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dimanche 31 janvier 2010

"Evitons de tomber dans l'émotionnel"


Sans verser dans le "papa-part-à-la-guerre", les commandos parachutistes du CPA20 en partance pour l'Afghanistan se sont ouverts à Valeurs Actuelles (1). Détection des nouveaux, préparation à l'Afghanistan, on y reconnaît des hommes aguerris, qui accumulent déjà plusieurs mandats afghans à leur compteur, oeuvrant aussi bien dans la récupération de personnels (PR) que le ciblage (ODESSAA). Et qui n'ont pas la réplique travaillée à coups de média-training, livrant sans détours le fond de leur pensée. "Nous savons que la mort peut se trouver au bout du chemin. C’est évidemment douloureux mais nous sommes militaires. Tout le monde est motivé. Les gars ne demandent qu’à partir (...) Le CPA 20 s’entraîne pour aller à la guerre. Alors, s’il vous plaît, évitons de tomber dans l’émotionnel ».

Notre photo : depuis 2007, le CPA20 arme des TACP (équipes de guidage des appuis) dont on voit ici le matériel spécifique. Pour le mettre en oeuvre, les opérateurs doivent à la fois être de bons commandos et des techniciens irréprochables. L'a-peu-près menant en général, en la matière, à des erreurs de tirs, et très souvent, des morts. (crédit 2e REI)

L'autre liste

10 / 5 /4 / 3 / 1 : pas le quarté dans l'ordre, mais les ratios finaux de la liste d'aptitude au CHEM, sauf changement toujours possibles. La dizaine est bien sûr issue de l'armée de Terre, et fortement marquée par l'infanterie, avec actuellement trois légionnaires, un alpin, entre autres, et deux alatiens. Cinq sont des marins, quatre des aviateurs. Trois gendarmes figurent également dans lot, avec un ingénieur de la DGA. Toutes armées confondues, trois d'entre eux ont passé une bonne partie de leur carrière dans les opérations spéciales.

samedi 30 janvier 2010

L’EMIA-FE aux Antilles.

Ils ne sont que quelques-uns pour l’instant, mais le noyau de l’état-major interarmées de force et d’entraînement (EMIA-FE) déployé aux Antilles pour coordonner les efforts de la France en Haïti pourrait grossir, s’il fallait s’installer dans la durée. Actuellement, 600 militaires sont recensés dans Séisme 2010, après un pic à 700 personnels.
L’EMIA-FE, basé à Creil, ne compte que 130 personnels. Cela semble souvent beaucoup trop, le bilan d’activités de cet état-major étant souvent, par ailleurs, difficile à saisir pour l'externe. Mais, à y regarder de plus près, l’EMIA-FE a aussi l'avantage, dit-on, de se déployer régulièrement au quart de tour. C’était le cas en RD-Congo, en 2006, ou au Tchad, en 2008, dans le cadre de l’EUFOR, avec une quarantaine de personnels à chaque fois.
Le vice-amiral Alain Hinden, 53 ans, en est le chef depuis le 1er septembre dernier.

vendredi 29 janvier 2010

4.000 Français en Afghanistan

Le nombre de militaires en opex a encore baissé de 500 par rapport au mois de novembre, pour atteindre désormais 9.500. Au chapitre des baisses figurent Atalante (-80, à 170 pax), le Kosovo (765 contre 1.300 en novembre). Même Epervier paie son écot, avec une réduction de 100 personnels.
Au registre des théâtres stables, on trouve le Liban (1.500) et la Côte d'Ivoire (900 sur la terre ferme, et 300 en mer, sous Corymbe), appelée, elle, à encore diminuer. Déjà, et manifestement pas décomptés, six hélicoptères ont quitté le Detalat Licorne, mi-janvier. Une partie a été réorientée vers... Haïti, avec le TCD Siroco.
Haïti, où l'EMA décompte désormais 600 personnels, après un pic à 700, courant janvier.
La même source n'indique pas, en Afghanistan, de variation sur son niveau plafond, à 3.750 personnels. En fait, en décomptant tous les militaires présents, la contribution française excèdera bientôt les 4.000.
42% des militaires en opex le sont donc, désormais, en Afghanistan.
Pour l'anecdote, mais il ne faut sans doute rien y voir, certainement : en additionnant toutes les opex dénombrées par la carte de l'EMA, on obtient 9.328 militaires, au lieu des 9.500 annoncés, soit une différence de 172 personnes.

Le + du Mamouth :
Djibouti et Epervier devraient encore voir leur taille diminuer légèrement en 2010, au profit de la base française des émirats arabes unis. C'est aussi dans les semaines à venir que l'on connaîtra le sort réservé aux bases françaises du "grand ouest", Dakar et Libreville. Le général Joël Martel, major général de l'armée de l'Air se trouvait précisément sur la première, les 26 et 27 janvier.

Beauvau audite sa chaîne intervention

Après avoir rationalisé son renseignement intérieur, précédant en cela la Défense, l'Intérieur va-t-il aussi simplifier le paysage de sa chaîne d'intervention ? C'est, entre autres, une des questions soulevées par un audit du ministère, animé par le général Guy Parayre, ancien DGGN et Luc Presson, haut fonctionnaire place Beauvau. Il s'agit principalement d'évaluer l'existence de redondances, d'éventuelles rectifications de territoires -en termes de spécialités ou de géographie d'intervention- et, il ne faut pas totalement l'exclure, de soulever d'éventuelles lacunes capacitaires. Il y en a quelques unes.
La chaîne intervention comprend à la fois le GIGN, refondu en 2007 (plus de 400 membres) et la force d'intervention de la police nationale (FIPN), mise sur pied le 16 juillet dernier par Brice Hortefeux en personne. Qui l'a intronisée, très officiellement, ce 1er décembre, avec une partie de ses 500 membres.
Détail troublant, l'origine de l'audit remonte précisément à ce créneau (novembre-décembre), et pas à la création, cet été. La vague médiatique qui a accompagné la naissance de la FIPN a t-elle-déclenché l'ire des uns, provoquant l'audit de toute la famille ? On sait que déjà, à la naissance de la nouvelle force, la gendarmerie avait instamment souhaité que le terme de "prises d'otages massives" (PROM) n'apparaisse pas dans le champ lexical de la FIPN. De facto, on parla, le 1er décembre, de "prises d'otages complexes" (PROC).
Les deux auditeurs commencent juste leurs visites de terrain, après un passage à la direction centrale de la sécurité publique (DCSP) dont dépendent directement les GIPN. Ce lundi, ils étaient au RAID, mercredi au GIGN, et la semaine prochaine à la préfecture de Police, qui apporte à la FIPN sa brigade anticommandos (BAC) et une très large spectre d'appuis. Qui va du camion-pompe surpuissant au tracteur d'assaut, en passant par les hors-bord de la brigade fluviale et les EC145 de la base de Paris.
En tout état de cause, l'audit devrait déboucher au début du printemps.

Où l'on reparle des embeds

L'actualité a toujours, logiquement, une forte prise sur les communicants, et ceux de l'armée de Terre n'y ont pas échappé, une nouvelle fois, ce mercredi. L'Afghanistan était déjà au menu de la convention des communicants 2009 (celle de l'après-Uzbeen), et sans surprise, s'est retrouvé au menu de l'édition 2010. L'armée de Terre devrait ainsi, dans un futur très proche, rationaliser ses efforts en direction de la presse. Suivant en cela les réserves récentes de la présidence, et la décision de suspension des embeds prises par l'EMA. Suite, évidemment, à la capture de deux journalistes de France 3.
En fonds de tableau figure une donnée déjà notée par ce blog : les cortèges incessants de délégations, dans lesquelles dominent les journalistes, dans les FOB afghanes. Le 3e RIMa par exemple n'a connu que 15 jours sans journalistes, dans un madat de 6 mois ! Il serait illusoire de croire que ces cortèges n'ont pas d'impact sur l'activité opérationelle. Et, c'est sans doute là que le système médiatique pêche, du fait de la faible production du même système. En clair, les journalistes passent, parfois longtemps, sans que cela se traduise parfois par beaucoup de reportages. Un autre problème déjà soulevé par ce blog. Au point que les journalistes étrangers, notamment afghans, sont en forte augmentation, en 2009.
Parfois même, le résultat n'est pas à la mesure des efforts engagés : on le sait, c'est un reproche récurrent nourri par la communauté militaire, à l'endroit des journalistes. Quelques exemples récents et à venir pourraient bien venir l'illustrer.
Légitimant, au final, une évolution des embeds.
Valoriser les journalistes spécialisés semble une évidence, même le Livre Blanc en parle (mais écrit en tout petit). Une piste qui me semble logique consisterait à faire participer les futurs embeddés à la mise en condition des personnels (MCP) avant d'aller couvrir les mêmes en opérations. Aujourd'hui, ces MCP ne rameutent pas grand'monde, pour ne pas dire personne.
Toute autre forme de discrimination semblant difficile à instaurer dans une culture démocratique comme la nôtre. L'accréditation défense, évoquée par certains, est tombée en totale désuétude, par exemple, et coûte d'ailleurs l'emploi d'un militaire à presque temps complet, ainsi que le prix de la carte plastifiée, et du timbre pour l'envoyer. Il y a trois ans, la DICOD a même songé à l'enterrer sans tambours ni trompettes. D'autant plus que quelques uns de ces accrédités ne sont même pas journalistes.
Comment traduire, en tout cas, l'intérêt d'un média sur un autre, pour l'armée, sans verser dans la note de gueule ou le pur blacklisting, une liste qui comme celle des promus, n'existe pas (1) ? Un débat cornélien, qui semble être d'ores et déjà tranché par la définition de cercles. Reste à savoir qui les définira.

