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dimanche 31 octobre 2010

Le plan de relance... de l'export

Un Caracal prévu pour rallier l'armée de l'Air a finalement rallié... l'export. C'est le DGA qui le dit, au détour de son audition par les députés de la commission de défense. On n'en sait pas plus, en tout cas dans le texte officiel, sur la destination de cet appareil -Mexique ou Afghanistan, via la Suède (1)- et la date à laquelle il le fera. Tout comme on n'apprend pas non plus que l'achat de cet appareil avait été financé par... le plan de relance de l'économie.
Cinq appareils avaient alors été commandés. Le premier -attendu le mois prochain- était destiné à la DGSE (GAM-56), tout comme, initialement, le 3e et le 5e.
A ce stade, on ne sait pas si cet appareil n'est que décalé... ou si, rigueur oblige, il faut finalement faire une croix dessus.
Les armées exploitent actuellement 14 Caracal, dont huit sont possédés par l'ALAT (4e RHFS), et six par l'armée de l'Air (EH 1.67). La flottille 32F de la marine dispose par ailleurs de deux EC225, pendant civil du Caracal.

(1) la Suède a connu quelques vrais gros soucis pour l'adaptation au standard SAR de combat de Super Puma qu'elle exploite pour les missions de sauvetage (civils). Plusieurs polémiques, en Suède, se sont succédé pour que ce déficit capacitaire puisse enfin être réglé.

C'est la foire à Bagdad... (actualisé)

Elle commence demain et durera 10 jours : la foire internationale de Bagdad (1) verra passer plus de Français que d'habitude, et certains y auront même un stand en bonne et due forme comme Sema World, spécialiste en solutions de protections contre l'effet du terrorisme. La société devrait notamment y populariser son NA wall, une solution qui a percé à peu près partout sauf -c'est logique- dans son pays d'origine. Surtout par les temps qui courent, on ne doit pas avoir d'ambassades à protéger...
La France, on le sait, tente de reprendre pied dans le pays, dont elle fut le premier fournisseur d'armement, dans les années 80. Signe des temps, un célèbre fabricant d'électronique va même y construire une usine. Tandis que les relations aériennes commerciales reprennent doucement, avec trois vols hebdomadaires directs (avec un A319) réalisés par Aigle Azur.
Les marchés sont, pour l'instant, restés très modestes, avec quelques Gazelle d'occasion destinées à préparer l'arrivée d'appareils plus modernes. Sept AS350B3 ont aussi été récemment vendus pour l'épandage sur les palmeraies... Les équipages seront formés en Afrique du Sud, pour des livraisons devant commencer "au cours" du premier trimestre 2011, un record de réactivité pour un contrat qui vient seulement d'être signé.
Le projet de revendre également des Mirage F1 (la monture la plus moderne sous Saddam) rénovés semble, lui, avoir pris quelques plombs dans l'aile, depuis que les Etats-Unis ont mis des F-16 dans la course. On apprenait la semaine dernière que le L-159 tchèque avait lui aussi quelques atouts, pour une vingtaine d'exemplaires...

(1) l'édition 2009 avait vu passer 350.000 visiteurs. 110 exposants étrangers disposaient d'un stand.

Achtung, épouvantails !

Est-ce un effet de la crise économique, ou des restrictions budgétaires ? Un fabriquant allemand a revisité les classiques historiques, en protégeant les navires évoluant dans les zones de piraterie avec des mannequins figurant des militaires. Tous les détails seront disponibles ici, dans le courant de la journée, avec un sujet sonore de RFI.

samedi 30 octobre 2010

Cap à l'est

Le PACDG avec ses deux FAA, Forbin et Chevalier Paul, en 2010 (crédit : MT Falempin / MN).

Prendre au plus court pour rallier le coeur d'Agapanthe : le slot afghan. C'est vraisemblablement le choix qui va mener la course du groupe aéronaval français (GAN). Ce dernier ne devrait se reformer totalement qu'après le passage de Suez, car il progresse pour l'instant en échelon refusé. La frégate Tourville et le pétrolier Meuse progressent en tête. Par principe, la position des SNA ne fait pas l'objet de grande communication. La frégate Forbin est encore à Toulon, vraisemblablement jusqu'à lundi ou mardi, et constituera le chien de berger du PACDG, qui lui, restera quelques heures dans les Zonex pour récupérer ses avions et requalifier tout le monde à l'appontage.
Pour des raisons assez évidentes, le porte-avions devrait maintenir ses interactions prévues avec l'Italie et la Grèce, tout en réduisant un peu la voilure sur le temps consacré. Des développements, sous la forme d'exercices, seront peut-être plus faciles sur le chemin du retour.
Car, en filant bien, le PACDG pourrait être, finalement, dans les parages de l'Afghanistan dans le slot initial. Même si sa campagne aérienne pourrait être amputée de quelques jours d'opérations.
Le contrat moyen d'un porte-avions américain consiste en général en 40 jours. La marine avait prévu de pouvoir faire plus -43 jours-, ce sera donc, peut-être, au final, légèrement moins, en dessous de 40 jours-référence.
D'ores et déjà, cet Agapanthe se caractérise comme étant la campagne des tours de force, avec une réparation réalisée dans des délais extrêmement réduits. Le meilleur des démentis, et la marine l'a bien compris, à la scoumoune médiatique qui poursuit le PACDG.

Un député en colère

C'est plutôt rare dans l'enceinte feutrée de la commission de défense : le vote du budget s'est terminé mercredi par un incident de séance, quand le député du Rhône, Christophe Guilloteau, plutôt connu pour son calme, s'est insurgé bruyamment du passage furtif d'un confrère, venu seulement signer la feuille de présence. Alors que l'on votait les crédits Défense.
Comme c'est souvent le cas, le compte-rendu euphémise, et évoque l'incident de façon très indirecte (1) aussi, la meilleure façon consistait à remonter à la source de l'ire. Christophe Guilloteau, que nous avons contacté hier, a pu ainsi nous livrer sa version. "Cela fait des mois et des mois que le problème existe, constate le député. On a imposé un pointage le mercredi en commission, avec astreinte financière. Certains députés rentrent par la porte gauche de la commission, signent la liste de présence, et sortent par la porte droite.
Mercredi, c'était différent, j'ai vu l'huissier se faire appeler pour apporter la liste hors de la salle. Je trouve cela d'autant plus inacceptable que cela vient de l'ancien premier ministre Laurent Fabius. Ce n'est 'pas très classe' quand on est un ancien ministre de la République. J'ai demandé à ce que cela soit consigné, et évoqué dans la prochaine réunion de la commission. Je ne veux pas que cela reste lettre morte. Les députés de base s'astreignent à une discipline, elle doit être la même pour tous".
Laurent Fabius, que nous avons tenté de contacter vendredi soir était en déplacement à l'étranger et n'a donc pas pu répondre à nos questions, ou évoquer sa version.
La liste des questions en séance en commission, tenue par l'assemblée, et consultable ici, permet en effet de constater que le député du Rhône y intervient régulièrement. Le même document, pour le député Fabius, produit des résultats différents.
Mercredi, jour de vote du budget, 17 membres étaient excusés. Le vote du budget en séance, en présence du ministre (2), n'attire pas, en général, la totalité des élus intéressés par le sujet.

(1) voici le passage précis, en fin de compte-rendu :
"Je proteste contre le comportement de certains de nos collègues qui viennent simplement émarger la feuille de présence en ne faisant qu’entrer et sortir de la salle. C’est insultant pour tous ceux d’entre nous qui par leur travail, leur présence accomplissent leur mission. Je souhaite que cette question soit évoquée lors du prochain bureau de la commission."
(2) on peut se rapporter, pour s'en convaincre, à la couverture du vote du budget 2010, effectuée en direct par ce blog l'an dernier.

Le PACDG repart

Ce blog avait dit trois semaines, il s'est trompé : ce n'aura pris que deux pour réparer le PACDG. Le porte-avions Charles de Gaulle a repris la mer ce matin. C'est... le site internet de la marine qui annonce la nouvelle, précisant par ailleurs que le groupe aérien embarqué (GAE) va rejoindre sa base en mer "dans le prochaines heures". La composition du GAE est inchangée : 12 SEM, 10 Rafale F3, deux E-2C Hawkeye.
On ignore encore le nouveau programme du porte-avions, particulièrement son slot afghan, initialement programmé du 15 novembre à la fin décembre. Il devait ensuite relâcher quelques heures -et pour la première fois- dans la base française aux Emirats Arabes Unis.
L'escale devrait être brève : au-delà de cinq jours, on est obligé de requalifier les pilotes à l'appontage.
Le porte-avions est "revenu deux fois à quai sur incident technique", en dix ans de carrière, rappelle-t-on aussi. Dans le même espace-temps, le bâtiment aura parcouru l'équivalent de 15 fois le tour du monde, et effectué 23.000 catapultages.

Ps : histoire dans l'histoire, un cuisinier du bord a sauvé un noyé à Nîmes, ce qui lui avait fait rater le départ du PACDG. Toute l'histoire est ici.

vendredi 29 octobre 2010

Deux

Ce blog avait évoqué la nouvelle possibilité, pour des engagés volontaires de l'armée de terre (EVAT) de devenir directement officier, en intégrant directement, après sélection, un cursus EMIA (école militaire interarmes). Les deux premiers officiers issus de ce nouveau cursus recevront leur sabre à Coëtquidan, le 6 novembre prochain, lors de la traditionnelle cérémonie d'automne des écoles d'officiers de l'armée de terre.

Deux sur deux

Jean-Claude Viollet a réussi son pari de glisser deux amendements, en commission, relatifs au Mirage 2000D et au MRTT. Dans le premier cas, le député a réussi à faire voter un ajout de 10 MEUR pour lancer une modernisation minimale du Mirage 2000D. Il s'agit, principalement, de permettre l'emport du pod Astac (renseignement électromagnétique) sur toute la flotte de Mirage 2000D, et éviter, ainsi, un "déficit capacitaire de cinq ans". Les derniers Mirage F1CR, les seuls appareils à pouvoir opérer ce pod, doivent quitter le service en 2014, c'est déjà deux ans plus tard que prévu.
Le roué charentais a aussi réussi à faire voter la commission sur un autre amendement, sur le MRTT cette fois. Comme il 'avait dit, le député a défendu cet amendement en binôme, avec le député de Saint-Dizier (une ville qui héberge la base Rafale), François Cornut-Gentille. 20 MEUR devraient ainsi être prelevés sur le programme 178 pour louer une capacité d'Airbus A330 MRT (multi-role transport, sans capacité de ravitaillement en vol). Le coût d'utilisation d'un MRT est de 5.000 euros, contre 13.000 pour un C-135FR. Le député ne s'en cache pas, il cherche à "pousser le Gouvernement à faire un choix pour engager le renouvellement de notre flotte de ravitailleurs".
Reste à savoir quel sort sera fait à ces amendements dans la discussion budgétaire finale : il arrive que les amendements ne survivent pas à cet examen final...

jeudi 28 octobre 2010

C'est la faute à Ben Laden

Certains commentateurs découvrent aujourd'hui que la France va passer le témoin en Surobi. Pas une vraie découverte pour les lecteurs de ce blog, puisqu’avec quelques précisions, ce TOA avait été évoqué dès le 20 mai. Il est vrai que l’Afghanistan n’est (même) pas un sujet de conversation dans les salons parisiens, souvent source de gros scoops (1). En parlerait-on donc d'ailleurs si Ben Laden n’avait pas menacé la France pour son engagement en Afghanistan ?
« L’enlisement » mot aussi à la mode, et sans doute très parisien, ne repose pas forcément sur des réalités, en zone française en tout cas. Disons seulement que des progrès particulièrement concrets ont été réalisés dans les vallées de Kapisa. Pas toutes, certes, mais les insurgés ont pris des coups, et dans certains coins, ne s'en relèvent pas.
Seulement, la France s’est lié les mains, en refusant d’accueillir la presse en Kapisa : impossible, donc d’aller vérifier sur place les affirmations des uns et des autres. Vérifier, sur le terrain, ce qui constitue, rappelons-le, le travail élémentaire de la presse. Pour tous les autres nations de la coalition.
Une fois n’est pas coutume, la guerre de perceptions n’est pas gagnée, dans la population… française, sa classe politique, et ses relais d’opinion.

