dimanche 31 juillet 2011

Le drapeau de la 13e DBLE s'envole aujourd'hui

C'est ce dimanche que les premiers légionnaires de la 13e DBLE et leur drapeau s'envolent pour les EAU. Le GTIA constistué, qui comprendra des légionnaires, mais aussi des artilleurs et des "méca" (pour servir les VBCI) devrait tutoyer les 333 pax, comme ce blog l'a déjà évoqué.
Le chef de corps, un lieutenant-colonel, issu du 1er REG, a été déployé en Afghanistan en 2011 avec les OMLT.

vendredi 29 juillet 2011

Les Mirage sont partis (suite)

Après le départ des derniers Mirage F1CR de Reims, ce sont les derniers Mirage 2000-5 qui ont quitté, ce matin, la base aérienne 102 de Dijon-Longvic. Ces appareils ont été relocalisés sur la base aérienne de Luxeuil, qui doit, théoriquement, perdre son dernier escadron de Mirage 2000N (dont une partie sont actuellement engagés en Libye) en août.
Conséquence, il ne resterait qu'une escadrille d'agressors sur la base, et quelques TBM700 qui doivent rallier depuis Metz, ainsi que le CPA20.
De facto, les plateformes de Luxeuil et Dijon se retrouvent bien en deça des critères retenus il y a trois ans dans les restructurations, et qui visaient à armer les bases de chasse à (au moins) deux escadrons. Pas sûre que ces "spécificités" (et quelques autres), séparées de surcroît par peu de kilomètres, ne survivent à la prochaine réforme.

Comme un ouragan...

Thales et Dassault annoncent ce jour avoir signé avec l'Inde un contrat de modernisation de Mirage 2000H/TH de première génération. Cette opération était rendue urgente par l'obsolescence prochaine d'une partie de l'armement air-air, et de l'électronique.
Aucun détail -montant de contrat, spécifications- n'est fourni par l'électronicien qui rappelle la volonté française de se placer sur le contrat d'après, le Rafale, en l'occurrence (opposé à l'Eurofighter).
Le ministre français de la Défense confiait il y a quelques jours ses bons espoirs sur ce sujet, sans trop livrer de précisions complémentaires.
L'Inde a été le premier client export de Dassault dans l'après-guerre, avec la vente de chasseurs Ouragan. Ce même client avait aussi acheté le Jaguar franco-britannique (dont une partie a été modernisée par Thales) puis, dans les années 80, des Mirage 2000.
Depuis, la France a aussi modernisé une partie de la flotte indienne lors d'opérations de rétrofit, dont Thales a été le premier bénéficiaire.

jeudi 28 juillet 2011

Harmattan : ça remonte

Ces sept derniers jours, les moyens aériens français ont généré près de 190 sorties, soit une quarantaine de plus que la semaine dernière. Dans cette synthèse on distingue 103 sorties d'attaques dont celle du Charles-de-Gaulle qui a réintégré l'ATO -cela permettra peut-être aux aviateurs de souffler-, 46 sorties de reconnaissance, sans, comme l'affirmait ce blog la semaine dernière, les Mirage F1CR. Côté soutien, 9 sorties de détection et de contrôle ont été enregistrés, ainsi que 14 sorties de ravitaillement en vol.
Le groupe aéromobile (GAM) assurant de son côté 14 sorties. Et fait sa réapparition dans la synthèse de l'EMA.
L'EMA assure que cette activité aérienne, alliée à celle de la marine (aviso LV Lavallée, frégates Chevalier Paul et Georges Leygues), a permis de neutraliser une cinquantaine d’objectifs, dont une vingtaine de véhicules militaires, une trentaine d’infrastructures militaires et une demi-douzaine de pièces d’artillerie. Ces objectifs restent concentrés dans la zone habituelle : Brega, Zlitan...
A ma connaissance, c'est aussi ce soir que l'EMA reconnaît pour la première fois l'engagement de deux ATL-2... pour évoquer leur déménagement de Sigonella -où ils étaient depuis le début de la crise- vers Suda.

L'Adroit en mer

L'OPV Adroit de DCNS a pris la mer le 27 juillet -hier- pour sa campagne d'essais, avec une cinquantaine de techniciens de DCNS à bord. C'est un équipage de 14 marins fourni par V-Navy -qui apporte depuis peu des navires pour l'entraînement de la marine- qui assure la conduite du bâtiment.
Cet OPV, qui a repris le nom de baptême d'un patrouilleur côtier engagé en Algérie, sera confié pendant trois ans à la marine.
DCNS assure pouvoir en fournir la construction d'ici la fin de l'année. Rappelons que la construction de ce bâtiment de 87 m n'a commencé qu'il y a quatorze mois.

La BA160 ferme dimanche

C'est la conséquence de la réduction de voilure au Sénégal : la base aérienne 160 va fermer ce dimanche 31 juillet, et les aviateurs survivants vont rejoindre les éléments français au Sénégal, reliquat de la présence tricolore dans le pays. Cette fermeture avait été prévue plus tôt, mais tant les évènements de Côte d'Ivoire, que l'actualité sahélienne avait prudemment fait décaler cette fermeture.
Un Casa 235 devait également remplacer le Transall. Permutation qui n'a pas été confirmée.

mercredi 27 juillet 2011

Un JTAC et un pilote d'Apache

François de Saint Exupery (éditions Nimrod) publiera à la rentrée deux expériences vécues en Afghanistan : l'une concerne les opérations d'un JTAC, l'autre celles d'un pilote d'Apache. Dans les deux cas, ces récits sont des traductions d'auteurs (militaires) britanniques.

Trois casques bleus blessés au Liban

Trois casques bleus français ont été blessés hier par l'explosion d'un engin au passage de leur convoi. Ce dernier comprenait deux VAB, un PVP et un véhicule de la gamme commerciale, pour la logistique.
Les trois blessés étaient en tape et en tourelleau. Les trois autres occupants du VAB ont subi des traumas sonores. L'état des trois blessés les plus graves n'inspire pas d'inquiétude, à Paris. Ils auraient subi des polyccriblages et des brûlures : ils ont été pris en charge par les forces libanaises.
Leur rapatriement en France n'est pas à exclure, même s'il n'est pas évoqué, actuellement.
Les blessés appartiennent au 515e RT et au 1er Chasseurs.
La route ciblée est régulièrement empruntée par la FINUL, et particulièrement les Français. Des Italiens y avaient été ciblés par un IED, le 27 mai dernier.
Difficile de savoir donc si cet engin, qualifié d'IED à Paris, est un message. Ou plus.
Depuis 2006, les véhicules affectés au théâtre libanais font l'objet de surblindages et reçoivent des brouilleurs.
La France mobilise encore 1.300 soldats au Liban, même si le passage en FCR (Force commander reserve) a conduit, début juillet, a transmettre (avec retard) aux Irlandais la dernière responsabilité zonale que nous avions.

lundi 25 juillet 2011

La Légion dans l'AOR 15-2 (actualisé)

Un élément du 2e REP opère depuis début juillet dans la zone d'opérations (AOR) du BG Quinze Deux, armé par le 152e RI. Il aligne environ l'effectif d'un SGTIA, et reste aux ordres de la brigade La Fayette (TFLF). Sur place, il est déjà perçu comme une réserve d'intervention zonale, mais sa réalité est sans doute  plus fine que cela. On ignore s'il a déjà été engagé au combat.
Le 2e REP avait déjà été déployé en Surobi au sein du BG Altor, il y a quelques mois (1). Ce sont des vétérans du premier mandat qui semblent avoir rempilé pour ce deuxième : ils connaissent donc bien les lieux, ce qui a permis d'effectuer une MCP compressée dans le temps, par rapport à ce que des ab initio peuvent parfois effectuer (6 mois). Plusieurs de ces vétérans parlent dans l'ouvrage d'Henri Weill, évoqué sur ce blog la semaine dernière.
Les légionnaires seraient arrivés en Surobi autour du 8 juillet. Le coeur de l'effectif proviendrait de la 2e compagnie.
Cet apport Légion est effectué à iso-format (sans augmentation du format général en Afghanistan), et ne constitue donc pas, en tant que tel, un renforcement d'effectif.

(1) de décembre 2009 à juillet 2010. Rappelons que trois légionnaires du 2e REP sont morts en Afghanistan : le CCH Rodolphe Penon, tué à Uzbeen le 18 août en secourrant ses camarades du 8e RPIMa, le caporal Robert Hutnik, mort le 8 avril 2010, qui avait donné son nom au COP46 (qui vient d'être rebaptisé COP Gwan), et le sergent Konrad Rygiel, du GCP, tué le 7 juin 2010.

Un CH-47 s'écrase en RC-E, les occupants saufs (actualisé)

C'est l'ISAF qui l'a annoncé cette nuit, un peu avant quatre heures du matin : un nouvel hélicoptère -qui n'est pas français- s'est écrasé, et comme d'habitude, les détails ne sont pas légion. On sait seulement que le crash est intervenu dans l'est de l'Afghanistan. Le type d'engin, pas plus que la nationalité, n'ont été précisés, mais le communiqué évoque des "passagers", il s'agit donc d'un hélicoptère de manoeuvre. En RC-East, la plupart des HM sont américains ou français -mais donc pas dans ce cas-.
Depuis, on a appris qu'il s'agissait d'un CH-47 américain, et que le crash est intervenu en Kunar, dans une zone occupée par des insurgés, qui sont vraisemblablement à l'origine des soucis de l'appareil.
L'ISAF ne précise pas les raisons du crash, mais évoque des tirs accueillant les équipes de sauvetage.
Tous les passagers et membres d'équipages sont indemnes, assure l'Alliance, qui ajoute que tous ont été mis en sécurité dans une base à proximité du lieu du crash.
Comme ce blog l'a déjà évoqué, les pertes en hélicoptères semblent avoir augmenté ces dernières semaines, quoique l'ISAF ne diffuse pas la moindre statistique sur ce sujet.
La France, qui opère des hélicoptères en Afghanistan depuis 2007 a perdu une Gazelle lors d'un hard landing sur la FOB Morales-Frazier, en fin d'année dernière, puis un Tigre, en février. Une Gazelle s'était écrasée le 10 juin, tuant un de ses deux pilotes, le LTN Matthieu Gaudin, du 3e RHC.

dimanche 24 juillet 2011

Fennec : la migration commence

  1. Un Fennec de l'Alpilles en décembre dernier, alors détaché à Orange dans le cadre de la permanence opérationnelle. 500 aviateurs et une dizaine d'aéronefs participent en permanence à la protection du ciel français. (crédit : Jean-Marc Tanguy)

La BA 115 d'Orange va devenir Fennec city : près de la moitié de la quarantaine de Fennec vont y être basés, au terme d'une manoeuvre qui commence lundi, par l'arrivée du centre d'instruction des équipages d'hélicoptères (CIEH). Ce centre basé à Metz d'où il avait été déménagé déjà il y a quelques années de Toulouse (cherchez l'erreur...)
Au passage, Orange récupère aussi les Fennec de l'escadron de transport mixte 1.40 dont les TBM700 rallient, eux, la BA 102 de Dijon (histoire qu'il y reste quelques avions...).
L'escadron d'hélicoptères 5.67 Alpilles terminera la manoeuvre, en arrivant d'Istres, fin août.

vendredi 22 juillet 2011

Après le 852e

Le 852e post de l'année signe le début d'un ralentissement de la cadence du blog. Pas le temps de recharger les batteries, mais de mener de front plusieurs projets éditoriaux que vous découvrirez à la rentrée.