(1) Pour éviter toute forme de controverse, et par souci de transparence, je signale que l'auteur de ce blog n'a pas vu la couleur de l'Afghanistan depuis le mois de novembre 2008.

jeudi 28 janvier 2010

La BFST pilote l'après-VLRA

Depuis le mois d'octobre dernier, un groupe de travail interarmées planche sur le renouvellement du VLRA, véhicule mythique qui a contribué à allonger les pattes de nos forces spéciales, particulièrement les Patsas du 1er RPIMa. C'est la brigade des forces spéciales terre (BFST) qui dirige ce groupe de travail, pour ne pas dire, le débat de fond, qui anime la communauté des utilisateurs, qui ne sont d'ailleurs pas tous des FS.
Une des difficultés étant évidemment de ne pas verser dans l'effet de mode autour de l'Afghanistan. Ce théâtre pose clairement la logique de la protection contre les IED, mais c'est une guerre, et pas forcément toutes les guerres que les FS, et les autres, auront à mener demain. La deuxième difficulté arrive juste derrière, et c'est évidemment la logique budgétaire. Pour cette raison, on ne devrait pas voir, cette fois-ci, le schisme qu'on avait connu sur le VPS, BFST et CPA10 prenant du Panhard, tandis que la marine optait pour du Rover.
Les quantités en jeu (plusieurs dizaines), qui ne sont pas encore clairement encrées, ne constituent pas forcément l'enjeu du secteur terrestre français. Même si, évidemment, la raréfaction des contrats, dans ce domaine, promet une lutte acharnée.

Le + du Mamouth :
En obtenant le pilotage du groupe de travail (même si c'est finalement assez logique, et même si cela n'est qu'un GT), la BFST confirme sa prévalence dans la définitition des matériels destinés aux opérations spéciales, comme cela c'était déjà vu sur le VPS, par exemple. Ceci, alors même que ses capacités d'expérimentation, et son "stampel" apparaissent par ailleurs de plus en plus appréciés, y compris pour des produits destinés aux forces conventionnelles.

mercredi 27 janvier 2010

Trois "afghans" parmi les futurs chemistes

Trois colonels ayant commandé un GTIA en Afghanistan ces derniers mois figurent dans le prochain contingent de "chemistes", officiers promis en général à un bel avenir. Il s'agit du colonel Bruno Durieux, chef de corps du 2e REI, qui pilota la TF Dragon, jusqu'au début janvier, en Surobi. Le colonel Jean-Pierre Perrin, patron du 3e RPIMa, l'avait précédé, à la même place, six mois plus tôt. On estime que les succès enregistrés dans le district, grâce à un large recours aux chouras, leur doivent beaucoup.
Le colonel Eric Bellot des Minières, CDC du 2e REP et actuel chef de la TF Altor, fera également partie de cette promotion, qui comprendra un troisième légionnaire (par ailleurs chuteur opérationnel), commandant actuellement la 13e DBLE à Djibouti.
Le CHEM accueillera aussi au moins deux aviateurs, un alatien, un chasseur alpin et un gendarme.

mardi 26 janvier 2010

Mini-surge allemand

L'armée allemande va renforcer son contingent de 500 soldats en Afghanistan. Comme la France -qui n'a pas, elle, encore annoncé son niveau de renfort-, ces personnels viendront en appui pour la formation des forces de sécurité afghanes. 350 seront en outre injectés pour d'autres type d'opérations. L'Allemagne franchira ainsi, de peu, les 5.000 soldats dans le pays, demeurant, et de loin, le 3e contributeur de l'ISAF. Mais même avec 850 personnels en plus, l'Allemagne restera loin des 2.500 réclammés par Barack Obama.
Contrepartie, l'Allemagne commencera aussi son retrait en 2011. La même année que les Canadiens, postés eux dans le sud (et un an après les Néerlandais). Ceci alors que le RC-N, commandé par les Allemands, qui en fournissent l'essentiel des effectifs, n'a jamais été aussi instable.

Les dépouilles des deux gendarmes rapatriées

Les dépouilles des deux gendarmes morts dans les conséquences du séisme en Haïti ont reçu les honneurs militaires, ce midi, à l'aéroport d'Orly, en présence de leurs familles, du DGGN et de Marie-Luce Penchard, en charge de l'outremer au gouvernement.
L'adjudant Laurent Le Briero (GOPEX), marié, père de trois enfants, et l'adjudant-chef Lionel Amar (EGM 14/6), marié et père de deux enfants, ont été faits chevaliers dans l'ordre national du mérite.

Le 8e RPIMa primé...

... A travers le pavé que Frédéric Pons lui consacre. C'est l'union nationale des officiers de réserve (UNOR) qui a attribué, le 21 janvier, son prix "Raymond Poincaré" au journaliste de Valeurs Actuelles, président de l'AJD, et officier de réserve. Le Lcl Armand Bénésis de Rotrou reçoit le prix Armée et Défense, pour son livre sur le Commando Georges.

La sarabande de Londres

Toute forme de suspense est en train de s'évanouir sur les renforts qui seront proposés à Londres. Seule la France maintient le doute sur le niveau d'effectifs qu'elle va consacrer, après que le président a annoncé, hier, sa préférence (connue) pour des formateurs et des spécialistes du génie civil.
Ce ne seront pas en tout cas les 1.500 militaires qu'Obama attendait, c'est évident. Et notamment, pas le GTIA (hypothèse minimale) attendu par certains.
On manque sans doute un rendez-vous, celui de la provincial reconstruction team (PRT). Alors même que la France n'arrête pas de dire sa préférence pour l'action civilo-militaire (ACM), et notamment la main supply road (MSR), qui traverse Surobi et Kapisa. Le principe de la PRT, que peu défendent (et connaissent) chez nous est un effectif mixte militaire et civil, faisant appel à des spécialistes du... génie civil, des infrastructures, du droit, de la gestion publique.
L'Allemagne, les Etats-Unis ont été les pionniers dans ce domaine, qui donne les conditions de leur reconstruction aux afghans, mais au niveau local. C'est donc une façon d'injecter de l'argent au niveau local, donc d'éviter la case "corruption" à Kaboul.
Comme nous, les Allemands ne savent pas trop combien de militaires ils vont envoyer. 500 ? 2.000 ? Le yo-yo remplit les gazettes d'outre-Rhin.
Plus précis, les Roumains, qui ont annoncé augmenter leur présence de 600 militaires, passant à 1.800 hommes sur place. Les Espagnols vont également atteindre ce niveau (1.579) avec 500 soldats de plus, notamment à travers deux nouvelles OMLT.

De Neuilly à Haïti

Après l'urgence... l'urgence. Le temps de sauveteurs fouillant les décombres est passé, place, désormais, aux renforts d'équipes médicales. Il en part de partout, comme de Pau, nous signale ce matin la République des Pyrénées. Le SDIS64, dirigé par le Colonel Eric Soupra (1), envoie trois ses siens en Haïti, jusqu'au 12 février. Il y a là un médecin urgentiste, sapeur pompier volontaire (SPV) à Orthez, une infirmière urgentiste, SPV à Mauléon, et un secouriste, pompier professionnel à Orthez. Ces deux derniers étaient déjà intervenus lors de la catastrophe AZF. Le médecin, lui, a été formé à la médecine de catastrophe à Bordeaux.

Le + du Mamouth :
Evelyne Lambert, un des médecins du service de santé oeuvrant sur le TCD Siroco a été interviewé hier dans les JT du soir (TF1 ?). J'ai reconnu le même regard volontaire qu'en 1993, quand ce médecin, alors jeune capitaine à la BSPP, avait joué un rôle crucial dans la prise d'otages de Neuilly.

(1) qui fut longtemps la voix et l'image de la sécurité civile.

Edith passe au XL

"C'est la simulation qui permet à l'armée de terre de se payer son ALAT!"' Cette phrase lancée par un lieutenant-colonel spécialiste de la simulation (1) prend un nouveau sens avec une avancée réalisée par Thales et l'armée de terre. Cette dernière a mis en réseau, du 14 au 18 décembre, deux de ses figures de proue, mais en réalité virtuelle totale. On a ainsi interconnecté l’entraîneur tactique Edith de l'ALAT (basé au Luc), qui sert notamment à la préparation à l'Afghanistan, avec le simulateur peloton Leclerc (installé à Draguignan). L’expérimentation a engagé, sur quatre scénarios virtuels, un module mixte à deux Tigre et une Gazelle, et un peloton blindé, à trois XL et trois VBL. Les débouchés potentiels sont sans limites, pour les mises en conditions avant projection, l’entraînement de routine, ou le développement de nouveaux programmes, comme Scorpion. L’autre axe possible, à très court terme, consisterait à faire entrer dans cette boucle virtuelle les simulateurs quatre axes Tigre de l’école franco-allemande du Luc.

(1) Lors du dernier dîner-débat de l’ANRAT précisément consacré à l'apport de la simulation pour l'armée de terre.

lundi 25 janvier 2010

Les deux réponses afghanes de Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy s'est exprimé à deux reprises, consécutives, sur l'Afghanistan, il y a quelques minutes sur TF1. Sur la question des renforts, il a exclu un surcroît de "soldats combattants", mais pas un renforcement pour "aider l'afghanisation", pour la formation de la police et de l'armée afghanes. Le chef des armées a également évoqué des capacités en matière de "génie civil".
Interrogé sur le kidnapping des deux journalistes de France 3, il s'est interdit d'alimenter la polémique, venue de l'exécutif. "On ne polémique pas sur des gens retenus en otages" a-t-il estimé. Sans exclure de leur demander, une fois leur liberté recouvrée, "pourquoi ils sont conduits comme cela".
"Toute mon énergie et celle de nos soldats est mobilisée pour les sortir de la situation où ils se trouvent, a-t-il résumé (...) C'est une situation difficile, extrêmement périlleuse".