(1) c'est du second degré. Je préfère préciser, pour m'épargner de nombreux e-mails.

La TFLF 3 activée

La 9e BLBMa a officiellement pris ses fonctions hier à Nijrab, à la tête de la task force La Fayette, dont c'est le troisième mandat. Pour l'occasion, le chef d'état-major de l'armée de terre s'était rendu en Afghanistan.
Comme ce blog l'avait signalé ce weekend, c'était donc le deuxième passage de relais (TOA) de la semaine, le premier étant intervenu côté ANA.

François Fillon visite des blessés

Le Premier ministre a visité des militaires blessés en Afghanistan, la semaine dernière, dans un hôpital parisien. On ne sait rien de plus sur sa visite, qui n'a apparemment pas été annoncée, et n'a pas non plus, vraisemblablement pour des raisons de discrétion, été suivie par le moindre journaliste.
François Fillon s'était déjà rendu au chevet de blessés, notamment en août 2009.

Drones US : pas encore de "demande formelle"

"Nous n'avons pas encore reçu de demande formelle de la France" pour des drones MALE, nous a affirmé, en milieu d'après-midi, Michèle Flournoy, la sous-secrétaire américaine à la Défense, de passage aujourd'hui à Paris (1). L'incertitude demeure sur cette question, qui semblait à un moment tranchée. Et d'autant plus alors qu'aucune décision n'est sortie, la semaine dernière, d'un comité ministériel d'investissement, à la Défense.
Plusieurs observateurs, dont votre serviteur comprenant cette absence de communication sur la volonté de réserver des annonces à la présidence de la République, qui rencontre le premier ministre britannique, début novembre. Les drones figureront en bonne place dans le partenariat stratégique que France et Grande-Bretagne souhaite mettre au point.

(1) Mrs Flournoy y a notamment rencontré Michel Miraillet, le directeur chargé des affaires sratégiques.

6+2

Un appel d'offres pour améliorer les capacités de détection de huit bâtiments de la marine devrait déboucher très rapidement, peut-être même d'ici la fin de la semaine. Six patrouilleurs de haute mer (ex-avisos) et deux pétroliers-ravitailleurs sont concernés par ce système de détection périphérique, et non pas panoramique, comme la marine avait déjà pu en installer un à bord de ses frégates La Fayette (FLF). Jusqu'à leur implication dans la lutte contre la piraterie, les FLF étaient particulièrement dépourvues de capacités de détection automatique. Même s'il reste, évidemment, les yeux des marins. C'est Inéo-Défense, utilisant une caméra infrarouge HGH -cette société vient d'être primée à Euronaval pour son innovation- qui avait remporté cet urgent-opérations, il y a un peu plus d'un an. C'était d'ailleurs un des premiers notifiés dans le cadre de la lutte contre la piraterie.
A noter que le BPC Tonnerre expérimente, lui, un système de détection périphérique fourni par la société Automatic Sea Vision (ASV), qui, elle, avait été primée il y a deux ans à Euronaval, pour un système automatique de détection de très petites cibles, comme un skiff (version somalienne), ou un kwassa-kwassa (version comorienne).
Cette expérimentation de 18 mois est financée par des fonds RAPID. Rapide, c'est bien le mot du jour, puisque le navire est déjà équipé, alors que ce contrat a été signé il y a seulement quinze jours.

Après l'Inde, le Pakistan (actualisé)

Le Moawin (crédit : S.Bommert).

Après une frégate indienne, il y a quelques semaines, c'est un pétrolier pakistanais, le Moawin, qui vient relâcher à La Réunion, en provenance de Mombasa. Il déplace 16.800 tonnes, dont 10.300 de pétrole, et embarque un hélicoptère Sea King. L'album est visible ici.

La marine recueille sept naufragés (actualisé)

Le Spirit of Antigua : si mes souvenirs de voile sont bons, on appelle cela faire un chapeau...
(crédit : Douanes Nantes)



Le Caracal de l'armée de l'air (1) armé par un équipage de la flottille 32F appartenant à la Marine nationale- a décollé, cette nuit, pour aller recueillir les sept naufragés d'un catamaran, le Spirit of Antigua, avec un skipper britannique. L'opération a commencé vers 21h30, par la traditionnelle percussion de balise de détresse, détectée par le CROSS Gris-Nez à 250 km de la point de Penmarc'h (Finistère). Le CROSS Etel, mieux placé, a pris le relais, déclenchant le Caracal armé par la marine, en alerte à Lanvéoc-Poulmic -et non Lann Bihoué comme je l'ai écrit initialement-.
Une frégate britannique, le HMS Ocean, est même rameutée sur cette zone qu'elle fréquente alors.
Le Caracal arrive sur zone pour minuit, et la marine récupère un à un les sept naufragés, "en bonne santé" affirme la prémar. Ils avaient pu se nicher sur la coque de leur bateau. Auscultés par un médecin de la marine pendant le transit, ils n'ont apparemment pas souffert de leur sinistre.
Hélicoptère et naufragés ont rallié la base aéronavale de Lanvéoc pour 1h40.
C'est le deuxième gros sauvetage opéré par le Caracal en l'espace de quelques jours, après l'Uranus.
A l'approche du gros temps de l'hiver, il devient donc d'autant plus nécessaire de disposer d'un EC225 en état de voler, et d'un deuxième appareil du même type, actuellement en chantier de transformation chez son fabriquant.

(1) cet appareil qui appartient à l'EH 1.67 "Pyrénées" avait été positionné sur cette base afin de pallier le déficit de disponibilité du Super Frelon -l'ALAT (4e RHFS) a également cotisé à ce système d'astreinte-. Un Caracal Air restera basé à Lanvéoc jusqu'au retour d'un 2e EC225 dans le Finistère, c'est-à-dire, selon les prévisions, la fin de l'année.

mercredi 27 octobre 2010

Un USV sur la Seine (suite)

ECA a fait évoluer son USV sur la Seine, en fin d'après-midi, comme ce blog l'annonçait hier. Parmi les onze pays représentés, on notait la présence de plusieurs ministres, de quelques parlementaires, et des marins venus d'Asie, d'Afrique et d'Amérique du sud.
L'engin embarquait deux pilotes, pour l'occasion : une obligation liée à la législation, et pour la simple et bonne raison que l'Inspector Mk2 -c'est son nom- ne sera "totalement dronisé qu'en janvier prochain", assure un responsable de la société. D'ores et déjà, l'USV trempe automatiquement un capteur bathymétrique, à sa poupe. Le concept est breveté.
Le véhicule lui-même a été construit par le chantier CAI de Gujan-Mestras (Gironde).
Un million d'euros ont été investis dans ce nouveau concept, par ECA.
L'USV peut être utilisé seul, ou comme partie intégrante d'un navire bien plus vaste, le SIMBA 455, qui attend son client de lancement. Une marine s'intéresse déjà à ce concept complet, navire et USV.
Ce dernier peut être décliné dans plusieurs domaines : la surveillance et l'intervention, la guerre des mines, mais également la lutte anti-incendie, et la surveillance des "aterrissements" des pipelines, dans la frange côtière.
Une équipe d'ECA revient d'ailleurs d'Egypte, après avoir effectué une mission dans ce domaine.

Un départ

Philippe Tanguy, actuel conseiller technique pour la communication au cabinet d'Hervé Morin, quittera ses fonctions vendredi prochain, pour rallier le secteur privé. C'est l'actuel chef des relations presse du Sirpa Air qui lui succède (1).
Philippe Tanguy avait quitté l'armée il y a quelques mois, et avait prolongé son service au sein du cabinet, comme contractuel civil. Marsouin d'origine, avec plusieurs opex à la clé, il avait entamé une deuxième carrière dans la communication, à la DICOD, où MAM l'avait détecté. Cet atypique, par ailleurs féru de généalogie et d'histoire, aura donc servi deux ministres.
Il assurait également l'intérim de Stéphanie Prunier, conseillère pour la presse, partie, elle, dans une célèbre agence de communication, le mois dernier.

(1) Cet officier, fusilier commando d'origine, a effectué un grand nombre d'opex, notamment dans les Balkans. Il avait officié au Sirpa Central, avant de revenir dans son armée d'origine, et connaît donc parfaitement, comme son prédécesseur, la presse défense.

mardi 26 octobre 2010

19 minutes de "corps et coeurs brisés"

RFI consacre un grand angle aux blessés et aux morts de l'armée de terre en Afghanistan. 19 minutes déclinées avec six témoins, ce qui tend à équilibrer ce sujet, mais qui génèrera, sans doute, son lot de détracteurs, comme un précédent sujet, réalisé la semaine dernière sur Europe 1. On croise Norman, qui a connu le stress post-traumatique, les "blessures invisibles", "Chad", blessé et qui à 28 ans avoue son sentiment d'inutilité ("je n'ai plus de carrière"). Mais aussi Jocelyn, le sergent-courage du 13e BCA évoqué par ce blog il y a quinze jours, amputé du fémur, et qui veut reprendre le sport et sa place dans son unité. On entend également sa mère, qui évoque le dimension familiale de l'engagement, une dimension souvent oubliée. Nathalie, qui fut la compagne de Nicolas Belda (27e BCA), tué en Alasay en 2009, livre également son ressenti.
Enfin, pour la première fois, il y a une quinzaine de jours, Elrik, CEMAT, avouait sa "hantise" de retrouver un militaire sur le bord du chemin, sans soutien.
Des arguments, des faits, à entendre, à quelques jours d'une marche silencieuse du weekend prochain.

