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mardi 30 novembre 2010

Au quai aussi...

Au quai d'Orsay aussi, le cabinet de Michèle Alliot-Marie prend forme. L'ancienne ministre de la Défense avait déjà nommé, dès le 19 novembre deux anciens de l'hôtel de Brienne, Ludivine Olive (chef du cabinet civil) et l'ancien chargé des affaires budgétaires, Alexandre Jevakhoff (1). Elle rallie également à elle, pour prendre la presse, l'actuel porte-parole du ministère de l'intérieur, Gérard Gachet (par ailleurs élu à Paris, dans le 16e) qui prendra ses fonctions lundi.
Son directeur de cabinet, le diplomate Hervé Ladsous, vient d'être nommé. Ancien porte-parole du quai, ce diplômé de Langues O a notamment été ambassadeur de France en Indonésie et, tout dernièrement, en Chine.

(1) qui l'ont suivie entretemps à l'Intérieur puis à la Justice.

Les SEM d'Agapanthe ont volé

Une patrouille de SEM partie du Charles-de-Gaulle a opéré au-dessus de l'Afghanistan, ce matin, mais le Rafale n'a pas pris l'air, comme nous le pressentions hier (1). Cette patrouille n'a pas rencontré d'occasion de faire usage de ses armements (canons, bombes), comme c'est d'ailleurs le cas, depuis l'entrée en lice des chasseurs du GAN, vendredi. Les engagements ne se décident pas, et parfois, le seul son des réacteurs suffit à faire s'évaporer l'insurgé.
On n'a pas de précision sur la zone dans laquelle opèrent les chasseurs embarqués français. L'activité des Mirage, elle, semblait se concentrer, ces dernières semaines, dans le RC-SW.
Le rythme opérationnel prévu à l'origine par le groupe aérien embarqué devait atteindre les 10 sorties jour. Ce dimanche, il était évalué à "une vingtaine de sorties" depuis le début des vols afghans.

(1) les Rafale Air, eux, continuent "normalement" leurs missions en France et aux EAU, assure l'armée de l'air.

Le coût régional de la réno Mirage 2000D

Les équipages ont réussi à adapter ce pur produit de la guerre froide aux opérations de contre-insurrection. Le Mirage 2000D a été déployé en Afghanistan en 2002, et depuis 2005, à Douchanbe, puis Kandahar (crédit : ISAF).

On l'a déjà rappelé, sur ce blog, l'impact opérationnel de la non-réalisation de la rénovation du Mirage 2000D ne sera pas négligeable. Le rapport sénatorial sur l'équipement des forces (1) évoque, lui, le coût d'un abandon de la rénovation du Mirage 2000D (10 MEUR pièce pour 77 avions), pour les industriels. Par exemple, la rénovation devait occuper 150 emplois pendant quatre ans chez Thalès, majoritairement à Bordeaux. L'industriel a déjà annoncé, la semaine dernière, des perspectives de départs volontaires, du fait d'une baisse de l'activité défense : on ignore si ces chiffres intégraient un simple décalage, ou un abandon de la réno des Mirage.
Chez Realmeca, PME qui oeuvre aussi sur le Rafale, la perte de cette rénovation coûterait 30 de ses 130 emplois. Enfin, c'est aussi, pour l'AIA de Clermont-Ferrand, une perspective d'activité qui disparaîtrait.

(1) ce rapport explique aussi que la capacité de détection air-air de l'actuel radar du Mirage 2000D ne dépasse pas les 10 km.

lundi 29 novembre 2010

Après la perte du M18

Le M27 sur le pont du Charles de Gaulle en 2009 (crédit : MT Quarante).

Les Rafale M de la marine pourraient ne pas reprendre leurs vols immédiatement, apprend-on ce soir. Cet état de fait n'est pas forcément lié à une difficulté dans la compréhension de l'évènement d'hier : seulement, il est nettement plus facile d'arrêter une flotte d'aéronefs, que de lui faire reprendre l'air. C'est traditionnellement le major-général de chaque armée -dans ce cas, le MGM, l'amiral Benoît Chomel de Jarnieu- qui prend cette décision.
Le groupe aéronaval peut poursuivre son activité au-dessus de l'Afghanistan sans le Rafale, même si cette absence pèserait, en termes d'image, et pas que pour le destin commercial de l'avion.
C'est le BEAD-Air qui devrait être, logiquement, chargé de l'enquête. Ou l'Inspection générale, qui en a la tutelle. Comme c'est souvent le cas, il pourrait être difficile d'isoler un facteur dans l'enchaînement qui a amené à la perte du M18. Cependant, un accident de ravitaillement en vol -ingestion de gland par exemple, qualité du carburant- semble exclu.
Avantage de l'accident d'hier, le pilote a pu vraisemblablement livrer son analyse de l'évènement qu'il a connu. Son enregistreur de vol -ESPAR- gît cependant par 2.500-3.000 mètres de fond. Ce pilote est décrit comme un personnel expérimenté, avec plus de 2.000 heures de vol. Il a notamment participé au dernier Agapanthe.
La flotte Rafale de la marine a enregistré 24.000 heures de vol depuis ses débuts (1), il y a bientôt dix ans. La mise en service opérationnelle (MSO) n'avait été prononcée qu'en 2004.

(1) c'est également le nombre d'appontages réalisés sur le PACDG, tous aéronefs confondus. C'est un SEM qui a enregistré le 24.000e, samedi.

Et trois Cougar de plus !

Les Cougar espagnols sont un standard au-dessus de leurs équivalents français de l'ALAT. (crédit : ISAF).

Trois Cougar supplémentaires viennent de débarquer en Afghanistan, mais il ne s'agit pas de reforts de l'Alat française : ces appareils opèreront dans l'ouest, sous les couleurs espagnoles.
L'Espagne a déjà déployé des Cougar : l'accident de deux d'entre eux reste un perte cruelle chez les militaires ibères, qui ont aussi déployé de puissants CH-47.
Les Cougar espagnols sont traditionnellement missionnés pour les Medevac.
Outre l'Espagne, les Pays-Bas avaient également, par le passé, mis en oeuvre des Cougar, à l'autoprotection particulièrement léchée (assez proche du standard de nos propres Caracal).
La France aligne deux Cougar de l'Alat au sein du bataillon hélicoptères, un troisième est en cours de déploiement, mais il le sera sans un équipage de plus : ce sera donc une très légère marge de manoeuvre supplémentaire. La Gazelle perdue il y a quelques jours sur un pylône est, quant à elle, en cours de remplacement.
La flotte de l'Alat compte 23 Cougar, dont 19 en ligne. 3 sont donc affectés à l'Afghanistan.

Le cabinet Juppé avance

Plusieurs membres du cabinet Juppé ont été nommés ces dernières heures, par delà les noms que nous avions déjà évoqués le 22 novembre. Charlotte Matringe, transfuge du cabinet précédent, sera en charge des discours du ministre de la Défense (après avoir été conseillère pour les affaires politiques d'Hervé Morin), tandis que Charles Hufnagel devient son conseiller pour la presse. Arrivant d'Asie, cet ancien d'Areva a déjà oeuvré dans ce domaine.
Arnaud de Pellegards devient diplo adjoint, secondant Nicolas Niemtchinow, qui a survécu au changement de ministre.
Adelaïde Barbier s'occupera, elle, des relations avec le parlement qu'elle connaît bien pour avoir été, quatre ans, assistante parlementaire au Sénat, puis conseillère parlementaire au ministère des relations avec le parlement.
Philippe Albiez est chef adjoint du cabinet civil, conseiller pour les affaires parlementaires, et Charles Moreau suivra la mise en oeuvre territoriale de la réforme et le développement durable.
C'est un commissiare-colonel, Thierry-Marc Pineaud, qui sera charge des anciens combattants, du patrimoine culturel et de la mémoire.

Rupture capacitaire en vue

Neuf Rafale M en formation, en 2006 (crédit : archives MArine Nationale / Jérome Hary).

Avec la perte de trois Rafale en quatorze mois, la marine va devoir désormais gérer sa flotte d'avions au plus juste. Alors même qu'elle s'apprête, cet été, à convertir une deuxième flottille, la 11F, sur Rafale (1).
Avec 10 appareils à bord du Charles-de-Gaulle, elle était à la limite de ce qu'elle pouvait engager en mer. Il est donc quasiment impensable qu'elle renvoie ne serait-ce qu'un appareil remplacer celui perdu hier.
Quelques explications s'imposent.
La marine a reçu trente Rafale M de Dassault Aviation (2). Neuf cellules, des F1 (première génération, standard air-air uniquement) dorment, cocoonées, sous des hangarettes, à Landivisiau, dans l'attente d'un programme de remise à niveau, en principe désormais acquis. Un dixième F1 est utilisé par Dassault. Faute de n'avoir pu, budgétairement, lancer cette opération plus tôt, la marine se retrouve dans un situation particulièrement critique.
Car il ne reste donc que dix-sept appareils disponibles, après l'attrition. Un appareil de la marine campe désormais à Saint-Dizier, en contribution à l'escadron de transformation Rafale (ETR).
A l'heure actuelle, la base aéronavale de Landivisiau n'héberge donc que sept avions, outre les neuf du PACDG. Une disponibilité traditionnellement bonne à la mer se paie en disponibilité à la base arrière : ces sept avions ne sont donc pas, vraisemblablement, tous en état de voler dans l'immédiat.
Pour passer ce cap difficile, la marine ne recevra que deux Rafale M en 2011. Comme l'a noté la députée Marguerite Lamour, rapporteur du budget marine à l'assemblée, "une période de rupture capacitaire risque de survenir pendant la période 2015-2017, puisque la marine ne disposera alors que de 34 Rafale (désormais 33, NDLR), soit six (soit sept, NDLR) de moins que le seuil de criticité du groupe aérien embarqué, évalué à quarante."
Ceci, évidemment, si le programme de rétrofit ne prend pas du retard.

(1) et qu'il ne subsistera donc plus qu'une flottille, la 17F, sur SEM.
(2) Rappelons que la série des Rafale Marine, initialement de 86 engins, a été réduite à deux reprises. D'abord à 60 exemplaires, puis 58.

dimanche 28 novembre 2010

Un Rafale perdu au large du Pakistan (actualisé)

Le M18, en 2008, avant l'interruption du porte-avions. (archives Marine Nationale / SM Falempin).

