vendredi 30 avril 2010

Un IPod pour Florence Cassez

Hervé Morin a téléphoné à Florence Cassez, jeudi matin. Une discussion sur laquelle il a souhaité volontairement rester discret, consentant seulement à en livrer quelques bribes à la presse mexicaine et française, ce soir. Il a notamment déclaré avoir acheté un IPod pour la détenue française, qui n'a rien pour écouter de la musique.
Confirmant avoir étudié la possibilité de la rencontrer dans sa prison, Hervé Morin a expliqué avoir préféré consacrer son temps à convaincre les autorités. Il rencontre, à l'heure où sont écrites ces lignes (18h30 à Mexico, 01h30 à Paris), le ministre devait rencontrer la vice-ministre des affaires étrangères, et le ministre de la justice.
Sans livrer plus les intentions françaises, il a demandé, cependant que la situation de Florence Cassez "soit revue" et a souhaité une "issue favorable" pour celle qui est détenue depuis plus de 1.600 jours, a-t-il rappelé.

Les regrets de Morin

"C'est un accident regrettable, que je regrette profondément. Je m'associe à la douleur des familles qui ont perdu quatre enfants". Le ministre de la défense est revenu, ce jeudi soir soir, à Mexico, sur les derniers développements de la journée, après l'aveu de l'EMA, sur la mort de quatre enfants afghans. "L'armée française a respecté les procédures. Des enfants jouaient à proximité de la maison où sept talibans s'étaient réfugiés a argumenté Morin. A aucun moment, ces enfants n'ont été détectés par les troupes françaises, qui ont longuement observé cette maison. Les procédures ont été respectées, c'est le chef de corps qui a donné l'ordre de tir du missile Milan, et ce sont probablement des éclats de ce missile qui ont touché ces enfants."
"L'armée française fait tout pour maîtriser sa force, et c'est aussi comme cela qu'elle gagne la confiance des populations afghanes, confiance qui a nettement progressé ces six derniers mois" a conclu Hervé Morin.
Pour conclure, provisoirement, à notre niveau, et pour rebondir sur mon post précédent, la zone était particulièrement difficile à observer, avec une sorte de petit bois (situé à droite de l'axe de tir) dont les frondaisons cachaient la vue d'éventuelles personnes, donc de ces enfants. Pour s'en assurer, il aurait fallu s'approcher, et donc, tomber dans la zone de tir des insurgés qui s'étaient enkystés dans cette maison, avec des populations civiles à proximité.
Le risque a t-il été sous-estimé, alors même qu'il n'y avait pas d'urgence à tirer ce missile (personne n'était menacé par un tir insurgé direct, apparemment) : c'est une question toujours facile à poser à Paris (ou à Mexico). Avec les informations livrées par ce blog depuis le 6 avril, et très régulièrement, sur l'Afghanistan, chacun a fini par pouvoir consolider ses certitudes -ou ses doutes- sur l'engagement français sur ce théâtre.
Avoir proscrit la présence de journalistes, observateurs extérieurs, sur ces opérations, étant, en quelque sorte, une difficulté supplémentaire que s'est créée l'EMA, quand ce genre de situations survient.

Une LOI pour trois, une usine pour plus

Hervé Morin a signé jeudi une lettre d'intention pour la vente de trois EC725 au Mexique, qui s'ajoutent aux six déjà vendus par le président de la République lors de sa visite, il y a un mois. Il a par ailleurs ouvert la porte à l'érection d'une usine de fabrication de pièces pour ces appareils, si d'aventure, le Mexique persistait à acheter des hélicoptères français. Ce "qui, au regard de besoins des forces armées est un objectif réalisable" a estimé le ministre. L'aspect industriel restant évidemment du ressort des industriels, EADS et Eurocopter, en l'occurrence.

jeudi 29 avril 2010

Des dommages collatéraux en Kapisa

L'EMA a reconnu ce matin au point presse du ministère de la Défense la responsabilité des dommages collatéraux (quatre enfants tués, un cinquième blessé), lors d'une opération de la brigade La Fayette, en Kapisa, le 6 avril dernier. C'est ce blog qui avait relevé, dans un bilan d'activités de l'ISAF, un élément qu'on avait pas forcément prévu de développer à Paris. En réponse à nos questions, l'EMA nous avait cependant confirmé les informations de l'IJC, indiquant lancer une enquête.
Les résultats devaient être communiqués la semaine prochaine. Pour des raisons qui nous échappent, mais nous n'étions pas au point presse ce matin, la divulgation des résultats de l'enquête aura donc été anticipée.
Comme nous le notions à l'époque, de tels dommages collatéraux sont sans précédant, si l'on considère le nombre et l'âge des victimes. Mais ce ne sont pas les premiers, en Afghanistan, et peut-être pas les derniers. Malgré une discipline de tir jugée particulièrement restrictive, aucun militaire, sur ce théâtre, n'est à l'abri de telles situations.

Cinq ans après...

Avec cinq ans de retard, la DGA a réceptionné vendredi dernier le premier NFH90 de l'aéronavale. C'est un communiqué qui l'annonce seulement aujourd'hui, six jours après l'arrivée de l'engin. L'engin est encore formellement propriété de la DGA, avant d'être transféré à l'aéronavale.
La mise en service opérationnelle (MSO) est prévue en fin d'année 2011. Le premier appareil sera normalement affecté aux missions SECMAR, depuis Lanvéoc-Poulmic, pour prendre la relève des EC225 SECMAR, dont le premier a été réceptionné la semaine dernière.
27 NFH ont été commandés par la France : 13 en version soutien et 14 en version combat, devant être livrés d'ici 2021, ce qui donne la mesure des cadences industrielles.

Les fusillés du Mont-Valérien

Le Mont Valérien ; résistance, répression et mémoire. 19 euros.

Voilà un beau livre qui fait oeuvre de mémoire dans un chapitre finalement peu connu de notre histoire sombre, pendant la seconde guerre mondiale. Le procédé n'est pas courant, puisque le livre publie des lettres, forcément poignantes, de condamnés au fusil des Allemands -ils furent plus d'un millier-, au Mont Valérien (1).
Claire Cameron, de la direction de la mémoire et du patrimoine (DMPA) a piloté ce projet éditorial riche en iconographie, et avec une mise en page particulièrement attractive.
Cela fait de ce livre un oiseau rare dans la production défense, et un document abordable aussi bien par une classe que par tout citoyen qui se penche un peu sur notre passé. Des lettres de condamnés, qui nous font paraître bien futiles les préoccupations du (de notre) moment. Certains de ces condamnés n'avaient pas 17 ans.
Hervé Morin devrait présider la cérémonie à la mémoire de ces fusillés, le 5 mai prochain, en la présence de membres des familles des fusillés dont la plupart, au Mont-Valérien, appartenaient à des organisations clandestines luttant contre l'occupation allemande et le régime vichyste.

(1) l'ouvrage rappelle le triste bilan de l'occupation : 3.000 personnes furent condamnés à mort et fusillées, 810 otages furent aussi fusillés. 210 prisonniers de Vichy furent exécutés. 15.000 français ont été massacrés par la Wehrmacht et les unités de Waffen SS. Enfin, 86.000 personnes ont été déportées, 60% ont survécu. Seulement 2.500 juifs déportés ont survécu, sur les 75.000 déportés.

Un Puma de Zara évacue un malade

Un Puma de l'EH 1.44 Solenzara de la base éponyme a évacué cette nuit un passager malade qui voyageait à bord du ferry Tunis Marseille de la CNT. La préfecture maritime de Toulon a été avisé à 1h21, et a répercuté le besoin sur le centre national des opérations aériennes de Lyon-Mont-Verdun. Le passager a pu être hélitreuillé, et transporté à l'hôpital.

Camerone : la cérémonie en armes autorisée

Comme dans toute démocratie qui se respecte, les élus travaillent, et ceux de la commission de la marine du parlement mexicain ont donc planché sur la possibilité, pour un détachement du 2e REI et de la musique du 43e RI (et non de la légion comme je l'indiquais précédemment) de venir avec ses armes fêter Camerone. Traditionnellement, c'est le Sénat qui doit donner son avis pour la venue de militaires avec des armes, qu'elles soient légères ou lourdes. La procédure a été à peu près suivie, même si elle a été apparemment un peu allégée pour les Français.
Le débat a eu lieu, les arguments ont porté, les élus de la commission constatant que la manifestation -commémoration de Camerone à Camerone- était essentiellement culturelle et mémorielle. Mais aussi, que la venue des militaires français se faisait dans un contexte pacifique, et que le Mexique n'est pas en guerre.
Bref, ca passe, comme on dit : la commission s'est prononcée mardi pour la venue des militaires.
Ces derniers sont arrivés, avec le ministre, ce mercredi soir, à 22 heures locales (5 heures du matin, jeudi, à Paris) à l'aéroport de Mexico City. Après avoir déposé la délégation ministérielle, Cotam 004, un A310 de l'armée de l'Air a rallié Vera Cruz, terrain le plus proche de Camerone, pour déposer les légionnaires.
Ces derniers sont principalement issus de la compagnie antichar, avec des représentants de toutes les compagnies. La garde au drapeau est commandée par un lieutenant qui revient d'Afghanistan, comme une partie des présents.
Hervé Morin doit les rejoindre demain après un agenda assez nourri, aujourd'hui, dans la capitale. Il doit notamment décorer le ministre de la marine de la Légion d'honneur. Ce dernier représentera le gouvernement mexicain, demain, à Camerone. D'autres développements, notamment en matière d'hélicoptères, ne sont pas à exclure, dans les heures qui viennent.

Rien ne se perd, tout se récupère... (actualisé)

La maison ne refusant décidément aucun sacrifice à ses clients, particulièrement et à bon escient exigeants, voici une vue du tarmac bétonné. On reconnaît un Nord 262, un vieux Super Frelon et un Alizé. Merci au photographe (DR).


... et les personnels de pont d'envol sont bien formés ! Suite à mon post sur les cellules disposées à côté du tarmac d'Hyères, j'ai reçu quelques précisions, ce matin. Un ancien marin bien documenté m'explique que le Nord 262 est effectivement utilisé par les marins pompiers, alors que tous les autres aéronefs (notamment le Puma) servent à l'école du personnel de pont d'envol (EPPE), sur un tarmac spécial en béton.
Le Crusader, lui, n'est pas à Hyères, mais à Cuers (20 km). Je mangerai trois piments en pénitence, pour toutes ces erreurs et imprécisions.

La fin du Super Frelon bleu et gris

Les quatre derniers Super Frelon de la flottille 32F voleront de concert ce vendredi matin, apprend-on par un communiqué de la préfecture maritime de Brest. Ils prendront l'air à 9 heures, salueront l'Amirauté, à Brest, entre 10h45 et 11 heures, avant de se poser une dernière fois à 11 heures.
Les quatre appareils doivent rallier dans les meilleurs délais des musées : le MAE au Bourget, le musée de l’hélicoptère à Dax, le musée de l’aéronautique navale à Rochefort et le conservatoire de l’air et de l’espace de Bordeaux-Mérignac. Il n’y aura donc pas de Super Frelon en vol pour le meeting des 100 ans de l’aéronautique navale, à Hyères, le 13 juin prochain. Les fans pourront se rattraper avec l’appareil qui avait été légué à la base, en décembre dernier.
Hyères a déjà une belle collection, avec un superbe HSS-1 à l’entrée de la BAN, et quelques autres pièces, dont on ne sait pas si elles servent à l’entraînement des pompiers (Alizé, Puma, Etendard, Crouze…). Le musée de l’air, qui dispose du prototype du Super Frelon, doit mettre en place une exposition thématique autour de cet engin, avec les témoignages de plusieurs membres d’équipage.