Brown submarine

Il y a des produits qui interpellent plus que d'autres. En passant devant le stand Stidd/TR Equipement, ce matin, Hervé Morin a fait un stop non prévu, en reconnaissant le DPD, un petit submersible pour nageurs de combat sur lequel il s'était fait briefer, à Euronaval 2008.
Il y a exactement deux ans, on sortait d'une prise d'otages -le Ponant- et la marine avait acheté un DPD pour expérimentation, qui semble avoir été concluante. Par contre, et le ministre l'a apparemment aussi remarqué, les achats complémentaires évoqués à l'époque n'ont pas suivi. A suivre...

Une salle


Elle hébergeait un espace sur les BPC et les BHO (les bateaux hydrographiques) : c'est désormais une salle dédiée aux marins du ciel, au musée de la marine. L'amiral Forissier l'a inauguré ce soir, avec des représentants de la société Bréguet, qui fournit les marins en montres d'aviation, dans les années 60.
Entres autres curiosités, on peut y découvrir cette tenue de pilote (1939), ou cette planche de bord de P2V6 Neptune, un siège éjectable MK10 de Crusader -qui eut à fonctionner plus que de raison...-, ou encore un diorama présentant les porte-avions et porte-hydravions français.

Un signe

Hervé Morin a lu intégralement le script de son discours, ce matin, pour inaugurer le salon Euronaval. Là où ses suiveurs s'étaient habitués à entendre une improvisation souvent riche d'informations, sur la faible disponibilité des matériels, ou le coût de cette même faible disponibilité. Ces suiveurs en ont donc été pour leurs frais, ce matin, au Bourget.
Plusieurs observateurs y ont vu la résignation du ministre à quitter son ministère. Même si, pourtant, en réponse à une question people, il s'est lui-même refusé à envisager un nom pour le capitaine du prochain équipage gouvernemental, et évidemment, pour celui qui tiendra la barre de la défense.

"Indigne"

Sans se départir de son célèbre sourire, le chef d'état-major de la marine s'est permis de se fâcher tout rouge devant la presse réunie à Euronaval, ce matin. Répondant à une question sur le porte-avions, l'amiral Pierre-François Forissier, qu'on savait bouillir ces derniers jours sur ce sujet, a jugé "indigne" l'acharnement de la presse sur l'étendard de la marine. "L'équipage est désappointé de la façon dont il est traité sur la place publique", a-t-il ajouté en complétant : "il n'est pas anormal qu'un bateau casse".

"Des JSF sur le PACDG, des Rafale sur le Queen..."

L'interopérabilité franco-britannique va se nourrir des soucis budgétaires des deux côtés de la Manche. "Quand le porte-avions Charles-de-Gaulle est à la mer, il pourra accueillir des JSF britanniques" a affirmé ce matin le ministre français de la Défense. Et, on le sait , une fois doté d'une catapulté, les porte-avions britanniques (le premier d'entre eux ne l'aura pas tout de suite) pourront également accueillir des Rafale, voire d'autres aéronefs (Hawkeye, à vérifier sur le plan technique), sur une longue période. De l'entraînement, à coup sûr, mais peut-être aussi, pour des déploiements intéressants les deux pays.
Hervé Morin a précisé que cette capacité avait été vérifiée "sur le plan technique" il y a quinze jours, à (sa) demande". Cela a même encore été évoqué hier lors d'une discussion entre le ministre et le CEMA. Cette capacité ne semble générer "aucun problème", si ce n'est quelques évolutions dans la préparation des missions.
On pourra donc voir des Rafale sur un porte-avions britanniques, ce qui permettra, in fine, d'épargner sur le temps d'utilisation du PACDG, qui pourra être réservé à un temps d'utilisation plus opérationnel.
On peut donc, désormais, parler d'une gestion quasi-commune de l'utilisation de nos porte-avions et de leurs groupes aériens embarqués. Ou, en tout cas, beaucoup plus dynamique qu'avant. Ce qui s'inscrit donc bien dans la nouvelle idée "d'interdépendance" des défenses des deux pays. Une idée magnifique et porteuse de valeur (s) : dommage qu'il ait fallu attendre autant de temps...

Hervé Morin signe pour Hermès

Hervé Morin signera dans quelques minutes l'accord qui permettra à la marine nationale d'utiliser l'OPV Hermès, actuellement en construction chez DCNS à Lorient.
Une première, puisque des marins français opèreront sur un navire qui n'appartiendra pas à la marine.
Ce navire d'ou nouveau type dans la gamme DCNS n'est encore visible qu'à l'état de maquette, au salon Euronaval, mais plusieurs de ses équipements existent d'ores et déjà. Comme une imposante embarcation d'intervention, développée par le chantier finistérien UFAST.

Un drone sur la Seine

Bien connue pour ses drones opérant dans la guerre des mines, la société ECA va présenter cette semaine son nouveau drone de surface (USV), l'Inspector Mk2, sur la Seine. Cet USV est principalement dédié aux missions de reconnaissance et de surveillance, y compris en milieu portuaire ami.
Il déplace 4,7 tonnes, et embarque jusqu'à 1.200 kg de charge utile, dont un sonar trempé. Il peut tenir 15 heures à 8 noeuds.
ECA a déjà livré à la marine la génération précédente d'USV, une embarcation téléopérée, utilisée pour tracter des cibles servant à l'entraînement au tir des navires.

lundi 25 octobre 2010

Sagem à 32 m au-dessus de la mer

L'électronicien place son système optronique EOMS-NG sur la frégate Cassard pour plusieurs mois. L'histoire ne coûte rien à la marine : c'est un SOUTEX (soutien aux exportations) qui permet cette opération gagnant-gagnant (1). Le navire bénéficie de capacités de veille et de poursuite plus importantes, tandis que Sagem peut, à la mer, déployer son matériel et vérifier sa fiabilité.
EOMS-NG peut traiter en instantané jusqu'à 100 pistes aériennes et/ou maritimes.
Le capteur est fiché à 32 mètres au-dessus de la surface, dans la mâture, et prend la place de l'ancien détecteur VAMB.

(1) autre opération du même type visible à Euronaval : l'OPV Hermès de DCNS, qui sera mis en oeuvre par la marine nationale. Cette dernière pourra ainsi approfondir les spécifications de sa future génération d'OPV, tandis que DCNS pourra observer le comportement de son nouveau produit à la mer.

La jeune femme et la mer

La photographe Cybèle Desarnauts (crédit : DR)

Cybèle Desarnauts a radiographé les marins du BPC Mistral dans un livre intimiste actuellement présenté au salon Euronaval. Même si ce blog n'est pas connu pour faire de la réclame facilement pour des livres, et encore moins sans les avoir lus, ces photos -en noir et blanc- méritent un premier bravo, dès le premier regard.
Comme celles qu'elle est allée capter dans les usines Zodiac : c'est d'ailleurs chez le célèbre fabriquant de canots que j'ai pu admirer, furtivement, l'oeil de la canoniste (1).
On peut découvrir un petit fragment de son travail ici, et plus encore, une galerie consacrée aux voilures tournantes de la marine.


(1) par opposition au nikoniste qui vous cause.

Le jeune homme et la mer

Le jeune Vincent Groizeleau, bien connu pour avoir créé le blog de référence Mer et Marine, passe, le temps d'un salon Euronaval, au papier. Sur 60 pages, une piqûre de rappel utile sur le monde maritime gris et bleu, pour six euros. Donc d'un excellent rapport qualité prix.

Un intermédiaire dans le soutien

A mi-chemin des 60 bases de défense (51 en métropole et neuf outremer) et du commandement interarmées du soutien (COMIAS), l'état-major des armées va créer des EMSD, ou états-majors de soutien défense. Cinq EMSD, chacun dotés d'une centaine de militaires, seront vraisemblablement mis sur pied, dans autant de régions calquées sur les régions terre. Quatre de ces EMSD seraient attribués à des généraux de l'armée de terre, et le cinquième, à l'armée de l'air. Brest et Toulon seront quant à eux à la fois BdD et EMSD.

dimanche 24 octobre 2010

La CISPAT forme des cellules de crise

Le 7e BCA est le premier régiment de l'armée de terre à voir une cellule de crise formée -en septembre- par la cellule d'intervention et de soutien psychologique de l'armée de terre (CISPAT). Ce choix semble avoir été effectué avec le départ du 7e BCA en Afghanistan, mais il concernera, plus largement, tous les GTIA partants, puis tous les régiments de l'armée de terre. "L'embasement" (intégration des régiments dans les bases de défense) risquant en effet de dépouiller les formations d'une partie des moyens humains actuellement employés dans les embryons de cellules de crise.

Sous la terre de Surobi...

Malgré les excellents bilans de découvertes de munitions effectués par le BG Bison, la terre de Surobi continue à vomir ce qu'on a enfoui dans son sol, depuis des années. Encore 25 obus de mortiers de 60 mm ont été découverts aujourd'hui, signale l'ISAF. Cerise sur le gâteau, on a également retrouvé un IED prêt à l'emploi avec 30 kg d'explosif artisanal.

Un binôme du RAID blessé

Un maître-chien et son animal lors d'une exercice de la force d'intervention de la police nationale (FIPN), dans le métro parisien (crédit : Jean-Marc Tanguy).

Les faits se sont déroulés les 11-12 octobre, lors d'une intervention sur forcené effectuée par le RAID, mais on ne l'a appris qu'hier. Le maître-chien et son animal, Frax, un malinois de quatre ans, ont été blessés par le tir de l'homme qui s'était retranché. Le maître-chien, qui n'est sorti de l'hôpital qu'en fin de cette semaine, avait été blessé à la jambe. Son binôme a été blessé à deux reprises, notamment à la mâchoire inférieure, ainsi que dans le thorax -une dizaine de plombs de chasse- et n'a dû son salut qu'à une femme médecin, puis aux vétérinaires de l'école de Maisons-Alfort.
L'animal devra cependant être réformé.
Les cas de forcenés, par nature imprévisibles, sont parmi ceux qui posent le plus de problèmes aux groupes d'intervention, dans leur premier souci de préserver la vie humaine, à commencer par celle des membres de la famille du forcenés souvent retenus en otages. Le forcené en question a été interpellé vivant.
Un forcené avait coûté au RAID deux des siens, Christian Caron et Fernand Seither, lors d'une intervention à Ris-Orangis, en 1989. Un maréchal des logis-chef du GIGN, Frédéric Mortier, avait quant à lui été tué en janvier 2007 sur une opération de ce type, et deux de ses camarades avaient été blessés.