Le + du Mamouth :
RSF (reporters sans frontières) a annoncé un rassemblement, jeudi midi (13h), au Trocadéro, pour "réaffirmer un soutien franc et massif" aux deux journalistes de France 3. Une pétition est en ligne, ici : http://www.rsf.org/spip.php?page=article&id_article=36193

Allô Paris, ici Londres

Que la France va-t-elle mettre sur la table à Londres ? Des POMLT, des OMLT, des hélicoptères, un GTIA complet, encore plus de forces spéciales (FS) ? Rien du tout ?
Objectivement, elle pourrait faire tout cela. Les FS connaissent un de leur plus bas historique, en matière d’opex, renforcé encore par la fermeture de la Côte d’Ivoire. Mais le déploiement de FS apparaîtrait comme un ultima ratio. Il sera donc plus révélateur de l’ambiance pré-Londonniene, que d’autre chose.
L’armée de Terre est la première à affirmer que ses engagements sont bien en deçà de son contrat opérationnel. Certains verraient bien un 3e GTIA s’implanter en RC-East, libérant ainsi une TF américaine pour aller en RC-S, là où l’état-major français ne veut pas mettre les pieds. Ces 700 soldats, on peut en effet les trouver facilement, mais intégrer un 3e GTIA dans le cycle afghan actuel et lui trouver les appuis idoines (drones, hélicoptères, seule l’artillerie est facile à trouver) posera d’énormes problèmes, comme ce blog l’a déjà expliqué. Il faudrait de surcroît l’équiper, et en la matière, on est un peu aux limites du modèle, quoi qu’on en dise. Evidemment, on peut toujours payer plus pour l’engagement en Afghanistan , l’armée de terre n’est pas contre, c’est une façon aussi de se replacer au centre du jeu… budgétaire.
Plus facile, renforcer encore les OMLT. Un kandak, le 33, est justement sans OMLT, et justement, positionné en zone française. C’est la solution la plus évidente, la moins coûteuse, et remplit un vide capacitaire de l’ISAF : personne ne se bouscule vraiment au portillon pour fournir des OMLT. D’autant plus qu’on l’a vu avec un kandak mentoré par le 21e RIMa, une unité de l’ANA peut se retrouver du jour au lendemain dans la poudrière helmandienne. Une perspective qui peut, éventuellement refroidir Paris, justement obsédé par la réduction des pertes.
En plus, les Français sondés en décembre sont majoritairement, et de façon écrasante en faveur du renforcement des OMLT -c'est le seul renforcement auquel ils adhèrent-. Même s'ils ne connaissent rien, par ailleurs, des actions des ces OMLT, et des risques qu'ils encourent. Sans compter que pas un des Français concernés n'accepterait sans doute les conditions de vie pour le moins précaires -spartiate est très en deça de la vérité- dans lesquelles ils vivent.
Les POMLT ont déjà engrangé un bilan honorable. Il ne serait pas impossible d’en injecter d’autres. Mais les quatre en service actuellement suffiraient à couvrir les besoins en Surobi et Kapisa. En injecter d’autres, ce serait courir, là aussi, le risque de les voir utilisées ailleurs. D’autant plus que trois facteurs viennent limiter le champ des possibles : la raréfaction de la ressource en gendarmes mobiles, qui apportent plus des deux tiers des effectifs. A quoi s’ajoutent le fait qu’on ne sait pas encore si la facture du premier contingent (20 MEUR) va faire l’objet d’un abondement de crédits, ou sera réglée par l’annulation de programmes (déjà) prioritaires. Enfin, et ce n’est pas le moindre des problèmes, l’équipement des premiers partants a bien montré un effet d’inertie de l’offre en matériels. C’est le cas aussi pour les limitations du parc blindé (12 VAB) calé pour l’effectif actuel.
Quant aux hélicoptères, il sera très difficile d'aller au-delà de l'existant. Sans dépouiller autre chose, ou faire l'équilibriste. Six Cougar sont actuellement déployés outremer (un flottant sur Licorne, deux en Afghanistan et trois au Gabon), six autres vont entrer en opération de rétrofit cette année, pour une flotte en ligne de... 18 appareils : faites vos comptes...
La problématique du Caracal est à peine plus simple, d'autant plus que la flotte est réduite à 14 machines, dont trois en Afghanistan, et une à Lanvéoc.
Pour le Tigre, c'est encore plus simple : seuls six engins sont actuellement aptes aux missions afghanes. Trois sont déjà à Kaboul...

Quelques articles d'actualité ancienne, toujours valable :
http://lemamouth.blogspot.com/2010/01/exclu-un-renfort-domlt-plebiscite.html
http://lemamouth.blogspot.com/2010/01/plus-de-4000-francais-en-2010.html
http://lemamouth.blogspot.com/2009/12/propositions-de-renforts.html
http://lemamouth.blogspot.com/2009/11/1500-soldats-en-plus-tout-simplement.html

Notre Rôle 3 à KAIA

Actu Santé détaille le dispositif médical en place à Kaboul, dans l'hôpital médicochirurgical (HMC) de KAIA-Nord, évoqué à plusieurs reprises par ce blog. Ce rôle 3 est le premier multinational sous direction française, au sein d’un dispositif OTAN. Il comprend 120 personnels, issus, de trois tiers : des HIA de métropole, des régiments médicaux de l'armée de Terre et d'autres nations contributrices.
Côté opérationnel, il met en œuvre trois blocs opératoires, autant d’équipes chirurgicales (dont une fournie par l’Allemagne et une par la Bulgarie), quatre lits de déchoquage et six lits de réanimation, ainsi que 29 lits d’hospitalisation. La Belgique arme le rôle 1 (médecine générale) et le Portugal, le secteur hospitalisation.
Cette Otanisation se traduit aussi dans l’adoption, par le SSA, des normes de délais cliniques et de catégorisation des blessés de l’Alliance.
L’installation, aux normes anti-roquettes, aura coûté 18,5 MEUR, réglés par l’ISAF. La France est « remboursée de certains frais de fonctionnement », apprend-on par ailleurs.
La relocalisation à KAIA a permis de réduire les élongations, en durée et en nombre : un blessé amené en Medevac poura repartir en avion médicalisé, sans avoir à subir à nouveau un long trajet en ambulance (9 km) sur les redoutables routes de Kaboul, comme c’était le cas quand le HMC était situé à Warehouse.

Le 27e BCA déjà de retour en Afghanistan

Le bataillon des Glières prépare son retour en Afghanistan, avec une OMLT, dans quelques semaines. Logiquement, il devrait être aussi, en tout état de cause, être à nouveau déployé en Kapisa fin 2011, pour armer le GTIA.
La 27e BIM fournit actuellement l’état-major de la brigade La Fayette, ainsi qu'un GTIA armé autour du 13e BCA. Elle met aussi en œuvre une OMLT appui en Surobi, en partie alignée par le 93e RAM et le 2e REG.

dimanche 24 janvier 2010

Les rescapés à la 21F

La flottille 21F de Nîmes accueillera courant mars les rescapés d'un Cessna 210 qui s'était crashé en mer, au large de la Corse, le 12 octobre dernier. C'est un ATL-2 de la flottille de retour de mission qui avait repéré les six naufragés, récupérés ensuite par Dragon 2B et le Super Puma de Solenzara. Un deuxième ATL-2 avait été engagé dans la manoeuvre.

Le + du Mamouth :
Le prochain RAIDS consacre un reportage à cette fantastique frégate volante qu'est l'Atlantique 2, à l'aise aussi bien contre les pirates que contre les rezzous, au Tchad.

Toute l'actu des opérations SAR est ici, sur ce blog :
http://lemamouth.blogspot.com/search/label/SAR

Rigolez, les blessés en profiteront

Evidemment, en ayant donné quelques mois (service militaire) voire quelques (dizaines d') années au monde militaires, on ne fait plus attention à ces expressions mythiques qui révulsent les bigotes, belles-mères et autres jeunes filles fragiles (les "dindes", comme on dit) dans les dîners en ville. Xavier Thiébault a eu l'idée de les rassembler dans un ouvrage, dont 10% des droits d'auteurs (soit, à peu près 9 cents) iront tout droit dans l'escarcelle de la cellule d'aide aux blessés de l'armée de Terre (CABAT).

Affirmatif, Editions Hugo et Cie, 120 et quelques pages d'humour pour 12 euros.

samedi 23 janvier 2010

Des anciens d'Uzbeen décorés

Le CEMA a décoré personnellement, mercredi, quatre aviateurs de l'EH 1.67 "Pyrénées" qui avaient opéré, sur Caracal, à Uzbeen. Comme c'est de plus en plus souvent le cas, ce sont des sous-officiers qui ont été décorés par le chef d'état-major des armées. Les trois mécaniciens navigants et le sauveteur-plongeur (en charge, notamment, des deux armes de bord) ont reçu la croix de la valeur militaire (CVM), une décoration particulièrement rare pour des mecnav, et encore plus pour un "plouf".
Les 9 commandos de la personal recovery du CPA20 ont quant à eux reçu, ces derniers temps, la médaille de la défense nationale or avec citation. Le chef de mission, un lieutenant-colonel, avait été décoré de la Légion d'honneur, dès le mois de septembre 2008, par le général Stollsteiner, sans que cette attribution puisse être, apparemment, directement reliée à Uzbeen. Les quatre pilotes, pour la mission Uzbeen, avaient reçu indistinctement la CVM.
Les deux Caracal ayant opéré pendant ces heures terribles avaient injecté 3,3 tonnes de munitions, plusieurs dizaines de soldats en renforts et avaient extrait tous les blessés, ainsi que les 10 morts français.

Le + du Mamouth :
Officiellement, il n'est rien sorti de la venue du CEMA, à Cazaux, sur le dossier de la colocalisation des Caracal. Comme aucune fumée blanche ne semble être sortie, non, plus, du conclave parisien -un CODIR du CIH- sur ce même dossier.

Le Siroco à Haïti lundi

Le Siroco ne devrait arriver que lundi à Haïti, alors qu'il était initalement annoncé sur place le 23, c'est à dire aujourd'hui. L'EMA n'annonce aucune date, mais constatait, jeudi, qu'il faut trois jours de mer pour rallier la Martinique à l'île sinistrée. Vu que le TCD a quitté les Antilles hier midi...
Sur les autres fronts, le Puma de l'armée de l'Air a poursuivi les opérations de récupération de ressortissants isolés (cinq), et les jeunes du 1er RSMA poursuivent les opérations de déblaiement
900 ressortissants français, sur les 1.450 qui séjournaient dans l'île ont désormais été rapatriés, dont 45, encore hier, parmi lesquels 7 blessés.
Les équipes de sauveteurs vont désormais, progressivement, céder la place aux équipes médicales et aux reconstructeurs. Après avoir retrouvé 132 personnes sous les décombres, les spécialistes de catastrophes n'ont plus le moindre espoir de retrouver la moindre personne vivante. Les bilans déjà publiés font état de 110.000 morts, et probablement 200.000 blessés. Un décompte qui se concentre vraisemblablement sur les grands centres urbains.