Comme cela a toujours été le cas depuis le avril 2009, le blog ne s'éteindra pas pendant la période estivale, et sera évidemment au rendez-vous de l'actualité.
Merci de votre fidélité, bienvenue à ceux qui nous ont rejoints ces jours derniers, et pour ceux qui en ont, bonnes vacances.

Tranches de légion

Alors que l'actu soufflait un peu chaud l'an dernier sur la Légion étrangère, avec un documentaire sur Canal+ et un livre à charge, le patron de la Légion, le général Alain Bouquin a pris un risque mesuré, mais un risque quand même, en ouvrant toutes grandes ses portes à Henri Weill, qui a sorti il y a quelques semaines un Légionnaires de 240 pages (Editions Pascal Galodé, 20 euros). L'auteur (1), lui-même fils de légionnaire, ne cache pas son intérêt pour le sujet : son projet tombait à pic, de fait.
Cet ancien journaliste de FR3 et de la 5 a pu aller à la rencontre de la 13e BDLE, du BG Altor (formé autour du 2e REP) et du 4e RE. Sa restitution de ces rencontres se déroule dans une suite d'anecdotes et d'une batterie de portraits qui permettent de mieux comprendre la singularité des légionnaires. Une population de taiseux, qui pour une fois, s'exprime, avec des répliques parfois surprenantes qui valent donc, on l'a compris, le détour.
Le livre n'élude pas non plus la série de faits divers des années écoulées -pas le coeur du livre toutefois, un autre l'avait fait avant lui-, ni le douloureux dossier du départ de Djibouti de la 13e DBLE -qui aurait néanmoins à mon sens mérité plus de pages-.
La couverture, élément souvent éludé par les éditeurs, profite d'une belle photo de GCP, prise en Afghanistan.

(1) Henri Weill s'était fait connaître quand, en poste à Nouméa, il avait pu rencontrer la capitaine Dominique Prieur alors emprisonnée en Nouvelle-Zélande, après le sabotage du Rainbow Warrior. Il a commis, par la suite, un livre sur l'opération Victor, et un ouvrage sur les Compagnons de la Libération.

jeudi 21 juillet 2011

Le compte à rebours a bien commencé

Sans les Mirage 2000-5 de Suda, désengagés le 15 juillet, et sans le groupe aérien du PACDG, en escale du 15 au 21 juillet, et peut être, avec moins de sorties d'aérocombat, pas de miracle : la France n'a enregistré que 150 sorties ces sept derniers jours, selon l'EMA, contre près de 260 une semaine plus tôt. Une tendance évoquée dès mardi ici.
"Seulement" 89 sorties d'attaque au sol ont été accumulées (contre 154), avec un peu plus de sorties de reconnaissance (30 contre 20). Sept sorties de détection et de contrôle ont été aussi menées, avec 19 sorties de ravitaillement, et encore deux sorties de défense aérienne.
Etonamment, l'activité du groupe aéromobile (GAM) est absente de ce bilan, sans explication. Alors que selon un communiqué de l'EMA, le transfert du GAM du Tonnerre vers le Mistral a été réalisé en seulement 24 heures... et du 12 au 14, donc sans impacter le compte-rendu de cette semaine a priori.
Une cinquantaine d'objectifs (1) ont été frappés selon l'EMA, dont une vingtaine de véhicules militaires dans les régions de Misratah, Syrte et Brega, une demi-douzaine d’infrastructures militaires dans les régions de Tripoli et Brega et une vingtaine de pièces d’artillerie dans la région de Brega et Misratah.

(1) contre 80 une semaine plus tôt, et une centaine dans la période précédente.

L'oeil du SGT Vermeille (actualisé)

Voici quelques photos récemment prises par le SGT Sébastien Vermeille, du Sirpa Terre Images de Lyon, en Afghanistan, où il a été tué le 13 juillet. Cet opérateur de prise de vues était déployé au sein du BG Raptor depuis plusieurs semaines.

Cette dernière photo a été prise à Kaboul, dimanche soir, lors de la cérémonie d'honneurs militaires qui s'est tenue sur le parking de la TF Mousquetaire (crédit : Morgan Salingue/ECPAD). Sébastien Vermeille est le premier spécialiste de la filière communication à mourir en opérations en Afghanistan. Un opérateur de l'ECPAD, le sergent Régis Auzereau, était mort dans les Balkans, le 11 août 1995.

Une promo Général-Bigeard

Après la promotion qui a défilé sur les Champs (Puy-Montbrun), l'EMIA va en baptiser une nouvelle, au nom du général Bigeard, samedi, lors du triomphe des écoles à Coëtquidan. Marcel Bigeard était sergent en 1940, avant de devenir officier parachutiste.
L'association Qui Ose Gagne (QoGa) qui regroupe principalement des anciens du 1er RPIMa et du 6e RPIMa, l'ancien régiment de Bigeard (1) va remettre à chacun des futurs officiers de la promotion la plaquette qu'elle vient d'éditer (2). Le général Bigeard était resté un membre actif de l'association, qui a voulu lui rendre hommage, pour marquer l'anniversaire de sa mort.
Outre les textes inédits écrits par d'anciens subordonnés du général Bigeard, elle contient douze pages de ses extraits de services, et notamment, ses 25 citations et 32 titres de guerre. Elle est en outre préfacée par la veuve du général Bigeard, récemment disparue.


(1) en fait, et au delà, tous les anciens bérets rouges.
(2) disponible à Coëtquidan au festival international du livre militaire, ou au siège de l'association, au prix de 10 euros plus les frais de port.

Un F-Heron TP... et des messages

A l'issue du CMI, et sans vraie surprise, la solution américaine a été écartée hier soir au profit d'un recours franco-israélien : le ministère de la Défense va entrer en discussions avec Dassault Aviation pour offrir à l'armée de l'air un système de drones en 2014, dérivé du Heron-TP israélien (1). Ce système sera l'intérimaire de l'intérimaire (2), et devra faire patienter la France jusqu'en 2020, et l'arrivée d'un encore hypothétique drone franco-britannique.
Notons que le délai a -encore- glissé, et qu'il faudra prier pour que la flotte actuelle -quatre vecteurs Harfang et seulement trois boules- ne connaisse pas de malheurs dans l'intervalle. 
A ce stade, on ignore encore combien de F-Héron-TP seront acquis, et le niveau réel de francisation du système. Un des soucis qui a expliqué le retard de cinq ans du Harfang est précisément d'avoir voulu trop mettre de composants français sur ce vecteur d'origine israélienne (sans d'ailleurs y arriver, à la fin).
Sans compter qu'à part un ingénieux système d'antenne satellite (l'Hexapod de Zodiac) et des technologies SAR (développées par Thales), la France n'a pas pas forcément beaucoup à apporter. Sagem et Thales se crêpent le chignon depuis des lustres en matière d'optronique sans réussir toujours à sortir les produits technologiques dont les armées ont besoin : ces dernières ont donc récemment donc acheté ou loué du matériel américain.
Il y a aussi plusieurs niveaux de lecture dans la victoire française du jour, qui est aussi et avant tout une défaite... américaine.
Des récentes anecdotes -quelqu'un a dû appuyer là où ca fait mal...- semblent avoir très nettement refroidi les décideurs français. L'autorisation que doivent demander les Britanniques au Pentagone pour engager leurs engins en Libye, un processus de formation présenté comme peu lisible et la possibilité que les Américains laissent des souvenirs dans des systèmes qui servent au renseignement : tout cela fait beaucoup.
Avec une filière industrielle de drones naissante en France, la décision s'est faite, finalement, presque logique.

(1) ce qui fait qu'incidemment, Dassault devrait décrocher son premier contrat pour un drone opérationnel. Jusqu'alors, il gérait le Neuron, mais qui n'est qu'un démonstrateur.
(2) rien que l'expression démontre bien l'incurie dont bien des décideurs ont fait preuve en matière de drones jusqu'à maintenant. Si les jolis plans avaient été respectés, la DRM disposerait déjà depuis l'an dernier du drone MALE final, qui n'arrivera donc qu'en 2020.

mercredi 20 juillet 2011

Adieu Mirage !

La der des der, pour les Mirage F1CR à Reims (photo adjudant Karine Bailly).


Le tout dernier Mirage F1CR a quitté la BA112 de Reims ce mercredi, à 12h32. Le Mirage F1CR n°620 (112-CT) n'avait pu décoller le 14 juillet, suite à un problème de freinage, laissant trois autres appareils rallier Mont-de-Marsan.
L'Atar 9K50 avait commencé à chauffer à 12h19, l'appareil quittant l'astroarche n°23 quatre minutes plus tard, avant de prendre la piste. Mangé par un nuage à 12h36, le chasseur a disparu de la vue.
C'est le capitaine L.M dit "Mali" -par ailleurs officier de sécurisation aérienne de la BA112-, qui effectuait son dernier vol sur F1, qui l'a emmené vers Mont-de-Marsan.
Le n°620 entré en service dans l’Armée de l’air en 1984 et affecté à l’escadron de reconnaissance 02.033 Savoie, arborait sur sa dérive la symbolique de deux escadrilles : côté gauche, la cocotte de la BR 11 et à droite, le candide à la bordure d’azur de la C 53.
Rappelons par ailleurs que deux livres sont sortis sur la BA112 : "BA112 de Reims côté coulisses" (Editions Domnique Guéniot, 28 euros) et "La BA112 de Reims, histoire d'une grande base aérienne" (Marines Editions, 40 euros), tous deux écrits par Jean-Pierre Calka et Frédéric Lafargue. Quoique très différents dans le fond et la forme, tous deux rappellent ce que fut l'histoire de cette grande base, souvent au coeur de l'histoire, grande comme petite.

La tribune (suite)

Comme nous l'évoquions hier, la tribune d'ALFUSCO sur le sens de l'engagement peut être lue ici, sur le site du Monde. Notons par ailleurs qu'un ancien responsanble de l'armée de l'air, le général Jean-Patrick Gaviard, écrit lui aussi ce matin dans la presse quotidienne, mais sur l'OTAN post-Libye, et dans le Figaro.