ToA toi mon ToA

C'est cette semaine qu'interviendra le transfert d'autorité (ToA) de la 3e brigade ANA, à laquelle les OMLT français sont attachés. Trois nouveaux kandaks sont en cours d'intégration, depuis le mois d'avril, pour remplacer trois kandaks partis renforcer la protection de Kaboul et de ses environs directs. Parallèlement, la France fournit une 7e OMLT mentorant le 6e kandak (infanterie) de la 3e brigade. Cette dernière comptera 4.150 hommes au printemps, contre 2.950 actuellement, et n'opèrera plus que sur deux provinces (Parwan, Kapisa) et un district (Surobi) contre quatre auparavant.
370 militaires sont déployés en Afghanistan au sein des OMLT.

samedi 23 octobre 2010

348.117

348.117 euros ont été recueillis depuis le début de l'année pour venir en aide aux blessés de l'armée de terre. C'est l'association Terre Fraternité, dirigée par l'ancien CEMAT Bernard Thorette, qui est destinataire de cette somme.
170.000 euros, soit la juste moitié, provient de la générosité d'initiatives, souvent de terrain, des militaires de l'armée de terre elle-même : c'est le résultat de collectes dans les régiments, de sommes apportées par des entraides, comme l'Entraide Montagne que nous avons évoquée cette semaine. Ou encore le fruit des tombolas, de concours de bridge, de journées portes ouvertes, de concerts, etc.
L'un des plus gros chèques jamais perçu (79.140 euros), le 12 juin 2009, était le résultat d'une tombola nationale primée par les cadeaux faits au CEMAT par ses visiteurs.
Cette année encore, une collecte effectuée à l'intérieur de l'armée de terre a rapporté 64.000 euros. Autre exemple, Gilbert Edelstein, le président du cirque Pinder et responsable de l'association Handicirque a effectué un don de 6.000 euros, la semaine dernière.
Les sommes destinées à Terre Fraternité devraient, cette année, tutoyer les 400.000 euros, comme en 2009. En 2007, le budget n'était que de 40.000 euros : il y a donc eu une prise de conscience.
Tous les dons peuvent être défiscalisés, désormais, via l'ADO (association de développement des oeuvres d'entraide des armées), qui prend le relais de Terre Fraternité, dans la durée.

Liberté d'expression

Malgré des signes avant-coureurs peu encourageants, l'un des militaires interviewés jeudi matin au micro d'Europe 1 n'a finalement -et apparemment- pas été sanctionné.
C'est peu dire que le dossier que la radio a consacré aux blessés a soulevé un gros émoi, et l'armée de terre a réagi d'un bloc, comme elle sait parfois le faire, en stigmatisant l'interviewé, qui risquait donc quelques soucis. Ce sujet a frappé d'autant plus certains qu'ils sont au coeur du processus d'assistance aux blessés, qui globalement, fonctionne : le nouveau patron de la CABAT, un chef de corps concerné par plusieurs cas de blessures, etc...
Ces réactions peuvent se concevoir, tout comme celle du blessé. Il faut rappeler qui est cet homme -peu importe son régiment. Il a été blessé en sautant sur un IED, en octobre 2005, dans la région de Kaboul. C'est donc un des premiers blessés de l'armée de terre sur ce théâtre. A la même époque, les forces spéciales se font tuer, se font blesser, à l'autre bout du pays. Dans le plus grand silence médiatique.
Ce soldat, en 2005, n'a peut-être pas bénéficié des efforts que l'armée de terre mène actuellement pour aider ses blessés. Il faut le reconnaître. En tout cas, ne pas le nier, juste parce que ce militaire a osé se plaindre de son ressenti à une journaliste.
Rien, d'ailleurs, ne l'y interdit. Le statut général des militaires l'y autorise, pour autant qu'il reste à son niveau et ne se prenne pas pour le général Petraeus. Il a parlé, sans haine, de ce qu'il connaît le mieux : sa blessure.
Le CEMA a d'ailleurs encouragé, en juin, les militaires à faire rayonner dans la population ce qu'ils vivent et il faut accepter que cela ne corresponde pas toujours à un paysage idéal.
Ce militaire n'a rien fait d'autre.
Peut-on punir un militaire qui parle de sa blessure, et ne pas sanctionner un officier du CID qui écrit sur une réalité afghane qu'il n'a peut être même pas connue ?
Ou sanctionner légèrement un militaire qui met à bas des années d'effort de changement d'images de la politique de la France en Afrique ? Je peux continuer la liste, cela n'aurait pas beaucoup d'intérêt.
Non, ce blessé a servi la cause des blessés. Qui ont donc, jeudi, été évoqués deux fois dans la même journée, à des heures de grande écoute, sur Europe 1.
A une époque où les médias, la population et nos représentants politiques se désintéressent fortement de leur défense, on ne peut aller chercher des poux dans la tête de ceux qui traitent le sujet.

(1) La CABAT, cellule d'aide aux blessés, recense tous les blessés de l'armée de terre, qu'ils aient ou non quitté le service, afin de ne laisser personne sur le bord de la route. Son numéro : le 01/44/42/39/58.

vendredi 22 octobre 2010

Comment fidéliser la ressource ?

Face à cette question préoccupante dans l'armée de terre, le CEMAT a expliqué, mercredi, aux députés, comment il comptait s'y prendre. La mesure la plus spectaculaire est certainement l'accès plus important des engagés volontaires (EVAT) aux postes de sous-officiers : 70% de ces derniers seront désormais d'anciens EVAT (contre 50% en moyenne aujourd'hui), a promis le général Irastorza.
Pour limiter l'attrition en début de cycle, la formation initiale a aussi été réformée, avec la mise en place des centres de formation initiale militaire (CFIM). Ces derniers sont animés par des cadres "mieux sélectionnés et mieux formés" assure le patron de l'armée de terre, ce qui constitue aussi, une reconnaissance des limites de l'ancien système.
Le jugement livré mercredi était plutôt sans appel : "ma première préoccupation est de stabiliser le renouvellement de la ressource humaine que j’estime trop rapide. Il nous épuise en termes de recrutement puis de formation et surtout assèche nos viviers traditionnels. En 2010, nous aurons procédé à 16 300 recrutements externes : 437 officiers, 1 250 sous-officiers et 14 650 militaires du rang dont 1 500 pour, entre autres, la BSPP et les unités de la protection civile. C’est beaucoup trop. Il est nécessaire de maîtriser au plus vite l’attrition initiale qui atteint 25 à 30 % au lieu des 15 % escomptés et d’améliorer le taux de renouvellement du premier contrat, actuellement à 30 % au lieu des 40 % attendus."

Les blessés d'Afghanistan

"Nous aurons probablement une centaine de blessés en Afghanistan cette année" a estimé le CEMAT (1) devant les députés de la commission de défense, mercredi. D'ores et déjà, 82 militaires ont été blessés "grièvement" depuis le début de l'année, déplore le patron de l'armée de terre, qui, le 12 octobre, nous évoquait un chiffre de 70. C'est dire l'engagement actuel des troupes, en Afghanistan.
Le général Elrick Irastorza a par ailleurs évoqué la mémoire de l'infirmier Thibault Miloche (126e RI), "mortellement blessé au combat, décédé pendant son évacuation après s’être soucié jusqu’au bout de l’état de son auxiliaire sanitaire lui-même très gravement touché". Il a également rappelé que la mort avait touché 20 militaires en opérations extérieures cette année, sans limites de grade ou de spécialité.

(1) toutes causes et tous territoires confondus, 400 militaires de l'armée de terre sont blessés chaque année. La CABAT en recense actuellement une trentaine hospitalisés dans les établissements du service de santé, dont les deux tiers à Paris.

Plus de Caesar, des LRU plus tard

L'armée de terre va bénéficier d'une "tranche supplémentaire" de Caesar : c'est le général Elrick Israstorza qui l'a annoncé aux députés, lors de son audition, mercredi. La première tranche portait sur 77 systèmes : il n'en reste plus que quatre à livrer.
Le Caesar, fabriqué par Nexter, est déployé depuis l'été 2009 en Afghanistan, et doit prochainement rallier le Liban, en remplacement de l'AUF1.
La situation du LRU (lance-roquettes unitaire) semble par contre beaucoup plus fragile, dont l'entrée en service a été décalée à 2014 (contre 2011), a-t-on appris pendant la même séance parlementaire. Cet engin remplace la roquette M26 du lance-roquettes multiples (LRM/MLRS) de la guerre froide, rendu caduc par une convention internationale. Mais la quantité de roquettes n'a pas suivi sur la lancée, après une première commande de 250 en 2009.
Un souci qui, constate le CEMAT, pourrait aller jusqu'à menacer l'existence même du 1er RA de Belfort, "surtout si la livraison tarde ou ne se fait pas".
Le patron de l'armée de terre a rappelé que 1.700 tubes français tiraient à Verdun : il n'en reste que 128 un siècle plus tard, d'où l'obligation, estime-t-il, de les compléter par des LRU.

On démine le Balardgone

Il était enfoui à 1,20 m sous le sol et contenait 8 livres de poudre. Depuis la guerre de 1870, un obus d'artillerie dormait sous le terrain qui doit héberger le futur Balardgone, à côté du bâtiment A (dit Perret) de la parcelle B, qui donne sur le boulevard du général Valin, à Paris 15e. Sans le chantier de déconstruction des locaux actuels, et la dépollution qui va avec, on ne l'aurait pas retrouvé. Il ne présentait pas de risque particulier, insiste la Défense, "sauf manipulation violente ou incendie"
Vu les locaux qui doivent y être construits, l'inspection du sol de la parcelle B est, on l'imagine, particulièrement scrupuleuse, "avec scanner et géo-radar" nous explique-t-on.
La découverte est intervenue dans la soirée du 20 octobre, et un périmètre de sécurité a été dressé. Le déminage de la préfecture de police, bien occupé par ailleurs actuellement avec la recrudescence d'alertes au colis piégé dans Paris, est intervenu hier en fin d'après-midi. En trente minutes, la messe était dite, et l'obus a rallié Bièvres (Essonne).

Expetac Félin au 13e BCA

Félin monte progressivement en puissance dans l'armée de Terre : c'est le 13e BCA qui sera chargé d'en effectuer l'expérimentation tactique pendant plusieurs mois, au moins jusqu'en juin. Un travail fondamental dans tous les sens du terme puisqu'il en découlera les manuels d'emploi pour l'infanterie, à tous les niveaux : groupe, section, compagnie. Et évidemment, dans les scénarios les plus divers : combat, fouille, reconnaissance, etc. Une première compagnie, la deuxième, sera d'abord concernée, puis la totalités des compagnies du 13e BCA.
Les chasseurs vont ainsi enchaîner les camps, pendant l'hiver, pour produire le travail le plus complet.
Le 13e BCA avait déjà expérimenté les prototypes de Sagem, tout comme, à l'époque, le 8e RPIMa et le RMT.
C'est au 1er RI, pourtant, qu'il reviendra de déployer, le premier, le Félin en Afghanistan, fin 2011. Dans une sous-exposition médiatique notable, le 1er RI avait plus que tenu son rôle en Afghanistan, lors d'un premier séjour en Surobi, en 2009, comme ce blog l'avait signalé.

jeudi 21 octobre 2010

Bilans IED

L'Afghanistan a déjà connu 10.500 évènements IED cette année, contre 8.994 en 2009, indique un document diffusé ce soir par le Pentagone. C'est plus de trois fois le nombre de l'année 2007 (2.677). Cette même année, l'Irak avait connu 24.000 cas, contre seulement 1.100 cette année.

