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samedi 31 juillet 2010

Le Figmag plonge...

... pour nous livrer de belles photos (d'Alexis Rosenfeld) en action des systèmes de sauvetage utilisés par la sous-marinade française. C'est une femme, Alexie Valois, qui a pu enquêter sur ce monde en général peu ouvert sur l'extérieur, avec en prime, trois jours à bord du Saphir. On apprend, au détour du papier de la consoeur, que l'opération NSRS est en fait un partenariat public-privé mobilisant 70 MEUR sur dix ans, somme qui ne comprend pas, en outre, le prix de chaque sauvetage.
On apprend aussi qu'une première mondiale a été réalisée le 21 juin lors d'un exercice Ventilex : c'est un drone, Ulysse, qui a permis d'apporter de l'air à un sous-marin (espagnol). Ce dernier n'était pas, pour le coup, très profond -40 mètres- mais c'est l'intention et le procédé qui comptent.
Enfin, et c'est la troisième information du dossier, la marine recevra en 2011 un autre robot plus élaboré et "adapté "à cette manoeuvre " délicate".

vendredi 30 juillet 2010

Djibouti se féminise (actualisé)

Le Puma "Bravo Hotel" de l'ETOM lors d'un transport tactique de légionnaires, au printemps (crédit : Jean-Marc Tanguy)

Depuis le 25 juillet, c'est un lieutenant-colonel féminin de 44 ans au palmarès plutôt riche -4.500 heures de vol, 70 missions de guerre et, sauf erreur, quelques sauvetages- qui commande l'escadron de transport outremer (ETOM) 88 "Larzac" basé à Djibouti.
Le Lcl Isabelle Guyader est aussi, incidemment, la première femme à commander une unité opérationnelle navigante (1). Elle est aussi, du fait de son ancienneté, la pilote ayant le grade le plus élevé, et la première à atteindre le grade de lieutenant-colonel (2).
Jusqu'alors, deux femmes -des colonels- avaient commandé des bases aériennes. Et une femme avait été général, dans l'armée de l'Air.
Cet officier fut une des premières femmes pilotes d'hélicoptères, brevetée en 1989, et fit sa progression sur Puma, à Cazaux, passant tous les stades opérationnels, jusqu'à obtenir toutes les qualifications possibles, à l'EH 1.67 "Pyrénées". Elle a notamment été déployée en Macédoine, pendant le conflit du Kosovo.
Elle a aussi servi au sein de deux autres ETOM, en Guyane et en Polynésie. Elle a enfin oeuvré dans la formation des pilotes, au centre d'instruction des équipages d'hélicoptères (CIEH) de Francazal.
L'ETOM 88 compte en permanence un Transall, deux Puma SAR et un Fennec. Le positionnement de cet escadron à Djibouti le rend incontournable pour bien des missions, qu'ils s'agisse de tarponner des commandos marine en mer (cf Le Ponant), d'extraire des blessés en Somalie, ou de faire de la tactique avec les marsouins du 5e RIAOM et les légionnaires de la 13e DBLE.

(1) la marine avait confié le plot CSAR embarqué (trois Super Frelon de la 33F), pendant le Kosovo, en 1998-1999, à un capitaine de corvette féminin. Et récemment, le détachement chasse, au Tchad, était confié à un pilote féminin. Cependant, c'est bien l'ALAT qui fut la plus moderne, donnant son détachement des opérations spéciales à un colonel féminin (2002-2004).
(2) Viriginie Guyot, passée commandant avant de rejoindre la patrouille de France, devrait être, logiquement, la deuxième. Deux autres pilotes, l'une sur Caracal, l'autre sur Mirage F1CR, sont également sur la même trajectoire. Ces trois jeunes femmes sont des "directes", c'est-à-dire qu'elle sont brevetées de l'école de l'Air.

Pourquoi les Allobroges auront plus de génie

La TF Allobroges, armée autour du 7e BCA disposera d'une section de génie supplémentaire, afin de prendre en compte l'évolution de la composition des GTIA, intervenue l'an dernier, et évidemment, la permanence du risque IED, qui est responsable de la majorité des derniers morts français en Afghanistan.
Le dispositif génie du GTIA devrait ainsi dépasser la centaine d'hommes. Avantage, les légionnaires du 2e REG qui l'arment sont -aussi- des combattants efficaces, qui peuvent venir renforcer, le moment venu, les sections d'infanterie.

jeudi 29 juillet 2010

La France Libre succède à la France Libre

Le régiment de marche du Tchad (RMT) s'installe à Colmar, un des villle-symboles la Libération de la France, indique Nicolas Roquejoffre, journaliste aux Dernières Nouvelles d'Alsace (DNA). Cette unité prestigieuse qui tient ses origines dans la France Libre succède, sur l'ancienne base aérienne 132, à une autre unité emblématique de la France Libre, le régiment de chasse Normandie-Niémen (peu opportunément dissout), comme le rappelle le colonel Henry de Médlège, patron (sortant) du RMT.
Il faut désormais parler de quartier Dio -le premier commandant du RMT, et non plus de BA132. Un vétéran de 1941, Daniel Nevot, était d'ailleurs présent, hier, pour remettre des fourragères au major de la promotion d'EVAT.

Les rotors sur le pont cette nuit

Trois hélicoptères de la marine et de la gendarmerie ont opéré cette nuit sur deux sauvetages totalement distincs, au large de Lanvéoc-Poulmic et de la Baule. Dans le premier cas, le Dauphin SP de Lanvéoc (35F) a effectué une évacuation de la passagère malade d'un ferry, à 5h43, ce matin. Plus au sud, ce sont le Dauphin SP de La Rochelle et l'appareil de la SAG de Saint-Nazaire -peut-être un Ecureuil- qui ont décollé sur alerte du CROSS Etel pour participer aux recherches de l'équipage d'un bateau de pêche, le Laisse-d'In Dire, avec un patron-pêcheur et un marin à bord. Ce dernier est repéré indemne à 5h15 par la vedette SNS 229 de La Baule. Le patron-pêcheur a été retrouvé noyé, à 7h40, à une dizaine de mètres de l'épave de son bateau, par les pompiers.

La cavalerie lourde roulera (aussi) en Sagaie

L'expérimentation s'est achevée en juin, et le rapport doit désormais circuler dans les cercles lillois et parisiens : le cercle des utilisateurs de Sagaie va bien s'élargir aux régiments Leclerc. Un régiment de chards lourds, en l'occurrence le 12e Cuirs d'Olivet a expérimenté pendant plusieurs mois l'ntérêt pour les équipages d'utiliser en blindé de complément la bonne vieille Sagaie. Le verdit semble sans appel : outre le fait que l'ERC-90 coûte 50 fois moins cher à l'utilisation, elle semble réellement apporter aux tankistes, particulièrement pour l'entraînement à l'évolution sur routes. Ce qui, de surcroît, n'est pas toujours simple pour un véhicule de 56 tonnes.
Ce blog avait déjà expliqué la problématique du coût d'utilisation du Leclerc : que les équipages ne le prennent pas pour une charge supplémentaire contre leur véhicule, c'est une simple réalité économique, le budget MCO Leclerc ne permet de faire tourner les véhicules que 90 minutes... par semaine. La simulation -qui elle aussi à un coût horaire ridiculement bas- ne permettant pas non plus de faire le tour du sujet, la Sagaie apporte une nouvelle... flèche à l'arc des cavaliers.
Elle leur permet de surcroît de se "vendre" aussi sur un autre véhicule, et ainsi, peut-être, de mieux intégrer la possibilité d'opex, fort réduite, pour les régiments Leclerc (1).
Cette expérimentation est à rapprocher des concepts d'entraînements que promeuvent les Alatiens depuis plusieurs années, avec le recours massif à la simulation -simu trois axes et l'entraîneur tactique Edith-, et la mise en oeuvre d'aéronefs anciens pour entretenir le sens de l'air. Ainsi, un pilote de Tigre volera-t-il dans une boule sphérique juchée sur des vérins, sur une Gazelle, et, tant qu'il y aura des sous, sur Tigre.

(1) un chef de corps du 1er Chasseurs expliquait ainsi que les régiments de cavalerie lourde devaient être aptes à toutes les missions, y compris des missions de mentoring en Afghanistan. Il a, apparemment, été entendu. Actuellement, les Leclerc ne sont plus déployés qu'au Liban.

mercredi 28 juillet 2010

La veille d'Uzbeen, en Kapisa, ça chauffait aussi...

Trouvé, également, sur les Wikileaks papers, ce gros TIC qui concerna, le 17 août 2008, les paras du 8e RPIMa, mais ceux qui étaient engagés en Kapisa, au sein de la TF Chimère. Ce gros accrochage va rameuter des Kiowa, obliger à extraire un blessé sous le feu. Voici ce qu'en dit le rapport établi par la TF Chimère, ce jour-là. A 11h32, un des OH-58D de l'US Army (basé à Bagram), indicatif Luckless 02, vient appuyer les troupes au sol ("Noir 1" en l'occurence) tandis qu'une QRF (quick reaction force), indicatif "Noir 4", est lancée. A 11h57, Luckless 02 doit retourner à sa base pour réarmer, vraisemblablement sur un plot avancé, ce qu'on appelle un (FARP). "Noir" commande une Medevac, à 12h01, pour extraire un blessé. La minute d'après, le rapport annonce que ce blessé perd "une grande quantité de sang".
A 12h05, l'OH-58D est déjà de retour pour appuyer les paras français. A 12h22, il part réarmer, et revient appuyer à 12h36. Entretemps, le volume de feu insurgé a augmenté, avec un tir nourri d'armes légères et des tirs de RPG. A 12h46, il faut envoyer une troisième section pour appuyer Noir 1 et Noir 4.
Le para blessé, lui, est déjà arrivé dans une base alliée à 12h34, évacué par un "Dustoff" (indicatif des Medevac US). Ce jour-là, la fameuse "golden hour" -une heure entre la blessure et l'arrivée au bloc chirurgical- a été plus que respectée, et a vraisemblablement sauvé la vie à ce para.

Jean-François Bureau revient

Jean-François Bureau, qui reste dans bien des esprits comme un des meilleurs porte-paroles que le ministère de la Défense ait connu, quitte Bruxelles pour Paris, où ce grand serviteur de l'Etat prend un poste de contrôleur général en mission extraordinaire. C'est le conseil des ministres qui a livré sa nouvelle affectation.
A Bruxelles, Jean-François Bureau, 57 ans, était secrétaire général adjoint en charge de la diplomatie publique de l'OTAN. Du 29 juillet 1998 au 1er août 2007, il avait été patron de la DICOD et porte-parole du ministère de la Défense. Nommé par la gauche, il avait aussi convenu à la droite -MAM en l'occurence-, réputé pour son efficacité.
Son diplôme d'IEP Paris en poche (1974), il avait été assistant de recherche à Paris I, avant de rallier l'assemblée nationale (1981-1983), puis déjà, le ministère de la Défense, à la presse (1983-1985).
Sous préfet dans l'Allier puis à la région Centre, il rejoint Paris en 1990 comme chef du SIRP, au ministère de l'Intérieur, puis l'Elysée, pour prendre la presse, en 1991. En 1994, il avait rallié la rue Cambon, se chargeant notamment des affaires de défense puis de la communication de la Cour des Comptes.