Le 22, le 225

Le premier EC225 destiné à la flottille 32F est arrivé le 22 avril à Lanvéoc-Poulmic. Il a immédiatement été pris en mains par le CEPA, qui doit le transmettre officiellement à la flottille. Le deuxième et dernier appareil du genre est prévu, quant à lui, en juin. Le calendrier a glissé de plusieurs semaines, sans plus d’explications de la DGA qui s’est contenté d’annoncer l’arrivée de l’engin, six jours après. Et la notification du contrat de MCO, opportunément notifié le 21 avril.

La passe de trois d'Edith

Après l'école de l'ALAT au Luc (Var), puis sur la base commune du 5e RHC et du 4e RHFS à Pau, un troisième site, à Phalsbourg, bénéficie désormais de l'entraîneur tactique Edith. L'équipement du 1er RHC vient d'être recetté, le 9 avril dernier.
Le dernier site prévu, à Etain, doit être opérationnel pour la fin de l'année.
Edith, comme ce blog a déjà pu l'expliquer est un acteur incontournable, désormais, de la formation tactique, et plus encore, de la mise en condition opérationnelle (MCP) pour l'Afghanistan.
Edith emploie des bases de données numériques qui permettent de s'entraîner aux conditions de vol de l'Afghanistan avant d'y mettre les pieds. Edith peut notamment intégrer les modes opératoires ennemis, et les faire surgir à la demande du moniteur.
Les bases numériques de Kapisa et Surobi ont été commandées en début d'année, jusqu'alors les pilotes volaient virtuellement dans la région de... Mazar-e-Sharif.
De plus, des mises en réseau sont désormais possibles. Edith a été connectée au le simulateur peloton Leclerc de Draguignan, il y a quelques semaines, permettant ainsi d'ouvrir de nouveaux horizons. A terme, les quatre Edith du territoire seront maillés et permettront ainsi régulièrement la mise sur pied d'opérations aéromobiles (virtuelles) d'ampleur, que la rareté des appareils, et le coût de leur mise en oeuvre ne permettent plus, dans la réalité.

mercredi 28 avril 2010

Le Milan a eu des soucis en Afghanistan

Plusieurs missiles Milan tirés contre des positions insurgées n'ont pas explosé. Les sénateurs Daniel Reiner et Jacques Gautier lâchent ce petit missile en en donnant d'ailleurs, assez rapidement, la raison : "vraisemblablement en raison de mauvaises conditions de stockage en métropole". Rien n'indique, par ailleurs quelles conséquences ces défaillances auront eu sur le combat du moment, pas plus que les dates de celles-ci.
Mais les deux sénateurs, qui communiquaient sur le Milan en début de mois, constatent que ces défaillances, qui ne semblent donc pas imputables à l'industriel, auront contribué à enterrer prématurément ce missile très utile, en combat, mais aussi pour des missions d'observation.
Tant l'armée de terre que l'industriel se sont toujours refusés à communiquer sur leur consommation en missiles Milan. Selon nos propres sources, ces consommations ont été relativement importantes, particulièrement contre des grottes et des compounds, là où le tir d'un mortier (ou d'un Caesar) peu s'avérer trop abrasif, ou générateur de dommages collatéraux.

La réserve sur la Défense

Une dizaine de stands occupés par des réservistes s'installeront de 8h à 17 h sur le parvis de la Défense, le vendredi 7 mai prochain, dans le cadre de la journée nationale du réserviste (JNR) dont on entend très peu parler, par ailleurs. Cette opération est mise en place par l'UNOR (officiers de réserve) et la FNASOR (sous-officiers) afin de mieux sensibiliser les entreprises aux enjeux de la réserve et sur ses possibilités d'emploi.

Plus de Corsair à Hyères

La nouvelle déchire un pilote emblématique de Corsair, Ramon Josa (et sans doute quelques autres) : il n'y aura pas de F4U-7 au meeting des 100 ans de l'aéronavale, le 13 juin prochain, à Hyères. Le Corsair en constituait une des pièces de choix, mais les nouveaux propriétaires de cette pièce de collection ne peuvent pas le présenter dans le Var, notamment pour des raisons d'assurance.
Ce F4U-7 était encore un F4U-5, quand des Français passionnés l'avaient récupéré dans un triste état, en Argentine. La reconstruction aura permis à la cellule de changer de standard, au passage.
C'est Ramon Josa, ancien pilote de Corsair dans l'aéronavale, qui le fera revoler pour la première fois, le 9 mars 2000. Dès lors, ce couple fera 12 à 15 présentations en meeting par an.
Jusqu'à sa revente, fin 2009. Deux frères, allemands, et un industriel argentin, qui rénove des warbirds, en Allemagne, l'ont racheté aux quatre co-propriétaires français.
Ramon Josa, bon pied bon oeil (74 ans), l'avait convoyé en Allemagne le 2 décembre dernier, avec l'espoir, alors, de pouvoir quand même le présenter à Hyères, avec l'accord des nouveaux propriétaires.
Il resterait trois Corsair en état de vol en Europe.

mardi 27 avril 2010

Des anciens légionnaires à Camerone

Une quarantaine d'anciens légionnaires de la très active association des anciens de la Légion Etrangère (AALE) de la région de Marseille (1) commémoreront cette année Camerone, à Camerone (Mexique). Ils sont arrivés la semaine dernière au Mexique.
Quelques anciens légionnaires venus de Polynésie seraient aussi de la cérémonie, tout comme Hervé Morin, qui arrivera, lui, demain soir au Mexique, avec des légionnaires du 2e REI et la musique de la Légion Etrangère.

(1) Le président de l'AALE de Marseille, le commandant Constantin Lianos, est à l'origine d'un site internet assez fourni. Il avait notamment très tôt défendu un adjudant de Légion accusé d'avoir déclenché un incendie qui avait progressé jusqu'aux portes de Marseille.

Le nouveau major

La gendarmerie a son nouveau major-général, le général Laurent Muller, a-t-on appris à l'issue du conseil des ministres. Il remplace le général Jacques Mignaux, promu DGGN il y a quelques semaines.
Il quitte donc son poste de directeur du personnel militaire de la gendarmerie, qu'il n'aura pas occupé trois mois. C'est le général Joël Delpont (EOGN), qui l'y remplacera. Il avait déjà été sous-directeur du personnel, à la DGGN.

FREMM : la vraie raison du 29

Un marin expérimenté m'a donné la vraie raison de la mise à l'eau de la première FREMM, l'Aquitaine, ce 29 avril. La numérologie est bien en cause, comme je le subodorais, mais ce n'est pas tout à fait celle à laquelle je pensais ce weekend. Ce jour-là, DCNS aura tout simplement sous la main le bon coefficient de marée (Coeff 99 et 100) ! Alors que le 4, date prévue pour la "révélation" (à quai), avec invités et autorités, on tourne plutôt autour de 60, et c'est donc beaucoup plus juste.

Les GIR à Beauvau ce matin

Brice Hortefeux réunit ce matin place Beauvau les patrons des groupes d'intervention régionaux ou GIR. Ces unités ont été créés en mai 2002 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur. Louis Bayon, ancien patron du RAID, en était le premier chef.
Le GIR permet, grâce à des appuis interdisciplinaires, principalement issus des services fiscaux, des douanes, de la police et de la gendarmerie, de lutter plus efficacement contre l'économie souterraine. Le GIR avait apporté, à l'époque, de nouveaux angles d'attaque contre cette délinquance souvent difficile à incriminer. La création des GIR apportait aussi parfois des moyens mutualisés, notamment en matière d'optronique, ce qui, à l'époque, était une petite révolution pour certains services d'enquêtes.
Sans entrer dans le détail, les problématiques, en la matière, sont assez proches de celles des unités militaires chargés de collecter du renseignement.
Cette réunion intervient alors que le ministre de l'Intérieur a récemment redit son intention d'intensifier la lutte contre le trafic de drogue.

lundi 26 avril 2010

Extraction "d'otages" à Tarbes

L'exercice de la brigade des forces spéciales terre (BFST) Demetrios doit commencer demain à Tarbes, et se déroulera, de jour comme de nuit, jusqu'à jeudi, dans toute la région. Il doit mobiliser une dizaine d'hélicoptères du 4e RHFS, et des représentants du 13e RDP et du 1er RPIMa, au sol. Les hélicoptères apportent leur concours au renseignement, à l'appui-feu, et évidemment, à l'extraction des "otages" parmi lesquels figurent, dit-on, au moins une diplomate étrangère bien réelle. Les deux régiments locaux, le 1er RHP (cavalerie, dont est issu le patron de la BFST, le général Delort-Laval) et le 35e RAP (artillerie) doivent être engagés quant à eux dans l'animation de l'exercice.

Une 2e FS aux Antilles

Conséquence du travail abattu depuis des années en matière de lutte contre le narco-trafic, une deuxième frégate de surveillance (FS) va rallier les Antilles dans quelques semaines. Le Germinal rejoindra donc le Ventôse, connue comme la frégate qui accumulé les plus bilans en matière de narco-tafic, depuis sa mise en place, en 1993, à sa sortie du chantier de Saint-Nazaire.
La marine a préféré cette solution, plutôt que d'implanter un Batral (de plus en plus rare) ou un P400 (bientôt de plus en plus rare). Les FS présentant par ailleurs l'avantage d'être bien taillées pour ces missions de l'arc antillais, avec un hélicoptère Panther, fourni par la flottille 36F, et, éventuellement, un ETRACO.

Envoyé spécial dans la vallée de Tagab

Le Figaro a réservé sa page 2 du jour pour son envoyé spécial dans la vallée de Tagab. Comme ce blog l'expliquait le 16 avril, Adrien Jaulmes est le premier journaliste français à remettre les pieds dans cette zone, après l'interdiction d'embed émise mi-janvier par l'EMA, suite à l'enlèvement de deux journalistes de France 3, le 30 décembre. Les images semblent difficiles à ramener du théâtre, puisque ce sont deux photos de la MCP du 2e REP, effectuée en septembre à Mailly, qui illustre ce reportage afghan.
L'ancien officier de légion décrit par le menu -j'encourage donc les lecteurs de ce blog à acheter le quotidien pour la découvrir totalement, et lire le reportage du confrère- la méthode suivie par le 2e REP, en faisant parler le chef de corps, le colonel Bellot des Minières : "notre mission était de rouvrir la vallée, de gagner la confiance des habitants. Courir après les insurgés dans leurs repaires est de ce point de vue totalement contre-productif" affirme ainsi le patron de la TF Altor.
"Qui s'inspire plus volontiers de Lyautey que des théories parfois fumeuses (sic) de Roger Trinquier ou de David Galula" complète le confrère.
Au passage, le capitaine Oudot de Dainville, commandant adjoint de la 3e compagnie, confirme à Adrien Jaulmes ce que ce blog expliquait, au lendemain de la mort du légionnaire de 1ère classe Robert Hutnik : "on pense qu'il y avait un sniper en face".