Un Fennec sauve deux naufragés

Un Fennec de l'ETOM Antilles a sauvé deux naufragés, cet après-midi, à la Guadeloupe. Le pilote et la passagère d'un bimoteur avaient trouvé refuge à bord d'un canot de sauvetage, d'où ils ont été secourus par l'hélicoptère de l'armée de l'Air.
L'ETOM, basé à la Martinique, comprend trois Casa 235, deux Puma et deux Fennec. Il avait été très largement engagé pendant les opérations de secours à la population haïtienne, en début d'année.

Des blessés parlent (actualisé)

Europe 1 consacre un dossier multimédia à la situation des blessés de l'armée de terre, audible et lisible ici. Deux blessés ont été interviewés par Aude Leroy, journaliste spécialisée dans la défense, sur la radio.
Notez que la situation des blessés, longtemps laissée dans l'ombre par l'armée, fait l'objet de plusieurs reportages de presse, actuellement. La couverture continue de ce domaine sur ce blog peut être lue ici.
Aude Leroy et le général Christian Baptiste, n°2 de la DICOD, débattront ce soir de ce sujet chez Nicolas Demorand, à 19h30, sur Europe 1.

Une cérémonie à Brive

L'infirmier de classe normale Thibault Miloche, infirmier au 126e RI, sera décoré aujourd'hui de la Légion d'honneur à titre posthume, lors d'une cérémonie d'honneurs funèbres, à Brive, présidée par Hervé Morin.
Cet infirmer a été tué lors d'un héliportage d'assaut en vallée d'Uzbeen, le 14 octobre dernier.

Un CMI vendredi pour mettre les points sur les i

Le ministre de la Défense présidera demain un comité ministériel d'invenstissement (CMI) sur les drones. Son caractère décisionnel n'est pas acquis sur la base de la présentation qui vient de nous en être faite. Ce CMI "s'inscrit dans le processus de décision" du choix du MALE interimaire. Qui fera donc lui-même suite à un système intérimaire de drones MALE (SIDM). A moins qu'il ne fasse que le renforcer.
Entre autres solutions, on évoque ces derniers jours l'achat de Predator aux Etats-Unis, ou de drones Harfang à EADS, solution prônée par Jean-Claude Viollet, le député et rapporteur Air à la commission de défense.
On ignore si l'achat d'un système de drones Watchkeeper, évoqué depuis quelques semaines pour appâter nos amis britanniques, sera ou non sur la table. Le WK450, développé par Thales pour l'armée britannique possède une endurance de 15 heures -trois fois l'autonomie d'un SDTI : c'est donc un drone "tactique endurant".

Pour les blessés

Des blessés qui auront perdu leur aptitude de milieu -parachustistes, montagnards par exemple- après une blessure pourront poursuivre leur carrière dans leur régiment d'origine, s'ils le souhaitent, a-t-on appris hier. Rien n'était écrit, sur le sujet, jusqu'alors, et la perspective de devoir quitter leur régiment pouvait constituer une sorte de "deuxième peine" pour les blessés, particulièrement pour ceux touchés au combat.
La règle, qui vient d'être écrite par le CEMAT en personne, semble même aller plus loin puisque des blessés pourront également revenir à leurs premières affectations. Le cas vient de se produire, pour un blessé du 21e RIMa, qui pourra ainsi réintégrer un RPIMa.
Evoquant le sort des blessés, en marge de l'exercice Jalalabd 3, voilà ce qu'en disait le général Hervé Wattecamps, patron de la 27e BIM, au début du mois : "nous avons un devoir vis-à-vis d'eux. Tout blessé qui veut rester restera. S'il veut devenir civil de la défense, il aura aussi cette possibilité".
La 27e BIM a, depuis 2007, déploré une cinquantaine de blessés (1) entre les deux GTIA engagés (Tigre et Black Rock), et les équipes de mentors.

(1) et trois morts au combat. L'Entraide Montagne, qui fêtera ses 10 ans en 2011, accompagne ces situations et les familles qui les vivent, à chaque fois.

mercredi 20 octobre 2010

Poubelles marseillaises : la Sécu à la rescousse

Michel Sappin, préfet des Bouches-du-Rhône fut aussi patron de la sécurité civile (1999-2002). Il a appelé cet après-midi ses anciens subordonnés à la rescousse, pour nettoyer les rues de Marseille, inondées d'ordures, après neuf jours de grève du service de voirie. C'est le 7e RIISC de Brignols (Var), une unité en général engagée sur les catastrophes naturelles et la lutte contre les incendies, qui a prêté son concours à cette activité peu commune. 150 de ses 650 militaires ont été engagés, pour l'instant.

La gendarmerie filme pour la police

Les EC135 volent partout, y compris, comme l'illustre cette photo, dans le ciel parisien (crédit Jean-Marc Tanguy) lors de journées de la sécurité intérieure.

Un hélicoptère EC135 de la gendarmerie a assuré quatre heures de vol au-dessus de Lyon, hier, lors de violences urbaines. La capitale des Gaules a été particulièrement frappée dans le centre historique (place Belcourt). L'hélicoptère a pu transmettre l'imagerie recueillie par sa tourelle optronique à la préfecture de police de Lyon, ainsi qu'à une équipe au sol, équipée d'un dispositif de réception des images. De tels outils constituant, on l'imagine, un multiplicateur de forces particulièrement puissant. Le ministre de l'intérieur ne s'y est pas trompé, citant le travail des gendarmes du ciel en exemple ce matin.
Un autre EC135, basé celui-là à Villacoublay (Yvelines), avait procédé de la même façon hier matin, dans la zone d'Argenteuil, lors de violences urbaines.
La gendarmerie opère 12 EC135, dont deux en région parisienne : face aux sollicitations croissantes, la gendarmerie vient d'ailleurs de renforcer son plot francilien.

MRTT : Viollet réfléchit à un amendement

Le premier MRTT australien, vu à Séville (crédit : Jean-Marc Tanguy). Le même appareil a été retenu par la RAF britannique et deux pays du Golfe. Où les avions français auront donc, peut-être, la garantie de ravitailler...

Jean-Claude Viollet, député de la Charente et rapporteur air à la commission de défense envisage de défendre un amendement (1) pour relancer l'actualité du MRTT, sans cesse décalé... depuis 2007 que MAM en avait pourtant lancé la phase de réalisation, avant de quitter Brienne. Le député PS n'exclut pas non plus de de rallier à ce projet d'amendement plusieurs autres députés, et de le défendre en séance, lors du vote du budget de la défense.
Le choix sur les MRTT, comme sur bien d'autres programmes à été reporté à après 2012, c'est-à-dire, après les élections présidentielles. Le recours au service de ravitaillement en vol des Britanniques -FTSA-, qui pourrait être évoqué lors du prochain sommet bilatéral, début novembre, ne constituant qu'un "complément" comme l'appréhende Viollet. Quant à l'A400M, on n'évoque pas de capacité ravitaillement avant 2018. Au mieux.
Rappelons que les premiers C-135FR, que doivent en autres remplacer les MRTT sont entrés en service avec la composante aérienne de la dissuasion, en 1964, soit il y a 46 ans (2). Quel militaire aurait accepté, en 1990, d'être transporté par un Dakota ? Qui plus est, si ce dernier avait été bourré de kérozène ?

(1) Le député s'est déjà révélé très actif en rédaction d'amendements cette année -malgré des déconvenues, en résultats- sur le budget des anciens combattants, comme on peut le constater ici.
(2) un appareil de cet âge rencontrant forcément des soucis (criques...), que se passera-t-il quand le premier C-135FR sera groundé, et que l'on devra faire pareil avec le reste de la flotte, à titre préventif ? Rappelons que la dissuasion est l'opération la plus ancienne menée par l'armée française, sans interruption de 1964.

mardi 19 octobre 2010

Les projets franco-britanniques s'affinent

A quelques jours d'un sommet franco-britanique, le document sur la revue de défense et de sécurité, dévoilé aujourd'hui, consacre 40 lignes à la coopération bilatérale entre nos deux pays.
Entre autres précisions, la Grande-Bretagne annonce vouloir développer "l'interopérabilité, le partage d'information et la coopération dans le domaine de la log", dans l'optique de forces interarmées de réaction rapide (1). Des doctrines interarmées communes et des programmes d'entraînement pourront aussi être développées dans le domaine des RESEVAC, ou la lutte contre les IED. La Grande-Bretagne dit aussi vouloir "augmenter significativement" l'investissement dans les drones.
L'envie d'un soutien commun sur l'A400M est confirmé.
Par contre, d'autres sujets de coopérations, dans l'air du temps ces dernières semaines, n'ont pas le droit à une ligne : peut-être sont ils réservés au prochain sommet.
Entre autres, on pense aux navires logistiques, au partage du service de ravitaillement en vol -qui ne pourra être qu'un complément, côté français, vu le caractère stratégique de son emploi...-, à la génération future de chasseurs de mines, ou à la patrouille maritime. Sur ce dernier points, la Grande-Bretagne reste, apparemment, cantonnée à des alternatives de surface.

(1) C'est déjà le cas, faut-il le noter, dans le domaine aérien : lors des NRF (Nato Response Force) successives, Français et Britanniques se sont arrangés pour combler les trous dans la raquette de l'autre. Et la France apportera un soutien, encore non précisé, à la sécurisation des J.O de Londres en 2012.

La défense britannique plonge

Voici les premiers éléments dévoilés aujourd'hui par la Défense britannique, après la revue sur la défense et la sécurité, comparable à celle que la France a effectué il y a deux ans. Dans bien des cas, la Défense britannique sera en dessous du modèle que la France a décidé de retenir.
L'armée de terre va chuter à 95.000 personnes (-7.000) en 2015, et 94.000 en 2020. Une brigade passe à la trappe : il en restera cinq multi-rôles, à 6.500 pax chacune. Les capacités principales dégustent, comme les Challenger 2 (réduction de flotte de 40%) et les AS-90 -artillerie lourde- (-30%).
La Royal Air Force perd 5.000 personnes pour rallier les 33.000 en 2015, et 31.500 en 2020. Elle va aussi devoir rendre certains matériels : les C-130J seront retirés dix ans plus tôt que prévu -en 2022-, ce qui confirme la volonté d'aller au terme du programme A400M, avec 22 exemplaires (-ce qui confirme par contre les coupes par rapport aux commandes initiales). L'avion de surveillance du champ de bataille Sentinel, qui vient d'entrer en service, passe aussi à la trappe. L'avion de patrouille maritime MRA4 n'entrera pas en service : il avait focalisé retards et surcoûts, tout comme le Harrier, qui disparaîtra assez rapidement. Trois bases, qui hébergent ces avions, fermeront.
Tous les ravitailleurs en vol d'ancienne génération seront retirés du service à partir de 2013, relevés par les 14 A330 du service FTSA, à compter de 2011.
L'achat de 12 Chinook est par contre maintenu : une des leçons de l'Afghanistan qui a révélé le déficit capacitaire en aéromobilité (1)
La Royal Navy conservera en permanence un sous-marin nucléaire à la mer, mais au prix, là aussi, de compressions de personnels. La Royal Navy n'alignera plus que 30.000 personnes (-5.000) en 2015, et 29.000 en 2015 !
Mais comme tout à un prix, les SNLE verront leur nombre de silos réduits de 16 à 8, et le nombre d'ogives, de 48 à 40. Le nombre total "d'ogives opérationnelles" passera d'un peu moins de 160 à 120, pour un parc de 180 à l'horizon 2020, contre 225 actuellement.
La force de frégates sera constituée de 19 navires, dont six Type 45 antiaériennes (à un milliard de livres l'unité...) au prix d'un traitement de choc, puisque quatre frégates vont être retirées du service. Tout comme le porte-aéronefs Ark Royal -"immédiatement", et le MoD n'exclut pas d'arrêter son sister ship, l'Illustrious, qui reste en balance avec le porte-hélicoptères Ocean.
Les deux porte-aéronefs sont maintenus : chacun pourra embarquer 12 JSF en croisière, et jusqu'à 36 aéronefs. Et même des "aéronefs français" (en anglais dans le texte), grâce à l'installation d'une catapulte, apprend-on. L'entrée en service en sera décalée de quatre ans, de 2016 à 2020.
Les commandes de JSF seront réduites, et la Grande-Bretagne n'en achètea qu'une version, celle déployée à bord de porte-avions (catapultable).
Enfin, reliquat de la guerre froide, les 20.000 militaires encore basés en Allemagne auront quitté le pays en 2020, dont la moitié dès 2015.