Ce dimanche, un pilote de Rafale Marine de la flottille 12F a dû s'éjecter de son appareil à 100 km au large du Pakistan. C'est le ministère de la Défense qui vient de l'annoncer. On ignore encore les causes de la perte de l'avion, un des 10 de ce type qu'embarquait le PACDG.
Le Rafale M18 avait été catapulté normalement, et se dirigeait vers le Pakistan avec son SEM quand la patrouille mixte a rebroussé chemin vers le porte-avions. Pour une raison non encore communiquée, le Rafale n'a pu apponter, et s'est écrasé en mer.
Le pilote, récupéré par un des Pedro du bord est "indemne". Une telle récupération, à proximité du porte-avions est évidemment une situation idéale : cela aurait été beaucoup plus compliqué si l'avion s'était écrasé dans les zones tribales du Pakistan. Ou en zone insurgée, dans le sud afghan.
C'est le premier Rafale perdu en opérations, et le premier de type F3. On ignore dans quelle configuration était celui-ci. Un Rafale peut emporter une nacelle de reconnaissance Reco-NG, ainsi que des armements guidés (GBU-12, AASM). Selon l'EMA, l'avion avait un chargement de bombes, mais sans plus de détail à ce stade.
Officiellement en tout cas, les Rafale Marine ne sont pas cloués au sol. Ceux de l'armée de l'air basés aux EAU ont effectué "normalement leurs missions" affirme l'EMA.
Ceux du PACDG ne devaient pas voler demain : c'est un "no-fly day".
La récupération de l'épave du Rafale s'avèrera particulièrement ardue : les fonds, à cet endroit, descendent jusqu'à 2.500-3.000 mètres. Il semble cependant difficile de laisser à la portée des curieux le dernier né des chasseurs français, du type qui emporte l'armement nucléaire. La Marine avait déjà récupéré des épaves par grand fond, mais c'était au large des côtes françaises.
Deux Rafale Marine avaient été perdus avec l'un des pilotes (1) lors d'une collision, le 24 septembre 2009. Un Rafale Air du 1.7 Provence s'était écrasé, en décembre 2007, tuant son pilote, le capitaine Emmanuel "Bouba" Moriuser.
Le groupe aéronaval limitera son activité "à un mois" au large de l'Afghanistan apprend-on par ailleurs, soit une réduction d'une dizaine de jours par rapport aux prévisions initiales (43 jours). Une "vingtaine" de sorties ont été réalisées affirme-t-on aussi, depuis la reprise des opérations, jeudi, comme ce blog l'a annoncé.
Le Rafale est engagé dans la zone afghane depuis 2001 par la marine, et depuis 2007 par l'armée de l'Air, à Douchanbe puis Kandahar. Un déploiement de Rafale Air est d'ailleurs envisagé pour l'été 2011. Depuis le mois d'octobre, trois Rafale Air sont déployés en permanence aux EAU, sur la base aérienne 104, au sein de l'escadron 3.30 Lorraine.
Cet aéronef est le deuxième perdu par l'aviation française en Afghanistan depuis le début de cet engagement en 2001, après le crash d'une Gazelle, en Kapisa, le 3 novembre dernier.

(1) le CF François "Duf" Duflot : on peut consulter sa biographie ici.

Le brevet 54 raconte

Daniel Cerdan, un des figures du GIGN, fut aussi le garde du corps de François de Gossouvre, pendant 12 ans. Il raconte son histoire à France 2, ce midi, à 13h15.

On a largué sur Tora

Un aéronef de l'armée de l'Air, vraisemblablement un Transall du GTO de Douchanbe a effectué un largage de matériel à très grande hauteur et ouverture basse (LMTGHOB), la semaine dernière sur la FOB Tora.
Ce protocole développé par le 1.61 Touraine d'Orléans permet de s'affranchir des routes, et donc, des risques qui pèsent sur les convois. Elle ne nécessite que de la pratique et une bonne connaissance de la météo, que celle-ci soit bonne ou mauvaise, pour une précision d'arrivée au sol difficile à obtenir par d'autres moyens.
Le LMTGHOB avait été développé, initialement, pour ravitailler les OMLT lorsque ces derniers avaient été mis en place sur des postes dispersés, en 2007. Il constitue une alternative au procédé américain, très coûteux.

samedi 27 novembre 2010

Et 30 kg qui font 15 tonnes

La double page d'ouverture d'un des deux chapitres que je consacre à la lutte contre le narcotrafic, dans le hors-série de Raids sur les 100 ans de l'aéronavale. (crédit : Raids).

La marine française a intercepté un go-fast mercredi en Mediterranée, mais on ne l'a appris que ce midi (1). Les quatre occupants ont été interpelés, et 30kg de drogue non spécifiée ont été récupérés. Sur une cargaison estimée à 1.800 kg. Les passeurs procèdent ainsi en général, s'allégeant pendant la phase d'interception, pensant alléger leur peine (faute de preuves à bord croient-ils) et gagner quelques noeuds.
Une fois de plus, cela n'a pas suffi.
Les quatre passeurs ont été transférés au SRPJ de Marseille, saisi par la juridiction inter-régionale spécialisée (JIRS) de Marseille. Les JIRS ont été mises sur pied pour lutter contre la délinquance organisée, particulièrement le grand banditisme et le narcotrafic.
Comme c'est classique sur ce genre d'opérations, les douanes étaient représentées pendant les différentes phases.
Selon la préfecture maritime de Toulon, les interceptions ont généré depuis 2006 une saisie de 15 tonnes, 35 tonnes sont allées nourrir les poissons. 19 go-fast ont aussi rallié les ports français.
Une belle flottille qui pourrait être réutilisée par les commandos marine pour leur entraînement.
Puisque, même si le communiqué du jour reste très elliptique sur les conditions d'arrestation des narcos, pas une interception depuis 2006 n'a été réalisée sans la présence de ces forces spéciales, qu'elle soit en l'air (tireurs d'élite) et/ou en mer, pour (ar-)raisonner les passeurs, rarement coopératifs.

(1) le délai de 96 heures qu'on peut imposer en matière de garde-à-vue (GAV), et par conséquent, de discrétion sur l'interception. C'est une extension du mode normal de GAV, seules affaires de stupéfiants et de terrorisme en bénéficient.

Djibouti : Juppé a tranché

C'est Alain Juppé en personne qui a signé le document scellant le destin des forces terrestres à Djibouti. La signature aurait pu avoir lieu mardi, d'où l'annonce de la nouvelle, aux troupes, jeudi.
Secret-Défense évoquant jeudi l'annonce du départ pour les EAU de la 13e DBLE de sa base historique.
On ne pouvait guère attendre plus longtemps : les personnels affectés ne l'avaient été que pour un an... Et les plans de mutation, de plus en plus tardifs (ce n'est pas le cas qu'à Djibouti) exacerbent de plus en plus les militaires.
Le dossier est, de fait, bien plus complexe. Le départ de la "13" était lié, dans les plans initiaux, à une simple bascule sur les EAU, le "5" restant dans les murs, et reprenant une partie de l'infra de la Légion. Les parcs d'alerte, la compagnie de maintenance, sont situés dans l'enceinte Légion. Qui vient, par ailleurs de développer une piste entière de formation à la lutte contre les IED.
Or la bascule émirienne semble désormais moins acquise.
Le 5e RIAOM lui-même va évoluer, avec la compagnie permanente (La 1ère, "Les Cynos") qui devient tournante. Le but étant, vraisemblablement, de faire passer encore plus de monde dans ce site magnifique, qui permet l'aguerrissement au désert, et une sensibilisation aux problématiques afghanes. Le 5e RIAOM, régiment de culture coloniale, est un des seules à avoir survécu, avec le 9e RIMa en Guyane, au coup de hachoir opéré outremer, avec la disparition du 33e RIMa, du RIMAP, etc.
Le nouvel accord de Défense avec les autorités djiboutiennes n'est pas non plus encore définitivement bouclé. Il conditionnera aussi, forcément, le volume des moyens aériens : 10 Mirage, 1 Transall, 7 Puma, 2 Gazelle (et non 3), un Fennec. Et évidemment, le statut du HMC Bouffard.

vendredi 26 novembre 2010

Alassay, nid de frelons (suite)

La tristement célèbre vallée d'Alassay (Kapisa) a encore fait parler d'elle il y a quelques jours : trois OMLT de la 11e BP y ont été blessés, dont deux grièvement, par "des tirs de RPG", lors d'une "opération de protection".
Un parachutiste du 35e RAP reste hospitalisé à Paris, tandis qu'un autre soldat, du même régiment, et un transmetteur de la 11e CCTP ont pu quitter l'hôpital, nous signale-t-on.

Des commandos de l'air contre les pirates (actualisé)

Des commandos du CPA10 ont contribué à une opération de lutte contre la piraterie. C'est qui ressort du CV de l'un d'eux qui a été décoré ce matin par le président de la République en personne, aux Invalides (1). Sans plus de détail, la notice biographique évoque le fait que ce caporal-chef s'est illustré au large des côtes somaliennes dans le cadre d'une opération de libération d'otages français.
Le commando a été fait chevalier de la légion d'honneur. Il était déjà titulaire de quatre citations, et de 68 missions de guerre en République démocratique du Congo (RDC, où le COS s'est déployé en 2003 - opération Mamba- et en 2006 -opération Benga) et Afghanistan. Le CPA10 compte déjà plusieurs caporaux-chef titulaires de la légion d'honneur, malgré son jeune âge.
Un premier maître commando marine, déjà cité à deux reprises, a également été fait chevalier de la légion d'honneur ce matin. Ce commando a lui aussi été déployé en RDC et en Afghanistan, ainsi que dans les Balkans.

(1) entre autres récipiendaires, le colonel Nicolas Le Nen, ancien commandant de la TF Tiger en Kapisa a été fait officier dans l'ordre national du mérite. Le général de division Christian Baptiste -sorti du rang !- a quant à lui été élevé commandeur dans l'ordre national du mérite.

L'aéronavale revient en Afghanistan (actualisé)

Le PACDG a envoyé hier sa première bordée de Rafale et Hawkeye opérer au-dessus de l'Afghanistan. Cet engagement au profit de l'ISAF devrait durer un peu moins d'une quarantaine de jours.
Selon l'EMA, seul le Hawkeye aurait travaillé, hier, au-dessus de l'Afghanistan. Tous les types d'avions ont par contre opéré ce jour, que ce soit en patrouilles mixtes Rafale-SEM, ou SEM uniquement.