Le Figaro, 1,30 euro.

Un deuxième écran sur un EC135 bleu

Un deuxième écran de visualisation a été implanté sur un des douze EC135 des formations aériennes de la gendarmerie (FAG). Le but étant d'exploiter au mieux les extraordinaires capacités d'observation et de traitement embarqué de cet appareil et de sa boule optronique. Pour l'instant, le rétrofit de la flotte entière, sur cette configuration, n'a pas été lancé.
Cet appareil présente en outre un dispositif de liaison de données permettant de retransmettre, en temps réel, la totalité de la production image à un dispositif au sol (1). Un équipement dont ne sont même pas pourvus les plus modernes de nos hélicoptères... militaires, ce qui montre l'avant-gardisme de nos gendarmes, ou, plus raisonnablement, le retard considérable accumulé par les autres.

(1) ce qui rappelle que se mettre en l'air n'est pas une fin en soi mais se réalise toujours au profit d'une autre composante.

dimanche 25 avril 2010

L'Aquitaine à flot le 29

C'est sans doute un clin d'oeil au Finistère, département qui a donné beaucoup de marins à la marine qui a amené DCNS à mettre à l'eau l'Aquitaine, première de 11 FREMM, le 29 avril. Ouest-France d'hier nous l'expliquait, sans livrer totalement les clés de l'énigme.
Hervé Morin, attendu à la cérémonie de "révélation" (d'un bateau à quai), ainsi que peut-être, espère-t-on, le chef des armées, ne verront donc pas la FREMM sortir de sa cale.
Evènement peut-être jugé banal mais qui n'en reste pas moins traditionnel.

On prime les reconversions...

L'association des entreprises partenaires de la défense veut décerner, pour la deuxième année consécutive, son prix de la reconversion des militaires. C'est l'aviateur et ancien pilote (de Jaguar) de la guerre du Golfe Jean-François Hummel (1) qui l'avait remporté, l'an dernier, pour avoir racheté une société de protection contre l'incendie. Jacky Quantinet, sergent transmetteur de son état, avait décroché le prix "création d'entreprise" pour un projet de bar à pâtes à Avignon.
Tous les renseignements d'éligibilité du prix sont disponibles sur le site internet, où on trouve également quelques éléments sur les conférences -relativement appliquées- à venir.
Dans les choix possibles, je retiendrai la conférence du 19 mai, d'un ardente actualité : "Le collaborateur nomade et la protection des informations de l'entreprise en France et à l'étranger". Entre autres exemples, ce blog avait raconté comment le cadre d'une société fabriquant des drones avait perdu ses bagages (et au passage son micro-ordinateur portable), dans un célèbre pays d'amérique du sud.

(1)
Son réacteur truffé par la DCA irakienne, le capitaine Hummel avait ramené contre Jaguar intact à la base, après un célèbre raid, il y aura bientôt 20 ans...

samedi 24 avril 2010

La Légion dans le cadre, lundi

N'étant pas du club, je n'ai pas pu visionner le documentaire que Nicolas Moscara (1) a consacré au 2e REI, et qui sera diffusé lundi soir, sur France 3. Mais l'auteur évoque sa méthode, dans TV Magazine, qui livre aussi quelques informations sur les conditions de tournage.
Celui qui se définit comme un "petit artisan, pas un donneur de leçon" est resté quarante jours en Surobi, avec la TF Dragon, de septembre à novembre, une durée rarissime pour un reporter français en Afghanistan, et encore plus, dans une unité de la Légion, ce que confirme l'intéressé, en ajoutant : "parler des risques que ces hommes prennent est plus important que de raconter les problèmes des déçus de la Légion".
Moscara, qui a tourné dans un COP, raconte aussi avoir "vécu un déluge de feu durant dix jours", une réalité en effet décrite par ceux qui reviennent du théâtre, mais qu'on a du mal à retrouver dans les communiqués officiels.
Le 2e REI est rentré il y a plus de quatre mois, remplacé par une autre unité de légion, le 2e REP.
La diffusion d'un tel documentaire sur France 3, en prime time, est un choix hardi. La programmation d'un documentaire consacré à l'opération Thalatine, il y a un mois, n'avait pas rameuté les masses, semble-t-il. Même si lundi soir, la concurrence des autres chaînes ne semble pas non plus particulièrement violente.
La plupart des GTIA auront eu "leur" docu, depuis la mi-2008 : le 8e RPIMa avait été filmé pour TF1 par TAC Presse (2), et pour France 5, par Fred Hissbach (3). Un ancien officier des chasseurs alpins et ancien de l'ECPAD avait filmé le 27e BCA pour M6 dans "Papa part à la guerre", qui reste apparemment comme une référence (y compris d'audience). C'était la première fois qu'on diffusait en prime time un documentaire consacré à l'action de l'armée française en Afghanistan. Le même réalisateur prépare un documentaire sur le TF Mousquetaire.
On imagine que les plans média en cours ont dû être freinés par l'enlèvement, le 30 décembre, de deux journalistes de France 3. Ces derniers tournaient, rappelons-le, un sujet pour l'émission "Pièces à conviction", qui devait être diffusée fin janvier, avant le sommet de Londres. Emission qui devait être diffusée, elle aussi, en prime time.

(1) Ces dernières années, Nicolas Moscara avait déjà pu filmer pour la télévision le recrutement, puis des interventions du GIGN, avant de filmer le recrutement des commandos marine.
(2) qui a produit plus récemment le documentaire-audit sur l'armée de terre, pour Canal+.
(3) auteur depuis du documentaire sur le Ponant.

vendredi 23 avril 2010

Un nouveau SVP chez Thales

Hervé Multon est le nouveau senior vice-président Stratégie de Thales, poste où il remplace Jean-Loup Picard, qui quitte Thales après trente ans de bons et loyaux services. Comme lui, il a grandi dans le missile, mais à la DGA, où Hervé Multon a été directeur de programmes de la familles FSAF (la famille Aster), puis patron du bureau missiles à la DPM, avant de devenir dircab de Jean-Yves Helmer. Ce polytechnicien, ENSTA et diplômé de Stanford a rejoint Thales en 2002, d'abord dans les systèmes aériens, puis patron de la joint venture avec Raytheon (TRS). Il était déjà n°2 de la stratégie du groupe depuis décembre 2009.

Felin : le 152e RI doublé par le 1er RI

Le Félin devait arriver en premier chez les fantassins du 152e RI, il n'en sera rien, en raison de "contraintes industrielles" m'apprend un confrère des Dernières nouvelles d'Alsace. Autre argument apparu en ligne de compte, le 1er RI sera premier servi, parce qu'il sera (re-) déployé en Afghanistan "fin 2011 ou début 2012" ajoute-t-on. 23 semi-remorques arriveront à Sarrebourg fin septembre 2010, pour apporter les lots de matériels et de conditionnement.
Le 1er RI envoie en cadence la moitié de ses troupes au Kosovo, en Guyane, et Tchad et en Côte d'Ivoire en mai-juin prochains.
Comme me l'avait confié un des officiers du 1er RI, au retour d'Afghanistan, ces fantassins qui n'avaient pas démérité, en Afghanistan, avaient souffert de la sous-médiatisation de leur mission (un problème qui s'est généralisé, depuis, cf la supplique du capitaine du 2e REP...).
C'est à eux et aux sapeurs du 3e RG que l'on doit l'érection, dans des conditions pour le moins peu propices (cf Hors série Raids Opex 2009) du COP Dabo, ainsi baptisé en l'honneur d'une bourgade environnant Sarrebourg. Ce COP est désormais mieux connu sous le nom de COP (ou Camp) Rocco : du nom d'un officier américain tué au combat. Car les Américains, eux, baptisent leurs COP et leurs FOB du nom de militaires tombés en opérations, une pratique peu développée chez nous : on préfère les numéros, cela permet sûrement de mieux faire vivre la mémoire.

307 vs VBCI : deux militaires grièvement blessés

Deux militaires ont été grièvement blessés hier près de Vesoul dans un sur-accident qui a impliqué une 307 conduite par une septuagénaire, et un convoi militaire comprenant deux porte-char transportant des VBCI du 35e RI. Les détails de cet accident peu commun sont livrés ici : il en résulte de graves blessures pour le passager du porte-char, âgé de 25 ans, évacué par les sapeurs-pompiers, et le conducteur de l'engin (27 ans), qui a été évacué par Dragon 25, l'EC145 de la sécurité civile, après être resté prisonnier de son véhicule pendant plusieurs heures.

Camerone historique, Camerone oecuménique

Alors qu'Hervé Morin commémorera Camerone, avec une cinquantaine de légionnaires du 2e REI à Camerone (Mexique), la même cérémonie aura un éclat particulier, à Aubagne. La Légion Etrangère a en effet décidé d'inviter ses "frères d'armes", dans un lien entre les opérations actuelles, en Afghanistan, et celles de la seconde guerre mondiale et de l'Indochine.
Ainsi la 2e compagnie du 27e BCA (qui avait accueilli le 2e REG en Kapisa) sera-t-elle au quartier Viénot, façon aussi de rappeler la fraternité d'armes entre légionnaires et chasseurs alpins à Narvik, il y a 70 ans.
La 1ère compagnie du 8e RPIMa (régiment qui avait collaboré avec le 1er REC, et qui avait incorporé le caporal-chef Penon, du 2e REP) sera aussi à Aubagne, là aussi pour rappeler un destin commun avec les légionnaires, sur la RC4, en 1950.
Des élèves-officiers de l'ESM Saint-Cyr ont également été invités : le nom de leur promotion, CES Franconville fait référence à un officier de la Légion, Pierre Francoville.
La PAF doit survoler le quartier Viénot, ce même 30 avril.
La main sera portée par le chef de bataillon (ER) Roger Faulques, vétéran du 3/1 REI et des BEP en Indochine, où il effectue trois séjours, avant de commander en second le 2e REP. Il sera accompagné par le général Cann, ancien patron du 8e RPIMa et caporal honoraire de la Légion étrangère.
La cérémonie se déroulera en présence du CEMAT, du général Alain Bouquin (COMLE) et d'Hubert Falco.
Camerone devrait être également fêté en Afghanistan où 700 légionnaires sont actuellement déployés, selon le commandement de la Légion Etrangère. Il s'agit principalement du 2e REP (TF Altor), mais aussi d'OMLT du 1er REC, régiment qui armera aussi la composante cavalerie de la TF Hermès, le mois prochain.
En Kapisa, on trouve actuellement les sapeurs de la 2e compagnie du 2e REG (TF Black Roc).
Quatre légionnaires sont morts en Afghanistan : deux du 2e REP, et deux du 2e REI.