Le nouvel Alavia

Le contre-amiral Hervé de Bonnaventure prendra vendredi le commandement de l'aviation navale, lors d'une cérémonie à Hyères, où est installé son état-major. Le nouvel Alavia cumule un gros parcours opérationnel, et une bonne connaissance des arcanes interarmées et parisiennes, comme en témoigne son CV.
Entré dans le marine en 1980, il embarque aux Antilles à l'issue de l'école navale, à bord du patrouilleur Canopus dont il est successivement adjoint opérations puis second. Il est sélectionné pour l'aéronavale en 1985, et spécialisé chasse à réaction en 1987. A l'issue, il passe dix ans dans les flottilles de l’aviation embarquée, à la 11F et à la 17F, sur Super Etendard. Puis il opère deux ans et demi aux Etats-Unis comme pilote en échange auprès de l’US Navy sur FA-18, à l'instar du CV Caillard et du VAE Xavier Païtard, dont les épopées américaines ont été contés dans RAIDS, ici et. Il effectuera d'ailleurs, ultérieurement, son école de guerre aux Etats-Unis, au Naval Command College de Newport.
Il participe aux opérations Prométhée (1988) en océan Indien et à Balbuzard sur les porte-avions Foch et Clemenceau en mer Adriatique et commande la 11F (1996-1998). Il a également été commandant adjoint opérations du Charles-de-Gaulle de 1999 à 2001, et ce, jusqu’à la première qualification opérationnelle de ce bâtiment. Il a également écrit, à l'état-major d'Alfan, les bases de la doctrine air/marine et la première version de la doctrine d’emploi du groupe aéronaval avec le nouveau porte-avions.
A l'issue, il commande la frégate La Fayette du 25 janvier 2002 au 7 mai 2004, avec laquelle il participe au dispositif OEF et à Active Endeavour (Mediterranée orientale)
En 2004, il est affecté à l’EMA, au CPCO comme chargé de veille stratégique et coordinateur des opérations sur la zone monde avant de rallier la division Plan/Programmes de l’EMM à l’été 2006 comme chef de projet du deuxième porte-avions.
Il était conseiller « marine » au cabinet militaire du ministre de la défense depuis juillet 2009, où il exerçait les fonctions de chef de la cellule « préparation de l’avenir ».
Il totalise 3.065 heures de vol, 456 appontages dont 126 de nuit.

Des obsèques privées

Après la cérémonie nationale, hier, à Paris, les premières obsèques privées des sept soldats se tiennent à partir d'aujourd'hui. Benjamin Bourdet, le commando marine est enterré aujourd'hui en Charente maritime, tandis que l'adjudant Emmanuel Techer est inhumé dans le Maine-et-Loire. La cérémonie pour son frère d'armes du 17e RGP doit se tenir demain à Narbonne.
En réponse à une de mes questions, le ministre de la défense est revenu, ce matin, sur les attentes des familles et des militaires, en matière de reconnaissance de l'engagement et de ses conséquences, blessures et morts au combat. "Il faut une rencontre et une expression nationale qui n'est pas forcément liée à une tragédie" a-t-il affirmé, une façon indirecte d'évoquer une journée qui célébrerait mieux ces dimensions. Une façon de répondre aussi aux anonymes qui notaient justmeent, hier, dans et autour les Invalides, qu'il avait fallu sept morts pour que la presse et le personnel politique rendent un hommage national aux morts d'Afghanistan.

Le défilé raccourci sur TV5 ?

TV5 a amputé la retransmission d'une partie du défilé à pied, m'assure William, un télespectateur français au Québec. 20 minutes ont ainsi été occultées, selon la même source. "Traditionnellement, le défilé du 14 juillet est diffusé sur les ondes de TV5 (Québec en ce qui me concerne). Ancien des commandos-parachutistes de l’air (CPA), quelle ne fut pas ma surprise de constater qu’ils étaient absents du défilé alors que les CPA 10, 20 et 30 étaient programmés. Ayant enregistré le défilé sur RFO, je constatais que TV5 avait coupé 20 minutes du défilé à pied, sans en informer les téléspectateurs. Ces 20 minutes commençaient après le passage des bases de défense et s’arrêtaient avant la musique de la Légion étrangère. Dommage, car ces 20 minutes représentaient, en grande partie, les troupes revenant d’Afghanistan, thème de ce défilé avec les DOM-COM".

Le grand soir

Deux sujets sont au menu du comité ministériel d'investissement (CMI) prévu ce soir, une gageure, seulement 30 minutes réservées à ce sujet dans l'emploi du ministre. Ce sera assurément plus, puisque le premier sujet concerne la solution intérimaire pour les drones MALE, et le deuxième, la trame missiles.
Dans le premier cas, le CMI sera décisionnaire (un choix sera enfin fait) tandis que dans le deuxième cas, il ne s'agira que de l'exposé des orientations, sans décision.

Les chiffres d'Harmattan

Les aéronefs français auraient enregistré "entre 12.000 et 14.000 heures de vol" dans le cadre de l'opération Harmattan, a assuré ce matin le ministre de la défense à une vingtaine de journalistes défense conviés au petit déjeuner. 2.500 cibles auraient été traitées, ce qui donne un niveau plancher de la consommation de munitions, plusieurs de ces dernières pouvant traiter le même objectif. La quasi-totalité des munitions sont des GBU (comprendre des bombes guidées laser et/ou GPS) a complété le ministre.

mardi 19 juillet 2011

La 27e BIM en Inde

C'est une petite première à laquelle va participer un détachement de la 27e BIM, en octobre, en allant s'entraîner 15 jours en... Inde. Nos montagnards effectueront 12 jours "d'instruction collective" avec leurs homologues de la 99e brigade de montagne, et de conclure par un exercice de trois jours.
Les relations sont plus fréquentes avec nos aviateurs -le Rafale doit séjourner dans le pays en 2012- et évidemment, avec les marins du groupe aéronaval. Lors d'Agapanthe 2010, des marins indiens avaient même été accueillis à bord du PACDG.

La tribune

Avec plusieurs de ses frères d'armes, le C/A Prazuck (à droite) entourait ce matin, la famille du SM Benjamin Bourdet, aux Invalides. (crédit : Jean-Marc Tanguy). 

Le Monde diffusera demain une tribune du patron des fusiliers et commandos marine, le contre-amiral Christophe Prazuck. La tribune d'Alfusco, qui serait relativement brève mais pêchue, explique en quoi le sacrifice des soldats qui meurent actuellement en Afghanistan n'est pas vain.
Elle fait suite à une tribune récente d'un général de l'armée de terre, et, ces derniers mois, de plusieurs autres de jeunes officiers de l'armée de terre, sur un sujet identique ou connexe, ce qui témoigne, de fait, de la volonté des militaires de voir leur engagement mieux compris et reconnu.

L'hommage

Le cortège funèbre sur le Pont Alexandre III. Comme lors du précédent, les pompiers de Paris -caserne Colombier- ont tenu à honorer les morts, au garde-à-vous, devant leurs véhicules, gyrophares en action. Dans la grosse centaine de personnes présentes, journalistes compris, figuraient également des soldats du 1er RI qui contribuent à la mission Vigipirate. (crédit Jean-Marc Tanguy).
Le chef des armées s'apprête à décorer les sept morts à titre posthume. Tous ont aussi été élevés au grade supérieur. (crédit : Jean-Marc Tanguy)
Les porte-drapeaux des trois régiments et de la base de Lorient devant les sept dépouilles. La cérémonie s'est conclue par le thème musical du film Dien Bien Phu -concerto de l'Adieu de Georges Delerue-, joué par un violon solo. (crédit : Jean-Marc Tanguy).
Deux commandos marine portent les galons et le portrait de "Ben", leur frère d'arme de l'équipe n°1.
 Des commandos du 1er RPIMa, ainsi que des représentants de l'état-major du COS étaient présents pour montrer leur solidarité avec les commandos marine. (crédit : Jean-Marc Tanguy).
Des militaires de l'armée de terre portent le portrait et les galons du sergent Sébastien Vermeille. A l'issue de la cérémonie, son camarade, l'adjudant Jean-Raphael Drahi, du Sirpa Terre a rappelé le "potentiel" et la "passion" que ce photographe de l'armée mettait dans son travail (crédit : Jean-Marc Tanguy).
Le général Elrick Irastorza -ici à côté de Jeannette Bougrab, secrétaire d'état à la jeunesse-. Le CEMAT aura passé trois jours en Afghanistan à soutenir ses soldats, et mesurer les meilleures voies de leur sécurité future. Pour autant que quelque chose puisse être fait. (crédit : Jean-Marc Tanguy).

Le PA relâche

Pour la deuxième fois en quatre mois de mer, le PACDG relâche quelques jours au port depuis... samedi. Il devrait quitter Suda et reprendre le cycle opérationnel d'Harmattan assez rapidement.
En conséquence, le bilan des opérations aériennes de la semaine qui sera dévoilé jeudi devrait être bien plus modeste que la semaine dernière, sans groupe aérien embarqué, avec des Rafale air en moins par rapport à ce qu'ils étaient à Solenzara. Et sans les Mirage F1CR, sortis du cycle pendant une semaine..

lundi 18 juillet 2011

DIO du DLEM aux Seychelles

L'entrée du DLEM, sur Mayotte. (crédit : Jean-Marc Tanguy).

Le détachement de Légion étrangère de Mayotte (DLEM) vient de former les commandos des Seychelles, les Tazars, en première ligne dans la lutte contre la piraterie. Ce détachement d'instruction opérationnelle (DIO) s'est tenu du 15 au 25 juin, avec sept cadres et caporaux-chefs et a notamment porté sur l'ISTC, le secourisme de combat et le franchissement vertical.
Ce DIO est la résultante d'une demande du président seychellois, James Michel, portant notamment sur la protection terrestre contre des pirates (de plus en plus entreprenants, à l'époque).
C'est, de fait, la troisième activité en deux menée par les FAZSOI avec les Seychelles, après un DIO du 2e RPIMa, en mars 2010, et l'exercice Cateau Noir, en octobre 2010.

Les Invalides, demain

La cérémonie nationale d'hommages aux sept soldats tués la semaine dernière en Kapisa sera diffusée demain sur TF1, qui a ouvert, ce soir, son journal télévisé par trois sujets consacrés à l'Afghanistan, dont un à la veuve du capitaine Benoît Dupin (2e REG/BG Allobroges) tué en Kapisa en décembre dernier.
 D'autres chaînes, notamment celles d'information continue, pourraient elles aussi consacrer leurs antennes à cete cérémonie. La radio France Inter effectuera trois focus dans ses journaux de 11 h, 12h et 13h.
Notons, par ailleurs, que ceux qui le souhaitent peuvent s'associer à la mémoire de ces combattants, en se rassemblant sur le passage du convoi funéraire, prévu sur le pont Alexandre III entre 9h30 et 10h.
Le retour des sept dépouilles avait commencé hier soir par une cérémonie militaire sur le parking de la TF Mousquetaire, en présence du CEMAT et du COMTFLF.