Tout (ou presque) sur le GSI

Il n'est pas inutile de le rappeler, car c'est insuffisamment connu à Paris, la radio RFI compte de bons spécialistes de l'Afrique. Une illustration en est donnée par ce reportage exceptionnel que Laura Martel, correspondante de la radio en Mauritanie, a pu réaliser en juin dernier avec les GSI, ces soldats appartenant à l'élite de l'armée mauritanienne formés depuis plusieurs mois par les forces spéciales françaises, particulièrement le 1er RPIMa.
Quinze photos, sans le moindre Français visible, évidemment, viennent agrémenter le reportage et permettent de mesurer l'équipement -de la bonne vieille Toy'- et le gabarit de ces commandos.

Un nouveau pacha à la 32F

La flottille 32F aura un nouveau pacha, vendredi. Le CF de frégate Olivier Hastings rejoint le commandement interarmées des hélicoptères (CIH), remplacé par le CF Stanislas-Xavier Azzis. Les deux hommes sont des purs produits de la filière Super Frelon, et sont également passés par l'OVIA Resco, à Cazaux. Traditionnellement, le PN marin le plus âgé des détachés à Cazaux est le "chef ops" de l'escadron d'hélicoptères "Pyrénées", une référence interarmées plutôt rare dans nos armées...
Il retrouvera donc à Lanvéoc-Poulmic un appareil à peine différent -l'EC225- de celui qu'il pilotait, à Cazaux -le Caracal, qui en est la version militaire-. Et aura, évidemment, la lourde charge de mettre en service le NH90 pour des missions SECMAR.
Stanislas-Xavier Azzis a été macaronné en 1998, et un an plus tard, partait pour le Kosovo. Il aura également été déployé en Afghanistan avec le Pyrénées en 2008 et 2009 : c'est un des rares marins à avoir opéré aussi longtemps sur place. Il avait été distingué, avec des aviateurs du Pyrénées, par Hervé Morin, lorsque celui-ci s'était déplacé à Cazaux, en 2009.
Il totalise 175 missions de guerre, et un total de 1971 heures de vol.
Vendredi, le CV (H) Etienne Schlumberger, compagnon de la libération, lui remettra la légion d’honneur.

Un SDTI s'égare pendant une opération...

Une lecture attentive des Wikileaks Papers permet d'y déceler le quotidien des forces françaises, comme nous vous le démontrions déjà cette nuit. Ce quotidien peut même, parfois, ressembler à celui décrit dans ce blog (cette phrase est à prendre au 3e degré).
Nouvelle illustration, avec ce rapport du 7 mai, dans lequel le Batfra XXI indique que son détachement SDTI, basé à Tora, a perdu la trace d'un de ses drones, qui était en train de couvrir les opérations, au sol. Cette opération, Carrion Crow (que je découvre comme vous), se déroulait du côté de Naghlu, où a été, depuis, fondé une FOB, pour l'ANA.
Le compte-rendu indique que deux Gazelle Viviane sont envoyées immédiatement dans cette zone. En 50 minutes, trajet compris, l'épave est retrouvée, brûlée et détruite, à 7,5 km de la FOB Tora. Par chance, l'engin s'est écrasé dans une zone non habitée, affirme le rapport, si bien qu'il n'y a pas de victimes. A charge, conclut le CR, de deux Caracal de ramener les restes.

Les tubes de l'été

Quelques semaines avant le TIC du 11 juin, le sous-officier de l'US Navy Terry Matlock prenait cette photo d'un des "tubes" du 40e RA (crédit ISAF)

La communication militaire française ayant quelque peu survolé les évènements du 11 juin 2009, en vallée d'Uzbeen, la lecture d'un rapport d'époque divulgué dans les wikileaks papers n'est donc pas inutile. Contrairement à ce qu'on a pu entendre ce soir, et le cas de ce TIC n'est pas un cas isolé, cet évènement n'a donné lieu à aucune communication en France. Osons prévenir le lecteur qui ne serait pas au courant que son armée se bat en Afghanistan, passez votre chemin et retournez à vos lectures habituelles...
Ce rapport confirme les informations données par ce blog, la semaine dernière. Quelques rappels, d'abord, l'opération Dabo 6 (Dabo est le nom d'une bourgade proche de Sarrebourg) est menée en vallée d'Uzbeen, avec le 2e kandak de la 3e brigade du 201 corps ANA. Le Batfra XXI a établi, quelques semaines plus tôt, un COP, baptisé Dabo, au coeur de la vallée d'Uzbeen, là où neuf paras français sont morts le 18 août 2008 -et un dixième le lendemain-.
Voici donc ce qu'en écrit le document établi alors par le Batfra XXI, piloté par le 1er RI (1). Dès le début de l'opération, à 8h50, la troupe reçoit un tir de RPG, et repère trois insurgés. 17 coups de 120 mm sont envoyés par le 40e RA, tandis que des moyens aériens arrivent pour soutenir les troupes -le délai d'attente est rarement supérieur à dix minutes-.
A 9h02, le Batfra tire son premier Milan de la journée.
Huit minutes plus tard, une interception électronique fait redouter une "manoeuvre d'encerclement".
A 9h15, et on ne se bat que depuis 25 minutes, une pièce de mortier ennemie est détectée : elle reçoit 17 coups de 122 (apparemment, un canon afghan, ou une erreur de transcription). Trois minutes plus tard, un deuxième mortier insurgé est répéré : lui aussi reçoit son chapelet de 17 coups.
A 9h20, la colonne franco-afghane passe le cap de la demi-heure d'engagement et l'ennemi ne faiblit pas. Un groupe de cinq insurgés est repéré : la cible pour le deuxième Milan de la journée.
A 9h30, un autre groupe insurgé reçoit 13 coups de 120 mm.
Six obus de 122 fumigènes permettent au dispositif de se réarticuler. Le moment que choisit un VAB pour tomber en panne. Les mécanos s'affairent.
A 10h30, conclut le rapport, "25 à 30 insurgés" se sont repliés dans le nord de la vallée. A 11 heures, la QRF du Batfra a rallié le COP Dabo. Un TIC, parmi des milliers d'autres, en Afghanistan...
Ce compte-rendu est cependant incomplet, puisque selon nos informations, ce sont au total quatre Milan qui auront été tirés, vraisemblablement par l'EEI1, tandis que le 40e RA envoyait (au moins) 80 coups, dont une partie avait été guidée par l'EEI1. Un autre CR évoquant, quant à lui, pas moins de 96 coups de 120. Et un CH-47, pour extraire le VAB immobilisé...

(1) outre ce prestigieux régiment d'infanterie, le Batfra XXI, comptait dans ses rangs l'escadron d'éclairage et d'investigation °1 (EEI1), le 3e RG (dont l'apport fut inestimable pour l'érection du COP Dabo) et les artilleurs du 40e RA, qui alignent leurs mortiers de 120 mm (les Caesar n'arriveront qu'un mois et demi après, avec les bigors...). A l'époque, le débarquement des "métros" en Afghanistan avait suscité un certain scepticisme et un général ira même, avant le départ des unités de France, jusqu'à rappeler les enjeux du mandat, y compris celui-là...

mardi 27 juillet 2010

Verbatim: quand les USA causent de nous...

C'était forcé, on finit par en trouver quelques bouts, dans les wikileaks papers : la façon dont les Américains parlent de nous et de nos positions sur la guerre en Afghanistan. Une dépêche dans le pur style "diplo" raconte ainsi comment l'ambassade américaine à Paris dit avoir pu obtenir des assurances d'un diplomate français, Gérard Araud, les assurances du président Sarkozy que la France ne "quitterait pas" l'Afghanistan. Le télégramme est daté du 5 juin 2007, soit quelques jours seulement après l'arrivée du nouveau président français. Seulement, la France demande d'ores et déjà, par son nouveau leader, d'évoquer une "stratégie de sortie" entre les quatre grands (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Allemagne et France).
Le télégramme conclut sur la volonté (relatée en tout cas par le rédacteur du document) de la nouvelle administration Sarkozy de faire passer le nombre d'OMLT de une à quatorze.
Revenons sur terre. Trois ans après ce télégramme, la France déploie actuellement six OMLT, et se prépare à projeter la septième.

Les hommes du président (suite)

Plusieurs proches collaborateurs du président ont vraisemblablement été au coeur de la traque des ravisseurs de Michel Germaneau, ces derniers mois, et s'avèreront d'autant plus incontournables, dans les semaines et mois à venir. Ce travail en petit comité est nécessaire aux opérations contre-terroristes, qui ne souffrent pas les révélations d'antichambre pouvant contrecarrer les opérations de terrain.
Claude Guéant, 65 ans, est habitué de ce travail de war rooms restreintes, effectué dans la discrétion. Cet homme de confiance, qui fut directeur général de la police nationale (DGPN, de 1994 à 1998) a accompagné le président de la République ces dix dernières années, particulièrement place Beauvau : il est aujourd'hui le secrétaire général de l'Elysée. En 2002-2003, Claude Guéant supervise personnellement la traque d'Yvan Colonna, réalisée avec les seuls services du RAID, ou celle du fantomatique groupe AZF. Son engagement personnel et sa puissance de travail confortent alors le président dans le fait que ce précieux collaborateur est incontournable. Quand Nicolas Sarkozy est élu président, il appelle donc ce fidèle parmi les fidèles auprès de lui et lui confie le poste stratégique de secrétaire général de l'Elysée.
Le général Benoît Puga, 57 ans, est le chef de l'état-major particulier de la présidence (CEMP). Légionnaire emblématique, il ne figurait pourtant pas en tête des candidats pour le poste. Son succès final serait dû autant à son culot qu'à l'excellent contact passé avec Nicolas Sarkozy, lors de leur premier contact (1). Benoît Puga est réputé avoir avec lui la baraka -il fut engagé à Kolwezi comme lieutenant quelques semaines après être arrivé au 2e REP-, et sa carrière est un condensé des opex de l'armée française. Par delà son excellente connaissance de l'Afrique, ses derniers postes le rendent essentiel, pour ne pas dire incontournable dans la problématique actuelle : il fut, entre autres, patron du commandement des opérations spéciales (COS) -c'est lui qui mena l'opération de sauvetage à Birao, en 2007-. Il était sous-chef "ops" à l'EMA au moment où la France a amplifié son dispositif en Afghanistan -et lors de l'embuscade d'Uzbeen-. Il est enfin nommé directeur du renseignement militaire (DRM), avant de rallier l'Elysée. Présent à la garden party du ministère de la Défense, le 13 juillet au soir, il s'échappe furtivement avec le CEMA et Hervé Morin, pour rallier l'Elysée et discuter des affaires d'otages. On le saura le lendemain, cette réunion a, entre autres, préparé la rencontre du 14 juillet entre le président et son homologue mauritanien. Hervé Morin l'a, de plus, confirmé à plusieurs journalistes, samedi après-midi.
Incontournable, aussi, l'actuel CEMA était déjà CEMP -nommé en 2006- quand Nicolas Sarkozy est arrivé à l'Elysée. Au coeur de la gestion impeccable de trois prises d'otages successives au large de la Somalie (2), l'amiral Edouard Guillaud aura imposé ses résultats.
Ces jours derniers, c'est cette fois trois prises d'otages que ces collaborateurs du président devaient simultanément gérer, dans autant de zones différentes qu'au Sahel, en Afghanistan et en Somalie.