jeudi 22 avril 2010

La gendarmerie bientôt sous les 100.000

Les effectifs de la gendarmerie vont passer sous le cap des 100.000 militaires, dans les mois qui viennent. Cette année, la gendarmerie perdra 1.354 postes, et des prévisions qu'on peut qualifier de sérieuses évoquent une saignée encore plus importante en 2011, avec 3.500 postes supprimés. Ce chiffre n'étant aujourd'hui qu'un objectif, et pas forcément la réalité budgétaire (ou politique) qui prévaudra, d'ici l'automne.
On sait que le secteur souffrant le plus sera celui de la gendarmerie mobile, qui commence déjà, à l'été, à perdre ses premières unités. A Satory, le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, a redit récemment sa volonté de ne pas privilégier une composante de sécurité intérieure sur une autre, et vouloir, en tout état de cause, que gendarmerie et police accentuent et accélèrent leur coopération.
Les prévisions d'intégration de personnels restent cependant très soutenues, avec le recrutement de 1.200 sous-officiers, et 3.000 gendarmes adjoints volontaires (GAV).
Le président de la République doit recevoir demain midi les principaux responsables de la gendarmerie, après avoir accueilli, mercredi, les responsables syndicaux de la police.

mercredi 21 avril 2010

Les FAG récupèrent un naufragé

L'hélicoptère de la section aérienne de gendarmerie de Montpellier a sauvé un naufragé, ce soir, à 20h30. L'alerte avait été donnée une heure plus tôt alors que sa vedette de 12 mètres était en train de sombrer, à 12 NM (22 km) du Cap d'Agde.
La préfecture maritime de Toulon avait rameuté Dragon 66 -l'hélicoptère de la sécurité civile- ainsi que DF16, la vedette des Douanes d'Agde. C'est la gendarmerie qui a repéré la première le naufragé, qui avait pu se placer dans un radeau de survie, limitant ainsi le risque n°1, l'hypothermie.

La Malaisie va acheter 12 EC725 (actualisé)

Après avoir abandonnés son appel d'offres pour raisons financières, la Malaisie va confirmer sa préférence pour l'EC725 (le Caracal chez nous), nous affirme la dernière livraison de Flight International. Il ne manquerait plus que la signature du Premier ministre, en déplacement au Japon. Hervé Morin devait se rendre en Malaisie ce weekend, pour affirmer la présence française, mais n'a pu assurer ce rendez-vous, du fait du nuage de cendres islandaises.
Douze appareils seront ainsi acquis, et livrés en 2012 et 2013, délai qui semble court.
La France a déjà commandé 19 Caracal, et le Brésil en a pris cinquante d'une version évoluée, qui seront assemblés localement par Helibras.
La France forme l'ALAT malaisienne, avec des instructeurs issus de l'ALAT. La France a également fourni récemment un sous-marin Scorpène, et le deuxième, le Tun Razak, va suivre en juillet prochain. La sous-marinade a été formée en cinq ans par DCI.
DCNS a signé hier, par ailleurs, un contrat de 27 MEUR pour la fourniture d'un simulateur pour Scorpène, permettant notamment de travailler la sécurité de navigation, ainsi que différents services associés.

Les skiffs de la Somme

Les attaques de skiffs pirates ne font définitivement pas recette sur la Somme, comme nous l'apprend le site internet de l'EMA. Six pirates ont dû rejoindre les cales du pétrolier-ravitailleur après une nouvelle attaque avortée, dans la nuit de lundi à mardi, réplique presque exacte de l'attaque du 7 octobre dernier. Une fois encore, les attaquants ont été trompés par les superstructures du navire, qu'ils ont pris pour un bâtiment civil.

Un transmetteur à la tête de la DIRISI

C'est un transmetteur, le général Patrick Bazin, qui a été nommé patron de la prestigieuse direction interarmées des systèmes d'information (DIRISI). Un poste stratégique à la tête d'un secteur pour lequel Hervé Morin a récemment demandé moins d'usines à gaz et plus d'économies.
Au passage, le général Bazin prend sa quatrième étoile, effective au 1er mai. Cet ancien chef de corps du 40e RT était précédemment directeur adjoint de la délégation aux affaires stratégiques (DAS), après avoir été notamment chef de la division plans au commandement de la force d'action terrestre, puis chef de cabinet du général CFAT. Il avait ensuite embrayé à la tête de la division Emploi de l'EMA.
Incidemment, l'armée de terre reprend à la tête de la DIRSI un poste jusqu'alors confié à un aviateur, le général Patrick Fresko. A l'EMA, c'est un marin, capitaine de vaisseau, qui a repris à un aviateur (promu) le poste de chef de la division organisations internationales.

Roland Gilles s'en va

Le général Roland Gilles, qui a assuré comme DGGN la bonne migration de la gendarmerie à l'Intérieur, effectuera son adieu aux armes cet après-midi, vient-on seulement d'apprendre de la place Beauvau. C'est Brice Hortefeux qui présidera cette cérémonie.

Saint-Claude à Mazar-e-Sharif

Le Courrier / L'indépendant du Jura nous éclaire sur l'école de formation de l'ANCOP (gendarmerie afghane), assurée à Mazar-e-Sharif, par la force de gendarmerie européenne (FGE), et en premier lieu 28, gendarmes français, dont un adjudant de la compagnie de Saint-Claude, Jura (CQFD), qu'il réintégrera fin avril après une séjour de six mois. Ce centre de formation de la gendarmerie afghane a ouvert avec un peu de retard, apprend-ton, et est également armé par deux hollandais de la Maréchaussée et quatre espagnols de la Guardia civil.
Les cours, prodigués en anglais (ce qui semble accréditer que les gendarmes ont moins de problème d'anglais que leurs homologues des armées), durent six heures quotidiennes pour les sous-officiers, et huit, pour les officiers.
Le camp, américain, est protégé par des contractors roumains, fidjiens, népalais.
L'hebdomadaire en dit un peu plus sur ce volontaire, par ailleurs commandant de brigade de Septmoncel et adjoint au commandant de compagnie, en charge de l'activité judiciaire et de la lutte contre la drogue. Il était volontaire pour les opex, et en a déjà assuré une en ex-Yougoslavie.
Le premier mandat de POMLT (Chauny et Satory) va prochainement rentrer en France, et la deuxième fournée sera fournie par deux escadrons de gendarmerie mobile de Rennes et Pontivy

L'EC175 turbine au CEPr

C'est le centre d'essais des propulseurs (CEPr) de la DGA qui permettra de contribuer au choix de la bonne turbine, pour le nouvel hélcioptère EC175 d'Eurocopter. Les différents modèles possibles passeront au banc, à Saclay. Ce contrat d'expertise remporté par DCI -qui emploie la DGA comme expert- fait suite à un deuxième, qui avait profité au centre d'essais de la Méditerranée (CELM), Il s'agissait alors, pour la Royal Navy, de qualifier le système PAAMS des frégates Type 45.

mardi 20 avril 2010

Un premier PSMP en Méditerranée

Un premier peloton de sécurité maritime et portuaire (PSMP), armé par la gendarmerie maritime, sera inauguré ce jeudi en Méditerranée, à Port-de-Bouc. C'est la continuation d'une expérimentation entamée au Havre, en 2006.
Les missions des PSMP, dont l'importance relative est variable d'un peloton à l'autre, portent sur la protection contre les actions terroristes, contre le transport illicite de marchandises, contre l'immigration clandestine et contre les autres actes de malveillance de droit commun, recense-t-on dans un communiqué de la PREMAR de Toulon.
Signe de l'intérêt qu'y porte la marine, le major général, le vice-amiral Chomel de Jarnieu fera le déplacement, jeudi, pour l'inauguration.
Le PSMP de Port-de-Bouc a été créé en août dernier, et son petit-frère, dans les bassins est de Marseille, doit voir le jour à l'été. Saint-Nazaire et Dunkerque doivent aussi être pourvus.

Un petit Faucon chez les grands

Le Faucon de poche, comme certains l'appellent, est utilisé pour la formation et les missions de liaison. (crédit : Jean-Marc Tanguy)

Le Falcon 10 Mer n°129, propriété de notre aéronavale, était exposé hier entre ses grands frères, un Falcon 2000 et un Falcon 7X dans le grand hangar de Dassault Falcon Services (DFS). L'industriel accueillait les 50 ans de présence de l'aviation d'affaires sur la plateforme historique du Bourget, à l'initiative de l'association des acteurs européens du secteur, l'EBAA.
DFS effectue la maintenance de nombreux Falcon au Bourget, comme c'était encore le cas, hier soir, dans les ateliers du Bourget, encore à 21 heures...
Le gouvernement français exploite un Falcon 7X (et en attend un deuxième), ainsi que quatre Falcon 50 (un doit être modifié prochainement en Falcon 50M de surveillance) et deux Falcon 900, pour les missions de liaisons gouvernementales et de d'évacuation sanitaire (une par semaine en moyenne). C'est l'armée de l'air qui arme ces avions, avec les équipages de l'ETEC de Villacoublay.
L'aéronavale utilise pour sa part quatre Falcon 50M (surveillance maritime) à Lann-Bihoué, au sein de la 24F, cinq Gardian (idem), déployés en Polynésie et Nouvelle-Calédonie, et six Falcon 10 Mer, basés à Landivisiau.
Une poignée de Mystère XX restent utilisés par le centre d'essais en vol (CEV) de la DGA.

lundi 19 avril 2010

Nouvel attentat-suicide à Kaboul

Un kamikaze s'est fait sauter ce matin dans un camp de Kaboul où sont formées des recrues de l'ANA. Un instructeur appartenant à l'ISAF a été tué, et plusieurs autres blessés. Les nationalités de l'un et des autres n'ont pas été révélées. Plusieurs nations, dont la France, participent à des programme de formation, à Kaboul. La France forme notamment les forces spéciales de l'ANA, ainsi que des officiers (programme Epidote).
La police afghane a par ailleurs arrêté plusieurs candidats-kamikazes, dont au moins un pakistanais, aujourd'hui. Ils avaient en projet l'attaque de sites "stratégiques" dont la liste n'a pas été révélée.

Un livre sur la saga des hélicoptères "Air"

Trois aviateurs -dont un d'active- rédigent actuellement un pavé qui apparaîtra sans doute comme la référence sur un sujet peu labouré, à savoir l'aventure des hélicoptères au sein de l'armée de l'Air. L'ouvrage traitera exhaustivement des opérations et des unités, y compris celles qui n'ont pas toujours les faveurs de la lumière.
Rappelons, sans déflorer le sujet, que cette aventure a débuté en Indochine, avec la première évacuation sanitaire réalisée par Alexis Santini.
Une oeuvre mémorielle pas inutile, alors que les hélicoptéristes de l'armée de l'Air semblent actuellement très courtisés. A moins qu'il ne s'agisse de leurs hélicoptères.

Une piste sur un accident à KAIA

C'est l'exiguité et la mauvaise visibilité sur le nouveau parking de la TF Mousquetaire, à KAIA, qui seraient à l'origine d'un accident rarissime qui a frappé un jeune sous-officier de l'armée de l'Air, en décembre dernier. Cette conclusion, qui ne semble pas officielle, explique pourquoi le sous-officier, mécanicien navigant (MECNAV) en soute, a dû sortir le buste de l'appareil, pour renseigner son pilote, et vraisemblablement emporté par le poids de son gilet de combat, a chuté. Le Caracal lui a alors roulé dessus, le blessant sérieusement.
Ce sous-officier appartient à l'escadron d'hélicoptères 1.67 "Pyrénées".