(1) qui nous serait sans doute apparu à nous aussi si nous avions déployé 10.000 soldats en Afghanistan...

La DAMB fascine

Les 3e rencontres de la Défense organisées aujourd'hui à Paris ont réussi leur pari, et le premier étant de remplir la salle Victor Hugo de l'assemblée nationale sur un sujet gigogne, la défense antimissile balistique. Les industriels ont réussi, cependant à briser l'union sacrée, deux filiales d'EADS -Astrium et MBDA- réussissant à la tribune à montrer leurs divergences de vues. Devant un parterre de curieux, fascinés par l'échange : des journalistes, plus que d'habitude, et même la grande presse (Le Monde, Le Figaro...), ainsi qu'un grand nombre de militaires (1), libérés sans doute par les déclarations du chef des armées, vendredi, en faveur d'une participation française à la DAMB.
Difficile, cependant, de quantifier ce public de militaires, les ressortissants de l'EMA ayant, étonnamment, opté pour un tenue civile. Une grève de blanchisseurs, peut-être.

(1) le DGA, empêché, avait, pour sa part, délégué un de ses subordonnés.

Nos amis les Britanniques (suite)

Le chef d'état-major de la marine a cité deux nouveaux domaines de coopération potentielle avec son homologue britannique, lors de son audition, à la commission de défense. L'amiral Forissier a cité la guerre des mines (1), compétence que doivent conserver ces deux marines qui se déploient dans toutes les eaux, et qui ont par ailleurs une force de dissuasion sous-marine.
L'autre secteur, plus inattendu, est celui de l'emploi des frégates. Le CEMM évoque notamment les cas des aires "ultramarines" (DOM-COM) où le déficit capacitaire pourrait aller croissant. "Aujourd’hui, nous avons des ruptures temporaires de capacité qui nous empêchent d’assurer la souveraineté de nos espaces ultramarins en permanence".
Des "coordinations" des patrouilles pourraient notamment intervenir dans les Antilles, où, traditionnellement, la Royal Navy est déployée, notamment dans le cadre (comme notre marine) de missions antinarco.
Rappelons que l'intégration opérationnelle des deux marines est un sujet plus ancien qu'on ne le croit : une frégate britannique avait déjà été intégrée au groupe aéronaval, pendant le Kosovo, puis lors de l'opération Héraklès, en 2001. Une frégate britannique devait d'ailleurs être insérée dans le prochain déploiement du Charles-de-Gaulle en Océan Indien.

(1) La France développe actuellement Espadon, un concept gigogne à base de drones de surface et sous-marins. Thales, DCNS et ECA travaillent sur ce sujet, devant remplacer les chasseurs de mines tripartites (CMT). Dont la force a déjà été réduite, ces derniers mois.

Faire face en faisant l'impasse

Un Lynx au-dessus du Jean de Vienne, en 2004. (crédit : MN). Aujourd'hui, ces appareils sont d'abord orientés vers la lutte contre les narcos et les pirates, a expliqué le CEMM aux députés.

Jusqu'à une époque récente, il était de bon ton de stigmatiser les journalistes qui pointaient du doigt les dysfonctionnements de la défense, ou qui avaient le malheur d'être sceptiques. Seulement, les conséquences des lacunes d'hier sont là, désormais. Les chefs d'état major de la marine et de l'armée de l'air n'ont d'ailleurs pas hésité à en citer quelques unes aux députés de la commission de défense.
Par exemple, la crise budgétaire, qui devait pourtant épargner les opérations, coûtera en 2011 10% de disponibilité opérationnelle des bateaux à la mer. La marine ne sortira, donc, en moyenne, que 90 jours, au lieu de 100, a expliqué le CEMM aux députés de la commission de défense. Autre exemple : le savoir-faire dans la lutte anti-sous-marine est fragilisé. Les frégates spécialisées dans ce domaine n'embarquent plus d'hélicoptères Lynx. Ces derniers sont peu disponibles, du fait de leur âge, et les rares en état de voler sont missionnés prioritairement dans la lutte contre la piraterie et contre le narcotrafic.
Dans l'armée de l'air, les réductions s'incarnent autrement, et pour d'autres raisons, a priori conjoncturelles : les pilotes de transport, traditionnellement ceux qui volent le plus, ont vu leur niveau annuel chuter de 400 à 270 heures. Faute d'avions... A ce sujet, le CEMAA a d'ailleurs constaté, une fois de plus, "l'extrême fragilité" de la flotte tactique. Il y a encore quelques mois, il était possible de trouver 10 ATA (avions de transport d'assaut) au claquement de doigt pour aller chercher des milliers de ressortissants en Afrique : mi-septembre, cela aura été beaucoup plus difficile. Dans un crise impliquant pourtant nettement moins de monde. Quelle assurance-vie -la compagnie s'appelle... ATA- offrira-t-on demain à nos ressortissants en Afrique, dans des pays dans lesquels, de surcroît, on n'aura plus de base permanente pour les stocker, le temps que la cavalerie arrive (1) ?
Autre exemple, pourtant à une des priorités affirmées du livre blanc ("connaissance et anticipation") : le retrait planifié des derniers Mirage F1CR se traduira par une perte de compétence dans le renseignement électromagnétique. Pour y pallier, le député Jean-Claude Viollet propose un retrofit a minima du Mirage 2000D, intégrant le pod Astac, issu du Mirage F1CR. Sinon, dans ce domaine critique, et pour cinq ans au moins, il faudra, comme dans les autres, faire l'impasse.

(1) un exemple non limitatif d'une aéromobilité dotée en moyens... La mise en place d'un centre européen du transport ne changeant, sur ce point, rien : un C160 allemand n'ira jamais chercher des Français en Côte d'Ivoire...

lundi 18 octobre 2010

Un concert pour les blessés

Le gouverneur militaire de Paris organise ce mercredi un concert au profit des blessés de l'armée de terre. On note parmi les partenaires de l'opération trois sociétés mutualistes ou commercialisant de l'assurance (AGPM, GMF, La France Mutualiste) et la société Paul Boyé Technologies, qui vient de remporter, avant l'été, un important contrat de gilets pare-balles destinés à équiper les soldats, en Afghanistan.
Selon certaines sources, 250 soldats de l'armée de terre ont déjà été blessés cette année, dont 200 en Afghanistan.

Concert à 20h, renseignements et réservation : concertdugouverneur@hotmail.fr ou 06 33 97 27 60.

Des Casa en septembre (ouf !)

Un des 19 Casa français, qui fut engagé, comme en témoigne cet emblème, au sein de la MFO, au Sinaï (crédit : Jean-Marc Tanguy).

Quoique la livraison de Casa n'ait pas passionné le rédacteur du document de présentation du projet de budget 2011, l'armée de l'air en recevra, effectivement, l'an prochain. Le chef d'état-major de l'armée de l'Air annonce que le premier arrivera en septembre 2011. On ignore par contre combien d'appareils seront livrés au total, l'an prochain.
Afin de pallier les retards de l'A400M produit par EADS, le ministère avait acheté à... EADS huit Casa 235. La non-évocation de leur livraison en 2011, avait déclenché quelques instants de frayeur chez les intéressés, dans un budget qui ne fait pas particulièrement la part belle à ce qui vole.
A terme, l'armée de l'air opèrera donc une flotte de 27 Casa.

Des "invendus très chers"

Dans une audition qui s'est focalisée sur l'humain et le budgétaire, le CEMM a livré quelques vérités bien senties sur les coûts affichés par ses fournisseurs. Outre un appel à pouvoir aller se fournir chez un célèbre vendeur d'éléments de bricolage pour les joints équipant ses navires, l'amiral Pierre François Forissier a aussi estimé que le coût d'acquisition des deux EC225 destinés à la sécurité maritime (SECMAR), depuis Lanvéoc-Poulmic, s'était avéré relativement élevé. "S'agissant d'invendus, je trouve que nous les avons payés bien cher" a-t-il lâché.
Faute de chiffres, il est difficile de se faire une idée plus précise, par delà la déclaration du CEMM. A l'époque, la DGA s'était retranchée derrière des "prospections commerciales en cours d'Eurocopter à l'export" pour éviter d'évoquer la moindre facture. Eurocopter ne livre jamais de chiffre sur les coûts unitaires de ses produits.
C'est le général Georgelin, alors CEMA, qui avait classé cet achat comme urgent opération, dans un courrier qu'il avait envoyé au DGA, en juillet 2009.
Cependant, on ne peut que remarquer que depuis l'arrivée de ces EC225, le Caracal de l'armée de l'air, également basé à Lanvéoc, semble avoir assuré un grand nombre d'interventions (1), ce qui interroge sur la capacité des deux hélicoptères livrés par l'hélicoptériste à assurer toutes les missions demandées. Sans même évoquer les missions exotiques qui intéressent les Bretons du Sud.

(1) Pour l'Uranus, c'est bien le Caracal qui a assuré la mission, l'EC225 étant, à ce moment-là, "en maintenance" nous a-t-on alors expliqué.