(1) C'est évidemment un pur hasard, mais ces deux hommes ont en commun, avec le président, d'être nés au mois de janvier : Claude Guéant le 17, le président le 28, et Benoit Puga, de deux ans son aîné, le 30.
(2) au point de figurer sur l'estrade lors du point presse à l'Elysée, à côté du CEMA de l'époque, après la libération des otages du Ponant.

Pourquoi la DGA veut casser du matériel

La DGA va littéralement casser deux nacelles d'extraction rapide (NER) en 2011. L'objectif étant de certifier, à la façon d'un aéronef, cet équipement pour lequel des centaines de vol ont pourtant été réalisées, par les armées. Seulement, la NER pourra, outre les militaires, être amenée à extraire des civils donc la problématique habituelle de la DGA est modifiée, et l'engin doit être particulièrement irréprochable.
Ces civils peuvent être des ressortissants menacés par des émeutes à l'étrangers, et réfugiés sur un toit, des otages qui viennent d'être libérés par un groupe action, des personnes menacées par un feu de forêt ou un naufrage. Le spectre global de situations est particulièrement large.
Conséquence, ce composant du système d'aérocordage polyvalent qui comprend également des grappes et des systèmes de descentes en rappel ne sera désormais plus livré que début 2012, ce qui constitue donc un nouveau glissement.
La NER peut embarquer jusqu'à 17 personnes, suspendus dans cette sorte de parapluie inversé, accroché à la tête de rotor. Le concept, avec sangle intégrée, permet de s'affranchir du port préalable de harnais.
Ce concept de nacelle d'extraction a été développé au GIGN. Un premier exemplaire avait été mis en service, sous dérogation de la DGA, en 2003, lors du sommet d'Evian, mais connaissait plusieurs limites, notamment en milieu aquatique.
Plusieurs modifications plus tard, une évolution de cette nacelle -qui n'est pas encore celle retenue par la DGA- a été récemment qualifiée par les forces spéciales Air (FSA), lors d'une campagne réalisée par le CPA10 d'Orléans et l'escadrille spéciale d'hélicoptères, sous un hélicoptère Caracal.

lundi 26 juillet 2010

Initials BB

Le Sud-Ouest du matin nous présente le nouveau patron du 1er RPIMA, le colonel Bruno Baratz, qui remplace le colonel Eric Vidaud (1). Comme le confrère le rappelle, ce pur produit para colo est aussi un pur produit du régiment bayonnais, où il aura effectué tous les étapes de sa carrière : lieutenant (en groupe Rapas), capitaine (commandant la compagnie jungle) et lieutenant-colonel (chef BOI), avant de revenir comme chef de corps.
Il était, dans son précédent poste, chargé de mission auprès du CEMA, dont il était, entre autres, la "plume".

(1) il rejoint le CHEM où il retrouvera, notamment, un autre colonel appartenant à la BFST, en l'occurrence le patron du 4e RHFS. Ce dernier est remplacé par l'ancien chef de cabinet du général Puga à la DRM.

Le Sahel, un nouveau théâtre pour la France ?

"Ce crime ne restera lors pas impuni". Par cette simple phrase, le chef des armées a signifié ce matin, incidemment, que la présence française au Sahel ne restera pas forcément limitée aux "20 à 30" militaires évoqués lors d'un briefing, la semaine dernière. Pour autant que l'on veuille, en plus, croire ce chiffre.
Si l'on se réfère aux prises d'otages de ces trente dernières années, seul un otage, Michel Seurat, avait été exécuté par ses ravisseurs (Hezbollah), comme nous le rappelions hier. La France ne pouvait donc pas laisser passer la mort de Michel Germaneau, et d'autant plus qu'AQMI la revendique (1).
Seulement, il n'est pas possible de lancer un missile de croisière Scalp-EG sur tous les campements suspects du Sahel. Tout simplement parce que le renseignement, on l'a bien vu avec l'opération de jeudi, est toujours parcellaire. Parce qu'on ne peut pas exclure qu'un otage espagnol soit hébergé sur les lieux, ou que des civils innocents logent à proximité. Le Sahel va donc prendre un statut de énième théâtre, mais vraisemblablement sans gros déploiement de troupes : traquer des terroristes, c'est un mandat taillé pour des opérations spéciales et/ou clandestines. Comme d'ailleurs certains officiers des GTIA conventionnels, en Afghanistan, ont l'intelligence de le reconnaitre.
Tout cela doit se faire en bonne intelligence avec les nations de la zone où AQMI a établi ses quartiers. Les spécialistes du sujet l'estiment à une zone grande comme l'Europe. 500 terroristes s'y cacheraient...
La France a peu d'atouts pour y détecter ses aiguilles dans la botte de foin sahélienne. Tous ses drones sont en Afghanistan -il faudra donc faire avec ceux des autres, ou "faire autrement"-. Le Sahel n'est pas non plus le seul arc de crise qui consomme des moyens spéciaux et clandestins, loin s'en faut. Sans virer dans la surchauffe, ces moyens sont cependant actuellement plus que justement employés dans leurs coeurs de compétence, avec trois gros fers au feu. Pour l'anecdote, les derniers avions de reconnaissance que l'armée de l'Air avait en Afrique, des Mirage F1CR viennent d'être rapatriés en France, et remplacés par de pur chasseurs, des Mirage 2000C.
Le seul avion capable de missions de renseignement est l'Atlantique 2 (de la marine...) basé à Dakar, une base française historique dont on a appris, ces derniers mois, qu'elle serait réduite à sa portion congrue. C'est la base la plus proche du Sahel que nous avions.
Seulement, par une seule phrase, le président a signifié à ses meilleurs éléments qu'il faudrait cibler les efforts sur le Sahel. Difficile d'ignorer un foyer de 500 terroristes bien plus près de nos intérêts vitaux -ces terroristes disent d'ailleurs depuis plus de dix ans qu'il veulent nous frapper-, que ne peut l'être Afghanistan. Où les terroristes sont bien plus difficiles à quantifier et où pourtant 4.000 de nos militaires sont déployés, notamment pour ce motif de contre-terrorisme.
Pour aller à peine plus loin, on peut même se demander si le Sahel ou la Somalie n'ont pas remplacé, et depuis longtemps, l'Afghanistan comme usine à former du terroriste.

(1) à ce stade, nul ne peut dater la mort de l'humanitaire français, et la façon dont il a péri.

Un poser dur dans la province de Kaboul (actualisé-3)

Un hélicoptère de la coalition a fait un poser dur ce matin, à quelques encablures d'un camp allié, dans la province de Kaboul, annonce l'ISAF Joint Command (IJC). Le communiqué ne livre ni la nationalité de l'hélicoptère, ni celle du camp. Quatre passagers ont été blessés légèrement. Aucune indication n'est donné sur la cause de cet évènement, qualifié "d'incident".
L'agence chinoise Xinhua localise le lieu du crash dans la proximité du camp de Pol-e-Charki.
L'état-major des armées (EMA) n'a "pas connaissance" d'un tel évènement sur un hélicoptère français aujourd'hui.
Les hélicoptères opérant le plus régulièrement dans la province de Kaboul sont les nôtres, et ceux des Américains.
Rappelons que le district de Surobi appartient à la province de Kaboul, même s'il est militairement rattaché au commandement régional est (RC-East) : c'est dans ce district qu'opère depuis quelques jours la TF Bison française. La TF Mousquetaire opère, elle, les 11 hélicoptères français : 3 Caracal, 2 Cougar, 3 Gazelle Viviane, 3 Tigre. Tous ces hélicoptères sont opérés par l'ALAT (4e RHFS, 5e RHC, 3e RHC), sauf un des Caracal, mis en oeuvre par l'EH 1.67"Pyrénées". Ces hélicoptères sont basés en permanence sur l'aéroport de Kaboul, KAIA.
Selon le Parisien, qui s'est rendu sur place avec le CEMA, début juillet, un des Tigre avait récemment été touché par des tirs. La France n'a pas perdu d'hélicoptère depuis l'arrivée du premier, en Afghanistan, un Caracal du Pyrénées, en décembre 2006.
Ce mois-ci, l'ISAF a perdu un hélicoptère et ses deux pilotes, le 22, et un hélicoptère a dû faire un atterrissage forcé suite à un problème mécanique, en Nangarhar, le 1er.

(c'est un Chinook américain qui a effectué ce poser dur, apparemment après avoir perdu une turbine).

Le GCM s'est étoffé de 23%

L'effectif du groupement de commandos montagne (GCM) de la 27e BIM s'établit désormais à 185 personnels, contre 150 auparavant. Désormais, chacun des trois bataillons de chasseurs (7e, 13e et 27e BCA) possède un groupe à 40 commandos, contre 30 auparavant. Le format du 4e Chasseurs a aussi été augmenté, et la croissance de celui du 2e REG (10 pax) est d'ores et déjà à l'étude.
Il faut vraisemblablement voir à cette progression d'effectifs une consécration du travail abattu par ces commandos en Afghanistan, notamment en matière d'infiltration des hauts, et de flanc-garde. 30 commandos du GCM ont été déployés en Afghanistan au sein de la TF Black Roc de novembre 2009 à mai 2010. Ils ont aussi, ponctuellement, mis leurs savoirs-faire au service de la TF Altor.

dimanche 25 juillet 2010

AQMI dit avoir exécuté son otage (actualisé-1)

A quelques heures de la fin de l'ultimatum d'AQMI sur la vie de Michel Germaneau, les nouvelles s'accumulent pour converger vers une issue fatale. Le dernier élément en date est une revendication sonore du groupe terroriste, dans lequel leur chef revendique la mort de l'otage français. Abdel Wadoud explique que le Français a été exécuté, samedi, en représailles de la mort de six terroristes, lors d'un raid, jeudi matin, au nord-Mali. Ce faisant, il n'apporte pas la preuve de la mort de cet ingénieur, qui oeuvrait dans l'humanitaire : l'homme, âgé de 78 ans, souffrait de problèmes cardiaques, et n'avait pas pu recevoir ses médicaments depuis plusieurs semaines.
Les autorités françaises n'ont pas reçu de preuve de vie depuis plusieurs semaines, également.
Aucun ministère, ni l'Elysée n'ont confirmé cette nouvelle. L'exécutif a seulement annoncé le tenue d'un conseil de défense, demain. On ignore si le ministre de la Défense, parti vendredi en tournée au Vietnam (du 24 au 27 juillet) et en Indonésie (28 juillet), a changé son emploi du temps pour y assister.
La tenue de conseils de défense est rarement évoquée à l'avance, et il est encore plus rare qu'on évoque les noms de ceux qui y participent. Cependant, les principaux responsables intéressés, du CEMA au chef d'état-major particulier du président, le général Benoît Puga devraient vraisemblablement y assister. Ce dernier a sans aucun doute joué un grand rôle dans la gestion de cette crise sahélienne, en grand connaisseur de l'Afrique, ancien patron du renseignement militaire, et... ancien général commandant le COS (commandant des opérations spéciales). Présent le 13 juillet à l'hôtel de Brienne pour la réception en l'honneur des défilants, il s'était éclipsé avec le ministre de la Défense et le CEMA, pour rallier l'Elysée, où se déroulait une réunion en rapport avec les affaires d'otages. Le lendemain, le président recevait son homologue mauritanien, avant le défilé de la fête nationale.
A ce stade, il ne faut rien exclure, y compris sur le territoire national, AQMI faisant également partie des groupes terroristes qui ciblent régulièrement la France dans des communiqués. Plusieurs alertes ont été, ces dernières années, diffusées par la DCRI (direction centrale du renseignement intérieur, qui a remplacé DCRG et DST). La structure qui l'a précédée, le groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) avait elle aussi alarmé les "services", à plusieurs reprises.
Entre autres mesures, un renforcement de la posture de sécurité de nos ambassades, postes et bases en Afrique, particulièrement en Afrique de l'ouest semble évidente.
Au Liban, en Afghanistan, en Irak, au large de la Somalie, la France a toujours récupéré ses otages indemnes, par la négociation ou par la force. Les deux -rares- contre-exemples sont le chercheur du CNRS Michel Seurat, exécuté par le Hezbollah au Liban en 1986, et le skipper de la Tanit, tué le 10 avril 2009 lors de la reprise du voilier par les commandos marine.
Ces dernières heures, l'ancien otage d'AQMI Pierre Camatte évoquait auprès de plusieurs confrères les risques, pour Michel Germaneau, de périr lors d'une tentative de libération, des géôliers étant systématiquement affectés à la garde des prisonniers, en cas d'alerte.