Ces marins d'Afghanistan

La mort du SM Benjamin Bourdet, ce 14 juillet le rappelle : la marine est impliquée dans les opérations en Afghanistan, et pas qu'en fournissant, très régulièrement depuis 2001, des commandos marine même s'ils constituent la totalité des pertes. Ces quatre morts représentent 5% des pertes françaises, mais les effectifs de la marine qui se sont succédé dans la zone, à terre, représentent bien moins que cela, rapporté dans le total.
On trouve des marins à tous les échelons, en Afghanistan : dans les centres d'opérations, où ils sont très régulièrement interprètes-photos, spécialistes en cynotechnie, et même comme spécialistes des actions civilo-militaires (1). Plusieurs infirmiers se sont succédé en Afghanistan, au sein des OMLT, mais pas seulement : le premier maître Frédéric Paré, issu de la base de Lorient, perd la vie dans une attaque, en 2006, alors qu'il accomplit son 2e mandat au sein du GFS Ares.
Un marin était aussi copîlote d'un des deux Caracal de l'armée de l'air qui était intervenu à Uzbeen, le 18 août 2008 (2). D'autres marins du ciel étaient venus, rappelons-le, opérer à Kandahar, en 2009 (3). Une expérience qui ramenait la marine aux temps de l'Indochine, quand l'aéronavale opéra, aussi, à terre, mais qui reste aussi comme une expérience cuisante, malgré un bilan honorable (20 GBU-49 tirées).
Néanmoins, ce sont les commandos marine qui auront le plus donné, depuis 2001. Ils font partie des premiers à avoir mis le pied sur le sol afghan. Un des premiers morts français fut un commando marine, le premier maître Loïc Le Page, le propre fils du créateur du COS. En 2006, ce commando aguerri périt les armes à la main, à la tête de son escaouade, lors d'un combat acharné avec les insurgés du sud afghan.
Un autre membre du commando Trépel, le SM Jonathan Lefort, est mort dans des conditions similaires en vallée de Bedraou en décembre dernier. Une trentaine d'insurgés étaient tombés dans les furieux combats furieux, à l'époque.

(1) le GIACM de Lyon est interarmisé.
(2) son parcours avait été révélé dans un hors série de RAIDS consacré à 100 ans d'aéronavale.
(3) un mandat largement évoqué dans le hors-série 33 de RAIDS consacré à 15 ans d'opérations aériennes.

dimanche 17 juillet 2011

Les sept dépouilles quittent l'Afghanistan

Les sept dépouilles des soldats tués en Afghanistan entre le 11 et le 14 juillet ont quitté le pays ce soir, après une cérémonie militaire qui s'est tenue à Kaboul en présence de l'ambassadeur de France Bernard Bajolet (1), du général Elrick Irastorza, CEMAT, qui mène actuellement un mission de soutien et d'audit, et du général Emmanuel Maurin, COMTFLF.
Les dépouilles sont attendues à Paris demain soir, pour une brève cérémonie en présence du Premier Ministre, tout juste rentré d'Afrique, avant la cérémonie nationale d'honneurs militaires qui se tiendra aux Invalides, mardi.


(1) cet ambassadeur vient de prendre son poste. Il était précédemment coordinateur national au renseignement (CNR).

Le drapeau de la 13 partirait le 8 août

C'est le 8 août que le drapeau de la 13e DBLE, qui a transité par la France, partira pour les EAU. Selon nos informations, la 13e façon EAU ne comporterait pas un seul ancien de Djibouti. Nouvelle 13 dit aussi nouveau chef de corps : c'est un lieutenant-colonel, jusqu'alors chef opérationnel du 1er REG, qui l'emmènera aux EAU.
La nouvelle 13 sera deux fois plus petite que l'ancienne, avec des effectifs estimés à 333 personnels, dont, de surcroît, tous ne seront pas issus de la Légion, afin que le caractère interarmes soit respecté.
Comme on a déjà pu l'écrire ici, la 13, qui concentrera la composante terre des FFEAU, disposera à termes des matériels les plus récents, comme le Caesar et le VBCI.

samedi 16 juillet 2011

La Légion sous la Légion d'Honneur

Une exposition initimiste mais néanmoins riche sur la Légion est visible depuis le début de la semaine, dans une série de salles souterraines du musée de la Légion d'Honneur, à Paris, en face du Musée d'Orsay.
Quelques pièces rares, et un condensé d'histoire de la Légion étrangère, qui fête cette année ses 180 ans, à travers une batterie de portraits et de destins, comme celui, ci-contre, de Simon Murray.
Ouverture : mercredi au dimanche, de 13 à 18 h, réservé aux groupes le mardi sur réservation.
Entrée gratuite

Réserviste sur les Champs

Cinq réservistes ont défilé dans le carré du 11e RAMa, jeudi, lors de la fête nationale à Paris. Tous ces personnels sont concentrés dans la même batterie, la 5e, et se voyaient ainsi récompensés pour leur engagement ces derniers mois, quand le régiment projetait en Afghanistan et à Djibouti.
En cette fin de semaine, plusieurs réservistes de la 5e Bie sont d'ailleurs engagés en Vigipirate et au camp de Canjuers.

Sergent sur les Champs

Un caporal-chef du CPA20 s'est vu remettre ses galons de sergent sur la place de l'Eoile, en face de l'Arc de Triomphe, ce 14-juillet. Cet engagé, chuteur opérationnel, est un des vétérans du commando, avec 16 ans de service et quatre citations : une en Afrique, et trois en Afghanistan, pour son action sous le feu au sein des équipes de personnal recovery et TACP.

vendredi 15 juillet 2011

Forces spéciales : la bande annonce

La bande annonce du film Forces spéciales, projet de cinéma qu'on a déjà évoqué plusieurs fois sur ce blog, commence à tourner sur le net depuis quelques jours. Il était difficile de lancer la campagne beaucoup plus tôt, avec la présence de deux otages et de quelques commandos (plus que dans le film) dans le pays évoqué par le film, l'Afghanistan. Ce blog avait déjà livré quelques éléments de casting.
La bande annonce vaut le détour à tous points de vue, avec une musique de circonstance, de belles images, mais aussi de bien curieuses images pour un film sensé se dérouler en Afghanistan : entre deux boules de feu, on croise en effet un Puma (1) et un Super Frelon, et même un porte-avions (!), où la légende veut que le tournage ait, de fait, commencé il y a déjà plusieurs années... Les chasseurs étant déjà bien fatigués par un transit depuis le PACDG, on n'imagine pas ce que cela pourrait être pour nos hélicoptères, qui ne sont pas de surcroît ravitaillables en vol.
Sur le facebook du film, des bien plus spécialistes que moi ont déjà relevé d'autres invraisemblances dans le petit équipement.
Néanmoins, on est en présence d'un film d'action, un genre qui, on le sait, permet tout, et notamment, dans ce cas-ci, des bonnes images, et parfois, un scénario -on m'assure que oui, c'est bien le cas-.
Dernier challenge, passionner les spectateurs français sur un film d'action traitant d'Afghanistan alors que les citoyens français semblent bien avoir bien d'autres priorités (1). Ce qui n'exclut pas de faire rayonner l'outil (2).
Bien des inconnues, qui connaîtront sans doute des débuts de réponse, d'ici le 2 novembre, date de la sortie en salle.
J'ignore si le film en fait état : 11 personnels des forces spéciales, bien réels ceux-là, sont morts en Afghanistan depuis 2004. Quatre ressortissants d'Alfusco, quatre du 1er RPIMa, deux dragons du 13e RDP et un du CPA10. Encore mercredi soir, des personnels de ces mêmes forces spéciales ont été décorés pour leur engagement, en Afghanistan comme actuellement, au sud et à l'est de chez nous.


(1) le Puma devient l'improbable fil rouge des films d'action français : il y en avait déjà un qui s'était égaré dans l'Assaut.
(2) Alfusco a déjà commencé, ces dernières semaines, à rayonner dans les organes de com' du ministère, et dans un journal gratuit. La suite du plan média est, dit-on, prévue à l'automne.

La Fayette, la voilà (sur Rafale)

Attention, une femme peut en cacher une autre : quinze jours après avoir annoncé l'arrivée d'une pilote ab initio aux commandes d'un Rafale à l'automne à Saint-Dizier, voici que l'hebdomadaire Air & Cosmos annonce également une première NOSA (navigatrice officier systèmes d'armes) en place arrière d'un Rafale. Cette dernière, issue du cursus direct (Ecole de l'air, Salon de Provence) puis du 2.4 La Fayette, dispose déjà d'une qualification de chef navigateur apprend-on.

Les Rafale au repos trois jours

C'est l'EMA qui le revèle ce soir dans un point de situation : les cinq Rafale de l'armée de l'air qui ont migré de Solenzara vers Sigonella (Sicile) n'ont pas réintégré immédiatement le cycle des opérations. Selon l'état-major des armées, ce n'est que le 13, soit trois jours après leur arrivée, que les chasseurs ont été engagés dans les opérations au-dessus de la Libye.
Cette information rend d'autant plus difficile à comprendre le "surge" de la chasse offensive qui a été mené du 7 au 14 juillet. En plein déménagement de Rafale.

Les Caracos à poste sur le Mistral


Un Caracal de l'EH 1.67 Pyrénées pose sur le Mistral : plusieurs lames supplémentaires d'un coup pour le couteau suisse de la marine (crédit : EMA).



Les deux hélicoptères Caracal de l'armée de l'air, basés depuis fin mars sur le PACDG ont migré sur le BPC Mistral : c'est l'EMA qui l'annonce ce soir dans un point de situation global. C'est peut-être la conséquence du départ programmé du PACDG du théâtre d'opérations, mais aussi d'une revendication de l'OTAN, qui percevait mal la capacité du groupe aéromobile (GAM) à bord du BPC à pouvoir aller récupérer des équipages en Libye.

C'est donc un plot complètement formé à la mission de rechercher et de sauvetage au combat -pour les hélicoptères et les chasseurs- qui a pris place à bord du BPC Mistral. Ce dernier n'a pas de difficulté particulière pour absorber deux ou trois appareils supplémentaires. On ignore si, en conséquence, les quatre Puma chargés de l'IMEX sont repartis pour la France à bord du Tonnerre.

Les Mirage 2000-5 ont bien quitté Suda

Bye Bye Cigognes, et bon retour au pays (crédit : EMA)

Un point de sit de l'EMA l'annonce ce soir : les trois Mirage 2000-5 qui restaient en Crète ont quitté l'île aujourd'hui, pour réintégrer leur base de Dijon, comme ce blog l'anticipait dès le 7 juillet. Leur migration étant ensuite prévue courant août pour la base aérienne 116 de Luxeuil (à moins que cela n'ait encore changé). Leur escadron doit également mener de front, en août, l'envoi de quatre avions à Djibouti pour remplacer sept Mirage 2000C-RDI : un billard à trois bande de plus !
Les chasseurs du 1.2 Cigognes avaient été engagés dès le 19 mars contre la Libye, depuis leur base-mère de Dijon, avant de rallier, comme les autres, la base avancée de Solenzara, puis la base crétoise de Suda, dès le 24 mars. Il s'agissait à la fois d'économiser des ravitaillements en vol mais aussi et surtout, d'aider à l'intégration des chasseurs qatariens (et non émiriens comme je l'ai écrit), également des Mirage 2000-5.
La France conserve douze chasseurs en Crète : 6 Mirage 2000N et 6 Mirage 2000D.

Le Mistral a embarqué le GAM (actualisé)

Un des Tigre sur le slot avant du Mistral (crédit : EMA).