Pourquoi on fait Mars en Novembre (actualisé)

Trois industriels ont annoncé ce matin la naissance d'une société commune, Mars (maîtrise de l'architecture Scorpion), qui devra porter dorénavant leur efforts envers le programme Scorpion. Sagem, qui a été la première à envoyer son communiqué de presse, est aussi celle qui en détiendra le moins de capital (25%), Thales et Nexter recueillant chacun 37,5% des actions.
La société sera basée chez Nexter, à Satory, dans une aile où sont déjà logées d'autres joint ventures. Elle emploiera une dizaine de salariés. Même si, par ailleurs, dans chacune des entreprises-mères, d'autres salariés contribueront au contrat annoncé hier, qui doit permettre de définir la future architecture du système de l'armée de terre. Pour un pactole forcément limité -on parle d'architecture, pas de fabrications- de 21 MEUR.
Deux consortia leur ont été opposés sur cet appel d'offres (Renault et EADS), Panhard n'ayant finalement pas déposé d'offre.

Hommage aux sous-mariniers

Alain Juppé se rendra mercredi à l'Ile Longue pour rendre hommage aux sous-mariniers de la force océanique stratégique (FOSt), qui fête cette année ses quarante ans d'existence.
Il devrait notamment en visiter un des quatre sous-marins.
Depuis quelques semaines, un de ces submersibles est en chantier d'adaptation M-51. Ce missile étant, rappelons-le, fabriqué à Bordeaux par EADS et G2P (Safran/SNPE), et assemblé en Bretagne même.

Un Aravis endommagé (actualisé)

Un Aravis de l'armée de terre a été endommagé en Afghanistan le 11 novembre dernier, mais on ne l'a appris que ces denrières heures. Le véhicule a bien connu un "accident de la circulation", ce qui l'a fait tomber "de trois à quatre mètres" assure-t-on à Paris. La route se serait, en fait, affaissée, faisant verser le véhicule. L'accident s'est déroulé non loin du COP Rocco (Surobi), le poste français le plus à l'est de l'AOR de la brigade La Fayette.
Les occupants n'ont pas été blessés, le mérite en revenant aux sièges-harnais qui l'équipent. "Avec un autre véhicule, le bilan aurait été bien plus grave" constate le porte-parole de l'état-major des armées. Les uniques dégâts sont matériels : le véhicule serait inutilisable, tout comme son tourelleau téléopéré (TOP), et vraisemblablement, ses brouilleurs.
Mais le véhicule a joué son rôle, protégeant ses occupants...
Un Aravis coûte environ 1 MEUR. Quinze ont été payés par le plan de relance.
Onze véhicules ont été envoyés en Afghanistan, où ils sont opérationnels depuis le mois d'octobre. Ces véhicules sont employés par le détachement d'ouverture d'itinéraires piégés (DOIP), en conjonction avec le Buffalo et le Souvim.

jeudi 25 novembre 2010

Premier TEF d'ASMP

Les forces aériennes stratégiques (FAS) ont effectué le 23 novembre le "premier tir d'évalution des forces" (TEF) d'un missile ASMP-A. C'est un Mirage 2000 NK3 du 3.4 Limousin d'Istres qui a effectué cette première, lors d'un vol de cinq heures. Deux à trois ravitaillements, effectués par le même C-135FR des FAS, ont assuré l'endurance nécessaire.
On n'a pas de précision sur le plan de vol de l'appareil. On sait seulement que le vol s'est déroulé de jour. Et que le missile, qui dispose d'une allonge de plusieurs centaines de kilomètres et de capacités accrues de pénétration, a fini sa course dans l'enceinte du CELM de Biscarosse (Landes).
La marine nationale a contribué à cette première, en fournissant, apparemment, des capacités de détection en mer.
Le couple Mirage 2000N/ASMP-A avait été déclaré bon pour le service à l'automne 2009, tandis que le Rafale a acquis cette capacité nouvelle cet été.
Les FAS assurent leur mission de permanence depuis 1964.

Le PR visitera des blessés vendredi (actualisé)

Le président de la République et chef des armées visitera des blessés à l'institution nationales des Invalides, demain, à Paris. Comme cela a déjà été le cas pour son premier ministre (mi-octobre) et son ministre de la défense (ce mardi), cette visite devrait s'effectuer sans journaliste.
Le CEMAT accueillait pour sa part ce soir les équipes médicales, de la CABAT et de l'action sociale des armées, chargées d'assurer l'accueil, le soutien et les soins aux soldats.

Un aviateur chez Hippocampe

Le forum Hippocampe a accueilli hier le général d'armée aérienne Patrick de Rousiers, inspecteur général des armées air (1) autour du thème "Aviateurs Européens en 2020, mythes et réalités".
Le Forum Hippocampe, cercle de réflexion et de débat, réunit des décideurs politiques, civils et militaires ainsi que "des jeunes à haut potentiels, déjà parties prenantes dans la vie publique" explique-t-on.

(1) pilote de chasse (reconnaissance), chef des Représentations Militaires françaises auprès du Comité Militaire de l'Union Européenne (2008-2010) et auprès du Comite Militaire de l'OTAN (2009-2010), ancien commandant de la défense aérienne et des opérations aériennes.

Le drapeau ne flotte plus au-dessus de l'EMA

La drapeau tricolore qui flottait au point culminant du 231, boulevard Saint Germain (1) ne le fait plus depuis plusieurs mois, parce que l'accès jusqu'à la hampe apparaît des plus risqués, pour les normes HSCT. Il ne reste donc plus "que" un étendard plus modeste, surmontant l'entrée du 231.
La question devrait cependant être réglée avec une place d'armes en cours d'aménagement, avec, donc, un vrai mât, et un drapeau de bonne taille.

(1) le drapeau qui barre l'entrée du 231 est déployé actuellement en souvenir des personnels civils du ministère qui ont donné leur vie pour la France.

Le 500e

Un officier de la DGSE a commencé aujourd'hui jeudi son 500e jour de détention de détention en Somalie. Il avait été capturé, avec un autre officier, évadé depuis, par des milices, dans un hôtel de Mogadiscio, le 14 juillet 2009.
Deux autres Français sont retenus otages en Afghanistan, depuis le 30 décembre 2009, et cinq autres, dont une femme, ont été capturés le 16 septembre, au Niger.
La DGSE et les forces armées sont engagées, à des niveaux divers, pour obtenir leur libération.
Cinq Français, qui avaient été pris en otages ces dernières semaines dans le golfe de Guinée, ont pu être libérés depuis le début du mois, par la force, pour deux d'entre eux, et vraisemblablement par versement de rançon, pour les trois autres.

mercredi 24 novembre 2010

Partie Pas Terminée

Rebondissements par presse interposée. On apprenait dans TTU la victoire d'Iveco, la semaine dernière, dans l'appel d'offres pour le porteur polyvalent terrestre (PPT). Et ce sont Les Echos qui annoncent aujourd'hui un nouveau soubresaut dans le procurement français : la DGA va devoir reconsulter pour ce programme.
La DGA recensait aujourd'hui les informations rares dont elle disposait sur le sujet : "RTD a fait un recours pré-contractuel. Ce recours est suspensif de la notification d'un contrat" nous a laconiquement déclaré un porte-parole, qui évoque une cible de 2.200 véhicules.
Chez Renault Trucks, encore plus de prudence verbale : un porte-parole basé dans le Rhône (siège social) nous a simplement expliqué que la société ne ferait "aucun commentaire sur le sujet".
Tout en rappelant, et c'est sans doute le coeur du sujet, que "Renault Trucks emploie 10.000 salariés en France". 10% de l'activité de la société porterait sur la défense.
Les Kerax de l'armée de terre sont notamment fabriqués à Bourg-en-Bresse. RTD assure aussi une part non négligeable du VBCI, mais cette production, pour l'instant uniquement destinée à l'armée française, a déjà franchi le tiers du total prévu.
Les recours au tribunal administratif sont assez récurrents, désormais. Ainsi, plusieurs contrats avaient été contestés récemment, que ce soit pour le VHM, ou pour des brouilleurs destinés aux forces en Afghanistan.
Pour cette raison, la DGA n'hésite plus à procéder discrètement et/ou rapidement, comme cela avait été le cas avec l'achat de deux hélicoptères EC225, l'été dernier. Ou en achetant par une procédure américaine (FMS), comme ce fut le cas pour le Javelin.
D'autres centrales du ministère procèdent encore différemment, pour éviter les contestations : en achetant via la NAMSA, dont les décisions sont beaucoup plus difficiles à attaquer au tribunal administratif français.

Un Raptor en Kapisa au printemps

Un groupe du 1er RCP s'apprête à prendre l'aéroport de Cahors, en novembre 2007
(crédit : Jean-Marc Tanguy)
.

Le GTIA qui sera formé autour du 1er RCP en Kapisa, au printemps s'appellera Raptor. C'est le premier BG français engagé en Afghanistan à prendre un nom résolument anglo-saxon.
Le 1er RCP est déjà largement entré dans sa phase de mise en condition opérationnelle, avec un exercice de grande ampleur, Octade, prévu en décembre, en Ariège, qui présente une topographie proche de celle de la Kapisa.
Le 1er RCP sera le deuxième régiment para à y être stationné, après le 8e RPIMa.
Le 1er RCP s'est déjà déployé en Afghanistan. Un des siens -le GCP Pascal Correia- premier OMLT français mort au combat, en 2007, l'avait payé de sa vie.

Alain Juppé a visité des blessés hier

Comme le Premier ministre avant lui, à la mi-octobre, Alain Juppé est à allé à la rencontre de blessés d'Afghanistan, hier, dans un hôpital parisien du service de santé des armées. La visite s'est déroulée à Percy (Clamart-Hauts de Seine), dans la plus grande discrétion, et notamment, comme l'avait fait François Fillon, sans la présence de journalistes. Le ministre de la défense (1) était notamment accompagné du général Elrick Irastorza.
Une trentaine de blessés séjourneraient actuellement dans les HIA, dont plus des deux tiers à Paris.
Les blessés n'ont pas toujours fait l'objet d'autant d'attentions. Une évolution qui s'explique vraisemblablement, entre autres, par leur très nette augmentation cette année, du fait de l'engagement en Afghanistan. Le CEMAT vient d'ailleurs de doubler les effectifs de la cellule d'accueil des blessés de l'armée de terre (CABAT).

(1) par delà l'agenda elliptique diffusé jusqu'à maintenant, on apprend également qu'Alain Juppé a visité le CPCO (mercredi dernier), reçu Gaston Tong Sang, président de la polynésie française, et a également visité les équipes qui confectionnent les paquets de noël du Soldat.