40% des ATL-2 en état de voler le font au Sahel

Le chiffre donne à la fois l'extrême priorité donnée à l'affaire des otages du Sahel par la marine, et le faible niveau de disponibilité de l'ATL-2... Devant les députés, le chef d'état-major de la marine (CEMM) a expliqué que les trois Atlantique (1) engagés au Sahel pour chercher les cinq otages français enlevés mi-septembre représentaient, à l'époque, 40% de la flotte mobilisable. Une flotte qui pourtant compterait 16 à 18 appareils en ligne. Un simple règle de trois nous apprend que la "flotte utile" -apte au vol- compte donc 7,5 machines... Et que la disponibilité du moment est donc largement inférieure à 50%.
Le CEMA avait déjà, dans son audition, préparé le clou, en expliquant que seules 20% des missions ordinaires de l'ATL-2 en Méditerranée pouvaient être effectuées, actuellement, du fait de cet engagement sahélien.
Fort de ce constat, le CEMM a aussi rappelé l'extrême "urgence" de rétrofitter cet appareil dont l'électronique accuse, comme un bon vin, les vingt-cinq ans d'âge... Pourtant, ce programme vient justement d'être (encore) décalé de deux ans...

(1) comme ce blog l'avait expliqué, deux venaient de Lann-Bihoué, et un de Dakar où cet appareil est posté au titre, notamment, de la SAR OACI (normes de l'aviation civile)

Après la charge sur le DRAC...

Après la charge violente du ministre de la Défense sur le DRAC, à la commission de défense, voici quelques précisions utiles apportées par l'armée de terre, suite à nos propres interrogations.
Les problèmes rencontrés par le DRAC portaient sur le GPS, avec des pertes de signal -un vieux problème- qui contraignaient le drone "à se poser en urgence". De même, l'armée de terre évoque des soucis sur "la chaîne image", les batteries (un problème nouveau) et les "aides au lancement" avec de nouveaux réglages apportés aux catapultes. Une campagne de rétrofit, "a présent achevée" a réglé tous ces problèmes, promet-on.
L'activité du DRAC, depuis son arrivée dans l'armée de terre mi-2008, est restée limitée à 500 vols environ, dont seulement 30 en Afghanistan, après son déploiement fin mai dernier. Selon nos informations, le DRAC a essentiellement été utilisé pour la protection des FOB. "Au cours de ces missions, le système a démontré des capacités prometteuses" estime cependant l'armée de terre. Ce sont sans doute ces promesses qui auront évité une issue funeste au drone. En tout cas, à aucun moment, le DRAC n'est s'est vu "vu attribuer le statut de « non opérationnel » " conclut-on.
Hervé Morin était visiblement d'un autre avis, lors de son audition, en révélant que l'armée avait envisagé de renvoyer tous les drones chez le fabriquant, cet été, "car ils ne fonctionnaient pas".

L'Eurocorps sera afghan en 2012

L'Eurocorps déploiera en Afghanistan l'essentiel de son effectif durant toute l'année 2012, en autorelève, pour armer l'état-major de l'ISAF. Il entamera prochainement sa mise en conditions opérationnelle en vue de ces deux mandats successifs. L'Eurocorps a déjà assuré un mandat entre août 2004 et février 2005 (ISAF VI).
C'est un général français qui prendra la suite du général de corps d'armée Hans-Lothar Domruse (allemand), en août prochain. L'Eurocorps mobilise 1.100 militaires européens, dont 34% de Français. Il comporte cinq nations-cadre : la France, l'Allemagne, le Luxembourg, la Belgique et l'Espagne. Il mène, depuis le 11 octobre (et jusqu'au 21) l'exercice Common Tenacity 10, à Strasbourg. Jusqu'au début janvier, l'Eurocorps est également impliqué dans la NRF15 (NATO response force).

dimanche 17 octobre 2010

Sassi, la suite

Les Editions Nimrod publieront en début d'année les carnets intimes du colonel Jean Sassi.
Nimrod avait déjà signé un ouvrage d'entretiens entre l'ancien Jed et le journaliste du Figaro magazine Jean-Louis Tremblais, ainsi qu'un pavé de plus de 3 kg sur l'épopée des SAS, écrite par David Portier, disponible depuis peu dans les bonnes librairies.

Trois semaines

Le PACDG, en 2004 (SM Hardouin/MN).

L'opération prévue sur une soupape d'admission de l'appareil propulsif du Charles-de-Gaulle ne pourrait prendre que trois semaines. Une déveine, donc, mais, par délà les conséquences listées hier, rien d'insurmontable. Les pilotes peuvent continuer à voler, puisque tout le groupe aérien avait précautionneusement été envoyé à Hyères, qui l'espace de quelques jours, va donc reprendre du service comme nid du groupe aérien embarqué (spotters, à vos appareils...).
Les coups du sort frappent en général au pire moment (1). Quelques exemples : une frégate La Fayette, le Surcouf, avait été bloquée à Djibouti, pendant la prise d'otages du Ponant, sur un problème mécanique, avec un plein chargement de commandos marine et de gendarmes du GIGN... Le Jean Bart avait eu lui aussi des soucis mécaniques, même s'il avait participé à l'opération. La drome venue recueillir un tarpon avait coulé ! Rappelons enfin que l'ATL2 qui coordonnait l'opération dut voler 4h30 ce même jour de mai 2008 sur un seul moteur, parce qu'un relais accessoire avait appelé sa maman.
La déveine arrive souvent au pire des moments. Dans le cas qui nous occupe, pas le meilleur moment, mais même pas au pire.

(1) et concernent, indifféremment, toutes les armées : un VBCI, destiné à la projection en Afghanistan, n'a jamais quitté Canjuers. Un A319 avait eu aussi quelques soucis de propulsion, avec le président à bord : mais dans ces deux cas, il y avait un ou plusieurs spares, ces coups du sorts étaient donc sans conséquence ou presque.

samedi 16 octobre 2010

Le PACDG reste au port "plusieurs semaines"

Le PACDG, en 2007, avant son grand carénage. (crédit : Nathalie Nocard/MN).

Le petit problème électrique détecté dans la nuit de mercredi à jeudi est devenu un gros souci. Il va donc falloir immobiliser le porte-avions Charles-de-Gaulle "plusieurs semaines", annonce la marine dans un communiqué, ce qui hypothèque sérieusement son programme d'activités prévu.
Le premier problème, un "défaut d'isolement électrique" sur une armoire a été "traité", mais les "investigations menées" ont mis en évidence un autre problème, "un dysfonctionnement sur une soupape de sécurité". C'est son "échange standard", décidé ce samedi, qui oblige le maintien à Toulon, car il oblige à un "arrêt complet" de l'ensemble propulsif arrière.
En prenant la mer vendredi, le groupe aéronaval devait rallier l'océan Indien, pour assurer six semaines de couverture CAS au-dessus de l'Afghanistan. Certes, l'absence des dix sorties quotidiennes de l'aéronavale française ne grippera pas fondamentalement la mécanique opérationnelle de l'ISAF, mais, comme on peut l'imaginer, elle provoque une série de conséquences en cascades.
En voici quelques unes, dans une liste non limitative. D'abord, elle affecte l'image de la marine puisqu'elle concerne son navire emblématique -déjà écorné par le passé (1)- et l'engagement opérationnel du moment. Le navire sort de grand carénage, et avait, sans problème, navigué 234 jours (52.138 NM), assurant 4.321 catapultages. Cette véritable tuile tombe donc au pire moment. Mais encore moins que si le porte-avions s'était retrouvé au large du Pakistan ou dans le canal de Suez...
Ensuite, cette interruption casse le rythme opérationnel des équipages, notamment les aviateurs. Il faudra donc encore les ré-entraîner, brièvement, à l'issue de la réparation.
Par ailleurs, plusieurs nouveautés étaient prévues, notamment le premier engagement opérationnel de la nacelle Reco-NG sur Rafale. Pour l'instant seulement, donc, retardé.
Enfin, il est évidemment encore trop tôt pour mesurer comment les marines avec lesquelles le groupe aéronaval (Arabie saoudite, Inde) percevront ce coup du sort. Car, sur cet Agapanthe, le groupe aéronaval est aussi et surtout un symbole de la force politique de la France. Pour preuve, le PACDG devait aussi relâcher à l'IMFEAU pour la fin de l'année 2010. Que restera-t-il de ce programme, in fine ?

(1) l'actuel CEMA connut la période médiatique difficile du porte-avions, dont il fut second, puis pacha, entre 1997 et 2001. Pas un marin qui a vécu ces moments n'en parle sans émotion.

La DGGN négocie l'achat de trois EC135

La gendarmerie a formé l'ensemble des navigants et techniciens de l'EC135 en moins d'un an (crédit Jean-Marc Tanguy)

La gendarmerie négocie l'achat de trois hélicoptères EC135 "sur trois ans", qui viendront s'ajouter aux 12 déjà en service. Le général Jacques Mignaux, DGGN, l'a annoncé aux députés, lors de son audition à la commission de défense.
Cet achat est rendu urgent par un protocole lié au contrat initial de l'EC135, qui portait sur douze exemplaires (tous livrés), accompagnés d'une option pour 25 autres, destiné à pouvoir sortir du service les Ecureuil. Pour tenir ce contrat et les conditions commerciales qui l'accompagnent, une commande rapide est nécessaire.
Dans le cas contraire, ce serait ouvrir la voie à un appel d'offres, et donc, la possibilité de devoir acquérir un autre type d'appareil. Or, "entretenir une quantité de micro-flottes serait très coûteux" constate le DGGN.
Les 25 options avaient été décalées par décision de MAM, lorsqu'elle était encore ministre de l'Intérieur. Au final, cette tranche devrait être limitée à 20 machines seulement.
En août dernier, lors d'une visite à Lyon, le ministre de l'intérieur avait dit tout le bien qu'il pensait du nouveau modèle d'hélicoptère de la gendarmerie, particulièrement adapté à la lutte contre la délinquance moderne, grâce à l'emploi d'une boule optronique ultra-moderne et d'une liaison de données permettant aux effectifs au sol de bénéficier des mêmes images. Un lecteur automatique de plaque d'immatriculation (LAPI) est en expérimentation.
Les formations aériennes de la gendarmerie (1) détiennent actuellement 53 machines, dont 12 EC135, 15 EC145 et 26 Ecureuil (des monomoteurs dont la moyenne d'âge est de 28 ans), pour un MCO "très coûteux", dixit le DGGN, de 30 MEUR.

(1) le prochain numéro de Police Pro leur consacre un reportage.

Des restau qui passent au privé

Voici la liste des onze mess qui passeront au privé, dans les mois qui viennent, dans le cadre d'une externalisation décidée par le ministère de la défense que ce blog avait évoqué le 27 février. Ce n'est, bien sûr, qu'un début. Ces sites de restauration sont situés à Bordeaux, Pau, Houilles, Saint Maixent, Grenoble, Lyon, Valence, ainsi que dans une huitième ville.

Du hallal dans les razquettes depuis septembre

14 menus sont disponibles dans les rations de combat de l'armée françaises, dont sept sans porc, et depuis septembre, un modèle hallal. C'est une des nombreuses infos qui parsèment un sujet que RFI consacre, demain, aux rations de l'armée. On pourra l'écouter sur le site de la radio (www.rfi.fr) à partir de demain. Avec, en prime, une réplique cultissime sur un beignet.
Sans déflorer le sujet d'Olivier Fourt, on peut ajouter que l'armée commande chaque année 2 millions de razquettes, qui injectent dans l'organisme de leurs consommateurs entre 3.200 et 3.500 kcal.