Féminine connection

L'association nationale des femmes de militaires (ANFEM), une des associations du domaine (1), tient son assemblée générale à l'Ecole militaire, à Paris, lundi et mardi. L'association a été créée par des femmes d'officiers, en 1954, en fin de guerre d'Indochine, comme un réseau de soutien. Le site de l'association (http://ns2014798.ovh.net/~anfem/index.php), qui sort d'un gros lifting apparemment, livre des informations services, particulièrement sur les conditions du chèque emploi-service universel (CESU), financé par la défense sous conditions, les déménagements, ou la recherche d'emploi. Bref, des thèmes que les conjoints de militaires rencontrent assez couramment, et en 2010 plus encore que les autres années.

Le + du Mamouth :
Cette année sera en effet l'année des restructurations, avec un grand nombre de dissolutions, particulièrement dans l'armée de Terre, mais aussi dans l'armée de l'Air. Ceci, alors qu'après une accalmie, le rythme des opex repart à la hausse, tout en se durcissant en Afghanistan, avec une hausse exponantielle des blessées en opérations. Ce qui explique aussi, sans doute la multiplication des initiatives pour évoquer le sort des soldats en opérations, comme celui-ci, sur Facebook (http://cy-gb.facebook.com/group.php?gid=185092661505).
D'aucuns voient dans cette multiplication d'expression(s) une réponse au vide laissé par l'institution. Et, tendanciellement, au désintérêt des médias traditionnels.

(1) revendiquant 6.000 membres.

Opex connection (suite)

Le forum "Militaires et Citoyens" a reçu 113 messages de soutien une heure de connection spéciale, jeudi soir, pour soutenir les militaires en opex, opération dont ce blog s'était fait l'écho. Le forum a recueilli un total de 1.264 connections, dont 463 en simultané. Devant ces prermiers résultats, l'équipe a décidé de maintenir l'opération, sans obligation d'inscritpion préalable, ici : http://armeecitoyenne.xooit.fr/t8917-Une-connexion-un-soutien.htm.

Otages de Kapisa : on vous l’avait bien dit…

Il y a un lien entre le rapt de deux journalistes français (1) et la fin des « embeds » en Kapisa et Surobi (http://lemamouth.blogspot.com/2010/01/larmee-francaise-suspend-ses-embeds-en.html), deux zones placées, comme la totalité de la Brigade La Fayette, en zone américaine. Où l’état-major américain du RC-East donne les ordres (2). Il y a un lien, évident, mais est-ce celui avancé (moins de journalistes = moins de maux de tête). Pourrait-il, par exemple, y avoir un lien avec le fait que depuis le 30 janvier, les forces américaines ont dû, elles aussi, détourner d’importants moyens pour retrouver les deux reporters de France 3 ? De quoi fâcher un peu encore plus contre ces « bloody Frenchies ». Et encore plus, puisque les forces américaines, apparemment très remontées, avaient refusé de recevoir et d'embedder l’équipe de France 3, sans justification, lors de leur séjour en Kapisa. Les mêmes qu’on leur demande de retrouver aujourd’hui.
On comprend mal que les forces américaines, qui doivent actuellement susciter la sympathie des citoyens Français pour leur faire accepter de nouveaux renforts en Afghanistan aient refusé l’audience d’une chaîne nationale française. Sans raison.
L’équipe de France 3 a-t-elle payé les pots cassés pour l’équipe qui l’a précédée (cela arrive tout le temps dans notre métier), ou sur des griefs précis ? L’armée américaine est connue pour avoir des idées très précises des journalistes qu’elle reçoit, comme l’avait révélé cet été… Stars & Stripes, le propre journal du Pentagone, en soulevant le fait que l’armée US fichait les journalistes et leur attribuait des notes (http://lemamouth.blogspot.com/2009/08/larmee-fiche-les-journalistes.html). Tricardisant, au besoin, ceux qui ne lui convenaient pas.
Vilaine Pratique anti-démocratique qui évidemment, n’existe pas chez nous, où on n'a-pas-peur-des-journalistes. Même pas peur. Officiellement, l'armée US a dit abandonner cette façon de faire, après la polémique estivale. Pour rationnaliser à l'extrême, elle avait même pris le soin d'externaliser le processus, confié à une société privée...
Il reste évident, cependant, que les efforts engagés, notamment les fouilles de véhicules, braquent les civils afghans un peu plus contre nous. Et que focalisés sur des axes, ces efforts se font au détriment d’actions prévues dans des zones qui en auraient bien besoin : le fonds de la vallée d’Alassay par exemple.

(1) Le Point révélait hier que Nicolas Sarkozy a reçu en personne les familles de nos deux confrères, vendredi, à 14 heures.
(2) Preuve en est que là où ils ne donnent pas d’ordres, il est encore possible à un journaliste français de mettre les pieds : l’hôpital de KAIA, la TF Mousquetaire, le mess de Warehouse, l'ambassade de France…

Sur le pont du TCD...


Quatre hélicoptères de l’ALAT figurent sur le pont du TCD Siroco. Ce sont vraisemblablement des engins qui avaient terminé leur déploiement en Côte d’Ivoire, dans le cadre de l’opération Licorne, et devaient être rapatriées en métropole. Ce sera bien le cas, mais après un petit crochet par Haïti (1). Ces appareils sont issus, comme le démontrent leurs trigrammes, des 1er (Phalsbourg) et 3e RHC (Etain). On reconnaît, au premier plan, des SA341F Gazelle-canon, qui effectuent là leurs dernières campagnes avant leur retrait. Notez les plaquettes lance-leurres, derrière la porte droite de la SA341F. Et les tubes des canons (placés à droite), démontés, ce qu'apprécieront sans doute les Haïtiens.
Au second plan, un Puma radar (à gauche) et un Puma treuil (à droite). L’un comme l’autre sont équipés d’un système d’autoprotection.
Les hélicoptères de l'ALAT sont des habitués des opérations humanitaires. Ils avaient notamment été engagés en Indonésie, après le tsunami. Une Gazelle avait même, en cette occasion, été transformée en medevac, effectuant plusieurs sauts de puces pour évacuer un militaire français.
L'arrivée, demain matin, du TCD, portera le dispositif à trois Puma (dont un "Air"), deux Gazelle, et, en cas de besoin, l'EC145 de la Sécurité civile.
Incidemment, il recréé pour quelques semaines sans doute (et au moins) un énième plot aéromobile, loin de tout, alors que le mal endémique dont souffre les voilures tournantes, sont la multiplication des plots, donc des lots (mécaniques) de déploiement. Mais ceci est une autre histoire...

Notre photo : sur le pont du TCD, les quatre hélicoptères de l'ALAT (crédit Serge Charmoillaux / ECPAD)

vendredi 22 janvier 2010

300 blessés depuis 2005, 155 rien qu'en 2009

Illustration du durcissement des combats en Afghanistan, l'armée de Terre a enregistré 300 blessés depuis 2005, dont plus de la moitié -155 exactement- rien que dans la seule année 2009. Rappelons que dans le même intervalle, 36 Français sont morts en Afghanistan, dont 11 (30,5%) rien qu'en 2009 (et déjà trois en 2010). Il y en aurait eu encore plus, si la médecine de combat n'avait pas fait des bonds fantastiques, en matériel et en formation de ses personnels.
C'est dans cette perspective, que nous avons déjà commentée à plusieurs reprises, sans jamais, jusqu'alors, pouvoir la chiffrer, que la CABAT (cellule d'assistance aux blessés de l'armée de Terre) multiplie les collectes de fonds, ou que des inititiatives individuelles et collectives le font pour elle, comme celle du 13e RG, que nous avons évoquée cet après-midi (http://lemamouth.blogspot.com/2010/01/du-genie-dans-les-jambes.html). Nous en évoquerons d'autres, demain.
Ces chiffres, évidemment, ne comprennent pas les blessés des autres armées.
L'armée de Terre fournit actuellement environ 3.000 soldats en Afghanistan, loin devant l'armée de l'air (500-600). Encore début janvier, un mécanicien de l'armée de l'Air opérant sur Caracal a été blessé, puis rapatrié en France.
Troisième fournisseur de forces militaires (170 pax environ), la gendarmerie n'aurait pas encore connu de blessés.
N'oublions pas la Marine, présente, elle aussi, avec deux ou trois dizaines de marins, dans des... spécialités pointues (psy ops, interprètes-photos, etc) et, ponctuellement, depuis novembre 2001, avec des forces spéciales.

Le rappel du Mamouth :
380 personnels avaient été rapatriés d'Afghanistan depuis 2001, dont 60 "en grande urgence", nous apprenait le Parisien, en juillet dernier, ici : http://lemamouth.blogspot.com/2009/07/380-rapatries-sanitaires-dafghanistan.html

Haïti : premières opérations du Puma Air

Le Puma arrivé mercredi à Haïti, après une série de sauts de puces depuis le Lamentin a commencé à oeuvrer dans l'île. Cet appareil de l' ETOM Antilles est notamment crédité de la récupération de huit de nos ressortissants isolés, dans la région de Jacmel. Ce bilan a été obtenu en deux rotations distinctes. L'hélicoptère a également servi, affirme l'EMA, à des "reconnaissances".
Avec l'arrivée du TCD Siroco prévue dimanche matin, ce sont quatre appareils suppleméntaires, deux Gazelle et deux Puma (3e RHC) de l'ALAT, qui pourront être engagés dans ce type d'opérations. Ainsi que, vraisemblablement du travail aérien : levage de charges lourdes vers des sites isolés (génératrices), transport de fret humanitaire, etc.

Recherches au large de Bonifacio

Un Super Puma de l'armée de l'Air a décollé à 14h30 de la base aérienne 126 de Solenzara, pour participer aux recherches en mer, après le naufrage de 120 kurdes dans l'île de Beauté. Cet appareil de l' EH 6.67 "Solenzara" avait déjà été engagé, il y a quelques semaines, lors du naufrage d'un Cessna, au nord-ouest de la Corse.
Un Falcon 50M de la flottille 24F a lui aussi été engagé dans les opérations de recherches.
Un canot retourné a notamment été retrouvé.