And the winner is...

L'association Mer et Universités remettra le 2 décembre son trophée annuel à l'amiral Olivier de Rostolan, PDG d'Aerosto et ancien Alavia, lors des premières rencontres des Corsaires, qui accueilleront, pour l'occasion, Antoine Bouvier, PDG de MBDA, et l'amiral Jacques Launay, inspecteur général des armées-marine (IGAM). LEs deux hommes évoqueront leur expérience du management.
En outre, l'association remettra ce jour-là ses prix. Le premier, "prix jeune" sera attribué à Charlotte Bédino, adjointe au directeur de la division stratégie du Centre d’Etudes Stratégiques Aérospatiales (CESA) et à Aurélien de Saint Blancard, conseiller du 16e arrondissement de Paris. Le Général d’Armée Aérienne Patrick de Rousiers, Inspecteur Général des Armées-Air et Président de la Commission Armée-Jeunesse, remettra le diplôme à ces jeunes.
Nicolas Dhuicq, député de l’Aube, membre de la commission de la Défense de l’Assemblée nationale décroche le prix dans la catégorie politique, et le contre-Amiral Henri Bobin, actuel Alavia, le prix "militaire".
Enfin, et dans un net élan d'anticonformisme, M&U honore d'un prix "spécial" le rédacteur de ce blog.

Rafale : le 100e bientôt à Bordeaux-Mérignac

Le Rafale Marine M23 au catapultage, en 2009. Notez le SEM prêt à quitter le pont oblique, avec un camouflage type Kandahar. (crédit : Jean-Marc Tanguy)

Dassault Aviation a déjà largement entamé la fabrication du 100e Rafale dans son usine d'Argenteuil, en banlieue parisienne. Le fuselage devrait rallier Mérignac (Gironde), pour assemblage final, dans quelques semaines.
Rappelons qu'une bonne partie de la valeur de cet appareil est produite dans le sud-ouest, et particulièrement en banlieue bordelaise, avec le radar RBE-2 et l'avionique, réalisés par Thales, tandis que Dassault Aviation produit les ailes à Martignas (1).
Le troisième escadron de Rafale (dit RAF3) de l'armée de l'air devrait voir le jour à une centaine de kilomètres de là, à Mont-de-Marsan.

(1) Dassault-Biarritz produisant des éléments en composites, spécialité du site.

mardi 23 novembre 2010

Un 14-juillet ultramarin ?

La prochaine fête nationale pourrait rendre hommage aux combattants de l'outremer qui avait rallié la France Libre, puis étaient venus libérer la France, pendant la seconde guerre mondiale. Un hommage appuyé avait été rendu, le 14 juillet dernier, aux combattants africains qui avaient libéré la France, en 1944-1945.

Le nom de la base

Le commandant Alexis Santini, un pionnier méconnu qui a tout créé ou presque (crédit : association des anciens des hélicoptère de l'armée de l'air).

Parce qu'elle en ferme actuellement beaucoup, l'armée de l'air sera donc forcément attentive au nom de l'unique base aérienne qu'elle créé en Nouvelle-Calédonie, où elle remplacera bientôt la marine. Outre un héros local, plusieurs noms d'aviateurs sont évidemment en lice, dont celui de l'hélicoptériste Alexis Santini, qui fut, comme chacun sait, l'ardent promoteur de l'hélicoptère militaire en France (1).
Même si, à terme, la présence de voilures tournantes de l'armée de l'air, sur ce site, semble assez incertaine.
L'armée de l'air a déjà baptisé une de ses bases du nom d'un hélicoptériste, Félix Brunet, à Brétigny. Une base promise à fermeture.

(1) Et aussi le mari de Valérie André, autre grande figure. On peut se persuader des mérites de cet officier de valeur en lisant Rotors dans le ciel d'Indochine (Editions) SHD du général Michel Fleurance, un pavé de 600 pages, ou en lisant cette notice produite par les hélicoptéristes de l'armée de l'air.

Le Dixmude joue la différence (actualisé)

Le Dixmude, qui sera le troisième BPC de la marine, aura quelques différences avec ses deux aînés, comme le confirme Cols Bleus qui en détaille la liste. Le navire disposera d'un deuxième propulseur d'étrave, d'une meilleure isolation électrique (un souci qui touche parfois les plus grosses unités...) et... phonique (particulièrement dans la zone d'état-major).
La peinture du pont d'envol, qui avait dû être prématurément refaite devra aligner une "meilleure durabilité" tandis qu'un système de traitement des eaux grises et noires viendra remplacer leur stockage.
Un quatrième radar, de type et de fonction non définis va aussi rallier la zone arrière (directement après le château). De même, la possibilité d'appontage par l'avant sera désormais effective.
Tonnerre et Mistral seront, autant que possible, mis aux mêmes normes.
Le Dixmude doit rallier Toulon à l'été 2011, avant son transfert effectif à la marine, à la fin du premier trimestre 2012.
Ce blog avait par ailleurs révélé que le Tonnerre était parti en mer il y a quelques semaines avec un nouveau système de détection périphérique développé par le Français ASV.

lundi 22 novembre 2010

Le PACDG en route vers la guerre

Le porte-avions Charles de Gaulle a quitté Djibouti, après une brève escale, et va donc rallier "dans le courant de la semaine" son poste pour participer aux opérations aériennes en Afghanistan. C'est son cinquième séjour dans la zone.
Initialement, le créneau afghan devait durer 43 jours et se dérouler entre le 15 novembre et le 31 décembre, le groupe aéronaval devant rallier ensuite les EAU.
Le calendrier révisé pourrait donc réduire le slot de quelques jours seulement, entre 35 et 39 estime-t-on.
Le PACDG embarque deux Hawkeye, 10 Rafale F3 et 12 SEM. Une dizaine de sorties quotidiennes étaient prévues, tant en matière de bombardement, avec un large spectre d'effets (tir canon(s), GBU-12, GBU-49, AASM), de reconnaissance (Reco NG), de ravitaillement en vol et de PC volant.

Otages des pirates : nouvelles précisions

Le Topaz, navire des garde-côtes, ramène les pirates et les sept pêcheurs seychellois à Mahé. Les bérets rouges visibles à la poupe sont vraisemblablement des membres de l'unité commando Taraz (crédit : République des Seychelles).

Le gouvernement des Seychelles a livré de nouvelles précisions sur les deux opérations de contre-piraterie qu'il a menées la semaine dernière. Onze pirates figuraient dans l'interception de vendredi, du navire de pêche Faith, détourné quelques heures plus tôt.
Deux pirates ont été blessés dans un échange de coups de feu, lors de la reprise du navire. L'un d'eux est mort samedi soir à bord d'un des deux navires des garde-côtes engagé dans l'opération.
Le gouvernement seychellois a aussi révélé qu'une autre opération avait été menée la semaine dernière, une fois de plus sous la coordination de l'E-3F français de l'armée de l'air. Cinq pirates présumés avaient alors été interpellés en haute mer, à 300 nautiques au sud-ouest de Mahé. Sans que l'on sache les éléments qui les incriminent, ces hommes sont suspectés d'avoir commis deux tentatives d'attaques, le jour précédent.

Ils rempilent (actualisé)

Arthur Paecht (à g.) avait fait partie de l'équipe Morin. Il suivra les anciens combattants pour Alain Juppé (crédit : Jean-Marc Tanguy).

Alain Juppé a presque déjà trouvé un tiers des collaborateurs autorisés (20) par le premier ministre pour un cabinet ministériel. On trouve dans le sien des anciens du cabinet Morin, comme le diplo Nicolas Niemtchinov, ou Christophe Maisonneuve, en charge des questions budgétaires.
Jean-Paul Bodin reste dircab adjoint, et le général Denis Mercier, chef du cabinet militaire.
Arthur Paecht avait été chaudement recommandé par Hervé Morin, lors de la transmission de témoin, lundi dernier. « Il voulait rester utile » avait lancé l’encore ministre, à son successeur, qui a donc bombardé l’ancien député du Var agent de liaison avec le monde combattant. Encore sonné par la disparition du secrétariat à la défense et aux anciens combattants. On ignore encore quel sera le titre exact d'Arthur Paecht, qui avait en fait disparu de la liste des conseillers d'Hervé Morin dès le mois de juillet.
Parmi les impétrants, ce blog vous a déjà éclairé sur Gilles Boyer, un fidèle d’Alain Juppé (UMP puis Bordeaux) devenu chef du cabinet civil.
Christine Gavini-Chevet prend elle le poste de conseillère sociale, un poste qui devrait prendre de l’épaisseur du fait de l’entrée dans le vif de la réforme territoriale.
Cette femme de 44 ans dispose déjà d’une solide expérience commencée à… l’UMP, comme directrice adjointe puis directrice des études, à l’époque où l’actuel ministre de la défense était le patron du parti.
En 2004-2005, elle était promue conseillère technique (droit du travail, formation) à Matignon alors dirigé par Jean-Pierre Raffarin avant d’obliquer pour rejoindre le cabinet de Jean-Louis Borloo à l’emploi et à la cohésion sociale. On lui doit alors un dispositif « défense deuxième chance » qui a fait du chemin depuis.
Cette normalienne doublée de Sciences Po Paris avait rallié la DGA, en 2009, comme directrice formation et écoles, à la direction des ressources humaines. En demeurant malgré tout conseillère, à la fondation pour l’innovation politique.

PS : la liste des membres du cabinet produite sur le site internet du ministère a été ratiboisée à deux reprises (perdant entre autres son diplo et sa conseillère sociale), ces dernières heures. Il est vrai que le journal officiel, seul organe à pouvoir officialiser les nominations, n'avait pas (encore) fait état de toutes ces dernières... Sûrement plus de précisions demain, puisque le J.O ne paraît pas le lundi.
Si l'on en croit donc le site internet du ministère, le cabinet d'Alain Juppé ne compte actuellement que quatre membres.

dimanche 21 novembre 2010

Richelieu naît jeudi (actualisé)


Le BG Richelieu, formé autour du 2e RIMa, sera officiellement créé jeudi à Auvours (Sarthe) en présence du général Elrick Irastorza. Ce GTIA est formé du 2e RIMa, du RICM, du 11e RAMa, du 6e RG, du 92 e RI (VBCI) et du 132e BCAT. Il relève le BG Bison (126e RI) en Surobi.
Le dernier numéro de RAIDS présente la formation de ses équipes médicales.
En Kapisa, le BG Allobroges, formé autour du 7e BCA (1), a achevé son déploiement en remplacement du BG Hermes (21e RIMa).