Orange : des pales à la pelle

Le Fennec contribue à la mission de police du ciel ou MASA comme l'appelle l'armée de l'air. Ici un Fennec du 3.67 Parisis de Villacoublay (crédit : Jean-Marc Tanguy).

On l'apprend, au détour d'un excellent article consacré à l'hélicoptère dans l'armée de l'air dans Air Actualités, que la base d'Orange va devenir, au gré des restructurations, la première en effectifs de voilure tournantes chez les aviateurs. "A terme" (sans indication de date), la base aérienne 115 regroupera 19 hélicoptères, majoritairement des Fennec, venus de Metz, d'outremer et d'Istres. L'EH 5.67 d'Istres s'installerait cet été sur la BA115 qui avait déjà perdu un de ses escadrons de chasse, ne conservant que l'emblématique 2.5 Ile-de-France.
Orange héberge déjà des hélicoptères : des Fennec chargés de la permanence opérationnelle (PO) effectuant des mesures actives de sûreté aérienne. Quatre PO opèrent en métropole et en Guyane.
La base la plus importante, actuellement, est celle de Cazaux, avec six Caracal affectés -dont un en Afghanistan, un en Bretagne et un à Pau- et une grosse demi-douzaine de Puma.

vendredi 15 octobre 2010

"De véritables soldats, des gens extraordinaires"

Alors qu'un infirmier du 126e RI a été tué hier en Afghanistan, le capitaine Eric, du 13e BCA, éclaire le courage de la filière médicale en Afghanistan en relatant au micro de Pierre Julien comment un médecin et une infirmière (1) ont sauvé sous le feu huit vies de soldats français, en Kapisa, le 9 mai dernier. "De grands professionnels de santé", "de véritables soldats"," des gens extraordinaires" lâche ce vétéran de l'Afghanistan (trois mandats). A entendre, ici.

(1) décorée de la croix de la valeur militaire ce mardi aux Invalides

La France met un orteil dans la DAMB

La France "pourra participer" à l'initiative sur la défense antimissile balistique de l'OTAN. C'est un communiqué de l'Elysée qui l'annonce, ce soir, sans plus de détails, à l'issue d'une rencontre entre le secrétaire général de l'OTAN et le président de la République. Certes, pas encore de quoi jubiler, pour les soutiens -principalement industriels- de la DAMB, mais une première victoire, alors que jusqu'à maintenant, la France s'était plus signalée par une très forte position de réserve. Le ministre de la Défense lui-même, restait dubitatif, notamment du fait de la difficile position budgétaire dans laquelle se trouve son ministère, confronté à trop d'urgences à financer.
On peut donc dire que certains, comme cet ancien opérationnel, reconverti dans l'industrie, auront eu le nez fin, en sentant, dès le mois de juillet l'évolution de position de l'exécutif français. Mais c'est le cas aussi des députés Gilbert Le Bris, Francis Hilmeyer et Christophe Guilloteau qui avaient travaillé sur le dossier, sous les sourires polis et parfois un peu moqueurs de certains commentateurs.
Il ne sera donc pas trop tard, mardi, pour faire le point sur ce dossier-gigogne, à l'assemblée nationale, lors des troisièmes rencontres Défense, organisées par Défense et Stratégie sous la présidence de Philippe Vitel, précisément centrées sur la DAMB. Et mesurer mieux ce qui se cache sous l'évolution du jour, et les moyens qui peuvent y être affectés.

Les équipes médicales, encore...

Mardi, le CEMAT le constatait encore : "la mort frappe en Afghanistan sans distinction de grade, et sans s'arrêter aux frontières de spécialités". La mort d'un infirmier, hier, en Surobi, et les blessures infligées à son auxiliaire sanitaire le rappellent, une fois de plus.
Thibault Miloche est le troisième infirmier à mourir en Afghanistan, après le premier maître infirmier (commando) Frédéric Paré, et le SCH Mathieu Toinette (402e RA). Sans oublier le sacrifice de l'auxsan Rodolphe Penon (2e REP), fauché alors qu'il apportait les premiers secours, sous le feu (1). Les personnels médicaux représentent donc 8% des pertes françaises en Afghanistan, alors qu'ils sont loin de représenter cette proportion de l'effectif engagé.
Cet engagement des personnels de santé est (enfin) désormais l'objet, lui aussi, d'une véritable reconnaissance. Comme l'avouait humblement mardi une infirmière du 13e BCA, qui venait d'être décorée de la croix de la valeur militaire, pour avoir sauvé des vies sous le feu, en mai dernier, "on souhaiterait toutefois que ce soit l'équipe qui soit décorée, car on ne fait jamais rien seul, dans ces cas-là".

(1) sans oublier les personnels blessés, comme ce médecin qui avait sauté sur un IED au sud de Kaboul. Pour mesurer comment sont préparés les personnels médicaux à ces enjeux, on peut consulter le site (public) du centre d'instruction aux techniques de réanimation de l'avant (CITERA) du HIA Desgenettes de Lyon ici.

In memoriam : ICS Thibault Miloche (126e RI)

L'ICS Thibault Miloche était marié et père de deux enfants (crédit : 126e RI)

L'infirmier de classe supérieur Thibault Miloche (39 ans) a été fauché par un tir de RPG, hier, en vallée d'Uzbeen. Il opérait comme infirmier au sein du BG Bison, déployé en Surobi depuis le mois de juillet.
Cet infirmier était particulièrement expérimenté, puisqu'il avait déjà été déployé au sein des OMLT, de février à juillet 2008, un poste relativement éprouvant réservé aux éléments les plus solides. Auparavant, il avait été déployé à Djibouti, au Liban (deux fois), à Mayotte et en Côte d'Ivoire.
A l'issue de son service national, il avait rejoint l'école nationale de spécialisation du service de santé de l'armée de terre de Dinan, en 1993. Sous-officier deux ans plus tard, il se spécialise encore à l'école du personnel paramédical des armées (EPPA) de Toulon.
Dès lors, il sera affecté au 58e RA de Douai, au camp de Caylus, au 31e RG, avant de rallier le 126e RI, en janvier dernier, juste à temps pour suivre la mise en condition opérationnelle.
Il était marié et père de deux enfants.

Un Bison tué en Uzbeen (actualisé)

Un cinquantième soldat français est mort en Afghanistan, ce matin. Ce sous-officier, infirmier au 126e RI avait été "grièvement blessé" hier, avec un de ses camarades, auxsan, en vallée d'Uzbeen, lors d'un héliportage d'assaut. Il n'a pas survécu au tir de RPG qu'il a subi. L'auxsan est en cours de rapatriement sanitaire.
Ce mort est aussi le 20e de l'année 2010, dans les opérations outremer.
14 militaires français sont morts en Afghanistan depuis le début de l'année.
Un membre du TG Bison, un maintenancier du 35e RI, avait déjà été tué dans un accident routier, le 31 août dernier.
Ce sous-officier est le premier perdu par le 126e RI en quatre déploiements (Batfra, OMLT) en Afghanistan.
Le dernier Bison tué en opérations extérieures fut le caporal Attoumani Mouhamadi, décédé le 20 septembre 2005.

Les trois bulles de l'armée de l'air

Un Rafale de Saint-Dizier, scramblé de Mont-de-Marsan, intercepte un A310 de l'Estérel, mercredi, lors d'un entraînement Renegate. (crédit : Jean-Marc Tanguy)

L'armée de l'air va conduire trois DPSA simultanés, dans les jours à venir. Deux de ces dispositifs particuliers de sûreté aérienne protègeront un G3 à Deauville (France-Allemagne-Russie) et le sommet de la francophonie, à Montreux (Suisse). Dans ce dernier cas, la France couvrira la Suisse côté ouest : c'est donc une mission d'assistance.
Rappelons que c'est la protection du sommet d'Evian, en juin 2003, qui avait renforcé les relations franco-suisses en matière de sûreté aérienne, lançant une série d'accords transfrontaliers entre la France et ses riverains. Des Mirage 2000 avaient été déployés en Suisse même, à Payerne.
Le contrat opérationnel de l'armée de l'air intègre trois DPSA simultanés : si le cas présenté dans les jours à venir est plutôt rare, en terme d'occurrence, il n'est pas, pour autant, exceptionnel, en terme de réponse.
Un DPSA intègre à la fois une surveillance accrue de l'espace aérien dans une zone et un créneau donnés, et le renforcement des effecteurs (chasseurs, hélicoptères, éventuellement missiles sol-air) disponibles sur très court délai. C'est le commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA) du général Gilles Desclaux qui est chargé de la planification et de la conduite des DPSA.
En outre, l'espace aérien français est actuellement veillé par quatre plots de permanence opérationnelle (PO), comptant chacun quatre paires de chasseurs, dont deux Rafale.

Le million (ou 100.000)

La sécurité civile a franchi le million d'heures de vol (ou 100.000, la communication de la DSC vient de réduire le chiffre...) sur EC145 en juillet, mais on ne l'apprend que maintenant, trois mois plus tard : sûrement le choix d'une stratégie de com' bien réflechie. A force de cacher l'activité de ces hélicoptères (1), plus personne ne sait plus vraiment ce qu'ils font.

(1) dont l'activité principale est de sauver, rien de bien secret, donc.

jeudi 14 octobre 2010

3.750+150+... = 3.750

Le président l'a dit, le volume de forces françaises en Afghanistan ne dépassera pas les 4.000, donc, malgré l'arrivée, cet été, de 150 Lillois, et de tout ce qui a pu débouler chez les insolents depuis janvier dernier, il n'y a toujours pas plus de Français que ce chiffre-référence. A l'EMA, on soutient même que pour l'instant, l'effectif est plutôt calé sur 3.750 pax en croisière (1), et on n'atteindrait les "4.000" que fin 2010.
Plusieurs éléments nouveaux sont donc apparus. A commencer par les 180 éléments du CRR-FR de Lille, parmi lesqueles 30 étrangers, injectés dans le HQ ISAF, à Kaboul, pour six mois, depuis cet été. Mais ces effectifs ne sont pas comptés dans l'enveloppe (2). Cette injection d'effectifs n'avait pas fait l'objet de la moindre évocation, apparemment pour éviter de troubler les commentateurs, et, vraisemblablement, les détracteurs de l'engagement français.
Notez enfin que le C-135FR, anciennement à Manas, relocalisé au printemps à Douchanbe est finalement, maintenant, aux EAU, sur la base aérienne 104. L'envoi d'un deuxième a été étudié, pour appuyer le déploiement du groupe aéronaval français, de mi-novembre à fin décembre.

(1) suivant l'argument, qui se tient, que le volume fluctue en permanence au gré des relèves.
(2) au contraire des quelques 80 insérés français dans les états-majors du théâtre, et notamment l'IJC (en charge de la guerre au quotidien).