sans enfant.
Avec le MCH Pierre-Olivier Lumineau, il constitue les premières pertes du 40e RA en Afghanistan

In mémoriam : MDL Pierre-Olivier Lumineau (40e RA)

Le maréchal des logis Pierre-Olivier Lumineau (26 ans) s'était engagé le 2 mai 2010 à l'ENSOA, où il avait obtenu un BSTAT d'équipier recueil de l'information. Il avait été nommé le 1er septembre 2010, et affecté, le 20 septebmre suivant à la batterie de renseignement brigade n°2 du 40e RA.  Il est déployé en Kapisa, sans doute depuis mars 2012, au sein de l'équipe tactique et d'opératons militaires d'influence (ETOMI) à laquelle appartenait aussi le MCH Stéphane Prudhom.
Il était célibataire sans enfant.
Le MDL Pierre-Olivier Lumineau est le premier artilleur du 40e RA à périr en Afghanistan.

In mémoriam : MCH Stéphane Prudhom (40e RA)

Le maréchal des logis-chef Stéphane Prudhom (32 ans) s'était engagé en novembre 1999 au 2e RH où il sert comme éclaireur pendant près de 4 ans. Il est promu maréchal des logis après un passage à l'ENSOA, et devient chef de patrouille de recherche blindée profonde.
ll a quitté ce régiment et la cavalerie le 1er août 2009, précision qui ne figurait pas dans sa bio officielle (1). Il sert en ex-Yougoslavie en 2000, au Kosovo en 2002 et en 2006, en Côte d'Ivoire en 2005, au Tchad en 2008. C'était déjà sa deuxième opération en Afghanistan, après un premier séjour.
Il opérait depuis le 26 mars en Kapisa  dans une équipe tactique et d'opérations militaires d'influence (ETOMI), ce qu'on appelle plus couramment les psyops (opérations psychologiques).

Il était pacsé et père de deux enfants de trois ans et un an.

(1) C'est sans doute à la faveur de la mise sur pied des batteries de renseignement brigade (BRB) qui a fait venir dans l'artillerie des cadres spécialistes de la brigade Rens.
 

In mémoriam : ADC Thierry Serrat (GIACM)

L'ADC Thierry Serrat (46 ans) s'était engagé à 18 ans à l'ENSOA. Il il avait servi au 51e RA (1985-1986), au 35e RAP (1993-2002), avant de rejoindre la DPMAT. Il servait au GIACM depuis le 1er août 2008 comme sous-officier traitant en ressources humaines. Il y était aussi président des sous-officiers.
C'était le troisième mandat en Afghanistan (2008, 2010), il avait aussi servi au Liban (2009) et en Côte d'Ivoire (2002).
Il était chef d'équipe CIMIC (action civilo-militaires) en Kapisa depuis le 3 juin. Une semaine plus tard, il était tué avec trois de ses camarades à Nijrab par un suicide bomber.
Il était père de deux enfants de 18 et 20 ans.
Il est le premier spécialiste CIMIC français à périr en Afghanistan.

samedi 9 juin 2012

Attaque de Nijrab : le point à 20 h

Jean-Yves Le Drian a pris la parole ce soir sur TF1. Il a rappelé qu'un des cinq blessés restait dans un état très grave, et qu'il sera rapatrié, tandis que les quatre autres resteront soignés à KAIA. C'est donc problablement un Falcon, et non un C-135 comme je le pensais ce midi, qui est allé le chercher.
Selon le mindef, il n'a pas cependant de pronostic vital engagé.
JYLD doit rencontrer demain ces blessés, ainsi que le général Allen, pour faire vraisemblablement un nouveau point sur la façon d'assurer la sécurité de nos soldats (1).
La cérémonie d'hommage national aurait lieu jeudi, a priori aux Invalides.
A cette heure, l'identité des quatre tués d'aujourd'hui n'est toujours pas connue, pas plus que la répartition des unités. Tout comme celle des blessés (2).

(1) En 11 mois, c'est la troisième fois que la France subit des pertes importantes : 5 morts à Joybar (juillet 2011), 5 à Gwan (janvier 2012), et à chaque fois, l'armée française a pris de nouvelles précautions. En pure perte, puisque ces mesures n'auront pas suffi à assurer la sécurité. En outre, le terrain laissé à l'insurgé lui aura permis de se rapprocher de nos propres bases.
(2) Selon Daniel Diez, maire adjoint de Suippes, interrogé par BFMTV, deux EVAT du 40e RA font partie des tués. Mais le ministère affirme, à 20h43 qu'il s'agit d'un adjudant-chef du GIACM, tandis que les autres sont du 40e RA : un maréchal des logis-chef, un maréchal des logis, et un caporal. Même pour des forces spéciales, la communication n'aura jamais été aussi partielle.

Les convois logistiques, sur la même route


Un camion français sur la MSR passe devant l'entrée de la vallée d'Alasay en décembre 2010, sous la protection du BG Allobroges. Une des zones de prédilection des insurgés, protégés par la zone verte. Les ANSF viennent d'y installer un OP (photo Jean-Marc Tanguy).
A Paris, ce n'est plus un sujet de plaisanterie : malgré la ligne du chef des armées -encore réaffirmée il y a quelques minutes, le calendrier du retrait pourrait nettement glisser si jamais les insurgés, comme c'est prévisible, venaient à compromettre le tempo déterminé en France.
C'est que l'état des routes, de la zone verte, et la motivations des insurgés, sans doute galvanisés par l'attaque réussie du jour, risque de compliquer les prévisions. La route où s'est déroulée l'attaque de ce matin voit passer des convois, et en verra passer encore (1). Des convois dont la taille s'allonge, vu qu'il faut faire beaucoup plus dans moins de temps, du fait de l'accélération du retrait.
A ce stade, contrairement à ce qu'on pouvait penser, les MCP (mises en conditions des personnels) se sont certes réduites en volume, mais une bonne partie n'a pas été annulée. D'ores et déjà, l'EMA a intégré la possibilité que le rythme théorique glisse, et qu'il faudra donc peut-être même démonter moins vite que prévu les fameuses "troupes combattantes" pour assurer la protection de ces convois sur-exposés. Peut-être même en faudra-t-il plus. Une drôle de couleuvre à faire avaler.

(1) de surcroît, Nijrab n'a rien à voir avec la vallée de Tagab et ses voisins (Bedrarou, Alasay), c'est en général plutôt calme. Néanmoins, toute la Kapisa reste théoriquement interdite aux reportages des journalistes. Toute la contradiction de la zone française tient, de fait, dans cette interdiction.