(1) Il comprend aussi le 93e RAM, le 4e Chasseurs, le 92e RI, le 2e REG, une équipe du 1er REG et du 132e BCAT.

13.956

L'association Solidarité Défense commencera demain aux Invalides la confection de 13.956 colis de Noël à destination des soldats engagés en opérations extérieures et ceux de Vigipirate. Pendant trois jours, 90 bénévoles doivent s'activer, renforcés par une classe de collégiens de 4e venus du 13e arrondissement de Paris. Ces derniers opèreront en demi-groupe, mettant la main à la pâte ou visitant les salles du musée de l'armée à leur programme. Cette opération est rééditée chaque année.
Les chefs d'état-major ont prévu, apparemment, de venir saluer le geste.
Chaque colis comprend une trousse de toilette, un carte de voeux du président de la République et chef des armées, une carte de voeux de l'association. Ainsi que, dans les pays où ils ne peuvent pas fondre, une boîte de chocolats.
De plus, un dessin d'enfant -plus de 25.000 ont été reçus, après sollicitation des rectorats, un nombre en hausse assure-t-on- accompagne chaque colis.

Le COMISAF à Paris

Le COMISAF sur une FOB de Surobi cet été. A droite, le colonel Jérôme Goisque, qui commande le BG Bison (crédit : ISAF)

Le plus francophile des généraux Américains, David Petraeus, sera pour quelques heures à Paris, demain et après-demain. Il doit notamment rencontrer lundi Alain Juppé, et aller à la rencontre d'étudiants parisiens, mardi.

samedi 20 novembre 2010

Un E-3F aide à localiser des otages

Le Charlie-Alpha de la 36e EDCA, lors d'un passage à basse altitude à Solenzara (archives Jean-Marc Tanguy).

Un E-3F de l'armée de l'Air a assisté les autorités seychelloises lors d'une opération de libération d'otages qui est intervenue hier à mi-chemin des Seychelles et de la Somalie. C'est le gouvernement seychellois qui nous livre cette info, évoquant aussi la participation d'un Merlin III de la société CAE Aviation (1), dont j'avais évoqué l'engagement, dans Air & Cosmos, la semaine dernière. Ces deux avions, et un troisième mis en oeuvre par les autorités locales ont permis de monitorer un navire de pêche seychellois de huit mètres de long, le Faith, détourné hier dans la ZEE. Les trois avions l'ont détecté à 240 NM de l'île principale, Mahé.
Le Faith faisait alors cap au nord-ouest, pour rallier la Somalie. Deux bâtiments des garde-côtes seychellois, le Topaz et l'Andromache ont intercepté le navire de pêche : les hommes du commando Taraz ont pu libérer les sept pêcheurs indemnes, et s'assurer des pirates.
Le 29 mars 2010, les autorités seychelloises avaient déjà réussi à libérer les six membres d'équipages du Galate, détourné par des pirates, avec 21 Iraniens à bord.
Le premier Awacs français avait été déployé dans la zone entre le 25 août et le 10 septembre 2009, depuis Djibouti.

(1) la société emploie deux à trois Merlin III dans le cadre d'un contrat avec le Luxembourg, qui met ces appareils au service d'Atalanta. CAE annonce engager un Merlin IV, plus endurant et encore mieux équipé, en février 2011.

La phrase de la semaine : Nicolas Sarkozy

"Expliquez-moi, quel est l'intérêt, pour un homme doté d'un bon sens minimum, d'avoir cette idée étrange d'écouter un journaliste qui écrit tous les jours dans la presse, quel est l'avantage ? (...) Jamais, à aucun moment, d'aucune façon, je ne me préoccupe, de près ou de loin des téléphones, des lieux, des rencontres des journalistes français et étrangers".
Nicolas Sarkozy, sur France 2, mardi.

vendredi 19 novembre 2010

Messieurs les censeurs bonjour

On me rapporte qu'ici ou là il n'est plus possible de pouvoir consulter ce blog sur certains lieux de travail, depuis quelques jours. Peut-être un problème informatique, qui sait (2).
Coïncidence particulièrement troublante, ces donc problèmes sont apparus depuis que j'ai pris position pour soutenir ma consoeure Aude Leroy, qui était injustement ciblée pour un sujet consacré aux blessés de l'Afghanistan (1). Un dossier qui ne faisait pas le tour du sujet -vaste-, mais qui avait le mérite de l'évoquer, à un moment où toutes les rédactions ne se passionnent pas pas pour ce sujet.
Après m'avoir un peu abattu, je dois le dire, ce, comment dire, "désordonnement informatique" me fait maintenant sourire. Je rappellerai seulement que le métier de journaliste ne consiste pas qu'à annoncer les bonnes nouvelles. Penser le contraire témoigne d'une culture démocratique particulièrement basse.
Pour que tous les internautes en soient bien conscients, je n'actualiserai pas, sauf mauvaise nouvelle, cette page d'ici lundi.

(1) les mouvements d'humeur envers la presse se multiplient ces dernières années. Est-ce un bon exemple, le directeur de TTU liait dans un récent numéro la révélation d'annonces de réduction d'effectifs -les fameux 54.000- à la réduction... d'abonnements par le ministère de la Défense. Par ailleurs, deux associations de journalistes -mais pas celle regroupant ceux suivant la Défense- annoncent engager des démarches communes pour mieux analyser, et au final, espère-t-on, lutter contre ces atteintes au travail des journalistes.
(2) En tout cas à Lisbonne, à l'OTAN, ca marche...

Ciné tic

Comme on voit mal la France simultanément engager un débat avec Oussama Ben Laden et retirer ses 4.000 et quelques soldats d'Afghanistan, le spectre des options risque de s'amenuiser grandement, pour les cinq otages Français retenus au Sahel depuis 65 jours (déjà...). Ce qui est déjà arrivé à Michel Germaneau, mort faute de médicaments ou réellement exécuté, risquant de se reproduire pour ces cinq Français. Le président a dit, mardi, toute son inquiétude, manifestement pas feinte.
Rien n'est facile dans ces dossiers d'otages. Je n'irai pas donner de conseil à ceux qui gèrent ces affaires, où qu'ils soient. J'effectuerai seulement quelques rappels utiles.
Les Algériens pourraient par exemple nous faire remarquer qu'on est pas venu les solliciter assez tôt dans ce jeu sahélien. Certes, ils sont venus à Paris. Mais peut-être trop tard.
Peut-être faudra-t-il aussi rappeler que l'ancien ministre des affaires étrangères avait effectué un périple au Sahel, en juillet, après l'annonce de la mort de Michel Germaneau. Le motif donné à cette époque pour cette visite était de s'assurer de la sécurité des intérêts français dans la zone.
Comment peut-on penser que le site d'Arlit, stratégique pour la France à plus d'un titre, a pu échapper au questionnement. Alors qu'AQMI venait de cibler les intérêts français.
Ces salariés du nucléaire n'étaient pas dans cette zone en transgression de consignes du quai d'Orsay : ils travaillaient là.
Enfin, et il ne faut pas éluder ces problématiques, alors que l'on s'apprête à voter le budget 2011 de la Défense, ce qui est devenu une opération militaire en bonne et due forme révèle de très graves lacunes. Les opérations de recherches de ces otages ont consommé, en septembre, 40% de la ressource alors disponible d'ATL-2. Et pourtant, on ne parle que de trois appareils (1). Faites votre règle de trois...
On a rencontré d'extrêmes difficultés à pouvoir trouver rapidement des avions de transport d'assaut, pour aéroporter les groupes. Pourtant, on parle là de moins de dix ATA. La France en dispose d'une soixantaine. Une fois encore, la disponibilité des C-130 -entretenus au Portugal- n'était pas au mieux de sa forme. Tout le monde le savait déjà au terme du premier contrat avec OGMA, on a pourtant rempilé avec le même prestataire.
Je n'ose évoquer le cas des voilures tournantes, sinon on va penser que je m'acharne.
Oui, quelques coups de poings sur la table, à l'issue de cette affaire, ne seraient peut-être pas de trop.

(1) un quatrième, et peut-être un cinquième ont été engagés dans le grand nord, dans la traque d'un sub suspect, depuis une base écossaise, nous apprend le dernier Air & Cosmos. Comme au temps de la guerre froide.

Journalists, go home !

Les journalistes qui se lèvent tôt en ont été pour leurs frais, ce matin, à Lisbonne (1). C'est qu'à l'OTAN on ne peut pas imaginer qu'un journaliste se lève tôt pour faire son papier sur le sommet qui s'ouvre le jour-même, et le transmettre depuis le centre de presse monté pour l'occasion. Les confrères qui ont fait sonner leur réveil ont donc trouvé les portes du centre de presse de l'OTAN parfaitement closes.
Un centre de presse parfaitement achalandé par ailleurs en boissons sucrées. Le sucre, c'est connu, c'est comme la musique, ca adoucit les moeurs.
Précision utile, pour que les journalistes ne passent pas pour des prima donna, ce centre de presse devait être ouvert 24/24h, à compter de jeudi, c'est à dire hier.

(1) qui de surcroît avait la chance de produire une fantastique pluie battante semble-t-il. J'ai peur pour les papiers de la journée... :))

jeudi 18 novembre 2010

24

Le drone Harfang de l'armée de l'air poursuit sa progression, avec une mission de plus de 24 heures accomplie en Afghanistan ces dernières heures. Le précédent record était resté calé sur 23h30, en septembre dernier, après 21h20 en juillet.
Engagé en opérations en Afghanistan depuis février 2009, la flotte du Belfort compte depuis l'été un 3e drone opérationnel à Bagram. Fin septembre, et comme ce blog l'avait signalé à l'époque, la flotte afghane a franchi les 3.000 heures de vol. A la même époque, la flotte de drone SDTI de l'armée de terre avait franchi, pour sa part, le cap du millier d'heures en 400 missions.
Depuis le mois de mars, le Harfang dispose d'une capacité Rover, permettant à un groupe de combat isolé, ou à un JTAC, de bénéficier de l'imagerie du drone.