Le Tracker II dans les cartons...

... mais seulement dans les cartons. Faute d'avoir réussi à susciter un enthousiasme total sur le marché international des minidrones, EADS n'a pas pris le risque financier de moderniser son Tracker -le nom commercial du DRAC- jusqu'à maintenant. Les réflexions les plus évidentes pour changer de standing portent évidemment sur l'énergie, avec l'implantation de piles à combustibles. Le leader du marché, AeroVironment a déjà passé cette étape, démultipliant ainsi l'endurance d'un minidrone.
L'autre secteur d'amélioration porte sur l'électronique embarquée, avec deux applications : la liaison de données, dont la portée peut être doublée, à 20 km, et les senseurs. EADS prétend avoir déjà fait voler une caméra Sony numérique de meilleure résolution.
Ces modernisations peuvent sembler évidentes et peu consommatrices en ressources financières mais après deux aventures (Harfang et DRAC) pas forcément génératrices des bénéfices attendus, le groupe est désormais beaucoup plus raisonnable dans ses prétentions.
EADS n'a vendu que 60 systèmes à la France pour le moment (sous le nom de DRAC), et un certain nombre de systèmes à une monarchie du golfe persique. Cependant, le fait que le client de lancement -français- ne l'ait pas encore déployé en Afghanistan lui a vraisemblablement fait perdre quelques clients. Il reste cependant "plusieurs prospects sérieux" affirme pourtant un responsable des ventes chez EADS.
Seront-ils intéressés par un produit déjà technologiquement ancien qui n'a pas évolué ? Ou préfereront-ils la version modernisée pour laquelle EADS attend... d'abord des contrats avant de lancer le développement ?

dimanche 18 avril 2010

Des SAS au 1er RPIMa

Des SAS au 1er RPIMa, Editions LBM, 266 pages avec cahier photo central, 20 euros.

"Un militaire qui ne fait pas la guerre est un jean-foutre". Avec son franc-parler gascon, Robert Moulié (1) nous interpelle, dans un livre écrit à quatre mains avec son fils, Pierre Moulié, qui fut para colo comme lui. A l'inverse de bien des livres, celui-ci fait une large part à la captivité, celle que Robert Dreyffus subit dans un OFLAG, avant de s'en évader, avec un bras cassé, le 22 juin 1941, en utilisant les conduites du système de chauffage. A peine le temps de rejoindre son épouse, qui mourra tragiquement, quelques mois plus tard, en mettant au monde son fils unique. Ses notes de l'époque nous permettent aussi de mesurer l'ambiance de la France de l'époque, un tableau impressionniste dans laquelle la mère patronesse qui refuse de nourrir un prisonnier évadé, en faisant la fête aux prisonniers rapatriés, cotoie le gendarme qui prend le risque d'accueillir dans sa famille le même prisonnier évadé.
Dans Des SAS au 1er RPIMa, on trouve aussi des tranches de vie d'un SAS d'adoption -au 2e RCP- qui blessé quelques semaines plus tôt comme agent du BCRA, saute sur la Hollande, dans le cadre de l'opération Amherst.
Robert Moulié, qui y commandera le 7e BPC, ira trois fois en Indochine, la troisième pour retrouver la trace de son frère Jacques, lui aussi para, un des premiers et un des derniers à sauter sur Dien Bien Phu.
Il aura aussi vu la Malaisie pour faire du benchmarking en matière de contre-guérilla, l'opération Muskeeter (Suez) côté anglais, et évidemment, l'Algérie. Une guerre dans laquelle il ne revendique rien, comme il l'exprime sobrement, en conclusion du livre.
Pour l'anecdote, pour le plaisir des yeux, on peut découvrir les ordres du plan Résurrection (opération mort-née pour susciter la mise sur pied d'un gouvernement de salut public sous la direction du général De Gaulle) annotés de sa main. Le 3e BPC qu'il commandait après avoir été adjoint de Trinquier (2), dès 1958, y tenait une place centrale, devant saisir, entre autres, l'assemblée nationale.
C'est donc un ancien SAS et para colo ayant bien bourlingué qui sera le premier chef de corps du 1er RPIMa. Le régiment inscrira cette légende vivante dans ses pierres, en baptisant de son nom un bâtiment d'instruction spécialisée.

(1) le général (C.R) Robert Moulié est mort en décembre 2006.
(2) comme lui instituteur et officier de réserve. Cependant, Pierre Moulié écrit que son père "n'adhère pas aux thèses de la guerre subversive et s'oppose résolument à des pratiques qu'il considère plus policières que militaires". En ce sens, il est très proche d'un autre para, le général de La Bollardière, qu'il connaît depuis la seconde guerre mondiale.

Un marin est mort sur le Mistral

Un quartier-maître de 26 ans est mort accidentellement hier sur le BPC Mistral, lors d'un exercice de lutte anti-incendie. Les conditions exactes de sa mort sont en cours d'enquête par la gendarmerie maritime, précise un communiqué de la force d'action navale. "La marine nationale est profondément attristée par la disparition de ce jeune marin de 26 ans, s’associe à la douleur de sa famille et à la peine de l’équipage" conclut le communiqué d'ALFAN.
Le BPC Mistral évolue actuellement au large du Juntland dans le cadre de l'entraînement à la Nato Response Force (NRF) Brillant Mariner. Son programme aérien a dû être légèrement adapté, du fait du nuage provoqué par l'éruption du nuage du volcan islandais.
Son équipage, qui comprend normalement 160 marins, est en général renforcé lors de campagne comme celle-ci, pendant lesquelles le bord accueille un état-major de composante maritime (MCC), armé, en l'occurence par l'état-major de la force de réaction rapide aéromaritime, basé à Toulon (amiral Kérignard).
La marine nationale possède deux BPC : le second, le Tonnerre, est actuellement aux approches de Djibouti, où il doit débarquer une force amphibie, dans le cadre de l'exercice Amitié. Un troisième BPC est en cours de finition, aux Chantiers de l'Atlantique.

samedi 17 avril 2010

L'armée pour dissoudre les effets du nuage

Les aéroports militaires pourraient être mis à profit pour augmenter les "capacités de rapatriement" de Français à l'étranger évoque ce soir l'agence Reuters, à l'issue d'une réunion de travail de Jean-Louis Borloo avec les compagnies aériennes et les voyagistes.
Les plateformes militaires en question sont "en cours de validation" explique l'agence de presse, sans les citer.
Les bases en question ne doivent pas trop isolées, et notamment, ne pas être trop loin des réseaux ferrées (dont certains sont de surcroît en grève, ou sont au moins perturbées), et doivent par ailleurs présenter toutes les possibilités d'accueil d'avions de ligne, en matière de sécurité aéronautique et de capacité de vidage des soutes à bagages, et de refuelling.
On pense naturellement aux bases de l'armée de l'Air dans le grand sud-ouest.
Les bases correspondant à ce portrait-robot ne sont pas légion : les possibilités les plus réalistes sont à Mont-de-Marsan dans les Landes (100 km de Bordeaux) et à Cazaux (60 km), en Gironde.
Si la piste de la première est suffisamment robuste pour accueillir des gros porteurs -elle le fait avec les ravitailleurs C-135FR-, ce n'est pas garanti pour la deuxième. Au point que les ravitailleurs MC-130P des forces spéciales américaines venus s'entraîner en janvier ont dû coucher à Bordeaux.
La ligne des interdictions de vol a été ce soir abaissée sur un axe Agen-Marseille.
"Par mesures de sécurité la quasi totalité des aéroports déjà fermés au trafic commercial le seront jusqu’au lundi 19 avril à 8 heures au moins" précise ce soir la DGAC, ajoutant que les aéroports de Nice et Marseille ferment dimanche 20 avril à 6 heures. Ce qui exclut donc de facto la très importante base aérienne d'Istres du dispositif évoqué plus haut.

Une police qui vaut (au moins) 6 milliards

6 milliards de dollars ont été jetés par les fenêtres, pour former la police afghane, et pour un résultat pour le moins mauvais. Ce constat en forme de réquisitoire mené par la sénatrice Claire Mc Caskill (Missouri) est reproduit dans les colonnes de Stars & Stripes, le journal de l'armée américaine qui jette souvent un regard critique sur les opérations en Afghanistan (ce qui serait inconcevable chez nous). En effet, entre autres problèmes, on a découvert récemment que les policiers afghans ne savaient pas ajuster les organes de visée de leurs AK-47 et M-16, puisqu'on ne leur avait pas appris. La liste est longue, et quand on sait que ces policiers sont tués à la cadence de 125 par mois, on comprend que la nécessaire "confiance" qui doit être gagnée dans la population afghane, que le général Stanley Mc Chrystal évoquait vendredi à Paris n'est peut-être pas pour tout de suite. Pas avec un exemple en tout cas si criant d'un échec occidental, puisque ces policiers ont été pour l'essentiel formés par des contractors, apparemment peu contrôlés.

Après les épouses et les amis, la maman

Les médias français n'écrivent pas assez sur l'Afghanistan, et encore moins depuis le début de l'année et la suspension des embeds (même s'ils viennent de reprendre doucement cette semaine en Surobi). Faisant cette analyse de la rareté, la mère d'un militaire posté en Kapisa vient à son tour de mettre sur pied un blog reprenant les ressources d'informations disponibles sur la zone françaises (dont le blog de votre serviteur).
Le travail de cette maman, et son objectif (informer d'autres familles) est méritoire : il fallait en parler, allez à la rencontre de ses écrits.
Pour les mêmes raisons, on ne compte les blogs de militaires français en opérations (les premiers à se mettre sur la toile), rejoints par les forums d'épouses de militaires. Comme je l'expliquais il y a peu, ces blogs et forums font peur, par la remontée d'infos (sur la situation militaire, mais aussi le relevé des carences en matériel) du terrain qu'ils peuvent générer.
D'autres blogs sont montés, souvent par les amis et la famille, à la mémoire des disparus. C'est le cas pour certains militaires des forces spéciales tués en Afghanistan, et qui contrairement à ce que certains se complaisent à raconter, ne souhaitent pas que le sacrifice de leur proche reste vain et dans l'ombre. C'est le cas aussi pour au moins un des parachutistes morts à Uzbeen.

Sous la Surobi, les caches de munes

L'ISAF Joint command (IJC) annonce aujourd'hui qu'une "patrouille de l' "ISAF" a découvert hier en Surobi une importante cache de munitions. Le communiqué évoque la saisie de 43 mines anti-personnel, 20 roquettes, 5 obus de mortier, une mine antichar et 40 boîtes de 12,7 mm (vraisemblablement volées). De tels bilans sont sufisamment rares, en zone française, pour que même la communication de l'OTAN, souvent frileuse pour évoquer les actions des Frenchies, s'en soit saisi.
Les troupes françaises sont les seules appartenant à l'ISAF (les Américains étant décrits comme Américains dans les communiqués) à opérer en Surobi. Aucun communiquant français n'était disponible, à l'heure où nous écrivons, pour confirmer la nationalité de la patrouille.
L'armée française utilise une dizaine de malinois en Afghanistan, notamment pour la fouille opérationnelle spécialisée ou FOS, évoquée il y a quelques mois dans RAIDS. La légion en emploie quelques uns en Surobi. C'est d'ailleurs dans ce district que la première équipe de FOS avait obtenu ses premiers résultats, à l'été 2009.