Quoique l'EMA ne l'ait pas encore annoncé officiellement, les photos diffusées ce jour ne laissent aucun doute : le groupe aéromobile de l'ALAT a, ces derniers jours, migré du Tonnerre vers le Mistral, qui avait quitté Toulon, après être rentré précipitamment d'Océan Indien.
On n'a pas plus de détails sur d'éventuelles modifications du GAM d'origine, ce que semblent néanmoins accréditer des éléments convergents, avec notamment les premières relèves d'équipages. La manoeuvre, nécessaire mais gardée dans la discrétion, a été éventée par le fait que des équipages de Tigre défilant mercredi revenaient de Libye.
Les hélicoptères du Charles-de-Gaulle, Alouette, Puma et Caracos semblent avoir été largement utilisés pour transvaser ressources humaines et appareils d'un BPC à l'autre

note du 19 juillet : le Mistral a quitté Toulon avec des hélicoptères, et a récupéré une partie de ceux du Tonnerre en mer, si l'on en croit l'EMA. Des relèves de personnel ont également eu lieu.

Cérémonie nationale d'hommage mardi

Comme cela filtrait dès hier, la cérémonie nationale d'hommages aux morts français d'Afghanistan se déroulera ce mardi, aux Invalides. On ignore encore si elle concernera également le soldat mort le 11 juillet.
Selon le communiqué qui vient d'être diffusé par l'Elysée, le président de la République recevra les familles à l'Elysée (1), avant de se rendre aux Invalides pour une messe, puis de présider une cérémonie militaire avec remise de décorations.
Une cérémonie d'obsèques -privée- est d'ores et déjà prévue en Poitou-Charentes, mercredi.


(1) un des épouses de militaire morts est elle-même sous-officier.

Harmattan sans relâche

L'EMA diffuse comme chaque semaine l'activité des sept jours écoulés, qui traduisent le maintien de la pression sur les moyens militaires kadhafistes. Près 260 sorties, dont 60% d'attaque, ont été menées en une semaine : 154 sorties d'attaque de la chasse -contre 114 une semaine plus tôt, un véritable surge aérien (1)-, 20 sorties de reconnaissance -en net reflux, après que la France a fourni jusqu'à 40% de l'IMINT de la coalition- et 26 sorties de ravitaillement en vol. Encore 26 sorties de défense aérienne ont été menées par les Mirage 2000-5 de La Sude. On note par contre la très forte réduction du nombre de sorties du groupe aéromobile ALAT, peut-être lié au changement de plateforme, du Tonnerre au Mistral.
80 objectifs ont été neutralisés -une centaine sur la précédente période- Zlitan, Misratah et Brega : une quarantaine de véhicules militaires de tous types, une vingtaine d'infrastructures, ainsi que des pièces d'artillerie canon et roquettes.

(1) qui peut s'expliquer par un transfert des avions chargés de missions de reconnaissance vers des missions de chasse offensive, ce que tous les avions effectuant les premières (Mirage F1CR, Rafale, SEM) sont en mesure de faire.

Au-delà de l'assymétrique

Le CEMA l'a rappelé ce soir, les soldats français sont confrontés à des situations parfois difficilement démêlables, en tout cas pour notre culture militaire. Des moyens de surveillance ont par exemple livré cette image troublante d'une fillette de neuf ans en train de déposer un IED. Recours, encore, aux enfants, pour servir de véritables boucliers humains à des insurgés. Et une variante, les enfants recevant les armes de l'insurgé, dès les Français sont à vue, avant que le combattant ne les reprennent, par la suite.
Ces trois exemples vont dans le sens de témoignages convergents, déjà abordés sur ce blog. Les enfants sont par exemple régulièrement mobilisés comme "sonnettes" des insurgés, ou pour aller repérer le positionnement des soldats.
Par delà l'utilisation des enfants, les IED restent une valeur sûre, si l'on en croit cette confidence du CEMA : les IED rencontrés en Kapisa en six mois représentent 80% de la quantité de 2010.

jeudi 14 juillet 2011

Il n'y a (presque) plus de Mirage F1 à Reims

Un des quatre derniers Mirage F1CR qui restaient stationnés à Reims (crédit : E.H).

Trois Mirage F1 du 2.33 Savoie ont quitté aujourd'hui la base aérienne 112 de Reims. Deux d'entre eux pour le défilé parisien, où le vent -ou l'émotion- a fait balancer leurs ailes. Le 3e, resté en spare, les a rejoint à l'issue pour leur nouvelle aire, à Mont-de-Marsan, où ils devaient être accueillis par quatre avions-vétérans de l'opération Harmattan.
Il ne subsiste qu'un seul Mirage F1CR -le Charlie Tango- sur la BA112. Il devrait, sauf nouvelle péripétie, la quitter mardi.

La dernière mission

Un tireur de précision du 7e BCA scrute l'entrée de la vallée d'Alasay, en décembre dernier (crédit : Jean-Marc Tanguy)

A un mois et demi de son départ de l'armée de terre, son chef, Elrick Irastorza vient de se voir confier une ultime -et double- mission par le CEMA : trouver les moyens de la meilleure sécurité pour les troupes françaises, qui viennent de perdre sept hommes en quatre jours en Afghanistan. Tout en allant soutenir les parachutistes du BG Raptor, durement frappés hier.
Ce choix d'homme, qui peut sembler étonnant de prime abord, est un choix "naturel" explique le CEMA, tandis que son ministre évoque, lui, l'expérience d'un "vieux soldat". Le décret de 2005 semblait avoir relégué les chefs d'états-majors à la gestion de l'organique -et, actuellement- des soucis qui vont avec- : il n'en est donc rien... quand les temps sont graves.
Cette mission rappelle que les chefs d'état-majors sont aussi et avant tout les conseillers du CEMA, et, de fait, les meilleurs connaisseurs de leur milieu d'armée.
Invoquant des raisons de "sécurité", le CEMA n'a pas détaillé l'emploi du temps afghan du CEMAT. Même si sa mission a d'ores et déjà commencé, et doit s'achever en "fin de semaine prochaine".
Sur place, il devra réflechir avec le général Maurin, quatrième patron de la brigade La Fayette. Avec, une question lancinante : dans quelle mesure les retraits de troupes annoncés par le président ne vont pas augmenter le niveau de risque des soldats français ? Pas plus le CEMA que son ministre n'ont souhaité y répondre, avant l'heure.

In memoriam : SM Benjamin Bourdet (Jaubert)

Le SM Benjamin Bourdet était un des tireurs de précision du commando Jaubert. Il effectuait son premier mandat en Afghanistan (crédit : Marine Nationale).

Le second maître Benjamin Bourdet, du commando Jaubert a été tué ce matin lors d'une attaque insurgée, dans un wadi, à proximité du village de Shekut, en vallée d'Alasay. Ce commando de 30 ans avait rejoint la marine en avril 2003 comme fusilier marin. En novembre 2003, il avait rejoint le groupement de fusiliers marins (GFM) de Brest qui assure la protection de la rade et des enceintes marines de la zone (Landivisiau, Ile Longue).
Décrit par la marine comme "autonome et dynamique", le fusilier devient chef d'équipe, et assure quatre missions en Nouvelle-Calédonie entre 2004-2007.
Second maître le 1er septembre 2007, il rallie la compagnie de l'Ile Longue, avant de réussir son stage commando début 2008, et gagne son béret vert.
Il intègre le commando Jaubert en mai 2008. Sa biographie diffusée par la marine, vraisemblement incomplète pour des raisons de discrétion, relate néanmoins deux mandats au sein du commando Arta, à Djibouti.
En 2009, il participe au premier mandat des équipes de protection embarquée ou EPE (1) en Océan Indien.
Qualifié tireur de précision, il effectuait son premier mandat en Afghanistan en 2011 au sein du groupe de force spéciales français (GFS) de la task force La Fayette.
Quatre personnels commandos marine sont déjà morts en Afghanistan depuis 2006, dont le dernier en date, le SM Jonathan Lefort, tué en décembre dernier en vallée de Bedraou.

(1) je consacre à ces équipes un article dans Le Marin en kiosque demain.

Un commando marine tué en Alasay (actualisé)

Un commando marine a été tué ce matin en vallée d'Alasay, lors d'une patrouille commune avec l'ALP (afghan local police) au niveau du village de Shekut. L'opération avait commencé après le lever du soleil (4h45 actuellement) et mobilisait 35 personnes : 25 Français, 2 interprètes afghans, deux policiers de l'ANP, et six policiers de l'ALP. Elle visait à ancrer un peu plus l'ALP dans la vallée, a expliqué l'amiral Edouard Guillaud, et n'était en aucune façon, affirme t-il, une "opération de nasse", mais un "combat de rencontre.
Le second maître Benjmain Bourdet, du commando Jaubert, est mort "immédiatement" dès le début des combat. Deux F-16 sont entrés en action pour neutraliser le groupe de tireurs insurgés, en "moins de dix minutes", explique le CEMA. Une QRF est venue de la FOB Tagab pour extraire le groupe. L'ALP a balisé le chemin. A 11 heures, le groupe avait réiintégré la FOB Tagab.
Le commando, quatrième marin à périr en Afghanistan, participait à une opération de police avec l'ANP.
Un commando issu de Trépel, le SM Jonathan Lefort, avait déjà été tué dans la vallée voisine de Bedraou, en décembre dernier. Une trentaine d'insurgés étaient restés dans les combats furieux qui s'étaient déroulés à l'époque.

In memoriam : ADJ Jean-Marc Guéniat (17e RGP/BG Raptor)

L'ADJ Guéniat appartenait au GCP régimentaire (crédit : 17e RGP).

Après avoir dit-elle obtenu l'accord de sa famille, l'armée de terre vient de diffuser quelques éléments biographiques sur l'ADJ Jean-Marc Guéniat (17e RGP/BG Raptor), un commando du GCP17 tué hier à Joybar par un kamikaze. Ce père de deux enfants de 4 et 8 ans, originaire de Fontenay-aux-Roses, aurait fêté ses 37 ans mardi prochain.
Il s'était engagé en avril 1994 à 20 ans, servant à la 1ère compagnie de combat. Il est promu caporal en novembre 1996, caporal-chef en mai 1998 et sergent en mars 1999.
Il est ensuite affecté à l’Ecole Supérieure et d’Application du Génie d'Angers (ESAG), comme chef de groupe, puis comme chef de section. En août 2004, il revient à Montauban comme chef de section en compagnie de combat, il réussit les tests du Groupe de Commando Parachutistes régimentaire. Il obtient son galon d'adjudant en août 2007 au sein de ce GCP dont il devient adjoint chef d'équipe.
"Il cherchait sans cesse l’excellence dans tous les domaines (...) particulièrement, aux techniques de combat et au maniement des armes" écrit l'armée de terre.
Ses 17 années de service l'ont amené en RCA (1995, 2008), ex-Yougoslavie (1995, 1997), Nouvelle-Calédonie (2006). Il était arrivé en mai 2011 avec le BG Raptor en Kapisa.