La France va former des FAC aux EAU

Alors que les liens franco-émiratis n'en finissent pas de se resserrer, on apprend que l'armée de l'Air va former des FAC (1) aux Emirats Arabes Unis. Cette nouvelle illustration de la coopération bilatérale s'inscrit dans un contexte : des aviateurs des EAU étaient venus en Corse au premier exercice Serpentex (2), début 2010, afin de mesurer la problématique. On peut estimer que ces nouvelles capacités de ciblage permettraient, entre autres, encore d'enrichir les scénarios actuellement rendus possibles à l'Air Warfare Center (AWC) d'une extraordinaire qualité mis sur pied aux EAU. Scénarios, pour l'instant, essentiellement tournés vers le combat air-air, qui, on l'a vu ces 20 dernières années, ne représentent pas forcément l'intégralité des opérations aériennes.

(1) forward air control, contôleur aérien avancé, chargé de la gestion de la 3D.
(2) qui prépare les pilotes à l'appui air-sol, avant leur départ en opex, particulièrement en Afghanistan et au Tchad.

samedi 24 juillet 2010

Mort d'un SAS historique, Paul Klein

Le vétéran des SAS avait 101 ans, et le feu sacré : Paul Klein avait fêté ses 100 par un saut un parachute ! C'est David Portier, un des meilleurs connaisseurs des SAS français qui annonce ce soir la mort de Paul Klein, qui était né le 20 mai 1909 à Grenoble. Des Nouvelles Hébrides, Paul Klein avait intégré les forces françaises libres (FFL) en juillet 1940, ralliant le bataillon du Pacifique du capitaine Broche. Passé par l'école des aspirants de Damas, Paul Klein participe à l'épopée des SAS en Tripolitaine, avec le commandant Bergé : un de ses frères d'armes, le général René Lesecq, est mort fin mai 2010.
Comme les commandos marine, la confrérie des SAS historiques se réduit de plus en plus. Le temps d'écouter leur témoignage : David Portier, dont nous avons déjà parlé sur ce blog, édite chez Nimrod une édition enrichie de son pavé consacré aux SAS français. Dans votre bibliothèque, absolumment, à la rentrée.

Un off pour le Sahel

Un briefing "off" (1) s'est tenu dans l'après-midi à Paris, au profit de quelques journalistes, pour "décoder", comme on dit, la situation pour le moins confuse qui règne au Sahel depuis 48 heures. Résultat des courses autour de 20 heures, même si quelques résultats assez visibles ont percé dans la production de 2-3 confrères.
Ce genre de briefing, qui se tient en général en cercle réduit, ne permet pas de citer ses sources, sauf accord explicite des ces dernières (quand il y en a plusieurs). C'est devenu, par la force des choses, un des piliers de la communication moderne.

Le cercle des conseillers disparus (actualisé)

Après les consignes du président, répercutées par le premier ministre, le ministre de la Défense à retaillé son cabinet à 20 personnes (contre 27 auparavant), la norme admise par François Fillon (1). Le changement est visible sur le site internet du cabinet -la mise à jour a été faite le 2 juillet-, qui évidemment, ne donne pas les noms et fonctions des disparus. Comme ce blog ne refuse aucun sacrifice, les voici, dans l'ordre alphabétique : l'ancien député Arthur Paecht, chargé de mission auprès des directeurs, Vianney Basse, conseiller diplomatique adjoint, Férréol Ract-Madout, conseiller pour les affaires budgétaires, Emmanuelle Maréchal Gilbert, conseiller pour les affaires culturelles (le poste qui fut tenu par Morin, dans le cabinet de François Léotard), Alexandre Geoffroy, conseiller technique pour la modernisation du ministère de la Défense, Barthélémey Champanhet, conseiller technique, et Philippe Tanguy, un des deux conseillers techniques pour la presse que comptait le cabinet, mais aussi un des plus anciens membres du cabinet (2).
Le cabinet du SEDAC, lui, reste à neuf membres (quatre autorisés par le Premier ministre), si l'on en croit, en tout cas, le site du SEDAC, et son espace sur le site du premier ministre : les deux sources concordent.

(1) mais 22 noms si l'on s'en réfère à la liste produite sur le propre site du premier ministre.
(2) je rassure les sinistres, je n'ai aucune parenté avec Philippe Tanguy, je n'ai que de l'estime pour cet excellent professionnel de la communication de crise. Son absence est d'ores et déjà visible.

Nouvelle mauvaise journée pour les forces US

Cinq soldats américains ont été tués aujourd'hui en Afghanistan par les IED, en deux évènements disctincts -l'un tuant quatre GI d'un coup-. Deux soldats américains sont aussi portant manquants par l'ISAF, dans la zone de Kaboul. Les talibans ont revendiqué l'enlèvement de ces deux militaires, dans l'après-midi, sans plus de détails.

A la pêche en Surobi

Des roquettes, encore des roquettes, toujours des roquettes : parfois des reliquats de la présence soviétique, restés stockés depuis (crédit : ISAF).

Des composants électroniques, quatre roquettes de 107 mm, deux roquettes de 76 mm, deux pistolets de calibre 22, deux IED, une boîte de chargeurs pour mitrailleuses et l'incontournable fusil Lee Enfield : le résultat d'une opération menée hier par les forces de sécurité afghane, sous l'égide du ministère de l'Intérieur, en Surobi, donc, vraisemblablement, avec des forces françaises. Deux locaux ont été interpellés.
La TF Bison est actuellement en train de relever la TF Altor. La dernière VAM devait décoller ces dernières heures.
C'est une période-charnière pour les "Bisons", alors que la France ne cache plus, désormais, son intention de passer le relais aux Afghans, en Surobi, en 2011.

Un "Afghan" à la 13e DBLE

(crédit : Jean-Marc Tanguy)

C'est un ancien de l'Afghanistan qui va prendre la 13e DBLE, succédant au colonel Thierry Burkhard (1). Le Colonel Cyril Youchtchenko fut notamment le chef ops de la TF Dragon, lorsque le 2e REI était déployé en Surobi. Il arrive avec un chef BOI qui commanda sa compagnie (la 2e) au 2e REP.
Depuis plusieurs mois, les légionnaires ont renforcé les capacités d'instruction à l'Afghanistan, à Djibouti, comme j'ai pu l'expliquer à plusieurs reprises sur ce blog, et dans RAIDS. Le génie Légion a notamment érigé un FOB baptisée "Amilakvari" à proximité du CECAP. Un village de combat est également sorti du sable, à quelques kilomètres de là, alors qu'une piste d'IED est désormais opérationnelle dans l'enceinte même de la 13e DBLE.

(1) qui, lui, remplace l'amiral Prazuck comme porte-parole de l'EMA. Thierry Burkhard fut notamment GCP au 2e REP, et était porte parole adjoint de l'EMA, avant de commander la 13e DBLE.

vendredi 23 juillet 2010

Parole de blessés

Systématiquement préservés des micros par l'armée, les blessés français revenant d'Afghanistan avaient la parole, ce matin dans La Croix. Une parole étonnamment libre et juste. C'est Solenn De Royer, qui écrit d'habitude sur l'Elysée et la droite française, qui a recueilli les témoignages de trois de ces blessés, qui étaient, par ailleurs, présents à la garden party du ministère de la défense, le 13 juillet dernier, où Hervé Morin les avaient invités. Dans les trois cas, derrière la douleur physique perce l'incompréhension, particulièrement du désintéressement du pays - et de ses médias- pour l'engagement militaire français là-bas. Ou pour le sort des blessés (1).
Il y a Sébastien, le médecin du 126e RI qui avait sauté sur un IED, en vallée de Tangi, dont nous vous parlions, sur ce blog, le 13 juillet. Quatre mois d'hôpital et toujours des béquilles. Et l'incompréhension. "Ma famille a été étonnée qu'aucun média ne relate les faits" constate-t-il (2). Franck, le démineur de 47 ans du 2e REG avait 17 opex, et c'était son troisième séjour en Afghanistan. Il est blessé, le 6 janvier dernier par l'explosion d'une chicom qu'il manipule. Après une vingtaine d'opérations, il se raccroche à la possibilité de former les recrues.
Stéphane, 33 ans, était auxan au 35e RAP. Il a sauvé, s'est sauvé -la vie-, ce 27 septembre, quand l'action des talibans coûte 19 blessés -la moitié de l'effectif de sa colonne.
Son interrogation, symptomatique, est celle de bien des soldats d'aujourd'hui, qui comprennent
de moins en moins les réactions de la société dans laquelle ils vivent, pourtant, et pour laquelle ils ont choisi de servir.
Le 18 juin, un 44e soldat, Steeve Cocol, du 1er RHP, est mort, et sa mort a été noyée par les tribulations d'autres Français, eux aussi porteur d'un drapeau, sur leur maillot de football. "Ce jour-là, des hommes n'avaient pas respecté le drapeau, et on parlait d'eux 24 heures sur 24, tandis que d'autres, tombés au même moment pour ce drapeau, étaient superbement ignorés. Où sont ces valeurs dont nous parle sans cesse le président de la République ?"

(1) l'armée préservant les blessés des médias, il est difficile, cependant, d'évoquer leur condition. Cet article de La Croix étant, pour le coup, une vraie première à ma connaissance.
(2) ce blog les a relatés et développés ici, le 24 juillet :
http://lemamouth.blogspot.com/2009/07/un-medecin-francais-dans-un-etat.html
http://lemamouth.blogspot.com/2009/07/les-blesses-du-wardak-vont-mieux.html

Le 40e RA change sa tête

Le colonel Chapuis, un ancien du régiment, prend aujourd'hui le commandement du 40e RA, remplaçant le colonel Le Corguillé. Ce régiment prestigieux, qui sera le dernier utilisateur des AUF1 -qui viennent de défiler sur les Champs le 14 juillet- ne chôme pas, puisqu'il assure son auto-relève au Liban, où je l'ai récemment croisé, tout en assurant la formation de huit équipiers pour les OMLT, qui partiront en octobre en Afghanistan.
Le régiment s'est aussi illustré sur ce théâtre, l'an dernier, en envoyant plus de 80 obus de mortier de 120 mm en moins d'une heure -une cadence exceptionnelle- afin de permettre le dégagement d'effectifs du 1er régiment d'infanterie, qui armait alors le Batfra. Un évènement cinétique qui n'a évidemment eu aucune publicité à l'époque (1), mais qui a conduit, depuis, à de justes décorations et citations.