Sous le nuage, les constantes

Une cellule de suivi du nuage islandais a été mise en place jeudi au centre national des opérations aériennes (CNOA) de Lyon-Mont-Verdun, alors que l'armée de l'Air intégrait une cellule de crise mise en place par la direction générale de l'aviation civile (DGAC).
Les conséquences du nuage génèrent "un fort impact opérationnel", avec un redéploiement de moyens, et une limitation au strict nécessaire des vols au-dessus d'une ligne Brest-Mulhouse.
On ignore si ceux de l'ETEC, chargés du transport gouvernemental et de l'appui aux évacuations sanitaires (notamment d'Afghanistan) ont été ou pas concernées par cette relocalisation, puisque situés, à Villacoublay (Yvelines), dans la zone couverte par le nuage. La problématique étant la même pour l'Estérel et ses cinq Airbus A310 et A340, chargés, eux, notamment des relèves vers l'Afghanistan, et basés à Roissy.
La posture permanente de sûreté (PPS) chargée de protéger le ciel français depuis 51 ans a juste subi une adaptation pour tenir compte de la zone de couverture du nuage. S'il fallait intercepter ou assister un aéronef, l'impact serait a priori uniquement mécanique (aubes des réacteurs potentiellement compromises pour les vols suivants).
Les deux bases de la dissuasion (Luxeuil et Istres) ne sont pas impactées, pas plus que la composante aéroportée "Air". Le principe intégrant de toute façon, par nature, des terrains de dispersion. Cette mission est assurée sans interrruption depuis, rappelons-le, 46 ans.

Le CEMM à La Réunion

Pas de perte en vue à La Réunion. Alors que l'armée de l'Air va devoir réduire la voilure, dans les mois qui viennent, sur l'ile (fermeture de la base aérienne), la marine maintient, elle, globalement, ses moyens, malgré une évolution du portage.
C'est, entre autres, ce qu'a garanti le chef d'état-major de la marine (CEMM), lors d'un déplacement de trois jours, cette semaine. Les deux P400, La Boudeuse et La Rieuse, promis à désarmement, seront remplacés, vraisemblablement, par des avisos dont le changement de standing était en partie annoncé par le Livre Blanc. D'aucuns verront dans le dernier projet de corvette de DCNS le moyen dont aurait besoin la marine, dans ces eaux, mais faute de budget, il faudra sans doute faire sans.
Même si cela n'est pas forcément connu, La Réunion et son Port les Galets constituent la troisième base navale de France, avec 700 marins. Les moyens navals concernent deux P400 et deux frégates de surveillance.
La présence de l'armée de l'Air, dont nous vous parlions en début de post, perdra à la fois le statut de base aérienne, et les deux hélicoptères Fennec, remplacés par un EC145 de la gendarmerie. Un appareil de ce type est déjà mis en place dans l'île.

vendredi 16 avril 2010

"Que les Français continuent !"

Le COMISAF sur le COP42 nouvellement implanté, accueilli par le général Marcel Druart, patron de la TF La Fayette, il y a quelques jours. (crédit : EMA)

En réponse à ma question sur ce que les Français pouvaient lui apporter de plus en capacités en Afghanistan, le général Stanley Mc Chrystal a répondu avec conviction : "que les Français continuent à faire ce qu'ils font actuellement, ils abattent un travail impressionnant !".
Le général a passé quelques heures avec la TF La Fayette à Tagab, il y a quelques jours, et ce qu'il y a vu l'a manifestement impressionné, par delà les synthèses qu'il reçoit dans son bureau.
Plus largement, le COMISAF souhaite voir plus d'afghans sous l'uniforme de la police ou de l'armée, mais a-t-il constaté, cela prend du temps, il y a des "délais incompressibles".

Mc Chrystal : "2010 sera une année critique"

Devant les auditeurs de l'IHEDN, le général Stanley Mc Chrystal vient à l'instant de commencer l'exercice des questions-réponses. Il a, précédemment, redit ce qu'il dit déjà à Kaboul : "2010 sera une année critique, il y aura encore plus de blessés et de tués" a-t-il prévenu. Il avait commencé son discours en rendant hommage aux combattants de l'ISAF tombés, ainsi qu'aux Afghans, qui "se sacrifient quotidiennement".
"Nous ne sommes pas en train de gagner, mais les insurgés ne sont pas en train de gagner non plus, a-t-il constaté aussi.
Le COMISAF doit répondre trente minutes aux auditeurs de l'IHEDN, puis il participera, pendant trente minutes, dans une salle distincte, à une discussion à bâtons rompus avec la presse française et étrangère à Paris.

Un documentaire sur la TF Mousquetaire

Après avoir filmé les chasseurs alpins de la TF Tigre pour M6, Geraud Burin des Roziers (Lignes de Front) prépare un documentaire sur le bataillon d'hélicoptères (TF Mousquetaire) de Kaboul. Le tournage pourrait avoir lieu à l'automne.
La TF Mousquetaire compte 11 hélicoptères. Si elle a eu récemment les honneurs de Paris-Match, dans l'objectif de Thomas Goisque, elle n'a pas été beaucoup portée à l'écran.

Reprise des embeds en Surobi (actualisé)

L'état-major des armées (EMA) a repris les embeds en Surobi, vient de nous confirmer son porte-parole. Cette décision aurait été prise il y a moins d'une dizaine de jours, mais n'avait pas été officialisée, depuis. Au moins un journaliste, ancien officier de la Légion et grand reporter travaillant pour un média national a déjà pu bénéficier de cette reprise des embeds dans la zone tenue par la TF Altor, armée par le 2e REP. La Kapisa reste interdite à la presse.
L'EMA avait suspendu, sans explications, les embeds, début janvier, en Kapisa et en Surobi, après l'enlèvement de deux journalistes de France 3, le 30 décembre dernier. La sous-médiatisation chronique de l'Afghanistan dans les médias français, et la recrudescence de la violence dans notre zone d'opération, particulièrement en sud-Tagab (là où est mort un légionnaire du 2e REP la semaine dernière) a cependant fait croître un sentiment d'incompréhension de cette mesure, à commencer dans les rangs de l'armée.
D'autant plus que le nouveau chef d'état-major des armées (CEMA), voulant trancher avec son prédécesseur, avait, le jour de sa prise de fonction, laisser entendre que sa porte était ouverte, et qu'il entendait laisser travailler la presse, dans la limite, évidemment, des secrets liés aux opérations.

Un "pacte européen" contre la drogue

Le 23 février, la gendarmerie exhibait cette berline en signe de victoire, dans la cour de Beauvau. Le jour-même où le ministre avait convoqué les directeurs départementaux de la sécurité publique et les commandants de groupement de la gendarmerie. (crédit : Jean-Marc Tanguy)

Brice Hortefeux
a annoncé hier avoir proposé à ses collègues européens un "pacte contre la drogue" qui devrait être étudié et ratifié lors d'un conseil JAI (justice & affaires intérieures), d'ici la fin du mois. "Nous traquerons les trafiquants dans les rues, dans leurs refuges, dans leur comptes en banque" a-t-il lancé, après avoir listé les saisies effectuées depuis le début de l'année.
La police a notamment saisi sept tonnes de cannabis (un record) à Gonesse à janvier, quand la gendarmerie mettait à jour 3,2 tonnes de cannabis à Dreux, récupérant aussi de sympathiques berlines utilisées comme go-fast. Le 29 mars, c'est la police qui récupérait un million d'euros en liquide à Tremblay-en-France. La brigade des stups de Paris (BSP), dont les effectifs doivent être renforcés de 55 fonctionnaires au total, a quant à elle intercepté un go-fast en provenance du Maroc, la semaine dernière après un patient travail de renseignement.

Un juge du TPI à Salon-de-Provence

Sir Patrick Robinson, patron du tribunal pénal international pour l'ex Yougoslavie, figure parmi les invités du séminaire que l'école de l'Air de Salon-de-Provence consacre au droit des conflits armés pendant trois jours, mardi, mercredi et jeudi prochains. Une présentation de la patrouille de France coupera la journée en deux, jeudi.
Avec des représentants de l'OSCE et des institutions internationales, mais aussi le témoignage du lieutenant-colonel François-Régis Jaminet qui fut engagé dans l'opération Licorne avec le RICM, et le commandant en second du 1.3 "Navarre", dont les Mirage 2000D et équipages sont régulièrement engagés en Afghanistan, depuis mars 2002.

Jeudi, c'est CMI

Le comité ministériel d'investissement (CMI) du mois d'avril se déroulera jeudi prochain sous la présidence d'Hervé Morin, mais, nous dit-on, le gros dossier du moment, celui de l'avenir de la filiale MALE dans nos armées et nos industries, n'y "sera pas abordé". Aucune explication supplémentaire n'est disponible : industriels et élus attendaient des décisions "rapides" pour ne plus perdre de temps.
Les CMI ont été mis en place par Hervé Morin pour permettre le lancement dans les meilleures conditions de compréhension -notamment en ce qui concerne le coût de possession- des grands programmes de la défense frnaçaise. Y siègent, notamment, le DGA et le CEMA.

Des Dingo et des Boxer à Illkirch

Ils ne sont encore que trente, l'avant-garde du 291 IgBtl, une unité allemande qui va s'installer à Illkirch, rapportait hier les Dernières nouvelles d'Alsace (DNA). Le quotidien explique que ces pionniers sont arrivés le 6 avril dans un quartier encore occupé par le 1er RG (deux sapeurs y sont morts le mois dernier) jusqu'au mois de juin.
C'est à ce moment que le gros du bataillon arrivera avec femmes, enfants, mais aussi et surtout, les premiers Boxer de l'armée allemande, constatent les DNA, auxquelles s'ajoutent des Dingo II et des Fennek.
Au total, le 291 IgBtl comptera deux compagnies d'infanterie, une de reconnaissance, une de soutien et 600 militaires.
Le futur patron du 291e, le colonel Lindstedt "imagine" par ailleurs dans les colonnes des DNA que la brigade franco-allemande pourrait être amenée à se déployer "l'an prochain ou dans deux ans" en Afghanistan.
Le quotidien annonce enfin le débarquement cet été des 200 premiers hussards du 3e RH de Immendingen à Metz.