Pakistan : l'autre guerre

Voilà qui ne va pas ravir au moins un fabriquant français de drones (Sagem), et potentiellement en fâcher deux autres (Thales, EADS). Le patron du Pentagone a annoncé aujourd'hui, à Islamabad, à des journalistes pakistanais, que les Etats-Unis vont fournir des drones à l'armée pakistanaise pour lutter contre les talibans.
Cet accord semble d'autant plsu inattendu que les Etats-Unis et le Pakistan semblaient en froid, en matière de livraisons de ventes d'armes. La situation qui patine en Afghanistan, et l'irruption de quelques concurrents commerciaux -français notamment- aura sans doute convaincu les Américains dee faire évoluer leur position.
Les services de Robert Gates se sont chargés d'en dire un peu plus ce midi en citant le modèle des drones, des RQ-7 Shadow, utilisés par l'US Army, en Irak et en Afghanistan. La vente, ou le "don" de ces 12 engins ne semble pas clairement établi, dans tous les cas, elle met évidemment un sérieux coin dans les ambitions françaises, dans cette zone. Reste l'Inde, mais où le mode de procurement est en général une source de maux de tête pour plusieurs années.
Comme ce blog l'avait révélé il y a quelques mois, la France nourrit quelques ambitions en matière de "homeland security". D'ores et déjà sont engagés des protocoles de coopération en matière de lutte antiterroriste, notamment via le GIGN.

Du génie dans les jambes

Sept militaires du 13e RG vont faire un tour de France des régiments de génie, du 19 avril au 9 mai. L'objectif étant de collecter des fonds au profit de la cellule d'aide aux blessés de l'armée de Terre (CABAT).
L'augmentation du nombre des blessés, liés notamment à l'engagement croissant en Afghanistan, avec déjà conduit à des quêtes, le 14-juillet, sur les Champs Elysées.

Le + du Mamouth :
C'est cette année qu'est dissoute la brigade du génie, dont l'état-major sera remplacé par un centre de mise en oeuvre (CMO). La dissolution formelle interviendrait le 24 juin, dans la région de Strasbourg.

Le rapport Hostalier

La députée du Nord Françoise Hostalier (UMP) sera le 3 février chez Défense & Stratégie pour évoquer les grands traits de son rapport sur l'Afghanistan. L'élue, viscéralement passionnée d'Afghanistan, devrait aussi pouvoir éclairer les décisions de la conférence de Paris (28 janvier).
Connue pour franche opposition aux expulsions d'Afghans, Françoise Hostalier connaît très bien la problématique humanitaire du pays, dans lequel elle s'est rendue, à plusieurs reprises.

Notre photo : Françoise Hostalier, dans un Caracal, lors d'un déplacement, en Afghanistan, en juin, avec Pierre Lellouche, alors représentant AFPAK de Nicolas Sarkozy (crédit : DR).

CITERA désertique

Deux CITERA de plus. Comme ce blog le prévoyait le 28 mai (http://lemamouth.blogspot.com/2009/05/reflexions-avancees-pour-deux-nouveaux.html), le service de santé des armées poursuit son adaptation réactive, en mettant sur pied deux centres d'instruction des techniques de réanimation de l'avant (CITERA) supplémentaires. Le premier fonctionne déjà au Val de Grâce, et le deuxième entame son premier stage... demain, à Djibouti.
C'est l'hôpital médico-chirurgical (HMC) Bouffard, qui soutient les FFDJ qui est à l'origine de ce CITERA désertique, avec le médecin-général Jacques Escarment. Ce dernier, patron de l'hôpital Desgnettes de Lyon, remit sur pied, il y a quelques années un autre CITERA, spécialisé dans les interventions en milieu montagneux.
Cette première édition durera jusqu'au 28 janvier, avec la participation (et le soutien logistique) de la Légion Etrangère : 13e DBLE et 2e REP.

jeudi 21 janvier 2010

Haïti : un deuxième gendarme retrouvé mort

L'adjudant Laurent Le Briero a été retrouvé mort aujourd'hui en Haïti. Il était porté disparu depuis le séisme, comme son camarade, l'adjudant-chef Lionel Amar, retrouvé hier dans les décombres de la résidence où il logeait. C'est aussi là que l'adjudant a été retrouvé hier en fin d'après-midi, avant d'être identifié, ce matin.
Laurent Le Briero, 42 ans, était affecté depuis un an à la Minustah. Il appartenait au groupement des opérations extérieures (GOPEX). Marié, père de trois enfants, ancien gendarme départemental, il avait servi comme commandant de brigade à Saint Philbert de Grandlieu (Loire-Altantique) jusqu'en 2007. Déjà, comme GD, il avait participé à des missions à l'étranger : d'août 1997 à fevrier 1998 à Zagreb (Croatie) puis de mars à décembre 2004 en brigade prévotale à Ploce (Croatie). Il avait rejoint le GOPEX en 2007, opérant en ex-Yougolslavie (septembre 2007 à janvier 2009), et depuis janvier 2009, il était déployé en Haïti.

Le + du Mamouth :
La gendarmerie déploie 132 gendarmes, hors sa contribution à la Minustah (23 hommes). En plus des contributions déjà annoncées par ce blog, elle déploie également deux plongeteurs sauveteurs de la brigade nautique du Marin.

Haïti : un renfort du SSA

Le service de santé des armées renforce sa présence à Haïti, quoiqu'aucun chiffre n'ait été livré pour bien le mesurer. C'est l'EMA qui a annoncé ce renfort, ce matin, les équipes arrivant par VAM, à la Martinique. Elles viendront renforces les moyens européens, dans l'île.
Le SSA était déjà présent, via les médecins du bataillon des marins pompiers de Marseille et ceux des Pompiers de Paris.
Par ailleurs, le TCD Siroco est arrivé à Fort-de-France où il complété son chargement avec une douzaine de 4x4, une trentaine de camions et 700 palettes de fret humanitaire. Il devrait rallier Haïti en trois jours de mer, soit avec un léger retard, puisqu'il était initialement attendu le 23 janvier, avait annoncé l'EMA.
Par ailleurs, le Puma de l'armée de l'Air a commencé à oeuvrer à l'extraction de ressortissants isolés en Haïti, notamment dans la région de Jacmel.

L’armée française suspend ses « embeds » en Afghanistan

L’EMA a décidé de suspendre ses embeds de journalistes, sans limitation de durée et de média, a-t-on appris ces derniers jours. L’EMA vient de nous le confirmer, à l’instant. « Il n’a y pas eu d’accueil de journalistes après le passage du ministre » explique-t-on, même si, plusieurs journalistes, comme ceux de l’AFP et plusieurs télévisions ont pu, en fait, demeurer sur place jusqu’à ces derniers jours.
On explique par ailleurs que l’on a ainsi souhaité "limiter la charge" pesant sur les opérations, la recherche des deux journalistes de France 3 absorbant déjà un grand nombre d’efforts.
D’aucuns y voient une forme de zèle à appliquer des consignes, après le mécontentement de l’Elysée.
L’Elysée a fait savoir, ces derniers jours, sa colère devant les risques pris par les journalistes de France 3, désormais reportés sur les militaires qui les recherchent. Tout en remarquant également que des journalistes spécialisés seraient plus adaptés à la couvertures des opérations en Afghanistan.

Le post scriptum de 15 heures :
L'EMA est revenu sur ses déclarations de ce matin, il y a quelques minutes. Il est encore possible, apprend-on, de couvrir l'actualité des troupes français à Kaboul (Kandahar n'est pas cité), l'interdiction d'embed ne portant que sur le triangle Tora-Nijrab-Tagab, et, vraisemblablement, les deux OMLT de RC-S. Tout le monde aura noté qu'il n'y a plus la moindre troupe à Kaboul, depuis plus de deux mois.

Une OMLT de plus en RC-South

L’ANA a redéployé dans le sud-afghan le kandak 31 : précisément celui qui devait être mentoré par le 21e RIMa. Cette unité prend donc le chemin de Camp Bastion (Helmand), une des régions les plus dangereuses du pays, où l’ISAF cumule l’essentiel de ses pertes. Ce transfert est pour un temps « limité », observe, à Paris, l’EMA, qui n’a révélé la nouvelle qu’aujourd’hui. Alors que depuis leur arrivée, courant décembre, les OMLT du « 21 » ne savaient pas, déjà, apparemment, la zone où ils seraient affectés.
Cette OMLT a été renforcée pour voir ses effectifs portés à 70 personnels, par un surcroît de personnels médicaux, d’officiers de liaison et de JTAC (guidage des appuis). Ces derniers, qui sont déjà un déficit capacitaire, ont vraisemblablement été apportés par les onze spécialistes qui s’entraînaient à Djibouti, en décembre.
Depuis Camp Bastion, les OMLT opèreront essentiellement avec le 1er bataillon des Royal Welsh.

Tirs en salve cryptés

Canal plus diffusera à la mi-février un documentaire anglé sur les carences de l'armée française. Pas le genre qu'affectionne beaucoup l'état-major, qui a pourtant autorisé les tournages. Le réalisateur, Camille Le Pomellec, a pu entre autres longuement tourner en Afghanistan avec les troupes françaises, découvrir le Felin, lors de manoeuvres, et filmer au dernier salon du Bourget. Plusieurs interviews de relais d'opinion, notamment des députés, complètent ce travail.

Le + du Mamouth :
C'est TAC Presse qui a réalisé ce sujet. Cette société de production avait notamment réalisé pour TF1 un long embed afghan avec le 8e RPIMa, à l'été 2008 (projeté la semaine derinère au musée de l'Armée lors de la semaine afghane), et pour M6 un documentaire consacré aux marchands d'armes, diffusé ce dimanche soir.

L'autre + du Mamouth :
Cet audit de l'armée française était initialement retenu par "Pièces à conviction" pour la deuxième édition de sa nouvelle formule, avant d'être abandonné au profit d'une émission-bilans/perspectives dédiée à l'action française, en Afghanistan. C'est pour cette émission que tournaient deux journalistes de France 3, qui ont commencé hier leur troisième semaine de captivité, quelque part, en Afghanistan.

150 MEUR la tonne

Développer un hélicoptère coûte en moyenne 150 MEUR la tonne, ai-je appris hier à la conférence de résultats du n°1 du secteur, Eurocopter. Les finances publiques étant ce qu'elles sont, de quoire faire réfléchir la Défense pour la masse finale de son projet d'hélicoptère lourd.