Un conseil de sécurité à midi

Le président de la République et chef des armées vient de s'exprimer à l'issue de sa visite aux blessés, que ce blog avait annoncé dès la semaine dernière. Il a notamment annoncé la tenue ce midi d'un conseil de défense -non prévu- avec ses principaux collaborateurs. "Face à un nouveau contexte, il faut de nouvelles mesures de sécurité" a justifié le chef des armées, sans plus de détails. Par principe, le contenu et les dates mêmes des conseils de défense ne donne pas lieu à une communication débordante.
Nicolas Sarkozy a également demandé que le 14 juillet "permettre à chaque Français de manifester son attachement" à l'armée française, après la perte de cinq soldats, hier.
D'ailleurs, depuis ce matin, les ministres qui se pressent dans la tribune présidentielle n'ont de cesse que de livrer leur compassion, et avaient manifestement chacun un argumentaire complet à livrer aux télés, comme Bruno Le Maire et Luc Chatel (1). Hier, les rangs des ministres étaient, néanmoins, nettement plus clairsemés au ministère de la Défense pour rendre hommage aux combattants qui défilent ce matin. Seuls Jeannette Bougrab (2) et Valérie Pécresse, très courtisée par les industriels et le CEMA, avaient fait le déplacement.

(1) y aurait-il eu une révision, ou le poste de ministre de a défense fait-il -déjà- l'objet de convoitises ?
(2) elle avait parrainé une rencontre de rugby de bienfaisance organisée par la 27e BIM au profit des blessés, et qui a généré 55.000 euros, transmis à la CABAT.

Un 13-juillet forcément particulier

Voici, en bref, quelques instantanés du 13-juillet, journée marquée par la perte de cinq soldats français, et les blessures infligées à quatre autres.
19 heures : une douzaine de blessés ont été reçus hier à la garden party du ministère de la Défense. Ici, des aviateurs, salués par le général Elrick Irastorza, CEMAT. Des familles de morts au combat ont aussi été invitées (crédit Jean-Marc Tanguy).

18 h 45 : comme il sied à tout 13-juillet, plusieurs commandos des forces spéciales ont été décorés à l'hôtel de Brienne : deux commandos du CPA10 -l'un, pour des faits remontant à 2006 (!)-, un commando marine d'Hubert et un gendarme du GIGN (crédit : Jean-Marc Tanguy).

A 17 heures, le colonel Burkhard effectue un point d'actualité après la mort de cinq soldats français en Afghanistan. Arrivé en août dernier, ce légionnaire a remis l'humain et le terrain au coeur de la communication opérationnelle, qui en manquait jusqu'alors (crédit : Jean-Marc Tanguy).

11h30 : l'Ordre de Malte a décoré le drapeau du 1er RE, pour symboliser l'appui de la Légion à ses actions humanitaires, notamment en Afrique. (crédit : Jean-Marc Tanguy).
11h : quatre généraux issus de la Légion ont rallié le Sénat pour la traditionnelle prise d'armes dans les jardins du Luxembourg, puis la remise de certificats de nationalité à deux légionnaires blessés. De gauche à droite : le général Philippe Houbron, DGA/SASF, qui effectuait son adieux aux armes, le général Benoît Puga CEMP, le général Alain Bouquin, COMLE qui remet son commandement au général Christophe de Saint-Chamas, et le général Bruno Dary, GMP (crédit : Jean-Marc Tanguy)

Une douzaine de militaires reçus par le PR ce midi

Une douzaine de militaires français sont invités à la table du chef de l'Etat ce midi, à l'occasion de la fête nationale. Trois d'entre eux sont des blessés de guerre. Trois autres sont issus du 7e BCA : le chef de corps, le colonel Bruno Gardy, et un couple qui a été engagé au sein du BG Allobroges, sur les deux FOB de Nijrab et Tagab.

Les paras représentent 43% des pertes afghanes


Un tireur Minimi du 3e RPIMa sécurise le passage d'un SGTIA depuis les crêtes, à proximité de la vallée d'Uzbeen, à l'automne 2008 (crédit : Jean-Marc Tanguy)


Engagés très régulièrement dans les zones les plus risquées d'Afghanistan, les parachutistes français sont aussi ceux qui ont payé le plus lourd tribut depuis 2004. Le premier mort français, le CPL Murat Yagci, du 1er RPIMa, est, de fait, un parachutiste. Engagées des 2003 dans le sud afghan, les forces spéciales connaissent des affrontements très durs. Comme celui que connaît encore une patrouille du 1er RPIMa le 20 mai 2006. Deux commandos, l'ADJ Joël Gazeau et le CCH David Poulain sont tués dans une embuscade des insurgés, posée en plein village. Le régiment est, ce jour-là, en journée porte ouvertes, et apprend, médusé, que trois autres commandos sont portés disparus dans cette attaque. Tous reviendront, y compris un commando grièvement blessé.
De là date la cérémonie du souvenir mise en place par le chef de corps de l'époque. Le régiment reçoit désormais, en mai, les familles de ses morts et honore la mémoire des soldats tombés au feu.
En 2007, l'adjudant Pascal Correia est le premier OMLT à périr.
Le 18 août 2008, neuf parachutistes du 8e RPIMa et du 2e REP sont tués dans les combats d'Uzbeen.
Au total, 23 parachutistes de la 11e BP ont perdu la vie. En rajoutant les six de la BFST, le commando du CPA10, les unités paras représentent donc, de fait, 43% des pertes françaises.
Voici dans l'ordre décroissant, les régiments qui ont perdu des effectifs en Afghanistan :
8e RPIMa : 8 morts,
1er RCP : 5 morts,
1er RPIMa : 4 morts,
17e RGP : 4 morts ,
2e REP : 3 morts,
13e RDP : 2 morts,
1er RHP : 2 morts,
35e RAP : 1 mort.
CPA10 : 1 mort

en outre, deux commandos marine issus de Trépel ont été tués en 2006 et 2010.

2011 est déjà l'année la plus terrible

Impossible de ne pas s'en persuader, alors que ce matin la presse est unanime dans ses "unes" : l'armée française a connu hier encore une journée terrible en Afghanistan, avec la mort d'un officier, trois sous-officiers et un EVAT. Deux GCP du 1er RCP ont été tués, avec deux sapeurs du 17e RGP et un opérateur de prise de vues du Sirpa Terre Images de Lyon. Le 1er RCP et le 17e RGP ont déjà particulièrement payé leur engagement en Afghanistan : le premier OMLT à tomber au feu, l'adjudant-chef Pascal Correia, un GCP, appartenait au régiment de Pamiers. En l'espace d'un mois, quatre autres parachutistes du 1er RCP ont été tués en Kapisa, tous issus du BG Raptor armé par le régiment. Le 1er RCP a déjà payé un lourd tribut au terrorisme : c'est ce régiment, sous béret bleu de l'ONU, qui avait été frappé au Liban (1)
Le 17e RGP a aussi déjà payé un lourd tribut, avec quatre sapeurs tués en Afghanistan.
Déjà 17 soldats sont morts en Afghanistan cette année. A comparer aux 16 morts de 2010, qui constituait déjà la pire année enregistrée par l'armée française.
Un bilan qui risque de ne pas s'arrêter sur ce chiffre. Les retraits d'effectifs envisagés risquent de fragiliser considérablement le dispositif français dans l'est du pays : aussi paradoxal que cela puisse paraître, le risque que les pertes n'augmentent encore avec le retrait est bien réel.
Bien que le détail n'ait pas été livré par l'EMA -et il ne le sera vraisembablement pas dans l'immédiat-, au moins un SGTIA va être économisé d'ici l'an prochain. C'est, de fait, l'équivalent du SGTIA opérationnel qui demeure encore en Surobi, le reste du GTIA Surobi étant déjà de fait engagé en vallée de Tagab.
La transmission de la Surobi à l'ANA n'aura donc de fait qu'un effet limité -sinon nul- en termes d'effectifs de combat disponibles en Kapisa.
Certes, un refonte de l'organisation actuelle, avec une fusion des deux GTIA en un seul (et donc l'économie partielle d'un état-major tactique, mais aussi, donc, d'un SGTIA au moins), la réduction des OMLT (moins 170 postes), et, vraisemblablement, l'économie de moyens aériens à Kandahar et Bagram (2) génèrent des économies d'effectifs, mais on est encore très loin du millier de soldats qui auront dû quitter la zone en 2012.

(1) le 23 octobre 1983, 58 parachutistes des 1er RCP et 9e RCP avaient été tués par une voiture-suicide.

(2) désastreuse en terme de signal envoyé à l'ISAF, elle économiserait de facto 200 postes.

Un sous-officier de la DGSE otage depuis deux ans

Ce 14 juillet terrible pour la communauté militaire après le bilan meurtrier d'hier l'est aussi pour un otage français, le plus ancien de tous : un sous-officier de la DGSE retenu en otage depuis exactement deux ans en Somalie. Présenté initialement comme un officier -zinqué pour la mission-, cet homme avait été capturé avec son binôme dans leur hôtel de Mogadiscio, où ils étaient descendus comme journalistes.
L'autre otage avait pu échapper à l'attention de ses geôliers, traversant de nuit la capitale somalienne dans son plus simple appareil.
Rappelons que huit Français restent retenus en otages : un agent de la DGSE en Somalie, quatre travailleurs du nucléaire au Sahel, et trois humanitaires au Yémen.

mercredi 13 juillet 2011

In memoriam : ADJ Laurent Marsol (1er RCP/BG Raptor)

Comme son chef d'équipe GCP, le LTN Gauvin, l'ADJ Marsol était sorti major de son école. (crédit : 1er RCP).


L'adjudant Laurent Marsol (35 ans) a été tué ce matin dans une attaque-suicide à Joybar (Kapisa) qui a également fait quatre autres morts français et un afghan. Ce sous-officier particulièrement expérimenté accomplissait en Afghanistan son troisième mandat en Afghanistan sur un intervalle de quatre ans.
Originaire de Toulouse, il avait rejoint le 14e RCS le 1er juin 1998, puis l'ENSOA le 1er mai 2000. Major de sa promotion, il était affecté le 1er juillet 2001 au 1er RCP.
Chef de groupe antichar courte portée, il enchaîne alors une longue série de projections en Nouvelle-Calédone (2001), au Gabon (2002, 2003), RCA (2003, 2008) et au Kosovo (2004 et 2005).
Sergent-chef en avril 2005, il réussit les tests du GCP dans la foulée, et accomplit son premier mandat de commando parachutiste au Tchad en 2006.
Il est projeté à deux reprises en Afghanistan en 2008 et en 2009. Le premier mandat le voit oeuvrer dans la mission extrêmement risquée de détachement de liaison et d'investigation (DLI) à Kaboul, mission de renseignement méconnue et extrêmement risquée, accomplie en binôme, alternativement par les GCP et GCM. Il est alors chef de binôme de recherche.
Dans le deuxième mandat, il opère comme OMLT, mission à peine moins risquée.
Il avait été promu adjudant le 1er juillet 2010.
Il était déployé depuis le 14 mai 2011 en Afghanistan.