EC145 : les rechanges externalisées

C'est un tandem formé par Inaer Helicoptères France (ex-Proteus) et DCI qui va fournir les 51 EC145 d'état français en pièces de rechanges. Ces appareils sont répartis entre la Sécurité civile (36 appareils) et la gendarmerie (15 appareils, auxquels devraient s'ajouter, à terme, huit à neuf appareils supplémentaires). Le contrat, d'une durée de cinq ans, avait été notifié fin 2009 au seul Inaer, auquel DCI s'est associé. Ce contrat pourrait générer 15 MEUR/an, pour DCI. Les industriels sont payés à l'heure de vol, et sont frappés de fortes pénalités si l'hélicoptère n'est pas disponible.
Concrètement, le tandem a acheté un volant de rechanges, et est donc chargé du stockage, en deux lieux (Nîmes pour la Sécurité civile et Le Blanc, dans l'Indre, pour la gendarmerie). C'est aussi le tandem industriel, déjà associé dans l'externalisation de la flotte d'hélicoptères de l'ALAT, à Dax, qui est chargé d'acheminer la pièce nécessaire jusqu'à l'hélicoptère qui le nécessite.
C'est la SIMMAD (structure intégrée pour le maintien en conditions opérationnelles des matériels aéronautiques de la défense) qui avait lancé cet appel d'offres.

jeudi 15 avril 2010

Le WK450 a volé

Le WK450 à l'atterrissage (crédit : Thales)

Thales annonce cet après-midi le premier vol du WK450, le drone Watchkeeper développé pour l'armée britannique, dont nous vous parlions hier. Ce vol a duré seulement 20 minutes, et s'est déroulé hier à proximité de Parc Aberporth, au Pays de Galles, où s'est installé un vaste droneland avec moyens d'essais et installations industrielles.

Responsables syndicaux de FTV chez Morin

Au moins trois responsables syndicaux de France Télévisions ont été reçus ce matin au cabinet du ministère de la Défense, pour faire le point sur le dossier des deux journalistes de France 3. Ces derniers, un rédacteur et un journaliste reporter d'image, sont retenus captifs depuis 107 jours en Afghanistan. La dernière preuve de vie transmise au gouvernement français rappelait les menaces pesant sur leurs vies ; un échange de prisonniers fait désormais partie des revendications du groupe qui les détient.

Le général De Gaulle sur la façade des Invalides

Le visage du général De Gaulle sera projeté sur la façade des Invalides, au soir du 18 juin, pour commémorer les 70 ans de son appel, à la BBC de Londres.
Ce même jour, le président de la République sera à Londres, dans le même but.

Morin à l'EALAT-Dax le 6 mai

Hervé Morin se rendra à l'école de l'ALAT (EALAT) à Dax, le 6 mai prochain, pour découvrir la première promotion de pilotes français formée sur EC120 externalisés. La dite-promotion doit commencer sa formation pratique d'ici la fin du mois d'avril sur une flotte externalisée : le ministère forme tous ses pilotes sur des hélicoptères qui ne lui appartiennent pas, et paie ce système à l'heure de vol réalisée. Les instructeurs restent des militaires.
Losque le général Irastorza, CEMAT, s'est rendu sur place, le 8 avril dernier, la flotte atteignait déjà 17 appareils, qui sont devenus 24, entretemps. Livrés à la cadence de 3 par mois, les EC120 seront 33 machines en juillet, avant d'atteindre le format définitif de 36 exemplaires, fin 2010. Ils remplaceront la cinquantaine de Gazelle utilisées jusqu'alors.
Le contrat avait été notifié le 17 avril 2008, soit il y a à peine deux ans. L'armée, sceptique, avait pris son temps avant de se décider, et une ultime contestation d'un concurrent malheureux avait généré quelques retards. Le management apparemment exemplaire du contrat a permis, depuis, de gagner trois mois sur le calendrier.
"Jusqu'à maintenant, la disponibilité technique atteint 100%", garantit Jean-Louis Rotrubin, patron du groupe DCI, qui avait remporté l'appel d'offres avec Inaer Helicoptères France (ex-Proteus Airlines). La méthode, avec des appareils par nature très fiables : "assurer la maintenance la nuit et les samedis".
"En croisière, le contrat devrait générer 20 MEUR par an", estime Jean-Louis Rotrubin.
C'est le BOP178 (formation) qui paie les heures de vols effectuées. Le système produit même une marge de manoeuvre pour vendre le surplus à des tiers. "Chaque heure de vol vendue à des tiers permet d'abaisser l'heure de vol payée par les militaires, c'est du gagnant-gagnant", applaudit le patron de DCI.
DCI a engagé 50 MEUR à Dax, dont 7,5 MEUR apportés par ses fonds propres. Le système n'a produit, logiquement, que des pertes, jusqu'à maintenant, puisque l'activité de vol -la seule qui déclenche paiement du ministère- n'a pas commencé. En 2009, ces pertes se sont élevées à 3 MEUR, et "l'équilibre sera atteint cette année, et les premiers profits, en 2011".

mercredi 14 avril 2010

Jean-Louis Fiamenghi à la PP



Jean-Louis Fiamenghi, Robert Broussard, Christian Lambert et Ange Mancini : trois patrons successifs du RAID entourent celui qui, selon la légende, jeta les bases du RAID en quelques jours, avec C.Lambert et une secrétaire (photo : Jean-Marc Tanguy)

Jean-Louis Fiamenghi, ancien patron du RAID et actuel chef du service de protection des hautes personnalités (SPHP) franchit un nouveau palier, en remplaçant, au poste très convoité de directeur de cabinet de la préfecture de police, Christian Lambert, promu la semaine dernière préfet de Seine Saint-Denis. Le poste a été officialisé aujourd'hui à l'issue du conseil des ministres.
Jean-Louis Fiamenghi avait déjà succédé à son complice de toujours, à la direction du RAID, après que ce service avait réussi la mission que lui avait confié le ministre de l'Intérieur d'alors, Nicolas Sarkozy : retrouver Yvan Colonna.
D'origine corse, Jean-Louis Fiamenghi a commencé comme simple inspecteur de la police judiciaire parisienne. C'est à l'antigang (BRI), époque Broussard, qu'il croise Christian Lambert à la fin des années 70, et même si leur chemins, carrière oblige, se séparent au début des années 80, un binôme policier, aux personnalités très complémentaires, est né.
Jean-Louis Fiamenghi va ensuite former des unités d'intervention, notamment en Amérique du Sud. Puis on lui confie le GIPN de Nouvelle-Calédonie, il devient commissaire. Il est aujourd'hui un des rares à détenir les trois brevets d'intervention dans la police nationale : brigade anti-commandos (BAC), GIPN et RAID.
Il est le bras droit de Bernard Squarcini (l'actuel patron de la direction centrale du renseignement intérieur) quand celui-ci opère à la section opérationnelle de renseignement et de surveillance (SORS) : c'est à ce moment que Christian Lambert l'appelle comme second. Le succès collectif du RAID en Corse leur vaut l'estime immédiate de Nicolas Sarkozy, qui donnera un drapeau au service, dans la foulée.

La mémoire numérique du CPL Hutnik

Le site Mémoire des Vies, créé par un fils de marsouin, a érigé une stèle numérique à la mémoire du CPL Robert Hutnik, visible ici. Pour en avoir discuté avec le créateur du site, l'initiative pourrait se reproduire.
C'est ce même site qui avait fait paraître, ce weekend, l'interpellation d'un capitaine du 2e REP, visant à faire vivre la mémoire du CPL Hutnik. Ce courrier avait circulé, pendant le weekend, entre officiers français, avant de connaître donc, une juste notoriété, sur le net.

Un commando prend le BFS

C'est un colonel, ancien du CPA10, actuellement attaché de défense, qui va prendre le commandement du bureau des forces spéciales (BFS), à l'été, remplaçant un transporteur, lui-même ancien de l'état-major du COS (commandement des opérations spéciales).
Le BFS, structure méconnue, a été créée en 2007 et emploie actuellement une quinzaine d'aviateurs des différentes composantes, mais pas d'hélicoptériste. Installé à Metz au sein du commandement de la force aérienne (CFA) commandé par le général Hugues Hendel, il est théoriquement la structure de coordination des forces spéciales air (FSA), et interface entre l'armée de l'Air et le COS.
Les FSA regroupent l'escadron 3.61 Poitou, le CPA10, tous deux basés à Orléans, et l'escadrille spéciale d'hélicoptères (ESH), installée à Cazaux. Le précédent CEMA avait décidé de faire migrer l'ESH au 4e RHFS de Pau, comme Air&Cosmos l'avait indiqué, dès le mois de janvier. La dernière livraison du magazine ajoute qu'un premier Caracal va rallier Pau dès cet été, avec un équipage.
Le début d'un migration bien plus large, croient savoir déjà quelques uns.

Deuxième casquette pour la voix de Beauvau

Gérard Gachet, porte-parole du ministère de l'Intérieur, devient également conseiller délégué à la sécurité auprès du maire du 16e arrondissement de Paris, Claude Goasguen. Gérard Gachet fut journaliste au Figaro puis à Valeurs Actuelles. Il avait été nommé porte-parole, un poste nouvellement créé par MAM, en janvier 2008.
Il est conseiller municipal du 16e arrondissement depuis mars 2008.

S.O.S Drones

L'incroyable bilan opérationnel amassé par le Lydian britannique (cf post précédent) démontre combien la France, pourtant nation-pilote en matière de drones, est aujourd'hui à la ramasse (1). Rappelons que certaines semaines, seule une à deux missions de drones français (tous types confondus) sont effectuées en Afghanistan, si l'on en croit l'EMA. Il n'y a tout simplement pas assez de drones, au global, et pas forcément des drones assez modernes. Des opérations de rétrofit sont notamment urgentes pour les Harfang, drones intérimaires, dont la technologie est ancienne.
Certes, le bilan qualitatif de nos ailes en Afghanistan n'est pas ridicule. Et surtout, il est réalisé avec une équipe et une empreinte logistique particulièrement réduites, comme devrait le rappeler le patron de "l'Adour", jeudi, en présentant son travail, au point presse du ministère de la Défense. Seulement 21 aviateurs suffisent à mettre en oeuvre les deux drones Harfang basés à Bagram. Trois équipes se relaient pour assurer des missions dépassant désormais les vingt heures de vol. La variété de ses capteurs (vidéo, infrarouge et SAR/MTI) étant l'autre atout évident : un atout qui épargne des vies alliées, au quotidien.
Un SDTI ne vole que cinq heures trente, dans le meilleurs des cas, cas qui serait particulièrement rare, en Afghanistan. Le déploiement de l'armée de Terre mobilise pratiquement deux fois plus de personnels d'exploitation que chez les aviateurs, pour des performances par ailleurs moindres. L'armée de terre a rencontré une forte attrition liée au mode de récupération. L'évidence est là, ce vecteur ne s'avère pas totalement adapté à une collecte du renseignement et au soutien des opérations, ce que j'ai pu expliquer dans deux numéros de RAIDS consacrés aux opérations de renseignement en Afghanistan. L'armée de terre a souhaité pourtant consolider cette filière, et a racheté des SDTI d'occasion aux Canadiens, et trois drones neufs.
Les urgences sont là, la France étant aujourd'hui, dans ce schéma, incapable de servir un autre théâtre avec ses drones. Un comité ministériel d'investissement (CMI) doit théoriquement annoncer, en ce mois d'avril, les décisions qui permettront de lancer la relève du MALE, et, peut-être, les obligatoires solutions palliatives.
Ces retards d'équipement sont liés au... retard des programmes, à une incroyable sous-dotation budgétaire, et à un manque de vision évident. J'ai entendu au moins une fois l'ancien CEMA classer au registre des "modes" les drones, ceci expliquant peut-être le cela. Une partie de la communauté navigante ayant peut-être, pour sa part, redouté les conséquences de cette révolution schumpeterienne (2). Le manque de reconnaissance ne contribuant sans doute pas à l'afflux de volontaires (3) comme ce blog l'avait relaté en son temps.
Il faut espérer, cependant, et comme ce blog l'a déjà expliqué, que les filières humaines pourront être renforcées et valorisées, les limites -quantitatives et qualitatives- des vecteurs ne devant pas faire oublier les talents de ceux qui les servent.