Pourquoi la marine fera les frais de la réforme

C'est une innovation due à la marine qui va permettre de régler un des maux endémiques du ministère de la Défense : le très fort délai de règlement des frais de déplacement. Qui met parfois à mal bien des comptabilités familiales, et doit faire la joie des banquiers (agios). La base de défense (BdD) de Brest a mis sur pied ce logiciel, FD@ligne, en cours d'expérimentation sur la BdD de Marseille.
Brest figure dans le premier quartier de bases retenues pour l'expérimentation des BdD : c'est aussi la plus grosse, avec 18.000 ressortissants de la Défense.

Le + du Mamouth :
Ce sont les légionnaires d'Aubagne qui auraient, en réformant profondément le processus, permis de rationnaliser ces délais de règlement, les faisant drastiquement chuter de 18 à... 2 semaines. Deux exemples qui démontrent bien que les BdD peuvent apporter du changement, positif, en l'espèce.

mercredi 20 janvier 2010

50 MEUR pour rester en veille, sur la DAMB

Un plan d'études amont (PEA), voire plusieurs, pour un total de 50 MEUR, devrait être notifié par la DGA à une équipe d'industriels, croit savoir le député du Finistère Gilbert Le Bris, co-auteur d'un rapport sur la défense antimissiles balistiques (DAMB) avec deux autres députés (lire notre post de ce matin).
Les investissements restent cependant marginaux, constatait aussi le député, puisque les Etats-Unis ont déjà injecté dans leur industrie 17 fois ce que la France pourrait, selon l'élu, être amenée à investir pour obtenir une capacité minimale (2,5 MdEUR sur dix ans).

Le début du Dixmude


Même si cela ne saute pas aux yeux, ce tronçon mis sur cale aujoud'hui même, en présence du CEMM est le début du troisième bâtiment de projection et de commandement (BPC), dont le nom a été récemment choisi. Le Dixmude représente un investissement de 450 MEUR environ, issus des lignes budgétaires du plan de relance de l'économie, que se partagent DCNS (25% en valeur) et STX Europe ASA (75%). C'est d'ailleurs à Saint-Nazaire que ce navire de quelques 20.000 tonnes est assemblé.
439 tonnes sont donc déjà dans la cale, puisque c'est la masse du bloc 214, celui illustre sur ce cliché. Comme de coutume, précise DCNS, des pièces de monnaie ont été déposées dans le premier du navire. Peut-être un appel aux dons, pour un navire supplémentaire, Saint-Nazaire ne débordant pas d'activité.
Le contrat avait été notifié par la DGA en avril 2009, précisément du fait des difficultés rencontrées par le constructeur naval nazairien.

(photo DCNS)

NH90 : Oman bientôt livré, la Grèce encore partagée


Le sultanat d'Oman est en train de réceptionner à Marignane ses deux premiers NH90. Quatre autres appareils doivent encore être livrés cette année, ce qui ne représente encore que le tiers du total de la commande. L'armée omanaise avait passé commande en 2004, et aurait dû recevoir ses premiers appareils en 2008. Seulement, les appareils étant à un standard intermédiaire, les militaires locaux avaient -logiquement- demandé le produit demandé. Après plusieurs mois d'incompréhension, le contact est donc rétabli entre le n°1 mondial des hélicoptères et un client non négligeable.
On ne peut pas encore en dire autant de la Grèce, elle aussi cliente pour une vingtaine de machines. Les difficultés, qui semblent plus en Grèce qu'en France, seront -peut-être- réglées lors de la venue du Premier ministre grec, à Paris, prévue le 10 février prochain.
Après -seulement-une petite quinzaine de NH90 livrés en 2009, Eurocopter entend au moins doubler ce chiffre en 2010. Et éventuellement, aller jusqu'à 50 machines.

Le + du Mamouth :
En fond de tableau de ces retards figurent les pénalités infligées aux industriels. La marine française, qui a attendu plus de 5 ans son premier NFH90 devrait ainsi présenter la douloureuse, via la DGA, en 2010.

Notre photo : un des TTH omanais, vraisemblablement lors d'une campagne de tir, peut-être à Cazaux. Notez les deux gondoles latérales de 20 mm (crédit : Eurocopter).

Un gendarme mobile français retrouvé mort en Haïti

La DGGN a officialisé ce matin la mort de l'adjudant-chef Lionel Amar, 50 ans, de l'escadron de gendarmerie mobile (EGM) 14/6 de Perpignan. Son corps a été découvert dans les décombres de la résidence où il logeait, hier soir, vers 22h15 (heure de Paris) et identifié formellement par l'unité d'identification des victimes de catastrophes. C'est le premier militaire français à périr des conséquences du séisme. Un de ses camarades, membre du GOPEX, reste toujours porté disparu par la DGGN.
Lionel Amar, affecté à la Minustah comme 25 autres gendarmes, était un personnel expérimenté, qui avait déjà effectué plusieurs missions à l'étranger et outremer, même si c'était son premier déploiement, à Haïti, où il était arrivé à la mi-novembre.
Il était marié et père de deux enfants.

Et pour deux milliards et demi de plus...

Les députés Christophe Guilloteau et Gilbert Le Bris (1) se sont prêtés ce matin à un exercice difficile : plaider pour une défense antimissile balistique (DAMB) dont personne ou presque, en France, ne veut entendre parler. Ce sera encore plus le cas, à la lecture du devis minimal : 2,5 MdEUR.
Devis minimaliste, pour le coup, les industriels parlant plutôt, entre eux, du double.
Pour les deux députés, la France n'y coupera pas, pourtant, il faudra verser à l'écot de la DAMB, que ce soit une solution purement américaine, otanienne, ou... européenne. Une réponse sera obligatoire au sommet OTAN de Lisbonne, en fin d'année, assurent-ils.
Les rapporteurs constatent également que la marine est plus ouverte aux thèses ADMB. L'expliquant par le fait que ces dernières ouvrent, évidemment, la possibilité de plots mobiles, et de démultiplier les zones couvertes. Comme une base française aux Emirats Arabes Unis, par exemple.
Cela présuppose évidemment des frégates en nombre suffisant. Ces dernières diposent déjà de briques intéressantes, comme le missile Aster. Le même que celui mis en oeuvre par l'armée de l'Air, moins sensible, estime les députés, à une évolution rapide de sa configuration vers une réelle ADMB.

Le + du Mamouth :
On peut comprendre que la marine souhaite ainsi valoriser ses frégates, alors qu'elle est déjà une pièce maîtresse de la dissuasion, avec 4 SNLE progressivement dotés des missiles neufs (M-51) et un porte-avions embarquant potentiellement le nouveau missile ASMP-A.

(1) Francis Hillmeyer a également contribué à ce rapport du cercle interparlementaire d'étude air-espace de défense, et d'études de naval de défense.

Dernières inspections

Le général Jean-Louis Georgelin commence aujourd’hui une série d’inspections, les dernières qu’il effectuera comme CEMA. Il débute par un déplacement sur la base aérienne de Cazaux, avant d’enchaîner, demain, par une visite au 21e RIMa, à Mailly. En Gironde, il sera difficile de ne pas évoquer le dossier brûlant de la colocalisation - ou non- des hélicoptères Caracal, une décision que le CEMA prendra avant de quitter son bureau du boulevard Saint-Germain. Comme ce blog l'a expliqué à de nombreuses reprises, il s'agit de colocaliser les 14 Caracal Air et ALAT séparés, actuellement, par un peu moins de 200 km.
Un serpent de mer, dont on coupera, cette fois la tête. On ignore si le CEMA a prévu, aujourd’hui, de livrer sa décision, aux premiers concernés, les personnels de l'EH 1.67 "Pyrénées". En tout état de cause, c’est théoriquement un comité directeur du commandement interarmées des hélicoptères (CIH), à Paris, qui constitue le préambule d’une décision organique. Il y en a justement un en fin de semaine.
La possibilité de déplacement à Pau, au 4e RHFS, des six Caracal du "Pyrénées" (1), actuellement installés dans un escadron flambant neuf, semble réelle. Cet escadron est actuellement engagé avec des aviateurs américains dans un entraînement à l’Afghanistan, jusqu'au 23 janvier. Un de ses Caracal est actuellement déployé à Kaboul (deux autres sont fournis par le 4e RHFS), à l'autre à Lanvéoc, pour la SECMAR.
Jeudi, le CEMA sera à Mailly pour rencontrer les marsouins du 21e RIMa, qui débutent leur mise en conditions avant projections. Ils remplaceront le 13e BCA, en Kapisa, au printemps.

(1) le Pyrénées fut en son temps un organisme à vocation interarmes (OVIA) précurseur, accueillant deux PN Marine, ainsi que des mécaniciens. Depuis, des Alatmen ont également rallié Cazaux, ainsi qu'un Américain, en échange. D'autres personnels étrangers pourraient suivre. Le 4e RHFS héberge lui aussi un OVIA, Terre, celui-ci, constitué par le groupe interarmées d'hélicoptères (GIH), oeuvrant principalement au profit du GIGN.

mardi 19 janvier 2010

Haïti : un Dash et un A340


La France renforce encore son pont aérien vers Haïti. Un deuxième Dash 8 (photo, crédit Jérôme Sale, ECPAD) de la Sécurité civile fait désormais partie des opérations : c'est la première fois que cette flotte spécifique connait un tel taux d'engagement (100%) sur une catastrophe naturelle. Tandis qu'un Airbus A340 du 3.60 Estérel a décollé de métropole pour rallier les Antilles, avec un renfort de gendarmerie (que nous avions précisé dès hier), d'équipes médicales et de secours. Il reviendra en métropole, après avoir injecté ces renforts, et récupéré des ressortissants français.

Le combat de Viollet

Jean-Claude Viollet, député de la Charente et rapporteur Air organise avec Défense et Stratégie les troisièmes rencontres de la puissance aérienne, le 30 mars. Il pourra y plaider pour la troisième dimension, et développer à loisir quelques thèmes et réalités sortis de ses trois derniers rapports en date, deux en équipe, sur l'aéromobilité et sur les drones (avec Yves Vandewalle), et un en solo, le rapport annuel sur l'armée de l'Air. Dans ces trois documents perçait, à chaque fois, le risque de plus en plus prononcé de pertes de compétences, technologiques, mais aussi et surtout, opérationnelles. Aujourd'hui force aérienne de premièr rang, l'armée de l'Air risque d'être reléguée en deuxième division : presque un titre de colloque. Ou une réalité capacitaire, si la saignée s'aggrave.