La fin du SEDAC (suite)

Alain Juppé va appeler auprès de lui une "personnalité" pour suivre le dossier des anciens combattants, dont l'importance semble avoir fortement décru après la disparition du secrétariat aux anciens combattants (SEDAC). L'annonce, laconique, en a été fait ce matin par le porte-parole du ministère lors du point presse hebdomadaire. Alain Juppé ne s'est pas encore exprimé sur le sujet. Mais il est allé raviver la flamme du soldat inconnu, lundi, à 18h30.
Un fin connaisseur du landerneau politique et un député observaient, successivement, ces dernières heures qu'une telle disparition ne pouvait pas perdurer. Le sujet est, on le sait sensible : il pourrait le rester, ou disparaître, en fonction de la personnalité qui sera choisie.
Tout dépendra aussi du périmètre fonctionnel dont jouira l'intéressé, et ce qu'il en fera. Le dernier SEDAC en titre n'ayant pas réussi à convaincre de l'intérêt de son poste. Sauf, diront les plus cruels, quand... il a donné la date du remaniement ministériel, le 11 novembre.

(Déjà) la 40e évasan de l'année

L'armée de l'Air a assuré hier la quarantième évacuation sanitaire de l'année 2010. C'était, incidemment et aussi, la 25e pour le seul Afghanistan.
En moyenne, les équipes du service de santé des armées et les avions de l'armée de l'air (Falcon 50 et 900) qui les convoient assurent en moyenne une évacuation par semaine, principalement du fait de l'engagement français en Afghanistan.

La Kapisa à nouveau ouverte

La province de Kapisa va à nouveau être rouverte à la presse. C'est l'enlèvement de deux journalistes de France 3 qui avait déclenché la fin des embeds, peu après la mi-janvier, comme ce blog l'avait signalé le 21 janvier. L'EMA avait alors interrompu les reportages de la presse sur l'action de l'armée française, sans avoir, à l'époque, exposé clairement ses motifs.
On peut imaginer qu'il s'agissait d'un message adressé à la presse française, et de la volonté de laisser dans la discrétion les opérations de recherche de ces deux journalistes.
Ce choix avait cependant divisé à l'intérieur de l'armée même.
L'EMA a pu mesurer que l'absence de témoins impartiaux (1) pouvait, dans la durée, compromettre gravement la vision que la population française aurait de l'engagement de ses soldats.
Position qui se situe, rappelons-le, plutôt sur une opposition qu'un soutien.

(1) l'absence de journalistes, conséquence d'un choix de l'EMA de l'époque, aura coûté pas mal à l'armée française en Côte d'Ivoire, notamment lors de l'épisode de l'hôtel Ivoire.

Le retour de la banette à chaînes

Le chef d'Etat-major de la marine a évoqué avec émotion, hier (1), son récent passage à bord d'un sous-marin de l'US Navy, le New Hampshire, un classe Virginia. "Ce sous-marin constitue un mélange de technologie pré-historique et d'hypersophistication". Qui doit nous faire réfléchir sur nos propres choix, aurait pu ajouter ce sous-marinier d'origine.
Le Colbertisme high tech nous fait parfois conduire à des solutions pas idéales, en termes de coût de possession
Retour sur le New Hampshire : "Dans les coursives, on trouve des banettes rabattables avec chaîne en inox" a-t-il noté, une solution qui a le mérite d'afficher un coût défiant toute concurrence, tout en optimisant l'espace. Une fois passée la porte du CO, on change par contre d'époque : "on passe de 1950 à 2100". Avant de revenir au début de siècle dernier en poursuivant la visite, et en croisant un moteur de propulsion éprouvé sous toutes les coutures.
Bref, une invite aux ingénieurs à aller relire quelques ouvrages historiques, ou de revisionner quelques vieux films.
Cet exemple est semble-t-il symptomatique de la nouvelle approche -assez décomplexée me semble-t-il- que la marine en particulier, les armées en général, semblent désormais développer en terme de juste technologie. Alors qu'elles traversent une crise de disponibilité particulièrement forte, et une croissance inter-générationnelle du coût de leurs matériels.
On l'a bien vu, encore, hier, avec la réflexion particulièrement alternative sur le programme BATSIMAR, qui donc n'en est plus un. Le coup de chapeau du CEMA à son CEMM pour avoir pris une position aussi novatrice n'est pas non plus un hasard : c'est un message envoyé à la communauté.
Le CEMAA n'a pas hésité, pour sa part, à remettre sur le métier un achat de C-130 d'occasion (2), lors de son audition par les sénateurs. Maintenant que le programme A400M est sécurisé, un tel projet peut désormais heurter moins de monde. Mais il s'impose, de toute évidence : il ne suffit que de constater les très grandes difficultés rencontrées en septembre dans le cadre des opérations au Sahel -ne mobilisant même pas une dizaine d'avions de transport d'assaut- pour comprendre que l'on est vraiment, dans le domaine du transport tactique, dans un talweg capacitaire.
L'armée de terre fait elle aussi feu de tout bois : avant d'acheter des systèmes optiques ultra-modernes pour les FOB en Afghanistan, elle avait, dans le cadre de l'adaptation réactive, utilisé en premier recours des jumelles allemandes à longue portée, récupérées dans un autre guerre. Evidemment, là, pas de problèmes de standard de piles.

(1) au cercle Stratégia de Défense et Stratégie.
(2) Thales avait proposé un tel recours à plusieurs reprises, ces dernières années, EADS poussant évidemment l'achat de ses propres C-235 ou de C-295. Des c-130 d'occasion avaient été trouvés dans le nord de l'Europe, ce sera plus compliqué désormais. A moins d'attendre un peu et de racheter des C-130 dont la Grande-Bretagne ne voudra bientôt plus.

mercredi 17 novembre 2010

Trop de casse dans l'armée de terre

C'est le propre patron de l'armée de terre qui le reconnaît, on casse trop de matériel dans son armée. Voilà ce qu'il en écrivait, dans le discours qu'il a prononcé le 22 octobre devant les représentants des officiers : " Nous avons trop de casse et trop d’accidents, notamment en opex. J’entends que des efforts conséquents soient rapidement faits pour respecter les guides techniques de mise en oeuvre et d’entretien, y compris en opérations, reprendre la formation à la base lors de la mise en œuvre d’équipements nouveaux, et sensibiliser les jeunes cadres à l’emploi technique et tactique des équipements. Compte tenu de la masse de nos engins, les études de viabilité des axes y compris en opérations doivent faire l’objet d’une attention plus soutenue. Il s’agit dans ce domaine comme dans d’autres, de ne pas faire fi en opérations de ce que l’on a patiemment appris en formation et à l’entraînement !"
Par delà l'évocation du problème -évoqué publiquement pour la première fois-, il demeure difficile de disposer d'une bonne idée de cette "casse". Par delà les cas déjà évoqués, sur ce blog, pour un VBCI à Canjuers et le canon de la mitrailleuse d'un Puma, notamment.

Une perte

Arnaud Kalika quittera son poste de rédacteur en chef de la lettre d'informations TTU dans quelques jours : on ignore encore qui le remplacera. Le partant rallie l'ADIT. Une destination légèrement donc différente de ses prédécesseurs à son poste, tous partis avant lui dans le privé, comme Pierre Bayle (fondateur de la lettre, parti chez EADS), Luc Viellard (CEIS) ou Charles Maisonneuve (Panhard).

Le Balardgone au conseil

Alain Juppé, dans ses murs depuis quelques secondes, sur le perron de l'hôtel de Brienne, lundi (crédit : Jean-Marc Tanguy)

Nommé depuis deux jours, Alain Juppé a fait sa première communication au conseil des ministres sur le Balardgone, qui était le "bébé" de son prédécesseur, Hervé Morin. Voilà ce qu'en dit le compte-rendu, par nature elliptique, du projet, en en livrant les dernières variables financières. On rappelle que la remise des offres finales des trois compétiteurs aura lieu le 11 janvier : ces trois-mêmes ont remis le dossier de consultation ce 12 novembre (vendredi). La signature du contrat final doit intervenir "fin avril 2011" pour un chantier étalonné entre janvier 2012 et juin 2014. 2.000 emplois seront créés dans le bâtiment ou l'informatique, promet-on.
La cession des emprises parisiennes doit, pour sa part, dégager une recette nette de 700 MEUR, explique-t-on aussi.

Le CEMM contre son état-major (actualisé)

Le CEMA soutient la position de son CEMM, capté ici ce matin, à l'assemblée nationale, entouré de Nicolas Pilliet (D&S), et des deux députés organisateurs siégeant à la commission de défense, Philippe Vitel et Gilbert Le Bris (crédit : Jean-Marc Tanguy).

L'exercice des responsabilités est parfois un exercice solitaire. Illustration, le CEMM a avoué ce matin chez Défense et Stratégie être vent debout contre son propre état-major, sur un dossier d'importance, BATSIMAR, qui doit notamment remplacer Batral et P400. Il a d'ailleurs, apparemment, trouvé un écho favorable chez l'amiral Guillaud, CEMA, sur ce point.
"Je me bats tous les jours contre mon état-major sur ce dossier" a déclaré l'amiral Forissier en faisant l'état des lieux, et ouvrant de nouvelles perspectives, devant un parterre d'industriels et d'anciens amiraux. "J'ai entendu, jusqu'à il y a deux ans, pis que pendre sur les P400, des bateaux ratés, au point qu'on les a admis au service actif deux fois, le temps de les renvoyer tous chez l'industriel car leur appareil propulsif ne marchait pas (...) On change les turbocompresseurs deux fois par an. Quand leur commandant à 70 jours de mer avec, il est très content ! "
L'amiral Forissier a évoqué ses propres pistes : exclure, de facto, une série unique de navires, alors que l'emploi de ces navires, outremer, se fait dans des milieux et des logiques radicalement différents. "Cela veut dire qu'il faut accepter d'avoir des navires différents" a-t-il martelé.
Il a également demandé que ces navires puissent être entretenus localement, notamment leurs moteurs, ce qui passe par une évidence, fallait-il encore la dire : "il nous faut les mêmes moteurs que ceux des navires de pêche tahitiens à Tahiti, les mêmes moteurs que les australiens en Nouvelle-Calédonie, et les mêmes moteurs que ceux utilisés par la plaisance aux Antilles".
Le CEMM n'a, au final, rien exclu, y compris "d'investiguer le marché de l'occasion local".
Dans ce sens, le CEMM a demandé à ses commandeur régionaux d'écrire leurs propres -et justes- besoins, en quantité et en configuration de navire. A Tahiti, par exemple, on s'était penché sur des patrouilleurs construits au Chili. Pays auquel on a déjà vendu des sous-marins.