(1) Pour pousser la réalité, l'US Air Force héberge désormais plus de pilotes de drones que de pilotes de F-16 expliquait il y a peu Air&Cosmos.
(2) économiste, théoricien de la création destructrice.
(3) les opérateurs de vol (OPV) des aéronefs pilotés à distance (APAD) Harfang ne voient pas leurs heures de vol classées comme missions de guerre, contrairement aux pilotes embarqués à bord d'aéronefs. Ce qui impacte évidemment, la reconnaissance (financière, décorations, etc) de leurs missions.

Les Lydian passent les 30.000 heures de vol

Les drones Lydian (Hermes 450 modifiés) mis en oeuvre par Thales pour le compte de l'armée britannique, depuis juillet 2007, ont franchi le cap des 30.000 heures de vol (soit 1.000 heures mensuelles...), en pratiquement 2.000 missions réalisés en Irak et en Afghanistan. Ce chiffre livre la durée moyenne des vols (15 heures...), soit presque autant que le Harfang utilisé en Afghanistan par l'armée de l'Air. C'est trois à cinq fois plus longtemps (les perfos sont liées à l'altitude et à la chaleur) que l'endurance du drone Sperwer, le meilleur (et bientôt seul) drone tactique de notre armée de terre.
Selon Thales, aucun drone Lydian n'a été perdu en opérations. Plusieurs Sperwer ont été perdus, un grand nombre ont été sérieusement endommagés par le mode de récupération du drone (parachute et airbags).
Les Britanniques, des gens pragmatiques, ont donc résolu la question de la couverture en temps réel (full-motion video) de leurs opérations, ce que nous avons un peu de mal à approcher.
Pour cette raison, l'armée britannique prolonge encore le contrat Lydian de six mois supplémentaires, le temps pour Watchkeeper, qui disposera de performances démultipliées, d'entrer en service. Outre une tourelle (infrarouge et vidéo), Watchkeeper dispose de capacités d'observations tous-temps permises par un radar à ouverture synthétique avec indicateur de mouvement (SAR/MTI). Il pourrait, à moyen terme, recevoir des armements ou de charges de guerre électronique.

(la flotte de Predator vient quant à elle de passer le cap du million d'heures de vol, réalisées en 80.000 missions, dont 85% en combat, a signalé son constructeur, GA-ASI)

Deux Diables rouges racontent leur OMLT

La locale de Colmar des DNA a eu la bonne idée d'aller faire parler deux sous-officiers du 152e RI devant une caméra. L'exercice, évident pour personne, est concluant, et leur récit, quoiqu'assez court, permet d'avoir une bonne vision du quotidien de cette OMLT de la 7e BB, déjà raconté dans le numéro de Raids, en mars.
Le témoignage sur TV5 du patron de cette OMLT, et ancien chef BOI du 152e RI, le Lcl Santoni, a déjà été évoqué sur ce blog. On peut voir, en fin d'interview un reportage de Silvina Carbone sur l'entraînement de l'OMLT de la 6e BLB, qui comprend des légionnaires du 1er REG et des bigors du 3e RAMa.

L'IMFEAU servira à la formation de l'ANA

L'implantation militaire française aux émirats arabes unis (IMFEAU) va servir à former des militaires de l'armée nationale afghane (ANA). C'est Raphaëlle Duchemin qui l'a évoqué ce matin, lors de l'interview d'Hervé Morin : la primeur en revenait au chef des armées, qui l'a redit cette nuit, à Washington, après l'avoir évoqué à la télé US (1). Ce qui démontre bien que le président s'intéresse à la défense, quoiqu'en disent les sinistres.
Ce projet a forcément, d'abord, été présenté aux autorités des EAU, puisqu'on va faire venir sur leur sol des afghans. Les EAU sont impliqués dans l'ISAF, avec 25 militaires. Vraisemblablement des forces spéciales, logées à Kandahar, à proximité immédiate de l'implantation française.
Les EAU sont surtout impliqués dans des projets de reconstruction civile, en Afghanistan.
En l'absence de vrais détails, il est difficile de bien saisir le bien fondé de cette formation aux EAU. Et de comprendre pourquoi cette mission de formation ne peut pas, comme toutes les autres menées par la France en Afghanistan, être menée sur place. Est-ce une façon de donner, ainsi, plus d'importance à l'IMFEAU, et d'ainsi, justifier les très importants moyens qui lui ont été consacrés, et les effectifs qui vont y être, envoyés, en dépouillant Djibouti ?

(1) le script intégral de son intervention sur CBS est ici.

mardi 13 avril 2010

Soucis de logements à La Valbonne, dit Voisin

Si l'intendance a parfois du mal à suivre la mise en place des bases de défense, pour l'immobilier, c'est encore plus compliqué, si l'on en croit le député Michel Voisin, qui intervenait lors de l'audition, le 7 avril, de François Cornut-Gentille et de Bernard Cazeneuve. Le député constate "de très importantes difficultés" pour accueillir les familes des 1.051 personnels attendus sur la base de défense expérimentale de La Valbonne, "dans le courant 2010". La ville la plus proche n'héberge que 8.000 habitants. Les difficultés qui valent pour l'immobilier allant souvent de pair avec celles liées à la scolarisation des enfants.
Les mêmes problématiques semblant aussi se confirmer sur la BdD de Creil, comme ce blog le rappelait la semaine dernière.

Petit matériel : des problèmes aussi dans l'armée de l'Air

Les carences dans l'équipement du soldat, bien connues dans l'armée de terre, font aussi des petits dans l'armée de l'Air. Il suffit (notamment), pour s'en persuader, de regarder d'un peu près les gants tactiques portés par le fusilier commando de l'air, sur l'affiche de recrutement placardée actuellement dans les couloirs du métro parisien (et sans doute ailleurs).
La marque portée par ce combattant, en fait des gants utilisés par les VTTistes, sort tout droit d'une grande surface commerciale vendant des articles de sport.

Morin en Malaisie

Hervé Morin sera la semaine prochaine en Malaisie pour y représenter la France au salon international de l'armement, et éventuellement, signer quelques contrats, nous confirme-t-on dans son entourage. Il empruntera un voie aérienne civile (VAC), comprendre, une ligne régulière, comme il l'avait déjà fait pour se rendre en Amérique du Sud ou en Grèce, ce que ce blog avait signalé à l'époque.
D'autres officiels français se rendront sur place, notamment le patron de l'ALAT, le général Patrick Tanguy, et un des patrons de DCI, le général Xavier De Zuchowicz. L'ALAT a permis la mise sur pied d'une force d'hélicoptère en Malaisie, DCI permettant de former, quant à elle, la sous-marinade locale, au terme d'un programme de cinq ans. La marine malaisienne devant ouvrir prochainement son propre centre de formation.

Un Alpha Jet de la PAF s'écrase : le pilote sauf

Sur cette photo d'archives, Athos 4 en sortie de cockpit, en juin 2009 (crédit : JMT)

Un des Alpha Jet de la patrouille de France (PAF) s'est écrasé ce matin à 10h15 au lieu-dit Plan de Dieu. Le pilote a pu s'éjecter, mais il s'est blessé dans la séquence. C'est à cet endroit, désertique, que s'entraîne la PAF dans l'intersaison, pour mettre au point sa présentation. L'identité du pilote n'a pas été révélée, pour l'instant.
Chaque vol, filmé, est débriefé, et en général, suivi d'un deuxième vol quotidien. Les ressources et le stress généré par ce régime de vol exigent des pilotes une grande force morale et physique. La seconde s'entretient avec des séances quotidiennes de musculation et de sport collectif.
Le dernier accident mortel de la PAF est celui du capitaine Marchand (2002). Un chantier de mise à niveau de l'Alpha Jet a dû être lancé, à l'issue, pour remettre à niveau la flotte d'avions.
Deux Alpha Jet de la PAF avaient collisionné le 25 janvier 2006 au-dessus du Vaucluse. Deux autres accidents aériens ont concerné autant d'Alpha Jet le 7 mars 2006 à proximité d'Agen et le 1er juillet 2004 à proximité d'Hourtin (33).
L'accident aérien d'aujourd'hui est le deuxième en l'espace de cinq jours, après la perte d'un Mirage F1CT à proximité d'Orléans.
La PAF est commandée cette année par le commandant Virginie Guyot. Sa marraine est Carla Bruni-Sarkozy, venue enfiler sa combinaison bleue, la semaine dernière, mais sans vol.

lundi 12 avril 2010

Plus qu'un avion, un message

Bertrand Piccard, un aéronaute qui défend aussi des convictions de développement alternatif (crédit : JMT)

L'association des journalistes professionnels de l'aéronautique et de l'espace (AJPAE) a remis ce soir à Paris son prix Icare au projet Solar Impulse, mené par Bertrand Piccard et André Borschberg. L'attribution de ce prix avait été décidée il y a plusieurs semaines, avant même le premier vol de l'aéronef propulsé à l'énergie solaire, intervenu mercredi dernier. Le duo du ciel a pris ce choix hardi comme une marque de confiance, profitant de l'aubaine pour populariser son projet, qui n'est pas qu'aéronautique.
Bertrand Piccard, déjà prix Icare en 2000 avec B.Jones, pour son tour du monde avec Breitling Orbiter 3 a rappelé que la genèse de Solar Impulse résidait dans cette première, réalisée avec des carburants fossiles. Provoquant l'envie de le faire au naturel, avec la seule force de la lumière.
Le psychiatre-aéronaute veut faire de la réussite de cette expérience aéronautique l'illustration d'une voie reproductible dans notre développement quotidien. "Les solutions existent, il faut les utiliser" a-t-il lancé, en prêcheur d'un développement alternatif.
L'ingénieur du duo a pour sa part rappelé quelques données techniques de l'appareil, qui doit réaliser un tour du monde sans escale : l'envergure d'un Airbus A340 (63,40 m), la masse d'une voiture (1.600 kg) et la puissance d'un... scooter, produite par 200 m2 de cellules photovoltaïques, soit 11.620 éléments en sillicium monocristallin.
Le défi de Solar Impulse, en forme de parabole, est simplissime : que l'énergie accumulée pendant le jour dans les accumulateurs (pesant 400 kg à eux tous seuls, soit un quart de la masse totale de l'avion) lui permette d'atteindre les premiers rayons du soleil. Première tentative de tour de terre attendue en 2013.