Le + du Mamouth :
L'autre combat de Viollet est local : le Charentais (avec le Breton, un des Français les plus têtus...) souhaite mettre sur pied une base de Défense refondue, intégrant les deux régiments de l'armée de Terre (1er RIMa et 515e RT), là où les projets actuels visent plutôt à établir un triptyque Rochefort-Cognac-Saintes, rien que des bases aériennes, principalement axées sur la formation. A l'appui de son volontarisme, le député cite la logique opérationnelle et géographique, le soutien des unités concernées. Et une réalité immoblilière : la base de défense aurait à sa disposition un étage entier (vide actuellement) dans un édifice "Défense" dans le centre d'Angoulême... "Avec clim" assure, le député.

Pourquoi le HSS de Lanvéoc va prendre une barge

Pour rallier un porte-hélicoptères, la Jeanne d’Arc, en l’occurrence, le HSS n'ayant plus volé depuis des lustres. Les hélicoptères qui ont opéré sur le navire se retrouveront, l’espace d’une exposition statique et d’une escale à Brest, une dernière fois, sur le pont mythique. On devrait entre autres y retrouver, fin mai, un Lynx, une Alouette III (l’histoire ne dit pas si une des deux du Ponant sera au rendez-vous…) et, logiquement, un Super Frelon. Même si, pour une cause de hauteur de plafond, les « Super » n’auront pas connu de déploiements opérationnels.

lundi 18 janvier 2010

Une connexion, un soutien

Le forum Militaires et Citoyens a choisi ce jeudi (20 h) pour une session spéciale d'une heure, ouverte à tous les internautes. "Le but étant de montrer l'intérêt des Français envers leurs soldats dans ces temps noirs où trois de nos compagnons sont morts en trois jours en Afghanistan" explique le webmaster, lui-même militaire. "Certains de nos militaires en opération consultent le forum, il est bon qu'ils sachent qu'à l'arrière, d'autres militaires, civils, familles, ne sous-estiment pas leur implication personnelle. Cette action de connexion simultanée aura aussi pour but de transmettre notre soutien aux familles endeuillées. L'action est certes hautement virtuelle et symbolique, mais elle a au moins la pertinence d'exister."
Ce forum associatif créé en novembre 2007 est aujourd'hui administré, à titre personnel, par deux militaires, un de la marine et de l'armée de Terre, et une conjointe de militaire.

(1) à cette adresse : http://armeecitoyenne.xooit.fr/t8917-Une-connexion-un-soutien.htm

L'épopée du Papa November


Un sujet décalé mais dans l'air du temps malgré tout (1) : les coulisses du chargement du Papa November (son matricule), un C-130 de l'escadron 2.61 Franche Comté qui a rallié les Antilles. La diagonale d'image étant ce qu'elle est, je crois reconnaître un C-130H (version courte), mais sans garantie pachydermique.
Le sujet livre, en quelques minutes, la façon dont on palettise le fret sur un avion de transport de tactique, avant de le charger à bord, puis une des milles et une façon de rallier Haïti, en passant par... Istres (Bouches-du-Rhône), pour un vol d'une dizaine d'heures...
Par delà sa dimension pédagogique, cet sujet est aussi utile parce qu'il donne la parole aux "rampants" (non navigants) sans lesquels toute cette mécanique se grippe très vite. Si je n'avais pas peur d'être mal compris, je dirais que ces équipes constituent, en quelques sorte, les piliers de l'armée de l'Air (les rugbymen comprendront). D'autant que pour l'anecdote, une partie de tout cela s'est évidemment joué pendant le weekend, pour tout arranger...
Notre photo : un Hercules au Lamentin. Notez le Casa, en arrière plan (crédit : Serge Charmoilleaux/ECPAD)

(1) http://www.defense.gouv.fr/ema/operations_exterieures/haiti/videos/18_01_10_seisme_haiti_parcours_d_un_c130_hercules_renforcement_des_moyens_aeriens_aux_antilles

Haïti : La France change de braquet

Un deuxième Hercules du 2.61 Franche-Comté est parti de France pour Haïti, hier, apprend-on seulement à 15h30, dans le point quotidien de l'EMA. Ce deuxième C-130 permet, à lui seul, de se passer de la capacité de levage instantanée de trois Casa ; pour autant, ces trois appareils restent dans le dispositif aérien français pour Haïti. Le Dash 8 de la Sécurité civile est d'ailleurs passé "sous contrôle opérationnel" du COMSUP Antilles, nous précise l'EMA.
Un des deux hélicoptères Puma de l' ETOM Antilles va également et finalement rejoindre Haïti, en plusieurs sauts de puce, dans les heures qui viennent. Cet appareil était prévu en fin de semaine dernière : son arrivée à Haïti était même planifiée en pleine nuit, mais comme la migration d'un Fennec, était tombée à l'eau.
D'autres moyens aériens restent prudemment en réserve sous court préavis en métropole (Airbus notamment), vu la congestion actuelle à Haïti.
Deux rotations d'avions de transport tactique (ATT) étaient prévues vers Haïti aujourd'hui, pour 6 tonnes de fret, vivres et eau.
Le BATRAL Francis Garnier de la marine devrait arriver quant à lui demain, à Haïti.
Le Siroco est prévu le 23 janvier à Haïti, après un stop and go à Fort-de-France, pour charger du fret et des équipes médicales supplémentaires, vient de nous préciser l'EMA. Les conditions de déchargement, dans le port de commerce restent cependant très précaires, avec des grues immergées, et sans doute, un fond chargé de décombres.
Au dernier décompte, les VAM ont injecté à Haïti 432 personnes, essentiellement de la Sécurité civile (USC, SDIS, BMPM) et des gendarmes, et 42 tonnes de fret, en 15 rotations, signale-t-on par ailleurs. 543 ressortissants français "et européens" ont par ailleurs été rapatriés sur les Antilles français par ces même VAM. Signalons par ailleurs que certains Français ont également été rapatriés par un A330 de l'armée belge.

Il y aura bien des bérets bleus en Haïti

La proposition française a fait mouche, ce matin à Bruxelles. Devant l'intertie et les individualismes européens qui ont caractérisé ces derniers jours, l'équipe UE a repris un peu de poil de la bête, ce matin, en prenant des décisions collectives : entre autres, le principe du déploiement de la force de gendarmerie européenne (FGE) que nous avons déjà évoqué, avec un millier d'hommes et femmes.
Ce qui laisse clairement entendre que l'UE n'a pas (plus) le moindre doute sur le risque de dégradation de la situation, en Haïti.
On ignore encore qui contribuera à cette opération, la plus importante en effectifs jamais menée par la FGE depuis sa création, à l'instigation de la ministre française de la Défense, Michèle Alliot-Marie, en novembre 2004.
La gendarmerie mobilise déjà plus d'une centaine de gendarmes sur place, mais certains (25) le sont au titre de la Minustah, d'autres pour la protection de l'Ambassade (6), le reste (Melun, Antibes et Garde Républicaine) étant des nouveaux venus, après le séisme. On sait que par principe, la gendarmerie mobile comporte des réserves d'effectifs, mais que celles-ci doivent aussi fondre, en 2010, dans le cadre de la RGPP. Alors que les fers aux feux ne manquent pas : deux escadrons sont notamment injectés dans la manoeuvre afghane, avec deux autres (Rennes, Pontivy) en train de se former et leur relève (région Est) va bientôt s'y mettre. Et qu'il faudra peut-être mettre encore un peu de charbon dans la chaudière afghane.
Bref, la gendarmerie mobile ira certainement, mais pas toute seule. Et il faudra aussi abonder le budget en conséquence, alors que la facture afghane (20 MEUR) se paie, pour l'instant, à budget constant.
La FGE compte six membres actifs (France, Espagne, Italie, Portugal, Pays-Bas, et depuis 2008, la Roumanie). Dans son cahier des charges initial figurait la capacité de réaction rapide, avec le déploiement de 800 personnels sous 30 jours. L'Etat-major de la FGE, basé à Vincenza (Italie) est limité en effectifs, mais peut être renforcé en cas de croissance opérationnelle, ce qui est le cas avec le déploiement en Afghanistan et la perspective haïtienne.

Haïti : renforts de gendarmes

21 gendarmes devraient quitter la France cet après-midi pour aller renforcer le dispositif de gendarmerie en Haïti. Il s'agit de 18 gendarmes de la Garde Républicaine (un peloton) et de trois individuels, qui devaient, de longue date, relever le renfort de protection à l'ambassade (qui reste sur place), à Port-au-Prince.
D'autres renforts restent prévisibles, dans les prochains jours. Alain Joyandet, le secrétaire d'Etat sur place a évoqué l'envoi de moyens sous l'égide de la force de gendarmerie européenne (FGE), qui s'est déjà déployée dans les Balkans et, plus récemment, en Afghanistan.
D'ores et déjà, la gendarmerie aligne en Haïti deux pelotons (36 personnels) de l'EGM 24/6 d'Antibes, deux pelotons (36) de l' EGM 23/1 de Melun (arrivés hier) et un peloton (à onze) de la Garde Républicaine.
L'unité nationale d'identification des victimes de catastrophe (UNIVC) déploie également huit gendarmes et six policiers.
L'état-major projetable de la force de gendarmerie mobile d'Ile-de-France (FGMI) s'est également déployé, avec quatre personnels, renforcés par quatre autres provenant de l'état-major de la Martinique.
Enfin, coup de képi (il n'y a pas de chapeau, en gendarmerie...) à ces deux gendarmes départementaux des brigades d' Etel et de Port-Louis (Morbihan), qui étaient en vacances à Saint-Domingue : ils prolongent leur séjour dans l'île, et oeuvrent désormais, côté Haïtien, avec leurs collègues d'Antibes.