Le Malin va quitter Toulon

Le Malin, navire de pêche qui avait été capturé par la marine française à La Réunion ne finira pas comme patrouilleur de la marine, en Méditerrannée. Avec humour, le CEMM a reconnu ce matin au cercle Stratégia de Défense & Stratégie que son moteur -un Caterpillar- ne pouvait pas être entetenu en métropole, les mécaniciens s'avouant incompétents. La prise va donc retourner à La Réunion...

Juppé : à droite, puis à gauche

Le chef des armées a manifesté deux fois sa proximité avec son ministre de la Défense et ministre d'Etat. Alain Juppé était à sa droite immédiate dans la salle du conseil des ministres, qui vient de s'achever. Et à sa gauche, pour la traditionnelle photo gouvernementale.

mardi 16 novembre 2010

243

C'est le nombre de sous-officiers afghans actuellement en formation sur la base française des Emirats Arabes Unis (IMFEAU), si l'on en croit l'information de mon collègue d'Ouest-France.
Le confrère a pu croiser, lors d'un récent reportage à Kaboul le patron (américain) du NTM-A, qui supervise la formation de l'armée afghane. Cette formation durerait 12 semaines, selon la même source.
Quoique l'état-major français ait choisi de ne pas évoquer cette mission de formation, c'est le propre CEMA qui l'avait évoqué, devant les députés, comme ce blog l'avait relevé, dès le 12 octobre.
L'IMFEAU coûtera 75 MEUR en croisière, expliquait récemment le député Louis Giscard d'Estaing. On ignore s'il comprend le logement, l'alimentation et le transport aux EAU de ces Afghans.

Alain Juppé strasbourgeois le 8 ? (actualisé)

Alain Juppé (1) pourrait se rendre à Strasbourg le 8 décembre prochain pour célébrer l'arrivée d'un régiment allemand (de fait déjà installé sur place) avec son homologue d'outre-Rhin.
Le 291 IgBtl comporte une compagnie spécialisée dans l'acquisition du renseignement, et reprend les locaux du 1er régiment de génie français à Illkirch.

(1) il a réservé sa première interview à Sud-Ouest.

Qu'est devenu le rapport du Cougar ?

L'accident aérien en mer avait fait huit morts, en janvier 2009 : trois membres d'équipage et cinq commandos du 13e RDP. Par miracle, un 4e membre d'équipage, et le 6e membre de l'équipe de recherche du 13e RDP (2) avaient survécu au crash en mer.
Bientôt deux ans après, le rapport du BEA-D Air n'a toujours pas été diffusé sur internet (1). La flotte Cougar, qui avait un temps été suspendue de vol, avait rapidement repris son activité. L'armée de l'air n'avait pas suspendu sa flotte Cougar.
L'accident était intervenu lors d'un exercice : l'appareil venait, de nuit, de quitter un bâtiment de la marine. Situation qui présente intrinsèquement des difficultés pour des personnels non formés, avec le risque de pertes de références.
Les Cougar ne sont plus utilisés au Gabon, ils ont été rapatriés en France pour augmenter la ressource sur ce type d'appareils.

(1) hasard ou pas, il est de surcroît devenu très difficile de trouver les rapports du BEAD-Air sur le site internet de la Défense. La publication de ces rapports fait pourtant partie des statuts du bureau. Assez curieusement, on ne peut plus que les consulter que dans l'ancienne version du site, normalement éteinte depuis l'été.
(2) cette même année, le 27 septembre, deux autres dragons étaient morts noyés en Afghanistan, lors d'une infiltration de nuit.

L'ex du Béarn

Les membres du futur détachement aéromobile à Kaboul auraient bouclé la semaine dernière leur phase de préparation opérationnelle, dans un exercice apparemment récurrent, Béarnex, qui se serait déroulé dans le sud-ouest de la France.
Je dis apparemment et sous toutes réserves, car l'existence de tout cela repose sur des témoignages indirects.
La préparation opérationnelle serait, dit-on, une des priorités de communication de l'armée de terre.
A la vitesse à laquelle nous progressons, le conditionnel va devenir le temps préféré dans le journalisme de défense.
Ceci dit, cela permettra au nouveau ministre de la défense de trouver de très grosses sources d'économies dans le dispositif actuel de communication.

ALAT : on manque d'officiers-pilotes (actualisé)

C'est sans doute le résultat d'une politique de communication pour le moins tiède : l'ALAT aurait actuellement beaucoup de mal à trouver aujourd'hui des pilotes dans le recrutement officier sous contrat qui lui conviennent.
Pourtant, le flot de recrutement annuel serait relativement limité : on nous évoque une vingtaine de personnels chaque année (1), ce n'est donc pas le bout du monde. Et d'autant plus que les vaches maigres et les appareils rustinés devraient peu à peu s'estomper, avec la montée en puissance du Tigre et du NH90.
Le recrutement est une dimension essentielle : pour l'avoir négligé, l'ALAT avait eu déjà d'énormes tensions sur sa population de mécaniciens. Tensions qui n'ont pas, d'ailleurs, totalement disparu.

(1) l'ALAT, qui ne conteste pas des difficultés, estime pour sa part ce chiffre à 60 pilotes. L'essentiel des difficultés ne reposant "pas sur les flux d'entrées", mais sur un nombre élevé -et non expliqué- "d'échecs" durant le cursus de formation.

VHM : fluctuat nec mergitur

Malgré les craintes exposées par le CEMAT à l'assemblée nationale et au sénat, il semblerait que les nuages ne soient pas si nombreux sur le programme VHM. Qui risquait, selon le général Irastorza, de se faire amputer de cinq véhicules, en 2011, soit une réduction des livraisons prévues d'un tiers.
Les trois premiers pré-séries (infanterie, PC, et logistique) sont en fait déjà, depuis... juillet dernier en France, pour transformation chez Panhard et participer aux essais étatiques, avec la DGA et la STAT. Une borne contractuelle doit d'ailleurs être franchie, ce jeudi, pour ces trois premiers pré-série.
Rien ne semble indiquer, dans l'immédiat en tout cas, que ces trois véhicules ne seront pas réceptionnés par la DGA comme prévu. Tout comme les deux lots de six véhicules prévus l'an prochain, par... contrat.
Alors que nous nouons une nouveau partenariat avec la Grande-Bretagne, il serait plutôt malvenu d'aller froisser son premier maître d'oeuvre (BAE Systems, maison-mère d'Hagglunds).

lundi 15 novembre 2010

Un fidèle (actualisé)

Gilles Boyer, qui n'a pas encore quarante ans, sera le chef du cabinet civil d'Alain Juppé à la Défense, en remplacement d'Alain Marc. Le nouveau ministre de la Défense a appelé à ses côtés un de ses fidèles, qui fut son directeur de cabinet à la mairie de Bordeaux, après l'avoir été à la communauté urbaine de Bordeaux (2002-2004), et avoir travaillé avec lui à l'UMP.
M6 l'avait également employé, pendant l'exil d'Alain Juppé au Québec. Il avait aussi oeuvré (compter de novembre 2008) chez NB Lemercier & Associés pour des missions "d'évaluation, de recrutement et d'accompagnement de hauts dirigeants pour les grandes entreprises de l'économie régulée (secteurs de l'énergie, des médias, des télécommunications et de la défense) et pour le secteur public et parapublic".
Il est titulaire d'un DESS de droit public obtenu à Paris I.
Jacques Gérault, 58 ans, sera pour sa part le directeur de cabinet d'Alain Juppé. Il arrive de Lyon où il était préfet de Rhône-Alpes. Auditeur de l'IHEDN, ce haut fonctionnaire a aussi été préfet délégué pour la sécurité et la Défense à Bordeaux (1998-2001), et directeur de cabinet adjoint de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur (2005-2007).

15h

La passation de témoin entre Hervé Morin et Alain Juppé interviendra à l'hôtel de Brienne, à 15 h, cet après-midi. Nul doute qu'elle attirera un public de journalistes nombreux. C'est à la fois le résultat de l'évaluation faite hier du nouveau gouvernement par Hervé Morin, et de la stature politique du nouveau ministre qui draine à lui seul une bonne partie des commentaires de la presse depuis hier.
Les rédactions parisiennes devraient donc s'intéresser à nouveau au ministère de la Défense, ou tout au moins, à son ministre. Phénomène qu'on avait déjà pu constater lors des cinq ans de présence de MAM rue Saint-Dominique.

dimanche 14 novembre 2010

Premiers pas de ministre

Alain Juppé s'installera vraisemblablement dès demain à l'hôtel de Brienne après la passation de relais avec Hervé Morin. Il bénéficie déjà de sa bulle de protection : le ministre de la Défense est traditionnellement très protégé (1). Ensuite, il va s'imprégner de ses dossiers, tout en constituant son équipe -désormais limitée à 20 membres- avec son directeur de cabinet. On ne sait pas encore comment il va devoir intégrer l'ancien secrétariat aux anciens combattants et quel sera son devenir.
Toute ou partie du cabinet militaire devrait rester en place, à commencer par son chef, le général Denis Mercier, un aviateur, qui vient d'arriver.
Vu l'agenda fourni de la semaine, le cabinet devrait être bouclé assez rapidement.

(1) En général, le quatrième derrière le président, le premier ministre et le ministre de l'Intérieur.

Sur le bureau

Même s'il ne découvre pas la fonction de ministre, et ses éventuels désagréments, Alain Juppé va trouver de gros dossiers sur son nouveau bureau, rue Saint-Dominique. Le plus évident est celui du budget, alors que l'équilibre reste pour le moins précaire entre les recettes -notamment les recettes exceptionnelles- et les dépenses. Ceci intervient alors que le moral dans les armées est au plus bas, et que même les chefs d'états-majors n'ont pas cherché à dissimuler aux députés les numéros d'équilibristes auxquels ils étaient déjà astreints pour tenir les contrats opérationnels fixés par l'EMA. Le CEMA lui-même n'a rien caché de son inquiétude.
On n'a tout simplement jamais entendu cela. En tout cas, pas devant la commission de défense de l'assemblée nationale.
Le deuxième enjeu, qui en découle, est le succès de la grande réforme des bases de défense. Là aussi, le scepticisme règne.
L'Afghanistan, qui figurera sans doute dans un des premiers déplacements du nouveau ministre est enfin le troisième dossier majeur du moment. D'abord parce que les pertes se sont emballées, cette année, après 10 ans de présence française dans le pays. L'engagement français sur place n'a jamais été aussi mal compris et mesuré, en France même. Où l'annonce de nouveaux renforts risque d'encore crisper une opinion publique dont les préoccupations sont très éloignées de celles de la Défense.
Peut-être de quoi donner un peu de coeur à l'ouvrage aux principaux acteurs du sujet, les militaires et civils de la Défense, la position de leur ministre a été singulièrement relevée. Alain Juppé a été le premier cité par Claude Guéant, et, comme Michèle Alliot-Marie (1), promue au quai d'Orsay, ministre d'Etat.