(1) on peut même dire que le Batfra armé par le 1er RI a vécu dans une sous-exposition médiatique incompréhensible, et si je l'écris une fois de plus, c'est que plusieurs militaires du régiment m'ont dit, à plusieurs reprises, l'avoir particulièrement mal vécu, au regard du très fort engagement qui avait été le leur. La consommation de 120 que j'évoque ce matin ne semblant en être qu'une petite illustration...

Effervescence militaire dans le Nord-Mali (actualisé)

Lors de son intervention télévisée à la veille du 14 juillet, Nicolas Sarkozy avait dit toute son inquiétude pour l'otage français Michel Germaneau, enlevé au Niger le 19 avril, et vraisemblablement retenu dans le Nord-Mali par Al-Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI), groupe que les services français ont croisé à plusieurs reprises ces dernières années. Et qui a récemment exécuté un Britannique. C'est la cellule de l'Algérien Abu Zeid qui retiendrait le Français, qu'il menace de tuer en début de semaine prochaine. Le Quai d'Orsay expliquait ces dernières heures ne pas avoir de contact avec ce groupe, faisant redoubler les craintes pour la vie de Germaneau, alors que la fin de l'ultimatum se rapproche. L'otage Pierre Camatte avait pu, en février, être libéré par la négociation, ce qui ne semble pas possible dans ce nouveau dossier.
El Pais affirme dans son édition du jour que la France a tenté de libérer une première fois son otage très tôt, jeudi matin, par une opération combinée avec les forces locales partie, avec avion(s) et hélicoptères partis de la piste de Tassalit, si l'on en croit des responsables maliens cités par le journal.
L'Espagne est en fait concernée car AQMI a également capturé deux ressortissants ibères, Albert Vilalta et Roque Pascual, retenus depuis huit mois par un autre chef d'AQMI, Mokhtar Belmokhtar.
Le quotidien livre des détails assez précis, sur lesquels, par nature, le ministère de la Défense ne livre pas de commentaires. Le gouvernement malien semble s'être borné, hier soir, à expliquer qu'une opération de libération avait échoué, dans le nord de son territoire.
Selon El Pais, six terroristes présumés ont été tués, dans le camp localisé grâce aux services américains, ajoutant que deux terroristes avaient pu s'enfuir. Mais pas d'otage, français ou espagnols.
Outre la pression de l'ultimatum pour les Français, côté Espagnol, on s'inquiète de la condamnation, en début de semaine, d'Omar Sarahoui, un des quatre présumés ravisseurs des otages espagnols. Il a pris douze ans : c'est moins que la perpétuité demandé par le procureur, mais cela reste une forte peine, et cela ne peut sans doute pas calmer ses complices.
En tout état de cause, la concordance des révélations de deux médias espagnols -ABC, qui a un envoyé spécial sur place et El Pais- est aussi, vraisemblablement, l'illustration d'un rafraîchissement dans les relations franco-espagnoles, sur ce dossier, en tout cas. Le niveau de détail livré sur l'opération multinationale, et la stigmatisation de l'échec, étant aussi une façon de se dédouaner, en cas de malheur, pour les deux otages espagnols. Or, et on l'a déjà vu sur des situations du même genre, à l'autre bout de l'Afrique, l'opinion publique espagnole a souvent du mal à comprendre pourquoi ses otages le restent aussi longtemps. Encore une grande différence avec chez nous.

Les CFIM, à la rentrée (actualisé)

Alors que les Etats-majors parisiens prennent leurs quartiers d'été, en région, le compte à rebours a commencé pour la mise en place des centres de formation initiale militaire (CFIM). Le 4e régiment de Dragons (RD) avait expérimenté le concept, début 2009, et créera officiellement son CFIM fin août, avant d'accueillir les recrues, début septembre. Dans l'est, le 1er Chasseurs armera aussi son CFIM, en septembre, comme, à Gap, le 4e Chasseurs (pour la 27e BIM), et à Caylus, le 17e RGP.
Avec la réforme de la carte militaire, le régiment a repris dans son giron le camp de Caylus, bien connu des parachutistes, conventionnels et spéciaux. C'est là que le CFIM parachutiste (CFIMP) est mis en place, en septembre, ce qui doublera les effectifs de l'endroit (60 actuellement, 120 à la rentrée)

jeudi 22 juillet 2010

Deux tribunes, deux interviews... en dix jours

Après un certain manque d'intérêt dans les colonnes pour le fait afghan, il ne se passe quasiment plus deux journées sans une évocation des opérations françaises en Afghanistan dans la presse écrite, par les principaux responsables du dossier, à la Défense. L'amiral Guillaud, dans Le Parisien (13 juillet) qui l'avait accompagné en Afghanistan, puis avec une tribune dans Le Monde (17 juillet), le général Chavancy, patron de la TF La Fayette avec une tribune dans La Croix (15 juillet), et encore Hervé Morin, demain, dans La Croix, cette fois avec une interview. Soit quatre interventions publiques consacrées au sujet afghan, rien que dans la presse écrite, en dix jours (1).
Mais seulement quelques jours après les doutes et réserves du général Vincent Desportes, émis dans une interview au Monde sont manifestement partagés par une partie de l'armée. La position du patron du CID aura donné un nouvel écho aux interrogations de ces militaires. Ceci alors même qu'une crise budgétaire se présente, à la rentrée, alors que le budget de la défense était sanctuarisé, et devait même, à l'origine, augmenter.
Mais ces interviews et tribunes des responsables de la défense interviennent aussi alors que depuis 2008, les mois d'août et septembre auront été aussi particulièrement meurtriers pour les troupes françaises, avec 10 morts en 2008 sur cette période cruciale (sur un total de 11 dans l'année), et sept en 2010 (sur un total de onze). Neufs soldats français sont déjà morts en Afghanistan, rien que depuis le début de l'année.

(1) Toutes présentant invariablement les même mêmes points communs : les résultats positifs de l'action française, et la perspective d'économies en 2011-2012, quel que soit le terme utilisé.

Affaire Mahé : aux assises

Le colonel Eric Burgaud (alors chef de corps du 13e BCA, et un des responsables de Licorne) et trois autres militaires (1) sont renvoyés aux assistes du tribunal aux armées de Paris (TAP) a-t-on appris ce midi, sans plus de détails, notamment sur la date de ce procès. C'est la suite logique d'une enquête difficile, dans laquelle la justice militaire avait cherché à comprendre les conditions dans lesquelles était mort un Ivoirien, Firmin Mahé, après sa rencontre avec un peloton du 4e Chasseurs, aux heures les plus noires de l'opération Licorne, le 13 mai 2005. L'enquête, pour le peu qu'on a pu en discerner, faisaient apparaître des responsabilités variées, sur lesquelles le tribunal devra se prononcer.
Ce dossier a aussi fait ressortir, a posteriori, les conditions d'un théâtre difficile (2), sur lesquels sont venues aussi se greffer des rivalités ou tout au moins, de fortes inimitiés entre officiers français.
C'est donc vraisemblablement à un moment difficile auquel l'armée de terre doit se préparer. Alors que cette même armée de terre est actuellement en train de quitter la Côte d'Ivoire, et qu'officiellement, le mot d'ordre est à la réconciliation.

(1) On ignore encore les noms des trois autres militaires.
(2) entre autres, pour ne pas évoquer les sujets typiquement militaires (Bouaké), des coupeurs de routes effectuaient les pires exactions sur la population locale, notamment féminine.

Des jeunes qui relient les hommes

C'est sans aucun doute la consécration d'un travail acharné de quelques jeunes et de leurs bienveillants parrains pour mieux faire connaître l'aéromaritime, et le faire connaître différemment. L'association Mer & Universités, dont l'éternel enthousiaste Vincent Hélin est le jeune président, va être représentée à la commission armées jeunesse (CAJ), après accord du ministre de la Défense. La CAJ, organisme consultatif placé près du ministre de la Défense, est précisément chargée de favoriser la connaissance mutuelle entre les jeunes et les forces armées.
Le comité d'honneur de M&U -créée en juin 2007- compte trois amiraux 2S : Alain Oudot de Dainville, Alain Coldefy et François Dupont.
Cependant, ses rencontres se caractérisent en général par un fort écclectisme -générationnel, professionnel- dans l'assistance, où il n'est pas rare de voir d'autres couleurs d'uniformes que le bleu marine, ce qui démontre, si besoin était, la capacité de M&U à élargir le cercle, comme on dit.

La prodef marine a le vent en poupe

Alors que la protection-défense de l'armée de l'Air connaît une période difficile, et une restructuration forte, son homologue de la marine semble rayonner, si l'on en croit l'autoportrait dressé dans le magazine d'Alfusco, Le Lien. L'effectif des fusiliers marins doit augmenter graduellement dès cette année, jusqu'en 2014, servi par une actualité assymétrique particulièrement propice, qu'il s'agisse de lutte contre la piraterie ou de vigilance à observer vis-à-vis du risque terroriste.
Entre autres valorisations, 80 postes de quartiers maîtres embarqués sont créés, et un groupe d'intervention régional (GIR) supplémentaire va être créé, à Cherbourg, s'ajoutant à ceux de Brest, Toulon et Djibouti.
Ces GIR permettent entre autres se contribuer aux projections, entre autres, depuis 2007, à la lutte contre la piraterie via les équipes de protection embarquée (EPE). L'une d'elles est d'ailleurs affectée en permanence à Djibouti depuis 2008 pour accompagner le transit des navires les plus sensibles, apprend-on. Les autres EPE opèrent au profit des thoniers, entre Somalie et Seychelles. L'EMA a diffusé récemment l'effectif global de ces EPE : 70 marins.
C'est aussi un GIR qui a fourni les premiers éléments de prodef pour l'implantation militaire française aux EAU (IMFEAU) dont on apprend que la protection est désormais stabilisée, et une partie de l'effectif sera désormais affectée pour deux ans.
Parallèlement, la dissolution de la compagnie de Nîmes-Garons en 2011 est doublée de la recréation d'une compagnie à Lanvéoc-Poulmic (onze ans après sa dissolution), expliquée par l'arrivée sur cette base du NFH90.
Rappelons que les fusiliers marins constituent un peu moins de 2.000 des 2.500 militaires d'Alfusco. Ils constituent en outre le vivier dans lequel les six Commandos marine trouvent leurs combattants.

mercredi 21 juillet 2010

Le palmarès de l'IHEDN

Qui a dit que la Défense n'intéressait personne ? La liste d'aptitude à l'IHEDN, toujours très courue, est aussi cette année particulièrement éclectique, avec un sénateur (DVD), deux députés (jusque là c'est classique) mais aussi un écclésiastique, la conseillère chargée de la presse et de la communication d'un ancien président de la République (Jacques Chirac), et pas moins de cinq représentants des médias (Le Monde, France Inter, deux éléments de France 3), ce qui promet un déferlement de sujets défense une fois la période de latence écoulée (1).
Dans la liste, on trouve aussi Frédéric Monlouis-Félicité, cité comme "directeur général d'un parti politique". Le Nouveau Centre, en l'occurence, parti du ministre de la Défense.