In memoriam : LTN Thomas Gauvin (1er RCP/BG Raptor)

Major de promo à Saint-Cyr, second en sortie de l'EAI, GCP au 1er RCP : le LTN Gauvin avait connu un début de carrière fulgurant (crédit : 1er RCP).

Le LTN Thomas Gauvin, 27 ans, a été tué ce matin par une attaque kamikaze à Joybar (Kapisa). Originaire de Caen, ce jeune officier extrêmement prometteur avait intégré l'ESM de Saint-Cyr en septembre 2005, et en était sorti major de promotion. Promu lieutenant le 1er août 2008, il était sorti deuxième de l'école d'application de l'infanterie (EAI), et avait choisi de débuter sa carrière infanterie chez les paras, au 1er RCP. Son parrain de promotion, le capitaine Beaumont, a aussi donné son nom au quartier du 1er RCP, à Pamiers.
Il avait rejoint la 1ère compagnie comme chef de section, puis était parti avec cette dernière en RCA (mars-juin 2010). Dans le cadre du mandat Boali 24, il avait notamment contribué à former les troupes locales. (1)
A son retour, il s'était présenté aux tests du GCP, se classant premier de sa sélection.
Au 1er août, il avait été affecté comme chef d'équipe GCP à la compagnie d'éclairage et d'appui (CEA). Il avait effectué son stage chuteur SOGH à l'ETAP (septembre-décembre 2010) puis suit la mise en conditions avant projection du battle group Raptor, préalable au déploiement en Afghanistan, où il était déployé depuis le 6 mai 2011.
Il devait être promu capitaine le 1er août 2012. Il était marié et sans enfant.

(1) mon confrère Olivier Fourt (RFI) l'avait interviewé à l'époque : son sujet peut être entendu ici. Le LTN Gauvin parle un peu avant la 11e minute.

In memoriam : CCH Sébastien Vermeille (STI Lyon)

L'armée de terre évoque ce soir un "remarquable soldat de l'image". Le CCH Vermeille est le premier membre de la chaîne com' à mourir en Afghanistan (crédit : armée de terre).

Le caporal-chef Sébastien Vermeille (30 ans), du Sirpa Terre Images de Lyon a été tué à Joybar (Kapisa) ce matin, dans une attaque kamikaze. Originaire de Montfavet (Vaucluse), il s'était engagé en 2001 au 1er RIMa. 1ère classe le 1er avril 2002, puis caporal le 1er octobre 2003, il est pilote d'AMX10RC en 2004, année où il est projeté une première fois en Afghanistan, et, dans la foulée, en Côte d'Ivoire.
Il rejoint, à l'issue, le 21e RIMa, avec lequel il part à Djibouti en 2005.
Promu caporal-chef en août 2006, il est ensuite déployé en Nouvelle-Calédonie (2006), au Kosovo (2007) puis au Tchad (2009).
En 2009, il quitte l'infanterie pour la chaîne communication, et rejoint le Sirpa Terre Images de Lyon.
Il servait en Afghanistan depuis le 11 mai dernier au sein du BG Raptor. L'armée de terre rend ce soir hommage à "un remarquable soldat de l’image".

In memoriam : ADJ Emmanuel Techer (17e RGP)

L'adjudant Emmanuel Techer, 38 ans dont 18 de service dans l'armée de terre, a été tué ce matin en Kapisa lors d'une attaque kamikaze à Joybar (Kapisa). Ce sous-officier du 17e RGP s'était engagé à 21 ans à l'ESOAT d'Agen. Nommé sergent le 1er janvier 1994, il avait rejoint le 17e RGP dans la foulée comme spécialiste transmissions. En 1996, il avait obtenu son CT1 de techniques et de combat du génie, et devient chef de groupe génie combat.
En 2001, il rejoint le centre d'entraînement commando (CEC) de Givet. Il revient au 17e RGP en août 2007, comme chef de section de combat, puis chef de la section commandement de la 2e compagnie de combat.
L'armée de terre le décrit ce soir comme doté "d'une vitalité exceptionnelle", "avenant et généreux".
Il aura servi au Tchad (1994, 2008),  en ex-Yougoslave (1995, 1996) au Sénégal (1998) et au Kosovo (1998).
Il était marié sans enfant.
Un autre sapeur du 17e RGP est mort ce matin. A la demande de la famille, l'armée de terre n'a pas diffusé son identité. Ces deux hommes sont les 3e et 4e morts du régiment en Afghanistan.

Un OPV du STI Lyon parmi les tués (actualisé)

Le CCH Sébastien Vermeille, un opérateur de prises de vues (OPV) appartenant au Sirpa Terre Images de Lyon fait partie des cinq soldats tués en Afghanistan ce matin, a-t-on appris en fin d'après-midi.
Les OPV ont été systématisés par l'armée de terre après l'épisode de l'hôtel Ivoire, en 2004, quand l'armée française n'avait pas pu faire preuve de sa bonne foi, devant les émeutiers ivoiriens. Ils font aujourd'hui partie intégrante de la manoeuvre terrestre. Ils ont d'ailleurs encore été utilisés pendant les récentes opérations en Côte d'Ivoire pour emmagasiner des images preuves.
Incidemment, leurs images illustrent aussi régulièrement l'organe de communication de l'armée de terre, TIM, ainsi que le site internet de l'EMA. Mais on l'a compris, ce n'est pas forcément leur destination première.
En Afghanistan, les STI, tout comme les équipes de l'ECPAD sont placées sous le commandement de la chaine communication opérationnelle. Régulièrement, les STI engagent plus d'effectif que l'ECPAD en Afghanistan (et en Afrique).
C'est la première fois qu'un OPV, et plus largement, un personnel de la chaîne communication opérationnelle meurt au combat.
Comme tous les soldats du théâtre afghan, les membres des équipes images doivent suivre une mise en condition particulière, et portent en permanence une arme -ils sont soldats-.

Cinq Français tués en Kapisa, quatre blessés (actualisé-1)

Cinq soldats français ont été tués aujourd'hui en Kapisa, ainsi qu'un civil, dans un attentat suicide. Quatre autres Français ont été blessés, ainsi que trois autres civils afghans. Ce bilan terrible serait le résultat de l'attaque isolée d'un suicide bomber -kamikaze- qui aurait attaqué une shura sécurisée par l'armée française, dans le village de Joybar. Joybar est au coeur du triangle ciblé en permanence par les insurgés, devant la vallée d'Alassay. La France y compte des partisans, et les insurgés n'ont de cesse que d'y reprendre pied.
De fait, le recours au suicide bomber est assez rare en RC-East, du fait du manque de volontaires chez les insurgés. 
On ignore encore les conditions précises de cette attaque, ainsi que les unités d'origine des morts. Joybar, en vallée de Tagab, est au coeur de la zone d'action du BG Raptor, qui a déjà perdu deux de ses membres, le mois dernier.
L'ISAF a annoncé ce bilan terrible à 13h31, avant qu'il ne soit évoqué en France, vers 14 h.
C'est le bilan instantané le plus terrible enregistré depuis l'embuscade d'Uzbeen, le 18 août 2008.
Devant les progrès enregistrés par les troupes françaises en Kapisa, l'EMA s'attendait, dès la fin de l'automne, à ce que les insurgés ne recourrent beaucoup plus massivement à des modes d'actions assymétriques, qu'il s'agisse de suicide bombers, d'IED, ou d'attaques nocturnes de FOB.

Deux blessés français

Kevin, sa mère et son beau-père (crédit : Jean-Marc Tanguy).



Depuis ce midi, la France compte deux citoyens français de plus. Le sergent Anton (*), issu du GCP du 2e REP et le légionnaire Kevin, du 1er REG, se sont vu remettre leur certificat de nationalité par le président du Sénat, Gérard Larcher. Avec emphase et enthousiasme, l'ancien sous-lieutenant a rappelé que ces deux soldats, qui avaient versé leur sang, étaient "le visage de la France, les armes de la France, et l'honneur de la France".

Ils sont encore et avant tout blessés de guerre, et font preuve d'un courage qui force l'admiration. Kevin, encore dans un fauteuil roulant, est un miraculé, mais n'a qu'un objectif : "s'en sortir", et reprendre sa place dans son régiment. Encore tétraplégique, le légionnaire, blessé par une balle insurgée l'an dernier, veut reprendre sa mobilité, et s'y consacre une heure par jour. Liliane, sa mère, qui l'a accompagné pour la cérémonie, loue la détermination de son fils. Et la Légion, qui fait en sorte que rien de manque.
Anton, lui, est sur la même ligne. Appareillé sur la jambe droite, sur des béquilles, le GCP évoque sa blessure, ce camarade qu'il allait assister, quand lui-même a été bleszé, ce jour terrible de juin 2010. Lui aussi remarque que la Légion a tout fait pour que sa famille puisse se consacrer à l'entourer, à l'aider.
Comme son camarade sapeur, le commando-parachutiste n'a qu'un objectif : retrouver sa place au régiment. L'actuel patron de la légion, le général Pierre Bouquin, le leur a encore confirmé. Et le futur COMLE est forcément sur la même ligne : le général Christophe de Saint-Chamas, qui s'est longuement, ce midi, entretenu avec Kevin, revient d'un mandat de treize mois  au sein du HQ ISAF, à Kaboul.
Avant de se séparer, les légionnaires ont chanté, d'une seule voix, le chant du 1er RE ("Nous sommes des volontaires"). Difficile de trouver plus adapté.

(*) pseudonyme.

mardi 12 juillet 2011

Encore des CPA décorés

Cinq commandos issus des CPA défilant le 14 juillet (1) doivent être décorés par le CEMA, aujourd'hui et demain. Deux sergents (et non des caporaux-chefs comme je l'ai écrit) du CPA10 recevront une légion d'honneur, et deux caporaux-chef du même commando seront décorés de la croix de la valeur militaire. Enfin, un maître-chien du CPA30 recevra également une CVM, pour blessures subies au combat en Afghanistan, lors d'une opération de fouille opérationnelle en janvier dernier. Au moins un maître-chien du CPA20, intégré au GFS Arès, avait déjà été décoré pour blessures au feu, en Afghanistan.

(1) Les trois caporaux-chefs des trois CPA intégrés à la garde au drapeau concentrent à eux trois huit citations.

Le PA peut-être sur TF1

Le Charles-de-Gaulle pourrait être l'invité-vedette de l'avant-défilé sur la première chaîne. Qui avait, l'an dernier, effectué un duplex avec la FOB Tora, avant le défilé.
Néanmoins, l'exercice pourrait s'avérer plus risqué, les transmissions avec le Charles-de-Gaulle étant parfois un peu aléatoires.

Les aviateurs sont épuisés

Rien à voir avec le blues du bleu : il s'agit bien du livre éponyme (Aviateurs) qui s'est trop bien vendu. Une réédition n'est pas exclue. A moins qu'un autre livre ne prenne sa place sur les rotatives. A suivre...