Comment la DGSE aspire les jeunes

Un bout de voile est levé sur les méthodes de la DGSE pour attirer à elle les têtes bien remplies sortant du secteur universitaire. C'est une question du député Eric Raoult, précisément sur ces méthodes, qui a trouvé réponse le 5 janvier dernier. On notera, entre autres, la soixantaine de stagiaires accueillis cette année, dont plus de la moitié resteront à faire des brasses. Et la parution, au premier semestre, des thèmes du concours des délégués, au JO. Le recours au monde universitaire a longtemps, semble-t-il été laissé de côté, et comme l'armée elle-même commence à s'en rendre compte, le système conventionnel d'enseignement peut aussi produire ses propres perles. En dehors, évidemment, des productions issues de grandes écoles (Sciences-Po, etc).
Voici donc le texte intégral de la réponse du ministère (c'est moi qui souligne en gras), chaque bout de phrase recelant un bout d'info.

"Afin de permettre le recrutement du personnel dont elle a besoin, la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) mène des campagnes de communication généralistes ou spécifiques qui, bien que discrètes, se révèlent particulièrement efficaces. Des campagnes d’information sont réalisées par le cabinet du directeur général de la sécurité extérieure dans bon nombre d’universités françaises afin de susciter les candidatures aux différents concours de la DGSE, en particulier celui de délégué (corps de fonctionnaires de catégorie A). Des représentants de la DGSE se rendent également chaque année au sein de certaines écoles d’ingénieurs et universités, pour présenter ce service de renseignement extérieur du gouvernement français et proposer aux étudiants de dernière année des stages de fin d’études dans des domaines pour lesquels la DGSE a des besoins de compétences (traitement du signal, électronique, imagerie…). Au cours de l’année scolaire 2008-2009, cette démarche a concerné quinze écoles. Dix écoles ont par ailleurs fait l’objet de prospections par courriers. Au final, 60 élèves de dernière année ont effectué leur stage à la DGSE, dont 35 devraient être recrutés par la direction dans les mois prochains. Cette campagne de communication menée en 2009 a été relayée par le site de la DGSE sur le portail internet du ministère de la défense. Par ailleurs, dans le courant du mois de juin dernier, la DGSE a fait paraître une annonce dans deux magazines de presse écrite consacrés l’un à l’informatique, l’autre aux technologies. Ces campagnes de presse ciblées visent à obtenir des candidatures d’ingénieurs expérimentés dans les domaines informatiques et télécommunications (une centaine est actuellement en cours de traitement), en sus des sources habituelles de recrutement de militaires issus de filières techniques. En parallèle, la DGSE fait appel à des cabinets de recrutement, l’un d’eux ayant notamment travaillé sur la dernière campagne de presse. En outre, plusieurs reportages réalisés ces dernières années, notamment dans le cadre d’émissions télévisées, qui ont montré la diversité des missions de la DGSE, ont à chaque fois été suivis d’un nombre important de candidatures spontanées. Enfin, parmi les orientations du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale définies pour la fonction stratégique « connaissance et anticipation », figure l’ouverture des recrutements de la DGSE au-delà du périmètre de prospection habituel. Cet objectif trouvera sa première concrétisation avec la publication des concours de recrutement de la DGSE au Journal officiel de la République française (JORF). L’avis d’ouverture et l’arrêté fixant le programme des épreuves du concours de recrutement du corps des délégués de la DGSE au titre de l’année 2010 seront publiés au JORF dans le courant du premier semestre de cette année, le concours devant se dérouler au cours du second semestre. Cette démarche, qui a vocation à être étendue progressivement à l’ensemble des autres catégories, vient compléter les actions de communication et de partenariat déjà nouées avec les différentes institutions de formation, dans les domaines touchant tant à la géopolitique qu’aux technologies de pointe."

Le + du Mamouth :
Le nom de l'ancienne préfète de Bretagne et secrétaire générale du ministère de l'Intérieur, Bernadette Malgorn, a été un temps évoqué pour prendre la tête du renseignement français.

Mentoring mixte

Les POMLT de la gendarmerie et de la Brigade La Fayette viennent de s’associer pour mettre sur pied une unité mixte destinée à mentorer l’état-major de gendarmerie afghane (AUP) de la province de Kapisa, ce qui n’était pas prévu au départ. Cette unité légère d’une douzaine de personnes a été mise sur pied à Mamood-e-Raki.

dimanche 17 janvier 2010

Haïti : point de sit'


L'EMA prévoit deux rotations d'A310 et quatre de Casa ce dimanche, vers Haïti. Les premières citées permettront enfin d'injecter secouristes et gendarmes, tout en extrayant plus de ressortissants, après les épisodes tragi-comiques des dernières heures.
117 Français ont ainsi été rapatriés pour la seule journée d'hier, portant le total à 371. 260 personnels de secours et de la gendarmerie ont été injectés en Haïti, dont 200 par VAM (Casa, A310), en neuf rotations. 35 tonnes de fret ont également été transportées dont 20 par VAM.

Le plus du Mamouth :
L'armée de l'Air exploite trois A310-300 pouvant tranporter jusqu'à 185 pax. Le premier appareil a été acheté en 1983, comme les deux autres, sur le marché de l'occasion.
Notre photo : un des trois A310, à Mahé (photo archives Jean-Marc Tanguy)

NRBC : naissance d'un DCIIT

Le Premier ministre créée, par le décret 2010-51, pris le 14 janvier, une nouvelle unité de prise en compte du risque NRBC (nucléaire, radiolologique, biologique et chimique), le détachement central interministériel d'intervention technique (DCIIT). Le DCIIT est placé sous l'autorité directe du ministre de l'intérieur, là où, jusqu'à maintenant, le détachement central d'intervention (DCI) était rattaché au chef du RAID, Amaury de Hauteclocque (1). Ce dernier avait proposé d'accueillir un officier de gendarmerie, proposition qui à ma connaissance n'avait pas connu de suite.
Plusieurs fois, l'évolution du DCI avait été évoquée, du fait de l'apparition de nouveaux acteurs, de la multiplication du risque, caractérisé, notamment, par les risques d'otages massives (PROM) comme les appelle la gendarmerie et prises d'otages complexes (PROC) comme les caractérise la police.
Le renforcement d'une structure de coordination et d'action opérationnelle s'avérait nécessaire, rattaché directement à un niveau ministériel, le plus logique pour un détachement interministériel.
Le RAID, désormais pilote de la Force d'intervention de la police nationale (FIPN), créée le 16 juillet, devait se concentrer sur cette priorité, consommatrice d'efforts, de locaux.
Les structures NRBC se sont aussi multipliées, et enrichis, ces dernières années. La gendarmerie a développé à Satory une cellule d'intervention, au sein du GBGM (groupement blindé), longtemps animé par la foi d'un lieutenant féminin et de sous-officiers qui ont dû tout créer ou presque. Consécration, c'est cette unité qui avait mis sur pied et opéré un camion spécialisé de détection (développé par Thales), qui avait effectué son baptême du feu sur la dernière coupe du monde de Rugby. Le DCI était pour sa part un abonné aux grands évènements : sommet d'Evian (2003), 60 ans du débarquement (2004), sommet de Strasbourg (2009), etc.
On ignore encore si la mise sur pied du DCIIT se traduira aussi par la mise sur pied de structures régionales, là aussi un vieux serpent de mer. Tout au moins avec le prépositionnement de lots de matériel, particulièrement volumineux.
Notons enfin que c'est le SGDN (secrétariat général de la défense nationale), par délégation du premier ministre, qui sera chargé d'accorder et de vérifier les moyens accordés au DCIIT.
Le décret, qui se focalise sur les capacités détenues par le ministère de l'Intérieur, n'évoque pas les capacités du ministère de la Défense. L'armée de l'Air dispose à Cazaux d'un centre complet de formation, avec des experts opérationnels sur plusiurs bases aériennes. Cette compétence, ancienne, est lié à la fois à la nécessité d'action en milieu NRBC (guerre froide) et à la détention d'armes nucléaires.
L'armée de Terre, pour sa part, a développé son ancien groupement de défense NBC ou GDNBC en un régiment spécialisé, le 2e RD. Le GDNBC avait notamment été engagé lors d'opérations ponctuelles prioritaires, dans les Balkans.

(1) petit-neveu du Maréchal Leclerc.

Haïti : la bulle des gendarmes

Les opérations des secours français devraient disposer d’une bulle de protection assurée par la gendarmerie. On évoque même, à Paris, le principe « d’équipes mixtes », inédites.
Le risque, à l'époque encore potentiel, de troubles et de violences était déjà le sens des premières projections de gendarmes dans les premières heures (36 gendarmes mobiles d'Antibes, 11 gendarmes de la Garde Républicaine), et évidement, du renforcement annoncé par le président lui-même (+55). Tous effectifs confondus, plus d’une centaine de gendarmes sont ou seront déployés en Haïti.
Il en faudra peut-être plus, si la situation venait à dégénérer, comme ces derniers jours en ont livré les prémisses. Plusieurs centaines de prisonniers se sont fait la belle, et la faim, le risque épidémique, l’absence de changement, accroissent les tensions. L'ambassade de France est un point de ralliement pour nos compatriotes, elle peut, potentiellement l'être aussi pour les excités. Le Quai d'Orsay ne semble pas avoir le moindre doute sur le sujet, demandant aux Français de quitter le pays.
Comme il ne faut jamais rien exclure, la présence d’un TCD, le Siroco, capable de recueillir jusqu’à 2.000 personnes, ne sera sans doute pas de trop, en cas de brusque montée des violences. Haïti hébergeait 1.450 Français avant le séisme. Au dernier décompte (hier), 239 Français, dont 42 blessés, avaient été rapatriés par VAM sur les Antilles. En contrepartie, on peut estimer à un demi-millier de franças injectés sur Haïti depuis le séisme, en comptant les militaires, les pompiers et équipes médicales civiles, les journalistes, les humanitaires.
Rappelons qu’en 2004, devant les émeutes et violences, la France avait déployé des forces spéciales (commandos marine, équipages ESH et EPIGN) qui avaient notamment secouru des occidentaux en péril, et évacué des ressortissants. L'EPIGN, aujourd'hui intégré au GIGN, avait ainsi et notamment sauvé des religieuses d'une mort quasi-certaine.

Post-Scriptum de dimanche, 12h48 :
L'agence Belga annonce que la Belgique a décidé samedi soir d'envoyer jusqu'à 36 militaires, des commandos des "forces spéciales" pour protéger l'équipe de secours (ou B-FAST) envoyée en Haïtin et l'ambassade.