(1) les journalistes qui suivent l'IHEDN s'engagent par écrit à ne pas évoquer pendant une période de plusieurs mois les sujets qu'ils ont traités lors des nombreuses visites offertes aux auditeurs de l'IHEDN.

Au J.O

Le nom du prochain patron de la SIMMAD est sorti au conseil des ministres, ce matin : le nouveau titulaire est un mécanicien, Michel Pinaud, général de corps aérien. En sortie de conseil des ministres, on apprenait aussi la promotion du vice-amiral Gérard Valin au grade supérieur (VAE). Planchant actuellement sur les questions d'égalité des chances au ministère, ce marin volant d'origine avait aussi été ALINDIEN, pendant la cruciale période de la prise d'otages du Ponant.

Une main de fer pour l'Isère

Eric Le Douaron, préfet de la Meuse, remplace au pied levé le titulaire du poste, en Isère, qui paie donc les violences urbaines du weekend. Eric Le Douaron, orginaire de Bretagne septentrionale, fut notamment patron de la police urbaine de proximité (DPUP) à Paris, où il mit en place la culture du résultat (COMSTAT) sous Jean-Paul Proust, puis directeur central de la police aux frontières (DCPAF) et directeur central de la sécurité publique (DCSP).
C'est un policier de plus à prendre du galon dans la préfectorale, après Jean-Louis Fiamenghi (n°2 de la préfecture de police de Paris) et Christian Lambert (préfet de Seine Saint-Denis)

Com' Terre : mutations en vue

Terre Info Magazine (TIM), affectueusement appelé par les plus anciens de ses lecteurs "Terre Intox" sort ce mois-ci avec une nouvelle maquette (et un nouveau logo...), consacrant la volonté de faire une plus grande part à la photographie et aux infographies (1), pour mieux coller aux aspirations de son audience. Illustration de ce nouvel avant-gardisme, c'est un hélicoptère de l'armée de... l'Air, un Caracal, qui figure en une, en arrière-plan d'un porteur de Minimi.
Malgré les anticipations de ce blog, le 1er avril, Sergent Tim, lui, reste sergent, mais avec un graphisme différent. Cette mutation (2) en annonçant, en fait, d'autres.
Pour coller aux directives du CEMAT, la communication terre devrait en effet mettre le turbo sur les mises en condition avant projection (MCP) et les engagements opérationnels, sans limitation de théâtre. Car le général Irastorza veut aussi mieux faire connaître l'engagement de ses troupes outremer, dont l'Afghanistan, s'il est le théâtre le plus difficile actuellement, ne représente qu'une part infime des troupes engagées. Il aura fallu la mort d'un soldat du 1er RI en Guyane pour se souvenir que ce théâtre, situé sur un bout de France, reste particulièrement dangereux ; des soldats de la FINUL ont aussi été pris à partie par la population au Sud-Liban, il y a quelques jours... (3)
Autre impact, cette fois lié aux NTIC, les publications régimentaires vont bel et bien disparaître, dans leur forme papier. Dématérialiser (sur l'internet-défense) ou disparaître : la directive est simple.
Seules devraient survivre les publications des écoles, dont Fantassins (en Français, avec des abstracts en anglais) est un des exemples. Ceci, au motif que ces publications véhiculeraient des éléments de doctrine et de retex. Et que donc, ces derniers ne voyageraient pas bien sur internet.
Le sort des publications de brigades, pour celles qui en ont -la 11e BP (Béret Rouge) et la 27e BIM, pour celles que je connais- n'étant apparemment, lui, pas définitivement tranché.

TIM, 3 euros en kiosque. Le tirage est de 90.000 exemplaires, contre 110.000 auparavant. 2.800 exemplaires seraient vendus en kiosque.

(1) ces dernières étant par ailleurs un "succès de téléchargement" sur internet.
(2) dernière de ces mutations, le LCL Sabatier, qui a contribué à rénover le contenu de TIM, est... muté au Sirpa Terre de Bordeaux.
(3) Ces engagements sont des récurrents, l'Afghanistan, lui, connaîtra bientôt le "surge à la française" (on tutoiera le niveau des 4.000 militaires...) pour décroître graduellement, en 2011.

mardi 20 juillet 2010

Guépard Yankee devant l'ile d'Yeu

Les naufragés (crédit : préfecture maritime de Brest)

Guépard Yankee, le Dauphin SP de la flottille 35F de La Rochelle a opéré en début d'après-midi pour hélitreuiller cinq naufragés d'une vedette à moteur qui avaient pu se réfugier, dans une mer 4, sur la tourelle des Chiens Perrins, à quelques encablures de l'île d'Yeu (Vendée). Deux vedettes de la SNSM, le Tonton Yves II et le Président Louis Bernard ont également été engagées, la première signalant d'ailleurs l'impossibilité pratique d'approcher de la tourelle pour récupérer les naufragés.
Tous ont pu être pris en charge par l'hélicoptère de la marine ; l'un d'eux, souffrant du dos étant pris en charge par le Tonton Yves II. La vedette accidentée a également été ramenée au port par les deux embarcations de la SNSM.

On ferme la tour F

Aux quatre vents depuis plusieurs mois, et en travaux depuis 2006, la tour F, qui constitue un des points culminants de la cité de l'Air, à Paris, est en cours de fermeture. Les panneaux vitrés qui doivent lui donner une "image nouvelle et résolumment moderne" sont quasiment apposés sur la facade est -qui s'orne d'une nouvelle rotonde-. Reste à passer à la facade ouest : la cadence est bonne, il y avait même de l'activité dans la tour le 14 juillet, fête nationale comme chacun sait.
C'est que le chantier a légèrement glissé, particulièrement dans sa première phase (curetage), avant que l'on rabiote, de surcroît, le faîte de la tour, pour mieux l'intégrer dans le futur Balardgone. C'est, en tout cas, l'explication qu'on m'avait donné à l'époque.
L'immeuble, culminant à 65,41 m, pourra accueillir 32.500 m2 de locaux.
C'est le cabinet AIA + Franck Hammoutène qui a désigné l'ensemble.
La tour F, alors de 20 étages, avait été construite entre novembre 1969 et avril 1971.
Pour loger les habitants de la tour F, relogés ponctuellement sur la parcelle B, actuellement en démolition dans l'optique du futur Balardgone, l'armée de l'Air a dû installer dans la cité de l'Air des structures modulaires.

lundi 19 juillet 2010

Des ailes pour les Seychelles

Après les Emirats Arabes Unis, pourvoyeurs de vedettes et d'hélicoptères, c'est l'Inde qui vient renforcer le potentiel de surveillance et d'intervention de la République des Seychelles, autour de laquelle maraudent les pirates. L'armée indienne va ainsi céder un avion Dornier et deux hélicoptères Chetak (Alouette III améliorées). L'annonce suit une rencontre, aujourd'hui, entre le président seychellois James Michel et le premier Indien, A.K. Antony.
Après un passage chez l'avionneur indien, HAL, les aéronefs devraient rallier les Seychelles sous quinze mois. D'ici là, un Dornier indien assurera des vols de surveillance dans l'archipel. La marine indienne va aussi effectuer des passages plus réguliers dans la zone. On évoque aussi des formations pour les forces spéciales, et pour la mise en oeuvre de radars côtiers (annoncés, eux, par la récente aide émiratie).

CL-289 : la der des der

Sauf ultime opération de dernière minute taillée pour lui, le système de drones CL-289 quittera le 61e RA de Chaumont dans quelques semaines, comme ce blog vous l'expliquait, ici. Jusqu'au bout, le "289" n'en a fait qu'à sa tête, accomplissant neuf missions, sur huit prévues, lors de sa dernière campagne au-dessus du Larzac, il y a quelques semaines.
La 1ère batterie, qui était la dernière du régiment à déployer ce système migre sur SDTI, système qu'elle mettra d'ailleurs en oeuvre -pour la première fois- en Afghanistan, dans quelques mois.
Rappelons que le CL-289 n'est pas, à l'origine un drone tactique taillé pour les missions du 21e siècle. Initialement, sa seule et unique mission était d'éclairer les batteries de tir (nucléaires) Pluton et Hadès. A la disparition de ces derniers -le Hadès n'eut même pas le temps d'entrer en service-, le "289" fut déployé en Bosnie, au Kosovo, et encore en 2008, au Tchad, dans le cadre de l'Eufor. Il aura donc survécu deux décennies à ce missile mort-né s'avérant utile au final, mais avec un mode opératoire contraint et une empreinte logistique relativement lourde.
La disparition du "Piver" et de ses quelques dizaines de vecteurs est cependant problématique, puisqu'elle n'est pas compensée par l'arrivée d'un nouveau drone.
Le parc drones de l'armée de terre repose donc sur une vingtaine de SDTI, mise à mal par une utilisation (non prévue à l'origine) en opérations extérieures, en Afghanistan depuis bientôt près de deux ans.
Tout calendrier évoquant la relève est, par les temps budgétaires actuels, un exercice particulièrement risqué. Si on y ajoute la lune de miel que la France et la Grande-Bretagne veulent initier, en matière de défense, des surprises sont peut-être à attendre...

dimanche 18 juillet 2010

Avant le sommet de Kaboul...

On l'a presque oublié, la guerre continue, en Afghanistan. Mardi, un sommet international statuera, à Kaboul, sur les suites à donner à neuf ans de conflit. Si l'on en croit le supplément hebdomadaire de The Independant, en 2014, les troupes afghanes devront avoir acquis la capacité de "conduire et mener des opérations dans tous le pays".
Les Etats-Unis ont déjà dit leur intention de commencer leur retrait en 2011. Sans ce contributeur, on voit mal comment la France pourrait jouer les gros bras à 6.000 km de chez elle. Alors même que pas une opération ne peut s'effectuer sans un moyen américain (un drone, un chasseur, et encore plus, un Chinook...)
La France, on le sait, entend réaliser le transfert d'autorité en Surobi et en Kapisa dans les mois qui viennent, comme ce blog l'avait évoqué au printemps. C'est la Surobi qui sera la première concernée. Jusqu'alors, il n'était pas pour autant question du moindre retrait, mais Hervé Morin s'est fait plus précis, devant les députés, au début du mois. Répondant à une question de Christophe Guilloteau, il a dit espérer un "transfert de la sécurité" en 2011 en Surobi. "Nous en tirerons sans doute quelques économies en 2012".
Ce qui n'empêche pas, d'ici là, quelques investissements dans la pierre, avec une politique des petits pas autour de la main supply road, en construisant des COP. Autre illustration, avec la volonté d'intensifier la présence de spécialistes civils rattachés à la brigade La Fayette. Le premier mandat avait vu le recrutement des deux premiers, l'un contractualisé par le quai d'Orsay, l'autre par la Défense.