Cinq Rafale stationnés à Sigonella

Cinq Rafale de l'armée de l'air sont stationnés depuis le 10 juillet sur la base italienne de Sigonella. Les chasseurs ont posé directement sur le sol sicilien en revenant de leurs raids en Libye. L'EMA devrait confirmer cette opération dans l'après-midi.
A ce stade, il ne devrait pas y avoir d'autres types d'appareils déployés, pour des raisons de simplification de la chaîne MCO. L'armée de l'air étant un peu juste en navigants formés, le nombre de Rafale ne devrait pas non plus être vraiment supérieur au chiffre actuel.
Par ailleurs, les Mirage 2000-5 vont bel et bien quitter Suda : une questions d'heures, si ce n'est déjà fait. Les Qatariens, dont le positionnement à Suda avait de fait obligé leurs homologues à rallier la Crète devraient pour ainsi dire voler de leurs propres ailes. Le maintien sur place de quelques personnels français n'étant pas totalement à exclure.

In memoriam : brigadier Clément Kovac (1er Chasseurs)

Le brigadier Clément Kovac est mort ce matin sur le COP46, des suites d'un incident de tir. Originaire de Péronne, il avait rejoint le 1er-2e régiment de Chasseurs en novembre 2007, à l'âge de 19 ans. Il avait été projeté en Nouvelle-Calédonie en 2007-2008, avant d'être projeté en Afghanistan, le 2 juin dernier, avec le BG Quinze-Deux. Il servait comme chargeur sur AMX-10RCR.
Agé de 22 ans, il était pacsé, sans enfant.

Un débat avec vote

En application de l'article 35, l'assemblée nationale, puis le Sénat entendront les arguments du gouvernement sur la Libye, et la prolongation des opérations. A l'assemblée, après un exposé liminaire, les président des groupes (dans l'ordre, Nouveau Centre, UMP, socialiste et communiste) doivent s'exprimer pendant 20 minutes chacun, à la suite de quoi les présidents des commissions de la défense et des affaires étangères pourront intervenir, avant la clôture des débats. Ensuite, interviendra l'explication de vote, pendant cinq minutes, pour chaque orateur. Sont notamment prévus Bernard Cazeneuve (SOC) et Philippe Vitel (UMP). Le premier a développé,dimanche matin, sur France Inter, une partie de son futur argumentaire (soutien, mais réserves sur les moyens, et les objectifs d'Harmattan).

lundi 11 juillet 2011

Un 64e français tué en Afghanistan

Un brigadier du 1er Chasseurs est mort ce matin vers 9 heures locales, sur le COP Gwan (1), en sud Kapisa. Ce chargeur d'AMX10RCRC a été blessé grièvement par une rafale de Minimi, alors qu'il venait de s'extraire de son véhicule, pour aller décharger sa propre arme personnelle, et procéder aux manoeuvres de sécurité. C'est alors, selon les premiers éléments disponibles, qu'une Minimi lui a tiré dessus, depuis un VAB tout proche. L'arme allait, apparemment, aussi, être concernée par la manoeuvre de sécurité. Evacué en hélicoptère au rôle 3 de KAIA, il n'a pas survécu.
Les éléments du BG Quinze-Deux arrivaient juste sur ce COP.
La prévôté a ouvert une enquête. On n'a toujours pas de nouvelles de la précédente enquête de la prévôté, qui concernait une affaire présentant quelques analogies avec celle-ci.
Cette mort est la première concernant le BG Quinze Deux, qui vient d'arriver en Afghanistan, en relève du BG Richelieu.

(1) baptisé à l'origine COP 46, il avait été rebaptisé COP Hutnik, en l'honneur du légionnaire qui était mort à proximité. Du fait de l'Afghanisation, explique-t-on, ce COP vient d'être débaptisé pour prendre le nom du lieu : Gwan.

dimanche 10 juillet 2011

50 ans après, le 2e RPIMa commémore Bizerte

Le 19 juillet prochain, le 2e RPIMa, basé à La Réunion, commémorera un saut historique sur Bizerte (Tunisie). Plus de 270 paras avaient alors été engagés, cinq ans après un autre saut historique, à Suez.
Pour l'occasion, 35 vétérans ont décidé de faire le déplacement jusqu'en Océan Indien, où ils arrivent mardi. Parmi les paras qui sautèrent ce jour-là figurait le futur général Jean Salvan, alors lieutenant (1).
Deux anciens doivent sauter en tandem, signale le chef de corps, le colonel Xavier Lafargue, qui défilera le 14 juillet à Paris, dans le module outremer.
Le 2e RPIMa est, comme le 1er RPIMa, issu des traditions SAS remontant à la seconde guerre mondiale. Son effectif atteint 460 militaires. Le régiment assure la présence française dans les îles Eparses et des DIO (détachements d'instruction opérationnelle) en Afrique australe. Trois ont déjà été accomplis cette année, au Lesotho, au Bostwana et en Tanzanie.

(1) il fut par la suite, en 1976, commandant en second du 2e RPIMa, puis chef de corps du 3e RPIMa, avec lequel il (une nouvelle fois) blessé, au Liban.

Une lettre pour les morts d'Afghanistan

Voici la lettre que me transmet Jean-Louis Tosque, un ancien fusilier-commando de 57 ans. Elle traduit, à mon sens, le désarroi qui frappe, aujourd'hui, la communauté militaire, d'active, ou les anciens, sur l'insuffisant rayonnement de l'engagement français en Afghanistan, ainsi que des morts et des blessés qui en résultent.
Jean-Louis Tosque dit avoir envoyé ce mail à la présidence de la République :
"Monsieur le Président,
Militaire en retraite, je suis touché par la perte de nos soldats et sensible au fait que leur sacrifice n'est pas suffisamment, voire pas du tout, reconnu par les médias. En tant que chef des armées, vous avez la possibilité d'associer la nation à un hommage solennel à ceux qui donnent tout pour la mission que vous leur avez confiée. Pour cette raison, je vous suggère que lors des cérémonies du 14 juillet, à la suite des honneurs, après votre revue des troupes, il y ait un appel des noms des soixante-trois morts au combat, suivi de la sonnerie aux morts et de l'hymne national ! Votre agrément à cette suggestion serait appréciée de toute la communauté militaire, des familles et de la nation qui prendrait conscience de l'engagement de son armée.
Par avance je vous remercie de l'attention que vous voudrez bien porter à mon courrier et je vous prie d'agréer l'expression de mon profond respect."
J'ajouterai que ce mail fait écho aux récentes revendications du CSFM, que le ministre doit avoir entendu, puisqu'il a ce soir évoqué sur BFM TV le déficit de traitement par les médias des morts au combat (1), en réponse à une question d'Oliver Mazerolle déplorant cet état de fait. On verra, assez vite, si ses services ont, eux aussi, entendu le message.

(1) il a évoqué le fait que durant la détention de deux journalistes de France 3, 26 (en fait, 27) soldats étaient morts en Afghanistan. La formulation m'a semblé ambigüe, et sans être son porte-parole, j'imagine qu'il déplorait le fait que les deux premiers avaient eu droit à plus de médiatisation que les 27 autres.

Un Français à nouveau décoré par l'US Air Force

Les lecteurs de RAIDS avaient pu découvrir le parcours du CDT V., en décembre 2009. Cet hélicoptériste du 1.67 Pyrénées, désormais commandant d'une des promotions de l'école de l'air, aura opéré trois ans au total comme officier français en échange dans l'US Air Force, assurant deux mandats sur HH-60 Pave Hawk dans le sud afghan, soit 200 missions de combat, une expérience extraordinaire pour ce pilote de Puma qui s'apprêtait à migrer sur Caracal.
Un exemple déjà rare (1), déjà décoré par l'USAF. Qui s'apprête à récidiver, en remettant dans quelques jours une double décoration à l'officier français : une "DFC with valor" pour faits d'armes sous le feu, et une Air Force Combat Medal. La cérémonie se tiendra dans un haut lieu de l'amitié franco-américaine, le mémorial La Fayette de Marnes-la-Coquette.


(1) depuis, un deuxième officier français a opéré sur A-10 en Afghanistan, et un troisième l'a remplacé comme officier d'échange. A ma connaissance, aucun pilote étranger n'a volé au sein de l'USAF en Afghanistan.

samedi 9 juillet 2011

Sur un bon 14-juillet, on trouve... (actualisé)

... Des soldats de retour d'opex, ici les Allobroges du 7e BCA.
Les montagnards alignent des représentants des 2e, 3e et 4e compagnies, et du TC2 (train de commandement n°2) de retour d'Afghanistan. Ils ont défilé ce matin sans skis ni piolets, mais ces derniers sont dans les soutes des bus, prêts à servir, si d'aventure, on prenait la décision de les faire défiler ainsi. Ce qui aurait, cependant, des effets sur les espacements entre les rangs. En tout état de cause, le "7" défilera en blanc. Et il sera possible de rencontrer une partie des défilants dans le 19e arrondissement (place Armand-Carrel) le 14 juillet après-midi.
 Sur tout défilé, il y a aussi désormais des HK416, symbole de présence des forces spéciales (mais pas que...) :
On trouve ceux-ci dans le carré du CFA, portés par les commandos parachutistes de l'air (CPA). Particularité tenant au décret de protection de leur anonymat, les personnels du CPA10 comme, apprend-on, ceux des autres CPA 20 et 30 seront grimés -comme les dragons du 13e RDP l'an dernier- jusqu'aux mains.
Notons également que les CPA défilent avec un de leurs blessés, un maître-chien du CPA30 engagé avec la fouille opérationnelle du 6e RG.
Sur tout bon défilé, on trouve aussi des polytechniciens, mais aussi, des polytechniciennes (18% de la population), ici côté cour :
et ici, côté défilé :
Incontournables, tous les ans, les écoles des armées. Ici les médecins, ce qui me permet d'évoquer la fin de l'ESSA, et la naissance récente de l'ESA :

 et là, l'école militaires interarmes (EMIA), dont la promotion Puy-Montbrun entonne un chant à la gloire de son parrain de promotion. Déodat de Puy-Montbrun, fut une figure des GCMA en Indochine, et un des concepteurs du travail coopératif entre commandos et hélicoptères, en Algérie. Ici, le bloc défilant au briefing, avant le premier passage.

Pas de bon défilé, désormais, sans les étrangers qui professent dans nos écoles, comme celui-ci, instructeur à l'école navale :
Néanmoins, et de l'avis de nombreux observateurs, pour les défilés, les cracks sont les gendarmes, ici, ceux du module multimissions :
 
Ces 107 gendarmes sont issus des PGHM, de la gendarmerie de l'air -la gendarmerie maritime se retrouve cette année à deux endroits différents du défilé-, de la gendarmerie mobile et de la gendarmerie départementale, essentiellement de la grande couronne parisienne.
Notons que ces gendarmes défileront en pantalon d'intervention et en chemisette -avec médailles pendantes-, le 14 juillet, et que leurs officiers ne porteront pas sabre mais leur arme de service SigPro 2022.
Rappelons par ailleurs que des hélicoptères des formations aériennes de la gendarmerie (FAG) sont également inscrits au défilé aérien.
Pas de répétitions, sans petit couac : celui du jour a été brièvement étouffé, mais quand même : la sono, par ailleurs très capricieuse, a brièvement diffusé l'Internationale.