(1) les deux ministres sont Aquitains d'origine. Alain Juppé est né il y a 65 ans à Mont-de-Marsan, Landes, où il a grandi. La ville accueille alors une forte garnison, avec le 6e RPIMa (arrivé en 1962), la base aérienne 118 et un escadron de gendarmerie.

Alain Juppé ministre de la Défense

Le premier nommé, et distingué ministre d'Etat, en récupérant aussi les Anciens Combattants, dont le secrétariat d'état disparaît. Dernier arrivé dans la course à Brienne, Alain Juppé est le nouveau ministre de la Défense et n°2 du gouvernement. Ancien Premier Ministre, ancien ministre des affaires étrangères, c’est aussi lui qui avait le plus d’expérience politique, parmi les candidats potentiels. Il tranche donc avec son prédécesseur, Hervé Morin, dont c’était la première expérience ministérielle.
Comme il le confessait à France Info, samedi, Alain Juppé souhaite pouvoir aussi continuer à « servir » sa ville. Etant ministre de la Défense, ce sera forcément le cas : à l’exception de DCNS et Nexter, tous les grands comptes de l’armement français sont représentés dans un vaste complexe militaro-industriel installé autour de Bordeaux (1).
Les industriels locaux le constatent souvent amèrement, l’aéronautique et la défense constituent un secteur de premier plan en Aquitaine, là où l’imagerie populaire place la viticulture sur un piédestal. Portant, tous les Rafale, tous les casques Topowl équipant le Tigre, ou les missiles balistiques sortent des usines bordelaises. Thales y a aussi développé une forte compétences dans les systèmes complexes, comme les drones.
Bordeaux a déjà eu, dans son histoire, un ministre de la défense –et homme politique de premier plan- : Jacques Chaban-Delmas (1957-1958), qui fut pour beaucoup dans la délocalisation de l’essentiel du complexe balistique français. Au début des années 90, votre serviteur, alors étudiant à Sciences Po expliquait ces délocalisations par la « conjoncture politique favorable à Bordeaux » (2).
Bordeaux bénéficie encore, en 2010-2011, des restructurations de défense. Certes, la ville perd une de ses perles, l’école de santé navale (regroupée à Lyon), mais décroche pour Mérignac, en banlieue de la ville, l’arrivée d’un peu moins d’un millier d’agents de la SIMMAD. Avec dans l’idée de constituer un vaste pôle du MCO, mêlant industrie et acteurs étatiques du domaine.
Et le prestigieux 13e RDP vient s’installer à quelques kilomètres de là, en compensation du départ d’un régiment du train (503e RT). Là où bien des villes, dans l’est de la France, enregistraient une perte sèche. Incidemment, toutes les forces spéciales terre seront basées en Aquitaine, à l’été 2011, le reste étant installé à Pau (4e RHFS et état-major) et à Bayonne (1er RPIMa).
Bordeaux hébergera également un état major régional coiffant les bases de défense du grand sud-ouest.

(1) Deux établissements Dassault dont la chaîne d’assemblage du Rafale, deux établissements Thales, et tous les missiles balistiques sont produits en région bordelaise, par EADS, Safran et le CEA-DAM, où est installé le laser méjagoule, permettant la simulation des essais nucléaires. Les essais sont réalisés au CAEPE, en banlieue bordelaise et à quelques dizaines de km de là, au CELM, à Biscarosse.
(2) In « L’aéronautique militaire, essai d’application à l’Aquitaine ».

Enders, skydiving CEO

On n'est jamais mieux servi que par soi-même : Enders a testé lui-même l'avion conçu par la société qu'il dirige. (crédit : Airbus)

C'est du pain béni dont rêverait tout dircom : Thomas Enders, le propre patron d'Airbus, a sauté d'un des trois Grizzly d'essais, samedi. C'est seulement la 2e campagne de sauts paras effectués depuis cet appareil. Celui-ci est donc doublement emblématique, et d'autant plus qu'Enders a contribué à sauver l'A400M de nouveaux soucis, il y a quelques jours. Enders tient la forme, puisqu'il fêtera ses 52 bougies le 19 décembre prochain.
Le CEO (président exécutif) d'Airbus était accompagné de Bruno Delannoy, le directeur du programme A400M à l'OCCAR. Enders est un ancien para de l'armée allemande (1), et Delannoy avait apparemment, lui aussi, une petite expérience derrière lui.
Rejoints par huit autres parachutistes, ils ont sauté par la rampe arrière du 3e Grizzly d'essais, au-dessus de la DZ La Juliana, près de Séville. Précisément où l'A400M est assemblé.
Ce post me permet aussi de compléter celui de la semaine dernière. Les deux paras français d'origine inconnue appartiennent à DGA Technique Aéronautique (ex-CEAT, ex-CAP).

(1) il a notamment servi dans la 1ère division para de la Bundeswehr à compter de 1977, puis comme réserviste. C'est de là que lui vient son surnom de "major Tom". Il a ensuite été membre de l'état-major de planification au ministère de la Défense allemand, avant de rallier, en 1991, le groupe DASA, un des trois à l'origine d'EADS.

La fin du Cougar fantôme est proche (actualisé)

Il y aura bientôt -et non désormais comme je l'ai écrit trop vite ce matin- un 3e Cougar en Afghanistan. Celui qui était arrivé en juillet n'était apparemment qu'un excédent lié à une relève. Et non, contrairement à ce que nous avions alors écrit à l'époque -sans être pour autant démenti-, un appareil stocké dans l'attente... d'une officialisation de son statut : un choix de com' récurrent avec des capacités techniques et humaines françaises, en Afghanistan. On déploie d'abord, on officialise bien après.
Les effectifs du bataillon hélicoptères seront donc, alors, non pas de 11 machines, après la perte récente d'une Gazelle sur la FOB Nijrab, consécutive à une perte de puissance, mais de 12.
Car la Gazelle elle-même est en voie de remplacement. Elle pourrait prendre le même transport -vraisemblablement un An-124- que le Cougar.
Rappelons que cette Gazelle est le premier appareil perdu par la France en Afghanistan, et le premier, depuis très longtemps, dans un zone de conflit (1).

L'autre phrase de la semaine : Elrick Irastorza

"Les temps sont durs et ce n’est pas terminé. Les missions sont remplies, mais au prix d’efforts et de sacrifices considérables. IL FAUT LE DIRE (en majuscules dans le texte). Dire ce qui est n’est pas se plaindre mais témoigner de la réalité de notre métier."
Elrik Irastorza, CEMAT, devant les présidents des officiers, 22 octobre.

La phrase de la semaine : Elirck Irastorza

"Il s’agit en fait de s’en tenir à une règle très simple : personne ne peut ni ne doit commettre l’indéfendable, personne ne peut ni ne doit défendre l’indéfendable, car le jour où nous aurons besoin de défendre le défendable, nous aurons perdu notre âme et ne serons plus crédibles. En opérations comme au quartier, l’esprit de corps, lui aussi, a ses limites. L’esprit de corps n’est pas là pour protéger ceux qui ont franchi la ligne ! Je relève encore trop de comptes-rendus initiaux imprécis comme si le premier réflexe était de cacher ou minimiser. Or tout finit par se savoir". (souligné dans le texte)
Elrik Irastorza, CEMAT, 22 octobre 2010, devant les présidents des officiers.

samedi 13 novembre 2010

Grosse semaine en vue

Quel que soit le choix final du président de la République (et chef des armées) dans quelques heures, le ministre de la défense va commencer par une grosse semaine, avec un agenda qui s'impose à lui. Lundi, débat nocturne au sénat, en séance publique de surcroît, sur l'OTAN. Mardi, il enchaînera avec son premier ministre de la défense de la semaine -l'israélien Ehud Barak- pour 45 minutes chrono d'entretien. Le deuxième confrère, l'Indien Shri Pradeep Kumar, devrait débarquer, lui, à Brienne, lundi, pour trente minutes chrono. Les Indiens sont trop bons clients -et peuvent l'être encore plus- pour qu'un tel rendez-vous se passe mal. Le même jour est prévue la prise d'armes du président de la République : immanquable pour le ministre de la Défense.
Entretemps, la veille, le ministre de la Défense aura vécu, comme le nouveau gouvernement, son premier conseil des ministres. En fin d'après-midi, il doit réunir le conseil scientifique de défense.
Enfin, et c'est évidemment le gros morceau de la semaine, du fait de ses enjeux et de son caractère très cosmopolite, ministre et président seront réunis pour la troisième fois de la semaine, pour le sommet de l'OTAN, à Lisbonne, vendredi et samedi.
Dans l'intervalle, il faudra sans doute caser des rendez-vous avec les grands commandeurs. Le scepticisme perçant dans leurs dernières auditions parlementaires devrait mobiliser le locataire de Brienne, tout comme quelques autres gros sujets : la nouvelle interdépendance franco-britannique, le succès de la réforme organique, et le début du désengagement d'Afghanistan.

Deux lignes de défense

Depuis quelques jours, deux blogs portent... le même nom ! Philippe Chapleau, journaliste à Ouest-France, a choisi pour son blog le nom de Lignes de Défense, qu'Olivier Fourt (RFI) avait adopté depuis déjà plusieurs mois.
Philippe Chapleau (1) fait déjà preuve d'un sens peu commun de la cadence, avec plusieurs post quotidiens. Plusieurs communicants de la Défense signalaient, ces derniers jours, la création de ce blog. Olivier Fourt diffuse sur son blog les sujets défense qu'il réalise pour la radio RFI. Demain, à écouter, un sujet sur l'externalisation avec une série d'interviews réalisés avec des responsables de CAE Aviation.
Leur deux média sont des références dans leur domaine : Ouest-France est, on l'oublie souvent, le premier quotidien de France (2), avec une diffusion qui représente deux fois celle du meilleur des quotidiens nationaux. RFI, elle, dispose de bonnes audiences, comme en Afrique, avec 40 millions d'auditeurs.

(1) également membre depuis deux ans du jury du prix la plume et l'épée, organisé par la direction des ressources humaines de l'armée de terre.
(2) et une excellence école pour les jeunes journalistes : elle m'a en tout cas beaucoup appris.