La FIPN déployée à Grenoble

La force d'intervention de la police nationale (FIPN) opère depuis hier à Grenoble, afin de participer à la résorption des violences urbaines. Cette mission, qui ne figure pas dans le coeur opérationnel de la FIPN fait cependant partie des types d'engagements possibles qui avait été pensés pour la structure, créée il y a tout jute un an.
Le GIPN de Lyon a notamment pu engager son véhicule blindé d'intervention, un ancien fourgon blindé, dans le quartier d'où sont parties les violences. Plusieurs tirs avaient été enregistrés contre des véhicules de police, dans la nuit de vendredi à samedi.
Des éléments du RAID ont également été engagés. Le RAID dispose de moyens d'observation, mais peut, comme le GIPN, mobiliser ses troupes dans des opérations d'interpellations difficiles.
L'activation aussi prématurée de la FIPN démontre d'un double constat : la volonté politique de ne pas laisser des violences prendre dans la ville, et d'un niveau de violence peu commun.
Rappelons que le RAID avait été discrètement mobilisé lors des violences urbaines de 2005, particulièrement dans l'Essonne, ainsi qu'en 2007, dans le Val d'Oise. Déjà pour débusquer ceux qui tiraient contre les policiers, dont une centaine avait été blessés, dans les affrontements.
Les opérations en cours à Grenoble mobilisent aussi au moins un hélicoptère EC135 de la gendarmerie. Cet engin, le premier modèle conçu pour les opérations de police, dispose entre autres d'une puissante boule optronique et d'un phare de recherche. Sa production image peut être transmise en temps réel à une salle d'information et de commandement (SIC) et à un dispositif mobile ou piéton.
Les hélicoptères de la gendarmerie et de la FIPN s'entraînent régulièrement ensemble. Ils s'étaient notamment produits à l'automne dernier lors des journées de la sécurité intérieure.

Une féminisation "qui pose question"

Souvent valorisée, la féminisation peut aussi "poser question" comme le reconnaît le médecin-général Gérard Nédellec, directeur central du service de santé des armées (DCSSA) devant les députés. On le sait, le SSA est très féminisé, dépassant de très loin la meilleure des armées en la matière -l'armée de l'Air- : 20% des médecins sont des femmes (50% des entrants à l'école le sont aussi), le taux passant à 69% chez les infirmiers.
On l'a vu, en première ligne (lire le post suivant), ceci n'est pas sans poser de problèmes dans un pays musulman comme en Afghanistan (1), particulièrement au sein des OMLT, qui campent dans les mêmes COP que les Afghans, dans un confort pour le moins rustique, comme ce blog l'a déjà expliqué...
La question, voire les questions, tient cependant dans les statistiques livrées par le DCSSA. Les femmes effectuent en moyenne une carrière plus courte de deux ans, et surtout, partent plus de deux fois moins souvent en opex, affirme cette source, du fait de raisons "physiologiques", explique-t-on.
Ce blog avait déjà expliqué que les opex avaient parfois du mal à trouver suffisamment de médecins (problème qui ne se limite pas forcément au sexe de ces derniers). Apparemment, les contraintes liées aux OMLT ont également créé des tensions sur les postes d'infirmiers.
Le DCSSA conclut sur ce point en expliquant que l'inspecteur général du SSA va "prochainement" rendre une étude sur la féminisation du service.

(1) cela ne pose pas toujours problème, cependant, lors des MEDCAP (consultations médicales opérées hors des FOB) ou des consultations opérées dans les postes médicaux des FOB, où oeuvrent, très souvent, des personnels féminins, ce que les patients Afghans ne trouvent rien à redire.

A l'avant de la médecine de l'avant

La nature des engagements en Afghanistan oblige le service de santé (SSA) à faire évoluer ses procédures en première ligne, déplaçant les frontières des tâches : les infirmiers réalisent désormais sous le feu des tâches auparavant réservées aux médecins, et il en va de même pour les auxsan, avec les infirmiers. Le simple soldat pouvant désormais, à son niveau, se poser lui-même son garrot, depuis près de trois ans, après la formation adaptée, pendant sa MCP (1).
Nouvelle traduction de la tendance, le médecin général Gérard Nédellec, patron du service de santé des armées (SSA) a expliqué lors de son audition à la commission de défense de l'assemblée nationale que des infirmiers pourront, sous certaines conditions, être remplacés par des personnels moins qualifiés, aide-soignants ou brancardiers (auxasan) titulaires du SC2 (sauvetage de combat 2), dont la durée va passer, désormais, de 5 jours à quatre semaines. La proposition en a été faite au patron des forces terrestres, le général Antoine Lecerf, mi-juin.
Une des explications, sans doute pas la seule, au fait que les infirmiers féminins -69% de la population concernée-, ne peuvent opérer au sein des équipes OMLT, en Afghanistan. Ni des équipes de forces spéciales. Ceci expliquant sans doute le cela.

(1) un acte élémentaire qui a permis de sauver de nombreuses vies.

Quelques réalités médicales des opex

Le rôle 3 de KAIA aura accueilli en 2009 autant de blessés français qu'en 2008. C'est le patron du service de santé des armées (SSA), le médecin général Gérard Nédellec, qui l'a affirmé récemment aux députés de la commission de Défense. Plus loin, la même source évoque le nombre de patients accueillis au rôle 3 avant leur évacuation en métropole, qui s'établit à près de 200. Ce chiffre ne comprend pas forcément que des blessés. Rappelons cependant aussi que tous les blessés du théâtre ne sont pas évacués des zones de combat vers le rôle 3 : ils peuvent être remis sur pieds dans les rôle 1 hébergés sur les FOB (voire à Bagram, chez les Américains), selon la nature de leurs blessures.
Depuis l'embuscade d'Uzbeen, le dispositif médical en Afghanistan a été progressivement renforcé, avec la mise en place de postes de secours mobiles (PSM) supplémentaires au sein des GTIA, renforçant encore la notion de "médicalisation de l'avant".
D'ailleurs, le ratio de personnels médicaux en Afghanistan s'établit à 6%, contre 4% en moyenne sur les autres théâtres.
Selon le MG Nédellec, 1.347 personnels du SSA ont été déployés sur les théâtres en 2009, représentant, en instantané, 42 postes médicaux, 4 équipes Medevac armant les hélicoptères de manoeuvre, et deux équipes chirurgicales.
L'année 2009 aura vu 63 évacuations médicales stratégiques des différents théâtres : autant qu'en 2008, malgré deux évacuations Morphée (22 blessés en 2 vols de C-135FR) suite aux violences urbaines au Kosovo et à l'embuscade d'Uzbeen. Ce qui confirme bien la nette multiplication des affrontements en Afghanistan en 2009. L'EMA évoquait, début juillet, sur la base de chiffres déjà anciens, une cinquantaine de blessés rapatriés, rien que d'Afghanistan, en 2010. Chacune de ces évacuations nécessite, rappelons-le, un Falcon (les mêmes que ceux empruntés par les membres du gouvernement), un médecin, un réanimateur, et une convoyeuse.
796 rapatriements sanitaires (RAPATSAN), tous théâtres confondus, sont également intervenus en 2009.
Le tout représentant une moyenne de deux RAPATSAN par jour, et une évacuation stratégique par semaine.
Une cadence qu'il faudra tenir, en 2010, et après, en termes de ressource humaine et d'aéronefs. Particulièrement alors que la flotte de Falcon va se réduire, avec le départ programmé des Falcon 50 dans l'aéronavale, et le non-remplacement, dans l'immédiat, en tout cas, des Falcon 900, annoncé par Hervé Morin, début juillet, aux députés de la commission de Défense.

samedi 17 juillet 2010

France/Grande-Bretagne : verdict en novembre

"Qui se ressemble s'assemble". L'adage prend une fois de plus de l'épaisseur avec les affirmations d'Hervé Morin, face aux députés de la commission de défense, d'un projet de resserrement des liens franco-britanniques. Plus la reconnaissance d'un aveu de manque de finances publiques, des deux côtés de la Manche, qu'une véritable attirance nourrie d'actions proactives. Hervé Morin l'affirme, un "audit" profond des possibilités de coopérations et mutualisations possibles doit être rendu, côté français, fin juillet. Sans exclure des possibilités "d'interdépendances". "Nous confronterons nos copies en novembre", poursuit le ministre, sans exclure "des coopérations même sur des sujets très confidentiels". Comprendre, vraisemblablement, sur les sujets nucléaires, un serpent de mer qui repose sur d'anciens projets de zones de patrouilles pour nos SNLE. Qui peut le plus peut le moins : des coopérations opérationnelles pourraient donc voir le jour, particulièrement sur le dossier très tendu, côté français, des ravitailleurs en vol.
Depuis le succès des coopérations représentées par le programme Jaguar, en 1965, et trois programmes d'hélicoptères (Lynx, Puma, Gazelle) en 1967, les coopérations franco-britanniques n'ont pas été toujours un long fleuve tranquille (1). On se souvient du cauchemar qu'ont représenté les frégates Horizon, du douloureux dossier des porte-avions, qui n'a finalement pas débouché.
Un retour de la coopération franco-britannique plus que symbolique, 70 ans après une année 1940 qui vit Churchill proposer à Reynaud de faire de la France et la Grande-Bretagne qu'un seul et même pays.

(1) Actuellement, la seule coopération porte sur le missile antinavire léger, portée par MBDA.

Bernard Gireaudau est mort

L'acteur et ancien marin Bernard Gireaudau s'est éteint, à 63 ans. Major de sa promotion, à 16 ans, à l'école des apprentis mécaniciens de la flotte, il avait fait deux tours du monde avec la Jeanne d'Arc, et avait notamment servi à bord du Clémenceau. Très affaibli par un cancer, il avait tenu à pouvoir assister à la remise du drapeau de la première promotion de l'école des Mousses, en octobre dernier, école qu'il avait qualifiée "d'école de la vie". C'était une de ses dernières apparitions publiques.

vendredi 16 juillet 2010

La Marine investit les Iphone

Alors qu'un nombre croissant d'Iphonautes consulte déjà ce blog avec leur appareil téléphonique, la marine cherche elle aussi à capturer et fidéliser de nouveaux adeptes, en lançant une application dédiée, gratuite sur sur Apple Store. C'est la première armée à le faire en France, et peut-être même, au-delà. "Poisson-pilote" disent les uns, je qualifierai cette initiative d'Exocet (un poisson volant, mais aussi un excellent missile qui traverse les meilleures coques), l'Iphone étant manifestement devenu un attribut incontournable pour de nombreux jeunes branchés, peut-être ceux que la marine cherche à attirer dans ses filets. Incidemment, l'initiative range notre marine dans les institutions branchées, et peut donc contribuer à changer la perception que la jeunesse, hétérogène, peut en avoir.
Concrètement, l'application permet de géolocaliser les principaux navires de la marine -Dupuy de Lôme et Etraco vraisemblablement exceptés- et de collecter de l'information sur la dimension culturelle de notre marine. Entre autres, on peut apprendre à faire des noeuds (ça je sais depuis l'école de voile) ou bien reconnaître les grades (là je reconnais quelques carences personnelles). Enfin, l'appli permettra aux plus jeunes de rallier sans boussole le CIRFA le plus proche.
Par delà cette première, qu'il me semblait utile de signaler comme telle, l'appli Marine doit aussi défricher pour les autres armées, puisque toutes ces technologies numériques et leurs effets laissent encore de marbre bien des décideurs.

La Kapisa au rapport (encore)

La Kapisa a encore été l'objet d'une opération de ciblage d'un chef insurgé, la nuit dernière. L'opération se serait jouée à l'est de Doran, dans le district de Tagab, qui focalise depuis plusieurs mois les efforts de la TF La Fayette et ceux des insurgés. Après un début de fuite, un insurgé présumé a été tué, après avoir braqué un pistolet en direction de la force. Aucun bilan précis de cette opération n'a été livré par l'IJC. C'est la deuxième fois en moins d'une semaine que la Kapisa, où sont déployés les Français, figure au bilan d'activités de l'IJC : c'est dire qu'il doit vraiment, maintenant, s'y passer des choses (1).

(1) une phrase à prendre au second degré, évidemment.

Renseignement : coopération franco-afghane

Signe tangible de la coopération franco-afghane, un centre de fusionnement du renseignement associant les deux pays est opérationnel depuis quelques jours en Afghanistan. Cette structure, portée par la task force La Fayette, mobilise une dizaine de militaires français, dont un gendarme. Elle regroupe également, côté afghan l'ANA, l'ANP et le NDS (service de renseignement).
Des structures de ce type, associant des nations de l'ISAF et les forces de sécurité afghane, existent déjà dans d'autres zones de l'Afghanistan.

Les EAU aident les Seychelles

Les Emirats Arabes Unis (EAU) vont aider significativement les Seychelles à lutter contre la piraterie : il s'agit d'éviter l'irruption de skiffs pirates, dont l'autonomie n'a pas cessé de croître (1). Ce programme d'une valeur de 15 millions de dollars va permettre de renforcer les capacités de surveillance et d'intervention, tout en mettant sur pied une nouvelle base, pour les garde-côtes seychellois, sur l'île de Perseverance. Cette dernière sera fabriquée par une société émirienne, pour être opérationnelle sous dix mois.
Les capacités de patrouille et d'intervention des garde-côtes, relativement réduites jusqu'alors, vont être dopées par la mise à disposition de deux patrouilleurs, et de trois vedettes rapides. Un réseau de surveillance radar va aussi être implanté sur Perseverance et les îles environnantes. Un hélicoptère fait également partie du lot.
Si l'on en croit la présidence des Seychelles, c'est lors d'un récent voyage aux EAU que le président James Michel a développé cette coopération bilatérale, qui remonte à un accord de défense de décembre 2009.
Selon des témoignages concordants, certains skiffs pirates sont fabriqués avec des résines achetées dans le golfe persique.

(1) c'est un des effets de l'opération européenne Atalanta, qui a contribué à déplacer les zones d'attaques, particulièrement vers l'est.

jeudi 15 juillet 2010

In memoriam : 1ère classe Julien Giffard


L'armée de terre diffuse ce soir cette photo et quelques éléments biographiques du jeune Julien Giffard (25 ans), 1ère classe au 1er régiment d'infanterie, qui était porté disparu en Guyane depuis le 8 juillet dernier.
Engagé à 23 ans, en février 2009, à l'issue d'études d'histoire, Julien Giffard est distingué première classe au mois d'août suivant. Affecté à la 4e compagnie, il était déployé en Guyane depuis le moi de mai dans le cadre de l'opération Harpie, qui vise à cibler les réseaux d'orpaillage illégal. C'était, apparemment sa première mission opérationnelle.
Il avait été mis en place sur un point de contrôle fluvial à la mi-juin. C'est là qu'il avait participé à une saisie, fin juin, de 2.400 litres de carburant et 1.500 kg de vivres, qui servent à ravitailler les orpailleurs.
Lors d'une opération de contrôle, le 8 juillet au soir, sa pirogue est percutée par une autre embarcation, qui prend la fuite. Deux autres occupants sont blessés par le choc, le 1ère classe Giffard tombe à l'eau. Malgré les recherches, on retrouvera que son arme et son gilet de sauvetage. Il faudra quatre jours pour retrouver le militaire, à quelques centaines de mètres seulement du lieu de l'attaque.
Cet Ebroïcien d'origine laisse une compagne et une famille. Il est le 13e militaire à périr en opérations cette année, et la première perte de l'opération Harpie.

Un journaliste légionnaire honoraire

La légion étrangère a distingué un journaliste légionnaire d'honneur, mardi. Etienne de Montéty, rédacteur en chef du Figaro-Littéraire, est devenu 1ère classe honoraire, sous le matricule 200982 bis, et a reçu la distinction des mains du commandant de la légion étrangère, le général Alain Bouquin, en présence du président du Sénat, Gérard Larcher.

La liste du 14 juillet

Dans la très longue liste des promotions du 14-juillet, j'ai retenu la promotion au grade d'officier de la légion d'honneur de Jacques de Lajugie, directeur des exportations de la DGA, et au grade d'officier, d'Agnès Ferragu, directrice de service au GIFAS, après une longue carrière chez Matra puis EADS.
On trouve aussi une belle histoire, que l'on trouve développée dans Var-Matin. Celle du maréchal des logis-chef Roméo Broggi, comptable dans le matériel à Canjuers, qui a sauvé le 15 juin douze personnes des inondations, dont deux octogénaires et sept enfants, à Draguignan. Moins d'un mois plus tard, il était chevalier de la légion d'honneur.

La nouvelle visibilité du COS

Un VPS d'Alfusco pourvu de sa M134, comme ce blog l'avait expliqué, en janvier dernier (crédit : Jean-Marc Tanguy)

Le commandement des opérations spéciales (COS) français, qui prise traditionnellement l'ombre, en est sorti ponctuellement, ces dernières heures, à l'occasion de la fête nationale. Son propre chef, le général Frédéric Beth est apparu en direct quelques minutes sur France 2, et même si tout cela était très balisé, c'était aussi tout simplement une première. "Il fallait bien que cela arrive un jour" a sobrement commenté le GCOS, sans s'exprimer sur les zones d'engagement de ses équipes (1).
Quelques minutes plus tôt, deux unités spéciales avaient défilé sur les Champs : le 13e RDP, grimé, et le secteur vecteur nautique commando (SVNC) d'Alfusco (2). En l'air, un Caracal du 4e RHFS a aussi représenté la contribution de la troisième dimension aux opérations spéciales, traditionnellement dévoreuses de moyens aériens.
Un Caracal du 4e RHFS. (crédit : Jean-Marc Tanguy)

Hier après-midi, un VPS et un couple VLRA-Etraco, ainsi qu'un Caracal du 4e RHFS, s'exposaient à la vue du public, sur l'esplanade des Invalides.
Le 13 juillet, plusieurs opérateurs d'unités spéciales avaient été décorés de la valeur militaire pour leur très fort engagement opérationnel en Afghanistan, par Hervé Morin.
Pour des faits remontant à une, voire deux années.
Dans un ou deux ans, on devrait démultiplier les citations, au vu des (sur-)engagements actuels. Replacé sur les listes d'emploi du centre de planification et de conduite opérationnelle (CPCO), le COS est aujourd'hui à nouveau utilisé pour ce qu'il sait faire, son célèbre "faire-autrement" avec, garantis, foudroyance et empreinte logistique réduite. Et, pour tout dire, cette fois, de façon médiatiquement invisible.

(1) Un GCOS cosmopolite, qui a fait rayonner les savoir-faire français lors du dernier salon Sofex, et encore très récemment, dans un pays allié de la France, à l'est du canal de Suez. Un général de réserve, employé au COS, est d'ailleurs chargé des questions internationales.
(2) c'était aussi, rappelons-le, la première fois que des marins défilaient avec leurs bateaux.

mercredi 14 juillet 2010

Trois militaires invités à l'Elysée

Une pilote d'hélicoptère de l'armée de l'Air, un gendarme et un soldat blessé en Afghanistan figuraient ce midi parmi les douze Français "méritants" invités ce midi à l'Elysée par le président de la République. Ni leur identité, ni leur unité d'origine n'ont été communiquées.

Le VBCI opérationnel demain

Le général Christian Baptiste, n°2 de la DICOD, vient de l'annoncer sur France 2, c'est demain que les deux sections de VBCI du 35e RI seront opérationnelles en Afghanistan. Ce blog avait expliqué que l'engin devait être déployé pour le 5 juillet, ce qui a donc légèrement glissé.

Etrange

Etrange réception hier soir dans les jardins de l'hôtel de Brienne, pour le 14-juillet. Hervé Morin défend d'abord cet évènement qu'il a tenu à conserver, à contre-courant des économies gouvernementales. Devant lui, les responsables des pays africains qui arrivent peu à peu. Dans la masse compacte de civils et de militaires qu'il a en face de lui, un premier bloc de civils : les familles qui ont perdu un des leurs cette année. Monsieur Michal Hutnik est là, Madame Cocol est là, madame Hivin-Gérard est là, entourés de marsouins, de légionnaires et de paras, les frères d'armes de leurs fils et époux.
A côté, des blessés, mutilés de l'Afghanistan, souvent oubliés de rapports, des points presse. Trevor Rodrigues, qui avait sauté sur un IED avec son capitaine, en mars 2009, est là. A côté de lui, un médecin du 126e RI déployé avec les OMLT, avait été grièvement touché lui aussi, il y a un an, par l'explosion d'un IED en vallée de Tangi.
Devant l'orchestre, dix militaires alignés pour recevoir la croix de la valeur militaire. Les citations, sans mention de leur unités, donnent un aperçu bref de la pointe des opérations françaises, principalement en Afghanistan. "Neutralisation d'éléments terroristes", "arrestation de chef rebelle". De mots que l'on n'entend jamais dans les compte-rendus : une guerre, non seulement, mais une guerre (re-)devenue secrète.
Commandos marine, de l'air, gendarmes, écoutent l'hommage bref.
Deux employées civiles du ministère sont également décorées.
Seulement deux membres du gouvernement sont venus assister à cette réception. Pierre Lellouche et Nadine Morano, côte à côte. Avec pour point commun de figurer dans la liste des ministrables à l'hôtel de Brienne.
Hervé Morin doit s'échapper au milieu de sa réception, convoqué à l'Elysée pour une réunion sur les otages. Les familles et blessés longuement saluées, le ministre s'échappe, avec le général Puga, chef du cabinet militaire à l'Elysée, et l'amiral Edouard Guillaud.
Dans l'assistance, moins nourrie qu'à l'habitude, peu de responsables. Au premier rang, deux gendarmes du GIGN. Plus loin, en civil, le général Jean-Louis Georgelin parle à un célèbre blogueur, derrière lui, Virginie Guyot, leader de la PAF vient d'arriver suivie de ses pilotes.
Une femme en tête d'un dispositif : pas si rare, ce matin, sur les Champs : les femmes ont pris le pouvoir, et même le drapeau, dans nombre de carrés. Qu'il s'agisse de celui de l'ENOSP, mais aussi de Saint-Cyr, de Salon-de-Provence et de Bordeaux. On me signale que c'est le major de promotion 2004 de l'école de santé navale de Bordeaux qui porte son drapeau. Pour la dernière fois sur les Champs, puisque l'école est dissoute, après 120 ans d'existence (1).
Bonne fête nationale à tous et toutes.

(1) a contrario, l'école du Val-de-Grace défile pour la première fois sur les Champs.

Notre photo : Hervé Morin décore un des deux commandos marine présents hier à Brienne. (crédit : Jean-Marc Tanguy)